Et Dieu se leva du pied gauche est un roman de Oren Miller, sorti aux éditions de l’Homme sans Nom. Il s’agit de la troisième aventure de Evariste Fauconnier, l’enquêteur phare de l’auteure. Cependant, il s’agit d’un roman qui peut être lu de manière totalement indépendante. Synopsis ?

A Venise, une jeune femme se réveille dans sa chambre d’hôtel pour découvrir que ses 6 collègues, avec lesquels elle assistait à un séminaire, sont décédés, dans leurs lits, sans cause apparente. Coupable toute trouvée, elle clame pourtant son innocence et la police n’arrive pas à expliquer ce qui a causé les décès. Les mystère du cas attire l’enquêteur spécialisé Evariste Fauconnier, accompagné de son assistant, Isabeau Le Duc.

J’avais découvert Oren Miller avec sa réinterprétation du Comte de Monte-Christo : Le Roi Sombre. Ce roman avait été un véritable coup de coeur, pour l’histoire bien sûr mais aussi pour la plume drôle et acerbe de l’auteure. C’est ainsi que je me suis retrouvée à lire ce nouveau roman, en espérant y trouver la même fraicheur. Je n’ai lu aucun des deux tomes précédents, et je n’ai pas été perdue dans cette histoire. Si il y avait des clins d’oeils, je ne les ai pas vus.

Comme attendu, on retrouve un style d’écriture frais, souvent sarcastique et qui sait tenir le rythme. Les deux personnages mis en avant, que sont Evariste et Isabeau, sont un duo d’enquêteurs dans la ligne direct d’un Sherlock et Watson. En effet, Evariste est très doué, mais aussi peu à même des codes sociaux. Parfois hautain, souvent cavalier, il fait la paire avec Isabeau qui est lui plus tempéré. Il s’agit donc de ce duo qui porte majoritairement l’histoire, et c’est un grand atout.

Cependant, heureusement, le livre ne se limite pas à deux enquêteurs savoureux. Très rapidement, l’enquête nous emmène en Suisse et plus précisément dans une institution médicale, dans l’après-guerre. Autant dire qu’il s’agit d’un sujet qui m’interesse particulièrement. La galerie de personnages secondaire est plutôt haute en couleur et le suspens s’installe rapidement. Le livre mêle divers sujets, entre la religion, les expérience médicales, et enfin, les conséquences de la guerre.

Les points de vues s’alternent, ce qui permet de garder en haleine tout au long de la lecture. Les chapitres sont relativement courts, et les pages se tournent vite. De plus l’écriture fluide fait que le roman se lit très aisément. L’enquête est rondement menée, même si il y’a un certain nombre de retournements qui peuvent sembler sortir, un peu de nulle part.  Cela reste cependant non gênant, puisque c’est tout de même relativement fluide et cohérent. Dans l’ensemble, c’est un véritable plaisir de lecture, que je ne peux que vous conseiller. Si vous appréciez les duos d’enquêteurs efficaces, l’ambiance d’après-guerre, les instituts médicaux sous le temps rude de la suisse, le tout enrobé dans une plume fraiche et acerbe, Et Dieu se leva du pied gauche est clairement un livre à lire. C’est aussi une bonne manière de découvrir cette auteure, et quelque chose me dit que vous ne vous arrêterez pas de sitôt.

 


Lire les romans policiers de Arnaldur Indridason fait partie de mes petits plaisirs, qui me replongent en Islande, dans ce pays que j’aime beaucoup. Cependant, peut être devrais-je parler au passé car malheureusement, cela fait un moment que je ne trouve plus mon compte dans ses romans. Que penser du dernier né « Ce que savait la nuit » ? On en parle après le synopsis.

Konrad est un flic à la retraite. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il s’ennuie. Alors quand un corps est découvert dans un glacier et réouvre un dossier criminel de plus de trente ans, le policier ne peut s’empêcher de s’en mêler.

Dans ce roman policier, on retrouve à nouveau le personnage de Konrad, le héros de la trilogie des ombres de l’auteur. Ce policier à la retraite est moins torturé que son héros précédent, Erlendur, et par là même aussi, plus fade. En effet, à la fin du roman, difficile de réellement cerner Konrad, et c’était d’ailleurs déjà le cas pour les précédents romans le mettant en scène. Et ce n’est pas l’histoire familiale dramatique à base de veuvage soudain qui rajoute du caractère au personnage.

Il faut dire que malheureusement, l’écriture d’Indridason n’est pas des plus émouvante. Le roman est très très court (350 pages environ, écrit gros), et les phrases sont simples, courtes et directes. Autant dire que des phrases du type « il est rentré, elle était morte » donnent une profondeur dramatique proche du néant absolu. De ce fait, l’histoire personnelle de Konrad m’a plus fait rire qu’autre chose, dans le sens ou elle est si peu intense, et semble obéir à une checklist. Policier solitaire ? Check. Deuil difficile ? Check. Vilaine maladie pas belle ? Check.

Soit. On lit avant tout un policier pour l’intrigue. Alors que vaut-elle ? Tout comme les précédents, difficile de cataloguer les romans d’Indridason comme des whodunit : impossible pour le lecteur de mener sa propre enquête, puisque les éléments sont révélés au fur et à mesure de l’enquête. On est donc baladé jusqu’au bout et on n’a même pas le plaisir de se dire « oui c’est sans doute machin, car il à fait truc ». On lit, et on se laisse porter. Autant dire que oui, c’est une lecture détente, plutôt pas mal dans l’absolu, qui se laisse lire sans être horripilante. Cependant, à aucun moment je n’ai ressenti d’envie de tourner rapidement les pages, le rythme reste lent et plutôt contemplatif.

Alors que reste-t-il ? Il reste l’Islande. L’héroïne des romans d’Indridason et la raison pour laquelle je les lis. On retrouve ce pays marqué par la grande crise, son climat difficile, ses histoires de famille et sa transformation sociétale d’une grande intensité. Lire Arnaldur Indridason permet de voyager dans les glaciers, dans ce pays froid mais pourtant chaleureux. Il parle de son pays avec beaucoup d’amour, et cela permet aussi de comprendre les évolutions qu’à vécu l’Islande. Mais c’est bien mince pour justifier les 350 pages laborieuses à base de personnage défini à la truelle et d’intrigue usant et abusant du Deus Ex Machina. Une lecture donc insipide, qui ne me laissera pas de souvenirs et que je déconseille.