Neverworld’s End de Xandria

Serafina dans Critiques, Musique le 29 février 2012, avec aucun commentaire
Critiques

Après plusieurs années d’absence, Xandria a créé la surprise avec leur dernier single Valentine, tiré de Neverworld’s End, prenant un tournant radicalement plus Metal que dans leurs derniers albums. Ils prennent là à contre pied la plupart des autres groupes de Metal Symphonique, qui s’orientent peu à peu dans la pop mielleuse pleine de ballades à l’image de Within Temptation. Xandria fait l’exact chemin inverse et tape dans le lyrique, pompeux comme du Nightwish de l’époque Tarja, lourd et violent, bref du vrai Metal Symphonique. Enfin, en tout cas c’est l’impression que laissait ce premier single. Le reste est-il au même niveau ?

Neverworld's End de Xandria Promo

Il y a des groupes pour lesquels il faudrait accompagner le changement de chanteuse par un changement de nom. Et c’est le cas de Xandria, car à part sur les quelques ballades de l’album il ne reste plus rien de ce qu’a été la formation allemande pendant quatre albums. J’éviterais donc les comparaisons aux anciens opus, et considèrerais qu’il s’agit de groupes différents, car on est tellement éloigné lorsqu’on s’intéresse un minimum au genre que de telles comparaisons seraient stériles.

Manuela Kraller de Xandria

Manuela Kraller remplace Lisa Middelhauve pour ce nouvel album

Musicalement, on est très proche du Power, avec un tempo assez élevé sur tout l’album, et ce n’est pas Soul Crusher aux riffs acérés qui viendra me contredire, avec son coté symphonique surtout présent grâce à des cordes et des chœurs, majoritairement féminins, qui répondent à la voix de leur chanteuse. La batterie est étonnamment présente et mise en avant , plutôt agressive et concentrée en double pédale, comme par exemple sur The Lost Elysion, ce qui renforce le coté rentre-dedans de cet opus. Ce qu’il faut aussi avouer c’est que la production est plutôt bien foutue, aucun intrument n’est oublié, la voix n’est pas trop mise en avant, on entend bien la guitare, bref, c’est un mix équilibré, qui du coup est très efficace.

Niveau structure, la plupart des morceaux ne dépassent pas les cinq minutes, et obéissent aux standards du genre, couplets, refrains à chœurs et pont. Ceci dit, cela reste très bien dosé et sans tomber dans l’excès ou la caricature.  L’album comporte malheureusement quelques ballades à l’intérêt limité, comme The Dream Is Still Alive, à la composition sans trop d’intérêt, au chant qui n’en a pas vraiment plus, Manuela ne montant pas plus dans les aigus que dans les autres morceaux, un morceau en somme dont je me serais volontiers passée. On retrouve cependant dans ces ballades certains éléments de l’ancien Xandria comme les flutes celtiques. En parlant de flutes celtiques, on notera les violons très Folk sur Call of the Wind, qui est très agréable et n’est pas sans faire penser à du Lyriel. C’est d’ailleurs un des seuls morceaux à vraiment se démarquer justement grâce a ce coté folk.

Manuela Kraller, la chanteuse sur cet opus, n’est pas sans rappeler Tarja ou une Floor, pour le coté soprano à la voix assez sombre. Vocalement elle tient très bien la route, avec une voix agréable, des jolies notes hautes notamment sur A prophecy of World, bien tenues, et justes. Je ne sais pas si elle tient en live, mais je pense qu’elle vaut le détour, étant donné qu’elle a officié dans Haggard, formation Allemande de Metal Symphonique assez réputée. Malheureusement, sa voix reste relativement interchangeable, et je ne suis pas sure que contrairement à une Simone je saurais la reconnaitre si on ne me disait pas c’est Xandria.

Neverworld's End de Xandria Promo

Et cette impression va malheureusement valoir pour tout l’album. Neverworld’s End est un très bon opus de Metal Symphonique. Objectivement, il n’y a rien à redire. C’est efficace, c’est carré, c’est bien composé, c’est juste. Mais voilà. Ce n’est pas original. Tous les clichés du genre sont là. Bien menés et bien dosés oui, mais clichés quand même. Et si c’est quasiment irréprochable, c’est diablement fade. Je n’ai ressenti aucune émotion, aucune tension dramatique, bref, c’est plat. Cet album serait sorti en 2005, ça aurait peut être simplement été « un album à chanteuse de plus ».

Neverworld's End de Xandria CoverAlors oui, maintenant que le Metal Symphonique est une scène morte-vivante, c’est sur, cela fait plaisir de voir qu’il reste des groupes qui font autre chose que de la pop mielleuse, qu’il existe encore des groupes avec de l’orchestration, de la soprano et du power, mais c’est tout.

Pour un groupe comme Xandria qui revient d’aussi loin, Neverworld’s End est un très bon album. mais l’absence d’originalité font que cet album n’a pas su m’accrocher. Il faut dire aussi qu’il est passé après Helvetios d’Eluveitie, dont le genre n’est pas diamétralement opposé. Ceci dit, je suivrais avec attention la suite du combo maintenant qu’ils vont dans une direction que j’apprécie.


Alan Wake’s American Nightmare est un jeu disponible sur le Xbox Live Arcade depuis la semaine dernière. Développé par Remedy Entertainment pour le compte de Microsoft, il  s’agit en quelque sorte d’un spin-off se déroulant dans l’univers d’Alan Wake. Alan Wake faisait partie des grosses exclusivité Xbox 360 de l’année dernière, mais nous n’avions pas pu y toucher faute de temps. C’était donc l’occasion idéale pour remédier à ce manquement en nous lançant dans cette aventure qui peut se jouer indépendamment, et qui ne nécessite pas d’avoir le jeu original.

Alan Wake American Nightmare de Remedy Entertainment

Le jeu est donc complètement indépendant, bien qu’il offre au joueur le même gameplay et une partie de ce que l’on pouvait sans doute retrouver dans Alan Wake. Nous ne sommes donc pas face à un mini-jeu ou une tournure 2D, mais bien avec gameplay plus que complet. Le principe d’Alan Wake’s American Nightmare est, sans doute comme son grand frère, une sorte de lutte entre l’ombre et la lumière, le tout mêlé à des théories sur l’espace-temps. Pour être un peu plus explicite, Alan Wake semble avoir un jumeau maléfique qui s’acharne à changer les conditions de son univers afin d’y prendre non seulement sa place, mais aussi faire sombrer le monde entier. Vous êtes à sa poursuite pour recoller les morceaux du puzzle, et remettre en place le monde tel qu’il était avant son passage.

Il faut avouer qu’au début, le scénario est assez déroutant et peut faire sourire, les thématiques n’étant pas spécialement originales. La narration à la troisième personne, avec une voix-off, a aussi quelque chose de bizarre. Mais si le début peut laisser perplexe, il suffit de s’y attarder quelque peu pour se laisser prendre par la qualité de la narration, des cinématiques, le principe, et surtout l’ambiance. De nombreux petits éléments sont là pour que même les néophytes ne se sentent pas trop perdus, et il faut dire que ça marche.

Doppelganger de Alan Wake American Nightmare

Le doppleganger d'Alan Wake lui laisse des messages, souvent bien flippants par ailleurs

Nous dirigeons en effet Alan Wake dans un monde complètement apocalyptique, sombre et où le soleil ne semble pas avoir sa place. Muni d’un flingue et de notre lampe torche, nous allons devoir nous déplacer pour aller récupérer des objets, souvent indiqués par une carte en haut et interagir avec de grandes cartes ouvertes. Si il n’y a là pas spécialement de difficulté, l’ambiance est au rendez-vous, monstres des ténèbres pouvant apparaître à tout moment. Ces derniers sont physiquement plus forts que nous, pas réellement inquiétant niveau difficulté, le jeu ressemblant sans doute à une promenade de santé aux joueurs les plus aguerris, mais très inquiétant et pesant pour l’ambiance.

Lors des combats, on est dans un Third Person Shooter, la lampe torche permettant astucieusement au joueur de viser tout en se déplaçant. Les monstres des ténèbres sont très résistants tant que vous ne les éclairez pas avec votre lampe torche. Il s’agit alors d’éblouir les bestioles, de leur tirer dessus, tout en faisant bien attention à ne pas en avoir sur les arrières. Assez prenant, dynamique et bien angoissant par moment, plus par l’ambiance que par la difficulté comme je le disais. Les différentes armes, et notamment la mitraillette ont tout de même quelque chose de très jouissif à l’utilisation.

Arcade Mode de Alan Wake American Nightmare

Le titre propose un mode Arcade à côté de celui de l'histoire. Il s'agit d'une sorte de horde où les zombies et autres créatures maléfiques apparaissent les unes après les autres. Dommage qu'il n'y ait pas la possibilité de jouer à plusieurs.

Parler du jeu sans évoquer sa bande-son lui ferait du tord, tant cette dernière est tout simplement superbe. Les morceaux d’ambiance sont très bons, tout comme le titre phare, rock et très agréable. Il y a là un côté vraiment à part, qui donne au jeu une sorte de marque de fabrique assez rare dans ce genre de productions.

Doppleganger de Alan Wake American Nightmare de Remedy EntertainmentJe dois avouer qu’avec son scénario travaillé, qui pousse le côté glauque à un certain paroxysme pour un jeu d’aventure, j’ai vraiment énormément apprécié cet Alan Wake’s American Nightmare. Le principe de modification de l’espace temps et de boucle m’a particulièrement séduit. L’interaction avec les quelques personnages non joueur est plutôt sympathique, que ce soit le doppleganger d’Alan Wake ou les quelques personnes saines d’esprit que compte l’histoire. Grâce à l’idée de la modification du temps, le nombre de cartes et de personnages différents ne choque pas trop. Il faudra compter environ 5 heures pour venir à bout de l’Histoire principale.

Bref, je ne saurais dire s’il vaut le coup ou non pour ceux qui en ont déjà fait l’aventure principale de Remedy, mais pour tous les autres, c’est assurément une expérience à faire. C’est d’autant plus idéal si comme moi vous n’avez pas beaucoup de temps à consacrer aux jeux en solos, vu son prix de 1200 MS Points. Un très bon titre pour le Xbox Live Arcade.


C’est Lundi, que lisez vous ? #35

Serafina dans Actualités, Livres le 27 février 2012, avec 13 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine.

dabYo

La Loi des Mages, Tome 1, de Henry Lion OldieJe continue mes lectures chez les éditions Mnémos avec cette fois le premier tome de La Loi des Mages de Henry Lion Oldie sortie en octobre dernier. Pour l’instant je n’ai pu feuilleter que les premières pages de ce roman de Fantasy qui nous vient de l’Est, Ukraine pour être exacte et écrit en Russe.

Mais déjà le style de la narration très particulier se fait ressentir, et l’univers aussi. Il faut avouer qu’il est nécessaire de s’accrocher sur le début, tant les termes inconnus et relatif au folklore de la région sont nombreux.

Serafina

Comme prévu, j’ai terminé Les Gaulois, les fiers ennemis de Rome de Jean-Louis Brunaux. Le livre est très interessant bien qu’assez court. Je pense que c’est une bonne entrée dans l’univers de ce peuple un peu mystérieux. Je chercherais sans doute des livres plus complets et peut-être plus denses un de ces quatre car je trouve cela très interessant.

J’ai aussi continué Dames de Lune, Fées des brumes, l’anthologie des éditions du Chat Noir que pour le moment j’apprécie toujours beaucoup. Je suis proche de la fin, il ne me reste plus que trois nouvelles je devrais donc finir cette semaine.

The Hunger Games, Tome 1, de Suzanne CollinsVous le savez, je suis faible, je ne résiste que difficilement aux sirènes du buzz, et profitant d’un bon Amazon, j’ai commencé le premier tome de la série Hunger Games de Suzanne Collins, en version originale du coup. J’en suis à la moitié du premier tome et je dois dire que je suis très perplexe. Le monde n’est pas énormément développé, ni les personnages secondaires, l’héroïne est une Mary Sue en puissance, pas encore insupportable mais en tout cas très cliché,  le style n’est pas mirobolant… Bref, j’attends de voir, mais pour le moment, je suis assez hermétique à cette histoire pas franchement originale.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Affiche du Hellfest 2012Les 15, 16 et 17 Juin 2012 se tiendra en terres clissonaises la nouvelle édition du plus grand festival français consacré au Metal, le Hellfest 2012.

L'équipe s'y rendant comme à son habitude pour avoir sa dose annuelle de concerts en plein air, nous vous proposons chaque dimanche de la semaine jusqu'aux jours J de découvrir l'un des groupes de l'affiche que nous comptons aller voir, à travers un clip ou une vidéo. Vous pouvez aussi consulter l'affiche du Hellfest 2012. C'est notre Highway to Hellfest 2012.

Children of Bodom est un groupe qui était déjà passé lors du Hellfest 2007, nous avions d’ailleurs assisté à leur prestation de loin. Il faut dire que c’était notre premier festival, et qu’après s’être levé très tôt pour arriver dans les temps, nous n’étions pas très réceptif. Du coup, les souvenirs sont vagues et je dois avouer que je suis curieux de les voir cette année. Certes, le groupe de Melodic Death Metal auquel il mélange le Power et une voix de Black n’a plus vraiment les faveurs que je lui donnais pendant mon adolescence. Depuis leur cultissime Hate Crew Deathroll, leurs enregistrements me laissent des plus perplexes, ayant troqué l’agressivité et la mélodie pour des riffs beaucoup plus banals.

Ce clip pour Blooddrunk en est d’ailleurs le parfait exemple, tant le morceau est lent, fade et basé sur quelques riffs qui ne cassent pas trois pattes à un canard. On est vraiment loin d’un Needled 24/7 que j’espère bien revoir en live. L’histoire du clip et la présentation est bien entendu kitchissime, avec un groupe qui joue dans sa cave et des sortes de mort-vivants un peu partout. Et pour ceux qui ont assisté au Hellfest 2007, je pense que cet interview du groupe réalisé juste après leur rappellera quelques souvenirs… boueux.


Le Journal de Kurt Cobain

Serafina dans Actualité, Critiques, Livres, Musique le 25 février 2012, avec 1 commentaire
Critiques

Après avoir lu The Heroin Diaries de Nikki Sixx, lire les journaux de Kurt Cobain était un peu une suite logique. Paru en poche aux éditions 10-18 sans doute pour des raisons purement pécuniaires, ce recueil regroupe des extraits des nombreux « carnets » que le défunt leader de Nirvana a rempli de son vivant, où se mêlent paroles de chansons, idées de vidéoclip, réflexions sur son statut, délires sous drogues, liste de compilations musicales, et j’en passe et des meilleures. Une polémique avait entouré la parution de ce recueil, sur son bien-fondé, je n’y rentrerai pas car je n’ai pas réellement d’opinion sur ce point.

Le Journal de Kurt Cobain

Les journaux couvrent la grande partie de la vie de Nirvana: de l’adolescence d’un lycéen paumé, au début de groupe, aux changements de line-up, jusqu’à la gloire et la fin qu’on connait tous. Le début est particulièrement intéressant. Kurt Cobain entretient à l’époque une correspondance assez soutenue avec d’autres groupes de l’époque, comme les Melvins, et ces lettres parlent de l’état de la scène, des groupes qui montent. Bref, c’est une plongée dans le Seattle du début des années 90, qui transpire la déprime et la haine du « heavy metal chevelu du Sunset Strip« , autrement dit, les Mötley Crüe et autres Guns N’ Roses.

Les journaux sautent réellement du coq à l’âne, certaines pages s’arrêtent en plein milieu d’une phrase, et d’autres font référence à des faits (interviews, tournées) qui ne sont pas expliquées dans les notes. Du coup c’est une lecture assez chaotique, bien que ce soit en quelque sorte logique puisque les écrits ne sont pas retravaillés. Cobain a un style d’écriture assez particulier : il invente beaucoup de mots, il a pas mal d’humour et écrit sur une palette assez large : engagement politique, haine des médias, réflexion sur la culture musicale et sur les radios, sur l’émergence du Punk Rock. Étonnamment il se livre assez peu et le terme de journal n’est peut être pas bien choisi, on est plus face à des carnets de travail qu’à un journal. Là où Nikki Sixx racontait vraiment sa vie sur le mode introspection, Kurt finalement, ne parle que rarement de lui.

Le Journal de Kurt Cobain

Cependant ses réflexions trahissent l’état d’esprit d’une époque, d’une génération, et sont sacrément véridiques, même maintenant. C’est son engagement (féminisme, défense des homosexuels) qui ressort surtout, mais aussi sa haine. Sa haine contre le système, contre le conformisme. Sa description de l’héroïne et des conséquences de sa consommation de marijuana sont criantes de vérité et feront plus d’effet que n’importe quel pamphlet anti-drogue, parce que c’est vrai, parce que c’est cru.

Au passage, le journal est aussi très intéressant pour ceux qui aiment le groupe, car il n’est pas rare de trouver les premières versions des futurs hits de Nirvana, les premiers jets de Smells sont présentés par exemple, et c’est toujours intéressant de suivre le cheminement d’une chanson.

Le Journal de Kurt CobainLes journaux sont organisés par ordre chronologique, avec souvent d’un coté, la copie du carnet manuscrit et en anglais, et de l’autre la traduction en français réalisée par Laurence Romance. La traduction est d’ailleurs plutôt bonne, avec de nombreuses notes dus aux jeux de mots et néologismes souvent intraduisibles. Malheureusement, les journaux ne sont pas datés vu que Kurt ne le faisait pas, cependant pour le confort du lecteur et pour pouvoir situer à quel moment de la vie du personnage et du groupe se situent les écrits, je pense qu’il aurait été intéressant de les dater au moins à la louche, car du coup, on est un peu perdu.

Au final, Le Journal de Kurt Cobain m’a malheureusement donné l’impression d’un livre sorti à la va-vite, pour l’appât du gain. Certes intéressant, le tout aurait mérité un plus gros travail de remise en contexte et de datation des carnets. Cependant, je le conseille quand même aux curieux de tout genre, curieux de comprendre réellement ce qu’était cet écorché vif, d’où il venait, comment est né Nirvana. Cependant, cela ne remplacera pas une biographie, et le recueil en lui même ne se suffit pas.


Dans l’Antre des Esprits de Olivier Bidchiren

LuxtExMachina dans Critiques, Livres le 24 février 2012, avec aucun commentaire
Critiques

Dans l’Antre des Esprits est un recueil de nouvelles écrites par Olivier Bidchiren et publié l’année dernière en poche aux éditions Lokomodo. L’ouvrage avait été précédemment publié aux défuntes éditions Nuit d’Avril, comme d’autres romans très appréciés ici, comme Angemort ou Marches Nocturnes. Olivier Bidchiren regroupe ici dix nouvelles, passant de la Science Fiction au Fantastique, en faisant des petits détours vers les mythes ancestraux, le tout illustré par Sébastien Bermès. Pas de synopsis, recueil oblige.

Dans l'Antre des Esprits de Olivier Bidchiren

On retrouve donc dans ce livre des nouvelles très différentes. Aucune ne se ressemble, tant par le style que dans l’histoire. Au final on arrive à un livre assez varié mais qui possède plusieurs points noirs. Car bien que l’auteur arrive à se renouveler à chaque histoire, je dois bien avouer qu’aucune ne m’a vraiment marqué. Je n’ai pas retrouvé ce soupçon d’émerveillement que je retrouve lorsque je lis de livres de nouvelles, surtout de Fantasy et de Science-Fiction.

A la fin de chaque nouvelles, je me suis demandé ce qui c’était passé, où avait voulu en arriver l’auteur. Chaque fin apporte une part de réflexion, que je trouve peut être un peu trop grande. Je ne dis pas qu’il doit tout expliquer au lecteur, mais je trouve qu’il laisse trop de choses inexpliquées et qui auraient peut être permis de mieux apprécier ces histoires.

De ce fait j’ai vraiment eu du mal à lire et finir Dans l’Antre des Esprits. Comme je l’ai dit auparavant, rien ne m’a marqué et malheureusement, je ne pense pas qu’il restera longtemps dans ma mémoire. Voila une sélection des nouvelles les plus intéressantes:

Les Conquérants de la foi

Une personne s’en va voir un marabout afin de régler ses « petits » problèmes. Incapable de les résoudre, il va finir par devenir l’instrument de puissances supérieures, ce qui ne sera pas sans rappeler au lecteur d’autres auteurs.

Voila la première nouvelle du livre, et je l’ai choisie car je trouve  qu’elle montre le ton de tout ce que l’on va retrouver après, et de ce que je reproche au recueil. On est face à une histoire bien structurée, mais manquant de développement et apportant une fin qu’on pourrait qualifier de bizarre, incompréhensible pour mon pauvre petit cerveau et qui m’a laissé en quelque sorte sur le carreau.

Parole silencieuse

Knut Amundsen est un peintre vivant à côté de la dernière demeure de Léonard de Vinci. Il doit réaliser une réinterprétation de la Cène, mais son inspiration lui fait défaut. Alors quand comme par magie, Jésus l’aide par l’intermédiaire de messages envoyés sur son ordinateur, il ne peut qu’accepter l’honneur qui lui est fait de prendre sa place pendant quelques heures et ainsi finir son œuvre.

Alors vu comme ça, l’histoire peut paraître assez bizarre, mais pourtant c’est l’une de celle que je préfère. Olivier Bidchiren arrive à se jouer du personnage et de nous en même temps d’une très belle manière. C’est peut être celle aussi qui est la plus compréhensible et dont les points négatifs que j’ai déjà raconté sont les moins prononcés. Le genre de nouvelles qui me frustre d’autant plus puisque j’ai l’impression d’être passé à côté des autres.

Dans l'Antre des Esprits de Olivier BidchirenAu final, vous l’aurez compris, j’ai été déçu par Dans l’Antre des Esprits. Bien qu’amateur de recueil et en lisant plutôt beaucoup dans le genre Fantastique ou Science-Fiction, celui ci n’a pas réussi à m’inspirer et j’ai vraiment eu du mal à le finir.

J’aurai trouvé plus intéressant de développer un peu plus les histoires et de moins pousser à la réflexion. Je trouve dommage d’avoir une mauvaise impression alors que les idées sont quand même là, et je me dis qu’il en manquait pour que j’apprécie bien plus.


L’année dernière, le Printemps de Bourges avait créé la stupeur à la rédaction. Le festival si souvent inintéressant pour nous proposait en effet une affiche digne de la folie pure : une soirée Metal, avec rien de moins que Eluveitie, Epica, Kamelot, Septic Flesh, Punish Yourself et Dagoba. De quoi baver. Alors pour la première fois depuis des années on attendait avec impatience l’annonce de la programmation du festival 2012.

La mascotte du Printemps de Bourges 2012

Et.

Et Rien.

Pas de soirée Metal cette année.  Le reggae a sa soirée, le rock aussi, le rap aussi, les musiques du monde, la chanson française, mais les metalleux sont encore une fois oubliés de l’affiche d’un festival grand public. Et c’est dommage, car la soirée de l’année dernière s’était fort bien déroulée (pas de problèmes, ça semblait bien rempli, etc). Alors pourquoi une telle absence ? Aucune idée pour le moment.

Il y a certes Shakaponk qu’on aime bien qui passe, donc on y fera peut être un tour mais on ne peut s’empêcher ici d’être bien déçus de cette absence. C’est tellement triste de voir encore une fois ce genre de musique delaissé, alors pourtant que tant de bons CD sortent et que des groupes jouent dans d’autres régions à guichets fermés.

Le programme est consultable sur le site officiel


Silence, ça tourne ! #20

dabYo dans Actualités, Films le , avec aucun commentaire
Actualités

Comme chaque semaine (ou presque), les films et séries que nous avons vu, et auxquels vous échapperez peut être, grâce à nous.

Borgen épisodes 1 et 2

Affiche Borgen, une femme au pouvoirÇa ne vous a peut être pas échappé, Arte a démarré la diffusion d’une nouvelle série, politique cette fois et se déroulant sur les terres du royaume du Danemark: Borgen, une femme au pouvoir. Non, il ne s’agit pas d’une série historique, mais bien contemporaine puisqu’elle se déroule de nos jours, et nous narre l’histoire d’une femme, Birgitte Nyborg, qui suite aux élections de son pays se retrouve en position de devenir première ministre et de composer son propre gouvernement. Du moins, c’est le pitch, l’idée, puisque pour être exact les premiers épisodes nous font vivre les derniers moments de la campagne ainsi que les éléctions.

La série est danoise, et il faut avouer que cela se ressent dans le casting, dans la manière de filmer, dans le rythme. Ce dernier est assez lent, il y a certes des tentatives de twits mais on est loin des révélations d’un The Good Wife par exemple. Mais en contre partie, on est là face à une série beaucoup plus humaine, plus proche de nous, ce qui est presque déroutant. Voir l’héroïne se balader sur son vélo, sans escorte, et arriver devant le château de la Reine a quelque chose de déroutant… De même, les petites intrigues font carrément vieilles séries des années 70, plutôt que série moderne. Je ne saurai pas dire pourquoi.

Maintenant, il est encore un peu tôt pour se prononcer sur l’intérêt. C’est sympa à regarder, mais pas inoubliable et on va attendre quelques épisodes avant de se prononcer. L’héroïne jouée par Sidse Babett Knudsen est agréable à suivre, mais j’ai bien peur qu’autour nous allons voir graviter une multitude de personnages insuportables, comme son mari ou son communicant. Avoir.

Et vous, vous avez vu des trucs dernièrement ?


Ici, on chronique des livres, des films et autres médias. Sauf qu'on ne parle aussi que trop rarement de leur accessibilité. En effet, malgré les avancées technologies, aujourd'hui seul 5% des livres sont accessibles aux mal voyants ou aux aveugles. Ce qui est fortement dommage, car du coup l'accès à la culture devient difficile. Les livres ne sont pas les seuls touchés évidemment, les films en audiodescription sont rares, peu de salles de cinéma sont equipées. Les sites web ne sont pas non plus toujours utilisables.

Lire la suite de l’article Pétition AVH, pour une société plus accessible


La Première Mort de Patrick Eris

dabYo dans Critiques, Livres le 22 février 2012, avec aucun commentaire
Critiques

La Première Mort est un Polar de Patrick Eris publié pour la première fois en 2000 et récemment réédité au format poche par les éditions Lokomodo. Il s’agit là d’un des nombreux romans du genre écrit par l’auteur, que je ne connaissais pas. Avec une couverture réalisée par Nemo Sandman et assez jolie, je suis parti sans apriori dans ce roman qui prend place dans la jolie ville d’Amsterdam. Synopsis.

La Première Mort de Patrick Eris aux éditions Lokomodo

Val Kingsley est une jeune anglaise actuellement à l’université d’Asmterdam où elle suit des études de journaliste. Fille de diplomate, elle est passée par de nombreux pays avant d’arriver sur les ponts de la capitale néerlandaise, sans le sous, brouillée avec ses parents. Pour subsister et financer ses études, elle donne des cours de gym dans un petit club près de la gare centrale. Elle y a notamment rencontré Julian, un beau jeune homme avec qui elle a eu quelques affinités. Mais ça, c’est avant qu’on vienne l’informer qu’il venait de se faire sauvagement poignarder.

Notre roman se déroule donc dans la capitale hollandaise, je dois le dire, pour mon plus grand plaisir. Ayant eu l’occasion d’aller y déambuler cette année, il était forcément très facile pour moi d’en imaginer l’ambiance, les quais, le tramway comme l’auteur nous y invitait. La Première Mort est en effet très ancré dans la ville, bien qu’elle n’y joue pas forcément de rôle, elle place fortement l’ambiance, ironiquement plus calme et posée que d’autres capitales européennes, notamment. Alors certes, l’auteur ne manque pas de nous interpeler à travers sa note d’ouverture que la ville a bien changé depuis l’écriture de son roman, mais n’ayant pas connu cet avant, je n’ai pu le comparer.

Patrick Eris

Patrick Eris

A l’image de la ville, ce Polar est relativement calme et posé. Il n’y a pas énormément d’action, et je n’ai pas ressenti beaucoup de suspens quant à la découverte de l’identité du meurtrier. Bien qu’il y ait une sorte de tueur en série dehors, qui rôde, ce dernier semble passer au second plan tant il n’inquiète pas notre héroïne, externe à toute cette histoire, qui ne se sent qu’à peine concernée. Ce qui l’inquiète plutôt, c’est comment vivre le meurtre de Julian, sa disparition, le fait qu’il ait disparu de sa vie et que cette dernière continue comme si de rien n’était, comme s’il n’avait jamais existé. Une sorte d’introspection adolescente face à la mort donc, plutôt réussie par ailleurs.

On suit les réactions de Val suite à ce bouleversement dans sa vie, assez crédible, bien écrit, qui peut laisser parfois perplexe sans que ce soit négatif pour autant. Je dois avouer que cela m’a plutôt plu de lire et suivre l’évolution du personnage à travers le temps. Sa recherche de vérité, plus pour connaître celle qu’elle n’avait su aimer que pour découvrir le tueur, son mobile, sa manière d’opérer. Bref, une sorte d’enquête à l’envers.

La Première Mort de Patrick Eris aux éditions LokomodoL’écriture est assez fluide et simple à lire, le style de Patrick Eris ne m’a pas particulièrement marqué. On peut tout de même souligner qu’il est agréable à lire, que les situations sont bien retranscrites, que ce soit dans les moments d’errements ou dans les moments d’action. Et puis, surtout, cette ambiance si bien retranscrite, ce bar où l’on joue du jazz, ces canaux d’Amsterdam.

Au final, La Première Mort est un Polar à part, qui change de ce que l’on associe habituellement au genre. Le roman de Patrick Eris ne m’a certes pas particulièrement marqué, mais ce fut une lecture agréable, une parenthèse sympathique. J’aurai presque envie de le conseiller aux amateurs de Young Adult, tant il me semble parfaitement convenir à cette tranche d’âge.