Le Roi Sombre de Oren Miller

Serafina dans Critiques, Livres le 10 mai 2015, avec aucun commentaire
Critiques

Le Roi Sombre de Oren Miller est une des dernières parutions des Editions de l’Homme Sans Nom  chez qui j’avais découvert l’excellent Rose Morte. Du coup, lorsque je l’ai reçu je l’ai quasiment directement entamé, il faut dire que la jolie couverture d’Emile Denis  n’était pas innocente dans l’affaire. Synopsis ?

Le Roi Sombre de Oren Miller

Ed est un étudiant plutôt brillant, dédié à une belle carrière dans les hautes sphères de l’administration. Seulement, il se retrouve accusé d’implication dans une affaire terroriste et fini condamné à la prison à vie à Ikaros Filaki, la prison la plus dure aux confins de la galaxie. Il reste à espérer qu’il meure vite… Sauf qu’il ne meurt pas, et est bien décidé à se venger.

Avec un synopsis pareil, je parie que vous n’êtes pas capable de savoir si on est dans une fiction réaliste de nos jours ou pas, bien que la couverture vous ferait peut être penser à de la Fantasy. C’est le seul point qui m’a dérangé du roman, pendant les premières dizaines de pages, je ne savais pas du tout dans quel espace-temps se situait l’histoire. Bon, lorsque j’ai vu que la prison de notre héros nécessitait l’utilisation d’un vaisseau spatial, j’ai compris qu’on était dans de la SF, contrairement à ce que je pensais lire. Ça tombe bien, ça faisait un moment que j’avais pas lu de SF.

Oren Miller

Oren Miller

L’univers mis en place par l’auteure est plutôt classique, on retrouve nos marques si on lit des livres du genre : des planètes, des stations spatiales qui sont devenues des cités dans l’espace, avec leurs politiciens corrompus, leurs strates sociétales, bref, de la SF comme on aime quoi. Sauf qu’il n’y a pas besoin d’aimer le genre pour retomber sur nos pattes avec ce roman. C’est étonnant car je suis une vraie brune pourtant, mais je n’ai compris qu’à la page 50 que comme pour Insatiable, lu juste avant, et pour lequel j’avais aussi tilté très tard, nous étions là dans la réécriture d’un monument de la littérature.

Reprenons. Ed est accusé à tort, est envoyé dans une prison au large des terres civilisées, une prison qu’on abrège souvent en IF. Oh bah voyons, et si nous parlions d’un Château d’If et d’un Edmond Dantès ? Eh oui, c’est bien le Comte de Monte-Cristo qu’on lit en filigrane. Honte sur moi, je n’ai jamais lu l’original, mais je connais l’histoire pour avoir regardé Gankutsuou qui est un anime de SF-mécha basé sur la même histoire.

Mais Oren Miller ne fait pas que de l’hommage et son histoire a sa propre personnalité, ses propres personnages absolument tous trop classes. Je sais que c’est Jatalan le contrebandier de l’espace qui a les faveurs des critiques, mais moi je suis une fane de Ed (ou Hisham comme il se fait appeler par la suite) qui est juste absolument trop classe avec sa sagesse à toute épreuve et ses catch phrases profondes et qui transpirent le charisme par tous les pores. Hisham est tellement classe que j’ai décidé d’aller me commander une jolie édition du bouquin de Dumas pour vérifier si le vrai Edmond est aussi bishi ou pas.

Le Roi Sombre de Oren MillerBien qu’inspiré du roman de Dumas, l’intrigue est tout de même très personnelle et plutôt actuelle. En effet, il me semble avoir lu que l’auteure a fait des études de droit ce qui se ressent dans la première partie du roman et dans les passages de garde à vue. De plus, les intrigues tournent beaucoup autour du coté financier des cités-état ce qui est totalement dans l’air du temps. Notre Comte utilise en effet des montages financiers pour arriver à ses fins. Il est en prime entouré d’une sorte de hackeuse que j’ai beaucoup aimée.

Bref, vous l’aurez compris, Le Roi Sombre de Oren Miller est un réel coup de coeur, ce n’est pas qu’une réecriture c’est une aventure très bien écrite et bien adaptée avec sa propre personnalité. Comme c’est un one-shot, je ne peux que vous le recommander. Il a tout ce qu’il faut : rebondissements, panel vaste de personnages à fortes personnalités, un style agréable et un rythme à la fois haletant et posé. Décidément les éditions de L’Homme sans Nom font du sans faute avec moi en ce moment.


Kurt Cobain: Montage of Heck de Brett Morgen

Serafina dans Critiques, Films le 6 mai 2015, avec 2 commentaires
Critiques

En ce 4 Mai un certain nombre de cinémas proposaient une projection unique de Kurt Cobain : Montage of Heck de Brett Morgen, un documentaire intimiste sur Kurt Cobain, et diffusé le soir même aux États-Unis sur HBO. Je vous ai chroniqué les journaux du chanteur de Nirvana, je vous ai chroniqué la biographie Heavier than Heaven, vous comprendrez donc que moi j’aime beaucoup Nirvana et que Kurt fait partie de ces icônes qui me fascinent. En bien, comme en mal, puisque depuis que j’ai lu ces deux romans je sais que ce n’était pas toujours joli dans sa tête.

Cobain Montage of Heck de Brett Morgen

Toujours est-il que je devais aller voir ce documentaire au cinéma. D’une durée de 2h20, Brett Morgen y traite du Kurt « intime », pas la rockstar mais le mec derrière, avec une progression chronologique. Pour la réalisation de ce film, il a eu accès à tous les carnets du musicien – qui écrivait et dessinait énormément – ainsi qu’aux archives familiales. C’est du coup un documentaire « autorisé », et sa fille Frances Cobain en étant la productrice exécutive.  En voyant ça, j’avais un peu peur de voir un documentaire tourné de manière très subjective, mais pourtant, ce n’est pas tant le cas. Il n’encense pas ni ne bashe gratuitement. On a un documentaire assez équilibré qui ne m’a pas semblé être de la propagande. Ayant déjà pas mal lu sur le sujet, je n’ai pas découvert grand chose et forcément un documentaire filmé sera toujours moins complet qu’un bouquin de 500 pages comme Heavier than Heaven.

J’ai vu un certain nombre de documentaires sur Kurt Cobain, mais ici, on est face à un documentaire vraiment unique. Le plus gros de la matière n’est pas dans les interviews pour le coup, seules 5 personnes sont interviewées de toute manière, mais bien dans le matériel. Ce sont les productions de l’artiste qui sont au centre de ce documentaire. Les journaux sont animés, les dessins aussi et des pans entiers racontés sur les journaux sont retranscrits en dessin animé. C’est du coup un documentaire passionnant pour le contenu mais aussi et surtout pour la manière de les présenter. Difficile à vous le décrire mais pour le coup je ne peux que vous conseiller de le regarder. Évidemment, c’est à double tranchant car en prenant comme cela les journaux en pleine face, certains passages sont plus glauques que juste imprimés dans un bouquin. Car oui, c’est un documentaire qui n’est pas tout rose et pas parce qu’il meurt à la fin, puisque le choix est fait de ne pas traiter son suicide, le documentaire s’arrêtant au Unplugged de MTV quelques semaines avant.

Kurt Cobain: Montage of Heck de Brett Morgen

Non, c’est sombre car on entre dans la tête torturée d’un mec qui n’était clairement pas bien et qui est allé dans une spirale infernale. Certains des passages les plus sombres -à savoir quand il était au sommet de la gloire- sont assez dérangeants à regarder… Difficile aussi de pas avoir un pincement au cœur quand on voit le jeune homme totalement stone jouant avec sa fille mais sans avoir l’air d’être là. Un certain nombre de films privés ont été fournis au réalisateur par Courtney Love, on y découvre donc une Courney loin de la harpie qui a pu être décrite.

Cependant, c’est assez paradoxal, d’entrer à ce point dans la vie du rocker, lui qui ne voulait surtout pas être exposé médiatiquement. Nous sommes sur le même genre de sentiment qui m’avait un peu gêné en lisait la collection de ses journaux… Faire un documentaire sur une icône culturelle permet-il à ce point de rentrer dans sa vie privée ? Est-ce vraiment bien d’exposer ces journaux à un si grand public ? Chacun fera sa propre opinion sur ce point. Mais il n’empêche que c’est vraiment un documentaire d’une qualité rare, qui mélange animation, archives, interviews et que je ne peux que vous le recommander.

Kurt Cobain: Montage of Heck de Brett Morgen

Évidemment si vous avez maté le documentaire et que maintenant vous voulez en savoir plus, je vous recommande Heaver Than Heaven de Neil Gross, traduit en français aux éditions Camion Blanc.


Serious Sam : The Random Encounter de Vlambeer

Sérieux masochisme

illman dans Critiques, Jeu Vidéo le 5 mai 2015, avec aucun commentaire
Critiques

Serious Sam : The Random Encounter est né du désir de Croteam d’étendre l’univers de sa série Serious Sam. Avant la sortie du 3éme épisode, le studio a lancé un concours auprès des indépendants pour créer un jeu autour du barré Sam le sérieux et c’est du cerveau malade des petits gars de Vlambeer qu’est apparu cet opus parfaitement dans le ton. Tout juste composé de deux personnes, le petit studio hollandais sort le titre en 2011 sur PC.

Serious Sam : The Random Encounter de Vlambeer

Une fois de plus, vous voici aux trousses du grand méchant Mental mais cette fois, point de FPS au menu mais un RPG au système de combat plutôt atypique. Le but va être de traverser les différents tableaux du jeu en pourfendant les ennemis et on résolvant des “énigmes” ardues comme “Appuyer sur un bouton” ou “Buter un certain nombre d’ennemis pour que la porte s’ouvre”. Le fun est apporté par des dialogues entre les protagonistes absolument idiots et chargés de testostérone à la Sam le sérieux. Et Sam ne parle pas dans le vide vu qu’il est accompagné de deux autres macho men. Par contre le tout est en anglais.

Serious Sam : The Random Encounter de VlambeerLes combats ont une part extrêmement importante dans le jeu et sont assez atypiques par rapport à ce qui se fait ailleurs. Les affrontements sont aléatoires sur la map et les transitions ne ferait pas rougir un Final Fantasy. Nos trois héros courent vers la droite de l’écran et sont poursuivis par une horde d’ennemis. Trois commandes sont disponibles : Fight pour attaquer, Swap pour changer d’armes et enfin Items pour utiliser des objets. Il n’y a pas de compétences ou autres leveling, tout repose sur les armes. Chacune d’entre elles a une aire d’effet que le joueur place sur le terrain. Par exemple, le minigun tire le long d’une ligne et c’est au joueur d’orienter cette ligne. Les ennemis courent vers vous et lorsqu’il vous rejoignent vous perdez de la vie, ce qui fait que si vous vous loupez dans vos tirs vous pouvez perdre très vite.

Ce jeu est d’une difficulté démente au point que j’ai presque eu envie de m’arracher les cheveux par moment, les vagues inexorables d’ennemis peuvent finir de vous enlever la foi quand vous recommencez pour la trouzième fois la même salle. Le jeu n’est pas exempt de défauts et certains éléments de gameplay sont archaïques comme le fait de ne pas pouvoir utiliser d’objets hors combat. Pour la partie technique, les graphismes 2D sont propres sans être flamboyants et la musique est dans la plus pure lignée de ce qu’on entendait à l’ère 16-bits.

Serious Sam : The Random Encounter de Vlambeer

Serious Sam : The Random Encounter est donc un bon petit jeu mais sa difficulté le réserve à une certaine élite masochiste, dont je ne fais pas partie vu que je suis resté bloqué au 4ème tableau. Après, le prix ridicule de 4€ permet de s’essayer à ce défouloir sans grande conséquence.


Darkness in Stereo de Forgotten Tomb

Eine Symphonie des Todes

illman dans Critiques, Musique le 1 mai 2015, avec aucun commentaire
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Darkness in Stereo de Forgotten Tomb est un DVD live du groupe sorti en 2014 chez Agonia Records et regroupant trois concerts allemands de leur tournée de 2012, leur dernier faisant echo à la sortie de l’album … And Don’t Deliver Us From Evil. Les musiciens de la formation italienne pondent ici leur premier sacrifice vidéo où ils vont nous abreuver de leur Black Metal de gothique dépressif.

Darkness in Stereo de Forgotten Tomb

Je vais commencer par parler packaging parce que ça m’a un peu fait tiquer à l’ouverture. Tout d’abord, c’est un digibook, jusque là rien de bien extraordinaire, sauf si dans l’idée on voulait mettre un booklet et qu’on a pas pensé à tout. Car figurez vous que le booklet est collé par sa dernière page à l’intérieur du digibook et que dans mon cas il a été collé n’importe comment, c’est tellement gondolé qu’on se croirait à Venise.

Revenons en aux concerts, le premier s’est déroulé au Kings of Black Metal et possède la setlist la plus fournie, normal car c’est le concert principal du DVD. Il laisse une belle part du set, une bonne moitié, à l’album Under Saturn Retrograde qui contient le poutrissime Reject Existence qui ouvre le concert. La prestation est solide même si un gros blanc un peu gênant se profile avant Spectres over Venise, le public n’étant pas spécialement enthousiaste. Le concert se finira par un medley de Disheartnment/Alone/Steal my Corpse.

Darkness in Stereo de Forgotten Tomb

L’éclairage scénique est assez travaillé, renforçant l’atmosphère sombre des italiens. Au niveau montage et prise de vue, c’est le plus aboutis des 3 concerts. L’image est plutôt bonne pour un DVD de petit groupe. L’audio n’est pas en reste au vu de l’édition très lourde qu’a l’air d’avoir subi la bande, il est assez difficile de se dire qu’on est bien en train d’écouter un live par moment tellement le son est clean, c’est un peu dommage.

Pour les deux autres concerts qui sont sous la catégorie bonus du DVD, le constat est ben différent de ce coté là. Le son est bien plus raw et on entend bien mieux le public surtout pour celui au festival Under the Black Sun, celui-ci étant bien peu nombreux au K17, un club de Berlin. Pourtant c’est à ce dernier que l’on peut enfin goûter au titre éponyme de … And Don’t Deliver Us From Evil. L’indéboulonnable Reject existence est toujours du programme, c’est sur le dernier concert qu’on trouvera du changement de setlist, avec l’ajout de 3 pistes de leur tout fraîchement sorti nouvel album de l’époque.  On sent tout de suite que le shoot est un peu moins pro, déjà parce que les éclairages sont moins adaptés, c’est un véritable bain de soleil sur le second concert. Heureusement, l’image est encore une fois d’assez bonne qualité.

Forgotten Tomb

Au final, avec Darkness in Stereo de Forgotten Tomb vous aurez droit à pas loin de 3h de concert. Pour 14€ vous avez accès à un DVD qui plaira forcément aux fans du groupe, en tout cas, il m’a plu à moi.