Demain, une oasis de Ayerdhal 

Serafina dans Critiques, Livres le 28 septembre 2016, avec aucun commentaire
Critiques

Demain, une oasis est un roman de Ayerdhal publié en 1992 et qui a gagné le grand prix de l’imaginaire 1993. Il est réédité cette année aux éditions Le livre de poche et cest pour moi l’occasion de découvrir ce fameux auteur français de science fiction. C’est un petit livre, de moins de 300 pages, servi par une couverture qui fait très science-fiction.  Synopsis?

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Notre narrateur a une formation de médecin même si il n’a fait que l’internat. Il s’est spécialisé dans la recherche sur les maladies en milieu spatial et dans les nombreuses stations qui colonisent les étoiles . Manque de pot il devient malade en apesanteur il est donc coincé sur terre ou un à un poste administratif un peu plan plan. Mais un jour il se fait kidnapper et atterrit en Afrique où on le force à soigner des mourants et la pauvreté du tiers monde. Il découvre bientôt que les membres de cette ONG particulière spécialiste du kidnapping essaie tant bien que mal de résoudre le problème du continent.

Bien qu’écrit en 1992 soit il y’a 25 ans ce roman est tellement ancré dans notre réalité qu’il aurait pu être écrit il y’a moins d’un an. C’est tellement crédible que s’en est totalement flippant. La conquête de l’espace s’est faite au détriment de l’Afrique qui meurt petit a petit, de maladies, du dérèglement climatique, du terrorisme. La description des événements qui ont marqué le début du XXIème siècle dans le roman sont tellement réalistes, montrant notamment la montée du terrorisme que le livre est toujours extrêmement parlant.

demain-une-oasis-le-lbp-ayerdhalBien que se réclamant de la science-fiction, la plupart du roman se déroule sur notre bonne vielle terre, en effet, notre héros est condamné à y rester. La technologie a bien sur évolué, mais pas tant que cela, nous sommes dans un futur assez proche, les stations spatiales sont juste plus avancées et les projets de terraformation de Mars et Venus sont désormais bien concrets. Comme traditionnellement dans ce genre, la science-fiction est une excuse pour nous faire réfléchir à notre présent et sur notre propension a fermer les yeux sur ce qu’il se passe a quelques heures d’avion de nous.

Notre héros, l’Interne n’a plus de nom, il l’a abandonné face à la misère de l’Afrique. Il est dans un poste confortable, assez planqué et aime son petit confort. Il est comme nous donc. Son absence de son, son absence de description physique nous font comprendre que cela pourrait être n’importe qui d’entre nous, qui se retrouverait catapulté face à l’horreur du monde. Nous ouvrons les yeux en même temps que lui. Avec les mêmes répulsions, les mêmes idées préconcues qui nous permettent de vivre confortablement dans nos appartements bien chauffés alors qu’a coté on meurt de faim et de maladie.

Le roman est court et est plus intéressant pour sa réflexion socio-économique que ces personnages. Comme je l’ai dit l’Interne n’a pas de nom, on ne connait que peu des autres protagonistes, qui sont tous appelés par des surnoms et trois ou quatre traits de caractères. C’est donc un roman assez dense, qu’il faut prendre le temps de lire pour appréhender tous les sujets. L’intrigue en elle même va parfois très vite, et il y’a des elipses parfois de plusieurs années. Si vous recherchez le divertissement et le repos du cerveau, ce n’est pas un roman pour vous. C’est un roman sans complaisance, qui appuie là ou ca fait mal et nous plonge face à ce qu’on se cache. Une lecture qui fait clairement refléchir et que je vous conseille.


Les Douze Rois de Sharakhaï de Bradley P. Baulieu

Sharakhaï Tome 1

Serafina dans Critiques, Livres le 12 septembre 2016, avec 1 commentaire
Critiques

Après avoir renoué avec la Fantasy avec La Voie des Rois j’ai décidé d’entamer une autre saga parlant aussi de têtes couronnées : Sharakhaï de Bradley P. Baulieu. Cette nouveauté de la rentrée chez Bragelonne est présentée comme un coup de cœur, le premier tome Les Douze Rois de Sharakhaï est servi par la très belle couverture de Marc Simonetti. Synopsis ?

Les Douzes Rois de Sharakhaï de Bradley P. Baulieu

Ceda est une combattante d’arène masquée qui vit dans les bas fonds de Sharakhaï, ville tentaculaire située au cœur du désert issue de la sédentarisation de 12 tribus du désert et dominée par 12 rois devenus immortels suite à un marché passé avec les Dieux. Ces rois gouvernent Sharakhaï d’une main de fer et n’hésitent pas à assassiner les opposants. Ce fut le cas de la mère de Ceda, exécutée 6 ans plus tôt. Depuis, la jeune femme a décidé de la venger et d’éliminer les rois.

Il fut un temps où la Fantasy à la mode était celle avec une prophétie, une élue et des orcs. Aujourd’hui, la mode est à un monde despotique, a des héros sortis des bas-fonds avec un poil de trash pour faire adulte et sombre. Merci Game of Thrones. Ici, nous avons tous les éléments pour de la fantasy classique des années 2010. Ceda évolue dans la pauvreté de Sharakhai, les rois sont présentés comme despotiques et on pressent des tensions politiques derrière.

Bradley P. Baulieu

Bradley P. Baulieu

Cependant, l’auteur reste extrêmement soft, et si en effet Ceda vit dans un quartier pauvre, elle n’a pas l’estomac vide, elle ne craint pas pour sa vie quand elle sort dans le souk, n’est pas vraiment menacée, donc sa vie est tout de même assez confortable. C’est dans l’ensemble l’un de mes premiers reproches au livre : on reste dans la moyenne. L’univers censé être tout de même sombre n’est pas poussé plus que ça, du coup, la sauce a du mal à prendre. Il en va de même pour les personnages qui ne réussissent pas à être attachants, mais ne sont pas détestables pour autant. Ceda n’est même pas une Mary Sue, Emre son compagnon d’infortune est plutôt plat et je n’ai pas réussi à cerner sa personnalité.

Dans l’ensemble, c’est un roman de 650 pages qui se lit bien, mais que j’ai trouve sans trop de reliefs à l’exception d’un : l’univers moyen oriental de Sharakhaï. Nous sommes dans une ville au cœur du désert où les gens s’habillent de Jalabiyas et autres tenues plutôt communes dans des pays comme la Syrie, on se bat au sabre, on craint les tempêtes du désert. Il est rare de voir des romans de Fantasy dans ce type d’univers. Cependant, je ne suis pas très familière des termes vestimentaires moyen-orientaux, j’aurais apprécié un lexique. L’univers et la religion sont interessant. Dans cet univers, une nuit tous les mois environ, des être étranges rôdent dans la ville et emmènent des personnes pour les offrir aux dieux. On se doute bien que l’issue n’est pas heureuse et ces nuits là, tout le monde s’enferme dans la peur, même si être choisi est un honneur. Cette ambiance est très bien retranscrite et cette nuit mystérieuse est captivante.

Les Douzes Rois de Sharakhaï de Bradley P. BaulieuJe ne sais pas trop quoi dire de ce roman, car il ne m’a fait que peu d’effet. Il est divertissant, mais le fait qu’il n’aille pas jusqu’au bout en fait un divertissement grand public qui m’a laissé un peu sur ma faim. Il y a de bons concepts, et l’intrigue se tient, bien que l’auteur utilise de nombreuses fois un Deus ex Machina pour faire avancer cette dernière et particulièrement sur la dernière partie. J’aurais préféré un roman avec plus de profondeur et des intrigues plus poussées. Le style est correct mais ne m’a pas forcément marqué, les descriptions sont cependant bien dosées.

Vous l’aurez compris, je ne conseille pas forcément ce roman, ni ne le déconseille. Si vous appréciez la Fantasy assez classique et cherchez un roman pas prise de tête et qui se passe dans un univers intéressant, c’est un roman qui vous plaira. Je ne sais pas trop si je lirais le tome suivant, peut être pour voir comment cela évolue. En tout cas, nous sommes très loin du coup de cœur affiché par la maison d’édition. Je suppose que je recherche plus dans mes romans ces derniers temps.


Hellfest 2016: Jour 1

illman dans Concert, Musique le 4 septembre 2016, avec aucun commentaire

Ce premier jour du Hellfest 2016 commence sous un grand soleil, à peine éclipsé de temps en temps par quelques nuages qui semblent s’être perdu dans ce grand ciel bleu. C’est bien loin de l’ambiance boueuse qui se dégageait du camping jusqu’à présent ! Voilà de quoi nous mettre en confiance pour le début de la première journée, la plus critique pour moi sur un aspect bien important: c’est le jour où Kvelertak vient clôturer la Warzone en y mettant le feu pendant une bonne heure trente !

Hellfest 2016 Ambiance

C’est donc une pelouse bien verte et très fournie que nous finissons par fouler sous un grand soleil, après une assez longue attente pour les festivaliers. Comme d’habitude l’entrée empêchera ceux qui n’ont pas pris plus d’une heure d’avance de voir le premier groupe du festival, ce qui est régulier depuis plusieurs années maintenant. La sécurité et sur les rotules cette année, ce qui est compréhensible vu le contexte du moment, et donc certaines files ont pu prendre très longtemps tandis que d’autres beaucoup moins.

Monolord
Delain
Moonreich
Cruachan
Solefald
Shinedown
Halestorm
Behexen
Jambinai
Kampfar
Anthrax
Turbonegro
Sacred
Korpiklaani
Dropkick Murphys
Rammestein
Kvelertak

Monolord au Hellfest 2016

dabYo - Monolord au Hellfest 2016On commence donc cette édition 2016 sous la Valley -pour changer- avec un groupe de Doom/Stoner -pour changer- comme d’habitude le public est plutôt au rendez-vous en début de festival et ça doit faire plaisir au groupe qui va faire un set dans de très bonnes conditions. Je n’avais pas écouté leur musique avant de venir, et je n’ai pas été déçu.

Les morceaux sont faits de très bons riffs, bien lourds mais aussi entraînants et faciles d’accès. Une répétitivité propre au genre fait headbanguer de bon matin et c’est un vrai plaisir de commencer le Hellfest 2016 d’une telle manière.

illman - On commence la journée par Monolord… ou pas. Car comme ceux qui étaient avec moi à attendre de bien pouvoir rentrer sur le festival, Monolord n’aura été qu’un bruit lointain, occupé que nous étions à faire une heure de queue à attendre une fouille à laquelle il ne manquait qu’une seule exploration… Bref passons.

(suite…)


Anna est le premier tome de Filles des Cauchemars, un roman Young Adult paru initialement chez nous chez BlackMoon en 2014 et récemment édité en poche chez Le Livre de Poche. Ce roman écrit par l’américaine Kendare Blake abandonne sa couverture très ado pour une ambiance plus sombre et fantastique. Synopsis ?


fille-des-cauchemar-titre

Cas est un lycéen exterminateur de fantômes mais attention pas comme dans SOS Fantômes. Il y va à l’Athamé , couteau qu’il a hérité de son père. Il sillonne les  Etats-Unis à la recherche de fantômes. Cette fois-ci c’est Anna une jeune femme qui a été assassinée alors qu’elle se rendait a son bal de fin d’études et qui est maintenant liée à la maison qui l’a vue périr . Les malheureux y pénétrant y trouvent.. la mort.

fille des cauchemar kendare blakeNous sommes donc face à un héros adolescent mais qui a vite mûrit du fait de son activité on ne peut plus particulière. Cas se porte donc souvent en retrait de ses camarades de lycée qu’il sait qu’il quittera une fois sa mission terminée. Cependant, l’histoire propose aussi 3 autres personnages secondaires assez importants : Thomas le gringalet qui se révèle issu d’une famille qui côtoie de prêt le surnaturel mais aussi Carmel, une jeune fille populaire qui se révèle en avoir dans la tête et bien sur Anna la morte. Les autres personnages évoluant autour de Cas comme sa mère ou le grand-père de Thomas sont peu développés mais suffisamment crédibles.

Cas est notre narrateur et va donc nous raconter cette histoire. Je l’ai trouvé parfois un peu trop mature pour son âge, et il a tendance a prendre facilement trop de recul lors des moments d’action. Cependant, c’est un personnage agréable bien que j’aie eu du mal a cerner sa personnalités. Le personnage que j’ai particulièrement apprécié est Anna qui est en plus très visuelle, on imagine bien ses longs cheveux noirs et sa robe tachée de sang. Son destin tragique et son coté résolu la rendent attachante.

Le roman est assez court, puisqu’il ne fait que 350 pages, écrit assez gros et se déroule sur quelques semaines. Nos quelques héros vont essayer de neutraliser Anna, et devront pour cela comprendre ce qu’il s’est passé il y’a 50 ans lors de son assassinat. Les chapitres sont de longueur moyenne mais le rythme est soutenu. L’intrigue et sa résolution se tient, et j’ai apprécié que l’on évoque des magies moins connues comme l’Obeah qui est une sorcellerie des Antilles.

Vous l’aurez compris, ce n’est peut être pas la lecture de l’année, mais c’est une lecture que j’ai appréciée, loin des sentiers battus par le young adult, avec des personnages attachants et une histoire qui se laisse suivre avec plaisir. La fin est ouverte, et un deuxième tome clôt ce dyptique.