Crackhouse et Monarch à La Belle Rouge (Jouès-les-Tours)

Crackhouse + Monarch le 22 mars 2013

illman dans Concert, Musique le 30 avril 2013, avec aucun commentaire

Et la saison des concerts continue, ce coup-ci c’est dans une petite salle pas loin de chez moi, La Belle Rouge, que se déroule le méfait de la soirée. Organisé par l’association Wolfpack très active dans le coin tourangeaux et par l’asso de la salle, ce sont deux groupes amplifiés qui se partage la scène. Le concert a commencé à la bourre, histoire de laisser le temps à plus de monde d’arriver apparemment, ça m’a permis de descendre des bières du cru en attendant.

Monarch et Crackhouse La Belle Rouge

Crackhouse est un groupe de Stoner à tendance sludgesque de Tours. Dégaine de bûcheron au programme, ils assènent des chansons de qualité. Dans le tas on trouve même une balade étonnante au milieu des pistes énervées, et le meilleur c’est que c’est vraiment une bonne chanson.

Crackhouse à ToursLeur guitariste touche sa bille et nous gratifiera de solos intéressants. Le chanteur, qui a un petit coté Phil Anselmo, a une grande gueule et nous a même traité de public digne de Nickelback devant la relative immobilité du public, ça m’a fait bien rire.

Niveau chant il s’en tire carrément bien sur les passages où il force, mais il peine un peu sur les passages à voix plus claire. Pour info, ils ont sorti une cassette (oui, j’ai bien dit une K7 audio) de démo avec trois titres. Le son que produit le groupe est intéressant, à découvrir.

Vient ensuite Monarch, originaire de Bayonne et qui partage un guitariste avec le groupe Year of No Light, donne dans le Doom Drone (un genre que dabYo détesterait). Plongé dans la pénombre, avec pour seule source d’éclairage des bougies et un spot orienté vers le sol, l’ambiance dark et torturée est palpable. Le groupe a développé une gestuelle adaptée à son tempo lent et produit une musique que je n’imaginais pas pouvoir profiter en live.

Planant, leur son s’agrémentera de la voix d’outre-tombe de la chanteuse, aidé par les effets des diverses pédales qu’elle manipule au long du concert, jusqu’à ce que celle-ci se laisse aller à des cris glaçants, telle une banshee. Il faut écouter pour comprendre je pense. Ils finiront leur prestation par une reprise de Turbonegro à leur sauce, la fameuse chanson I got Erection et ils la font super bien.

Monarch à Tours

Une soirée de qualité donc, avec des découvertes sympathiques et bluffé par Monarch, j’ai hâte que les tremplins pour le M-Fest démarrent. Je vous glisse une petite vidéo d’ambiance histoire que vous vous fassiez une idée du bouzin.


C’est Lundi, que lisez vous ? #90

Serafina dans Actualités, Livres le 29 avril 2013, avec 4 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine. if is Dead vous propose donc de nous retrouver pour les partager chaque semaine.

Serafina

Fall of Giants de Ken FolletJ’ai avancé ma relecture du Trône de Fer Tome 7. Je lis volontairement lentement, histoire d’être raccord avec la diffusion de la série, mais c’est difficile : je suis déjà tellement en avance sur Jon par exemple et tellement en retard sur d’autres arcs… Bref, je fais de mon mieux.

Profitant d’un voyage à Paris, j’ai entamé Fall of the Giants, premier tome de la Century Trilogy de Ken Follet. J’avais flashé sur le synopsis quand j’ai croisé cette série dont le deuxième tome vient de sortir. On suit ici, via divers points de vue, l’entrée en guerre 14-18. On côtoie des famille de différentes nationalités : anglaises, russes, allemandes. C’est intéressant car il n’y a pas du tout la vision française qu’on peut avoir eu à l’école !

Je suis vraiment fane pour le moment, et c’est super addictif…

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Affiche du Hellfest 2013Les 21, 22 et 23 Juin 2013 se tiendra en terres clissonaises la nouvelle édition du plus grand festival français consacré au Metal, le Hellfest 2013.

L'équipe s'y rendant comme à son habitude pour avoir sa dose annuelle de concerts en plein air, nous vous proposons chaque dimanche de la semaine jusqu'aux jours J de découvrir l'un des groupes de l'affiche que nous comptons aller voir, à travers un clip ou une vidéo. Vous pouvez aussi consulter l'affiche du Hellfest 2013. C'est notre Highway to Hellfest 2013.

Kissin’ Dynamite est un jeune groupe de Heavy Metal allemand qui se révèle des prétentions Glam. Leur premier album Steel of Swabia est sorti en 2008 et même si l’opus est intéressant, c’était encore un peu timide. Ils réitèrent en 2010 avec Addicted to Metal avec lequel ils prennent aussi un virage cosmétique tendant vers le look Heavy 80’s/Glam, en plus de leur montée en puissance déjà palpable. Mais si j’en parle aujourd’hui c’est que leur album Money, Sex and Power leur permet finalement d’exploser et de faire parvenir leur son jusqu’à mes oreilles pour la première fois.

Quelle claque ! Cela faisait longtemps qu’un nouveau groupe de Heavy ne m’avait pas fait cette effet là. Les gars mettent un point d’honneur à ce que leur songwriting soit le plus efficace possible sur cette album. Les refrains restent en tête et sont pour la plupart simple à reprendre en chœur, c’est écrit avec humour. L’exemple parfait reste le bon gros délire global qu’est le clip ci-dessous, et c’est pour le moins globalement super catchy. Clairement dans mon top 10 des albums de l’année 2012.

Je n’arrive qu’à être curieux de ce qu’ils nous réservent à l’avenir, bref tout ça pour dire que je serai planté devant la MainStage01 le vendredi matin, pour le premier concert de cette scène.


Evil Genius est le premier tome d’une série Thriller de Catherine Jinks, Les Aventures de Cadel Piggott. Contrairement à ce qu’on pourrait penser à la vue de sa couverture en noir et blanc et des têtes démoniaques qu’elle présente, il ne s’agit pas du tout d’un roman qui surfe sur la vague des vampires. Et le synopsis de quatrième couverture est bien là pour nous le rappeler: c’est de génies que nous allons parler. Publié en poche par Le Livre de Poche à la fin de l’année dernière, la traduction est signée Karine Suhard-Guié. Synopsis ?

Evil Genius de Catherine Jinks

Quand le jeune Cadel Piggott est introduit par ses parents adoptifs au psychologue spécialisé dans les enfants à problèmes, Taddeus Roth, il ne s’attendait surement pas à ça. A quoi ? Et bien, à pouvoir librement jouer avec l’ordinateur du psychologue par exemple. Après tout, c’est bien parce qu’il s’est introduit illégalement dans le système d’informations d’une banque qu’il est ici, à suivre une thérapie pour soit-disant apprendre ce qui est le bien et le mal…

Catherine Jinks

Catherine Jinks

Les premières pages du roman m’ont assez surpris je dois bien l’avouer. Nous suivons donc un tout petit garçon qui dans les premiers chapitres s’avère être haut comme trois pommes et n’a pas encore dix ans. C’est un surdoué et il présente des capacités hors du commun, qui dépassent déjà de très nombreux adultes. La narration est à la troisième personne mais permet au lecteur de suivre le personnage dans ses interrogations, dans ses faits, dans ses réflexions. C’est assez bizarre au début, ça peut surprendre et je dois avouer que je trouvais le tout un peu grossier sur les premiers chapitres. L’étalage de ses facultés mentales paraissant un peu simple et manquant de mon point de vue de crédibilité.

Il faut dire que le sujet, celui des génies, est toujours difficile à aborder de manière crédible. Comment suivre au jour le jour un personnage aux facultés énormes sans écrire des scènes trop grosses, ou ce dernier ne comprendrait pas tout un peu trop facilement et loin de la réalité ? C’est déjà un gros problème lorsqu’on l’aborde avec des personnages comme celui de Sherlock, ça l’est encore plus quand celui ci est un enfant, et qu’il faut y introduire des mots techniques. Car en plus d’être un génie, Cadel est très doué avec l’informatique et il faudra bien que Catherine Jinks arrive à nous expliquer ce qu’il fait.

Et elle ne s’en sort pas trop mal, vraiment. Bien que Cadel soit particulièrement intelligent, l’auteur arrive à lui faire garder sa candeur et son manque d’expérience des relations humaines. C’est très bien construit là dessus, et si notre petit génie arrive à nous expliquer logiquement et froidement ce qu’il pense, il reste ignorant de la perfidie dont l’homme peut faire preuve pour arriver à ses fins. J’ai trouvé ça d’autant plus intéressant qu’en lecteur on ressent assez bien que le bonhomme est peut être bien entrain de se mettre le doigt dans l’œil…

Evil Genius de Catherine Jinks

Le contexte scientifique et donc informatique est là aussi plutôt bien retranscris, et on est loin des énormités qu’on a par exemple pu lire Ceci n’est pas un jeu. L’auteur ne part pas dans des éléments qui sont une réelle application mais se contente d’exprimer des principes et des effets. Ça lui évite d’écrire quelque chose de faux tout en restant relativement concret et compréhensible. Bref, encore quelque chose que j’ai apprécié.

Evil Genius de Catherine JinksEvil Genius a une assez longue intrigue qui met vraiment longtemps à se mettre en place, il faut dire qu’il fait près de 600 pages. Mais c’est loin d’être un problème et j’avoue que la lecture m’a complètement absorbé. Je me suis très vite attaché au personnage de Cadel, il est loin de susciter l’antipathie et on se plat à le suivre. Lorsqu’il rejoindra l’université, puisque nous allons le suivre jusque là, on rencontrera d’autres personnages hauts en couleurs et franchement sympas. Enfin, j’ai eu un gros coup de cœur pour Sonja, évidemment.

Malgré sa longueur, ce premier tome des Aventures de Cadel Piggott fut un vrai régal. J’ai lu avec plaisir les premières centaines de pages, pour finir par dévorer littéralement les deux cents dernières. Avec un premier personnage plus qu’attachant, une histoire intéressante et un aspect scientifique et technique plutôt réussi, Evil Genius est une vraie bonne surprise. Je n’ai finalement qu’une hâte: en lire la suite !


Silence, ça tourne ! #44

dabYo dans Actualités, Films le 25 avril 2013, avec aucun commentaire
Actualités

Comme chaque semaine (ou presque), les films et séries que nous avons vu, et auxquels vous échapperez peut être, grâce à nous.

Game of Thrones s03e04

Beric DondarrionL’épisode précédent nous avait déjà réconcilié avec le début de cette saison, celui ci encore plus. Il faut dire que ce quatrième épisode est une confirmation. La troisième intégrale est une des plus explosives de la saga de George R.R. Martin et cet épisode lui fait franchement honneur. La plupart des histoires avancent avec de grands coups, celles qui se déroulent en quelques secondes et qui changent définitivement le cours de l’histoire. Et c’était très bien réalisé.

L’introduction d’un nouveau champ de personnages propres à cette saison là nous avait jusqu’à présent laisser perplexe, il faut dire que le prêtre rouge ne ressemblait pas vraiment à ce que nous l’imaginions. Beric Dondarrion lui par contre sied plus que bien au personnage et il faut bien l’avouer, sa scène d’introduction a plutôt la classe.

Real Humans s01e01, s01e02 et s01e03

Real HumansEn cours de diffusion par Arte, Real Humans est une série nordique traitant de robots humanoïdes, autant dire que cela nous a quelque peu intrigués. Assez pour commencer et constater qu’on y retrouve bien les stéréotypes des séries du Nord, avec par exemple des conversations très importantes entre époux. C’est bizarre comme ce genre de choses n’ont jamais lieu dans les séries US.

Le rythme est assez lent et le jeu sonne relativement faux. Les effets spéciaux ne cassent pas trois pattes à un canard non plus, mais c’est surtout par le scénario que le tout pèche. Du coup, le seul bon point est donc le sentiment assez dérangeant que provoque ces humanoïdes. Mais il en faut un peu plus pour convaincre des habitués du genre, dommage.

Et vous, vous avez vu des trucs dernièrement ?


Sublimes Creatures, Tome 1, de Kami Garcia et Margaret Stohl

A lire même (surtout) si vous n'avez pas aimé le film !

Malicia dans Critiques, Livres le 24 avril 2013, avec 2 commentaires
Critiques

16 Lunes est le titre français d’un roman Jeunesse de Margaret Stohl et Kami Garcia publié il y a quelques années mais qui vient tout juste d’arriver en poche chez Le Livre de Poche. Une réédition qui ne doit rien au hasard puisque c’est à l’occasion de la sortie de son adaptation cinématographique, Sublimes Créatures, titre qui va du coup être réutilisé pour éviter les confusions. Une bonne idée qui va sûrement pousser ceux qui ont aimé le film à le lire… et qui m’a aussi donné envie ! J’avais en effet déjà entendu parler de 16 Lunes sans m’y intéresser vraiment, mais le film m’ayant laissé sur ma faim, j’étais curieuse de savoir ce qu’il en était du bouquin. Ai-je été conquise ?

Sublimes Creatures, Tome 1, de Kami Garcia et Margaret Stohl

Accrocheur, le résumé annonce la couleur d’entrée de jeu : 16 Lunes est avant tout l’histoire d’une romance entre deux adolescents, romance que le destin va venir perturber. Le début du roman est la partie la plus adolescente du livre, en quelque sorte, car le Fantastique est au second plan et l’histoire se concentre plus sur la rencontre de deux caractères que tout oppose, si ce n’est l’envie d’échapper à un destin qui semble tracé d’avance. D’un côté, Lena Duchannes, tout de noir vêtue, à la répartie acerbe et au caractère solitaire. De l’autre Ethan Wates, aux rêves de changement mais au quotidien bien ancré dans un village perdu.

Nièce de l’ermite du coin, Macon Ravenwood, la venue de Lena au lycée de Gatlin ne va pas tarder à provoquer une « chasse aux sorcières ». Avec son arrivée, des phénomènes étranges se produisent et elle s’attire vite les fougues des pestes du coin, mais aussi de leurs parents. Oui, parce qu’à Gatlin,on pourrait limite se croire en plein Moyen-Âge (ok, j’exagère): les valeurs sont traditionnelles, conservatrices, et on n’hésite pas à crier à l’hérésie au moindre comportement déviant. Intrigué, Ethan finit évidemment par aller vers ce changement que Lena incarne, et ce malgré le caractère rebelle de l’adolescente. D’autant plus que comme de par hasard, il est presque sur que c’est elle, la fille du cauchemar qui le hante.

16 Lunes de Kami Garcia et Margaret Stohl

La couverture de l’édition titrée 16 Lunes

Si la relation entre Lena et Ethan reste très pudique, elle s’intensifie lorsqu’il apprend ce qu’elle est : une Enchanteresse, sorte de sorcière, qui sera appelée à son prochain anniversaire à devenir Ténèbres ou Lumières. C’est autour de cette incertitude que va se développer l’intrigue de ce premier tome, mais aussi les obstacles à l’amour naissant entre Lena et Ethan.

Durant tout le livre, c’est Ethan qui est le narrateur. Au début, cela m’a troublée : sa maladresse est parfois attachante, à d’autres moments elle sonne faux. Cependant, elle m’a été largement plus supportable que dans le film où cette même narration casse l’aspect « héroïque » du personnage. Au fur et à mesure que l’intrigue avance et qu’elle s’enrichit, Ethan va devenir plus intéressant à lire et finalement, on ne peut plus s’en passer, à tel point que le seul passage où Lena est la narratrice m’a dérangée.

Kami Garcia et Margaret Stohl

Kami Garcia et Margaret Stohl

Les personnages sont eux aussi attachants, avec une belle galerie de protagonistes secondaires : Macon, l’oncle protecteur qui tire les ficelles dans l’ombre, Amma, qui est comme une seconde mère pour Ethan, Boo Radley un chien auquel on ne peut que s’attacher (oui c’est aussi un personnage je trouve) ou encore Ridley, une cousine ténébreuse qu’on adore détester… Le personnage qui m’a le plus touchée, et parfois émue à en avoir les larmes aux yeux (je suis sensible…) est celui qu’on ne voit jamais: la mère décédée d’Ethan, Lila. C’est fou ce qu’on ressent son absence dans le livre, à quel point sa présence rassurante manque à Ethan, elle nous rappelle aussi régulièrement la maturité dont notre héros doit faire preuve pour traverser les épreuves.

Enfin, j’ai beaucoup aimé l’univers de Sublimes Créatures: il y a à la fois un contexte historique (la Guerre de Sécession) et Fantastique (tout le fond lié aux Enchanteurs) qui se révèle au fur et à mesure de l’histoire. Au final, tout est lié à l’intrigue principale, l’appel de Lena sans que l’on s’emmêle les pinceaux : ça donne un côté plus « grand » à l’histoire. Bien sûr, il y a quelques rebondissements, rien de fulgurant, mais ils aident à relancer l’intérêt pour ce qui suit. Je trouve d’ailleurs que le livre aurait pu être parfait en adaptation série au vu de ses nombreux éléments, il y a bien trop de raccourcis qui ont été pris pour simplifier la version grand écran, au détriment de la qualité de l’histoire.

Sublimes Creatures, Tome 1, de Kami Garcia et Margaret StohlOn a beaucoup comparé Sublimes Créatures à Twilight et il est vrai que l’intrigue commence de manière similaire : une ville paumée, une rencontre qui vient bouleverser la vie de deux personnages que tout oppose, un fond Fantastique… Cependant, à mes yeux, la comparaison s’arrête là, ce premier tome de Sublimes Créatures a su bien mieux centrer l’intrigue sur une romance improbable tout en jouant d’un bon nœud d’intrigues secondaires pour produire une histoire intéressante.

Simple et parfois manichéenne certes, l’œuvre de Kami Garcia et Margaret Stohl va cependant plus loin que « mortel + créature fantastique = LOVE KEUR KEUR ».


Âmes de Verre de Anthelme Hauchecorne

Serafina dans Critiques, Livres le 23 avril 2013, avec 2 commentaires
Critiques

Anthelme Hauchecorne fait partie de ces auteurs français que je suis avec attention. J’avais été charmée par La Tour des Illusions et son recueil de nouvelles Baroque’n’Roll m’avait vraiment convaincu. Autant vous dire que quand j’ai appris qu’il sortait un nouveau roman de FantastiqueÂmes de Verre aux éditions Midgard j’étais plutôt impatiente. D’autant plus que la couverture signée Pascal Quidault est vraiment sympa. Synopsis ?

Âmes de Verre de Anthelme Hauchecorne

Les rues de Lille ne sont pas sures. Sous la morosité ambiante, sous les suicides parfois, se cachet les Streums, des êtres qu’on pourrait qualifier de démoniaques, qui parcourent notre monde à notre insu. Enfin, pas à celui de tout le monde, car ceux qui ont la Vue, les Éveillés, les voient. Et luttent contre eux. Parmi eux, un groupe organisé, La Vigie, mène son combat dans l’ombre, pour protéger les dormeurs.

C’est un gros livre : 650 pages. La mise en page est particulièrement soignée, avec des polices différentes pour certains passages, et des illustrations pleine page entre certains chapitres. Elles sont en noir et blanc, mais c’est déjà pas mal. Il n’y a pas tant de livres que ça qui en ont. C’est un semi-poche, et du coup il est très imposant, pas facile de l’emmener dans son sac.

Anthelme Hauchecorne

Anthelme Hauchecorne

On est donc dans ce qu’on appellerait volontiers de l’Urban Fantasy : un monde  caché à nos yeux, qui cohabite avec le notre. Le tout est saupoudré d’un coté assez punk et désenchanté : la Vigie vit dans des squats, avec des armes sorties de nos pires cauchemars, et il y a une ambiance assez sombre, assez glauque que Anthelme Hauchecorne arrive parfaitement à retranscrire.

L’intrigue se passe à Lille, ville que je ne connais pas encore, mais qui m’apparait comme bien retranscrite. On peut aisément imaginer la gare, le métro ou les friches industrielles. Cela aide beaucoup à entrer dans l’histoire. De même, les personnages sont crédibles : Camille la goth un peu paumée, Vincent, le prof désenchanté. Le roman est totalement ancré dans notre vie, et du coup on s’attache aisément aux personnages et à l’histoire.

Mais ce qui aide aussi, c’est le style. On retrouve la fluidité habituelle de l’auteur, les références à la culture alternative, un coté assez vindicatif contre l’ordre établi (les passages sur l’éducation nationale, ou sur les Dormeurs qui préfèrent ne rien voir), mais le tout très maitrisé. Le roman est construit comme un Thriller: des chapitres courts, une alternance de points de vues (Camille, jeune recrue de la vigie, Vincent, prof Éveillé, etc.) entrecoupée d’extraits du Codex, sorte de manuel de survie de la Vigie.

L’univers développé par Anthelme Hauchecorne emprunte des choses à la mythologie celtique: on y retrouve le Sidh, on y fête Imbolc. La vigie quant à elle est une organisation complexe, avec un lourd passif, où on parle des fondateurs partis depuis longtemps avec une once de mystère. Comme si on mélangeait Neverwhere, les celtes et genre Harry Potter (pour le coté fondateurs et « on vit tous dans un château » même si ici c’est un squat). Bref, un cocktail détonnant, mais mené d’une main de maitre, c’est super crédible, dense, bien développé et je suis rentrée dedans illico. La vigie est géniale et moi aussi je voulais y aller. Je trouve les Piliers fascinant et je meurs d’envie d’en apprendre plus sur eux, surtout quand on sait que certains ont « disparu ».

Bref, Anthelme Hauchecorne signe encore une fois un livre que j’ai adoré, et que je vous conseille à tous. C’est clairement un de mes coups de coeur de cette année, et je pense qu’il va être dur à détrôner. On y retrouve un savant mélange du quotidien, de personnages charismatiques, un univers très développé et qui donne envie d’en faire partie. C’est cohérent, c’est addictif, et j’attends de pied ferme le prochain tome. C’est un des meilleurs  bouquin de Fantastique que j’ai lu depuis longtemps !


C’est Lundi, que lisez vous ? #89

dabYo dans Actualités, Livres le 22 avril 2013, avec 4 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine. if is Dead vous propose donc de nous retrouver pour les partager chaque semaine.

dabYo

Va-t-en-guerre, Les Annales du Disque-Monde, de Pratchett et SimonettiJ’ai donc fini La Griffe et le sang de François Larzem, non sans peine. Le scénario n’a finalement vraiment pas réussi à me prendre, le tout manquant de rebondissements qui ne soit pas prévisible. La fin annonce une suite je suppose, ou en tout cas un tout ça pour ça ?.

Je n’ai pas su résister… Me voilà parti pour Va-t-en-guerre de Terry Pratchett, une autre des aventures du Guet. Il y a quelque chose de savoureux avec le Disque-Monde, ça se lit tout seul, c’est drôle, dépaysant et envoûtant. C’est d’autant plus bizarre que globalement l’auteur surfe toujours sur les mêmes gags… Mais qu’est ce que c’est bon !

Serafina

Little Women de Louisa May AlcottComme prévu, j’ai terminé Little Women de Louisa May Alcott. La fin est plus adulte que le début, et dans l’ensemble j’ai apprécié ma lecture. Cependant, je pense que je n’enchainerais pas tout de suite avec Good Wifes, la suite qui est inclue dans mon intégrale Barnes and Noble.

J’ai avancé ma relecture du tome 7 du Trône de Fer, histoire d’avoir les idées fraiches par rapport à la série. Je me suis rendue compte que j’avais du méchamment sauter les passages sur Daenerys car je n’en avais que peu de souvenir. Est-ce la série qui maintenant me les fait apprécier ? Je ne sais pas, mais Dae semble passer des personnages que je déteste le plus à ceux que je préfère…

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Affiche du Hellfest 2013Les 21, 22 et 23 Juin 2013 se tiendra en terres clissonaises la nouvelle édition du plus grand festival français consacré au Metal, le Hellfest 2013.

L'équipe s'y rendant comme à son habitude pour avoir sa dose annuelle de concerts en plein air, nous vous proposons chaque dimanche de la semaine jusqu'aux jours J de découvrir l'un des groupes de l'affiche que nous comptons aller voir, à travers un clip ou une vidéo. Vous pouvez aussi consulter l'affiche du Hellfest 2013. C'est notre Highway to Hellfest 2013.

Il arrive souvent que je vois des groupes en live que je ne connais pas, que je n’apprécie pas franchement sur le moment, et que je redécouvre deux ans plus tard et me met à adorer. C’est, vous vous en doutez, ce qui m’est arrivé avec Red Fang. Un groupe de Stoner Rock que nous avons vu il y a deux ans au Hellfest 2011 sous une Terrorizer déjà bien animée. Si la prestation était plutôt agréable, elle ne m’avait pas franchement marqué. Au point qu’il a fallu que j’aille vérifier le report sur ifisDead pour accepter que non, Serafina ne se fout pas de ma gueule en me disant que nous les avions vus.

Le groupe revient sur les terres clissonaises pour défendre leur deuxième galette, Murder the Mountains, un album sorti l’année dernière et que je dois avouer adorer. On est face à du Stoner de qualité, franchement génial, avec une voix super groovy et des riffs de guitare super entrainants. Hank is Dead est le parfait exemple de ce que j’adore chez eux. Le clip est pour le moins cheap mais surtout complètement barré. Il vaut évidemment d’être vu rien que pour l’intro sous la douche, et la révélation sur la bonne utilisation du porte savon.

Les américains ont pris du galon depuis leur dernier passage, de façon assez exceptionnelle pour être honnête, et alors qu’ils n’avaient qu’une petite demi heure à midi en 2011, cette fois ils figurent dans les gros groupes de la Valley du samedi. Et je compte bien m’y trouver pour avoir ma dose de gras.


Zombies don’t cry de Rusty Fischer

Serafina dans Critiques, Livres le 19 avril 2013, avec aucun commentaire
Critiques

Zombies don’t cry est un roman de Rusty Fischer paru il y a peu en langue anglaise et disponible en français depuis février aux éditions J’ai Lu. Catalogué dans le Young Adult, je dois dire qu’il m’a tapé dans l’œil pour sa jolie édition et sa couverture suffisamment sombre à mon goût. Synopsis ?

Zombies Don't Cry de Rusty Fischer

Maddy est une lycéenne comme tant d’autres. Pas forcément populaire, elle traine avec sa meilleure amie Hazel. Dans sa classe, on trouve de tout, mais depuis peu, il semblerait que les filles de son cours de cuisine décèdent tour à tour. Malédiction ? A moins que ces espèces de gothiques là, y soient pour quelque chose…

Au vu du titre, vous devez vous douter qu’à un moment ou un autre, on va parler des zombies. Perso, je ne suis pas fane des zombies, ou du moins de la version moderne et communément adoptée : celle de la mutation X ou Y qui conduit des hordes de zombies à attaquer nos braves héros. Le survival, j’aime guère ça qu’en jeu vidéo. Et heureusement Zombies don’t cry s’éloigne totalement de cette mouvance, pour considérer le zombie plus proche de sa version originelle (vaudou, donc) : des morts qui marchent, réveillés par une force mystérieuse. Pas d’épidémie, mais des zombies qui se fondent dans la masse, qui pour la plupart contiennent leurs pulsions. Bref, on est presque dans du vampire, sauf que ça mange de la cervelle.

Zombies don’t cry de Rusty Fischer

La version espagnole

Je suppose que les puristes du zombie n’approuveront pas ces libertés avec le mythe mais moi j’ai beaucoup aimé, et j’ai vraiment apprécié. Je trouve que ça renouvelle pas mal le genre, et le fait sortir de son stéréotype.

On est dans du Young Adult, ça se voit, les occupations de Maddy sont simples : le bal de fin d’année, avoir de bonnes notes, aller à cette fête avec ce beau gosse tout nouvellement arrivé. Sauf que c’est super léger et écrit avec un réel humour et un réel second degrés. On est dans une narration à la première personne, et Maddy est vraiment rafraichissante. Elle m’a beaucoup fait penser à Raven de Vampire Kisses, sans le coté goth évidemment.

Zombies Don't Cry de Rusty FischerLe style de Rusty Fischer est simple, rentre dedans, mais diablement efficace. J’avoue avoir beaucoup rit à lire les pensées de Maddy. C’est une vraie bouffée d’air frais, et un vrai coup de cœur. Dans l’ensemble, c’est vif et ça se lit très vite. On sent cependant qu’on est dans un tome d’introduction, vu le rythme auquel les morts s’enchainent, pour ne laisser finalement que ceux qui seront les héros de la série. Les choses se mettent en place, on découvre la vision des zombies de l’auteur, et le tout sur prétexte de bal de promo. La fin laisse penser à un réel départ, c’est donc à suivre.

Zombies don’t cry n’est peut être pas le roman du siècle, mais c’est une lecture plus que rafraichissante, qui traite de manière originale un sujet sclérosé, le tout servi par une écriture vive et espiègle. Bref, je ne peux que vous le recommander, vous passez un excellent moment en compagnie de Maddy.