Je suis né un jour bleu de Daniel Tammet

Serafina dans Critiques, Livres le 14 mars 2013, avec 1 commentaire
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Je suis né un jour bleu est une autobiographie de Daniel Tammet, autiste Asperger, synesthète et victime de ce qu’on appelle le syndrome savant. Son livre est un témoignage de sa vie, de son handicap mais aussi de sa sensibilité. Il est publié en France dans la collection Temoignages de J’ai Lu. Le bouquin m’avait été conseillé par plusieurs personnes, et j’avais justement envie d’en savoir plus, notamment sur Asperger. C’est un livre assez court (moins de 300 pages) et vu son contenu , il n’y aura pas de synopsis.

Je suis né un jour bleu de Daniel Tammet

Avant de continuer la chronique, il convient je pense de faire un peu de définitions. Asperger est un syndrome de spectre autiste haut (c’est à dire qu’il n’induit pas de retard moteur/parlé/etc) caractérisé notamment par des problèmes d’interactions sociales. Ce type d’autisme est particulièrement répandu dans les séries et les sitcom : Sheldon, Abed ou Sherlock version BBC le sont. La synesthésie est un problème neurologie mélangeant les sens. Par exemple, Daniel Tammet voir les nombres en couleur ou en textures. Le syndrome savant c’est avoir une mémoire immense, du genre pouvoir récité des dizaines de milliers de décimales de pi (sans pour autant savoir les calculer).

Daniel Tammet

Daniel Tammet

L’une des raisons pour lesquelles je voulais lire ce livre, c’est que Asperger c’est la mode. Je vois passer sur Facebook des gens qui trouvent trop cool d’avoir X% de compatibilité avec Asperger. Seraient-ils content d’avoir le même pourcentage avec, genre, la schizophrénie ? Toujours est-il que j’avais envie de voir ce qu’il y avait sous ce glamour créé par les séries, au delà du biais que représentent les personnages de fiction pré-cités.

On y découvre donc Daniel Tammet, pas clairement votre rêve de vie. L’auteur ne s’apitoie pas sur son sort, mais on le sent tout de même, sa vie n’est pas facile et son absence de compréhension des interactions sociales lui complique la vie : il n’arrive pas à passer le permis, il a énormément peiné à se brosser les dents, a tout le mal du monde à comprendre les doubles négations… Son témoignage est intéressant, car si il ne s’apitoie pas sur son sort, il n’est pas non plus très fier de ce qu’il peut faire. Il explique sa différence, et permet par là, à nous autres gens « normaux » de mieux comprendre ce trouble.

Certains seront déçus. Le syndrome savant ne veut pas dire qu’il s’agit d’un inventeur. C’est d’ailleurs la chose la plus intéressante. Ces troubles on les associe à des gens qui sont capables de révolutionner le monde, quelle déception pour certains de voir que finalement ces dons ne font pas automatiquement de vous un Einstein ou autre. Tammet n’est pas un génie au sens où on l’entend dans le langage courant. Bien qu’il soit capable d’apprendre des langues en une semaine, il n’a pas découvert la radioactivité.

Je suis né un jour bleu de Daniel TammetLe style est agréable, et assez banal, l’intérêt est vraiment l’histoire et comprendre comment cela fonctionne dans la tête de Tammet. Cependant, je pense que le livre pâtit clairement de son édition française : on y trouve des coquilles parfois impardonnables (des et/est notamment) et là où en version originale certaines lettres étaient apparemment écrites plus grosses pour nous montrer comment Tammet voyait les choses, ce qui n’est pas le cas ici.

J’ai trouvé ce témoignage très intéressant. Ça permet un peu de démystifier l’autisme Asperger, sans entrer dans l’austérité d’un bouquin médical.Il se lit très vite. L’auteur a écrit d’autres livres que je lirais sans doute avec plaisir.


Fin(s) du monde du Collectif Les Artistes Fous Associés

20 récits pour en finir avec l'apocalypse

illman dans Critiques, Livres le 12 mars 2013, avec aucun commentaire
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Fin(s) du monde est un recueil de nouvelles du collectif Les Artistes Fous Associés publié par leurs soin aux éditions des Artistes Fous. Cette bande d’auteurs, illustrateurs et de plein d’autres métiers en « teurs » se sont réunis autour du thème de la fin du monde au travers du spectre de plusieurs genres, l’Horreur, la Science Fiction, le Fantastique, l’Humour, etc… Comme de rigueur pour les recueils de nouvelles, pas de synopsis mais une sélection des meilleures nouvelles du livre.

Fin(s) du monde du Collectif Les Artistes Fous Associés

Un petit mot sur l’édition tout d’abord. Il y a deux version légèrement différente : la version numérique (epub) comporte 21 nouvelles au tarif de 2,50 € gratuit sur le site de l’éditeur, tandis que la version papier en contient 20 pour un prix de 9,90€. La version lue pour cette chronique est la numérique. On va commencer par parler de quelques nouvelles marquantes.

Emancipation de Southeast Jones

Première nouvelle du livre, elle se caractérise par un certain cynisme et suspense. Franchement en la lisant je me suis dit « mais qu’est ce que c’est que ce truc ? » en me demandant où l’auteur voulait nous embarquer. Une chose de sûr il ne s’est pas loupé et livre une fin classe et surprenante.

Noxos de Aurélien Clause

Sans doute la meilleure nouvelle du recueil, on nage ici dans le genre horrifique avec des passages flippants réussis. Aurélien Clause arrive à tenir son lecteur en haleine du début jusqu’à la quasi fin dans une sorte de roadtrip halluciné où la nuit sera votre pire ennemi. Même la manière dont le texte est présenté et écrite interpelle, des « / » comme signe de ponctuation, des paragraphes entiers en italique contribue à perdre le lecteur pour qu’il puisse mieux profiter du texte. Le seul reproche que je pourrai faire c’est que la fin n’est pas à la hauteur de la qualité du reste du texte.

Canicule de Adam Roy

Celle-ci change de ton avec une fin du monde du même genre que celle de Camille Leboulanger dans Demain la nuit, vu sous un angle différent. Je ne suis pas sur mais je crois que la morale de l’histoire, c’est qu’il faut porter un chapeau quand on va au soleil. Comme ses copines, cette nouvelle se lit toute seule du haut de ses huit petites pages.

Khao-Okh de Ana Minski

On vire ici carrément dans le glauque, le tout dans un genre proche de l’anticipation. Épuisement des ressources naturelles, population humaine à la limite de la sauvagerie, cannibalisme et lutte des classes, le programme est chargé pour cette nouvelle qui n’en finit pas de me faire frémir. La faute (ou plutôt grâce) au ton à la fois posé et inhumain de certains personnages qui jouent assez méchamment avec l’imagination.

Le recueil compte aussi des nouvelles humoristique qui m’ont fait mourir de rire comme Clic!, Clic 2 : Le gloublou ou encore . Très courtes, ce sont des histoires drôles qui se basent sur leurs chutes, et qui sont idéalement placées dans le livre pour apporter un petit moment de détente entre deux glauqueries. Une chose est acquise, la sélection s’est faite sur des textes en grande majorité surprenants et, quelque soit le genre adopté, des fins/chutes travaillés. Il y a la recherche de l’image choc ou du bon mot pour les clôturer, et au global on est plutôt bien gâté.

Fin(s) du monde du Collectif Les Artistes Fous AssociésQui dit recueil dit aussi qualité variable et sur la vingtaine de nouvelles, quelques unes sont un cran en dessous du reste que ce soit par manque d’originalité, un thème peu porteur ou un intérêt douteux comme Ma fin du Monde. Bref, il faut juste savoir que ce ne sont pas les plus longues qui sont impactées. L’édition numérique comporte une 21ème nouvelle en bonus, Le grand Lamento de Diane. Elle est un poil complexe à comprendre à mon avis, en tout cas j’ai eu du mal à saisir la logique dans les courts paragraphes successifs qui la constitue. Cela n’enlève en rien à la qualité de celle-ci toutefois.

Finalement de par la diversité des nouvelles présente le recueil, Fin(s) du monde se révèle être agréable à lire et se lit même plutôt bien, ce genre de format empêchant la lassitude du lecteur. Bref si vous avez une liseuse et un minimum de goût pour les histoires de fin du monde, c’est quasiment une lecture indispensable, surtout pour ce prix .


C’est Lundi, que lisez vous ? #83

Serafina dans Actualités, Livres le 11 mars 2013, avec 2 commentaires
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Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine. if is Dead vous propose donc de nous retrouver pour les partager chaque semaine.

dabYo

Derniere Semaine d'un Reptile de Franck FerricJ’ai donc fini Even dead things feel your love de Mathieu Guibé et malheureusement, le livre ne m’aura pas convaincu. La tension dramatique n’a pas pris, et c’est malheureusement ce sur quoi l’auteur tente de jouer sur une bonne partie de la fin. Du coup, j’ai eu l’impression de lire encore et encore les mêmes chapitres. Dommage !

Je suis ensuite parti sur un recueil de nouvelles d’un autre auteur français que l’on aime bien ici: Franck Ferric et son recueil de nouvelles Dernière Semaine d’un Reptile. On y retrouve huit nouvelles qui sont enrobées par une nouvelle qui fait office de fil conducteur. On y retrouve l’univers de l’auteur, entre Jazz et Bukowski en passant par l’Horreur et le Space Opera. J’ai beaucoup aimé, et ça se lit très bien.

Enfin, je viens de commencer la première partie du dernier livre Honor Harrington publié chez l’Atalante. Je crois bien être devenu complètement accro et L’Orage Gronde commence très bien !

Serafina

Je suis né un jour bleu de Daniel TammetJ’ai continué Âmes de Verre de Anthelme Hauchecorne, et j’entre dans la dernière ligne. L’univers est toujours aussi plaisant, les personnages complexes et jamais à l’abri. Bref, j’aime particulièrement. A coté de cela, j’ai lu 150 petites expériences de psychologie : Pour mieux comprendre nos semblables de Serge Ciccotti, qui regroupe des expériences de labo et dans la vrai vie sur des thèmes divers et variés : les femmes sont elles moins bonnes en math, pourquoi voit-on plus grand nos patrons, pourquoi a-t-on peur après un film d’horreur, bref. C’est une lecture ludique et intéressante, mais sans plus.

J’ai aussi lu Je suis né un jour bleu de Daniel Tammet, qu’on m’avait conseillé. Il s’agit de l’autobiographie d’un autiste Asperger aussi synesthète. Je voulais le lire pour savoir un peu plus ce que c’était qu’Asperger, au delà du glamour qu’il peut avoir depuis la popularisation de certaines sitcoms. Et c’est intéressant, un peu triste aussi , car tout n’est pas drôle dans la tête du monsieur, obsédé par les chiffres, mal-adapté à notre monde. Cela se lit très vite, je l’ai lu en une soirée, et je pense que c’est à lire.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Idlewild de Nick Sagan

dabYo dans Critiques, Livres le 8 mars 2013, avec 2 commentaires
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Idlewild est le premier roman de Nick Sagan, scénariste pour le cinéma et la télévision. C’est surtout un roman de Science-Fiction traduit par Patrick Imbert pour le compte des éditions J’ai Lu et sa collection Nouveaux Millénaires. Avec un format court et une couverture arborant la nuque d’un homme recouverte d’un code barre, ça sentait plus le Thriller que l’Anticipation contemplative. Synopsis ?

Idlewild de Nick Sagan

Quand Halloween se réveille en plein milieu d’un champ de citrouilles désert, courbaturé et complètement engourdi, il ne souvient plus de rien. Son nom, ce qu’il peut bien faire dans la vie, à quoi il ressemble, et surtout, il ne se souvient pas de pourquoi il est si content d’être encore en vie. Car c’est certain, s’il a tout oublié, c’est parce qu’il a frôlé la mort de peu. Mais qui, quand, où et, pourquoi ?

Je dois avouer que j’ai commencé le roman de Nick Sagan sur un mauvais pied. La narration est à la première personne, aussi, le réveil d’Halloween et ses tribulations mentales, faites de questions posées à lui même m’ont tout de suite très gêné. Les premiers dialogues ne sont pas en reste, tant ils manquent de réalisme. Le tout avait donc un petit goût de narration aux stéroïdes, une narration que l’auteur aurait dopé un peu trop fort pour donner un semblant de machination à son roman. Un personnage qui se pose plein de questions, qui ne se souvient de rien, le tout enrobé d’une narration ultra rapide pour donner un semblant d’action, ça ne suffit pas pour créer un Thriller. Et heureusement, ce n’était pas ça.

Nick Sagan

Nick Sagan

Les premiers chapitres sont laborieux il faut l’avouer, mais l’auteur va très vite réussir à nous transporter dans le monde d’Halloween et toutes les surprises qu’il peut receler. Et des surprises, nous allons en avoir, à plusieurs reprises le lecteur sera face à des révélations qu’il aura pu voir venir, ou non. L’amnésie est certes un axe que Nick Sagan va utiliser, mais Idlewind ne se résume pas à une simple quête du passé d’Halloween, bien loin de là. Un simple outil narratif, fort bien utilisé d’ailleurs, et qui va permettre d’insinuer le doute au cœur du lecteur et lui laisser libre cours aux suppositions.

Et c’est bien là un des premiers points forts du roman, l’envie du lecteur de découvrir la vérité et ce qui a bien pu arriver à Halloween. On va de supposition en supposition, les indices sont bien présents mais savamment cachés, et on passe un agréable moment là dessus. Idlewild propose surtout un univers et une ambiance du tonnerre, cohérente, et très Science-Fiction. On est vraiment à la limite du Post-Apocalyptique. Contrairement aux chroniques que j’ai pu voir ça et là sur internet, je n’ai pas envie d’en dire plus, tant la découverte de cet univers fait partie du plaisir de lecture. J’ai vraiment adoré ce côté et l’alternance de point de vue en début de chapitres, déroutante au début, fini par être jubilatoire.

Idlewild de Nick SaganLa quatrième de couverture cite en références de très beaux noms, Lovecraft, Dick ou encore Zelazny. C’est évidemment habituel, mais pour une fois, pas totalement volé. Ce premier tome n’est pas sans rappeler Les Neufs Princes d’Ambre de Roger Zelazny, tant dans la manière d’aborder l’histoire que dans les relations entre le personnage principal et ses congénères. Le tout recouvert d’une couche de Science Fiction complètement jubilatoire.

Bref, vous l’aurez compris, Idlewild de Nick Sagan m’a complètement conquis. L’ambiance se met relativement vite en place, le livre se dévore et surtout, l’univers est génial. Sa découvert est un vrai régal et on est vraiment frustré d’arriver si vite à la fin du tome. Pour un premier, c’est une vraie réussite et j’ai très hâte d’entamer sa suite, Edenborn, déjà publiée en grand format mais qui ne devrait pas tarder dans sa version poche.


Demain, une oasis de Ayerdhal

Science-Fiction Ecolo

illman dans Critiques, Livres le 7 mars 2013, avec aucun commentaire
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Demain, une oasis fait partie des premiers romans de l’écrivain de Science-Fiction français Ayerdhal. Le bouquin fait partie des petits souvenirs que je me suis ramené des Utopiales 2012, en ayant aussi rencontré l’auteur par la même occasion et profité d’une petite dédicace. L’édition originale date de 1992 mais il a été réédité en 2006 chez Au Diable Vauvert. Au passage, il a décroché le Grand Prix de l’Imaginaire en 1993. Il est temps de rentrer dans l’histoire avec le synopsis.

Demain, une oasis de Ayerdhal

Ancien médecin au service des rouages administratifs du monde des riches, le Nord, il va se retrouver kidnappé par une organisation humanitaire assez peu pacifiste qui va le lâcher dans un village d’Afrique. Il va se retrouver médecin de fortune contre son gré dans ce pétrin désertique et les questions vont sans doute peiner à trouver leurs réponses.

Vous remarquerez que je n’ai pas nommé le personnage principal dans mon synopsis, c’est tout simplement parce qu’il n’est pas utilisé et qu’un surnom lui est bien vite trouvé. Ce détachement permet de se dire que ça aurait pu être n’importe quel gars avec le même profil à sa place dans ce désert en pleine soudure. Totalement mollasson au départ, on va le voir prendre de l’assurance au fil du roman, on a presque l’impression qu’une paire lui pousse pendant la lecture. D’autres personnages vont graviter autour de lui, notamment dans cette fameuse organisation humanitaire qui a parfois des relents de terroristes du bien. Plusieurs personnalités avec comme point commun des capacités à la médecine, on trouve une chef autoritaire, un anesthésiste assez zen et une infirmière psychopathe entre autres. Je m’arrête ici de peur de spoiler.

Ayerdhal

Ayerdhal

Bref une poignée de personnages qui va servir cette histoire, dérivant de l’espionnage vers des éléments de Science Fiction, vu qu’on a envoyé des gus se balader dans les étoiles et l’humanité commence à y prendre ses quartiers, enfin les pays riches en tout cas. Un ennemi incarné par le système des pays riches manipulés par une administration tentaculaire, des enlèvements, des menaces de mort, même une poursuite en voiture et surtout un suspense présent, en somme les ingrédients de ce que les éditeurs appellent un « thriller ». Le tout est bien ficelée, les évènements qui se succèdent sont en général inattendus, l’action se déroule sans temps mort, impossible de s’ennuyer ici. L’auteur use de dialogues incisifs pour accrocher le lecteur et son style assez direct permet de ne pas se lasser et de ne pas trébucher sur des passages longuets.

Ce qui est dénoncé ici c’est la totale indifférence des pays dits du Nord quant aux pays du Sud, force est de constater que même 20 ans après sa sortie, le roman est toujours d’actualité. Ayerdhal amène une réponse qui s’éloigne du néo-colonialisme (qui pourrait être de quasiment contrôler un pays via les aides qu’on lui concède), cela reste du domaine de la Science-Fiction, mais pourquoi pas. Au moins il a permis et permettra peut-être des prises de conscience, genre j’ai appris ce que c’était qu’une soudure. La misère humaine est palpable en Afrique et son opposition aux passages en Europe donne une sorte d’irréalisme à l’ensemble, pour une rupture bien réelle.

Demain, une oasis de AyerdhalConcernant l’édition, c’est la première fois que j’ai affaire Au Diable Vauvert et je dois dire que je suis assez content de le mettre dans ma bibliothèque. La couverture est d’Olivier Fontvieille, et en plus de l’illustration le nom de l’auteur est stylisé est en relief. Sa trombine est d’ailleurs en photo à l’intérieur du livre pour les curieux

Demain, une oasis se dévore tout simplement, c’est une réussite qui m’aura tellement scotché que j’ai fini en deux soirées les quelques 250 pages du livre. Une valeur sûre, il ne me reste qu’à m’intéresser aux autres œuvres de cet auteur culte.


Les Insoumis d’Alexandra Bracken

dabYo dans Critiques, Livres le 5 mars 2013, avec aucun commentaire
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Les Insoumis est un roman d’Alexandra Bracken à paraître le 7 mars prochain aux éditions de La Martinière Jeunesse. Il s’agit de la traduction du premier tome d’une trilogie en cours de publication aux États-Unis. Mêlant Science-Fiction, Young Adult et quelque chose qui a tout de l’ambiance post-apocalyptique, il faut avouer que j’étais assez curieux, sans pour autant réussi à m’empêcher de penser à un certain phénomène Hunger Games. Synopsis.

Ruby fait partie des rares enfants américains à avoir survécu à l’épidémie d’un virus inconnu qui décime ceux arrivant à l’age adolescent. Une chance ? Oui sans doute, si cela n’avait pas été synonyme de pouvoirs psychiques. Car en voyant que ses adolescents avaient la possibilité de griller tout élément électrique par la pensée, d’enflammer quelqu’un ou au pire de manipuler les pensées des autres, l’État les a tous envoyé dans des camps. Et c’est là que Ruby vit, depuis bientôt 6 ans…

Si je n’ai jamais lu Hunger Games, me contentant d’aller le voir au cinéma, je dois avouer que j’ai eu du mal à me sortir la série de Suzanne Collins de la tête. Peut être parce que la couverture présente une jeune fille en proie à une société injuste et cruelle avec sa jeunesse? Enfin, il serait difficile de nier les similitudes entre les deux univers, mais avançons. Les Insoumis nous propose un univers assez déprimant où les enfants sont devenus la pire crainte des adultes. Un thème qu’avait d’ailleurs abordé Maïa Mazaurette, mais traité dans le sens inverse ici.

Alexandra Bracken

Alexandra Bracken

Le roman est centré uniquement sur le point de vue de la jeune Ruby, qui raconte tout cela à la première personne. Il faut avouer que c’est assez déstabilisant au début, mais on fini par s’y habituer. La narration passe relativement bien, mais il reste tout de même un point plus que négatif: Ruby est souvent proche de l’insupportable. Enfin, le genre d’insupportable que l’on retrouve souvent dans les romans jeunesse, venant de la personnalité voulue par l’auteur. Ici, c’est surtout le fait que le personnage dramatise chaque situation, le oh mon dieu il faut pas que je fasse ça parce que machin va penser ça. Et évidement, le machin en question ne pense jamais ça et tout fini bien.

Mais bon, pas assez insupportable pour que je n’arrive pas à continuer. Il faut dire qu’à part ça, ça se lit plutôt bien, l’univers est un mélange de déjà vu et d’original, chose plutôt bonne. Assez intéressant dans son approche, peut être pas toujours ultra crédible, on ne pourra que féliciter l’auteur d’aller jusqu’au bout et de ne pas tomber dans l’hyper facilité.

Chose remarquable, Alexandra Bracken réussit à plusieurs reprises à prendre le lecteur à contre pied, et d’une façon plutôt bonne. Souvent les contre pieds dans ce genre de littérature viennent de réactions peu crédible, ou sont menées via des éléments qui sortent de sous le chapeau. On en est loin ici et c’est plus qu’agréable.

Au final, Les Insoumis d’Alexandra Bracken n’est sans doute pas un livre révolutionnaire, mais il est plutôt sympathique à lire et on passe un bon moment à en tourner les pages. L’héroïne pourra en rebuter certains, ce qui est largement compensé par l’écriture fluide et l’univers particulier. L’auteur m’a en tout cas largement assez pris de court sur la fin pour avoir déjà hâte d’en lire la suite, pas encore sortie aux États-Unis.


C’est Lundi, que lisez vous ? #82

Serafina dans Actualités, Livres le 4 mars 2013, avec 3 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine. if is Dead vous propose donc de nous retrouver pour les partager chaque semaine.

dabYo

Even Dead Things Fell Your Love de Mathieu GuibéJ’ai donc commencé la lecture d’Even dead things feel your love de Mathieu Guibé, l’un des derniers titres parus aux éditions du Chat Noir. L’auteur m’est inconnu, mais la superbe couverture met tout de suite le ton: ça sent le vampire et l’époque révolue.

Et c’est bien ce qu’on retrouve, ça se lit plutôt facilement. J’ai cependant une petite gêne, je ne sais pas, certaines scènes manquent de spontanéité, certaines phrases font trop forcée. Bon, il me reste encore la moitié et je dois avouer que l’auteur a su me surprendre plusieurs fois, donc !

Serafina

L’heure est grave. Je suis à la fois en pleine boulimie de lecture et en pleine crise existentielle/littéraire. Je continue donc Âmes de Verres de Anthelme Hauchecorne qui reste génial, avec un univers super développé, de nouveaux personnages, bref le kif.

Mais je me retrouve aussi à emprunter des choses variées à la bibliothèque municipale ou à celle du taf. Résultat, j’ai lu deux livres sur les sectes : Sectes, Gourou, etc. de Dominique Biton et Les Groupes Sectaires totalitaires de Max Bouderlique. Si le premier est discutable de par son paragraphe sur les sectes sataniques (où figure la Wicca …), le deuxième est écrit dans un ramassis de termes philo/psycho/obscurs, et pas facile à lire bien qu’intéressant.

J’ai aussi lu le livre Claude Aubry sur la méthodologie Scrum, très à la mode dans le développement informatique. Un livre clair, bien expliqué, bien aéré et plein de bons conseils. J’ai aussi lu Mangez le si vous voulez de Jean Teulé, un roman très court inspiré d’un drame réel datant de 1870. L’occasion de découvrir le style de l’auteur, que j’ai beaucoup apprécié et que dont je lirais d’autres œuvres.

Évidemment, je compte continuer la lecture de Âmes de Verre (qui patit malheureusement de son format) et puis, je retourne à la bibli ce soir, je n’ai aucune idée de ce que j’en ramènerais.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Le Chant de l’Âme de Marjorie M. Liu

Serafina dans Critiques, Livres le 1 mars 2013, avec 1 commentaire
Critiques

Le Chant de l’Âme est sorti dans la collection Darklight des éditions J’ai Lu. Je n’avais jamais lu de roman de Marjorie M. Liu mais à force d’en voir dans les rayonnages, j’avais envie de tenter par ce qui me semblait être un tome indépendant. Et comme en plus la couverture ne me faisais pas trop honte à lire dans le train, je l’ai emmené avec moi découvrir le réseau ferroviaire de la région centre. Synopsis ?

Le Chant de l’Âme de Marjorie M. Liu

Kitala Bell est une violoniste de haut niveau. Toujours sur les routes, solitaire, elle cache aussi un lourd secret : elle peut voir la manière dont les gens vont mourir. De son coté M’cal, créature surnaturelle qui se transforme en beau gosse est envoyé par une sorcière pour la tuer. Sauf que les deux vont se retrouver pris dans une histoire qui les dépasse.

Je n’avais pas trop d’aprioris en débutant cette histoire et c’était la première fois que je lisais cette auteur. J’en aurais peut être eu beaucoup plus si j’avais cherché les couvertures anglaises que vous pouvez découvrir ici. Le bouquin regorge de bonnes idées, comme le lourd fardeau qu’est le don de Kitala et son impuissance à essayer d’empêcher que les-dits gens meurent. A coté de ça, on a une mythologie super large  avec masse de créatures fantastiques qui vivent en marge des humains.

Marjorie M. Liu

Marjorie M. Liu

Sauf qu’en fait, cette mythologie là, elle est même un peu trop large, on a une nana douée de pouvoirs psychiques, Kitala, une sorcière, un triton, des métamorphes, bref, ça commence à faire un peu beaucoup. D’autant qu’il ne semble pas y avoir réellement de justification, ça fait un peu sorti du chapeau au fur et à mesure. Je n’ai appris qu’après que ce livre faisait partie de la saga Dirk & Steele et que c’en était déjà le 5ème tome, ce qui n’est indiqué nul part en version française ! Si l’histoire est totalement indépendante, je pense que c’est pour cela que j’avais l’impression d’être perdue par l’univers.

A cela, il faut ajouter des noms de personnages assez étranges, Kitala, M’cal, Amiri, Koni, qui ne font pas bien naturel dans l’univers du roman, et une histoire d’amour vraiment trop niaise et trop « harlequinesque ». On aurait presque pu tomber sur une chroniqué au tag bouse.

Et pourtant non, car heureusement l’intrigue et cette histoire un peu policière n’est pas trop mal menée, le rythme reste bon, et il n’y a au final que deux chapitres trop niais sur toute l’histoire, histoire qui est plutôt centrée sur Kit qui essaie de contredire ses visions.

Le Chant de l’Âme de Marjorie M. LiuL’écriture, ou du moins la traduction, est assez fluide, pas trop de répétitions, les descriptions sont vivantes et il est aisé de s’imaginer les villes où évoluent nos héros (Vancouver en l’occurrence, ça m’a rappelé Vicki Nelson). Bon, on ne se rend pas réellement compte du temps qui passe : le bouquin ne tient que sur deux jours alors que j’ai eu l’impression que des semaines s’étaient écoulées. Ce qui rend l’histoire d’amour d’autant plus surréaliste.

Au final, je ne dirais pas que Le Chant de l’Âme de Marjorie M. Liu est un livre de Bit-Lit que je vous conseille. Il n’est pas mauvais, mais il n’est pas réellement bon non plus. Cela se lit, et c’est pas désagréable, mais on ne peut pas réellement dire que ça me donne envie de lire le reste de la série…