Black Summer de Warren Ellis et Juan Jose Ryp

Le comic où j'ai paumé la frontière entre gentils et méchants

illman dans Comic, Critiques, Livres le 16 mai 2012, avec aucun commentaire
Critiques

Black Summer fait partie du triptyque sur les surhommes du scénariste Warren Ellis, qu’on ne présente plus. On retrouve au dessin Juan Jose Ryp avec lequel il collaborera plusieurs fois, notamment sur No Hero déjà chroniqué ici. C’est chez Milady Graphics en 2009 que nous est arrivé ce tome avec pour éditeur en version originale Avatar Press. Qu’en est il de cette production de mon scénariste préféré ? Direction le synopsis.

Black Summer de Warren Ellis et Juan Jose Ryp

Quand on combat pour le bien, jusqu’où peut-on aller ? Il existe un groupe de défense civile composé d’êtres augmentés pour l’attaque, les Armes. Aujourd’hui, John Horus, l’un de ses membres, décide de rendre la justice en supprimant l’autorité suprême qu’il juge corrompue, il assassine le président des États-Unis. S’en suit une chasse à l’homme contre lui et ses anciens compagnons alors que les fantômes du passé ressurgissent.

On est donc face à une histoire de super-héros complexe qui dépasse le basique de la surenchère de what the fuck comme d’autres éditeurs savent le faire, Marvel par exemple. Comme à son habitude, Ellis réussit encore une fois à surprendre avec cette fable sur la justice et le bien. Fidèle à lui même, il y dénonce les maux de la société moderne sans pour autant être aussi incisif qu’il le sera dans d’autres de ces œuvres.Il lève ici des questions morales dont je suis bien loin d’avoir la réponse, et les réponses qu’apportent les différents personnages ne satisferont pas tout le monde. Et les personnages, leur passé, motivations, sont bien le point fort de Ellis.

Mettre en scène une équipe de super héros névrosés complétement addict à leur pouvoir, ou se réveillant d’un long séjour en compagnie d’une bouteille, n’est pas chose aisée. Mais Ellis va réussir à seulement mouiller les pieds dans le domaine des stéréotypes, et s’en tire plutôt très bien en centrant son récit sur une ancienne Arme, unijambiste et alcoolique mais qui cache bien son jeu et est plus complexe qu’il n’y paraît. Bien sur les autres personnages constituant cette équipe seront aussi développés, mais c’est forcément un peu succinct vu l’épaisseur du bouquin. L’auteur aura pour cela recours au traditionnel flashback pour nous en apprendre plus sur ses Armes, en gardant bien sûr quelques secrets qui feront divaguer les fans comme le destin de Laura, personnage absent mais au combien central.

Black Summer de Warren Ellis et Juan Jose Ryp Planche

En ce qui concerne le dessin, Black Summer est antérieur à No Hero sorti la même année. C’est légèrement plus brut ici avec un niveau équivalent. Le dessin de certains personnages est un peu faibles dans certaines cases, mais rien de sérieux et ils sont loin d’être transcendants sur l’ensemble sans leur costumes, à part peut-être Tom Noir. On retrouve aussi la désagréable manie de Ryp de faire une sorte d’effet purée mousseline sur certains mouvements, c’est moche mais moins choquant que dans No Hero. L’histoire fait aussi la part belle à un déchainement de violence graphique qui fait que ce n’est pas encore pour toutes les mains, même si ça reste plutôt décent et pas trop gore par rapport à d’autres productions que j’ai vu passer ces derniers temps. Les scènes de baston sont fourmillantes mais sans être brouillonnes. Le sieur peine un petit peu sur sa mise en scène, j’ai trouvé le découpage et la dynamique de l’ensemble un peu fade, conventionnels. Les couvertures alternatives en fin de volume sont par contre de toute beauté.

Black Summer de Warren Ellis et Juan Jose Ryp CouverturePour ce qui est de l’édition de Milady Graphics, elle est toujours très classe en softcover avec une couverture qui met tout de suite dans l’ambiance pour la suite de ses 192 pages. Au rang des ragots, une option pour une adaptation en film a été prise sur ce bouquin.

Black Summer propose peut-être l’une des plus faibles histoire scénaristiquement pour Warren Ellis, pas forcément soutenue par le dessin d’un Juan Jose Ryp pas au top. Cela n’en reste pas moins au dessus de la moyenne et j’ai pris grand plaisir à lire ce premier tome. C’est donc une valeur sûre comme la majorité du temps avec Ellis aux commandes.


Après ma critique de la biographie de Marc Bolan, il fallait bien que je parle de sa musique. J’ai donc choisi sur mon étagère cet album, quasi best-of composé de 2 CDs et de 45 pistes, sorti en 2005. La compilation est édité par Demon Music Group et dirigée par Dr Robert (nan mais c’est qui ce mec ?). Je peux vous assurer que c’est compliqué de trouver un CD intéressant du groupe, il faut déjà passer l’épreuve de la graphie, T.Rex, T-Rex, ou T. Rex ? J’en passe, et pas des meilleurs, ce qui rend les recherches au mieux complexes, au pire chiantes, notamment si vous utilisez Spotify. Le pire c’est que Children of the Revolution, An introduction to Marc Bolan n’est disponible qu’en import, même si Amazon fait que ce n’est plus un problème. Bon, si on parlait musique maintenant.

Children of the Revolution, An introduction to Marc Bolan, de T.Rex

La compilation ressemble à une foire, il n’y a pas vraiment de cohérence dans l’ordre de titres, pas de distinction par époque par exemple. Enfin si, mais c’est plutôt léger, c’est un peu tout mélangé. On démarre le CD1 avec l’excellent 20th Century Boy, chanson que j’adore, pour enchaîner sur ses plus gros titres majoritairement tiré de l’album Tanx. Le Glam Rock est bien en route, riffs de guitare endiablés, avec la voix chevrotante et envoutante de Marc Bolan par dessus, on sent une certaine extravagance. Musicalement, c’est un peu une sorte de florilège de ses meilleurs titres, avec certains qui ont été entendus plus tard grâce à des reprises, Buick Mackane par les Guns ou encore Children of the Revolution par Scorpions pour n’en citer que deux.

Arrivé au CD2 on commence à atteindre des chansons pétries de faiblesses, avec des morceaux Pop pas terribles où Marc Bolan se laissait aller à la simplicité des refrains scandés en boucle, comme sur l’insupportable Think Zinc. On retrouve aussi la désespérément mielleuse Whatever happened to the Teenage Dream qui, même si elle n’est pas spécialement mauvaise, fait un peu tache au milieu des autres pistes. Pour remonter le niveau, des pistes plus intéressantes comme Broken-Hearted Blues tiré de Tanx, toujours lui, se baladent sur la liste. Ce deuxième CD n’est guère sorti de sa boite avec moi.

Tanx de T.Rex

Une bonne partie des titres est tirée de l'album Tanx

Ce qui peut surprendre aussi, c’est qu’il y a beaucoup de chœur sur les chansons de T.Rex, et c’est encore plus marqué sur les chansons de l’époque, où il se tournait vers la Soul et tentait de conquérir l’Amérique. C’est notamment le cas pendant la période de l’album Tanx, et sur les chansons Mad Donna et Country Honey par exemple. Ce coté systématique n’existe plus dans le Pop Rock de nos jours.

Après on peut râler plus fort sur le contenu vu qu’on ne trouve pas son premier tube, Ride a white swan. Pour l’introduire, peut être que le premier hit de Marc Bolan, ça aurait été pas mal. Mais encore, admettons. Hérésie ultime par contre, il n’y a même pas Get it On. Pour remettre les pendules à l’heure, tout ce qui date d’avant l’album The Slider, son 7ème album, n’est pas présent et je trouve ça terriblement dommage. D’un autre coté ça doit être un enfer de droits, entre les rééditions, les changements de maisons de disque, les rachats, on n’y comprend plus rien au bout d’un moment… Par exemple, pour illustrer le beau bazar, 20th Century Boy n’est présent sur aucun album original mais sur la réédition de 73 de Tanx.

Children of the Revolution, An introduction to Marc Bolan, de T.Rex CoverPour le packaging, on donne dans le classique jewel case, avec le support pour deux CDs à l’intérieur, donc rien de bien solide. Le booklet se contente du strict minimum, deux photos, un petit texte sur Marc Bolan et la liste des pistes. Pas transcendant, heureusement qu’il n’y a pas marqué collector sur la boite. Les artworks sur les CD reprennent des photos du booklet et j’avoue avoir un faible pour le premier CD qui reprend la pochette de l’album. Le tout est inséré dans un carton pas très utile ni beau.

Au final, Children of the Revolution, An introduction to Marc Bolan est une compilation qui ne regroupe pas vraiment le meilleur de T.Rex, et qui ne fait pas dans l’exhaustif, c’est un dispensable. Mieux vaut se tourner vers The Essential Collection, Marc Bolan & T.Rex, ou sur un album d’époque comme Tanx, The Slider ou encore Dandy in the Underworld. Par contre brûlez, Bolan’s Zip Gun. On se quitte sur ma chanson préférée du groupe, avec des images d’archives qui vous permettra sans doute de vous faire une idée.


HtH#12: Let Them Fall de Saint Vitus

Découvrons les groupes à l'affiche du Hellfest 2012

illman dans Actualité, Musique le 13 mai 2012, avec 1 commentaire

Affiche du Hellfest 2012Les 15, 16 et 17 Juin 2012 se tiendra en terres clissonaises la nouvelle édition du plus grand festival français consacré au Metal, le Hellfest 2012.

L'équipe s'y rendant comme à son habitude pour avoir sa dose annuelle de concerts en plein air, nous vous proposons chaque dimanche de la semaine jusqu'aux jours J de découvrir l'un des groupes de l'affiche que nous comptons aller voir, à travers un clip ou une vidéo. Vous pouvez aussi consulter l'affiche du Hellfest 2012. C'est notre Highway to Hellfest 2012.

J’ai découvert Saint Vitus quand je me suis mis au Doom il y a deux ans, le groupe ne m’avait pas spécialement marqué à l’époque, occupé que j’étais à l’époque à découvrir des groupes par trouzaines. Heureusement j’étais revenu dessus grâce à l’hymne Doom Metal par excellence, Born Too Late. Saint Vitus, c’est un peu des monstres sacrés du genre, surtout que Scott « Wino » Weinrich, leur, sans doute, meilleur chanteur fait à nouveau partie de l’aventure et que c’est une bête.

Let Them Fall est tiré de leur album Lillie : F-65 sorti le mois dernier. Bien évidemment, j’ai le digipack en ma possession et je ne priverais pas de me fendre d’une petite chronique. Après 17 ans sans albums et 22 ans pour le dernier avec Wino, on était en droit de s’inquiéter un tout petit peu… Et on avait tort, cet album c’est une tuerie doomesque comme on en fait plus, et ce clip en est le parfait fer de lance. Je l’ai aussi choisi par ce que c’est leur seul potable disponible si on excepte les lives.

Ils font partie des groupes que j’attends le plus pour parfaire mon éducation du Doom. Leur concert sera une parfaite fin de soirée samedi soir sur The Valley. Et j’entends bien laver l’affront qui leur avait été fait par mes confrères.


La Route de Cormac McCarthy

C'est l'histoire de deux mecs qui marchent

illman dans Critiques, Livres le 11 mai 2012, avec 4 commentaires
Critiques

La Route de Cormac McCarthy est un roman paru à l’origine en 2006, qui a raflé le Pulitzer en 2007, et qui a été adapté au cinéma en 2009 avec Viggo Mortensen dans le rôle principal. L’édition que j’ai lu est celle de Points, avec une traduction de François Hirsch et comme couverture l’affiche du film. J’étais curieux de lire ce livre qui s’était hissé dans des tops littéraires de Fantasy-SF et qui avait eu l’honneur du grand écran, je reste toutefois sur un avis assez mitigé après lecture. Synopsis.

La Route de Cormac McCarthy

Dans un monde post-apocalyptique fait de cendres et de froid, typique d’un hiver nucléaire, un père et son fils marchent le long de la route vers la côte pour trouver un environnement moins hostile. Ils devront éviter les embûches qui les attendent le long de la route pour parvenir à leur fin.

Premier constat, il ne faut pas lire La Route si l’on veut vivre une grande histoire ou une épopée, l’histoire est plutôt lente et calme. Mais l’intérêt de notre roman n’est pas là, ici, on mise sur l’ambiance et sur les personnages, très peu nombreux, pour instiller une atmosphère et nous transporter dans un nouvel enfer.

Les personnages sont donc au nombre de deux, le père et le fils, simplement anonymes. Ils croiseront pendant quelques pages d’autres pauvres hères le long de la route, des rencontres souvent riches en émotions, la peur en général. La candeur et la naïveté dont fait preuve l’enfant à leur égard torture l’esprit du père, car le long de la route, il éduque son fils. Il lui répète sans cesse qu’ils sont les gentils et que les autres sont les méchants. C’est complètement manichéen, mais cela représente parfaitement le monde qu’ils traversent. Ces rencontres fugaces ne seront d’ailleurs pas les seuls antagonistes du roman, l’environnement sera aussi contre eux. Le froid, la maladie et la faim seront des ennemis tout aussi cruels et ajoutent à l’ambiance de fin du monde déjà pesante.

The Road de Cormac McCarthy

Au rayon des apocalypses inexpliquées mais dévastatrices, on trouvera celle de La Route, vu que l’on ne sait rien, on ne peut s’empêcher de spéculer. Forcément un monde avec des cendres à perte de vue, dépeuplé et où l’on ne sent pas la mort à 100mètre, juste le vide et le silence de la neige cendreuse, c’est intriguant. J’ai rarement lu un bouquin avec une ambiance aussi lourde, à retenir son souffle avec les personnages, et avoir envie de baffer le gamin pour qu’il la ferme dans les moments critiques.

Coté narration et mise en page, c’est assez inhabituel. On a affaire à des paragraphes assez courts, qui dépassent rarement la page, instaurant une sorte de malaise, comme un souffle court au récit. Autre élément très important dans un récit, les dialogues, ils sont ici particuliers et contribuent très fortement à l’ambiance du livre. Ils sont en effet réduits à leur plus simple expression, dépouillés de ponctuation comme les tirets ou encore les guillemets. Cela donne une sorte d’impression d’être un troisième protagonistes qui observe la scène, plutôt glauque. On se détache peu à peu de la barbarie qui émaille ce livre, le plus souvent suggéré, certains passages pourront peut être choquer les plus sensibles. Le tout pour une simple raison: l’auteur restera constamment dans le factuel pour décrire ses situations, aussi cruelles et moralement discutables qu’elles soient. Et après tout, il n’a pas spécialement besoin d’en faire plus.

La Route de Cormac McCarthySi l’ambiance est forte, il y a tout de même un réel point noir, qui m’a mis un peu sur les fesses, et c’est la fin de cette histoire. Quand tu ferme le livre à la dernière page, et que ta première phrase se résume à l’idée tout ça pour ça, on ne peut pas s’empêcher d’être déçu. Mais d’un autre coté, vu l’épaisseur narrative de l’ensemble, j’aurai du m’en douter.

Difficile de se passionner pour La Route, c’est un bouquin où il n’y a pas vraiment d’histoire et où tout est plat, laissant en quelque sorte un arrière-goût de cette cendre issue de l’apocalypse. Niveau ambiance, Cormac McCarthy est maître de son œuvre et met la pression avec son univers sans espoir, ambiance parfaitement retranscrite par la traduction. Mais une curiosité plus qu’un réel grand livre pour moi, à chacun de se faire son opinion, m’est avis qu’il y en a qui vont y chercher des explications philosophiques interminables et inintéressantes, je suis d’ailleurs tombé sur certaines critiques hallucinantes, ou hallucinées, au choix.


Guild Wars 2, Premier Beta Event, de ArenaNet

Preview sur la beta de Guild Wars 2 du 27-29 Avril

illman dans Critiques, Jeu Vidéo le 5 mai 2012, avec 1 commentaire
Critiques

Votre serviteur est un passionné de l’univers de Guild Wars, en témoigne mes 2000h de jeu sur le premier épisode. Autant dire que je l’attends au tournant ce second épisode. ArenaNet, le développeur, a eu l’idée d’accorder l’accès à sa beta à ceux qui avaient pré-acheté le jeu. C’est donc à cet évènement, le week-end du 27 au 29 Avril, que j’ai participé. Est ce que ce nouvel épisode est à la hauteur des attentes, le tout sachant que le jeu est encore sujet à évolution même si le squelette est bien là.

Guild Wars 2 de ArenaNet

Je vais commencer par situer Guild Wars 2. En ce qui concerne l’histoire, elle se passe plusieurs centaines d’années après celle du premier épisode. Avec son système économique de MMO sans abonnement, il occupait un segment inexploité du domaine pour attirer un nouveau public, et c’est aussi ce que cette suite ambitionne. Après cette petite mise en bouche, il était temps de rentrer dans le vif du sujet.

Je vais commencer par le gros fail de l’évènement, jusqu’à samedi soir des soucis de connexion se sont fait sentir apparemment à cause des serveurs d’identification. Je passerai sur la saturation des serveurs dû à la très forte affluence, tous les serveurs européens étaient blindés de 11h à 23h.

Guild Wars 2 de ArenaNet Screenshot

L'écran de selection des persos, on peut voir le nombres de ses contacts connectés en haut à gauche

Premier contact, les menus de démarrage sont très soignés, visuellement, on retrouve tout de suite la patte des artistes de ArenaNet. Pour continuer sur les graphismes, comparé aux autres MMO, je dirai que c’est dans la bonne moyenne supérieure, surtout face aux grosses productions comme SW: The Old Republic, qui lui n’est pas vraiment beau.

Pendant ce week-end, on avait accès à 3 des 5 races qui seront présentes dans le jeu final. Les humains, régis par leurs croyances envers leur dieu, les Norns, de fiers guerriers nordiques dont la taille fait le double de celles des humains et enfin, les Charrs, espèces de gros matou guerriers entrés de pleins pieds dans l’ère industrielle. Pas de restriction sur les professions, les huit étaient disponibles et j’ai eu le temps d’en testé cinq, une façon d’explorer autant de gameplay différents. Une petite explication du système de jeu s’impose.

Guild Wars 2 de ArenaNet Screenshot

Le World Vs World nous mènera à l'assaut de forteresse à l'aide d'armes de siège

On a accès à une barre de 10 compétences, les 5 premiers slots sont déterminés par les armes portées et débloqués rapidement à l’usage des armes. Le 6ème correspond aux skills curatifs pour se soigner, les trois suivants sont des slots d’aptitude que l’on déverrouille tout les 10 niveaux et enfin le dernier est réservé aux compétences élites disponibles au niveau 30. On a donc accès à une grande variété de combinaisons différentes qui changent de la foire du slip et des barres de compétences à gogo et bordéliques des autres jeux du genre. Guild Wars 2 se veut donc comme son aîné un minimum stratégique. L’ambition est aussi de s’éloigner du sempiternelle trio Healer/Tank/Damage Dealer, qui régit le genre depuis un sacré paquet de temps. Après je nuancerai mes propos n’ayant pas pu tester les donjons instancié sur ce week-end.

L’autre grand changement concerne les quêtes, une trame principale scénarisée est présente pour chaque héros, sans vouloir enfoncer encore Bioware sur son Star Wars, c’est ici moins cliché et on se rend vite compte que les choix à la création du personnage ont une influence sur son déroulement, en tout cas sur ce qui concerne le début de l’aventure. Pour les quêtes intermédiaires, elles sont optionnelles bien que vivement recommandées pour monter un peu de niveau. Ces quêtes sont faisables en accomplissant différentes tâches au loisir du joueur, ça change des « quêtes FedEx ». Et le tout est sans compter les évènements dynamiques qui se déclenchent un peu comme des quêtes publiques, avec une récompense en fonction de l’implication du joueur dans l’évènement.

Guild Wars 2 de ArenaNet Screenshot

Des combats aquatiques sont aussi de la partie

Un des points sur lesquels ArenaNet a toujours beaucoup insisté, c’est le PvP, le joueur contre joueur. Et là encore ils ont mis les petits plats dans les grands. Du coté du PvP classique, deux maps étaient disponibles, c’était de la capture de points avec un score à atteindre et des gros monstres neutrals pour gagner plus de points de victoire. Le nombre de participants est variable en fonction des disponibilités et les parties sont joignables en cours de route. Plutôt plaisant, l’équipement est fourni et il y a une mise au niveau 80 des joueurs pour équilibrer le tout, de plus toutes les compétences sont accessibles. Classique, à voir s’il y aura d’autres modes et surtout si le nombre de maps sera suffisant pour éviter la monotonie. Le plus grand ajout à la licence de ce point de vue, c’est le World Vs World, qui va opposer trois serveurs dans un mode conquête, où il faudra gérer la prise et la défense de camps, de forteresses, la protection de caravanes de ravitaillement et se battre pour des territoires pour engranger des points pour son monde de manière périodique. Les serveurs qui nous sont opposés tourneront de manière périodique afin de ne pas toujours se retrouver face au même adversaires. Ce mode permet des affrontements à grande échelle un peu bordéliques, mais terriblement jouissifs.

Évidemment je n’ai pas fait le tour de tout ce qui était possible en deux jours, et j’en ai sans doute oublié des bouts dans mon récit. Mais mon sentiment vis à vis de Guild Wars 2 est que je trépigne d’impatience en attendant la sortie du jeu. Et puis bon, reformer ma guilde et rejouer avec mes potes qui eux aussi ont pré-acheté le jeu, ça augure un paquet d’heures de jeu et plein de fun en perspective. Pour rappelle, la date de sortie n’est pas encore annoncée.


Sine Mora de Grasshopper Manufacture et Digital Reality

La ménagerie a piqué les avions

illman dans Critiques, Jeu Vidéo le 20 avril 2012, avec aucun commentaire
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Sine Mora est un Shoot’em Up à scrolling horizontal disponible sur le Xbox Live Arcade, fruit de la collaboration entre les japonais de Grasshopper Manufacture et des hongrois de Digital Reality. Vous allez me dire, quoi de plus banal qu’un Shoot’em Up, et bien figurez vous que celui-ci s’est donné pour mission de renouveler l’un des plus vieux genres existants dans le monde du jeux vidéo. Et d’abord, il y a une histoire.

Sine Mora de Grasshopper Manufacture et Digital Reality

Alors bon j’avoue, je n’y ai pas compris grand chose, ça parle de vengeance, de rébellion, d’épuration ethnique et d’expériences glauques. Les personnages y sont plutôt haut en couleurs avec par exemple un bison cul-de-jatte ou encore une lapine avec un larynx artificiel, le tout humanoïde bien sûr. Chacun des personnages a le droit à une petite biographie dans les menus des modes où l’on peut choisir son pilote. Je dis pilote car ce sont des avions que l’on va diriger, chacun avec un pilote disposant d’une arme spéciale différente. La narration le long du mode histoire se fait grâce à des petites cutscenes et des écrans noirs avec texte et voix off, pas très engageant pour ce dernier.

Personnage de Sine Mora de Grasshopper Manufacture et Digital RealityLe principe de Sine Mora est de remettre au goût du jour un time attack évolué. On dispose d’un capital temps pour terminer des mini-sections, temps qui diminue à chaque coup encaissé et remonte ostensiblement à chaque ennemi défait. En parlant d’ennemis, c’est un peu le point névralgique des shoots, ils sont assez variés et les boss sont assez colossaux, souvent en plusieurs parties. Les affrontements contre ces béhémoths seront l’occasion d’observer des patterns de tirs intéressants, avec des effets de lumière sympathiques qui pourront mettre vos nerfs à rude épreuve si vous ne maitrisez pas parfaitement la hitbox de votre vaisseau. Pour info, la hitbox c’est la zone sur laquelle vous êtes vulnérable aux tirs et visibles pour chaque avion dans les menus. Certains moment d’affrontements feront cruellement penser à la difficulté des Manic Shooter en un peu plus soft si vous restez en histoire et en normal.

Pour en revenir à la difficulté, Sine Mora fait le pari de rendre le mode histoire accessibles aux novices sans lui filer des crédits infinis. Et il y réussit plutôt bien même si l’ennemi invisible, le décor, a failli me rendre fou sur certains passages. Le challenge est aussi au rendez vous via un mode difficile et cauchemar, pour en profiter on se dirigera vers les modes Arcade et Score Attack qui ne proposent d’ailleurs que ces deux difficultés, m’est avis qu’un peu d’entrainement est requis pour passer ne serait-ce que le premier niveau. On trouve un mode entrainement boss aux paramètres réglables afin de s’améliorer et ce n’est pas du luxe.

Sine Mora de Grasshopper Manufacture et Digital Reality Screenshot 2

Ajouter à cela une pelletée de bonus à débloquer, notamment des peintures d’avion et de nouveaux pilotes et vous obtenez un challenge progressif qui récompensera aussi le joueur avec des succès adapté à son réel niveau et à son investissement en temps de jeu, ils sont pour cela découpé en en sous-objectifs décrits dans le menu succès.

La patte graphique du jeu est particulière, les graphismes sont en effet en 3D, mais on ne jouera que sur un plan, les puristes crieront au scandale maugréant qu’un shoot ça doit être en 2D, point. Mais ici les graphismes sont léchés, colorés et sont vraiment agréables à l’œil. On passe dans des environnements assez variés, qui ne feront pas vraiment mentir les développeurs qui qualifient le jeu de Dieselpunk. Personnellement je regretterais un peu les mouvement de caméra qui apportent quelque confusion à l’action par moment.

Sine Mora de Grasshopper Manufacture et Digital Reality Screenshot 1

Pour le son, je crois qu’on a droit à du hongrois pour les doublages, mais j’suis pas sûr, en tout cas ça sent l’ex-bloc de l’Est, ça fait un peu cheap mais dégage un certain charme. Pendant le jeu la musique se fait discrète même lors des boss, on aurait aimé des envolées pour ces passages et l’ensemble ne restera pas dans les mémoires, dommage la bande son est essentiel pour faire d’un jeu un jeu culte. Un effort particulier a été apporté aux menus, un style épuré très design avec une musique électro-minimaliste couplée à un piano dans le ton de l’affichage. Le tout fait un petit peu tâche avec l’univers du jeu mais des beaux menus c’est quand même agréable.

Sine Mora est donc un excellent Shoot’em Up qui mérite toutes les attentions de par sa quasi-accessibilité aux novices grâce à un mode histoire bien dosé. Mais le contenu est aussi là pour les plus acharnés, avec des modes vraiment complets et une difficulté qui pourra facilement être rehaussée. Après son prix est de 1200 MS Points, à voir si vous sauterez le pas et vous lancerez dans ce Shoot beau et difficile.


Anomaly Warzone Earth de 11bit Studios

Beignée d'alien au menu du Xbox Live Arcade

illman dans Critiques, Jeu Vidéo le 17 avril 2012, avec aucun commentaire
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J’ai rallumé ma Xbox 360 pour jouer aujourd’hui, faut dire qu’elle commençait à prendre la poussière. Le jeu sur lequel je me suis mis est Anomaly Warzone Earth, un jeu original de 11bit Studios publié sur le Xbox Live Arcade le 6 Avril dernier, après une première sortie sur PC et téléphones. C’est la bannière d’un balbutiant genre qu’il brandit ici, le Tower Offense.

Anomaly Warzone Earth sur Xbox 360

On commençait à être habitué au terme du Tower Defense où l’on devait construire des tourelles ou tout autre moyen pour se défendre contre des hordes d’ennemis arrivant par vagues via des chemins balisés. Là on prend le concept et on retourne le tout. Vous allez prendre le contrôle d’une colonnes de véhicules blindés afin d’atteindre différents objectifs sur la carte, vos véhicules empruntant un chemin que l’on peut modifier en temps réel pour changer de route aux intersections.

Préparez vous, on est ici face à une petite révolution puisqu’il y a un scénario plus étoffé que la plupart des jeux dans le même registre. Jusque là à l’instar des DOTA et autres Tower/Bunker Defense, les titres se contentaient du minimum syndicale et restaient au niveau des mods desquels ils étaient tiré. Anomaly nous propose donc une histoire, des débris de vaisseaux spatiaux se sont écrasés sur Terre, sur deux grandes villes, Bagdad et Tokyo. Une sorte d’anomalie, comme un champ de protection, s’est déployé autour des points d’impacts. Vous faites partie de la 14ème et vous allez devoir défourailler de l’alien pour stopper ce bazar et comprendre de quoi il retourne. Bien que ce soit simpliste, il y a des idées intéressantes développées un peu plus avant dans la campagne, ça ne casse pas trois pattes à un canard mais ça a le mérite d’être là.

Anomaly Warzone Earth sur Xbox 360

On dirige un commandant à pied sur le terrain avec une combinaison qui fait de la lumière et qui devra diriger son escouade jusqu’au objectifs de la carte en cours. Pour ce faire on aura à sa disposition divers blindés comportant deux caractéristiques, différentes selon le véhicule. On trouve le blindage, les dégâts, le bouclier, etc… On peut acheter de nouveaux véhicules, les améliorer et réorganiser sa colonne dans l’ordre que l’on veut jusqu’à six véhicules. C’est d’ailleurs un élément tactique de premier plan puisque les tourelles ennemies prendront pour cible le premier véhicule de votre convoi jusqu’à ce qu’il soit hors de portée avant de changer de cible. On dispose aussi de 4 actions spéciales : réparation, écran de fumée, leurre et frappe aérienne afin d’enrichir un poil le gameplay.

Parce que vous vous en douterez avec ce qu’il y au dessus, on va vite finir par se lasser avec tout ça, ça reste bien le temps de faire la campagne et les différents modes de jeu au moins une fois, mais le taux de rejouabilité est proche du néant et ce n’est pas le misérable leaderboard online qui va changer ce fait.

Niveau graphisme, c’est plutôt beau sans pour autant être exceptionnel, les teintes de couleurs oscilleront entre le marron pour Bagdad et le bleu froid pour Tokyo, le tout étant terne et produit par une sorte de filtre qui aura aussi la mauvaise idée de changer la couleur des bonus à l’écran. Par exemple, la balise écran de fumée sera jaune à Bagdad et verte à Tokyo, assez déroutant au changement de ville. A la vue des screenshots avant de tester le jeu, je m’inquiétais un peu de la lisibilité de l’action, mais les unités sont cerclés d’un halo, bleu pour les notre et rouges pour les méchants mécaniques, ce qui permet de suivre l’action aisément.

Anomaly Warzone Earth sur Xbox 360

La bande son est l’un des meilleurs éléments du jeu. Les doublages avec de l’accent british à souhait sont un vrai régal pour les oreilles. Les musiques ne sont pas en reste même si la répétition peut les rendre soulantes. Les bruitages quant à eux reproduisent assez fidèlement l’idée qu’on se fait d’un champ de bataille.

Rayon mode de jeu, rien de bien folichon. On trouve un mode histoire ou l’on débloque des éléments de gameplay au fil des niveaux pour les autres modes aussi. Bagdad Chaos et Raid sur Tokyo sont plus dans l’esprit d’un tower defense où l’on devrait éliminer sur la même carte plusieurs vagues d’objectifs. On a enfin le mode essais tactiques aux graphismes qui rappellent les VR Training de Metal Gear Solid. Ce mode est l’occasion de mettre en pratique les différents principes et tactiques du jeu avec des items limités. Le tout est disponible en trois niveaux de difficulté. Et bien entendu, il y a 200 points de succès à débloquer, très classiques, avec par exemple finir les mode de jeu ou détruire 5000 tours.

Au final, Anomaly Warzone Earth reste un petit jeu solo à 800 MS Points qui vous occupera bien 4-5 heures sans être trop redondant. Au delà, la répétition se ferait par trop sentir si vous n’êtes pas accro au genre. Je me suis plutôt amusé avec ce Tower Offense, mais je me vois vraiment mal y rejouer plus tard. Bon, c’est quelque part le principe même de ces petits jeux.


Obscura, tournée Omnivium, au Glaz’art, Paris

Soirée Death Metal avec Obscura + Gorod + Spawn of Possession + Exivious

illman dans Concert, Musique le 10 avril 2012, avec aucun commentaire

Parti conquérir le joyeux monde du Javascript à Paris pour le travail, j’en ai profité pour aller aérer ma crinière de métaleux du coté de la porte de la Villette. Plus précisément au Glaz’Art, qui avait programmé une bonne grosse affiche bien Death Metal avec seulement des groupes que je ne connaissais pas: Gorod, Spawn of Possession, Exivious, et enfin, Obscura. Que voulez vous, je suis inculte. Le tout était chapeauté pour la tournée européenne d’Obscura pour son nouvel album, sortie le mois dernier, Omnivium.

Obscura + Gorod + Spawn of Possession + Exivious au Glazart, Paris

Comme je ne suis pas familier avec Paris je suis arrivé super en avance et j’ai pu voir un peu le quartier autour du Glaz’art. Eh ben Porte de la Vilette, c’est craignos. La salle en elle même est un peu mal foutue avec deux piliers quasiment dans l’axe des scènes. Étonnamment vu la salle plutôt basse de plafond et le nombre conséquent de personnes qui assistaient à la soirée, il ne faisait pas une chaleur à mourir dans la salle, ce qui est un point non négligeable pour des concerts où ça bouge pas mal. Alors que le public commence à bien garnir le bar et le devant de la scène, le premier groupe entre en piste sur une scène somme toute pas très grande et assez basse.

Exivious

Les hollandais d’Exivious ont la lourde charge de lancer la machine de guerre. Ce groupe va s’y atteler avec son mélange de Death Instrumental et de Jazz Fusion. Tout instrumental, si tu n’aimes pas les ruptures de rythme, passe ton chemin. Ils sont plutôt statiques et leur leader, enfin je suppose, prendra la parole pour les présenter. Leur musique est vraiment sympa même si elle ne semble pas accessible au novice de prime abord. En tout cas, passé le premier choc j’ai adoré.

Leur set sera finalement assez court et j’aurai passé le plus clair de mon temps devant un vidéo-projecteur qui diffusait la pub de la salle, j’ai pas de bol d’être grand sur ce coup là, heureusement qu’il les couperont par la suite.

L’heure de la binouze a sonné et j’en profites pour tailler le bout de gras avec des mecs super sympas qui resteront étonnés que je sois venu sans connaitre aucun groupe et qui trinqueront avec moi le reste de la soirée.

 Spawn of Possession

S’avance alors sur la scène Spawn of Possession, des suédois qui vont pondre un Death pur et dur bien calibré, mais que je trouverais plutôt commun. Les mosh commencent à partir de là, et ça headbange de plus en plus sévère. Le chanteur de la bande exhorte la foule à plus de bruit avant d’enchaîner sur une machine à laver suivi de son growl bestial.

Je ne retiens pas grand chose de ce live sinon que c’est brutal, et que la scène parait un peu petite pour leur chanteur. On notera que le chanteur de Gorod, le groupe suivant, montera sur scène pour les suppléer sur leur dernière chanson. Et à deux sur scène, ils envoyaient du gras.

Gorod

L’ambiance, déjà bien chaude, montent encore d’un cran avec les français de Gorod. A peine ont-ils enjambé la scène que c’est déjà des clameurs surexcitées qui s’élèvent. Dès le premier growl, c’est le mouvement qui remplace le statique avec des intensités diverses, et tout le panel de pit disponibles (à petite échelle bien sur).

Le chanteur du groupe de Bordeaux est un frontman accompli, son growl a un certain charme, comme s’il avait un petit accent du sud. Les français enchaînent les titres brutaux, avec un chanteur qui interagit régulièrement avec le public, sans doute la meilleure performance de la soirée.

Je garde un bon souvenir de la prestation de ce groupe, si j’ai l’occasion j’irai les revoir. Deux bières plus tard, le dernier groupe entre en action.

Obscura

Œuvrant dans un Technical Death Metal se rapprochant du Gothenburg Metal à mes oreilles, les allemands de cette formation vont entrer en scène dans une ambiance de lumière verte, le tout accompagné d’un ventilateur, faisant voler les cheveux du guitariste-chanteur. Ils serviront un set super carré et plutôt immobile. On reste sur du Technical assez classique mais d’excellente qualité, de celle qui font headbanger. Je reste quand même un peu sur ma faim, pour un headliner, j’ai trouvé que ça manquait un peu d’âme.

Détail un peu moche, la foule était plus éparse lors de leur concert, j’avais même l’impression qu’il y avait moins de monde que pour Gorod, à croire que le public n’était venu que pour voir le groupe français. Je profite du solo de batterie interminable pour m’éclipser et rentrer à mon hôtel avec les oreilles qui bourdonnent, faute d’avoir oublier mes bouchons d’oreilles. Pour conclure, une bonne petite soirée aux portes de Paris et de la mort.


Marc Bolan: In the East of our Heads de Nathalie Vogl est une sorte de vraie-fausse biographie de Marc Bolan, la fameuse icône du Glam Rock du début des années 70 dont j’avais déjà fait mention dans ma chronique sur Life on Mars. Le bouquin est paru au éditions Camion Blanc en 2011. Oh bonheur, Nathalie Vogl est française et il n’y aura donc pas de bug de traduction à craindre. Vu que c’est une biographie, c’est pas un synopsis qu’il vous faut mais un petit aperçu de sa vie.

Marc Bolan: In the East of Our Heads de Nathalie Vogl

Mark Feld en 1947, contemporain de Jimi Hendrixx et de David Bowie, ce londonien issu d’une famille à moitié juive nourrissait un rêve: devenir une rock star, faire des tubes et avoir une horde d’admiratrice dont il ferait mouiller la culotte (quasi textuelle du bouquin). Adhérant pleinement au courant Mod, que Wikipédia vous expliquera mieux que moi, il se retrouve prêt à tout pour étoffer sa garde-robe et sortir de son bourbier natal. A force de traîner et par sa bouille qualifié d’elfe ou de djinn du désert, il finira par croiser la route d’un un grand de la musique, Cochran, ce qui va le pousser encore plus vite vers la musique. Supporté par différents mécènes, il sera poète, membre d’un groupe de rock électrique, les John’s Children, pour ensuite se diriger vers le début de son grand œuvre, Tyrannosaurus Rex. Avec Steve Peregrin Took, il va se lancer dans la folk psyché en vogue en cette période hippies pour se construire une sorte de cour de suivants. Mais Marc qui entre temps a troquer son k pour un c, veut de l’électrique, devenir le roi de la pop. Il ne se retournera pas lorsque Took sombrera dans la drogue, raccourcira le nom du groupe en T.Rex et se formera un nouvel entourage pour connaitre enfin la gloire. C’est une véritable T.rextasy qui va déferler sur l’Angleterre, une sorte de nouvelle beetlemania. On le verra devenir une diva bouffi pour que finalement il se ressaisisse.

Marc Bolan

Marc Bolan

Je vais commencer par revenir sur le terme vraie-fausse biographie de mon introduction. Si j’ai utilisé ce terme c’est parce que l’on dépasse la simple énonciation de faits et de témoignages. La vie de Marc Bolan est ici fortement romancée et l’auteur s’en tire remarquablement bien. Nathalie Vogl transcrit la trajectoire de la rock star sur Terre telle une étoile filante grâce au rythme du récit, accélérant sur sa fin pour qu’il ne laisse finalement à son ultime moment qu’un souvenir. On va suivre la rock star de son enfance, quand il était près de ses 8 ans pour arriver jusqu’à 2 semaines avant ses 30 ans en 1977, et sa rencontre avec Rarn.

Car Marc Bolan a un folklore, son propre monde et Rarn en est la Némésis, c’est d’ailleurs son univers magique qui abreuvera ses chansons. Les vagabondage de l’esprit de Marc vont ressortir tout au long du récit et surtout dans des moments ou l’on ne s’y attend pas, surtout lorsqu’il semble un peu baisser sa garde avec ses proches.

Marc Bolan, c’est un destin, il a croisé tous les grands pontes de la musique de l’époque. Bowie en tête, l’auteur rapporte par son récit un lien fort qui les unit, une amitié matinée de rivalité. Le rapport de la star aux femmes est aussi abordé, de sa relation et son mariage avec June, jamais il n’est question d’un passage en coulisse avec une fan bien que sur la fin il ira tout de même voir ailleurs. Si j’en parle c’est parce que June a été un très grand soutien pour sa carrière notamment quand il a fallu qu’il remonte la pente. C’est aussi un caractère, totalement extravagant, n’ayant pas la langue dans sa poche, souvent ailleurs mais surtout totalement tourné vers son objectif, son obsession de gloire. Il connaîtra aussi la déchéance, des moments de doutes qui nous rappelleront que c’est surtout un homme comme les autres malgré toutes ses particularités. Lui qui était si clean, si pur, au début sombrera dans l’alcool et un peu dans la drogue, jusqu’à ce que la paternité lui fasse décrocher tout ça et retrouver le chemin de la scène. Bref un homme complexe, à la hauteur de l’admiration que je lui porte.

Tyrannosaurus Rex

Tyrannosaurus Rex

Musicalement pour vous le situer, Marc Bolan est considéré comme l’un des fondateurs du Glam Rock, l’icône glamour ultime pour moi, avec la voix légèrement chevrotante dont la description revient souvent dans l’ouvrage. Et même s’il s’est un peu laissé aller à la facilité des refrains pop répétitifs à une certaine époque, il reste connu pour ses textes travaillés. Journaliste et chroniqueur musical sur sa fin, il aura soutenu le départ du mouvement punk, au point de le consacrer parrain du punk dans cette biographie.

J’ai trouvé l’histoire de sa vie tout bonnement passionnant, le style de l’auteur est quant à lui très agréable à lire, fluide. Les chapitres portent les noms de ses chansons, le parcours des pages est émaillé d’extraits de poèmes et de paroles, bref tout pour être immergé. Un bémol tout de même, certains albums sont décrits en piste à piste, ce qui n’est d’une part pas très intéressant, et qui n’est appliqué qu’à une minorité d’albums. Les dialogues font un peu surjoués de temps en temps mais quand tu as des zigotos comme Bolan et Bowie qui discutent, ça ne dénote pas tant que ça. Selon les dires mêmes de l’auteur, on oscille entre vérité et fantasmes dû en partie aux zones d’ombres de la vie du Dandy in the Underworld.

Marc Bolan: In the East of Our Heads de Nathalie VoglIl y a quelque chose que je ne m’explique tout de même pas, c’est comment un personnage aussi fantasmagorique et ayant laissé une empreinte indéniable sur la musique soit peu à peu oublié. Peut-être qu’une des clés pour expliquer cela se trouve dans le fait qu’il est mort un mois après Elvis, et que cela a quelque perturbé l’encrage dans les mémoires du souvenir de cet elfe de la musique (et aussi qu’il n’a pas eu trop d’impact en France apparemment).

Au final, Marc Bolan: In the East of our Heads de Nathalie Vogl était une très agréable lecture. C’était la première fois que je lisais une biographie ou plutôt une assimilée biographie et j’ai été agréablement surpris du résultat, et quoi de mieux pour cela que de commencer par une icône tombé un peu dans l’oubli. Un remarquable pas pour ramener Marc Bolan, T.Rex et son œuvre dans la lumière. En clair, lisez le.


20th Century Boys de Naoki Urasawa

illman dans Critiques, Livres, Manga le 28 mars 2012, avec 1 commentaire
Critiques

20th Century Boys est un manga de Naoki Urasawa, une série Seinen qu’il a publié après avoir fini son autre série phare du genre, Monster. Celle-ci se déroule en 22 volumes et se termine avec un épilogue, 21st Century Boys, qui est en deux volumes. Ce changement de titre est dû à un simple changement de magazine vers la fin de la publication au Japon. Passons au synopsis de cette excellente série, spoilerless bien entendu.

Personnages de 20th Century Boys de Naoki Urasawa

On laisse son passé derrière soi, on se le remémore par bribes nostalgiques, mais il ne revient jamais vraiment. C’est tout du moins ce qu’imagine Kenji Endo dans son petit supermarché. Jusqu’au jour où une secte étrange émerge, réalisant des actions qui semblent avoir un rapport avec lui… et son passé. Surtout ces actions sont tirés d’un cahier de prédictions où Kenji et ses comparses s’amusaient à imaginer la fin de l’humanité avec leur imagination d’enfant…

Mais commençons par une petite présentation de Naoki Urasawa. Il faut savoir que cet auteur jouit d’une certaine notoriété en Europe et d’une plutôt grosse renommée au Japon, le plaçant dans les rangs des bankables, ces mangakas dont le seul nom fera vendre. Il a à son actif plusieurs séries majeurs :  Happy, Master Keaton, Monster, Pluto et la série qui nous intéresse, 20th Century Boys. Ces trois dernières sont publiées et traduites en France. Il fait aussi partie de mes mangakas préférés, bien entendu.

On ne dirait pas comme ça en lisant le synopsis, que j’ai fait le plus évasif possible, mais il y a une bonne part de Science Fiction dans l’histoire. Le scénario est plutôt complexe et va demander de s’accrocher un peu par moment, notamment à cause de flashbacks/flashforwards fréquents, mais toujours justifiés. L’histoire est assez dense et toujours en mouvement. On se retrouve avec un bon rythme accrocheur, sans accroc. Si on voulait comparer, le scénario est un poil moins complexe, à mon avis, que celui de son autre série Monster. Mais ce qu’on perd en complexité, on le gagne en force de narration et en fluidité de lecture. Là où j’avais trouvé Monster un peu laborieux, 20th Century Boys s’enchaine sans explication de deux pieds de long; et c’est tant mieux, sinon j’irai lire mes Black et Mortimer.

20th Century Boys de Naoki Urasawa Image

Comme à son habitude, l’auteur amène des antagonistes fouillés et machiavéliques à son histoire. Éléments extrêmement important dans ses histoires, ils prennent ici une encore plus grande dimension, occupant le devant de la scène internationale et mettant en place un véritable culte de la personnalité. J’ai trouvé ces méchants particulièrement savoureux.

Le style d’Urasawa est assez reconnaissable, réaliste et maitrisé. Il serait parfait pour représenter des tranches de vie. Ça ne plaira pas forcément à tout le monde, je consens qu’il faut un temps d’adaptation au début mais personnellement maintenant, j’adore. Pour la petite histoire, le titre du manga est tiré d’une chanson du groupe de rock T-Rex, pour ceux qui connaissent ça ne doit pas les rajeunir. La musique a d’ailleurs une place importante dans ce manga, notre héros ayant été guitariste et nous le rappelant tout du long.

Tout n’est pas sans défaut bien entendu, et je ferai quand même un reproche concernant les personnages. Ils sont certes reconnaissables physiquement, mais avec tous les sauts dans le temps, on a vite fait de se paumer et de se demander qui est qui, qui a fait quoi, même si parfois se poser cette question sert l’intrigue. Leur multitude n’aide pas forcément, on est submergé de noms et de personnages, dur de faire le tri. Mais bon, on va dire qu’il suffit d’augmenter le niveau d’attention qu’on porte à sa lecture pour y remédier.

20th Century Boys de Naoki Urasawa

Certains des personnages principaux étant jeunes

La série est une ode à l’enfance (ou à Alzheimer selon certains), à toute l’imagination qu’on avait et qu’on semble perdre en arrivant à l’âge adulte. On ne peut que voir les flashbacks avec une certaine nostalgie, pour peu qu’on ait vécu un peu dans la cambrousse étant enfant avec des potes. Comme quoi, on s’amuse quasiment partout de la même manière quand on est gamin.

20th Century Boys de Naoki UrasawaEn ce qui concerne l’édition, mon avis est plutôt neutre. Alors certes, Panini Comics est toujours l’un de ces éditeurs qui pratique des prix prohibitifs, mais pour une fois, l’édition est supérieure à ceux que j’ai pu voir pour d’autres de leurs titres et justifierait « presque » le prix de 8€95.

Au final, 20th Century Boys est un Seinen incontournable, culte au même titre que Monster pour certains. Je ne peux qu’exprimer ma fascination pour cette histoire qui se dévore et qui vide mon porte-monnaie au fil des tomes. Une excellente série à découvrir ou à redécouvrir. Ainsi se termine mon premier vrai article arlésienne qui aura mis plus d’un an a être écrit.