Après Dark Passion Play qui m’avait plutôt convaincue et l’arrivée d’Anette Olzon au chant à la place de Tarja Turunen, Nightwish aura mis 4 ans pour sortir son nouvel album, Imaginaerum. Pour ce deuxième album post-Tarja, le groupe a vu grand, et prévoit notamment de faire un film autour de cet album qui a été composé comme une bande originale. C’est donc un concept-album sorti le 30 novembre en Finlande qui vient d’arriver dans l’hexagone.
- Genre:Metal, Metal Symphonique, Metal Avant-Garde
- Année:2011
- Groupe:Nightwish
- Titre:Imaginaerum

La pochette reste très classique, bleue et dans la droite lignée de celle de Dark Passion Play, c’est surchargé et à la limite du kitch mais on a l’habitude. Elle est réalisée par Janne « Toxic Angel » Pitkänen à qui l’on devait celle de l’album précédent et des singles qui en ont été tirés. Il se compose de 13 morceaux pour une durée d’une heure quinze. Contrairement aux habitudes, l’album commence par une réelle introduction, parlée, totalement en finlandais qui explique probablement le concept.
Dans l’ensemble les habitués des derniers Nightwish ne seront pas dépaysés, on sent clairement la patte du claviériste-compositeur Holopainen, dans les riffs très nightwishiens, et dans la conception même des morceaux : les chœurs d’enfants sur plusieurs morceaux, les breaks symphoniques un peu chargés. Bref, c’est une suite assez logique du précédent. Cependant, contrairement à ce qu’on a pu reprocher à certains albums précédents, celui ci ne fait pas dans la facilité, et qu’on aime ou pas, il est impossible de ne pas saluer les risques pris par le groupe pour Imaginaerum, qui se transforme en un gigantesque melting-pot. Cela est probablement dû au coté concept-album: un vieil homme redevenant enfant dans un monde onirique, vivant du coup pas mal de choses, les chansons en elles même n’ont pas tant d’unité que cela. Enfin, si, mais par lot. Mais entre l’ABBA-esque Storytime, l’avant-gardiste Ghost River et la ballade celtique Turn Loose the Mermaids, il y a d’énormes gouffres.

Au niveau du chant, cette fois ci, les textes ont été écrits pour la voix d’Anette, de ce fait elle est beaucoup plus à l’aise sur la majorité des titres. Si on perd évidemment quelque chose avec le départ de la soprano Tarja, qu’on aime ou non, la nouvelle chanteuse fait son propre style, plus enlevé et aérien que la précédente. Elle montre d’ailleurs une sacré palette entre le coté jazzy sur Slow Love Slow, le coté très pop suédoise de Storytime, des vocaux plus agressifs, ou plus nasillards (que je n’aime pas du tout) sur Scaretale. Elle est très versatile, et sa voix a quelque chose de très expressif. Le deuxième vocaliste, Marco Hietala reste lui égal à lui même, efficace. Il en résulte des lignes de chant originales et super entrainantes notamment sur le refrain de I Want My Tears Back ou Ghost River.
Pas mal de morceaux montrent une réelle originalité, et surtout des inspirations très variées. Inspirations cabaret, avant-garde ou Burtonniennes en premier. Scaretale est une pièce de 7 minutes, extrêmement théâtrale avec son dialogue et son coté « cabinet des horreurs » aux accents cauchemardesques, qui flirte avec le burlesque et ferait penser à des groupes Steampunk, alors que Arabesque fait dans l’orientalisant symphonique avec des bouts de Ennio Morricone dedans. Nightwish montre là aussi une patte beaucoup plus Folk avec notamment de la cornemuse sur plusieurs titres, qu’on retrouvera par exemple dans le très bon Ghost River, piste assez énervée au refrain très très sympa et qui n’est pas sans rappeler Diablo Swing Orchestra. Turn Loose the Mermaids fait beaucoup penser à une ballade celtique, c’est d’ailleurs la ballade la plus réussie de l’album, à mon avis.
Nightwish a toujours été un groupe qui osait le mélange des genres, et c’est encore plus le cas ici, son Metal est mélangé au symphonique, avec du folk, de l’avant garde, de la BO, et même du piano-bar. Malheureusement, avec une palette aussi large, on ne peut pas plaire à tout le monde… Personnellement, je ne supporte pas Slow Love Slow que je trouve mièvre et sans intérêt, et je zappe les passages parlés du morceau Song of Myself (long de 14 minutes, dont la moitié consiste en poèmes récités par les proches du groupe) car ils m’ennuient, tandis que Rest Calm, trop classique, m’indiffère. De même, j’ai tendance à zapper le dernier morceau, Imaginaerum, qui bien qu’il ait donné son titre au CD est en fait un résumé instrumental reprenant les main riffs des autres morceaux. Tuomas déclare l’avoir imaginé comme le générique de fin d’un film, le moment où défilent les crédits, et oui c’est exactement cela, mais ça ne m’intéresse pas vraiment.
Imaginaerum recèle cependant de réelles perles, originales, où Nightwish et particulièrement Tuomas ont osé et semblent s’être fait plaisir. Ces morceaux, Scaretale, Ghost River, Last Ride of the Day en tête, rendent magistralement bien et justifient largement l’acquisition ou en tout cas l’écoute de l’album. Le coté concept-album est ambitieux et amène malheureusement des écueils avec lui, comme pour toute BO d’ailleurs, mais qui sont relativement bien contrebalancés par de très bons morceaux. Ça me donnerait même envie qu’ils passent au Hellfest 2012.


On retrouvera aussi un petit message écologique derrière l’histoire, surtout concernant l’écologie marine. Quand on sait que l’auteur porte à cœur ce sujet, ça n’a rien de très étonnant. Il arrive cependant à le mettre au second plan et ne le rend pas lourd ni moralisateur.
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Le style de Patricia Briggs est toujours aussi fluide et très facile à comprendre, ni trop neuneu ni trop complexe. Il sert l’histoire voilà tout, mais ne sera pas non plus inoubliable. La traduction d’



