Vengeance de Fabrice Colin

Peplum Vengeance

illman dans Critiques, Livres le 11 mars 2017, avec aucun commentaire
Critiques

Vengeance est un roman de fantasy de l’auteur français Fabrice Colin paru en 2001 chez Bragelonne. Acquis il y’a bien longtemps lors d’une opération de Bragelonne sur ses ebooks, il attendait bien sagement depuis une occasion de briller. Elle s’est présenté lorsque j’étais désemparé dans un coin où la technologie est taboue (le Loir-et-Cher) et est venu me sauver de mon ennui. Mais ce bouquin a t’il remplir son rôle ?

Barkhan est un orphelin recueilli par le frère de l’empereur après le massacre de son village par les monstrueux Senthaïs, créature grotesques et terrifiantes. Malheureusement la trahison s’immisce dans les couloirs du palais et lorsqu’elle frappe, Barkhan se retrouve à fuir la capitale impériale pour sauver sa vie. Il entame une fuite en avant qui le mènera sur les rails de la vengeance.

Au niveau du style de l’histoire, pour vous faire une idée un peu plus précise, c’est une sorte de mélange entre Le Comte de Monte-Cristo de Alexandre Dumas en plus rentre dedans et  Legende de David Gemmell en moins épique. Dis comme ça j’avoue que ça ne doit pas sonner folichon mais l’auteur s’en tire plutôt bien. Je trouve juste le rythme assez déséquilibré, il se passe peu de choses pendant la première moitié, puis vient une ellipse narrative et nous voilà parti à 200 à l’heure. En plus j’ai eu la désagréable impression que des trucs vraiment sympas s’était passé pendant cette fameuse ellipse et que j’aurai bien aimé en savoir plus. C’est qu’il dure 25 ans ce trou pour nous prendre au retour à moitié pour des andouilles avec des personnages qui ont des noms différents mais qu’on capte dès le premier paragraphe qui ils sont.

En fait j’ai trouvé le roman assez frustrant parce que l’auteur balance énormément de pistes de développement mais au final n’exploite pas une grande majorité d’entre elles. Sérieux, ramener les morts à la vie et ne s’en servir que pour un personnage sans envergure c’est un peu raide. C’est ça en fait, il y’a un goût de trop peu qui ressort une fois le bouquin terminé, il en faut encore.

L’univers du roman est plutôt sympa, calqué sur notre antiquité romaine. Ce n’est pas dur d’imaginer la capitale impériale comme une sorte de Rome et l’immense désert que le héros travers comme le Sahara. Franchement il manquerait juste du combat dans une arène pour compléter le tableau. En plus les « gros » méchants, les Senthaïs, créatures démoniaques au possible ont un petit gout de Huns qui s’avance inexorablement sur l’empire. Ce ne sont pas bien sûr les uniques antagonistes, mais ce sont ceux qui représentent une menace constante pendant tout le roman, la rumeur de leur venue faisant toujours partie de préoccupations des personnages. J’ai juste eu du mal à imaginer ces bestioles avec leurs montures qui crachent de l’acide et qui nécessite au moins 5 humains pour en venir à bout, les descriptions étant un poil trop vague pour ma compréhension.

Pour l’édition ebook et contrairement à d’autres portages à ce format de cet éditeur, j’ai trouvé le texte moins charcuté et à l’exception de quelques passages où on sent que le saut de page s’est transformé en simple retour à la ligne, pas grand chose à signaler. Il est à noter qu’étant donné l’âge du roman c’est soit l’occaze soit l’ebook si vous souhaitez vous pencher sur cet ouvrage pour pas trop cher. Malgré ce que j’ai pu trouver de négatif et frustrant à l’oeuvre, j’ai dévoré les plus de 300 pages de ce roman et je pense qu’il vaut largement le coup d’œil. En attendant je vais aller voir ce que cet auteur a sorti d’autre.


Le dernier lapon de Olivier Truc

Immersion dans le grand nord

Serafina dans Critiques, Livres le 4 mars 2017, avec 2 commentaires
Critiques

Dernièrement, j’avais envie de changer un peu mes lectures, et j’ai entendu à France Inter une bonne critique de ce roman policier : Le dernier Lapon de Olivier Truc. Ce polar se passe dans le nord, mais le vrai de vrai nord, à savoir la Laponie. Et il se passe dans les premiers mois de l’année alors que la nuit règne en maitre sur ces étendues glacées. Synopsis ?

Nina et Klemet sont policiers, et plus précisément membre de la Police des Rennes. Cette brigade a pour terrain assigné la Laponie, autant suédoise, finlandaise que norvégienne. Ils sont chargés de résoudre les conflits entre éleveurs de Rennes, qui représentent l’élevage traditionnel de cette région. Généralement, ils ne traitent jamais de sujets très grave, mais aujourd’hui est différent. Tout d’abord un tambour Lapon a été volé au Musée de Kautokeino, et puis surtout un éleveur est retrouvé assassiné.

Ce roman est écrit par Olivier Truc correspondant pour Le Monde dans les pays Nordiques. Cette expérience lui permet de nous proposer un polar qui traite de la question Lapone. Les Lapons (Samis en VO) sont le peuple autochtone de la Laponie, qui ont été plutôt maltraités par les Scandinaves à priori, évangélisés, et sont aujourd’hui victimes de discriminations. Ils essaient de faire perdurer leur culture unique. C’est dans ce contexte que s’inscrit l’enquête de Klemet et Nina. Klemet est lapon, alors que Nina vient du sud de la Norvège, elle est donc le regard vierge par qui nous découvrons cet univers.

J’ai trouvé le coté « documentaire » très intéressant, car je ne connaissais pas ce sujet et on sent que l’auteur s’est réellement documenté sur la question en essayant de présenter avec fidélité et respect la culture lapone. Le problème c’est que c’est à peu près la seule chose que j’ai trouvée d’interessante dans le roman. D’abord le rythme est très lent, et je n’ai pas réussi a entrer dans l’intrigue. Comme dans tout bon polar de ces dernières années, nous avons plusieurs intrigues entremêlées, des héros qui ont des parts d’ombre dans leur passé, et tout fini d’une manière ou d’une autre par ce rejoindre. Le problème c’est que beaucoup de ces intrigues secondaires m’ont semblées totalement vides d’intérêt, ne faisant pas avancer l’intrigue. Nina a vécu un événement douloureux et des flashback arrivent comme un cheveux sur la soupe sans qu’on sache pourquoi, au final, cela ne sert a rien dans l’histoire. Ca ne donne même pas forcément de personnalité à la jeune femme, puisqu’elle ne semble pas réagir en fonction. Et c’est Nina, mais c’est Klemet, mais aussi Aslak l’éleveur,

De même, il est vrai que il n’y a pas énormément de population dans ces contrées reculées mais tout de même les coincidences se font nombreuses et un peu trop tirées par les cheveux, surtout quand on parle de coincidences liées à des événements qui datent de plus de 30 ans. Du coup, j’ai trouvé ça trop facile, au bout d’un moment il n’y avait plus de mystère tellement dès qu’on parlait de quelqu’un qui avait trempé dans un truc louche y’a 30 ans, j’étais sure que c’était en rapport avec un des protagonistes.

Vous l’aurez compris, je n’ai pas été conquise par ce polar, je n’ai pas tourné avidement les pages pour découvrir le coupable. A la fin, je me forcais à le lire pour le finir, car il m’ennuyait. Ce roman a pourtant gagner plusieurs prix, et a eu pas mal de chroniques positives, mais il n’étais clairement pas pour moi.


Hatoful Boyfriend de Mediatronic et Hato Mao

Ne nourrissez pas les pigeons

illman dans Critiques, Jeu Vidéo le 1 mars 2017, avec aucun commentaire
Critiques

Des fois je suis vraiment influençable, quand Seraf’ m’a dit « Tu devrais trop tester ce jeu là avec des pigeons » Elle parlait bien sur du célèbre (dans les milieux autorisés) Hatoful Boyfriend. J’en avais bien sûr entendu parler mais je ne m’étais jamais décidé à franchir le pas. Mais là il a été en promo à 2€ à la place de 8€ sur Steam, je n’avais alors plus d’excuses. Maintenant que je l’ai et que je l’ai testé, je vais pouvoir vous dévoiler ce coté sombre du jeu vidéo.

hatoful-boyfriend

Hatoful Boyfriend, qu’est ce que c’est ? On va sortir les gros mots directs, c’est une dating sim avec des pigeons. Pour ceux qui ne serait pas accoutumés avec ce genre de production, il s’agit de « roman visuel interactif » où le but est de draguer/trouver son âme sœur. Suivant des codes qu’on sent séculaires avec son lot d’archétypes de personnages (yandere, tsundere, etc….). Et je peux vous assurer qu’avec Hatoful Boyfriend on est pas déçu du voyage.

Vous êtes une humaine admise dans la prestigieuse St PigeoNation’s Institue, une école pour les oiseaux doués. Comment vous vous êtes retrouvé là ? on s’en fiche voyons, l’important c’est que vous rentrez en 2nde année et que vous allez avoir toute l’année scolaire pour draguer le pigeon de vos rêves… Et vous avez le choix vu qu’ils sont une dizaine à pouvoir être séduit pour aboutir à la quinzaine de fins différentes que comporte le jeu. Personnellement, j’ai fait la fin où l’on séduit le prof pour l’instant. On peut aussi activer une option pour que lors de l’écran de présentation on voit une version humanisée du pigeon, inutile donc indispensable.

Vous deviez vous en doutez quand j’ai parlé de roman visuel interactif, ici on ne va pas s’extasier sur le gameplay, après tout la souris peut suffire et les options sont plus que limitées (sauver, charger, régler le son). Vos interactions et vos choix se feront sous la formes de choix multiples comme dans quelle endroit vous voulez aller, à qui voulez vous parler, etc. A noter il existe un bouton dans l’interface qui permet de sauter tout les dialogues pour arriver au choix suivant. Une bonne initiative lorsque l’on veut avoir toute les fins.

Là où ça va pécher c’est au niveau des graphismes. Déjà les photos des oiseaux sont vraiment dégueulasse, détouré à la truelle et en basse définition. On a beau dire que c’est sans doute fait exprès, ça pique quand même les yeux. Les arrière plans ne sont pas en reste, un poil trop simple, manquant de détail avec un léger sentiment de fait à l’arrache sur certains. Bref ce n’est clairement pas pour les qualités graphiques que l’on retiendra le jeu. La musique non plus n’est pas folichonne, je l’ai entendu saturer par moment et certains morceaux ont une qualité d’enregistrement assez douteuse. Le thème principal qui revient plusieurs fois est aussi bien saoulant à mon goût. Bref là non plus ce n’est pas une réussite.

Malgré tout ça, le jeu dégage un certain charme inexplicable. L’univers est particulièrement mystérieux (au cas où vous n’auriez pas remarqué les pigeons vont à l’école) et un encart fait penser que nous sommes dans un monde post-apo, mais chut ça ne peut être découvert que par soi même. Au final j’ai trouvé amusant de chercher quels embranchements dans les dialogues me permettrait d’arriver à mes fins, parce que des possibilités il y’en a un paquet, bon un petit paquet certes vu qu’il doit bien falloir 1h30 seulement pour l’ending que j’ai eu.

Au final, le sentiment en face de Hatoful Boyfriend est un peu spécial, on se dit qu’on s’est bien marré mais qu’on aurait peut-être pu faire autre chose de son temps. Mais les répliques et les situations sortent tellement de nulle part qu’on en redemanderait presque. Mon conseil serait que si vous arrivez à le taper à moins de 5€ ce sera un bon investissement pour vous amusez quelques heures.