Silence, ça tourne ! #19

dabYo dans Actualités, Films le 9 février 2012, avec 4 commentaires
Actualités

Comme chaque semaine (ou presque), les films et séries que nous avons vu, et auxquels vous échapperez peut être, grâce à nous.

J. Edgar de Clint Eastwood

J. Edgar de Clint Eastwood avec Leonardo DiCaprioVu la semaine dernière mais oublié de notre silence précédent, J. Edgar est le dernier film en date de Clint Eastwood. Vous le savez, nous sommes de grands amateurs de ses œuvres, que ce soit en tant qu’acteur ou que réalisateur. Il était donc évident que nous nous déplacions rapidement pour aller voir son nouveau long-métrage. Cela dit, depuis Gran Torino, il faut avouer que ses œuvres nous ont laissé sur notre faim: Invictus manquait de panache, et Au Delà frôlait presque avec l’ennui.

Alors qu’en est il de cette biopic de J. Edgar Hoover, célèbre et controversé directeur du FBI pendant près de quarante ans ? Et bien, le bilan est beaucoup plus contrasté, en nuances. Si vous vous attendez à de l’action, vous pouvez sauter votre tour tant le rythme est relativement lent. Et ce malgré une abondance d’ellipses en tout genre, d’effets de narration, de changements de perspective.

Car dans J. Edgar le spectateur passe d’une époque du passé, correspondant à certains passages clefs de la carrière de Edgar et importants pour l’histoire moderne des États-Unis, au présent du personnage. Du moins, ses derniers instants de vie. Cette alternance constante des époques, des périodes, de l’âge des personnages et des relations est, il faut le dire, parfois difficile à suivre. D’autant qu’il arrive que, sans culture assez poussée de l’histoire des USA, on n’arrive pas à vraiment comprendre les enjeux, ce qu’il est entrain de se passer et pourquoi cela sera important par la suite.

Le film permet donc d’une certaine manière de nous y intéresser, d’en apprendre un peu plus et nous invite à nous documenter par la suite, pour mieux en comprendre les éléments. Cela dit, même sans cela, on appréciera tout de même le rythme, cette histoire d’un homme pas toujours en phase avec les autres, assez introverti quelque part, en difficulté et obligé de paraître comme un roc devant tous les autres. Car si il arrive que l’histoire du pays soit parfois floue, celle de l’homme, de ce qui l’a forgé est plus que bien retranscrite.

J. Edgar de Clint Eastwood avec Leonardo DiCaprio

Au casting on retrouve une fois encore un Leonardo DiCaprio qui joue très bien, extrêmement bien un rôle qui, il faut l’avouer, était plutôt risqué. Pour lui donner la réplique, principalement Armie Hammer, que l’on a pu découvrir dans un rôle ingrat de The Social Network.

Et du coup, j’avoue que je ne saurai même pas dire ce que je pense vraiment de J. Edgar, tant je suis partagé. Un bon film, mais qui n’est malheureusement pas un film incontournable.

Et vous, vous avez vu des trucs dernièrement ?


Le Trône de Fer de George R.R. Martin est sans aucun doute l’une des séries de Fantasy qui se prête le plus aux jeux de stratégie. Ça tombe bien puisqu’il existe depuis quelques années maintenant une adaptation en jeu de plateau chez Fantasy Flight Games. Après avoir été en rupture de stock pendant de nombreux mois, notamment à cause du succès de Game of Thrones, il vient tout juste d’être réédité dans une version revue et corrigée, localisée en français par Edge. C’est donc l’occasion pour nous de vous en parler, puisque nous y jouions depuis de nombreux mois déjà avec la première édition.

Le Trône de Fer, le Jeu de Plateau

Il s’agit donc d’un jeu de plateau jouable de 3 à 6 personnes. Chaque joueur incarne l’une des cinq maisons majeures qui luttent sur les terres de Westeros: Stark, Lannisters, Baratheon, et si le nombre de joueurs s’y prête, Hautjardin et Greyjoy. Le but assez évident est de conquérir les différents territoires de Westeros pour imposer sa supériorité grâce aux différentes citadelles, châteaux et territoires de ressources.

Plateau du Jeu de Plateau Le Trône de Fer

Les ronds verts, jaunes, sur le plateau sont les ordres données aux unités (pièces en bois jaunes, vertes)

La première chose sur laquelle il me faut fortement insister, c’est qu’il ne s’agit pas d’un banal jeu de plateau auquel on aurait ajouté une licence: tout dans cette adaptation transpire le Trône de Fer. Le plateau bien sûr, territoires de Westeros, les différentes pièces et cartes à l’effigie des personnages, mais surtout, le système de jeu et la tension qu’il provoque entre les joueurs.

Le principe d’information différée que j’évoquais souvent dans les chroniques des livres est ici parfaitement respecté. Chaque début de tour, les joueurs doivent donner des ordres aux différentes unités de sa maison présentes sur le plateau. On y compte cinq types d’ordres, déplacement offensif, maintient défensif, maintient de coopération, raides et influence sur le pouvoir. Ce ne sont pas les noms officiels, c’est juste pour vous donner une idée de ce que chacun fait. Les ordres sont donnés face cachée, et lorsque tout le monde a placé ses ordres sur le plateau de jeu, ils sont retournés pour être révélés. Chaque joueur pour les placer doit donc déterminer ce que feront le plus probablement les autres et agir en conséquence pour anticiper et ainsi minimiser les dégâts, en quelque sorte.

Cette partie du jeu est à la fois une sacrée prise de tête, et à la fois l’une des plus intéressantes. Comment placer nos ordres, qui sont limités à trois par type et un seul par unité, pour se défendre efficacement tout en étant offensif pour se rapprocher de la victoire. Plus l’on est proche de la fin, plus il faut être prêt à sacrifier quelques territoires pour remporter le tout et analyser les différents scénarios possibles. Une fois les ordres découverts, il faut alors les exécuter, suivant le type, puis chaque joueur ayant son tour. Ainsi, si deux joueurs ont placé des ordres d’attaques, il leur faudra choisir lequel ils vont jouer en premier, ce qui peut avoir une conséquence assez forte.

Plateau du Jeu de Plateau Le Trône de Fer

Comme dans le Trône de Fer, ici, c’est chacun pour soi. Mais cela ne veut pas dire que deux joueurs, voire plus, ne peuvent pas joindre leurs forces temporairement lorsque cela les avantage mutuellement. Chaque attaque est précédée par un tour de table pour que d’éventuels alliés fassent connaître leur support à chaque opposant, s’ils le souhaitent. S’engage ensuite le conflit: chaque camp a un nombre de points d’attaque, auxquels vont peut être s’ajouter ceux d’une carte de héros. En effet, chaque maison dispose de 6 cartes de héros, qui lorsqu’elles sont jouées au cours d’une bataille permettent d’augmenter sa force de combat, ou d’autres effets plus stratégique.

On retrouve dans ces cartes les personnages principaux de la série, Ned et Robb pour les Starks, Cersei et Jaime pour les Lanisters, etc. Il faut d’ailleurs préciser que si les personnages présents vont jusqu’au tome 9 (ou 3ème intégrale), il n’y a pas de réel spoil à prévoir. Les personnages sont d’ailleurs superbement illustrés et un véritable régal pour les yeux. D’une manière générale d’ailleurs, le jeu de plateau est d’une grande qualité graphique.

Cartes du Jeu de Plateau Le Trône de Fer

Les différentes cartes maison du joueur Stark, on retrouve les héros des romans. Certains ont des effets bonus qui permettront au joueur d'obtenir un avantage en cas de victoire, ou de surprendre son adversaire

Afin d’amener un peu de variété dans les parties, chaque tour ont lieu des événements aléatoires qui peuvent avoir un très gros impact sur la suite du jeu: ravitaillement et recrutement des armées, attaque des sauvageons, ou encore jeu des trônes. Là encore les événements ne sont pas mis au hasard et conviennent parfaitement à l’ambiance de la série. On pourrait craindre que du coup, le tout perde en stratégie, mais c’est presque tout le contraire. Cela permet aussi et surtout de différencier totalement chaque partie.

Au final, l’adaptation en jeu de plateau du Trône de Fer créée par Christian T. Petersen est une réelle réussite. Avec ses illustrations soignées et ses éléments repris du roman, on aurait vraiment l’impression de jouer sur les terres de Westeros. Mais au delà de cette ressemblance, le jeu en lui même est vraiment prenant et vous permettra de passer d’excellents moments. D’autant qu’avec des petits aléas dans le jeu, on pourrait presque dire que chaque partie est unique. Un achat très facilement rentabilisé, en somme.

Le Trone de Fer Le Jeu de Plateau Seconde EditionA noter que visiblement, la seconde édition du jeu de plateau du Trône de Fer permet de jouer jusqu’à six joueurs dans sa version basique, avec l’ajout de la maison Martel. De même, et ajout des plus sympathiques, à priori les deux extensions Tempête des Lames et La Bataille des Rois seraient directement inclues dans l’édition, ce qui est un sacré plus. N’ayant pas encore eu l’occasion de les tester, je ne puis dire ce que cela change réellement. Outre ces changements, on pourra aussi noter un petit re-design des cartes, de nouveaux artworks, et surtout une refonte du plateau, moins « flashy ».

Mais d’une manière générale, rien qui ne change drastiquement le principe du jeu.


Parmi les dernières sorties des éditions Camion Blanc se trouvait l’Abécédaire des musiciens en galère – et de ceux qui les voient ramer de Nicolas Muller. J’attendais la sortie de ce livre depuis son annonce. En effet, Nicolas Muller, batteur de Metal français connu sous le pseudo de Ranko, se proposait de nous montrer un peu ce qu’il y a de l’autre coté de la scène, dans les coulisses, nous entrainer dans le quotidien de milliers de musiciens. Le fait qu’il soit français et (ex-)membre de formations françaises reconnues mais loin des superstars promettait une analyse somme toute plus réaliste du quotidien de musicien que les bouquins de Nikki Sixx.

Abécédaire pour les musiciens en galère - et ceux qui les voient ramer

Le roman se découpe en plusieurs grandes thématiques, Les débuts, Les premières scènes, Le chemin vers la gloire, etc. Chacune des partie comporte donc 27 termes : définitions, anecdotes, conseils en tout genre, pour la plupart tirées de l’expérience personnelle de l’auteur, ou de personnes qu’il a côtoyé au long de sa carrière.

Nicolas Muller alias Ranko

Nicolas Muller alias Ranko

Le style tout d’abord est vif, direct, mais non dénué d’humour. En effet on rit pas mal à la lecture de ce livre, pas forcément de la manière voulue par l’auteur. Du comique de situation, de l’absurdité ou le surréalisme de certaines scènes notamment. On voit l’auteur nous expliquer par a+b quels sont les meilleurs endroits pour piquer un roupillon avant un concert (pas derrière le camion, si on en croit les récents accidents). Ce n’est pas vraiment le genre de choses que l’on trouve dans n’importe quel livre, avouons le. L’auteur écrit bien, c’est fluide, et son ton n’est ni paternaliste ni trop défaitiste.

Mais le plus important c’est le contenu. Et celui ci est excellent, vraiment. Tout d’abord, on sent la vérité, on sent l’expérience, les galères des plans foireux, les tournées éprouvantes, l’hygiène déplorable. Ce qu’on connait de loin quand on traine avec des gens du milieu, ou qu’on soupçonne quand on réfléchi deux secondes, est bien traité, sans complaisance, sans trop de partis pris. Tous ces petits détails qui font d’un métier ce qu’il est, toutes ces petites choses auxquelles on ne pense pas.

Le livre est utile pour les jeunes musiciens, car il permet d’éviter certains écueils et Nicolas Muller donne des conseils pratiques, facile à mettre en œuvre, sur des points auxquels on ne pense pas forcément quand on débute. C’est comme quand on va à son premier Hellfest, si personne ne nous le dit, on ne pense pas aux bottes de pluie, ni à se faire une robe en sac poubelle. Les situations à éviter pour avoir un line-up stable, les premiers concerts sont des chapitres truffés de bons conseils à mettre dans toutes les mains.

Abécédaire pour les musiciens en galère - et ceux qui les voient ramerMais c’est aussi un bouquin utile pour les amis, les potes qui comprennent pas toujours, ou bien les petits chroniqueurs, comme nous. Car on n’est pas dans le même monde, il y a des choses qu’on ne peut pas deviner si on ne l’a pas vécu. Et c’est passionnant, c’est parfois cru, mais c’est un bouquin à lire absolument si on s’intéresse de près ou de loin au milieu du Metal en France. L’auteur n’a pas de tabou et est très réaliste sur le marché et l’absence de reconnaissance du genre dans notre contrée. Quelque part, c’est limite déprimant, d’ailleurs.

En tout cas, cet Abécédaire des Musiciens en Galère, français, au style  agréable, bourré d’humour et de réalisme est un livre que je vous recommande plus que chaudement, quelque soit votre connaissance du milieu vous en apprendrez toujours. Et vous rigolerez aussi, beaucoup. Une excellente publication des éditions Camion Blanc.


C’est Lundi, que lisez vous ? #32

Serafina dans Actualités, Livres le 6 février 2012, avec 13 commentaires
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Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine.

dabYo

Matricia de Charlotte BousquetJe suis toujours dans les premiers chapitres de Matricia de Charlotte Bousquet, bien que mon rythme de lecture soit désormais bien plus rapide. Et pour cause, puisque le roman de l’auteur française est vraiment passionnant. On retrouve la même ambiance que dans ses autres récits concernant l’Archipel des Numinées, avec en plus une structure narrative très sympathique qui va être l’habile occasion pour l’auteur de nous faire découvrir le passé de deux personnages charismatiques. Très prenant.

C’est d’autant plus agréable lorsqu’on se rend compte que Matricia vient parfaitement s’appuyer sur la nouvelle que j’ai lu dans l’anthologie Victimes et Bourreaux, et qui me donne envie de découvrir celle qu’elle avait écrit pour Magiciennes et Sorciers.

Serafina

Sherlock Holmes: de Baker Street au grand écran de Natacha LevetJ’ai continué le recueil de nouvelles Ghost Stories, mais sans grand enthousiasme. A part les deux nouvelles que j’évoquais la semaine dernière, aucune ne m’a réellement marquée, et certaines m’ont même agacée à cause de leurs similitudes trop marquées avec d’autres nouvelles du même recueil. Un peu dommage sur 17 nouvelles de se retrouver avec deux nouvelles sur le même thème et le même twist final. Il me me reste que 150 pages et j’espère que je préfèrerais la fin.

J’ai aussi lu Sherlock Holmes: de Baker Street au grand écran par Natacha Levet, un écrit assez universitaire de 200 pages sur le mythe Sherlock : sa naissance, son gain rapide de popularité et ses différentes adaptations. Natacha Levet s’intéresse aussi aux réécritures du mythe et à l’importance du Canon. Une étude passionnante, qui coïncide bien entendu parfaitement avec la sortie de Sherlock Holmes 2: Jeu d’Ombres de Guy Ritchie, que je comptais aller voir ce week-end mais que j’ai du annuler pour cause de neige.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Ce matin a été marqué par la diffusion de l’affiche définitive du Hellfest 2012 par ses organisateurs. Après deux très bonnes années 2010 et 2011, il était temps pour le festival Metal français clissonais de grandir, changer de terrain et augmenter sa capacité d’accueil. On peut dire que cela se ressent au niveau de l’affiche, puisqu’on retrouve cette année non pas quatre mais six scènes, thématiques comme bien souvent.

Hellfest 2012 Annonce

On retrouve bien entendu les grosses têtes d’affiches sur les deux MainStage, notamment pour nous King Diamond, Guns N’ Roses, Within Temptation et surtout, Mötley Crüe, et quatre autres scènes à thèmes: Altar, Temple, Warzone et Valley. Les deux premières seront programmées en alternance et on y retrouvera majoritairement du Death et du Grindcore pour la première, du Black et du Pagan sur la deuxième. Côté Warzone, c’est celle qui se rapproche le plus des premières Terrorizer Tent, avec beaucoup de Punk et de Hardcore, tandis que la Valey fera la part belle au Doom, Stoner et autres Sludge, très présents en 2011 et qui avaient bien besoin de leur propre espace.

Affiche Hellfest 2012

L'affche finale (cliquez pour l'agrandir)

De notre côté, outre les grands noms, on a déjà hâte d’assister aux performances de Lamb of God et DevilDriver, qui nous avait séduit en 2009, Moonsorrow qui était déjà passé par là en 2010, Enslaved, The Devil’s Blood, Sunn O))), Crashdïet ou encore Vulture Industries.

Bref, les groupes attendus de notre côté ne manquent pas et on sent déjà venir les dilemmes. Il ne reste plus qu’à espérer que les récents déboires de santé de Tonny Iommi ne remettent pas en cause la participation de Black Sabbath pour la clôture du festival ! On essaiera de vous faire un compte à rebours chaque dimanche, avec un morceau emblématique des principaux groupes.

Cette nouvelle édition risque en tout cas une fois encore d’être un grand moment pour notre été, on espère bien vous y voir ! N’oubliez pas de prendre vos tickets assez vite, car chaque années les pass, notamment ceux de trois jours, partent très vite !

Et vous, vous allez y voir quoi ?


Après avoir été largement conquis par l’Ombre de Saganami de David Weber, deux tomes se déroulant dans l’Univers de Honor Harrington, un gigantesque Space Opera qui mêle stratégie militaire à Hard SF, j’ai décidé d’aller plus loin. Et j’ai donc entamé le tronc principal de la série, Honor Harrington, par le bon milieu, En Mission, le 17ème et dernier tome en date aux éditions l’Atalante. Certains de l’équipe diront sans doute mer il et fou, ne partageant pas tout à fait mon enthousiasme pour cette série au déroulement posé, assez long et surtout complexe, mais qu’à cela ne tienne. Je dois déjà vous le dire, je n’ai pas regretté ma rencontre avec Honor Harrington. Synopsis.

En Mission Honor Harrington de David Weber Tome 1

Le conflit entre la République de Havre et le Royaume de Manticore vient sans doute de passer à un stade inattendu. La supériorité militaire des sujets de sa majesté est telle qu’il semblerait bien que l’issue du conflit soit toute proche. Reste à savoir si un accord peut être trouvé entre ces deux entités néo-barbares ou si Manticore n’aura d’autre choix que de raser toutes les infrastructures de son ennemi du moment. Car le temps presse pour les manticoriens, qui risquent bien de se retrouver en guerre avec la Ligue Solarienne à cause de fâcheux évènements.

Il suffit de lire ce synopsis pour comprendre qu’on est face à du lourd, de la spatio-politique comme on peut, ou pas, l’aimer. Ne partez pas en courant, derrière ces noms quelque peu barbares se cache surtout un univers toujours aussi fascinant. Je l’avais plus ou moins découvert avec l’Ombre Saganami, mais cette histoire là se concentrait surtout sur l’histoire d’un équipage de vaisseau et un tout petit système de planètes. Dans En Mission, le spectre de l’intrigue politique et militaire, est beaucoup plus vaste, contenant grosso-modo tout l’espace délimité par l’univers d’Honor Harrington.

Et c’est passionnant. Vraiment. Les pions se mettent en place, les situations se dessinent peu à peu et on visualise l’intrigue que David Weber mets en place. La narration se fait autour de plusieurs personnages. Si le Royaume de Manticore est plus ou moins vu comme les gentils, cela ne nous empêche pas pour autant de suivre ses ennemis. Ces derniers sont en général entrevus le temps d’un chapitre, la suite de l’histoire pouvant les évoquer où les voir évoluer à travers d’autres yeux. Alors bien entendu, cela demande au lecteur une concentration assez forte, puisque chaque personnage évolue souvent dans sa propre sphère de relations, amenant là de nombreux noms de personnages.

Mission of Honor Honor Harrington Tome 12 David Weber

C’est peut être là un des points faibles du roman pour ceux qui n’aiment pas les aspects complexe. Car en plus d’avoir un univers vaste, de s’étendre assez souvent sur les technologies utilisées, de proposer des intrigues difficiles à appréhender, il faut en plus faire avec des personnages que l’on n’arrive pas toujours à situer. Accepter donc de ne comprendre parfois qu’une partie pendant un moment, avant que le déclic n’ait lieu. On pourrait penser que cela vient du fait que j’entame la série en cours de route, et cela vient sans doute en partie de ça, mais pas seulement, puisque je dois avouer qu’avais déjà oublié certains personnages rencontrés dans L’Ombre de Saganami.

En Mission Honor Harrington de David Weber Tome 1Ce tome en tout cas arrive particulièrement bien à créer une situation de tension intense, avec une sorte de longue montée en puissance. Très impressionnante, chaque passage est amené avec soin pour amener à une sorte de passage décisif qui ne dépareillerait pas dans un Trône de Fer par exemple. Passé les premiers chapitres d’introduction, j’ai vraiment eu du mal à me décoller du livre pour ne pas le dévorer.

Au final, cette première partie d’En Mission m’a vraiment conquis. Pour peu que vous ne soyez pas réfractaire aux situations complexes et à la Hard Science-Fiction d’une manière générale, Honor Harrington est vraiment une série à lire. Je ne conseillerai peut être pas de commencer avec ce tome, le premier pourrait tout à fait convenir, mais il est évident qu’il faut y avoir jeter un œil au travail de David Weber. Pour sa maîtrise, pour son univers cohérent, et ces situations de tension tout simplement jouissives.


Silence, ça tourne ! #18

dabYo dans Actualités, Films le 2 février 2012, avec aucun commentaire
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Première séance pour cette année 2012 de Silence, ça tourne ! Comme chaque semaine (ou presque), les films et séries que nous avons vu, et auxquels vous échapperez peut être, grâce à nous.

Urgences Saisons 1 et 2

Urgences (ER) Saison 2On a donc continué ma séance de rattrapage de la série culte Urgences, que je n’avais jamais vu jusqu’alors. Après avoir enchaîné les quinze premiers épisodes, le marathon a continué jusqu’à la presque fin de la Saison 2.

Je dois avouer que pour le moment, la formule semble toujours marcher. La monotonie probable de la structure, une journée aux urgences étant grosso modo rythmée de la même façon à chaque fois, est pour le moment compensée par des histoires personnelles et des petits rebondissements sympathiques.

On retrouve aussi quelques très bons épisodes, très prenants et assez durs émotionnellement parlant, lorsqu’on s’attarde un peu plus sur certains cas particuliers: accouchement difficile, accident d’un pompier, etc. C’est de loin les meilleurs épisodes jusqu’à présent.

Cela dit, je dois quand même regretter un certain essoufflement, la série reste bonne, j’ai toujours envie de la suivre, mais il n’y a plus le même attrait que pour les premiers épisodes. Chose bizarre s’il en est puisqu’une série comptant près de 15 saisons doit avoir un certain niveau constant pour avoir réussi à tenir aussi longtemps.

A voir donc.

Et vous, vous avez vu des trucs dernièrement ? Doug Ross ne vous donnait pas l’urticaire lorsqu’il parlait ?


Le Mal en la Demeure, premier tome du cycle des Âmes Déchues de Stéphane Soutoul avait été un de mes coups de cœurs de l’année 2010. J’avais adoré ce premier opus et de ce fait, j’étais très enthousiaste à l’idée de lire Le Sacrifice des Damnés, deuxième tome sorti il y a quelques semaines aux éditions du Petit Caveau. Illustré lui aussi par Cécile Guillot, ce roman de 180 pages ne m’a pas résisté bien longtemps. Synopsis ?

Le Sacrifice des Damnés de Stéphane Soutoul

Paul de Lancarme revient après de longues errances au domaine familial, celui des Lancarme, chasseurs de vampires renommés. Cependant il retrouve l’endroit à feu et à sang. Pire encore, sa sœur Leonore est portée disparue. Cette dernière et son fiancé Norman ont en effet été enlevée par une organisation pas très recommandable qui a de près affaire avec des vampires.

Bien que pouvant se lire totalement indépendamment du premier tome Le Mal en la Demeure, je ne peux que vous conseiller de lire d’abord celui ci. Il s’achevait en effet sur une présentation de Leonore, et effectivement cette dernière est cette fois au centre de l’intrigue. Bien qu’étant une suite assez directe, Le Sacrifice des Damnés s’en démarque sur plusieurs points. Si le premier tome était très contemplatif, ici on a un roman beaucoup plus rythmé, notamment grâce aux alternances de points de vue qui rendent le bouquin beaucoup plus haletant.

Stéphane Soutoul

Stéphane Soutoul

Les atmosphères sont toujours très agréables et jolies, mais on est moins dans la langueur et le mélancolique. Le style de Stéphane Soutoul est très agréable, et là encore, se lit très bien. Même si j’ai été enchantée du style de l’auteur dès ses premières nouvelles, l’amélioration est notable, avec une écriture toujours un peu désuète, mais plus fluide à la lecture.

Passer à un tome d’action n’est souvent pas un exercice aisé, cependant Stéphane Soutoul s’en sort plutôt bien. Le rythme ne faiblit pas et du coup le roman se lit très vite. Si le premier n’avait que très peu de protagonistes, celui ci en a beaucoup plus, et la plupart sont très réussis, je pense à Paul, à Leonore, à Norman son fiancé ou à Selene notamment. Seul point noir, le personnage de Sofia qui m’a joyeusement insupporté, correspondant trop à mon gout au stéréotype de la femme trop belle, qui sait trop bien se battre mais meurtrie. Elle est beaucoup moins en nuances que les autres, dommage.

C’est aussi l’occasion de voir l’auteur préciser sa version du mythe vampirique, qui est à la fois classique et originale. Le roman sent aussi les relents de sorcellerie, de démoniste, qui ne peuvent que me réjouir. Évidemment, 180 pages c’est assez court, donc tout n’est pas creusé en profondeur. On va à l’essentiel et ne se perd pas en chemin. Les événements relatés se déroulant d’ailleurs sur un laps de temps très court.

Le Sacrifice des Damnés de Stéphane SoutoulEn réalité le roman se compose de 150 pages qui constituent l’intrigue principal, puis une partie d’une trentaine de pages, qui permet de nous présenter ce qui sera sans doute le héros du prochain tome du cycle. Sans trop vous en dévoiler, je dois dire que j’ai été totalement enchantée par la tournure que semblent prendre les événements !

Encore une fois, cette publication de Stéphane Soutoul est une très bonne lecture, que je vous conseille fortement. Si vous avez aimé Le Mal en la Demeure, ou si vous aimez les vampires qui ne brillent pas au soleil, je ne peux que vous conseiller de découvrir la famille de Lancarme. Le Sacrifice des Damnés est un très agréable moment de lecture, que vous ne pourrez lâcher avant la fin.