La sortie du deuxième volet de l’adaptation de Sherlock Holmes par Guy Richie coïncide avec la deuxième saison du Sherlock de la BBC, autant dire que ce début d’année sera Sherlock ou ne sera pas. Et pour couronner le tout est sorti aux éditions Autrement l’essai Sherlock Holmes: de Baker Street au grand écran de Natacha Levet, professeure d’université à Limoge et spécialiste du roman noir. Cette dernière s’intéresse ici à la figure mythique crée par Arthur Conan Doyle et son folklore (Watson, Moriarty, etc…) à travers plusieurs thèmes : sa genèse, les influences de la formation de médecin de l’auteur sur le détective, les adaptations sur divers médias, les réécritures, la force de Sherlock dans l’imaginaire populaire etc…

Sherlock Holmes: de Baker Street au grand écran de Natacha Levet

Il n’est pas nécessaire de connaitre l’univers de Sherlock sur le bout des doigts pour lire cette étude, elle est même relativement accessible aux néophytes. En suivant une progression à peu près chronologique, l’auteur ne nous perd pas, et permet de comprendre petit à petit comment le personne a pu acquérir ce statut. Il est cependant évidemment préférable d’avoir des connaissances de bases, et d’avoir lu un ou deux écrits pour réellement apprécier la lecture et ses références aux enquêtes majeures du héros. Pour ceux qui ne le connaissent guère que par les dernières adaptations télévisuelles et cinématographiques, ce sera là l’occasion de revenir aux racines.

Le style est agréable, et malgré les nombreuses références et notes de bas de page, la lecture est fluide et agréable. Natacha Levet propose ici un travail très intéressant sur cette figure emblématique et lève certains points d’ombres peu connus des néophytes. Par exemple, non, Conan Doyle n’a jamais écrit la célèbre réplique « élémentaire mon cher Watson ». L’auteur évoque aussi le principe de Canon, si important dans la mythologie Holmesienne. On alterne des passages très accessibles, comme celui sur l’arrivée des attributs vestimentaires propre au personnage (le manteau cape, la pipe, etc), et des passages beaucoup plus universitaires comme la structure du récit ou l’étude du nombre d’éditions des écrits par pays et par année. Cependant, je pense que personne ne sera perdu.

Sherlock Holmes: de Baker Street au grand écran de Natacha LevetC’est une lecture qui permet de mieux comprendre l’attrait pour ce personnage mythique, qui a su redevenir à la mode au XXIème siècle alors qu’on est pourtant fort éloigné de l’atmosphère victorienne. Et c’est encore plus vrai quand on voit la campagne « I believe in Sherlock » qui a récemment envahi les murs de Paris, ou l’attrait pour Sherlock sur Tumblr ! C’est tout bonnement fascinant cet attrait pour un personnage pourtant crée il y a si longtemps.

Si vous êtes intéressés par le personnage ou tout simplement par les grands personnages de la littérature, ne passez pas à coté de Sherlock Holmes: de Baker Street au grand écran. Je sais que le coté universitaire peut faire peur, mais il n’en est rien, l’essai de Natacha Levet est très abordable, avec juste ce qu’il faut de notes et de références, accessible à tous et qui devrait vous en apprendre beaucoup et vous faire voir cette effervescence Sherlockienne sous un œil un peu plus analytique.

 


C’est Lundi, que lisez vous ? #34

Serafina dans Actualités, Livres le 20 février 2012, avec 4 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine.

dabYo

N’ayant pas la chance de pouvoir lire dans le train alors que j’y ai pourtant passé une bonne quinzaine d’heures, cette semaine m’aura seulement permis de lire les derniers chapitres de Matricia de Charlotte Bousquet. Et qu’en dire, si ce n’est que j’ai complètement adoré ce roman du début jusqu’à sa fin, et que j’ai très hâte de continuer mon périple au sein de l’Archipel des Numinées ?

Serafina

J’ai terminé Ghost Stories, et heureusement pour moi, les dernières nouvelles sont les meilleures. Celles de Jeanne A. Debats et de Lionel Davoust m’ont énormément plu et touchée, ce qui me permet de finir cette anthologie sur une bonne impression, malgré ses longueurs et les nouvelles du milieu qui ne m’ont pas spécialement bottée.

Dames de Lune, Fées des brumes de Cécile Guillot aux éditions du Chat NoirPrenant le train, Le Dernier Vampire était un peu lourd à trimballer, alors j’ai commencé Dames de Lune, Fées des brumes, une autre anthologie, mais aux éditions du Chat Noir cette fois ci, dirigée et illustrée par Cécile Guillot. Si la couverture n’est pas ma préférée de cet éditeur, les illustration intérieures elles sont vraiment très jolies. J’en suis à la moitié, et sans surprise j’ai beaucoup aimé celles que j’ai lues, le recueil est diversifié et avec des ambiances très sympathiques. Mention spéciale à celle de Stéphane Soutoul que j’ai vraiment adorée

Et puisque je suis devenue une fangrill du nouvel Eluveitie, Helvetios, j’ai honteusement entamé Les Gaulois, les fiers ennemis de Rome de Jean-Louis Brunaux que j’avais offert à dabYo à Noël. Ce livre documentaire n’est vraiment pas beau et les illustrations de très piètre qualité, mais l’histoire et les particularités de ce peuple que je connaissais fort peu sont bien expliquées.  Le livre tort le cou à un certain nombre de préjugés, ce qui n’est pas plus mal puisque l’Histoire, telle qu’enseignée à l’école ne m’a jamais passionnée, et que du coup ma seule référence gauloise était Asterix.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Suleyman de Simon Sanahujas

illman dans Critiques, Livres le 17 février 2012, avec aucun commentaire
Critiques

Suleyman de Simon Sanahujas est un roman de Science-Fiction paru en poche aux éditions Lokomodo en 2011, et au préalable chez Rivière Blanche en 2005 pour le grand format. La couverture de l’ouvrage qui fait 250 pages est de Michel Borderie, je ne la trouve pas terrible et dieu sait qu’il est capable de beaucoup mieux. L’auteur est un très gros fan de Robert E. Howard, et de son personnage Conan au point qu’il lui a consacré un essai. Et cela se sent dans Suleyman, mais avant d’entrer dans les détails, direction le synopsis.

Suleyman de Simon Sanahujas

Zoé habite tranquillement à Lyon lorsqu’un jour elle est témoin d’une conversation entre des gens d’un groupe patibulaire. Bien qu’elle n’entende même pas ce qu’ils disent, ni une des deux le groupe se met immédiatement à sa poursuivre. Quand tout à coup un mec qui passait là par hasard colle une rouste à un de ses poursuivants et embarque la jeune femme vers la sécurité. Cet homme c’est Suleyman, et avec l’aide de Mercenaire qu’ils ont croisé en chemin, il compte bien ramener Zoé au Conseil.

Avouez que ça vous fait envie tout ça, et le quatrième de couverture n’aide pas, il m’a malheureusement rappelé les histoires que l’on retrouve dans les fan-fictions, le tout dans un univers original. Force est de constater que j’ai malgré moi commencé par le considérer comme tel au début. 250 pages de lecture plus tard, c’est principalement deux gros points noirs que je regrette.

Tout d’abord les personnages. Lorsque dès le premier contact avec l’un des personnages principaux, en occurrence Zoé, mon cerveau se met à hurler “Mary-Sue”, c’est que ça commence mal. Personnage à la présence fantomatique et dans le plus pur style caricaturale de la nunuche qui ne comprend rien à rien, Zoé incarne l’archétype du personnage qu’on a envie de baffer. Elle n’a d’intérêt qu’au début de l’histoire, sorte d’excuse à notre histoire, pour finalement se transformer en boulet pour Suleyman et Mercenaire. Et d’ailleurs en parlant de ces deux zigotos, dans la famille je voudrais le guerrier massif et balèze en armure qui lâche quasiment pas un mot, je vous présente Mercenaire, cliché quand tu nous tiens pour lui aussi.

Suleyman de Simon Sanahujas aux éditions Rivière Blanche

Couverture de l'édition de Rivière Blanche, bien moins réussie

Suleyman est quant à lui beaucoup moins typé que ses comparses, chauve et baraque, il se bat au nunchaku et est plus intelligent que ce que son physique pouvait laisser penser. Il arrive même à garder une petite part de mystère. Chose assez exceptionnelle vu le what the fuck d’or que l’on peut attribuer au traitement des relations entre les personnages. Alors que certains se connaissent depuis moins de vingt-quatre heures environ, ils se racontent déjà leurs vies privées la plus intime. Je ne suis pas un expert en relations humaines mais ça me paraît quand même extrêmement court, j’étais suffisamment sidéré pour enregistrer ma réaction au dictaphone. Mais le tableau n’est pas totalement noir, dans la seconde partie du roman les personnages gagnent un peu en crédibilité.

Le problème c’est qu’il y a malheureusement une première partie. J’ai rarement vu une telle différence de qualité entre le début et la fin d’un roman. L’intrigue peine sérieusement à démarrer, le rythme est mou malgré des scènes d’action très présentes. C’est télescopé, j’ai trouvé que ça manquait de cohérence, enfin bref, les ingrédients parfaits pour ne pas retenir l’histoire. Il n’y a pas grand chose d’autre à en dire… Et là tout d’un coup sans crier gare, on tombe sur un regain d’intérêt, tout ce qui manquait à l’histoire, comme si les deux parties n’avaient pas été écrites au même moment. Ce n’est bien évidement que mon impression, mais une impression forte tout de même. Cela est sans doute dû aux diverses révélations qui s’enchaînent, à l’univers qui se révèle à nous et au fait que j’avais enfin compris que les méchants ne sont qu’accessoires ici.

Suleyman de Simon SanahujasCar l’univers, ou plutôt le multivers, avait de sérieux atouts pour me plaire. Imaginez un système d’univers parallèles suffisamment différents de ce qui se fait d’habitude pour se payer le luxe d’être original, mais que vous mixez malheureusement avec un embrouillamini d’explications pas toujours très claires et vous obtenez un gâchis relevé. Car oui, si j’ai trouvé le début bien bazardélique, où on ne comprenais pas grand chose, j’ai fini par adorer son originalité quand les personnages se sont mis à être plus clairs dessus.

Suleyman est un roman qui peine à se trouver. Son début navrant et ses personnages font malheureusement oublier les qualités de la seconde partie qui s’avère plus que correcte. Dommage, j’ai tout de même envie de me plonger dans l’essai de l’auteur sur Conan, histoire de ne pas rester sur une expérience négative. Cela dit, en parcourant le net après avoir fini une grosse partie de cette chronique, je me suis rendu compte que j’étais quand même un des rares à émettre un avis défavorable sur ce roman de Simon Sanahujas, serais-je devenu plus exigeant ?


The Beginning and the End de Anathema

Serafina dans Actualité, Musique le 16 février 2012, avec 1 commentaire

Vous le savez, ici on (enfin, je) aime bien Anathema (qu’on a d’ailleur vu au Hellfest 2011). Les anglais sortent prochainement un nouvel album Weather System le 16 Avril. Faire suite à We’re Here Because We’re Here ne sera pas chose aisée, mais on attend avec impatience l’album ici.

La pochette de Weather System, le nouvel album d'Anathema

En attendant, en ce moment, vous pouvez télécharger gratuitement et légalement The Beginning and The End sur la maison de disque du groupe. C’est la septième piste de l’album. Je ne peux d’ailleurs que saluer cette initiative de donner un morceau en téléchargement gratuit.

Les fans du dernier album ne seront pas très surpris, on est toujours dans de l’atmosphérique, on retrouve la voix parfois dépressive de Vincent et la mélodie est jolie. Même si pour moi il n’y a plus l’intensité d’un Empty ou d’un Fragile Dreams, j’aime beaucoup le nouveau tournant d’Anathema, et leurs lives sont vraiment très bons.

Personnellement, c’est un morceau qui me donne plutôt une bonne opinion du futur opus, pas vous ?


Valentine de Xandria

Serafina dans Actualité, Musique le 15 février 2012, avec 4 commentaires

Vous vous rappelez peut être de Xandria, ce groupe de Metal à chanteuse un peu niaiseux, sympathique à écouter mais qui n’était pas non plus transcendant. Ceci dit, India est un album que j’ai beaucoup écouté lorsque j’allais à la fac. Depuis, Lisa Middelhauve leur chanteuse est partie, le groupe a trouvé une nouvelle demoiselle, Manuela Kraller, pour poser sa voix et ressort un album.

Valentine en est le premier extrait et le clip est sorti aujourd’hui. Honnêtement, on m’aurait parlé de Xandria il y a quelques mois, je n’aurais pas prêté une seule oreille. Cependant, depuis quelques semaines, le groupe commence à buzzer, critiques élogieuses sur des magasines, previews « étonnantes ». En effet, le groupe semble avoir laissé tomber sa pop metallique mielleuse  pour lorgner directement du coté du vieux Nightwish : voix de Soprano, guitares incisives, rapide, énergique, presque épique.

C’est un retour plus qu’inattendu et légèrement surprenant. Alors, certes, cela n’est pas vraiment super original, mais cela fait plaisir quand tous les groupes fondateurs ou presque ont totalement délaissé ce genre ! L’album Neverworld’s End sort le 24 et devrait être bientôt chroniqué ici ! Pour ceux qui apprécient le morceau, sachez qu’il est téléchargeable gratuitement sur la page de Napalm Records !

Et vous, qu’en pensez vous ? Vous connaissiez déjà Xandria ?


On vous l’a bien caché, mais on a succombé, et on a acheté Kinect. Enfin, j’ai voulu Kinect. Et Dance Central. So cliché. Devenant de ce fait l’experte Kinect de la rédaction, me voici pour vous parler d’un jeu Xbox Live Arcade de chez Double Fine Productions, studio du célèbre Tim Schafer et surtout connu ici pour avoir réalisé Brütal Legend. Aujourd’hui on ne sauve pas le monde du Metal, et on ne va pas voir un garagiste qui mange des chauves souris, mais on va jouer en famille, autour de la télé.

Happy Action Theatre de Double Fine Productions

Happy Action Theatre est un  party game. Des petits jeux, pour le fun, pour jouer avec les amis ou la famille. C’est du casual gaming, fait pour être accessible à tous sans forcément trop avoir à s’investir. Bien que j’aime aussi les « vrais » jeux, il faut dire que pour se détendre ou en soirée, ce genre de jeu est une valeur sure, enfin, souvent. Ici, Double Fine nous propose 18 petits jeux, allant de la simulation de poteaux pour pigeons à au plus classique casse brique « irl ». Les jeux s’organisent autour d’un univers très cinéma. En effet, nous sommes les acteurs, bien en gros au milieu de l’écran et interagissons directement avec les éléments affichés. Bref une orientation clairement orientée vers le fun entre amis au ridicule assumé.

Le jeu est assez simple, les joueurs entrent directement sur l’écran et peuvent jouer. Il faut d’ailleurs noter que contrairement à certains jeux Kinect, nous pouvons ici facilement jouer jusqu’à quatre joueurs en même temps. Le mode de jeu principal est relativement simple: les mini-jeux s’enchaînent les uns après les autres, environ toutes les deux minutes. Le temps de s’amuser un peu et de passer à autre chose avant que l’on ne se lasse du mini-jeu.

Pigeons de Happy Action Theatre de Double Fine Productions

Mais l’un des trucs les plus déconcertants, c’est qu’il n’y a souvent pas de but à ces mini-jeux. En majorité il n’y a pas de score, pas de consigne, juste à faire à peu près n’importe quoi et admirer les résultats, en déduisant les actions des conséquences qu’ont nos mouvements à l’écran. Alors certes, les succès donnent des sortes d’objectif (avoir 6 pigeons sur soi, faire pousser 200 fleurs), mais bon, ce n’est pas vraiment le but du jeu. C’est déroutant, car dans de nombreux mini-jeux, habitués que nous sommes au gaming, on commence par se demander ce qu’il faut faire. Si se voir envahi par des pigeons pourra faire rire une ou deux fois, une fois l’effet de surprise passé, je doute que cela soit le cas, certains mini-jeux étant donc relativement limité côté rejouabilité.

A vrai dire, d’une manière générale les mini-jeux sont assez inégaux, certains étant vraiment funs, d’autres laissant plus que perplexe une fois l’effet de surprise passé, misant principalement sur le comique de situation. Notre préféré est très clairement celui du casse brique. Un grand classique certes, sauf que là on dirige la barge en bougeant. C’est encore plus frustrant quand on perd, mais c’est surtout très très fun à jouer à deux !

Space Invader remake de Happy Action Theatre de Double Fine Productions

Si je ne pense pas que je rejouerais de moi-même à faire pousser des fleurs une fois que j’aurais eu le succès correspondant, je rejouerais sans hésiter au casse-brique ! Comme quoi c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleurs yaourt, car du côté de la rejouabilité et du fun au long terme, ce sont clairement les classiques qui ont notre préférence: casse-brique donc, mais aussi remake d’un Space Invaders ou encore un jeu où les joueurs s’envoient des boules de feu.

Happy Action Theatre de Double Fine Productions PackageDans l’ensemble, nous n’avons pas vu de bugs de reconnaissance, les temps de chargement sont minimes et le jeu fluide. C’est agréable à jouer. Niveau graphismes, on est dans le simpliste, c’est fait correctement, ça n’écorche pas les yeux, mais on a déjà vu mieux sur cette console.  Bien qu demandant de bouger, la plupart des 18 jeux sont accessibles à toutes les conditions physiques et on n’est pas crevé au terme d’une session de jeu contrairement à un Dance Central.

Si vous n’avez pas peur du ridicule, ou si voulez vous amuser avec des plus petits, Happy Action Theatre. Mais alors est-ce qu’il vaut ces 800 points ? Je ne saurais dire, si vous n’avez pas encore de Party Game, c’est clairement un bon choix, surtout vu le prix. Si de nombreux mini-jeux ne sauront vous convaincre niveau rejouabilité, d’autres sont clairement à essayer, le casse-brique et le remake de Space Invaders en premier.


Helvetios de Eluveitie

Serafina dans Critiques, Musique le 14 février 2012, avec aucun commentaire
Critiques

Parmi les quelques disputes courantes à la rédaction, on retrouve le débat quel est le meilleur groupe de Pagan, Pagan faisant ici office de genre fourretout, allant de Finntroll à Eluveitie, en passant par Korpiklaani mais sans y inclure le Black Metal. Bref, votre servante est une fervente admiratrice de Finntroll alors que dabYo penche plus sur Eluveitie, notamment depuis leur album de 2008, Everything remains (as it never was). Ce n’est donc pas forcément avec un apriori de fangrill que j’ai débuté l’écoute de Helvetios, le nouvel opus de la formation helvète.

Helvetios de Eluveitie Promo

Ce sixième album, si l’on compte leur album acoustique qui est assez particulier, est aussi leur premier concept-album. Il parle de la Guerre des Gaules, ou du moins de moments choisis de la Guerre des Gaules. Je suppose que c’est en partie pour servir leur histoire, mais en tout cas la plupart des morceaux de ce nouvel album sont chantés en anglais, alors que les précédents étaient souvent en ancien helvète. Si ce choix a ses avantages, notamment car plus aisé à comprendre et international, il perd quand même un peu du charme d’Eluveitie… Ce n’est pas forcément une surprise, puisque le tournant était déjà largement entamé dans le précédent album.

Le coté concept-album s’illustre aussi par trois morceaux parlés : PrologueTullianum et Epilogue, ce qui explique en partie le nombre assez impressionnant de pistes au compteur, 17. Ce à quoi il faut ajouter une piste de 2 minutes totalement instrumentale, Hope. De ce fait, contrairement à ce qu’on pouvait redouter au nombre de pistes, Helvetios n’est pas trop long. Car bien que j’aime les longs albums, force est de constater que souvent les opus longs contiennent une ou deux pistes superflues. Ce n’est ici pas le cas.

Eluveitie Hellfest 2010

Chrigel Glanzmann au Hellfest 2010

La production m’est apparue de bien meilleur niveau que celle des précédents. Les instruments traditionnels ressortent mieux sans pour autant éclipser les guitares. Le mix est vraiment bien fait. Et c’est un plaisir d’écouter les deux morceaux « acoustiques » de l’album que sont Hope, et le chant traditionnel et très étonnant de Scorched Earth, qui propose une complainte en helvète, quasiment a capella avec une très forte émotion.

Vocalement parlant, la voix grave de Chrigel sonne très bien, comme toujours, mais la surprise vient d’Anna, qui devient officiellement deuxième chanteuse avec ce disque. La progression depuis les précédents opus est impressionnante, et elle est capable de tenir sans faille des morceaux comme A Rose for Epona, évoquant la déesse gauloise des chevaux (avant de devenir destrier de Link dans Zelda). Ce morceau est d’ailleurs totalement ovni, vu que pas vraiment Metal, et avec la jolie vielliste seule au chant. Le choix de le sortir comme single peut sembler un peu étrange mais nul doute que cela saura amener un nouveau public. Ceci dit, Anna ne sait pas que faire de jolies vocalises, elle sait aussi gueuler et son chant écorché est régulièrement mis en avant, notamment sur The Siege. J’avoue être un peu perplexe sur le duo de grunt/scream mais il est clair que cela apporte de la nouveauté, et même une surprise lorsqu’on est habitué du groupe.

Je dois l’avouer, cet opus risque de mettre définitivement fin à la dispute qui nous oppose à la rédac’. Je n’attendais rien de Helvetios, n’ayant pas apprécié plus que cela les deux singles. J’ai apprécié le prologue. Et puis vint Helvetios, la piste éponyme. La claque. Celle qu’Eluveitie ne m’avait jamais donnée. Le prologue embraye sur une intro ultra symphonique, épique à souhait, des chœurs sur lesquels se posent les cris d’Anna, avant de partir avec les guitares incisives habituelles du groupe. Et ça, ça représente tout l’album, ses nouveautés avec les chœurs notamment, et je ne peux que mourir d’envie de voir cette putain d’intro en live.

Helvetios de Eluveitie Promo

Si certains morceaux ne surprendront pas le moins du monde les fans, tel Meet The Ennemy, le deuxième single de l’album qui reprend plus ou moins la formule d’un Thousandfold, ou encore Home qui est du même acabit, certains morceaux signent une réelle originalité. On y trouve par exemple Neverland au refrain totalement différent de ce que faisait le groupe jusque là, Alesia au duo vocal très sympathique ou encore Havoc au tempo extrêmement enlevé et très brutal. Nul doute que ce dernier mettra à mal bien des cervicales.

Avant de conclure, précisons tout de même que si Inis Mona de l’album Slania faisait doucement sourire le public français, leur faisant entonner « dans la vallée ohoooh de danaaa« , la troisième piste de l’album, Luxtos, rappellera les bons souvenir d’un loup, d’un renard et d’une belette. Je sais, en vrai, la piste originale s’appelle la Jument de Michao, mais je ne suis pas bretonne et Manau a marqué ma jeunesse. Ceci dit, la reprise (chantée en gaulois) est extrêmement efficace et dansante à souhait, presque comme une chanson à boire de Korpiklaani, qui doit donc extrêmement bien rendre sur scène.

Helvetios de EluveitieCe nouvel Eluveitie ne renie pas ses origines, contrairement à ce que pouvait laisser sous entendre les singles. Il propose une musique plus mature, peut être sans trop de prises de risques mais diablement efficace. Ce concept-album est épique, plein d’émotions notamment via la présence du chant d’Anna, parfaitement désespéré, ce qui est pas si fréquent dans les groupes de Folk. L’ajout des chœurs, de la voix claire et de certaines rythmiques ont fait que dabYo a osé la comparaison avec Epica. Si on n’est évidemment pas dans le même genre de musique, il est vrai que le coté épique et pompeux parfois de Helvetios n’est pas sans rappeler les débuts des hollandais. Pour moi c’est leur meilleur album depuis Slania, et je ne peux qu’avoir hâte de les revoir en live.


C’est Lundi, que lisez vous ? #33

Serafina dans Actualités, Livres le 13 février 2012, avec 9 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine.

Serafina

Je suis toujours et encore sur Ghost Stories, et j’ai l’impression de pas m’en sortir. J’approche de la fin et heureusement car pour le moment, à part les deux nouvelles citées les semaines précédentes aucune ne m’a vraiment accrochée. Il faut croire qu’écrire une histoire de fantôme dans un recueil de fantôme ne soit pas un exercice facile. Comme on s’attend à un fantôme, on est sur nos gardes et du coup les 3/4 des twists préparés par les auteurs tombent à l’eau, la surprise et l’effet escomptés ne sont pas au rendez-vous.

Le Dernier Vampire de Jeanne Faivre d’ArcierEn parallèle je lis Le Dernier Vampire de Jeanne Faivre d’Arcier, auteur française éditée chez Bragelonne. Pour le moment je dois dire que j’aime énormément.

On est dans une vraie histoire de vampires, sorte de mélange de Sire Cédric époque polar, de Fred Saberhagen pour les références à la révolution française, et un peu de Anne Rice pour le coté très sensuel des vampires. Je dois dire que je suis conquise par ce roman qui se lit très vite.

J’en suis au tiers et je pense l’avoir terminé la semaine prochaine !

dabYo

Ma lecture de Matricia de Charlotte Bousquet est maintenant bientôt terminée. Il me reste grosso modo une cinquantaine de pages, et j’ai vraiment hâte de les lire. La pression du duel que se livrent les deux sorciers est bien montée au fil des chapitres, des souvenirs évoqués autour du jeu des cartes. Un vrai régal et une belle maîtrise du côté dramatique des récits, désespérés à souhait.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


The Darkness est un bon groupe de Hard Rock avec un chanteur qui a de l’aigu dans la voix, Justin Hawkins. Si je ressors un aussi vieux et toujours excellent morceau aujourd’hui, c’est parce qu’après s’être séparé à la suite de leur second album, que le chanteur ne soit plus en désintox, ait fini sa lubie de carrière en solo, etc… le groupe s’est reformé et prévoit un album pour début 2012. Quoi de mieux comme moment pour ressortir leur kitchissime I believe in a thing called love sur laquelle je me suis égosillé de nombreuses fois en karaoké.

Et en bonux le clip du premier single du nouvel album, Nothing’s Gonna Stop Us, toujours bien décalé et en bien meilleure qualité vidéo, il faut le dire. Il est téléchargeable gratuitement sur le site officiel du groupe ici.


La Porte Perdue de Orson Scott Card est le premier tome des Mages de Westil, son nouveau cycle de Fantasy qui est sorti en octobre dernier chez les éditions l’Atalante et au début 2011 dans sa version originale. Il est traduit de l’anglais pas Jean-Daniel Brèque et la couverture est signée Gess. J’avais beaucoup apprécié Ender : l’exil, un bouquin du même auteur dans le registre de la Science-Fiction. La question était de savoir si l’étincelle allait aussi passer avec de la Fantasy, pendant ces quelques 405 pages qui m’attendaient. Pour commencer, un petit aperçu de l’histoire.

La Porte Perdue, Les Mages de Westil Tome 1, de Orson Scott Card

Et si les dieux de nos anciennes mythologie étaient des êtres venus d’un autre monde qui, par la fourberie de Loki, seraient restés bloqués sur Terre ? Danny North fait partie de la lignée descendante des dieux nordiques, malheureusement pour lui, il n’a pas l’air de développer le moindre horsmoi, une sorte de projection astrale de soi même, la source de pouvoir des êtres de Westil. Mais voilà qu’un jour, il s’aperçoit qu’il a développé le même pouvoir que l’antique Loki, maintenant interdit, celui d’ouvrir des portes pour voyager. Pourchassé par les Familles, un seul choix s’offre à lui, la fuite ou la mort.

Il n’est pas idiot, il va prendre la fuite. Pour l’intrigue, lâcher un gamin de treize ans sur la route, ça peut paraitre un peu glauque et j’avoue que certain passage le sont légèrement. Mais à l’instar d’un Harry Potter la cible est plutôt adolescente ce qui ne m’a pas empêché d’apprécier ce roman. En plus, il a un atout indéniable pour me plaire, le héros n’est pas un gros niais ; il réfléchit, il est en quête de connaissance et les naïvetés qu’ils montrent sont imputables au passage de l’enfance à l’adolescence. Après il est peut être un peu trop doué, et il me fait un peu penser à Ender sur ce point. Niveau caractère, une espièglerie et un certain plaisir de se jouer du danger le caractérisent, surement un atavisme venant de Loki. Pour moi, il a presque la trempe d’un Harry Potter, il ne lui manque vraiment qu’un entourage à la hauteur, car étant donné son vagabondage, il croise pas mal de monde et ne commence vraiment à poser les bases de relations durables que vers la fin de ce premier tome, ce qui ne laisse augurer que du bon pour la suite.

The Lost Gate de Orson Scott Card

Couverture de la version originale

En parallèle, sous forme de chapitres intercalaires, on suit les aventures de Boulette, le quasi alter-ego de Danny, qui nous propulse dans le monde de Westil. On découvre ce personnage dans un monde qui se veut médiéval, la magie en plus. Pour lui l’action se passera principalement dans un château, contrairement à la « road-story » de Danny, ce qui apporte une sorte de contraste de rythme et coupe les pérégrinations de Danny à des moments qui ne sont jamais inopportuns. Pour résumer, sur le fond le roman est un classique voyage initiatique pour notre héros qui apporte son originalité par la nature de son monde.

J’ai adoré l’univers, Orson Scott Card recrée notre mythologie en lui adjoignant une sorte de système de magie quasi-héréditaire et qui fonctionne à base d’affinités avec les éléments et la nature. Il n’est pas rare de retrouver dans les titres que ces mages s’attribuent des noms composés sympathiques, comme amis-des-lapins, père-des-portes, frère-de-l’herbe. Au moins, on sait tout de suite de quoi ça parle, le qualificatif ami, père, frère indique alors un niveau de maîtrise dans l’affinité, simple et efficace.

La Porte Perdue, Les Mages de Westil Tome 1, de Orson Scott CardJe retrouve ici ce qui m’avait plu dans L’exil: un style fluide et claire, une bonne intrigue et surtout une traduction de Jean-Daniel Brèque très agréable à lire. Bon je dis ça mais il n’y a pas que du positif non plus, quelques ficelles sont un peu grosses et on en voit arriver certaines à des kilomètres, comme la véritable identité de Boulette par exemple. Mais le reste est tellement bon que je les lui pardonne, pour l’instant. On regrettera aussi un peu de ne pas s’être attardé plus sur Westil, on effleure son paysage géopolitique un  peu trop rapidement et j’avoue me sentir plutôt intrigué et intéressé par ce monde.

Au final, ce premier tome des Mages de Westil était une très bonne lecture. Avec La Porte Perdue, Orson Scott Card nous offre une histoire forte, un héros vraiment sympathique et débrouillard, et sans doute un futur must-read du genre. En tout cas moi je l’ai adoré et dévoré, il va falloir ronger son frein en attendant la suite qui n’est pas encore sortie en version originale, mais bien prévue, sous le titre de The Gate Thief.