Je n’ai besoin que de tendresse de Therion

Therion chez les yéyé

Serafina dans Actualité, Musique le 29 septembre 2012, avec 7 commentaires

Non je n’ai pas abusé du whisky ni de liqueur italienne douteuse. Un titre en français, un clip de Therion. Déjà, j’étais perplexe sur le titre leur nouvel album, Les fleurs du mal, les photos promos on ne peut plus kitch et wtf. Et le clip est sorti hier. Et … Et. Je n’ai pas de mots pour cela.

Ok, vous l’avez vu ? Résumons. Therion, groupe de Metal Symphonique avant l’heure, aux délires mystiques assumés, aux paroles validées par le chef de la secte du Dragon Rouge, assez propre sur lui, sort un clip ultra sexuel plein de cliché metalleux… Du sexe dans les WC, Snowy Shaw se faisant fouetter par leur soprano Lori Lewis, du Jack Daniels à flots, une voix suraiguë digne du pire glam et des paroles en français… Un Je n’ai besoin que d’aimer qui après une courte recherche google nous indique que ce morceau n’est autre qu’une reprise de Claire Dixon, de l’époque yéyé. C’est pas symphonique, c’est assez rentre dedans, c’est court, bref, rien de ce que le groupe a l’habitude de faire depuis près de deux décennies.

Honnêtement, pas très étonnant que leur ancien label Nuclear Blast ne distribue pas ce CD. C’est surprenant, c’est très loin de Therion, et je ne sais pas qu’en penser. Quelque part, j’admire ce parti pris totalement à 180° de ce qu’on connaissait, qui semble assumé, assez assumé pour se l’auto financer. J’hésite entre trouver ça totalement wtf et totalement génial. Après le choc premier et une dizaine d’écoutes, je crois que je penche pour le awesome.

Edit : Apparemment, il y a en fait trois clips. Il faut rajouter Quand j’ai le mal de toi, un morceau totalement opératique, qui n’est pas totalement sans rappeler Siren of woods et permet de montrer la sacrée voix de Thomas Vikstrom.

Ainsi que Poupée de Cire, Poupée de Son, reprise de France Gall, avec Lori Lewis au chant, et dont le clip se déroule peu avant celui de Je n’ai besoin que de Tendresse. Aussi étonnant que cela paraisse, passé le premier WTF, c’est plutôt pas mal.

Trois clips, pas trop dégueulasses comparés aux anciens, sans trop de mauvais effets spéciaux (sauf la chute sur Quand j’ai le mal de toi), ça a vraiment l’air d’être un projet très complet et … concept.


Alien Mode d’Emploi de Laurent Genefort

Manuel de survie en situation de contact extra-terrestre

dabYo dans Critiques, Livres le 28 septembre 2012, avec aucun commentaire
Critiques

Attirés par une apparence travaillée et par une mode certaine des modes d’emploi et autres guides de survies à la présence d’espèces naturelles, nous nous sommes procuré Alien Mode d’Emploi de Laurent Genefort. Accompagné du sobriquet manuel de survie en situation de contact extra-terrestre, le tout vient tenter de compléter et décrire quelque peu l’univers que l’auteur français a mis en place dans son roman Points Chauds, que je n’avais malheureusement pas lu. Les deux sont édités par Le Belial’. Alors, ça donne quoi, la survie en situation de contact extra-terrestre ?

Alien Mode d’Emploi de Laurent Genefort

Parlons un peu univers tout d’abord, car celui du roman de Points Chauds est assez particulier. Il traite en effet les aliens d’une manière que l’on pourra qualifier d’originale, bien que non sans rappeler le classique Stargate. En effet, des Bouches sont apparues ça et là sur la planète dans notre futur, et celles-ci permettent à un être, humain ou non, de se déplacer dans l’espace de façon instantanée. Aussi, avec leur apparition est arrivée un nombre conséquents d’être étranges, voyageant de bouches en bouches à travers l’espace, sortes de migrants ou plus simplement, Aliens.

Dans notre petit guide, Laurent Genefort se met donc en tête de créer une sorte de parodie des guides touristiques mais à la sauce aliens, avec quelques grands chapitres qui balayent plus ou moins l’ensemble des thématiques. Premier contact, gestion des conflits, partager un moment, faire connaissance et plus si affinités. Bref, tout est là, décrit dans une manière assez académique, très défonçage de portes ouvertes, un style qui est sans aucun doute voulu par l’auteur tant il semble s’y être appliqué. Rappelant à quel point parfois ce genre de guides peut enchaîner les banalités.

Et finalement c’est là que le bât blesse, car j’ai plus eu l’impression de lire le mode d’emploi d’un aspirateur que celui me permettant de rencontrer des extraterrestres. Je ne sais pas, mais il manquait quelque chose pour rendre ma lecture intéressante. Je dirai même plus, je n’ai malheureusement pas réussi à cerner ce que l’auteur avait voulu faire en écrivant ce guide.

Alien Mode d’Emploi de Laurent Genefort

Me faire rire ? C’est pour le moins raté. Certes, il y a quelques anecdotes sympathiques, notamment sur des caractéristiques physiques/chimiques de certains aliens qui entrainent des situations forcément cocasse. Mais c’est tellement éparse qu’on est loin de pouvoir dire que ce guide est drôle. A-t-il voulu travailler son univers et l’étendre ? J’en doute, tant il reste avare de détails sur le monde de Points Chauds et tant la quantité d’informations détaillées est faible. Alors, c’est qu’il a sans doute voulu passer un message engagé, une critique acerbe de la société humaine ?

C’est bien possible. Mais j’ai plus vécu ces quelques allusions comme une punition, tant ces dernières sont grossières et stéréotypées. Comme par hasard, sur toutes les espèces de l’univers, seuls les humains ont mis en place un système sexiste. Les seuls où les deux sexes s’opposent et où il y a une « hiérarchie » injuste et subie par l’un des deux sexes. Attention, je ne nie pas le problème réel de notre société, je dis simplement que ça n’est pas crédible et que si c’était pour faire ce genre d’allusions aussi peu cachées, il n’y avait pas besoin d’écrire tout un guide.

On n’évoquera bien entendu pas la piste de la performance littéraire, puisque même si le tout se lit facilement, on est loin de l’œuvre littéraire du siècle. Le style est vraiment informel, sans réelle personnalité, très générique. On pourra même louer Laurent Genefort d’avoir si bien imité ce style.

Aliens Mode d'Emploi de Laurent GenefortEn dehors de ces problèmes, il faut avouer qu’Alien Mode d’Emploi est vraiment un très joli livres. Les illustrations et le travail typographique de Cédric Bucaille accompagnent vraiment très bien le guide et lui donnent un air très dans l’air du temps, très Web 2.0 si on peut dire ça. Vraiment, le design m’a plus que convaincu et font de ce livre un petit bijou.

Mais au final, je dois l’avouer, j’ai franchement été déçu de ce Manuel de survie en situation de contact extra-terreste. Laurent Genefort réussit avec brio à imiter les guides touristiques, certes, mais sa lecture ne présente malheureusement pas de grand intérêt. La critique de notre société est un aspect bien trop superficiel, la description de l’univers manque de détails, l’humour est presque absent. Reste cette question à laquelle je n’arrive pas à trouver de réponse : Pourquoi ?


Nouvelles Sanglantes, Vicki Nelson Tome 6, de Tanya Huff

Un recueil de nouvelles pour clore la série

Serafina dans Critiques, Livres le 26 septembre 2012, avec aucun commentaire
Critiques

La série de Vicki Nelson s’est achevée avec son cinquième tome, Dette de Sang. Enfin, c’est ce que je pensais. Car Tanya Huff n’a pas laissé tomber son univers si aisément et a produit après coup des nouvelles de nos personnages préférés qui se déroulent entre le Tome 4 et le Tome 5. Celles si sont compilées dans ce « 6ème tome », sobrement intitulé Nouvelles Sanglantes. Elles sont au nombre de 9 et spoilent toutes allégrement le 4ème tome. A lire seulement si vous avez déjà fini la série quoi, comme moi. Du coup, qu’est que ça donne ?

Nouvelles Sanglantes, Vicki Nelson Tome 6, de Tanya Huff

Au cours des 9 nouvelles, on en compte 3 centrées uniquement sur Henri Fitzroy, vampire de son état et accessoirement bâtard d’Henri VIII d’Angleterre. Les autres plus centrées sur Vicki et Mike. Les nouvelles ont été écrites pour différents recueils ou défis, comme l’auteur l’explique au début. Du coup, on passe d’enquêtes policières assez classiques à de l’espionnage ou encore de la revisite de conte.

On retrouve avec plaisir l’univers et le style de Tanya Huff. Celui-ci est assez direct, sans temps morts et la traduction semble plutôt bonne malgré quelques phrases parfois difficiles à comprendre. L’univers de Vicki Nelson est clairement ancré dans notre monde et on retrouve facilement ses marques.

Tanya Huff

Tanya Huff

Ceci étant, il faut le dire, j’ai trouvé le niveau assez inégal. Sur les trois nouvelles concernant Henri, je n’en ai apprécié qu’une : Quelqu’un pour passer la nuit. Elle se passe dans le monde actuel, Henri y passe une petite annonce dans un journal pour se trouver un compagnon, est bourrée d’humour et surtout permet de découvrir un nouveau pan du surnaturel version Tanya Huff. Bref, cette nouvelle a elle seule mérite de lire le recueil.

Les nouvelles se concentrant sur Vicki sont assez agréables, la plupart prenant la forme de petites enquêtes : un nouveau vampire arrive en ville, un nouveau vampire tue des gens, ou encore élucider les mystères d’un lac hanté. Sans être forcément mirobolantes ni aussi recherchées que les précédents tomes, c’est agréable à lire et bien foutu. Cela permet aussi d’avoir une idée de ce que devient Vicki après le Tome 5 : elle y entame un nouveau job et trouve un nouveau QG notamment. Pour nous qui avions aimé la suivre et qui sommes resté sur notre faim, c’est plaisant. C’est une manière de dire au revoir à la série de manière pas trop brutale, tout en laissant la porte ouverte à d’autres aventures, même si l’auteur dit en avoir fait le tour.

Nouvelles Sanglantes, Vicki Nelson Tome 6, de Tanya HuffLe recueil se termine sur un remaniement du conte de Noël de Charles Dickens, mettant Vicki à la place de Scrooge. J’avoue avoir été totalement perplexe sur cette nouvelle. Elle reprend très clairement le conte original, changeant juste les personnages et les situations. Je pense que ceux qui n’auront pas lu l’original seront totalement paumés, et pour les autres… Ben je ne sais pas. C’est assez surréaliste et je m’attendais surement pas à terminer la série comme cela. C’est totalement barré, onirique aussi. Bref, je ne saurais dire si j’aime ou non.

Un recueil de nouvelles pour clore une saga, c’est original, mais j’aime bien. Je trouve que c’est un peu comme à la fin des séries, quand on te raconte rapidement ce que deviennent les personnages, tel la fin de Frères d’Armes par exemple. Bref, c’est fermer la porte sans la fermer trop brusquement. Si Nouvelles Sanglantes n’est pas un indispensable, il est clairement sympathiques pour les fans. Attention évidemment à ne pas le lire avant d’avoir fini la série principale. Même si ce sont des nouvelles, le spoil est là !


Après son retour triomphal en librairies avec Le Bûcher d’un Roi, Le Trône de Fer de George R.R. Martin profite de la rentrée pour remettre le couvert avec Les Dragons de Meereen, quatorzième tome de la série désormais culte. Il s’agit, si vous suivez, de la deuxième partie du cinquième tome en version originale, A Dance With Dragons, sortie en 2011 mais tout juste traduite dans notre langue par Patrick Marcel. Après une remise en jambe plus qu’attendue, ces nouvelles 477 pages sont elles à la hauteur ? Pas de synopsis, et pas de spoil, c’est promis.

Le Trône de Fer Tome 14, Les Dragons de Meereen, de Georges R.R. Martin

J’avais lu Le Bûcher d’un Roi à la suite d’un sevrage forcé pendant les trois longues années qu’a mis la suite à arriver entre mes mains. Forcément, on pourrait logiquement penser que mon avis sur ce dernier n’était pas spécialement objectif. Le premier fix d’un junkie a peu de chance d’être considéré comme décevant. Enfin, en admettant qu’on puisse encore être objectif en lisant le treizième tome d’une série qui compte des milliers de pages et qui fait partie de nos épopées préférées. Du coup, j’étais beaucoup plus calme en prenant Les Dragons de Meereen entre mes mains, et bonne nouvelle: c’est du bon.

Évidement, juger d’un tome qui n’est qu’une fraction d’un ensemble qui ne devrait faire qu’un n’a pas beaucoup de sens. Je ne m’avancerai pas sur les qualités littéraires de ce tome, puisqu’elles équivalent plus ou moins exactement à celles du Tome 13. Non, la seule vraie différence, c’est que j’ai peut être appris à apprécier quelques détails sur la manière qu’a Martin de narrer son histoire. Cette façon d’être proche de notre personnage, presque dans ses pensées sans user de la première personne est tout simplement géniale. De souvenir, je ne connais aucun livre qui arrive avec autant de réussite à nous plonger dans la conscience d’un personnage tout en restant avec une narration à la troisième personne.

Das Lied von Eis und Feuer 09: Der Sohn des Greifen

La version allemande est coupée en deux tomes, ici le Tome 9 appelé « Der Sohn des Greifen »

Et c’est juste génial et jouissif lorsqu’on comprend que les détails décrits par le personnage, influencé par ses propres connaissances sont complètement faux. Seul le lecteur est omniscient, mais la qualité de son omniscience dépend avant tout de sa mémoire et de ses capacités à comprendre les non dits, à interpréter les propres interprétations de ce que voit chaque personnage. Un vrai travail de lecteur en somme. Il y a de très nombreux très bons chapitres dans ce quatorzième, qui provoquent un mélange de frustration et de jouissance. Des détails nous ont ils échappés ? Notre mémoire nous joue-t-elle des tours ? Mais que peut bien vouloir dire cette phrase ?

Le Trône de Fer Tome 14, Les Dragons de Meereen, de Georges R.R. MartinLa qualité des différents points de vue est plutôt constante et il n’y a aucun personnage désagréable. Alors certes, certains sont un peu plus intéressants, notamment lorsqu’ils bénéficient de révélations inattendues et qu’ils font partie de vos personnages favoris. Vous savez, ceux pour qui vous espérez que Martin ait assez de miséricorde pour les maintenir vivant (et en entier) jusqu’à la fin de la série. Mais à aucun moment on est tenté de sauter des pages, et certaines occasions sont habilement utilisées pour nous dépeindre un peu plus ce monde de Westeros. Là dessus on ressent clairement la suite du travail qui avait été initié dans le Tome 13.

Au final, Les Dragons de Meereen s’avère être un très bon tome, avec un rythme bien plus élevé que le précédent et son lot de révélation. Marquant le quasi retour chronologique avec Un Festin pour les Corbeaux, il continue sur la voie de son prédécesseur et creuse bien le monde de la série de George R.R. Martin. Reste que, pour le moment, il n’atteint pas les chocs émotionnels qu’on a pu avoir avec le premier ou le troisième volume. Rendez vous le 9 Janvier 2013 pour la sorti du Trône de Fer Tome 15.


C’est Lundi, que lisez vous ? #62

Serafina dans Actualités, Livres le 24 septembre 2012, avec 7 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine. if is Dead vous propose donc de nous retrouver pour les partager chaque semaine.

Serafina

Dent pour Dent, Maeve Regan Tome 2, de Marika GallmanJ’ai continué Maeve Reagan Tome 2 de Marika Gallman. Le tome démarre à 100 à l’heure et pour le moment (j’ai lu 200 pages), pas un moment de répit. On ne s’ennuie pas une seule seconde. Aucun rappel n’est effectué sur le tome précédent, vous avez intérêt à l’avoir bien en tête. L’auteur ne semble malheureusement pas régler un des points noir du premier tome: on ne sait toujours pas où cela se passe, ni quand, et cette absence d’ancrage spatio-temporelle devient gênante plus la lecture avance.

J’ai aussi un peu avancé ma lecture du Trône de Fer Tome 14, et pour le moment, c’est vraiment pas mal, j’ai hâte de savoir ce qu’il va arriver !

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Les Lames du Cardinal, l’intégrale, de Pierre Pevel

Enfin un roman avec des dragons classes

illman dans Critiques, Livres le 21 septembre 2012, avec 4 commentaires
Critiques

Les Lames du Cardinal: L’intégrale de Pierre Pevel fait partie d’une vague de parution de Bragelonne qui consiste à regrouper les tomes d’une série en un seul gros volume. On retrouve donc Les Lames du Cardinal, L’alchimistes des ombres et Le dragon des arcanes. J’avais lu il y a très longtemps Les Ombres de Wielstadt du même auteur, que dabYo a d’ailleurs chroniqué,  et malgré le temps passé j’en garde encore un bon souvenir. Est-ce que la série Les lames du Cardinal est du même acabit ?

Les Lames du Cardinal Integrale de Pierre Pevel

Paris, 1633, Louis XIII est au pouvoir et le Cardinal de Richelieu, son ministre, est son plus fidèle soutien. Une ombre se profile sur le royaume, celle des ailes déployées des dragons qui gouvernent le reste de l’Europe dans les coulisses de l’histoire. Une mystérieuse société secrète se met en marche et met en péril la France, il n’en faut pas plus pour que le Cardinal fasse sortir de leur retraite forcée ses plus habiles agents, autour du capitaine La Fargue, Les lames du Cardinal

Les Lames du Cardinal de Pierre Pevel

La trilogie était initialement publiée en trois grands formats

Complots, organisations secrètes, espionnage, action et combats à l’épée le tout mâtiné d’une couche de Fantasy amenée par les dragons et la magie, et vous obtiendrez ce que Dumas aurait pu obtenir s’il avait trempé sa plume dans du sang de dragon. Les Lames du Cardinal, c’est du pur roman de capes et d’épées avec juste ce qu’il faut de Fantasy pour ne pas le dénaturer. Les histoires des trois romans tournent beaucoup autour de complots politiques à grande échelle, et le rapprochement avec les mousquetaires de Dumas n’est pas si loin. Dans le premier tome Pevel se paye même le luxe d’avoir une intrigue de très bonne qualité, c’est un peu dommage sur ce point là que les tomes suivants soient un tantinet plus faibles, même si on reste dans le très largement sympathique.

Que serait une fresque historico-epico-fantasy sans des personnages à la hauteur. L’organisation des Lames du Cardinal rassemble un bon lot de fortes têtes que l’auteur peut se permettre de développer tout au long des trois romans du recueil. Des fines lames pour la plupart, au passé troublé, la compagnie n’ayant pas été dissoute pour rien. Et aux casseroles que se traînent nos compères s’ajouteront celles qu’ils prennent soin de créer tout au long de ces tomes, en nous révélant des bribes du passé au passage. C’est d’ailleurs un peu dommageable que certains soient moins développés que d’autres, les reléguant aux rôles de second couteau.

Après ce n’est pas une règle, Saint Lucq, sorte d’hybride mi-homme mi-dragon, est mystérieux à souhait, méchamment classe, mais s’il est un personnage de premier rang, on peut carrément laisser nos esprits divaguer sur son passé. Sur l’ensemble des trois volumes, il n’y a pas vraiment de personnage principal mais plutôt un groupe principal, permettant à l’auteur d’alterner, ces derniers étant rarement au même endroit. Les personnalités et manières d’agir de chacun sont suffisamment différentes pour ne pas lasser le lecteur, si ce n’est leur passion commune du risque. Coté méchant, les complots impliquant généralement plusieurs ennemis, une sorte de loge draconique plutôt typé franc-maçons en plus violent, ne permettent pas vraiment de dégager une menace palpable pour nos héros, en dehors des gros dragons qui volent. L’auteur renforce en quelque sorte le danger de cette manière, car il peut venir de partout…


L’ambiance et le Paris du XVIIème semblent plutôt bien retranscrits même si l’auteur se focalise un peu trop sur le coté nauséabond et sur le manque d’hygiène dans la capitale. Je ne suis pas un spécialiste de l’époque mais tout ça me parait relativement fidèle à l’idée qu’on peut se faire de la vie à cette époque, et sur l’organisation de la société d’une manière générale. Mais sur ce point notre vision n’est-elle pas un peu perturbé par le spectre de l’œuvre de Dumas et de ses diverses interprétations ?

Les Lames du Cardinal Integrale de Pierre PevelQu’importe Pevel apporte ici un peu de réalisme historique bienvenu qui met en valeur le contraste avec les éléments de Fantasy qu’il introduit. Ces éléments, essentiellement tournés autour des arts draconiques, prennent de plus en plus d’ampleur au fur et à mesure des tomes. Ne vous inquiétez donc pas dans le premier tome si cet aspect vous semble diffus, l’auteur en garde sous le pied pour la suite. Pierre Pevel n’est d’ailleurs pas un frileux en ce qui concerne l’avancement de son histoire, il pourrait bien vous surprendre.

Les Lames du Cardinal est au final une série plutôt divertissante nous plongeant dans un univers à la fois si familier mais si différent. Le mélange des genres réussit bien à Pierre Pevel qui nous livre ici un bouquin qui ne fera pas tâche dans la bibliothèque d’un aficionados de Fantasy en quête de nouveaux horizons. Pour 25€ vous pourrez profiter du gros pavé d’un peu plus de 750 pages que Bragelonne met à notre portée. En tout cas, tout ça m’a donné bien envie de lire la trilogie de Wielstadt en entier.


Silence, ça tourne ! #37

dabYo dans Actualités, Films le 20 septembre 2012, avec 2 commentaires
Actualités

Comme chaque semaine (ou presque), les films et séries que nous avons vu, et auxquels vous échapperez peut être, grâce à nous.

True Blood s05e01 à s05e03

Il nous aura fallu du temps pour nous mettre à regarder la Saison 5 de True Blood, dont la diffusion est déjà finie depuis un paquet de temps maintenant. Il faut dire que cette nouvelle saison pour la série n’a pas suscité un grand intérêt de notre part, dans la dernière nous avait finalement passablement déçu…

True Blood Saison 5

Le premier épisode mets en jambes sur les différentes intrigues qui seront traitées ici, avec du Bill et Eric d’un côté, Lafayette, Sookie et Tara de l’autre, et enfin, quelques sous histoires par ci par là. Retrouver cette dernière saison produite par Alan Ball est assez déconcertant tant on a des difficultés à faire la différence entre le résumé et l’épisode en lui même. Tout est souvent trop rapide, et quand ça ne l’est pas, c’est clairement trop lent.

Lucy Griffiths joue Nora Gainesborough dans True BloodReste qu’il est assez intéressant sur les épisodes 2 et 3 de découvrir enfin ce qu’est cette haute autorité, la mythologie à laquelle croient ses vampires et les différentes tensions qui l’animent. C’est plutôt bien fait, bien que ça sente fortement le Buffy Saison 4 réchauffé dans l’esthétique: décidément, vampires et uniformes militaires ne font franchement pas bon ménage. Par contre, ça n’a plus rien à voir avec ce que l’on peut lire dans La Communauté du Sud de Charlaine Harris, visiblement.

Au rayon cast on retrouve un sacré paquet de nouveaux vampires donc, tous ayant un visage plus ou moins connus d’autres séries. On notera par exemple le type de Newyorkunitéspéciale ou encore le Doctoré de Spartacus: God of the Arena. Bref, on notera simplement Lucy Griffiths qui joue une Nora Gainesborough qu’on va sans doute suivre un peu plus longtemps que les autres.

Et vous, vous avez vu des trucs dernièrement ?


The Pursuit of Salvation de FluiD et John 3:16

Un split WTF OMG BBQ

illman dans Critiques, Musique le 19 septembre 2012, avec aucun commentaire
Critiques

The Pursuit of Salvation est un album sorti le 19 mars 2012 dans sa version vinyle et le 25 mai pour la version digitale chez Alrealon Musique. A se partager les 5 pistes de l’album, on trouve les deux artistes FluiD et John 3:16 pour un split d’Ambient du plus bel effet. Étant plutôt un adepte du Dark Ambient, je ne savais pas trop ce qu’un album qualifiait simplement d’Ambient allait pouvoir m’apporter, peut être simplement de nouveaux horizons.

The Pursuit of Salvation de FluiD et John 3:16

Le titre de l’album, The Pursuit of Salvation, est loin d’être neutre, il donne la ligne directrice de l’ensemble et sa thématique. Cela se ressent coté titres des pistes, le tout ayant une consonance très… biblique. Après, il va falloir faire preuve d’imagination pour voir le rapport avec la musique, les échos d’église dans Plague mettent sur la voie entre autres.

FluiD a la primauté de la face A du vinyle avec trois pistes. Cet artiste US originaire de Chicago est porté par son influence Hip-Hop, usant abondamment de scratch, et de l’Electro. Car oui, le son FluiD est electro, il m’arrive d’écouter de l’electro quand c’est bien fait et que c’est intéressant, et là j’ai trouvé que c’était bien le cas. Ambiance oppressante sans forcément être trop sombre, il se dégage un sentiment de malaise des pistes du sieur. Il augmente l’intensité de ses nappes avec quelques instruments, notamment un piano, mais il utilise aussi des samples de voix que ce soit pour donner un effet caverneux avec des choeurs sur Angel Pt. II ou pour donner un aspect inquiétant à des petits bouts de phrases, en les mixant mixant avec du scratch et divers effets sur The Forewarning.

The Pursuit of Salvation Side A de FluiD et John 3:16

John 3:16, vétéran du groupe Heat of a Deathstar, livre quand à lui un son plus chaleureux où se mêleront les nappes avec parfois de la guitare saturée. Mais le ton révèle une ambiance plutôt SF, sans doute pour ça que je préfère cette partie. Le son est plus aérien sur God is Light. Tout comme son comparse il sait aussi se faire inquiétant sur Toward the Red Sea.

Question packaging, l’illustration de pochette est assez étrange, je trouve qu’elle ne colle pas très bien à l’ambiance dégagée par l’album, que ce soit dans l’univers de l’un des artistes ou de l’autre. Collage stylisé représentant une créature qui rassemble un coté démon et un coté angélique, l’artwork de la pochette est réalisé par Trey Crim. Par contre elle soutient le concept, cette dualité qu’on retrouve à même du principe du split avec une vision résolument différente sur chaque face du vinyle.

The Pursuit of Salvation Side B de FluiD et John 3:16

Au final The Pursuit of Salvation n’égayera pas vos soirées d’hiver, c’est pas son genre, mais leur donnera une nouvelle consistance. L’ambiance est au rendez-vous ici, évidemment, il ne faut pas être allergique à l’electro mais bon si vous avez lu jusque là cela ne doit pas être un problème. Le tout est maîtrisé et suffisamment plaisant pour plaire à des non initiés. ifisDead, nouveau refuge de l’Ambient et du Dark Ambient.


Le premier tome du Sang du Rock de Jeri Smith-Ready avait été un réel coup de cœur, un de ceux trop rares dans la pléthore de Bit Lit désormais publiée chaque mois. J’ai donc assez peu tardé à me jeter sur le deuxième, Bad to the Bone, toujours illustré par Anne-Claire Payet et publié aux éditions Milady, format poche donc. On reste dans la ligne droite du précédent, avec juste une couverture bleue au lieu de rouge. Synopsis ?

Bad to the Bone, Le Sang du Rock Tome 2, de Jeri Smith-Ready

Une fête donnée à la gloire de WVMP, la radio où les DJ sont vampire, se finit mal. Un groupe d’extrémistes met le feu au bar. Et il semblerait que les mêmes extrémistes décident d’empêcher la radio d’émettre. Cette campagne promotionnelle visant à présenter les DJ comme des vampires aurait-elle déchainé les foudres d’un groupuscule religieux ? Ou la raison est-elle plus profonde que cela ?

On continue à suivre avec plaisir les vampires DJ dans ce deuxième tome. Si le Wiked Game était réellement un tome d’introduction, ici c’est bel et bien l’intrigue qui prend la majorité du roman. Et celle ci est plutôt bien menée, bien que l’on n’échappe pas a quelques facilités : une héroïne qui trouve du premier coup, des intuitions un peu trop souvent justes… Le fait de parler des extrémistes religieux m’a beaucoup plu, car totalement crédible, surtout quand on voit ce qui peut se passer actuellement dans d’autres pays. C’est ancré dans la vie courante.

Jeri Smith-Ready

Jeri Smith-Ready

Ciara reste une héroïne agréable, elle n’a pas de mega pouvoirs, n’est pas une combattante hors paire, juste une marketeuse habituée à arnaquer les gens. Je la trouve donc plus facile à aborder que d’autres héroïnes de Bit Lit vraiment too muchpour que je puisse me reconnaître dedans, et ce sans avoir à utiliser des artifices inutiles pour exacerber sa normalité.

On reste aussi très immergé dans la musique, ce qui pour moi est un très gros point positif. C’est sans doute parce que je connais à peu près tous les morceaux cités, et que j’ai une culture rock. Je suppose que si ce n’est pas votre cas, les déblatérations entre Shane et Ciara sur les groupes issus du mouvement Riot Grrrl vous laissera de marbre. L’auteur part du principe que vous connaissez ce style et ce n’est pas moi que ça allait déranger.

Jeri Smith-Ready a fait assez fort en introduisant dès le premier tome sept personnages : cinq DJ vampires donc, l’héroïne et le directeur de la radio. Le problème c’est que j’ai l’impression que les cinq DJ sont un poids mort et gênent l’histoire plus qu’autre chose. En effet, si on connait désormais plutôt bien Shane, gosse perdu de l’époque grunge dont le personnage prend un relief particulier après avoir fini la bio de Kurt Cobain, les autres restent irrémédiablement dans l’ombre. Regina, la goth, émerge légèrement dans ce tome, avec un pan de son passé mais c’est tout.

Bad to the Bone, Le Sang du Rock Tome 2, de Jeri Smith-ReadyEt l’auteur rajoute des personnages pour les besoins de son intrigue, comme Jeremy ce journaliste qui sent l’emo. J’aime beaucoup ce dernier d’ailleurs, il sonne très « vrai ». Du coup j’ai l’impression que l’auteur ne sait pas trop comment gérer cette pléthore de DJs, qui finissent par faire de la figuration et ça, c’est frustrant.

Du coup, si ce Bad to the Bone reste une très bonne lecture, il n’est pas exempt de défaut. J’adore toujours autant l’univers du Sang du Rock, et les quelques personnages qui se démarquent. Cependant, je me demande réellement comment Jeri Smith-Ready va pouvoir se sortir de cette masse de personnages qui n’arrivent pas à avoir leur part du gâteau. Pour l’instant, pas de date prévue chez Milady pour la suite.


C’est Lundi, que lisez vous ? #61

Serafina dans Actualités, Livres le 17 septembre 2012, avec 15 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine. if is Dead vous propose donc de nous retrouver pour les partager chaque semaine.

dabYo

Le Trône de Fer Tome 14, Les Dragons de Meereen, de Georges R.R. MartinEt bien, ça y est, j’ai fini Les Dragons de Meereen, quatorzième tome du Trône de Fer de George R.R. Martin. Littéralement dévoré sur les derniers chapitres, qu’est ce que cette série est géniale, et qu’est ce que j’ai hâte d’en lire la suite ! Je parlerai avec plus de détails du tome dans ma chronique, mais je dois avouer que j’ai beaucoup aimé lire ces 477 pages. Et si Pygmalion tronçonne une fois de plus le roman, je ne peux qu’être admiratif sur la qualité du cliffhanger du dernier chapitre.

Rendez-vous le 9 Janvier prochain pour la sortie du Tome 15 du Trône de Fer, donc. En attendant qu’il ait son nom officiel, qui sera sans doute Danse avec les Dragons.

Serafina

Dent pour Dent, Maeve Regan Tome 2, de Marika GallmanJ’ai terminé le tome 13 du Trône de Fer, pas étonnant. Quel plaisir évidemment de retrouver Jon et Tyrion. C’est un tome que j’ai apprécié, bien qu’il ne se passe pas énormément de choses par rapport à certains autres, j’admire beaucoup la manière dont Martin fait le ménage et pousse de nouveaux pions dans son jeu. Bref, ça promet, j’ai hâte de la suite, Les Dragons de Meereen.

J’ai commencé le Tome 2 des aventures de Maeve Reagan de Marika Gallman. Pour rappel, cette série de Bit-Lit française est désormais publiée chez Milady, le tome reprend très très vite, et j’ai eu un peu de mal à me mettre dans le bain. Enfin, du fait de la couverture à mi chemin entre SAS et Harlequin, je ne l’emmène pas au boulot.

Mais c’est pas grave, j’emmène avec moi Les Dragons de Meereen pour m’occuper à la pause midi !

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?