Pokémon X et Y sur Nintendo 3DS

dabYo dans Critiques, Jeu Vidéo le 30 janvier 2014, avec 1 commentaire
Critiques

Il y a presque trois ans maintenant, je retombais dans la folie Pokémon avec la Version Noire et Blanche. Deux versions qui nous auront fait investir dans une Nintendo DS jusqu’alors snobée royalement, sur deux coups de tête. Cette fois, Nintendo n’a pas attendu longtemps pour fournir à sa dernière console portable ses premières versions de Pokémon, sa licence phare sur le support. Et évidemment, après un ou deux jours de résistance, j’ai fini par me précipiter au premier endroit me permettant de m’équiper pour pouvoir y jouer. Faut dire que cette fois, la série nous promettait un Pokémon Panda.

Pokemon X et Y logo

On prend les mêmes et on recommence. Au bout de six générations de jeux Pokémon (et on ne compte plus les épisodes annexes) on ne peut pas vraiment dire que les fans qui continuent d’en acheter les épisodes s’attendent à d’énormes révolutions. Il y a d’un côté ceux qui y jouent de manière hardcore, si on peut le dire, et qui cherchent à profiter au maximum des énormes possibilités de stratégies qu’offre la série. Ceux là sont évidemment à la recherche des changements dans l’équilibrage du jeu et qu’ils vont donc devoir apprendre, découvrir, puis maîtriser.

Et puis, il y a les autres, comme moi. Ceux de ma génération qui à chaque nouvel opus finissent par revenir vers la série pour y revivre encore et toujours la même aventure. Celle d’un petit dresseur qui commence avec ses quelques Pokémons, en capture de nouveaux pour les faire évoluer, récolter les huit badges et devenir un Maître Pokémon. Pour être honnête, j’ai commencé Pokémon Y avant tout par obsession. Celle de revivre une nouvelle fois cette aventure magique, la joie de voir son équipe grandir, de découvrir de nouvelles bestioles, de profiter en somme. C’est un peu comme aller au restaurant de temps en temps, toujours dans le même et où vous prendriez toujours le même plat. On y revient pour faire la même chose, parce qu’on sait qu’on va y prendre plaisir et aussi par nostalgie de la fois précédente.

Pokemon X et Y sur Nintendo 3DS - Paris

Illuminis, la ville centrale inspirée de Paris et qui donne le tournis

Et visiblement, les développeurs ont compris qu’une partie du public de Pokémon ne venait que pour ça. Car, parmi les nombreuses modifications, on en retrouve un paquet qui sont justement faites pour simplifier le jeu et lui enlever l’aspect long et fastidieux. Au temps où le jeu ne comptait que 150 bestioles, on pouvait évidemment accepter que tout soit fait pour ralentir la capture des Pokémons. En rendant le gain d’expérience lent et fastidieux par exemple, en jouant sur un nombre hallucinant de facteurs très contraignant comme l’heure. Mais maintenant que le bestiaire compte plus d’un demi millier d’entrées, cette barrière frustrante et inintéressante pouvait enfin sauter. C’est ce qui a été fait avec le multi-exp, une petite option à activer qui permet de faire gagner beaucoup plus d’expérience aux Pokémons du joueur. Et ça change tout.

Si Noir et Blanc m’avaient gardé jusqu’à la fin de l’aventure, je me suis retrouvé cette fois à retenter de capturer tous les Pokémons. Parce que c’est plus rapide à les faire évoluer, et parce que le jeu le présente d’une nouvelle façon. Plutôt que de nous laisser seul et désemparé face à un Pokédex de centaines de bêtes, il est divisé en plusieurs sections géographiques. Libre à nous alors de nous fixer des objectifs plus rapides à atteindre et plus motivants. Des zones spécifiques pour faire évoluer son bestiaires sont aussi disponibles, c’est beaucoup plus plaisant qu’avant.

Pokemon X et Y sur Nintendo 3DS - Pandespiegle

Pandespiègle, le premier Pokémon Panda

Graphiquement, c’est le premier épisode à présenter de la 3D. Il faut dire qu’au début, c’est clairement déstabilisant. Les caméras ne sont pas toujours super bien placées et certains endroits sont clairement casse-gueule. On finira par rentrer dans des zones pour en ressortir directement, puis y retourner… pour directement en ressortir. Chiant. Mais on fini par s’y faire, et à part ces quelques détails, la révolution 3D y est clairement super agréable. Les combats sont d’ailleurs du coup bien plus sympathiques, chaque Pokémon ayant des animations différentes et caractéristiques ! Ces deux épisodes se déroulent en France, du coup, il y a le petit bonus jeu vidéo de terroir, et on pourra s’émerveiller à Paris, sous la pluie de Bretagne ou encore aux Châteaux de la Loire. Génie.

Pokemon YCritiquer un épisode de Pokémon sans parler de ses nouvelles bestioles serait scandaleux. Le premier d’entre eux à m’avoir marqué est évidemment Pandespiègle qui aura fait partie de nos deux équipes respectives. Côté nom, c’est plutôt sympathique et il y a un paquet de nouveaux monstres, mais ça m’a moins marqué qu’avec les épisodes précédents. On notera quand même que le fan est brossé dans le sens du poil, avec du Pikachu sauvage dès le début, ou des starters de la première génération à faire évoluer. On regrettera seulement les bêtes légendaires qui sont complètement plates et sans intérêt.

Que conclure ? Pokémon Y n’est pas une révolution. Ce n’est que le sixième épisode d’une série qui a ses défauts, qui dans les faits n’a pas franchement évolué et qu’on voit difficilement changé. La recette est connue et maîtrisée, et tout ce qu’on peut espérer c’est des équilibrages qui conviennent mieux aux différents joueurs. Un mode difficile par exemple, mais pas bien plus. On y revient à chaque fois par nostalgie, et j’aurai quand même accroché les 70 heures de jeu, par ci, par là. Un très bon épisode, tout de même. Vivement le prochain !


La Stratégie Ender de Orson Scott Card

Serafina dans Critiques, Livres le 28 janvier 2014, avec 3 commentaires
Critiques

J’ai une histoire assez douloureuse avec Orson Scott Card, j’avais commencé son cycle d’Alvin le Faiseur lors de ma première année de fac, et malgré 6 mois d’efforts, je n’ai jamais réussi à finir le deuxième tome. Sans doute n’étais-je pas dans le mood à lire du Card toute seule dans mon 9m². Toujours est-il que j’ai depuis boycotté l’auteur, malgré tous les encouragements d’Aya pour me faire m’y pencher. Et puis Ender est sorti en film, et j’ai ressenti le potentiel, donc j’ai pris le tome 1. Synopsis ?

La Strategie Ender de Orson Scott Card

Dans un futur plus ou moins lointain, la population humaine est en guerre contre les doryphores. Dans cette ambiance de peur de la prochaine invasion, la population est régulée : les couples ne peuvent pas avoir plus de deux enfants, mais des dérogations sont accordées, comme par exemple à la famille Wiggins, qui en a eu un troisième, Andrew dit Ender. Constamment observé par les militaires, il est vite remarqué pour intégrer l’école de guerre.

Orson Scott Card

Orson Scott Card

On retrouve donc des éléments très classiques du roman initiatique: un héros enfant, qu’on suit depuis tout petit, au fur et à mesure qu’il découvre la vie et évolue. Ça, ajouté à une école de guerre militaire, on passe à deux doigts d’un stéréotype de SF à boulon sans intérêt. Pourtant, il n’en est rien, car j’ai trouvé le livre passionnant. Non pas pour le personnage Ender, auquel je n’ai absolument pas pu m’attacher tellement ses réactions contredisent son âge: on n’a pas l’impression d’avoir à lire un gosse de 8 ans mais plutôt un ado de 16-17 voir plus, pas vraiment non plus pour les personnages secondaires, à part peut être Graff, mais je suppose que le voir en Harrison Ford fausse un peu la donne.

Non, ce qui m’a charmée, c’est l’univers mis en place par Card, et le coté manœuvres politiques omniprésent. En effet, on a du mal à se dire que le bouquin a été écrit en 1985 : les gosses jouent sur des tablettes, tout le monde se connecte à des réseaux sociaux où on doit avoir sa vraie identité… Ce n’est pas du tout dépassé ! C’en est même impressionnant de réalisme par rapport à aujourd’hui. Si on suit majoritairement Ender, ce qui se passe sur Terre pendant sa formation n’est pas totalement éclipsé (contrairement au film) et j’ai adoré les chapitres concernant Locke et Demosthène qui sont clairement mes préférés.

La Strategie Ender de Orson Scott CardDe plus, la formation d’Ender est une longue suite de manipulations de la part de sa hiérarchie pour l’amener où il faut. Il n’est pas étonnant que ce bouquin soit dans la liste des livres conseillés par le corps des US Marines à ses officiers. C’est un roman très axé sur la psychologie et la manière de former des commandants. C’est autant intéressant qu’effrayant d’ailleurs, et on se pose à de nombreuses reprises des questions sur le bien fondé, ou non, de faire subir ça à des élèves, enfants qui plus est.

Bien que je connaissais la fin, ayant vu le film, j’ai dévoré ce premier tome du Cycle d’Ender et je regrette d’avoir mis si longtemps à m’y mettre. La Stratégie Ender de Orson Scott Card, c’est de l’excellente Science-Fiction, intelligente et palpitante. Bref, si vous ne l’avez pas encore lu, c’est le moment.


C’est lundi, que lisez vous ? #124

dabYo dans Actualités, Livres le 27 janvier 2014, avec aucun commentaire
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine. if is Dead vous propose donc de nous retrouver pour les partager chaque semaine.

Serafina

La Marque Kushiel Tome 1 de Jacqueline Carey MiladyJ’ai continué La Marque, le premier tome de Kushiel de Jacqueline Carey. J’en suis à un peu plus des deux tiers ce qui est tout de même une progression importante vu que le tome fait 1000 pages.

Cela continue à être très bien, j’ai particulièrement apprécié le tournant pris par Phedre et ses voyages sont vraiment passionnants. On s’attache et surtout on vit avec elle parmi les vikings ou les celtes, et je trouve cela très appréciable. Je comprends tous les éloges qui ont été faits à cette saga, car pour le moment, elle les mérite.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Réminiscences est le premier tome d’une trilogie appelée Les Larmes Rouges, en cours de publication et écrite par Georgia Caldera et publiée chez J’ai Lu dans un format poche. En plus de bénéficier de nombreuses critiques positives, Réminescences a aussi reçu le prix Merlin en 2012… J’étais donc plus qu’intriguée par cette œuvre littéraire de 760 pages (quand même). Synopsis.

Réminiscences, Les Larmes Rouges Tome 1, de Georgia Caldera

Réminiscences commence avec le désespoir de Cornélia, son héroïne. Persuadée que personne ne l’aime, ni ses camarades, ni même son père qui est toujours occupé, elle décide d’en finir avec la vie en se jetant d’un pont… Malheureusement, ou heureusement pour elle, elle est sauvée par un inconnu et se réveille à l’hôpital. Elle commence alors à subir d’étranges visions et cauchemars qui lui font douter de sa santé mentale… mais est-elle vraiment en train de devenir folle ou y a t-il une raison plus incroyable à tout ça ?

Une intrigue qui arrive doucement… trop doucement ?

Suite à sa tentative de suicide, le père de Cornélia décide de l’emmener à Rougemont, en province, dans le manoir de ses grands-parents. Elle y rencontre les habitants du village dont un châtelain, Henry, au comportement aussi étrange que presque détestable.

L’intrigue met du temps à se construire, ce qui est positif dans le sens où l’on a pas l’impression qu’il arrive des choses à Cornélia du jour au lendemain. Son incompréhension, ses questionnements, la façon dont ses problèmes progressent, Réminiscences n’a pas le défaut de certaines œuvres fantastiques qui veulent nous faire croire que n’importe qui pourrait accepter être une sorcière, un vampire ou quoi que ce soit d’autre d’étrange du jour au lendemain. De plus, on alterne entre des moments du présent et du passé, ce qui donne du corps à l’intrigue.

Réminiscences, Les Larmes Rouges Tome 1, de Georgia Caldera

La couverture de l’édition précédente, chez Le Chat Noir

Mais justement… arrive un moment où l’intrigue traîne vraiment trop en longueur. Pendant au moins 200 pages, il ne se passe quasiment rien ! Même la première « grosse » annonce me fait un effet de réchauffé et m’a laissée plus ou moins indifférente (on la voit venir de très loin alors que la révélation arrive bien plus tard). C’est vraiment pour moi le gros problème du livre, j’ai plusieurs fois failli refermer mon bouquin en me disant « je le lirai plus tard » parce qu’il ne m’accrochait pas. Je trouve ça très positif de ne pas vouloir tout amener en même temps, mais faire la même chose en plus court aurait été plus productif à mon avis.

Un fond très recherché, un style agréable à lire

Pour ce qui est de l’intrigue, j’ai trouvé qu’elle était plutôt bien construite, il y a vraiment un fond qui est recherché, une volonté de proposer quelque chose d’original, qui donne envie d’en savoir plus. Et une fois que l’intrigue démarre vraiment, on en apprend de plus en plus. Les personnages sont bien faits, on s’attache assez facilement au père de Cornélia, et aux personnages secondaires qu’elle va rencontrer dans le village même s’ils interviennent peu. J’ai aussi aimé le rapport entre Henry et Cornélia, un peu conflictuel mais inhabituel.

Réminiscences, Les Larmes Rouges Tome 1, de Georgia CalderaAu niveau du style, j’ai trouvé que c’était simple à lire. On sent que Georgia Caldera n’est pas débutante et qu’elle n’en est pas à son coup d’essai, c’est cohérent, bien construit, même si je pense quand même que le style mériterait de s’affirmer davantage.

En conclusion, pour ma part, j’ai hâte de lire le tome 2 des Larmes Rouges en espérant que le livre ne perde rien de ses atouts tout en évitant les problèmes de longueurs. Réminiscences de Georgia Caldera est un début prometteur pour sa série… mais j’ai du m’accrocher un peu quand même et c’est un peu dommage.


22/11/63 de Stephen King

Serafina dans Critiques, Livres le 23 janvier 2014, avec aucun commentaire
Critiques

22/11/63 est un des romans récents de Stephen King qui m’attirait depuis un moment déjà. En effet, comme le titre le laisse penser, on y parle de l’assassinat de Kennedy, d’uchronie et la couverture est vraiment très belle. Mais bon, le format me rebutait un peu, étant donné que c’est un grand format assez lourd et donc difficile à transporter. Je l’ai finalement pris en numérique pour pouvoir l’emmener avec moi dans l’avion. Synopsis ?

22-11-63 de stephen king

Jake est un prof d’anglais ce qu’il y a de plus banal. Si ce n’est qu’il ose aller manger chez Al, le bouis-bouis du coin où aucun professeur n’ose jamais aller. Il est devenu pote avec le bon vieux Al, tellement que celui ci, mourant, lui révèle son secret. Sa caravane qui sert de restaurant abrite une porte temporelle, qui permet de retourner en 1958. Depuis sa découverte, Al a trouvé un but à cette porte : empêcher l’assassinat de Kennedy.

Voilà pour le synopsis que j’ai taché de faire le moins spoilant possible. J’ai lu énormément de Stephen King, mais je n’en ai jamais chroniqué ici ou presque car ces lectures datent de bien longtemps déjà. Il y a derrière cela une raison bien simple : trop de King tue le King. L’auteur a tendance en effet à surfer sur les mêmes thèmes et en lire trop à la suite (je parle de plus de la dizaine hein, il n’y avait que ça à la bibli du village) m’avait filé l’overdose. J’ai donc été très contente de voir que, bien qu’étant un roman qu’on pourrait classer dans le Fantastique/Science-Fiction du fait du voyage dans le temps, 22/11/63 n’est pas un roman comme King en a l’habitude. Ce n’est pas de l’Horreur. On retrouve certains traits de l’auteur, comme la profession du héros, mais on n’est pas dans ses traits habituels.

On retrouve le style direct, assez simple et parfois familier de Stephen King. Un style qui au final n’est pas mirobolant, mais sert l’histoire tout en étant clair. Les histoires de retour dans le temps, ce n’est pas facile, mais ici c’est géré d’une main de maitre. On évite le poncif de la rencontre avec le grand père du héros, et au final, bien que cela soit une histoire de voyage temporel, on est plus proche de la fiction historique qu’autre chose. Il n’y a pas de paradoxe temporel qui va détruire l’humanité, mais plutôt un gars qui sait quelque chose, qui a une mission et qui va tacher de la mener à bien. Toute la préparation du voyage dans le temps est très bien menée : faux papiers d’identités, tenues de rechange, billets de l’époque, tout est préparé avec un sacré soucis du détail rendant ce voyage crédible.

Le véritable héros du livre, bien que King crée la des personnages attachants, n’est pas Jake, mais bien le passé. C’est tout un roman à la gloire d’une Amérique mythique, d’une époque où tout était « plus vrai », sur un passé qui n’a pas réellement envie d’être changé. Le passé résiste et ça, c’est un des concepts les plus importants et originaux du livre. Le passé ne veut pas être changé et j’ai trouvé cette personnification du temps très vraie. De même pour le fait que le passé s’harmonise, qui est un des points clés qui permet aussi d’expliquer bien des coïncidences. King se joue des coïncidences trop grosses qu’on peut souvent voir et leur donne là une réelle justification.

22-11-63 de stephen kingC’est pas tant un roman Fantastique, ou encore Uchronique, qu’un roman très nostalgique et parfois fataliste. De ce fait il est beaucoup plus aisé de s’identifier aux héros et particulièrement à Jake et Sadie. Tellement que la fin m’a fait verser de nombreuses larmes sur ma liseuse. C’est un roman fort, avec de nombreux retournements de situations et une fin que je trouve parfaite.

Bref, vous l’aurez compris, je suis réellement tombée fane de ce livre. 22/11/63 est sans doute le roman qui m’aura réconcilier avec l’auteur best-seller. Celui qui m’aura rappelé que oui, il sait aussi écrire autre chose qu’une énième histoire d’Horreur tragique. Au point qu’il fait partie de mon top 5 pour 2013. Je pense que je relirais de lui en 2014.


Géniteurs et fils de Anthony Boulanger

dabYo dans Critiques, Livres le 21 janvier 2014, avec aucun commentaire
Critiques

Il y a des recueils aux noms évocateurs et d’autres qui laissent plutôt songeurs. Malheureusement, je ne saurai exactement dans quelle catégorie j’aurai classé Géniteurs et fils de Anthony Boulanger avant de l’avoir lu. Un recueil de nouvelles traitant de la relation entre des parents et leurs enfants ? J’avoue, la thématique m’a intriguée au début. Et c’est pourtant bien ce que la couverture de Kanthesis laisse penser. Au sommaire de cette publication des éditions du Chat Noir, quinze nouvelles et pas de synopsis, vous vous en doutez.

Geniteurs et Fils de Anthony Boulanger

Les quinze nouvelles sont classées en cinq sections, des Générations qui vont être qualifiées, Première, Abandonnée ou encore Perdue. On pourrait penser que cela va annoncer la thématique de chaque nouvelle, mais j’avoue ne pas avoir toujours saisi le lien entre la section et la nouvelle. Mais soit, passons, car de toute façon entrer dans l’univers semble-t-il très torturer d’Anthony Boulanger, c’est avant tout commencer par accepter qu’on ne saisira pas tout. Et c’est sans doute ce qui va lui permettre, sur l’ensemble de ses nouvelles de nous faire ressentir une certaine angoisse, il faut l’avouer.

Si certaines des nouvelles sont plutôt un message d’espoir, la plupart sont plutôt noires. Très noires. Désespérantes, parfois, glaçantes à d’autres moments. Elles ne laissent clairement pas indifférentes et l’auteur se joue de son lecteur, notamment parce que les personnages principaux sont avant tout des enfants: fragiles, des cibles faciles pour les psychopathes que sont les adultes. Nous sommes alors là, sans réel moyen d’intervenir, d’aider. Certaines nouvelles donnent vraiment l’impression de non assistance à personne en danger. Et c’est clairement dérangeant.

La plupart des nouvelles n’ont pas de lien entre elles, mais il y a un fil conducteur sur certaines, qui les relient. On y suit l’histoire d’un enfant, traumatisé par les scènes dont il a été le témoin sans vraiment savoir, sans pouvoir l’exprimer auprès des autres. C’est sans doute les nouvelles qui m’ont le plus marqué. Le plus plu, je ne sais pas, il y a évidemment un petit côté morbide de noter ces nouvelles comme ses préférées. Mais elles donnent clairement du caché au recueil.

Geniteurs et Fils de Anthony BoulangerCoups de poing, la plupart des nouvelles le sont. La plupart sauf une, la dernière et la plus longue: Le Rouge, Le Blanc et l’Artefact. Cette dernière m’a semblé dénoter du reste. Bien moins rapide, bien moins originale à mon goût, et avec une maxime peut être un peu trop présente, elle m’a laissé perplexe. Comme un cheveux sur la langue qui du coup vient un peu gâcher tout le reste, qui m’avait beaucoup plus. C’est dommage.

Au final, j’étais parti perplexe. Par la thématique du recueil, par la première nouvelle coup de poing. Puis l’auteur a su me conquérir, et sauf un dernier faux pas qu’on pourra lui pardonner, il livre avec Géniteurs et fils de Anthony Boulanger un recueil qui se lit bien. Les nouvelles ne sont peut être pas les plus marquantes que j’ai pu lire, mais elles montrent une certaine maîtrise de l’angoisse de situation.


C’est lundi, que lisez vous ? #123

Serafina dans Critiques, Livres le 20 janvier 2014, avec 2 commentaires
Critiques

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine. if is Dead vous propose donc de nous retrouver pour les partager chaque semaine.

Serafina

La Marque Kushiel Tome 1 de Jacqueline Carey MiladyJe n’ai absolument pas retouché à Fantômes de Joe Hill. Je crois que je fais assez de cauchemars comme cela en ce moment. J’ai décidé de commencer His Dark Materials de Phillip PullmanA la croisée des mondes en français, que j’ai déjà lu des tonnes de fois dans notre mais jamais en version originale.

Et puis je suis tombée sur la version poche du premier tome de Kushiel de Jacqueline Carey, roman que j’avais commencé il y a longtemps puis abandonné car le format Bragelonnerelié était certes très beau, mais un peu difficile à transporter. Alors j’ai repris, et j’adore toujours autant : le monde est top, complexe et intriguant, le style d’écriture est très élégant. C’est un peu comme un mélange de roman de Geisha et de Fantasy… Bref, c’est top. Le truc fait 1000 pages quand même en poche mais j’en suis au tiers.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Tout le monde se moque de moi depuis que j’ai fait une chronique d’un jeu de simulation de camions, mais tout le monde semble oublier avec quoi j’ai commencé sur ce site: Le bleu est une couleur chaude de Julie Maroh. Un roman graphique dont on a beaucoup entendu parler il y a quelques mois, suite à la sortie du film La vie d’Adèle – Chapitres 1 et 2 dont il est librement inspiré. Je reviens donc aujourd’hui à mes premiers amours en vous livrant la chronique. Synopsis.

La vie d'Adèle de Abdellatif Kechiche Affiche

L’histoire se centre autour du personnage d’Adèle, une jeune fille qui va au lycée, est relativement bonne élève, qui a des amies, et des garçons qui lui tournent autour. La vie classique d’adolescente. Sauf que quelque chose cloche, mais elle ne parvient pas à mettre le doigt dessus. Un jour, alors qu’elle traverse la rue, elle croise le regard d’une jeune femme aux cheveux bleus, et à partir de cet instant, elle ne parviendra plus à penser à autre chose. Une histoire qui nous conte l’amour, la découverte, l’affirmation, et le passage à l’âge adulte.

Réalisé par Abdellatif Kechiche, il est sorti en 2013 et a reçu la Palme D’or du Festival de Cannes de cette même année. Les deux interprètes principales sont les françaises Léa Seydoux et Adèle Exarchopoulos, il y a aussi des seconds rôles comme par exemple Jérémie Laheurte, mais très clairement, on les oublie vite et ils ne font office que de décor.

Le film se veut réaliste au possible, et ça fonctionne. Les ados parlent mal, mangent la bouche ouverte, on s’y croirait. Un peu trop même, c’est souvent assez écœurant, très vite, vous maudirez les pâtes bolognaises. Sur le papier notre histoire devait traiter de la découverte de soi, mais en pratique, le film m’a semblé être une succession de scènes qui racontent vaguement une histoire, et bourré de plans parfaitement inutiles (du genre ceux où Adèle dort), et entrecoupées assez fréquemment de scènes d’amour.

La vie d'Adèle de Abdellatif Kechiche Affiche

Nombre des scènes du film m’ont laissée perplexe de leur prétendue utilité. Alors oui, si on commence à sur-analyser, elles ont quasiment toutes une utilité. Mais certaines sont plus évidentes que d’autres. Pour les besoins de la chronique, j’ai commencé par prendre des notes pendant que la lecture continuait, et j’ai fini par arrêter d’en prendre, parce que c’était parfaitement inutile. Le film en fait des caisses pour justifier son côté « on est un film sérieux nous », mais ça ne fonctionne pas. Du moins, pas sur moi.

Je voulais tout de même faire un petit point sur les scènes « d’amour », je ne peux pas en dire tout ce que je voudrais, sinon dabYo va me censurer, donc je vais rester soft. Il n’y a que 3 scènes du genre qui sont justifiées, les autres sont tout simplement gratuites. Sans rentrer dans les détails un peu sal(ac)es, ce n’est pas crédible une seule seconde. Je ne sais pas qui a chorégraphié ces scènes, mais il n’y connaissait rien en amour lesbien (Des ciseaux ? Vous êtes sérieux là?). Ça dépasse largement la frontière du dérangeant, outre l’absence de nécessité des scènes, il n’y a pas la moindre bande son, juste leurs voix à elles. Et l’une de ces scènes fait 6 min 15 (j’ai chronométré), c’est beaucoup trop. Ce qui est au départ vaguement émoustillant finit vite par nous faire nous sentir mal. J’ai même du baisser le son de peur que mes voisins puissent penser que je regardais un film pour adultes. Bref, ça devient très vite une surexposition froide et crue de fesses et de seins. C’était vraiment pas obligatoire.

La vie d'Adèle de Abdellatif Kechiche Affiche

Est-ce que le film est réellement une adaptation de Le bleu est une couleur chaude ? Je dirais que non. Ce fut probablement une source d’inspiration, mais ils ont retiré l’âme de l’histoire, jusqu’au titre et aux noms de certains personnages, en passant par la fin. De toute façon dès qu’un film estampillé gay est encensé par la critique, c’est souvent une bouse infâme, je me rappelle avec douleur de Brokeback Moutain, j’ai rarement vu un film aussi chiant.

Pour finir, j’ai une petite pensée pour ceux qui ont claqué 10€ pour voir ça au cinéma. Non parce que, 3h tout de même, fallait se les enquiller. A choisir, investissez les plutôt dans Le bleu est une couleur chaude, qui lui est de qualité.


Maître de la Matière de Andreas Eschbach

illman dans Critiques, Livres le 15 janvier 2014, avec 4 commentaires
Critiques

Maître de la Matière de Andreas Eschbach, qui est un auteur allemand assez prolifique dont ce pavé de 640 pages et plusieurs autres romans sont parus chez l’Atalante, est un roman de Science-Fiction. Il est traduit de l’allemand par Pascale Hervieux et l’énigmatique couverture est de Leraf. Ça faisait longtemps que je ne m’étais pas attaqué à un gros livre et ne connaissant pas l’auteur je n’avais pas d’apriori. Commençons par le synopsis.

Maître de la Matière de Andreas Eschbach

Hiroshi a dix ans et sa mère est blanchisseuse à l’ambassade de France de Tokyo. Charlotte est la fille de l’ambassadeur. Leurs destins vont se croiser et se recroiser à de multiples reprises. L’un poursuivant une utopie qui où tout le monde serait riche. L’autre à la recherche du passé par le biais d’un étrange pouvoir qui lui permet de connaître le passé d’un objet en le touchant. Ce sont les trajectoires de leurs vies que nous allons suivre.

Andreas Eschbach

Andreas Eschbach

On peut grosso modo découper le roman en deux parties. La partie « initiatique » qui occupe un tiers du roman et qui va voir les personnages grandir et apprendre le monde qui les entoure, ils ont 10 ans environ au début du roman. Cette partie est un peu « molle » mais dans mon cas je la qualifie de cette manière parce que je ne comprenais pas du tout la mise en place que faisait l’auteur. J’ai un peu lutté pour avancer pendant que les personnages sont jeunes, trop jeunes, il s’agit des 100 premières pages en quelque sorte. Heureusement qu’après ça se lit tout seul. On verse ensuite enfin dans la Science Fiction plus « palpable » dans la seconde partie, les personnages sont matures et tout s’accélère, ou bien peut-être que c’est simplement très prenant, le final est très cinématographique dans ce sens. Là où cela se différencie d’un film c’est que ce final est émouvant sans être niais (dans tes dents Hollywood).

On embarque ici dans la Science-Fiction plutôt orienté anticipation, les thématiques que sont la robotique et les nano-technologie étant plutôt en vogue dans l’actualité (Google a racheté une boite qui fait des robots). Le tout est couplé intelligemment avec des éléments plus « fictionnels » et que je ne révélerai pas ici mais qui font sens. Le « et si c’était demain » pointe allègrement le bout de son nez avec des hypothèses de développement qui paraissent la plupart du temps possibles sans rentrer dans un jargon scientifique inutile. Il y a pas mal d’hypothèses sympathiques à lire et pas seulement dans le domaine de la robotique mais aussi dans le domaine de la paléoanthropologie, même si on reste bien évidemment dans le registre de la Science-Fiction.

Maître de la Matière de Andreas EschbachLe roman se déroule par ellipses narratives successives de plusieurs années et cela renforce l’idée de destins croisés. D’ailleurs cette progression est illustrée par le titre des parties, qui sont des îles (île des bienheureux, île d’Hiroshi, etc…) divisés en chapitres et reliées par des chapitres titrés « en chemin ». On trouve aussi des chapitres qui ridiculise un fils d’une des grosses richesses d’Amérique complètement perverti par l’argent et le fait qu’il pense en dessous de sa ceinture, ce qui le rend extrêmement pathétique. La famille paternelle d’Hiroshi est d’ailleurs pas mal aussi dans le genre pourri par les millions. Je me fais peut-être des idées mais il me semble discerner une certaine critique de l’effet de l’argent sur nos sociétés.

Finalement, un excellent bouquin nous est délivré par Andreas Eschbach, il aura réussi à me tenir en haleine jusqu’à sa conclusion. Maître de la Matière est bien écrit, traduit, une fois lancé le rythme est bon, l’histoire est passionnante, les personnages ont des relations qui sont intéressantes.  Bref un vrai plaisir à lire et que je conseilles. Il ne me restes plus qu’à explorer d’autres romans du monsieur.


C’est lundi, que lisez vous ? #122

Serafina dans Actualités, Livres le 13 janvier 2014, avec aucun commentaire
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Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine. if is Dead vous propose donc de nous retrouver pour les partager chaque semaine.

dabYo

Le Soldat Chamane, Integrale 1, de Robin HobbJe continue tant bien que mal Le Capital au XXIème Siècle, et entre quelques graphiques, je viens de commencer le premier tome du Soldat Chamane de Robin Hobb. Cela fait très longtemps que je n’ai pas lu Robin Hobb, cette série vient tout juste d’être éditée en gros volumes d’intégrales par J’ai Lu, du coup j’en profite.

Pour l’instant je reste perplexe, un petit enfant de 8 ans perspicace… Ça me dit des choses. Reste que l’ambiance, colonialiste, est vraiment très bien foutue et donne envie de lire.

Serafina

La Strategie Ender de Orson Scott CardJ’ai terminé La Stratégie Ender de Orson Scott Card. C’est dans la fin où on trouve la plus grande différence avec le film, et je dois dire que cela ouvre la porte à pas mal de choses. Ender a tous les ingrédients d’un excellent classique de SF, cela m’a pas mal fait penser à Dune. Je pense que je lirais la suite cette année.

J’ai ensuite commencé Fantômes de Joe Hill. Avec un titre pareil et ma peur des fantômes, cela ne pouvait que coller. C’est un recueil de nouvelles et j’en ai lu deux pour le moment, et c’est plutôt pas mal. A voir pour la suite, mais c’est une lecture plaisante.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?