Les dossiers de Hellblazer: Mauvais sang est une mini-série d’Hellbazer dont le nom original est City of Demons. Sorti à l’origine en 2010 chez Vertigo, filiale de l’éditeur DC Comics, c’est aujourd’hui le tout nouveau Urban Comics qui s’occupe de nous proposer cette œuvre en français et en édition relié, avec une traduction de Philippe Touboul. Spencer est au scénario et Murphy est au dessin, le tout est mis en couleur par Dave Stewart. Sans doute plus connu chez nous grâce à l’adaptation cinéma pas très inspirée et titrée Constantine, je me demandais ce que cette série pouvait bien valoir en comics, c’est parti pour le synopsis.

Les dossiers de Hellblazer: Mauvais sang de Si Spencer et Sean Murphy

Alors qu’il fume tranquillement une clope devant son pub préféré, John Constantine est pris à parti par deux voyous dont il ne tarde pas à calmer les ardeurs avec ses pouvoirs. Pas de bol pour lui, il se fait faucher par une voiture quelques secondes après. Et à l’hôpital des médecins véreux ne vont pas tarder à s’apercevoir des propriétés de son sang mi-démoniaque, et donc à vouloir s’en servir d’arme biologique. Ne lui reste plus qu’à démêler cette pelote de problèmes pour aller finir sa bière au pub.

L’histoire est plutôt bien racontée, amenant son lot d’occultisme à une intrigue finalement assez simple à comprendre même si certains passages pourront échapper au lecteur la première fois. Le rythme est relevé, baladant le lecteur derrière Constantine et ses « enfants ». On regrettera un passage un peu longuet dans un bus londonien qui n’apporte pas grand chose au récit, si ce n’est de légères critiques de société et son lot de violence et d’hémoglobine. De ce coté là par contre on sera servi avec du sang qui coule à flot, par galons entiers. Torture, mutilation, j’en passe et pas des meilleurs, ce n’est bien évidemment pas à mettre en les mains des plus jeunes. Là où c’est fort et bien réalisé, c’est que je n’ai jamais trouvé que c’était excessif dans le récit.

Les dossiers de Hellblazer: Mauvais sang de Si Spencer et Sean Murphy

Bon si on parlait d’un des aspects les plus important, le dessin. C’est le domaine où le bât blesse, le style de Sean Murphy ne plaira pas à tout le monde et même si moi j’adore, je conçois aisément qu’il en rebutera plus d’un. Le trait est sec, un peu anguleux par moment, mais c’est un trait de qualité que nous sort Murphy sur ce comic. Un des aspects qui est particulièrement travaillé concerne les regards des différents personnages, le bonhomme maîtrise pour nous faire porter notre attention sur les yeux.

Pour les couleurs, on reste toujours dans des teintes très sombres pour coller à l’ambiance. Le découpage des cases est audacieux et ajoute au dynamisme de l’action, comme cette double page dessinée dans le sens de la longueur et où l’on trouve la fabuleuse réplique « Je vais vous niquer avec un bout de craie ». Par contre je dois avouer que la couverture n’est pas très engageante et c’est un peu le cas de celles de chacun des numéros compilés, à part celle du #3 qui aurait méritée d’être sélectionnée pour le relié à mon goût.


Le personnage de Constantine est particulièrement savoureux, cynique et totalement amoral. J’en ferais une icône punk si l’on me demandais mon avis. Le nez pointu, la clope au bec et avec une veste en cuir d’un très bon genre, il crapahutera dans Londres en transpirant une classe digne du bad boy qu’il est. Le personnage pourra paraître révoltant par son attitude mais il a une démarche tellement logique et réaliste qu’on peut difficilement lui en vouloir

Les dossiers de Hellblazer: Mauvais sang de Si Spencer et Sean MurphyCoté édition, on ne regrettera pas qu’Urban Comics ait pris les rênes pour les parutions DC et Vertigo, leur travail est plutôt remarquable. On y trouve notamment une préface qui va nous resituer le personnages dans la galaxie de l’éditeur, de sa création sous l’égide d’Alan Moore, le papa de The Watchmen, et tout au long du parcours qui l’ont mené à ce City of Demons. C’est plutôt agréable lorsque que l’on est loin d’être un geek du comic book d’avoir une mise en situation.

Au final, cet épisode des Dossiers de Hellblazer fait bien plus que combler mes attentes de divertissement. Le dessin est plaisant, l’intrigue plutôt bien foutue. Il ne va plus me rester à attendre qu’une seule chose, qu’Urban Comics nous sortent d’autres tomes des aventures de ce dépravé de Constantine.


C’est Lundi, que lisez vous ? #55

dabYo dans Actualités, Livres le 30 juillet 2012, avec 2 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine. if is Dead vous propose donc de nous retrouver pour les partager chaque semaine.

dabYo

En Mission Honor Harrington de David Weber Tome 2Je suis toujours sur le second tome de En Mission de David Weber, de la Hard SF comme on peut l’aimer (ou pas). Ce tome est vraiment passionnant. Alors oui, je comprends tout à fait que lire des chapitres complètement remplis d’échanges entre protagonistes qui réfléchissent au meilleur moyen de répondre publiquement à une problématique peut rebuter la plupart des lecteurs. Mais moi, je ne sais pourquoi, j’adore ça. C’est vraiment passionnant à lire, on est un peu là, avec ces protagonistes, à réfléchir à la meilleure stratégie à adopter.

C’était aussi l’occasion de vérifier si, comme d’autres, David Weber était prêt à mettre ses héros dans la mouise ou si il allait leur trouver un échappatoire au dernier moment, parce que bon, faut pas déc’ quoi. La réponse, sans trop spoiler, est plus que positive et je suis content de voir que l’auteur n’a pas cédé à la facilité. Bref, je n’ai qu’une hâte, reprendre ma lecture.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


JBMM#2: Yarilo de Arkona

dabYo dans Actualité, Musique le 29 juillet 2012, avec aucun commentaire

Affiche du Motocultor Festival 2012Les 17, 18 et 19 Août 2012 se tiendra à Theix, terres bretonnes, la nouvelle édition du Motocultor, un festival à taille humaine consacré au Metal et à l'affiche bien souvent alléchante.

L'équipe s'y rendra cette année pour la première fois et histoire de vous pousser à nous y accompagner, nous vous proposons chaque dimanche de la semaine jusqu'aux jours J de découvrir l'un des groupes de l'affiche que nous comptons aller voir, à travers un clip ou une vidéo. Vous pouvez aussi consulter le running order du Motocultor 2012. C'est notre Jesus Built My Motocultor 2012.

Arkona avait été plus ou moins la révélation du Hellfest 2011. Comment aurions pu nous douter que le leadeur de cette formation de Pagan Metal russe n’était autre que la femme qui faisait de temps à autre les chœurs ? Oui, c’est peut être sexiste, mais Masha Scream est tellement à l’opposée des clichés du Pagan ou du Folk qu’il est difficile de ne pas y faire référence. Vraie bête de scène, elle avait mis le feu au public qui s’était déplacé en masse pour une prestation assez courte et de bonne heure sous la Rockhard.

Yarilo est sans doute le meilleur exemple et le plus parlant de ce que propose Arkona. Un Pagan où les instruments folk ont toute leur place, où le rythme est endiablé et qui ne donne qu’une envie, danser. Ou sauter. Ou pogoter, c’est selon votre emplacement lors du concert. Court et efficace, le chant clair et growlé de Masha me donne clairement envie de les revoir. Pas de réel clip pour Yarilo, mais si l’expérience vous a plu, il y en a un pour Stenka Na Stenku qui est tout aussi bon. C’est par ici.

Vous l’aurez compris, apprendre qu’Arkona était programmé pour jouer près de 55 minutes sur la Supositor Stage du Motocultor 2012 nous a plu que ravi !


Moi, Ozzy de Ozzy Osbourne

Autobiographie d'Ozzy Osbourne avec une aide de Chris Ayres

Serafina dans Actualité, Critiques, Livres, Musique le 27 juillet 2012, avec 3 commentaires
Critiques

L’été a ses rituels : le temps de merde, la déprime habituelle, les déplacement professionnels … et les bios de rockstars héroïnomanes. Et ouais. J’avais eu cette auto-biographie du Prince des Ténèbres à Noël, et elle m’attendait sagement. Cette autobiographie s’intéresse donc à la vie d’une des plus grandes rockstars : Ozzy Osbourne, de son enfance à la real TV, en passant par Black Sabbath et sa carrière solo, évidemment. Pour l’écrire, Ozzy a été aidé par Chris Ayres, le tout traduit par Serge Lefaure et publié aux éditions Camion Blanc.

Moi, Ozzy de Ozzy Osbourne

Comme Ozzy le dit dans le livre, il ne se souvient pas réellement de tout ce qui a pu se passer dans sa vie. Lors de certaines tournées pourtant mythiques, il était tellement fait qu’il n’en garde quasiment aucun souvenir. C’est notamment le cas pour celle faites avec Mötley Crüe, évoquées notamment dans The Dirt, où des légendes impliquent des fourmis sniffées avec des bâtonnets de glace.

Mais pour le reste, le vieux monsieur est bien lucide, et son enfance, de looseux, est bien traitée. Né dans une famille ouvrière de Birmingham, comme beaucoup de jeunes sans trop d’espoir, il ira de bêtises en bêtises, de clowneries en clowneries, jusqu’à faire un tour en prison et postuler comme chanteur.  Il est facile de reconnaitre là une enfance « normale », comme tant d’autres, comme on peut vivre encore aujourd’hui quand on ne nait pas gâté.

Ozzy Osbourne et Motley Crue

Vous aurez (peut être) reconnu Ozzy Osbourne et Mötley Crüe

Ce qui marque dès les premières pages, c’est combien le bouquin est drôle, vraiment. Ozzy a ce recul et cette auto-dérision qui font que son enfance, pourtant pas bien drôle, est juste hilarante. Il m’est arrivé fréquemment, de rire toute seule ou d’en lire des passages à voix haute à dabYo tellement je trouvais cela excellent. Et ce jusqu’à la dernière ligne.

Évidemment, la vie de la star n’a pas été toujours rose, mais à l’exception de deux passages, la mort de Randy Rhoads et le cancer de sa femme Sharon, tout sera traité avec beaucoup de déconne et de second degré. C’est un livre agréable à lire, qui se dévore facilement. Le style est fluide et la traduction effectuée est très bonne, je n’ai noté ni fautes ni non-sens comme ça a pu l’être dans d’autres livres de cet éditeur.

Ozzy Osbourne dédicasse des exemplaires de Moi, Ozzy

Ozzy Osbourne dédicasse des exemplaires de Moi, Ozzy en version originale

D’un point de vue de fan ou même de metalleux, c’est une lecture instructive. On suit directement la montée de Black Sabbath, les échecs, les plans de merdes, pour finalement arriver au succès, aux frictions, aux séparations. Qu’on aime ou non le groupe culte, ça vaut le coup. Le pourquoi du choix de l’immonde cover de Paranoid, comment un groupe à la base bluesy a dérivé en fondateur du Heavy Metal, etc. La moitié du livre se concentre évidemment sur sa carrière solo, mais n’en est pas moins intéressante.

Moi, Ozzy de Ozzy OsbourneLe bouquin est agrémenté de photos d’époques, avec des légendes du Prince himself, là encore, c’est souvent plein d’auto-dérision et très drôle. La qualité du livre en lui même est fidèle aux autres publications de Camion Blanc: un gros pavé de près de 600 pages imprimées en noir et blanc et sur un papier d’une relative mauvaise qualité. Mais on s’y fait.

Au final, j’ai découvert un Ozzy Osbourne assez touchant, prompt à reconnaître ses torts et ses faiblesses. Honnête avec lui même, ne cachant absolument pas son incapacité à lire ou ses difficultés à écrire, pas plus que sa paranoïa, issu d’un milieu vraiment pas favorisé, il n’y a clairement pas la grosse tête. Bon vivant, prompt à faire le clown, on ressent sa personnalité dans le livre, pour le coup vraiment bien traduit. C’est je pense une des meilleures bio que j’ai pu lire à ce jour et je vous la recommande franchement.


Silence, ça tourne ! #34

dabYo dans Actualités, Films le 26 juillet 2012, avec 3 commentaires
Actualités

Comme chaque semaine (ou presque), les films et séries que nous avons vu, et auxquels vous échapperez peut être, grâce à nous.

Urgences s06e08 à s06e22

Lucy KnightEt bien, ça y est, nous avons terminé cette sixième saison. Comme je le disais il y a quelques semaines, Urgences s’était largement amélioré depuis la fin de la cinquième saison et je dirai que le point culminant, de manière totalement subjective, a été atteint en milieu de cette saison. Les épisodes 13 et 14 sont forts. Je ne sais pas si ils sont particulièrement réussis, mais l’histoire est touchante.

Forcément, regarder Urgences ce n’est finalement pas comme suivre n’importe quelle série. Comme il n’y a pas de trame autre que la vie de tous les jours, on se prend d’affection pour certains personnages. On a une sorte de relation, une sorte d’amitié à sens unique. On aimerait voir tel personnage réussir, on souffre un peu avec lui lorsque des injustices lui arrivent. On peste, mais bon, on se dit que ça finira bien par aller mieux. Ou pas.

Du coup, je dois avouer qu’après ces épisodes charnières, regarder la série a moins de sens. Alors que les faits y sont graves et importants, il est très décevant de voir que leur impact sur le fil de l’histoire, sur les personnages, est proche du néant. Comme si dans la réalité on pouvait tourner si facilement la page. Moi en tout cas, je n’y ai pas réussi.

The Great Mass de Septic Flesh (Bonus DVD)

The Great Mass de Septic FleshDéménager a parfois du bon. C’est ainsi qu’en rangeant nos CD, je me suis aperçu qu’il y avait un DVD bonus dans l’édition collector que nous avions de The Great Mass, le dernier opus de Septic Flesh chez Season of Mist. Ce groupe de Blackened Death Metal Symphonic, que nous avons déjà vu au Printemps de Bourges et qui seront à l’affiche du Motocultor 2012, propose un retour sur la création de leur galette avec près de 60 minutes d’interview.

On ne vous parle généralement pas de ces bonus, car ils sont somme toute souvent mal filmés, peu intéressants et complètement hallucinés. Mais c’est un peu particulier avec le groupe grec, tant le travail de post-production est énorme. Alors c’est clairement halluciné, mais aussi assez flippant à voir. On a une sorte d’impression malsaine, limite voyeur, de regarder les enregistrements qu’il ne faut pas, faits par un psychopathe entrain de retranscrire ses méfaits en y ayant rajouté des messages subliminaux. A voir tard le soir, donc.

The Cure aux Vieilles Charrues 2012

The Cure fait partie des groupes cultes de la Cold Wave, avec par exemple Joy Division, bien que leurs évolutions aient été logiquement différentes. Si nous ne nous sommes jamais réellement intéressé au groupe, pourquoi bouder une retransmission de leur live aux Vieilles Charrues par Direct Star ?

The Cure aux Vieilles Charrues 2012Robert Smith emmène sa formation pour des morceaux relativement bien joués et avec un son de bonne qualité. Assez étonnant vu les sons pourris que l’on retrouve en général en festival, c’est là où on se dit que le côté plein air joue beaucoup. Ne connaissant pas spécialement la discographie du groupe, je ne saurai dire quelle période ils ont donné la priorité, mais les morceaux cultes que je connaissais y étaient, Boys Don’t Cry, Just Like Heaven ou encore Lullaby

Sauf que voilà, ça, c’est la playlist que l’on peut retrouver sur setlist.fm par exemple. Mais ce qu’on a pu retrouver sur Direct Star, c’est un live coupé de façon abrupte, sans aucune information pour le spectateur. Du coup, les gens suivant le live à la télévision n’ont ni vu Boys Don’t Cry, ni Just Like Heaven et au mieux, Lullaby. J’ai donc été fortement surpris de voir en préparant cet article que le groupe a fait deux rappels, pour un total de près de 30 morceaux quand à peine 15 ont été retransmis par la chaine… C’était bien la peine de faire autant de pub sur ce programme… Une honte.

Le live est disponible en replay sur Arte Live Web, dont la politique est bien plus respectueuse des artistes, mais je n’arrive pas à le lire… C’est par ici.

Et vous, vous avez vu des trucs dernièrement ?


L’Ordalie est le premier tome de Retour à Salem, une série dUrban Fantasy de Jacques Fuentealba. Publié par les éditions Midgard au début de cette année, ce premier tome s’avère être un mélange de complot de grande envergure, de fantastique, de magie et de mythes occultes. Bref, un programme plus qu’intéressant, avec une superbe illustration de couverture signée par Pascal Quidault. Mais le tout est il au niveau attendu ? Synopsis.

L’Ordalie, Retour à Salem Tome 1, de Jacques Fuentealba

Entre les sept anciennes familles de Salem et ceux qui se prétendent représentants de Dieu sur terre, la guerre est déclarée et active depuis de nombreuses années… Mais ça, les descendants de ces familles bannies et proscrites ne le savent pas forcément. Une révélation qui peut être choquante, surtout lorsque c’est pour participer à l’Ordalie, une cérémonie occulte dont dépend le sort de l’humanité…

Ce premier tome est il faut l’avouer au début assez difficile à suivre. En partant sur cinq héros différents, chacun rattaché à une famille ou tout du moins une histoire et un univers, on est vite perdu. On se demande lors de la première dizaine de chapitres si tout est lié et se déroule au même endroit, ou si au contraire, c’est bel et bien cinq personnages aux univers et origines différentes, disposés partout à travers le monde. C’est évidemment la dernière option qu’a choisi Jacques Fuentealba pour son roman.

Jacques Fuentealba

Jacques Fuentealba

Cela apporte il faut l’avouer quelques avantages forts intéressants. Tout d’abord, cela permet à l’auteur de nous présenter des personnalités et des univers bien différents. Kathleen par exemple vient du monde Vaudou, et touche à tout ce qui y est lié, mais est très religieuse. A côté on retrouve un jeune gitan, et c’est une manière de vivre assez solitaire/familiale qu’il va partager. En opposition complète, on retrouve Élisabeth qui est une étudiante et qui a une démarche beaucoup plus scientifique. Elle voit l’occultisme et nous le décrit d’une manière complètement opposée aux deux premiers, beaucoup plus analytique. A ce niveau, c’est clairement super intéressant.

De même, leurs personnalités sont assez variées et chacun pourra y trouver son compte. Entre le gitan ténébreux au grand cœur, la scientifique bien plus froide qui a cependant eu ma préférence, ou encore l’adolescente un peu pommée, il y en a pour tout les goûts. Alors certes, on passe d’un personnage à l’autre et donc il faut supporter chacun d’eux, mais leurs personnalités ne sont pas réellement agaçantes, donc tout passe et comme les destins de chacun vont finir par se retrouver, ce n’est pas un point réellement gênant.

Ce qui l’est un peu plus par contre, c’est qu’on a cinq héros qui ignorent souvent tout de leur destinée, de la présence de forces magiques, d’organisations, de Salem. Alors certes, certains personnages baignent dans le mysticisme, dans la magie plus ou moins profondément. Mais aucun d’eux ne sait réellement. Du coup, on se retrouve à avoir au minima quatre grandes révélations. Une, c’est déjà assez casse-gueule en général dans un roman, vous vous doutez que Jacques Fuentealba prenait énormément de risques en choisissant d’en faire autant. Heureusement, si ça gêne un peu, ce n’est pas si grave et finalement, on passe assez facilement cette petite problématique.

L’Ordalie, Retour à Salem Tome 1, de Jacques Fuentealba

A côté de cela, l’univers est franchement passionnant, et si rien ne m’a particulièrement surpris par son originalité, le tout se tient bien. Alors certes, cela vient forcément du fait que le lecteur n’a pas toutes les clefs en main lui non plus. On pressant quelques traitrises, sans jamais vraiment réussir à les identifier. La ville de Salem qui nous est présentée abrite plusieurs familles de magiciens et/ou sorciers, tous unis face à la menace divine, mais qui s’entre-tuent tout de même. Du coup, pour le moment je n’ai pas réussi à cerner qui s’apprête à trahir qui, et à quel point. Cela provoque une sorte de tension qui est plutôt bienvenue et jouissive.

Retour a Salem, L'Ordalie Tome 1, de Jacques FuentealbaSans faute alors ? Presque, je dois l’avouer. Tout se lit bien, le style de Jacques Fuentealba est clair et agréable. Le vrai problème, c’est sa seconde partie. Au début on ne comprend pas tout, puis ça se forme bien et ça devient franchement intéressant. Et là, l’auteur, pour une raison que j’ignore complètement cherche à nous intégrer cette sorte de long rituel magique… et inintéressant au possible. Sur près de 100 pages, il ne va strictement rien se passer. Nos héros vont se regarder en chiens de faïence, dire que c’est trop bien (ou trop mal, au choix) et enfoncer des portes ouvertes… Un long moment, beaucoup trop long et qui gâche franchement la fin de ce premier tome… Heureusement que le cliff-hanger est au rendez-vous.

Au final, L’Ordalie est un premier tome qui m’aura beaucoup plu mais qui souffre d’un très gros passage à vide assez incompréhensif. L’univers de Retour à Salem est cependant assez bon et jouissif pour les amateurs. Plutôt bien écrit, il captive assez rapidement le lecteur et j’avoue vouloir en lire la suite. Un bon roman d’Urban Fantasy à conseiller à un public jeunesse.


C’est Lundi, que lisez vous ? #54

Serafina dans Actualités, Livres le 23 juillet 2012, avec 1 commentaire
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine. if is Dead vous propose donc de nous retrouver pour les partager chaque semaine.

dabYo

En Mission Honor Harrington de David Weber Tome 2J’ai donc fini hier Le Premier Sang de Sire Cédric. Les pièces du puzzle sont venues se placer et je dois avouer que j’ai vraiment adoré cette lecture. Dérangeante et glauque à souhait, vraiment passionnante. On entrevoit les choses bien sûr, je n’ai pas été réellement surpris par le dénouement final, mais c’était vraiment bien et prenant. Vivement le prochain Thriller de l’auteur.

Du coup, j’ai enchaîné avec un second tome qui trainait depuis trop longtemps, la suite de En Mission de David Weber. Vous l’avez compris, il s’agit de l’Univers de Honor Harrington qui ne fait clairement pas l’unanimité dans l’équipe, mais qui me passionne toujours autant. J’ai un peu lu le dernier chapitre, histoire de me remettre dans le bain (ou plutôt dans les missiles). Et j’ai déjà hâte de continuer.

Serafina

Les Disparus de Shangri-La de Mitchell ZuckoffRien de bien nouveau sous le soleil pour moi (a part le fait d’avoir du soleil, évidemment). Je continue Les Disparus de Shangri-la qui peine à trouver sa voix entre fiction et documentaire. C’est intéressant, mais pas passionnant.

Je continue aussi la biographie de Kurt Cobain par Charles R. Cross, Heavier Than Heaven. Je ne sais que penser, la bio est bien foutue, même parfois un peu trop plein de psychologie de comptoir, mais je sais pas, je pense que j’aurais préféré garder la vision romancée de Cobain que j’avais.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


JBMM#1: Krank de KMFDM

dabYo dans Actualité, Musique le 22 juillet 2012, avec aucun commentaire

Affiche du Motocultor Festival 2012Les 17, 18 et 19 Août 2012 se tiendra à Theix, terres bretonnes, la nouvelle édition du Motocultor, un festival à taille humaine consacré au Metal et à l'affiche bien souvent alléchante.

L'équipe s'y rendra cette année pour la première fois et histoire de vous pousser à nous y accompagner, nous vous proposons chaque dimanche de la semaine jusqu'aux jours J de découvrir l'un des groupes de l'affiche que nous comptons aller voir, à travers un clip ou une vidéo. Vous pouvez aussi consulter le running order du Motocultor 2012. C'est notre Jesus Built My Motocultor 2012.

Parmi les groupes qui nous ont convaincu d’aller au Motocultor 2012 figure en haut du panier KMFDM. Vétéran du courant Indus, le groupe à la formation changeante mais toujours menée par son leader Sascha Konietzko vient défendre son dernier opus sorti l’année dernière, WTF?!. Si nous écoutions le groupe depuis un petit moment déjà, il faut avouer que c’est le premier CD sur lequel je me suis réellement penchant, préférant leur best-of auparavant, et qui m’a d’ailleurs plus que convaincu. Du coup, comme bien souvent, c’était l’occasion de regretter de ne pas être allé les voir lors de leur passage au Hellfest 2010.

Krank est le single de cette galette, un morceau plutôt efficace et dont le refrain se retient très facilement. Avec ce mélange de Rock Industriel et de Pop, il passe très bien et fait partie de mes morceaux préférés de l’album. On y compte d’ailleurs des morceaux bien sympathiques, bien que le côté accessible et pop y soit parfois un peu trop poussé à mon goût. Le clip par contre laisse, il faut l’avouer, assez perplexe. Sascha Konietzko y tient une place très importante, où on le voit toucher à pas mal de choses d’ailleurs, et le montage est assez bizarre, laissant souvent la place à l’esthétique assez particulier et travaillé de KMFDM, que l’on retrouve d’ailleurs sur les pochettes d’albums.

Leur passage au Hellfest avait dans mes souvenirs été salué pour son efficacité, et je dois avouer que j’attends beaucoup de leur passage sur la Dave Mustage.


Cécile Guillot fait partie de ces auteurs français que j’aime beaucoup lire, notamment car elle aborde souvent des thèmes qui me plaisent et me parlent. Avec sa jolie couverture dessinée par Anna Marine et les mots Sorcière et Hécate sur la couverture, je ne pouvais guère que succomber. La voie de la sorcière est le premier tome, aux éditions du Chat Noir. Synopsis ?

La voie de la sorcière, Fille d’Hécate Tome 1, de Cécile Guillot

Maelys est une jeune étudiante en psychologie. Au détour d’un couloir, elle tombe sur un doctorant qui lui propose d’être cobaye pour une expérience. Ce qu’elle ne savait pas c’est que cette expérience allait lui faire découvrir qu’elle a un don d’empathie. Commence alors une profonde réflexion sur elle-même, sur ces pouvoirs, et la découverte de la magie.

Comme le résumé peut le laisser entendre, Fille d’Hécate semble être une sorte de récit initiatique. Ici c’est la première étape, Maelys découvre qu’elle a des pouvoirs et commence à entrapercevoir le monde de la Wicca, de la sorcellerie, et du surnaturel. Et du coup, il est très facile pour le lecteur de s’identifier à l’héroïne. Nous sommes (enfin, presque) comme elle, totalement innocents et novices et nous découvrons avec elle cet univers.

Cécile Guillot

Cécile Guillot

Le rythme est assez lent, on est plus face à un roman assez contemplatif qu’à un roman d’action. C’est en quelque sorte une lecture reposante, et apaisante. Personnellement, j’ai bien aimé car malgré le fait qu’il ne se passe que des choses assez subtiles, ça se lit très bien, et le format assez court (135 pages) permet de ne pas s’ennuyer. J’avoue cependant que j’aurais aimé en savoir plus sur la Wicca, mais l’auteur conseille des livres à la fin et je pense que je me les procurerais.

Il est facile d’entrer dans le roman, d’une part comme je l’ai dit car nous découvrons l’univers en même temps que Maelys, mais surtout car le livre est extrêmement ancré dans la vie courante. Il se passe à Aix-en-Provence, une ville que je connais bien, il était donc extrêmement facile de se projeter dans le livre, de visualiser le cours Mirabeau, Pizza Capri, et j’en passe. L’auteur est bien renseignée et semble bien connaître la ville.

Alors forcément, ça fait que je suis pas très objective, car s’est mêlé au livre un plaisir de retrouver cette ville. C’est un peu comme si un bouquin de vampire se passait à Blois quoi.

La voie de la sorcière, Fille d’Hécate Tome 1, de Cécile GuillotL’héroïne est une fille comme tout le monde, ni trop aventureuse, ni trop mystique, c’est une fille normale. Le réel défaut que j’ai trouvé au livre, c’est que l’héroïne accepte un peu trop facilement ce monde surnaturel. Elle a bien un petit passage de doutes, mais rapidement effacé et elle embrasse ensuite totalement la magie. J’ai trouvé ça un peu rapide et ça m’a empêchée de la trouver réellement crédible comme héroïne. Du fait du court format cité précédemment, les personnages secondaires sont assez succins, mais bien définis et aisément reconnaissables. On n’est pas perdu.

La voie de la sorcière est un roman qui se lit facilement, rapidement, et dans lequel on entre facilement. Cécile Guillot nous y lève un peu le voile sur un monde et une philosophie de vie empreinte de paix ainsi que de sagesse, le tout ne pouvant que donner envie d’en savoir plus. C’est une lecture que je vous conseille si vous êtes sensible à cet univers.


Devil City, Tome 1, de Jana Oliver

Tuer un démon c'est trop facile, et si on les piégeait ?

illman dans Critiques, Livres le 18 juillet 2012, avec aucun commentaire
Critiques

Devil City est une série de romans de l’auteure américaine Jana Oliver, traduit par Nenad Savid pour la parution chez Castelmore début 2012. Dans le genre de l’Urban Fantasy pour ado, Devil City peut-il tirer son épingle du jeu grâce à son premier tome ? Le synopsis apportera un premier élément de réponse.

Devil City, Tome 1, de Jana Oliver

Riley est une jeune fille qui ne rêve que d’une chose devenir, comme son père, un piégeur de démon. Mais alors qu’elle traque des petits démons en solo, des évènements étranges et surtout suspects vont se produire avec pour dénominateur commun sa personne. L’adversité va la rattraper dans cet univers dévasté et ultra-capitaliste où les complots font rage.

Je reste volontairement très vague pour ne pas griller des tournants du scénario, même si je dois avouer que certains sont plutôt téléphonés et que vous le sentirez arriver à des kilomètres, notamment l’évènement qui va constituer l’élément perturbateur de l’histoire. Malgré tout c’est suffisamment bien amené pour nous maintenir en haleine. De ce coté là le rythme est soutenu, alternant passages d’action avec les passages romances, et on va dire « drame ». Au fil des pages et avec un démarrage un peu poussif, le roman se transforme petit à petit en véritable petit page turner comme diraient certains.

Jana Oliver

Jana Oliver

Coté personnage, bon ben formatage pour adolescents oblige, on a droit a deux-trois clichés. D’abord Riley, l’héroïne, jeune fille à la sortie de l’adolescence mais qui n’a pas vraiment fini sa rébellion, campe un personnage fragile sous ses dehors de durs à cuire. Là où c’est un peu original, c’est dans sa relation à l’argent, et l’auteur se délecte de la mettre dans des situations délicates. Je ne me rappelle pas avoir déjà lu une histoire dans ce genre où un personnage se demande comment il va boucler ses fins de mois, en tout cas de manière aussi marquée. Beck, le disciple de son père, est un ancien soldat un poil alcoolo mais parfaitement fiable en cas de crises. Il est un peu tourmenté, sur-protecteur et a un comportement parfois ambigu, c’est ce qui fait l’intérêt du personnage.

Des personnages secondaires font progressivement leur entrée dans l’histoire, étoffant le panel de prétendants de la donzelle jusqu’à un potentiel quadrilatère amoureux. On trouve aussi un type de personnage très prisé de ce genre de littérature, un maître bien grincheux, franchement antipathique et évidemment sexiste avec en bonus un côté bien vulgaire. Bref on a largement quoi faire pour occuper l’héroïne dans l’histoire. Ça c’est pour le coté gentil, car coté méchant aussi c’est plutôt sympa, entre les démons tous plus velus et dangereux les uns que les autres, on retrouve les nécromanciens, des méchants intriguant qui donnent envie d’en savoir plus sur leur organisation.

Devil City, Tome 1, de Jana OliverL’univers est lui aussi plus qu’intrigant, l’auteur reste vraiment vague sur son monde. On est à mi-chemin du post-apo avec un monde en pleine récession économique couplé à la pullulation des démons sur Terre. L’église et le Vatican se sont donnés pour mission d’exterminer cette menace et paye les piégeurs pour qu’ils récupèrent les démons dont ils font je ne sais quoi. Si je devais faire un reproche à ce niveau, c’est que l’on n’a pas assez de background, pas une vue d’ensemble, je pense que ça aurait pu être intéressant, j’espère que l’auteur garde ça pour la suite.

Ce premier tome de Devil City est un beau bébé de 448 pages. C’est mon premier Castelmore et je suis plutôt content de l’édition que j’ai entre les mains. Bon par contre je ne me fais plus d’illusion sur les couvertures d’Urban Fantasy. Même si l’on atteint pas la laideur de certains Milady, celle concoctée par Noëmie Chevalier à partir de photographies est loin de taper dans l’exceptionnel.

Je suis finalement tombé dans les rets du premier tome de Devil City. Alors que je pestais contre des débuts un peu laborieux, j’ai commencé à me prendre à l’histoire de Jana Oliver pour en dévorer la fin. Il me reste à attendre la sortie de la suite… Et ça risque d’être une longue attente.