Alice au pays des Morts Vivants de Mainak Dhar

Serafina dans Critiques, Livres le 27 septembre 2017, avec aucun commentaire
Critiques

Des revisites de classiques à la sauce zombie, on a déjà vu ça. On connait notamment les Orgueils, Préjugés et Zombies ou autre. Je n’ai jamais été spécialement tentée par ce genre de revisites, sans doute à cause de mauvais aprioris. Mais quand on m’a proposé de découvrir Alice au pays des Morts Vivants, j’ai été tentée pour une raison très simple : ce livre est écrit par Mainak Dhar, indien, et se passe en Inde. De la SFFF indienne, j’en connais peu et j’avais donc envie de tenter.

Alice est née après le Réveil. Un Réveil qui a vu les mort renaitre sous forme de zombie et détruire la civilisation telle qu’on la connait. Fille d’un diplomate anglais en mission en Inde elle a été élevée dans un camps de survie, a appris dès son plus jeune âge a se battre et est d’ailleurs sacrément douée avec un fusil entre les mains. Un jour, lors d’une mission, elle est intriguée par un Zombie avec un serre-tête oreilles de lapin qui saute dans un trou. Bien évidemment, elle le suit.

C’est la première réécriture que je lis, je ne pourrais donc pas comparer. Je m’attendais en faite a retrouver des bases de l’histoire d’Alice, transposées dans un autre cadre. En réalité, pas du tout. A part les cheveux , le prénom de l’héroïne, le fait qu’un zombie a des oreilles de lapin, un autre un grand chapeau, nous sommes dans une histoire totalement différente. Elle aurait pu s’appeler Ariel ou Cendrillon ou Gertrude en réalité ça aurait été pareil. Du coup, j’ai été un peu déstabilisée au début car je ne voyais pas trop l’intérêt de mettre Alice au Pays des Merveilles là dedans. Mais finalement, ce n’est pas plus mal car au moins je n’ai pas pu prévoir l’histoire. Histoire qui devient d’ailleurs très vite militaire, puisque nous découvrons que les humains sont soit sous la dictature du Comité Central soit en petits groupes libres et autonomes adeptes de techniques proches de la guérilla. Nous sommes donc dans un monde de fusils automatiques, de grenades lumineuses, de lance-missiles et de débarquements en hélicoptères. Faut aimer.

Le roman est court (280 pages) mais compact. Très peu de sauts de ligne, très peu d’intermèdes et surtout peu de temps passé à developper les personnages. Alice est une Mary Sue parfaite. Elle est belle, elle est douée, elle n’a pas de défauts, et sa profondeur est proche du néant. C’est un peu dommage car du coup il est très difficile de rentrer dans l’histoire ou de s’attacher aux personnages. J’ai mis étonnamment longtemps à lire ce livre (ce qui veut dire 4 jours mais pour 280 pages pour moi c’est énorme) car tout simplement quand je posais le livre, je n’avais pas d’envie de le réouvrir. Le scénario est complexe y’a pas de soucis, avec des retournements de situation et des méchants qui n’en sont pas, et compagnie, mais comme je n’ai pas pu m’attacher aux héros, je ne tremblais pas non plus pour eux et résultat … J’étais plutôt indifférente.

Les scènes de combat sont décrites avec précision et on sent que l’auteur est bien documenté sur les armes de guerre. Par contre les tenants et aboutissants des stratégies et autres sont plutôt expédiés, ce qui la non plus n’aide pas à rentrer dedans. Au final, la seule chose que j’ai réellement apprécié dans ce roman c’est qu’il se passe en Inde et qu’il m’a rappelé de bon souvenirs, puisque je sais a quoi ressemble la Yamuna, que j’imagine très bien les immeubles de New Delhi ou les QG sont établis, mais c’est un faible argument pour vous conseiller ce roman.

Vous l’aurez compris, je suis totalement passée à coté de l’histoire, à cause de personnages trop survolés et d’un scénario consistant plus en un enchainement de bastons qu’autre chose. L’idée n’était probablement pas mauvaise, mais le livre manque de profondeur pour moi. Difficile donc de vous le recommander. Sauf si vous êtes vraiment fans de romans de zombies.


L’année dernière, ou celle d’avant, je vous avais parlé de la saga Les Archives de Roshar, écrite par Brandon Sanderson. Le premier tome La Voie des Rois avait été un de mes coups de coeur cette année là, du coup lors de la sortie de la suite Le Livre des Radieux, je n’ai pu que me précipiter dessus. Synopsis ? – Garanti sans spoil –

Sur Roshar des tempêtes terribles rythment les saisons. Tandis que les jours s’écoulent plus ou moins doucement dans la capitale, une guerre secoue les Plaines brisées suite à l’assassinat il y a 8 ans du roi par les alliés Parshes. Depuis les événements du premier tome, nos héros ont compris que les choses allaient changer et qu’il allait falloir unir les différentes puissances pour lutter contre un ennemi commun.

Alors oui c’est flou, mais difficile de ne pas spoiler. Toujours est-il que reprendre les Archives de Roshar fut un plaisir sans nom. Après plus d’un an, a lire de nombreux autres livres, dès les premières pages j’étais chez moi. J’étais dans un monde que je n’avais jamais vraiment quitté, je revoyais des personnages avec plaisir. Peu de saga peuvent se vanter de me happer dès les premières pages sans le moindre résumé ni la moindre aide pour me rafraichir la mémoire. Il faut dire que le premier tome était dense : deux parties de 800 pages, cela faisait donc déjà près de 1500 pages que je suivais Kaladin, Shallan et les autres. Leur souvenir était vif, et c’est comme si j’avais tout enchainé à la suite.

Cela note la très grande qualité de ce livre et la force de ses personnages. Sans aller jusqu’à comparer à un Trône de Fer, on n’en est tout de même pas loin. On a découvert pléthore de personnages dans le premier tome qu’on continue a suivre ici, avec des chapitres aux points de vue alternés qui donnent donc un bon rythme au récit. Tout comme pour La Voie des Rois, Les Archives de Roshar a été découpé en deux parties de 800 pages chacunes, cette première partie est donc une montée en puissance. On commence assez calme, avec bien sur les conséquences du tome précédent, et on sent monter l’action petit a petit, qui se dénouera probablement dans la deuxième partie.

Ce n’est donc pas une partie trépidante a proprement parler : peu de combats, mais beaucoup de politique et beaucoup d’approfondissement des personnages et de l’univers. Avec bien sur son lot de retournements de situations !  Oui, Brandon Sanderson prends près de 800 pages pour placer ses pions, mais c’est aussi pour cela qu’il sera si facile de reprendre la lecture et que nous avons l’impression de vivre avec nos héros. Et bon, peut être que la comparaison avec G.R.R. Martin n’est pas si lointaine après tout … Cette première partie est avant tout centrée sur Kaladin et Shallan, Dalinar passant un peu au second plan, mais Adolin son fils est aussi mis en avant. Nous suivons aussi pour la première fois l’autre camps, celui des Parshes. En effet, comme je vous l’avais dit lors du premier tome, Les Archives de Roshar, c’est de la fantasy, dans un univers medfan, oui. Mais pas cliché. Et évidemment, les méchants ne pouvaient pas juste être « les méchants ». Je ne vous en dit pas plus mais sachez que c’est très interessant et très bien amené.

Vous l’aurez compris, cette première partie du deuxième tome ne fait que confirmer ce que je pensais de cette saga, c’est un excellent univers, un excellent auteur et les personnages sont au top. Cela faisait longtemps que je n’avais pas relu de saga de fantasy à ce niveau. C’est réellement un roman que je vous conseille, si les pavés ne vous font pas peur ou si vous avez été désenchantés de la fantasy.

Et vous, l’avez vous lu ?