Bye Bye Blondie de Virginie Despentes

Serafina dans Critiques, Livres le 30 octobre 2013, avec aucun commentaire
Critiques

De  Virginie Despentes, je n’avais lu que King Kong Theory, mais j’ai tellement entendu de bien de ses romans qui j’ai fini par acheter Bye Bye Blondie, le fait qu’il coutait 3€ d’occasion aidant. C’est un petit livre, avec une image de l’adaptation en film qui en a été faite pour couverture dans ma version, un adaptation qui apparemment change beaucoup de choses coté scénario. Synopsis ?

Bye Bye Blondie de Virginie Despentes

Gloria, paumée, vient de se disputer avec son mec, encore. Pour de bon cette fois. Dehors et trempée, elle croise le chemin d’Eric, quelqu’un qu’elle ne pensais jamais revoir. Et pour cause, ils se sont connus, avant, à l’hôpital psy, et il s’étaient aimés. Elle était punk, c’était un fils de bourge, et aujourd’hui les places n’ont pas tant changé.

Voilà pour le synopsis, comme vous vous en doutez, on va naviguer entre le passé de Gloria et Eric et leur présent. On retrouve très vite le style de Despentes qu’on pouvait déjà apercevoir dans King Kong Theory: un style familier, parfois vulgaire, qui est écrit comme on parle. On aime ou on n’aime pas. Personnellement, cela ne m’a pas dérangée, bien au contraire, je trouve que dans la plume de Despentes ça sonne vrai et crédible, pas « je me donne un genre ».

Niveau crédibilité, l’univers dans lequel évolue Gloria m’a aussi semblé très réussi. On est dans les années 80, elle est à fond sur le punk rock, les groupes cités, le mode de vie et les réactions de la bande de punk sont une des réelles forces du roman. On s’y croit, on est transporté dans un monde punk, gris, un peu paumé et c’est encore plus agréable quand on connait cette musique. Bon, je suis plus du coté goth que punk de la force, mais les Cure sont cités par exemple. Cela permet de facilement visualiser l’ambiance. C’est vraiment très immersif, et il ne faut pas beaucoup de détails à Despentes pour construire un univers et une ambiance très parlants.

L’autre force, c’est les personnages et particulièrement Gloria. Ce n’est pas vraiment une héroïne, bien au contraire. C’est une révoltée, une nana à vif, qui prend les mauvaises décisions et qui le sait. Elle est très lucide sur la vie, et souvent assez négative. Elle est attachante dans tous ses défauts et c’est un point que j’ai particulièrement apprécié. Eric aussi a ses défauts, mais on voit réellement l’histoire d’un point de vue de Gloria. C’est un roman qui n’est pas totalement noir, mais souvent très réaliste, un peu fataliste et au final je l’ai trouvé mélancolique.

Bye Bye Blondie de Virginie DespentesL’histoire des deux protagoniste m’a beaucoup touchée, car elle n’est pas rose, elle a son lot de non-dit et de squelettes dans le placard. Quand deux mondes si opposés se rencontrent, ce n’est jamais évident. La progression entre les deux est bien menée, et on est emmené avec eux. C’est un livre que j’ai souvent trouvé déprimant, et qui entre dans la liste des livres qui me donnaient envie de me rouler dans ma couette avec mon panda en peluche.

Bref, Bye Bye Blondie de Virginie Despentes est un roman que je vous conseille. Il est très court, mais intense et se dévore. Il faut évidemment savoir accepter le style de Despentes parfois vulgaire, mais personnellement je trouve que ça sert réellement le récit donc cela ne me dérange pas.


C’est lundi, que lisez vous ? #111

dabYo dans Actualités, Livres le 28 octobre 2013, avec 4 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine. if is Dead vous propose donc de nous retrouver pour les partager chaque semaine.

dabYo

Edenborn de Nick SaganJ’ai enfin réussi à me dérochez quelques minutes de Pokémon Y pour me remettre à lire quelque chose. Pas le dernier Hervé Jubert comme je le pensais initialement, mais Edenborn de Nick Sagan, la suite d’Idlewind que j’avais lu au début de l’année. Le premier tome m’avait beaucoup plu, j’avais donc très hâte de lire celui-ci.

Cette fois nous suivons encore des personnages à la première personne, avec une narration assez déroutante il faut le dire, mais la plupart d’entre eux sont nouveaux. Ce n’est donc pas une suite direct, une bonne dizaine d’années se sont déroulées entre les deux tomes et ce n’est vraiment pas plus mal. Après quelques pages difficiles pour se remettre dans le contexte, j’ai déjà hâte de pouvoir en lire la suite ! Vraiment rafraichissant.

Serafina

A Tombeau Ouvert de William StyronJ’ai avancé ma lecture de 22/11/36 de Stephen King. Nous entrons dans la dernière partie, dans une des dernières lignes droites et j’ai vraiment très hâte de voir où King va nous emmener. Je me suis vraiment attachée à Jake, et puis à Sadie aussi.

J’ai lu A Tombeau Ouvert de William Styron, un recueil de 5 nouvelles se passant dans le monde des Marines, entre la deuxième guerre et la guerre de Corée. Ce n’est pas un roman de guerre, mais un roman sur la vie de soldat, son attente, la peur qui l’accompagne et les razzias au bar du coin. Très interessant, très mélancolique aussi, j’ai vraiment aimé cette découverte. Je pense que je relirais de cet auteur.

J’ai ensuite commencé Lady Hunt de Hélène Frappat, choisi au hasard pour les matchs de la rentrée littéraire PriceMinister. C’est l’histoire d’une agent immobilière qui fait des rêves de maison hantée. L’écriture est très poétique, le livre bien construit et le fantastique est là à chaque pas ou presque. A mi chemin entre rêve et réalité, le livre est vraiment très agréable à lire.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Frère Elthor, La Fraternité du Panca Tome 5, de Pierre Bordage

Cinquième et dernier tome de la Fraternité du Panca !

dabYo dans Critiques, Livres le 27 octobre 2013, avec aucun commentaire
Critiques

C’est il y a maintenant un peu plus d’un an que sortait le cinquième et dernier tome de La Fraternité du Panca, la dernière série de Pierre Bordage qui avait tout d’un géant Space-Opera aux éditions l’Atalante. Pour ceux qui nous suivent depuis plusieurs années, j’avais lu les deux premiers tomes en 2009 et j’avais pris de bonnes baffes avec quasiment chaque nouvel opus depuis lors. Mais conclure une épopée de cette ampleur n’est jamais une chose facile, j’attendais donc l’auteur au tournant. Évidemment, pour ne spoiler personne je n’entrerai dans aucun détail du scénario de ce dernier tome, me contentant de vous inviter à lire la critique du premier, Frère Ewen.

Frere Elthor, La Fraternite du Panca Tome 5, de Pierre Bordage

Chaque précédent tome était l’occasion de nous introduire un nouveau personnage, ou plusieurs, dont l’un d’eux prendra le relais pour le suivant. C’était une forme de rituel et c’est évidemment fini avec ce dernier tome, puisque personne ne viendra prolonger la chaîne de la Fraternité du Panca, notre Frère Elthor étant son dernier maillon. Du coup, en terme de structure cela va laisser un peu plus de champs libre à Pierre Bordage et ce dernier va en profiter au maximum: des personnages, nous allons en suivre beaucoup plus que de coutume.

Souvent sans rapport direct avec la chaîne, ils vont nous permettre de fouiller un peu plus l’univers que l’on foule depuis de nombreuses pages déjà. Je n’indiquerai pas leurs noms, mais la plupart sont situés sur Neo Tierra, le centre de l’univers colonisé par les humains et où tout se passe. On avait évidemment découvert la ville bien avant, on l’avait même un poil foulé avec l’un des personnages du tome précédent Soeur Onden, mais cette fois on va arpenter ses rues, découvrir ses habitants et ses mœurs au travers d’une poignée de personnages, de destins. Et c’est vraiment, mais vraiment fort bien réussi.

Pierre Bordage

Pierre Bordage

C’est une sorte de mini recueil de nouvelles à l’intérieur d’un tome d’une longue série et ça comporte de nombreux avantages. D’abord des personnages assez variés, que l’on n’entrevoie que le temps d’un chapitre et qui permet à l’auteur de faire quelques twists de fin très bien pensés. Ensuite, comme nous a habitué Pierre Bordage, il y use et abuse des chemins qui se croisent et c’est un vrai délice. Et enfin, ces personnages que l’on ne suit que pendant quelques jours, voire heures, sont très marquants. Les situations qu’ils traversent, leurs philosophies, il y a un je ne sais quoi qui leur permet de prendre vie et corps de manière quasi instantanée. C’est un vrai régal et une sacrée réussite.

Avec ces personnages secondaires forts, on s’attendait à ce que la trame principale le soit tout autant. Et là, malheureusement, on est plus proche de l’échec. Attention, mettons tout de suite les points sur les i, cette trame n’est pas raté. Elle est relativement intéressante, elle se lit avec plaisir… Mais c’est tout. Cela manque d’éclats et l’auteur a déjà tellement utilisé de subterfuges par le passé qu’il semble être en panne sèche d’inspiration pour cette dernière ligne droite. L’aventure du Frère Elthor est bien loin du voyage dans l’espace d’Ewen, ou des mésaventures de Kalkin. Il y a des péripéties certes, mais qui relèvent plus d’une vaguelette à l’attaque d’un énorme paquebot que de la tempête emportant un petit bateau de pêche.

Frere Elthor, La Fraternite du Panca Tome 5, de Pierre BordageDu coup, on se retrouve à lire ces chapitres là sans avoir un avide besoin d’en connaître la suite. C’est un peu triste et dommage pour un dernier tome, un tome qui clôture une aussi longue épopée que ce soit pour les personnages, pour la Fraternité ou même pour le lecteur, qui rappelons le en est à plus de 2000 pages de lecture ! Le lecteur ne devrait avoir qu’une hâte, découvrir le fin mot de cette histoire, tourner la dernière page et être déjà frustré de l’avoir fini… Et on en est malheureusement loin. On ne peut s’empêcher de voir poindre un léger sentiment de déception lorsqu’on aborde les derniers chapitres, les dernières pages et que l’on se rend compte que non, il n’y aura pas ce petit sentiment d’exaltation qu’on espérait avoir. Je dirai même que je regretterai l’exploitation du dernier twist de l’auteur, qu’il aurait pu rendre bien plus ravageur qu’il n’a bien voulu le faire.

Alors que conclure sur ce Frère Elthor ? Un bilan en demi teinte vous l’aurez compris. Ce n’est pas une mauvaise fin loin de là et Pierre Bordage livre un bon tome grâce à des personnages secondaires plus que marquants. Mais on est loin de la fin de série que j’espérais au vu de la qualité des tomes précédents. La Fraternité du Panca se clôt sur un tome apaisant, où son auteur prend bien soin de terminer tout ce qu’il avait commencé et de mettre un point final à une superbe épopée. J’en attendais peut être un peu trop. Si vous ne vous êtes toujours pas lancé dans ce géant Space Opera, il est plus que temps de le faire !


Metallica Through the Never de Nimrod Attal

Vancouver Magnetic : Through Nothingness

illman dans Actualité, Critiques, Films, Musique le 24 octobre 2013, avec aucun commentaire
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Metallica Through the Never de Nimrod Attal est un « film » créé à l’initiative de Metallica et actuellement diffusé dans certaines salles obscures françaises. Si j’ai bien compris l’interview du leader du groupe culte Lars Ulrich dans le dernier Rock Hard, le réalisateur Nimrod Attal est bien le seul à avoir accepté de le faire… On va peut être comprendre pourquoi. Synopsis.

Metallica Through the Never de Nimrod Attal

Un coursier se voit confier la tache d’aller dépanner un des camions de tournée du groupe qui se produit ce soir à Vancouver, Metallica. Comme si ça ne suffisait pas, le gamin a l’air accro aux pilules. Que le trip d’émeutes fantasmées démarre.

Donc du coup, il y a vaguement un scénario qui n’est qu’un prétexte à des scènes hallucinées de violence et d’émeutes. En clair, le coursier va se faire poursuivre par des mecs super louches dont un cavalier qui porte un masque à gaz. Mais finalement on s’en tamponne un peu vu qu’on a aucun background en dehors de celui que le coursier est sans doute défoncé. Pourtant m’est avis qu’il y avait moyen de faire un truc pas mal et surtout plus étoffé. Et c’est la que le bât blesse, cette sous-exploitation ne laisse donc plus vraiment la place qu’au concert en lui-même par défaut. Il y a des idées pourtant dans le film, notamment celle de scénariser des événements du concert comme les pannes techniques qui mène au final sur Hit the Lights tirée de Kill’em All. Mais le principal défaut du film c’est qu’il n’essaye qu’à de très rares moments de marier la musique et l’image, du coup les scènes sonnent creuses et artificielles… Dommage.

Metallica Through the Never de Nimrod Attal

Le film est en 3D, elle n’est pas exceptionnelle mais elle est honorable et largement aussi bien exploitée que les films qui se targuent d’un 3D dans le titre. Imaginez, vous allez pouvoir compter les cheveux huileux/gras de Robert Trujilo en 3D, wahou ! D’ailleurs celui-là s’est sans doute fait bizuté vu qu’il a droit à la scène d’intro de début de film la plus ridicule des 4, imaginez le en train de faire le crabe dans une pièce ronde au milieu d’amplis…

Enfin bon bref puisque ce n’est pas coté film qu’on va trouver notre bonheur, rabattons nous sur le live. Déjà si vous avez vu Quebec Magnetic, sachez qu’il s’agit de la même tournée mais à Vancouver, donc c’est la même scène étrange en milieu de salle avec des gens tout autour. Comme d’habitude, un concert de Metallica est un vrai show impressionnant, plein de machins qui bougent, les croix qui sortent du sol pour Master of Puppets, la chaise électrique pendant Ride the Lightning. La pyrotechnie est aussi de sortie, l’intro de One est tout simplement excellente du point de vue visuel. Niveau setlist, on ne se mouille pas trop, sans compter The Ecstasy of Gold de Ennio Morriconne qui ouvre leurs concerts depuis belle lurette, ce sont 15 titres qui vont s’enchaîner, avec des bouts de films pour boucher les blancs.

Metallica Through the Never de Nimrod Attal

Point de St Anger à l’horizon et Death Magnetic n’a qu’un seul représentant (Cyanide) mais après tout on a droit à 6 pistes provenant de leurs deux meilleurs albums, Ride the Lightning et Master of Puppets et même si j’aurai aimé en avoir plus j’arrive à m’en contenter. The Memory Remains emporte le public qui se lance dans des chœurs sans fin car si des bouts du concert sont scénarisé, c’est quand même un vrai public de fans qui a pris place dans les gradins. C’est quasiment un sans faute pour la setlist sur ce concert mais il est aussi plus court que ce que le groupe joue habituellement.

D’un autre coté les chansons joués font très best-of comparé à Quebec Magnetic qui mettait en valeur le dernier album un peu plus. Par contre, c’est un peu sur-produit, le son a été tellement poli que c’est difficile à croire que le matériel de base est live par moment, surtout si on avait pas l’image. Enfin bon maintenant que les gens se sont habitués aux lives ultra clean ce n’est pas simple de revenir en arrière.

Metallica Through the Never de Nimrod Attal

Au final, je m’attendais certes à un film moyen mais je m’attendais quand même à un film, comment ne pas être déçu de ne se retrouver que devant un live vaguement scénarisé. Alors certes le live de Through the Never est très bon mais je penses que les possesseurs de Quebec Magnetic peuvent en faire l’impasse de même que les personnes moyennement chaudes quand on leur parle de Metallica. A réserver aux fans…


Les âmes vagabondes, Stéphenie Meyer

Les extra-terrestres nous ont envahis... et ils sont plus sympas que nous !

Malicia dans Critiques, Livres le 23 octobre 2013, avec 1 commentaire
Critiques

Les âmes vagabondes est un roman qui va mêler Science-Fiction et romance écrit par Stephenie Meyer et publié en 2008. Remis au goût du jour avec la sortie du film éponyme, Le livre de poche en a profité pour nous proposer une nouvelle édition qui reprend l’image du film en question pour couverture, un classique. L’occasion d’y jeter un œil pour moi, synopsis.

Les Ames Vagabondes de Stephenie Meyer

La Terre est envahie. La menace extra-terrestre que l’on redoutait tant s’est avérée une réalité mais elle n’a pas tout détruit sur son passage. Au contraire, elle a pris possession de nos corps, de notre monde, pour en faire un lieu paisible dans lequel il n’y a ni violence ni misère. Mais parmi les humains, il y a des résistants qui refusent d’être « habités » par l’envahisseur. Ils sont pourchassés par les traqueurs. Parmi eux, Mélanie Stryder se fait attraper et posséder mais elle n’entend pas rester « l’hôte » de cette « âme » pour toujours et se bat pour rejoindre et protéger les siens.

Ce que j’ai apprécié de prime abord dans ce roman, c’est son thème original. Si l’invasion extra-terrestre a été le point de départ de nombreuses œuvres, j’ai aimé qu’elle soit prise de manière différente. Ici, l’envahisseur est un pacificateur qui veut la paix sur la terre et qui va finalement « sublimer » notre monde. Autre point original ici, on voit tout du point de vue de l’âme qui habite Mélanie Stryder. Cette entrée dans l’esprit de l’envahisseur permet de révéler une logique que l’on ne comprendrait pas aussi bien en la voyant d’un point de vue extérieur.

L’ensemble est fluide, bien écrit et agréable à lire. Les personnages secondaires sont intéressants, on apprend à les aimer : Jared, le petit-ami de Mélanie, Ian qui va rapidement tomber sous le charme de l’âme, Jamie le petit-frère de Mélanie, Jébédiah et les autres… L’intrigue est bien menée dans son ensemble, avec quelques rebondissements et une conclusion ouverte qui donne envie de continuer à suivre le petit groupe dans leurs nouvelles aventures.

Les Ames Vagabondes de Stephenie MeyerSi j’ai beaucoup aimé ce roman, c’est aussi parce que je trouve qu’il apporte un point de vue intéressant, on découvre vraiment la logique de cet envahisseur qui finalement se veut bien plus pacifique qu’on ne pourrait le penser au premier abord.On apprend aussi à la comprendre et finalement, même si on aime voir « Vagabonde » (le prénom que s’est donnée l’âme) ouvrir les yeux peu à peu sur les problèmes de la logique de son espèce, on a pas non plus envie de voir son peuple se faire massacrer au nom de la suprématie humaine.

Vous l’aurez compris, j’ai au final aimé cette lecture que je ne peux que recommander. Les Âmes Vagabondes de Stéphanie Meyer présente et utilise une idée plutôt originale et qui devrait plaire à ceux qui ont vu le film comme aux autres, aux fans et non fans de l’auteur de Twilight.


C’est lundi, que lisez vous ? #110

dabYo dans Actualités, Livres le 22 octobre 2013, avec aucun commentaire
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine. if is Dead vous propose donc de nous retrouver pour les partager chaque semaine.

Serafina

22-11-63 de stephen kingJ’étais en voyage à Istanbul la semaine dernière, ce qui explique ce C’est Lundi un Mardi. Je n’avais emmené que ma Kobo et un livre bien trop gros dans sa version papier pour être emmené en avion. Il s’agit du tout dernier Stephen King, 22/11/63 qui propose une sorte d’uchronie ayant pour point de bifurcation l’assassinat (ou pas) de Kennedy. Je l’ai pris car j’aime les réalités alternatives, même si je n’aime pas réellement King qui m’a lassé il y a longtemps avec ses romans qui se ressemblent trop les uns aux autres.

Et pourtant, King montre là toute sa maestria. Les personnages sont attachant, le scenario flirte avec le génial. Alors certes, les histoire d’uchronie, de passé qui change, ça a toujours été ma came, mais là c’est du grand art. L’année est bien avancée, et je crois pouvoir dire que ce livre sera dans mon top de l’année si ce n’est plus. Il m’en reste un tiers et j’ai très hâte.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Rockstar Vampire de Yves Bulteau

Serafina dans Critiques, Livres le 18 octobre 2013, avec aucun commentaire
Critiques

Rockstar Vampire de Yves Bulteau fait partie de la collection Pandore du Pré aux Clercs, des romans fantastiques typés Young Adult. Il faut bien l’avouer, la couverture du studio dpcom et le titre de ce roman ne pouvaient que m’attirer !  C’est donc avec entrain que j’ai entamé cette lecture. Synopsis ?

Rockstar Vampire de Yves Bulteau

Selma est une ado comme tant d’autre, si ce n’est qu’elle ne supporte pas le soleil, et qu’elle poste sur youtube des chansons qui ont des milliers de milliers de vues. Il n’en fallait pas plus pour qu’elle attire l’œil d’un producteur qui la met dans un groupe avec une autre star du web, virtuose de la guitare. Selma est donc partie pour briller sous les feux des projecteurs.

Le livre commence donc avec Selma, une ado un peu mystérieuse, on pressent vu le titre et l’illustration qu’elle a quelque chose de pas très normal. C’est un personnage qui m’a semblé réaliste et l’ancrage dans le monde réel via les vidéos youtube, et tout ce mécanisme font de Selma résolument une adolescente du début des années 2010. On n’est pas perdu et il est donc très facile de rentrer dans l’histoire. L’écriture de Yves Bulteau est fluide et ne pose pas de problème particulier. Les chapitres ne sont pas très long, c’est écrit gros, bref, c’est idéal pour les lecteurs plus jeunes qui ne seront ainsi pas découragés par un pavé. Pour les plus adultes, ça se lit quand même avec plaisir.

Les personnages de Selma et de son guitariste sont les plus développés, et ils sont plutôt bien fouillés, même si cela reste en surface pour le dernier. Selma est une ado pétrie de doutes, qui pense beaucoup, s’interroge énormément et j’ai trouvé ça plutôt réaliste comme description de cette période de la vie. Toute l’aventure musicale de Selma, de son groupe, de son guitariste sont dans l’ensemble la meilleure partie du livre, moi qui aime les histoires de rockstar j’ai été plutôt servie. Que cela soit les répétitions, les premiers concerts, on se prend au jeu.Bref tout était idéal pour que cela soit un de mes coups de cœur en YA pour l’année.

Rockstar Vampire de Yves BulteauLe problème, c’est que le roman prend une toute autre tournure environ au milieu de l’histoire. De roman de rockstar, on passe à une sorte de quête initiatique de Selma envers ses origines, et très honnêtement, j’ai trouvé l’histoire très bancale et assez peu crédible. D’une part, je n’ai pas trouvé le changement d’orientation très naturel, je comprend pas trop pourquoi Selma a de telles idées ou intuitions, j’avais plutôt l’impression de ne pas du tout savoir où on allait. De plus qu’elle ait le succès et l’amour des foules du premier coup n’est pas tant choquant, après tout, si elle est le nouveau Kurt Cobain, pourquoi pas. Mais que dans ses recherches généalogiques et autres, elle tombe juste du premier coup, c’est irréaliste et un peu rageant. Je peux comprendre que cela soit à des fins de simplification ou autre, mais c’est assez frustrant. Sans compter que la mythologie ici abordée ne m’a que très moyennement convaincue.

Au final, c’est un avis en demi-teinte : Rockstar Vampire c’est d’abord un très bon début, qui comblera toutes les fanes de rock-star, de groupes et d’ados torturés, mais aussi une fin un peu bancale et un changement d’orientation un peu déroutant. Cela se lit vite, mais ne me marquera pas. J’aurais préféré qu’on reste dans la veine Rockstar en somme.


Vers les ténèbres, Univers Metro 2033, de Andrei Dyakov

Retour à Saint Petersbourg

illman dans Critiques, Livres le 16 octobre 2013, avec 1 commentaire
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Vers les ténèbres est le second roman de Andrei Dyakov et celui-ci se déroule aussi dans l’univers créé par Dmitry Glukhovsky, celui de Metro 2033 dont il est le seizième roman. Il est la suite de Vers la Lumière que j’avais chroniqué et beaucoup aimé l’année dernière. Comme c’est une suite, on va éviter d’être spoilant pour le synopsis.

Vers les ténèbres, Univers Metro 2033, de Andrei Dyakov

On retrouve Gleb et Taran déjà les héros du précédant tome quelques temps après les événements qui y sont décrits pour une course contre la montre dans le métro et une enquête qui les mèneront à des secrets qui auraient mieux fait de rester inconnus. Je peux difficilement faire mieux sans spoiler…

L’auteur balance la sauce de manière assez brutale dès le premier chapitre pour déclencher les événements. Et comme cela ne lui suffisait pas il va en rajouter une couche assez vite, des fois que ses personnages ne seraient pas assez motivés, afin que les héros partent à l’aventure avec un but précis. On sent le découpage du roman en trois parties et l’accent est clairement mis sur un rythme soutenu avec le sentiment d’urgence qui anime le personnage central de cette partie. On est lancé comme une locomotive qui va nous permettre de terminer le bouquin par simple inertie de cette partie couplée à des révélations qui ont le mérite de nous surprendre un peu.

Mais il y a une chose qui m’a un peu perturbé, l’ombre de Metro 2034 plane sur l’histoire, sur cette seconde partie précisément. Je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer des similitudes notamment sur les personnages. Ce n’est peut-être que l’imagination de mon cerveau malade mais « l’hommage » me semble un petit peu trop marqué. On est ravi de voir que nos personnages ont évolué avec un Taran qui renforce sa position de figure paternelle envers Gleb, qui lui en profite pour faire  son petit voyage initiatique de l’adolescence.

Univers Metro 2033

L’Univers Metro 2033 compte déjà près d’une dizaine de romans en Russie, il s’agit du quatrième qui est traduit aux éditions l’Atalante

Niveau ambiance, l’auteur a décider de placer la majorité de son action dans le métro et les souterrains alors qu’ils s’essayait à l’air libre précédemment. On est donc plus confiné, mais niveau sensations de danger et d’oppression dans les couloirs du métro ce n’est pas encore ça. Le métro de Saint Petersbourg semble beaucoup moins hostile que l’extérieur ou que celui de Moscou de Glukhovsky, mais ça permet aussi de mettre des menaces moins fantaisistes en face des protagonistes. Un gros avantage puisqu’il se débarrasse ainsi d’un des points noirs qui émaillaient le précédent et les autres Metro, sa chronologie des événements passés farfelus avec ses mutations de faune folles.

On sent une certaine fascination pour les bunkers planqués sous le métro, même si ces bunkers sont réels notamment à Moscou (apparemment le Bunker 42 est même ouvert au public), c’est le fantasme de cités isolés qui seraient capables de fonctionner en autarcie qui prend vie dans les quatre romans parus sur l’univers de Metro, une sorte de paradis réservé à l’élite. La Guerre Froide a l’air d’avoir laissé une sacrée empreinte indélébile sur la Russie.

Vers les ténèbres, Univers Metro 2033, de Andrei DyakovQui d’autres que Denis E. Savine pouvait se voir conférer la lourde tâche de traduire et d’adapter un nouveau roman dans l’univers du Metro ? Ce qui n’est pas une mince affaire, le lecteur étant aidé régulièrement par ses notes en bas de pages, notamment sur l’armement. On continuera toutefois à se perdre dans les noms des stations et des lieux malgré tout, les noms à rallonge n’aidant pas. Coté couverture, c’est encore Benjamin Carré qui s’y colle et se permet de nouveau de faire un bon boulot en retranscrivant le décor post-apo de la ville.

Au final, Vers les ténèbres de Andrei Dyakov est une suite à la hauteur de son prédécesseur. Rythmé, prenant, le roman a tout pour plaire malgré une légère baisse d’originalité et de prise de risques par rapport au précédent volume. Andrei Dyakov a gagné sa place dans la cour des grands et il s’est laissé l’opportunité d’écrire un troisième tome, ce qu’il a d’ailleurs fait publié en janvier dernier, ne reste plus qu’à attendre l’Atalante au tournant sur ce point.


C’est lundi, que lisez vous ? #109

Serafina dans Actualités, Livres le 14 octobre 2013, avec 5 commentaires
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Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine. if is Dead vous propose donc de nous retrouver pour les partager chaque semaine.

dabYo

Frere Elthor, La Fraternite du Panca Tome 5, de Pierre BordageJ’ai fini vendredi soir le cinquième et dernier tome de La Fraternité du Panca, Frère Elthor de Pierre Bordage. Cette série dont j’avais commencé la lecture il y a bien longtemps vient donc de s’achever pour moi, et j’avais du mal à voir comment l’auteur allait bien pouvoir réussir à trouver une fin digne de ce long voyage dans l’espace… J’avoue que je suis partagé, le dernier personnage principal n’était pas vraiment à la hauteur et j’ai donc eu du mal à avoir des sentiments pour lui. Néanmoins, les personnages secondaires que nous allons suivre tout au long ont vraiment été rafraichissant, Pierre Bordage arrivant parfois à leur donner une profondeur énorme alors qu’ils n’apparaissent que sur quelques pages.

Bon sinon, je viens de commencer Pokémon Y sur 3DS, autant dire que je ne répond de rien niveau lecture… Je devrais commencer le nouveau Hervé Jubert aux éditions Le-Pré-aux-Clercs, qui est la suite de son roman Magies Secrètes, un Young Adult qui m’avait beaucoup plus en début d’année.

Serafina

Le Don du Loup de Anne RiceJ’ai terminé Les Casseurs de codes de la seconde Guerre Mondiale de Sinclair McKay. Le bouquin est particulièrement intéressant, notamment sur les raisons qui ont fait que l’informatique ne s’est pas développée en Angleterre comme elle aurait pu/du suite aux découvertes de Bletchley. J’ai ensuite entamé The Wolf Gift de Anne Rice, paru récemment en français sous le titre Le Don du Loup mais que je lis en version originale. J’ai mis du temps à rentrer dedans, mais maintenant c’est fait et ça déroule. On retrouve avec plaisir le style de Anne Rice, et c’est un vrai page turner. J’en suis déjà au quart !

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


La Route de Cormac McCarthy (second avis)

Serafina dans Critiques, Livres le 11 octobre 2013, avec 6 commentaires
Critiques

J’aime bien les déplacements professionnels, car je prends le train. Et qui dit train, dit lecture. C’est l’occasion souvent de lire en one-shot des bouquins restés dans ma PAL bien trop longtemps. Et c’est le cas de La Route de Cormac McCarthy que je souhaitais lire avant même que illman ne le chronique l’année dernière, depuis que j’ai vu que Viggo Mortensen jouait dans l’adaptation cinématographique pour être précise. J’ai donc embarqué la jolie édition Points à l’image du film. Synopsis ?

La Route de Cormac McCarthy

Le monde est gris, plein de cendres, on dirait l’hiver nucléaire. Parmi cela, un homme et son fils essaient tant bien que mal de survivre, jour après jour. Ils font route sans but apparent, survivant avec ce qu’ils trouvent sur le chemin.

Désolée pour ce synopsis d’une ligne à tout péter. Mais malheureusement je n’ai pas grand chose de dire de plus, tellement le livre ne se résume qu’au voyage de ce père et de son fils. On les suit au jour le jour ou presque, dans ce voyage sans fin, sans but non plus, autre que mettre encore une fois un pied devant l’autre. Les rebondissements, il n’y en a pas tant, et le livre est du coup assez paisible, bien que parfois angoissant.

Je ne m’attendais pas à grand chose et surtout pas à quelque chose d’aussi noir. Il n’y a aucun espoir, nul part, on va de scènes lourdes en scènes lourdes. Pas lourdes au sens « relou » mais lourdes au sens émotionnellement chargées. La mort est au bout du chemin, plus ou moins vite, et les personnages l’ont clairement à l’esprit. Les rares flashback sont encore plus tragiques que le présent de l’histoire. C’est pas vraiment ce à quoi je m’attendais, mais c’était plutôt une bonne surprise du coup.

La Route

L’autre surprise, c’est le style de McCarthy, qui est réellement particulier. Il n’y a pas de chapitre, pas de dialogues marqués, ces derniers sont intégrés dans le corps du texte, sans prévenir, sans tiret, sans guillemets. C’est un peu dérangeant au départ, mais après on comprend que ce style dépouillé sert l’histoire. L’écriture y est volontairement monotone, avec des phrases simples, souvent beaucoup de répétitions du sujet. Ça se lit comme on enfilerait une route droite et grise. Sans heurts, sans point d’intérêt, sans rien au final qui nous permette de souffler.

La Route de Cormac McCarthyAprès les premières pages d’adaptations, on est immédiatement happé dans l’histoire, et qu’importe si au final on ne comprend pas toujours ce qui se passe dehors, nos personnages non plus. On ne sait absolument pas pourquoi on en est arrivé là, ni comment. Tout ce qu’on a c’est le présent et c’est tout. Le livre aurait pu être un livre initiatique un peu dans le genre Le Monde de Sophie, le père profitant de cette situation pour éduquer philosophiquement son fils, mais il n’en est rien et les réflexions ne dépasseront pas le seuil des réflexions prosaïques. Pas de morale assenée, pas de réflexion sur l’humanité, en tout cas pas dans le livre. A nous d’en faire ce que nous voulons.

Au final, La Route de Cormac McCarthy est un livre que je recommande sans la moindre hésitation, surtout pour son atmosphère qui vaut réellement le coup. Son histoire est au final bien plus secondaire. C’est un livre à vivre et voilà tout. Sur ce, je vais m’acheter d’autres bouquins de l’auteur.