Les immortels de Meluha est le premier tome de la trilogie de Shiva, un roman de fantasy, inspiré par la légende indienne du dieu Shiva, écrit par Amish Tripathi. Véritable phénomène dans son pays natal, cette trilogie est publiée en France aux éditions Outre-Fleuve. Synopsis ?

Le royaume paradisiaque de Meluha est menacé. Dans l’espoir de trouver l’élu de la prophétie, celui qui détruira le mal, des émissaires sont envoyés dans de nombreuses tribus. C’est ainsi que les Gunnas rejoignent la protection de Meluha, et notamment leur chef, Shiva. Rapidement, celui-ci se révèle être celui que le royaume attendait.

Oui, ok, je spoile, mais en même temps, il est évident pour quiconque ayant une once de culture indienne que Shiva est le destructeur du mal, c’est d’ailleurs son titre. La Trilogie de Shiva est en réalité une trilogie Young Adult, qui puise son inspiration dans le mythe de Shiva, tout en transposant l’action dans un monde où la magie existe. Bien que l’histoire ici de Shiva diffère des légendes usuelles, que, en grande fane de Bollywood, j’ai fini par connaître, les bases restent les même. Le roman est très ancré dans la culture indienne. De nombreux mots ne sont pas traduits mais uniquement expliqués dans un lexique. Cela conduit à une bonne immersion, mais cela peut aussi perturber certains lecteurs, d’autant que les noms des protagonistes sont parfois à rallonge, ou très semblables. Pour ma part, consommant beaucoup de films indiens, faisant de la danse indienne, les termes ne m’ont pas gênés, et certains font même partie de mon vocabulaire courant.

En soit, l’idée est excellente, et permet en plus de faire découvrir au plus grand nombre les légendes indiennes, par le biais d’un roman dédié aux jeunes adultes. Je ne vais pas faire de courbettes ni de détour, ce roman a un problème majeur qui gâche tout. Il est terriblement mal écrit. Il est rare que je décrète cela, comme ça, de but en blanc. Mais il faut le reconnaître, les dialogues n’ont aucune profondeur, le personnage de Shiva est totalement caricatural, et l’histoire d’amour n’a aucune saveur. Tout est diablement plat. Est-ce lié à la contrainte de s’attaquer à un personnage sacré dans sa propre culture ? Je ne sais pas.

Tout est fait pour rendre Shiva classe, notamment son usage du cannabis. Globalement Shiva a le caractère d’un ado tumultueux de 15 ans, qui aurait toujours les meilleures idées et même de meilleures stratégies que tout un tas de mecs âgés de plusieurs centaines d’années, il réforme en deux semaine des lois qui sont évidemment débiles mais pourtant en place depuis des siècles, danse comme un dieu (oh, wait) et se roule trois bédos tous les soirs. Après quoi il prône l’amour et le vivre ensemble dans sa chambre dont il émane une odeur de Marijuana. Autant dire que la crédibilité est complètement nulle. Impossible de s’attacher à un personnage pareil. Le problème étant que tous les autres personnages ne sont là que pour mettre en valeur Shiva. Dès lors, il ne reste plus grand chose à quoi se raccrocher, pas même à Sati, la femme forte mais blessée qui subit sa pénitence tout en aimant en secret Shiva. Un secret compris du lecteur en à peu près trois lignes et demies bien sûr.

Le livre est particulièrement lent, et le suspens tellement inexistant – puisque Shiva réussit toujours tout – que j’ai mis quasiment un mois pour venir à bout d’un livre qui fait moins de 500 pages, écrit assez gros. Malgré (ou peut être à cause de) un background riche et passionnant, Amish Tripathi arrive a égaler les pires productions de fantasy occidentales à la David Gemmel, où le héros génialement divin est l’élu de la prophétie et réussit tout sans logique aucune. Le roman pourra à la limite parler a des adolescents, pas encore trop difficiles, intéressés par les légendes indiennes, malgré quelques sous-entendus graveleux (mais heureusement discrets). En somme, un livre à oublier.