Chronique du Soupir de Mathieu Gaborit

dabYo dans Critiques, Livres le 30 novembre 2011, avec 2 commentaires
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Chronique du Soupir est un roman de Fantasy écrit par Mathieu Gaborit et récemment sorti aux éditions du Pré-aux-Clercs. Il s’agit du retour du jeune auteur français à l’écriture après plusieurs années d’absence, connu en particulier pour ses Chroniques des Féals sorties au début des années 2000. Je dois avouer que je n’avais jamais lu un de ses écrits, et que j’étais donc curieux de découvrir ce qu’il nous offrait dans ce nouveau roman, illustré par Didier Graffet. Synopsis.

Chronique du Soupir de Mathieu Gaborit

Lilas a quitté la garde rapprochée de la Haute Fée depuis quelques années maintenant pour s’établir autour de l’ancrage de son mari et y ouvrir une auberge, où elle sert le repas et accueille tous visiteurs, nains, elfes ou sirènes. Alors qu’elle y mène une vie qu’elle trouve un peu trop paisible, elle est prise d’une soudaine angoisse qui va très vite se concrétiser: son fils Saule débarque un jour sans prévenir, proche de la mort et avec une mystérieuse jeune fille sur ses épaules. Et pour ne rien arranger, il semblerait bien qu’il soit pourchasser par les milices de la Haute Fée

Je n’avais certes pas d’apriori sur Mathieu Gaborit, mais je dois avouer que le synopsis de quatrième de couverture ne m’a pas vraiment rassuré. Vous avez pu lire le mien, cela sent les grosses ficèles habituelles des romans de Heroic Fantasy avec un(e) élu(e), des compagnons et une quête contre un être aux pouvoirs et armées infinis. Il est d’ailleurs amusant de remarquer que le fait de tenir une auberge semble être la seule occupation que les héros de Fantasy trouvent pour quitter leur ancienne vie et en tenir une plus paisible. Mais bon, l’auteur présente le roman comme une revisite du genre, alors soit.

Mathieu Gaborit

Mathieu Gaborit

Le synopsis vous en a donné la couleur, Haute Fée, ancrage et autres termes viennent là à cause de l’univers plutôt très particulier du roman. L’une des forces de Chroniques du Soupir est avant tout son univers, il est original, vaste, bien pensé et plutôt crédible. L’élément du souffle et l’histoire sur laquelle se base les restrictions du monde sont une sorte de revisite du péché originel d’une façon intéressante, certes cela surfe inévitablement sur la nature mauvaise de la race humaine, mais j’ai quand même plutôt beaucoup apprécié ce côté là. Le tout donne franchement envie d’être découvert, d’en apprendre plus sur les Fées qui peuplent les cœurs des hommes, nains et autres elfes et leur permet de vivre dans ce monde pollué.

Mais voilà, le roman est d’une taille raisonnable, environ trois cents de pages, ce qui est un bon point lorsqu’on souhaite éviter une longue série, et un mauvais lorsque l’auteur essaie d’y introduire un univers trop vaste pour y rentrer. Du coup, on a à peine le sentiment d’effleurer les possibilités, la magie de cet univers et on a franchement l’impression de passer à côté de quelque chose, de rester superficiel. Des éléments sont amenés, mais faute de place et de temps, ils sont évoqués trop brièvement pour gagner en importance. C’est d’autant plus gênant lorsque l’auteur essaie par exemple de donner de la profondeur au lien entre la fée et son hôte et qu’il n’y arrive pas.

Chronique du Soupir de Mathieu GaboritC’est pour moi le principal reproche qui est à faire à ce roman, je n’ai pas pu y rentrer. Mathieu Gaborit essaie d’étoffer le tout, de donner d’ajouter de la profondeur à l’Heroic Fantasy et pas seulement de l’héroïsme, mais le tout en allant vite, trop vite. On passe les pages et on ne s’attache pas aux personnages, on trouve ces passages trop, trop grossiers, trop voyants, trop rapides, trop dramatiques. Il est souvent difficile de ressortir de cette sensation, alors peut être suis-je tout simplement passé à côté de ce qui aurait dû me toucher, m’émouvoir. Car il est difficile d’imaginer que ce n’était pas là l’objectif de l’auteur, tant l’action si elle est soutenue manque de rythme.

Outre ce défaut qui est hélas déterminant, l’écriture est plutôt réussie, le style se lit facilement et arrive tout de même à nous emporter dans l’univers. Certaines envolées descriptives donnent cependant plus l’impression d’être des figures de style que de réelles tentatives de donner une vision à son lecteur, tant elles peuvent s’avérer difficiles à suivre.

Au final, je n’ai pas réussi à m’accrocher à l’épopée de Lilas et de sa famille. Chronique du Soupir de Mathieu Gaborit si il est bien écrit, ne réussit pas ce qu’il semble vouloir faire, c’est à dire nous transporter dans cet univers passionnant et nous compter une histoire prenante et émouvante. C’est dommage, car les premiers chapitres m’avaient franchement emballé. Vous pouvez d’ailleurs les lire ici.


Après un troisième tome, Frissons d’Outre-Tombe, qui s’était révélé excellent j’ai très rapidement entamé Secrets d’Outre-Tombe, quatrième opus de cette série mêlant Bit-Lit et Policier écrite par Charlaine Harris. Ce tome est le dernier écrit, il a été publié en 2009 dans la langue de Shakespeare, et vient d’arriver chez nous grâce à J’ai Lu et la traduction de Sophie Dalle. La couverture reste dans la droite lignée des précédentes même si je l’ai trouvée un peu moins jolie. Synopsis ?

Secrets d’Outre-Tombe, Harper Connelly Tome 4, de Charlaine Harris

Harper a un contrat dans les environs de Dallas, la région où elle a grandit, elle et son demi-frère comptent en profiter pour revoir leurs deux jeunes sœurs qui ont été placées. Une richissime femme fait en effet appel à ses talents pour connaître les conditions de décès de son grand-père mais aussi et surtout par curiosité envers le pouvoir de la jeune femme. Sauf que ce que découvre Harper n’est pas réellement ce qui était attendu. Qui a provoqué la crise cardiaque du papy et surtout qui est cette femme morte en couches ?

Ce quatrième tome suit un chemin différent des autres, Harper n’étant pas impliquée à proprement parler dans l’enquête (vu que la famille ne décide pas de contacter la police). Du coup elle est très externe à l’intrigue. L’auteur choisi cette histoire comme excuse pour plonger dans la famille un peu trouble de Harper et son demi-frère Tolliver. On y rencontre donc pas mal de personnes qui ont été évoquées dans les tomes précédents. Entre les petites sœurs, le beau-père qui sort de prison, Harper et Tolliver ont fort à faire, mais au final, l’action est plutôt diluée et du coup, on se sent baladé, et on ne sait pas trop où l’auteur veut nous emmener.

Secrets d’Outre-Tombe, Harper Connelly Tome 4, de Charlaine Harris

Les personnages restent égaux à eux mêmes, assez sympathiques, sans être pour autant inoubliables. Harper est une héroine sympa et proche de nous, elle n’est pas exceptionnelle, et du coup il est facile de rentrer avec elle dans l’histoire. Le style de Charlaine Harris est encore une fois oubliable, direct et assez simple.

Secrets d’Outre-Tombe, Harper Connelly Tome 4, de Charlaine HarrisCependant, l’action revient dans les 100 dernières pages, et avec elle le suspens et la tension. Je l’ai fini d’un trait alors que j’étais fatiguée à en mourir sur place, pour vous dire. Et au vu de la fin du roman, je m’interroge sérieusement. Il me semble n’avoir lu nulle part que Les Mystères de Harper Connelly étaient terminés, mais ce tome là a vraiment toutes les allures d’une fin de série. J’ai donc été un peu déroutée par la fin, car je ne m’attendais pas à ce que la série se finisse, mais en soit pourquoi pas. On évite ainsi d’avoir une série trop longue et que la qualité baisse au fil du temps. Tout comme Vicki Nelson, on est donc dans une courte série d’enquêtes à la qualité plutôt constante, dont le meilleur tome est à mon avis le troisième.

Secrets d’Outre-Tombe est donc un tome qui conclut en beauté la série, malgré un début un peu difficile. Harper Connelly est définitivement une série de Policier Fantastique que je vous recommande très fort. Je ne sais pas si d’autres tomes sont prévus, mais j’aimerais bien un spin off avec le personnage de Manfred, le punk médium qui apparait régulièrement depuis le tome 2 et qui à mon avis a un magnifique potentiel.


C’est Lundi, que lisez vous ? #25

Serafina dans Critiques, Livres le 28 novembre 2011, avec 5 commentaires
Critiques

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine.

dabYo

J’ai tout d’abord rapidement fini le recueil Le Diapason des Mots et des Misères de Jérôme Noirez que j’ai franchement adoré et qui restera un excellent souvenir. La chronique est en route.

Les Tangences Divines de Franck FerricJe me suis ensuite lancé dans la lecture du dernier roman de Franck Ferric, Les Tangences Divines récemment sorti aux éditions du Riez. C’est mon premier roman de l’auteur, que l’on avait notamment apprécié pour La Loi du Désert ou encore son recueil de nouvelles Marches Nocturnes. Il s’agit cette fois d’un roman Fantastique aux influences assez variées, mais qui de part son intrigue m’a rappelé Les Petits Dieux de Terry Pratchett. Le ton est désabusé, le scénario est assez fou, et après avoir eu un peu de mal à me lancer dedans, je dois avouer que je suis pris au piège et que j’ai envie de savoir ce qu’il va bien pouvoir arriver à Théodule, notre héros égoutier.

Serafina

Frey, Tome 1, de Chris WoodingCette semaine, retournant sur Paris, j’ai emporté Frey avec moi. J’en suis à 350 pages sur 550 et le roman continue sur sa lignée d’excellence. De l’action sans temps mort, alliée à des personnages ultra charismatiques et beaucoup d’humour, je crois qu’on est sur la piste d’un des favoris de l’année. L’univers que nous offre Chris Wooding est passionnant.

J’ai aussi lu The Dirt, la biographie de Mötley Crüe aux éditions Camion Blanc. Cette dernière croise les témoignages des quatre membres du groupe que l’on adore et de son entourage direct (manager, etc). C’est super intéressant, notamment de voir comment ils ont pu monter aussi haut à partir de rien. Mais si vous rechercher des infos sur la manière de composer de Nikki Sixx ou ce qu’il y a derrière tel ou tel morceau, il faudra plutôt aller lire The Heroin Diaries. Là c’est une enfilade de scènes surréalistes et mêlés aux déchirements internes. Ceci dit, difficile d’en décrocher.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Cuidet MathieuMon passage aux Joutes du Téméraire 2011 aura aussi été l’occasion de rencontrer Arnaud Cuidet, le créateur du jeu de rôles Metal Adventures dont je vous avais présenté le guide de jeu et auquel l’équipe s’était prêtée.

Extrêmement sympathique, il a bien voulu se livrer à l’exercice de l’interview, qui pour la première fois sur if is Dead va prendre la forme d’une interview audio.

Pour ceux qui n’auraient pas suivi, Metal Adventures est un jeu de rôles publié aux éditions du Matagot dont l’univers permet aux joueurs de partir à la conquête de l’espace parmi un équipage de pirates. L’ensemble nous avait surtout surpris sur son côté facile et simple à prendre en main pour créer son personnage et lancer une première partie.

Place à l’interview.

J’en ai aussi profité pour me faire dédicacer le manuel des joueurs et pour me procurer le manuel du meneur. Ça va partir à l’aventure chez if is Dead. Je souhaite remercier Arnaud Cuidet de bien avoir voulu répondre à mes questions et Kradukman de m’avoir laissé utiliser son matériel d’enregistrement.


En me déplaçant sur Paris pendant une semaine pour des raisons professionnelles, le destin semblait vouloir que nous allions voir Evanescence qui passait le 16 Novembre 2011 à l’Olympia de Paris. Qui sommes-nous pour résister au destin ? Places en main nous nous sommes dirigés vers la salle en question, située près de l’Opéra Garnier. C’était la première fois que nous mettions les bottes dans cette jolie salle, très bien équipée, d’une capacité d’un peu moins de 2000 places. Salle dont on notera la ponctualité, les concerts commencent à l’heure indiquée sur les tickets, contrairement à d’autres où l’horaire sur le ticket correspond à l’ouverture des portes. Donc à prendre en compte si vous ne voulez pas louper la première partie.

Evanescence, Tournée Evanescence, à l’Olympia de Paris

En première partie, Me, un groupe de rock australien qui a remplacé un peu au pied levé Fair To Midland, initialement prévus mais contraints à l’annulation suite au désistement de leur bassiste. Les petits gars n’ont pas encore d’album, mais quelques morceaux écoutables sur Facebook. Dans l’ensemble ils sont très dynamiques, et leur rock est très efficace. Le chanteur a une plutôt bonne amplitude vocale, et il faut dire qu’ils sont plein d’énergie sur scène. Malheureusement leur set est à mon avis trop long. Certains morceaux sont bien travaillés et très efficaces, mais certains semblent encore nécessiter du travail et sonnent assez chaotiques en live (l’avant dernier notamment)… Du coup toute la bonne impression qu’on a pu avoir au début est noyée sur la longueur. Quelques problèmes techniques seront à déplorer dont la sangle de la basse qui ne tenait pas et a obligé le bassiste à jouer à genou. Un peu dommage, quand on sait qu’il fait aussi les chœurs. Cependant, c’est un groupe à suivre, et qui promet pour le futur. J’ai hâte de voir ce que donnera leur premier album ! (et au passage, mention spéciale au guitariste, super bishi).

Mais bon, ce que tout le monde attendait, c’était  évidemment Evanescence. L’époque où ils remplissaient le Zénith de Paris est révolue, et c’est du coup plutôt plaisant d’être dans cette petite salle. Sans surprise, le groupe entame sur What You Want, le premier single extrait de leur dernier album éponyme. Le fond est simplement leur logo, mais aura droit à diverses projections lumineuses tout au long de la soirée. Honnêtement, je redoutais surtout la prestation vocale de leur frontwoman, Amy Lee qui est surtout réputée pour chanter affreusement mal en live.

Amy Lee, Evanescence, Tournée Evanescence, à l’Olympia de Paris

Et bien, que nenni. A part sur certains morceaux, les notes sont tenues, c’est juste et elle a sacrément de la puissance vocalement parlant. Même la partie très haute de Weight of the World sera tenue et impeccablement (les refrains suivants par contre…). En réalité les morceaux sont moins faciles à chanter qu’il n’y parait, mais elle a du souffle, et il semblerait que l’époque des lives desastreux soit bel est bien derrière le groupe. Tant mieux ! En prime, c’est une sacrément bonne frontwoman, elle est très dynamique, très active, quitte à en éclipser les autres musiciens, même le batteur des Black Label Society. On est loin, très loin d’une Sharon par exemple, ou d’une Simone qui jouent un peu trop les princesses.

La setlist fait la part belle au nouvel album Evanescence, bien sûr, avec neuf morceaux de ce dernier (sur un album de 12 morceaux, ce qui est plutôt énorme, seules Swimming Home, Erase This et The End of the Dream ne seront pas jouées) et huit autres morceaux équitablement répartis entre Fallen et The Open Door. Évidemment, les immanquables, Going Under, Bring Me To Life et My Immortal seront joués, mais on notera Imaginary, vraiment excellent en live. Certes, j’aurais préféré plus de morceaux de l’époque Fallen (Whisper, Tourniquet, notamment) mais bon, dans l’ensemble c’est un concert quasiment sans faute au niveau des morceaux. Même si le fait de sortir le Piano à queue oblige les trois ballades Lost in Paradise, My Heart is Broken et Lithium à se suivre.

Evanescence, Tournée Evanescence, à l’Olympia de Paris

En plus d'un piano à queue, Amy Lee jouait sur un synthé

Au final, le show que nous a servi Evanescence est rodé, très carré, très pro, mais apparait bien moins froid que la prestation de Within Temptation vu le mois précédent. Comme quoi, il suffit de peu. Le concert ne durera qu’1h30 ce qui est quand même assez peu quand on compare à d’autres, Therion et Anathema en tête, mais ça reste pratique lorsqu’on a un train à prendre après. En tout cas, je ne regrette pas d’être allée à ce concert, et si vous aviez peur d’être déçus par les prestations d’Amy Lee, je ne peux que vous détromper et vous encourager à y aller. Je ne sais pas si d’autres concert seront prévus en France, mais sait-on jamais.


Les Joutes du Téméraire 2011 à Nancy

illman dans Actualités, En Vrai, Livres le 22 novembre 2011, avec 1 commentaire
Actualités

Depuis 1987 Les Joutes du Téméraire, une convention centrée autour du Jeu, se déroule à Nancy et pour cette 24ème édition, votre serviteur a fait le déplacement. Cette année les dates étaient celles du 5 et 6 Novembre. Après moult péripéties automobiles, j’ai effectué les 600 bornes qui me séparait de Nancy accompagné de 3 covoitureurs bordelais. 10h à l’horloge, nous nous garons sur le campus Nancy 1 pour pénétrer dans l’enceinte qui nous accueillera pendant cette convention.

Les Joutes du Téméraire 2011

Les Joutes du Téméraire 2011

Il serait temps de dire en quoi consiste les Joutes en commençant par donner le petit lien qui va bien. Les Joutes, c’est avant tout du jeu, sous un peu toutes ses formes. Le jeu de société occupait une bonne partie des locaux, avec tout ce qu’il fallait d’initiation, de boutiques et enfin de tournois. Le jeu de rôle tenait aussi une part importante mais j’y reviendrais un peu plus tard. Enfin, un petit coin jeu vidéo avait était aménagé avec divers jeu compétitifs, genre Mario Kart, de quoi se vider la tête si l’envie nous en prenait. La création avait aussi sa part ici avec des stands dédiés à  des productions sous RPGMaker.

Les Joutes du Téméraire 2011En ce qui concerne le jeu de rôle, le grandeur Nature (GN) était très représenté avec des hommes en armures et des femmes en robes d’époque arpentant les allées de la convention. On a d’ailleurs pu assister à des reproductions de manœuvres militaires avec des hommes d’armes, portant des piques. Passage obligé de ce genre de convention, des jeux où les visiteurs pouvaient se taper dessus à coups d’épée en latex avaient aussi été prévus, c’était assez cocasse à regarder, sans doute aussi distrayant pour les participants que pour les spectateurs. A noter aussi, des stands d’artisans où l’on pouvait se pourvoir en équipement cuir moyennant espèces sonnantes et trébuchantes.

Pour le Jeu de Rôles, des initiations étaient au programme couvrant un peu tout les genres. De nombreuses associations ont animés ces pôles toute la journée. Les éditions du Matagot et Agate RPG étaient représentés au travers de leurs stands, respectivement de Metal Adventures et des Ombres d’Esteren, jeux de rôles français bien connus. J’ai d’ailleurs pu y rencontrer Arnaud Cuidet, le créateur de Metal Adventures et repartir avec des dédicaces et une interview audio suivra dans un autre article. J’ai aussi participer à l’open de l’est de Metal Adventures sur un scénario original de l’auteur himself. Bref un pendant JDR riche et qui m’a occupé un bon moment sur ce week-end.

Les Joutes du Téméraire ont aussi accueilli pour la deuxième fois consécutive un pôle consacré aux sagas mp3. Un bon moyen pour permettre aux « fans » de rencontrer leurs auteurs préférés, dont ils ne connaissent parfois que la voix. Parmi les invités du festival, on pouvait retrouver JBX, créateur de Reflets d’Acide dont l’adaptation en BD vient de se voir doter d’un deuxième tome, ainsi que Nico et Matt, instigateurs des sagas humoristiques Adoprixtoxis et Xantah. La queue qui s’est formée autour d’eux pour obtenir une dédicace n’a pas désemplie des deux jours, faisant presque oublier au public les autres créateurs moins connus présents. Les visiteurs moins avertis pouvaient s’initier aux sagas mp3 via des ateliers d’écriture de scénario et de montage audio, et avec un fameux Quizz Sagas Audio qui a réunit pas mal de monde.

A noter la présence de conférences plutôt centrées sur le coté technique des sagas audio, et d’autres autour du jeu de rôles étaient prévus mais je n’ai pas pu m’y rendre.

Concert de MagoYond

Mon passage aux Joutes m’a aussi permis d’assister au concert de MagoYond. Ça fait des mois que Johnny Pigeon me tanne avec ce groupe, il fallait bien que j’y jettes une oreille un jour et quoi de mieux qu’un live pour se faire une idée. Le groupe est composé du Mago au chant et à la gratte, de Yond à la basse, d’Aspic au clavier et plein d’autres trucs, de Nobru à la batterie et de Mr G à la guitare solo.

Magoyond

Installé dans le hall de la fac des sciences de Nancy, le concert va démarrer un tout petit peu en retard, à cause de pignoufs qui les empêchaient de faire leur balance à ce que j’ai compris. Les membres du groupe se préparent et se griment pour leur performance et c’est les vêtements en lambeaux et plein de sang qu’ils font leur apparition devant nous, et que les grattes vont commencer à chauffer.

Première impression, ils ont l’air bien déjantés et ils le sont. Ça va se retrouver dans leurs paroles de chanson, qui sentent bon la chair putréfié de zombie. Pèle-mêle on retrouve Adopte un Zombie, Frank Einstein, Hit the zombies ou encore HeadbangGod pour ne citer que celles dont j’ai retenu le titre. Le Mago assure le show plutôt bien, interagit pas mal avec le public et déclenche la rage de ses fans zombifiés. Mais celui qui m’a le plus impressionné, c’est Mr G, le bonhomme assure à la gratte et gratifiera mes oreilles de riffs et de solos que je n’espérais pas entendre ici. Dans le registre Rock Metal, ils s’en sortent vraiment bien, ayant même réussi à me faire headbanger sur la fin.

Aspic prendra le micro pour deux petites chansons rigolotes de Synopsbase, un side project si j’ai bien compris. Pour plus d’informations et pour pouvoir écouter certains de leur titres, je vous renvoie sur leur myspace. A voir si vous avez l’occasion, c’est bien sympathique, je sais qu’ils jouent bientôt à Paris. Photo de Blast.

MagoYond aux Joutes du Téméraire

Photo de Blast

Au final, les Joutes du Téméraire est une convention bien sympathique à laquelle je retournerai si j’arrive à remplir ma voiture de copilotes pour l’année prochaine.


C’est Lundi, que lisez vous ? #24

Serafina dans Actualités, Livres le 21 novembre 2011, avec 9 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine. Après quelques semaines sans notre rendez vous hebdomadaire à cause de nos emplois du temps, en voilà le retour.

dabYo

Le Diapason des Mots et des Misères de Jérôme NoirezAyant eu à prendre le train, j’ai commencé la lecture d’un poche, Le Diapason des Mots et des Misères de Jérôme Noirez. Décidément, je suis abonné aux dernières sorties (du moins en poche) de l’auteur, et ce dernier ne me déçoit pas. C’est un recueil de 12 nouvelles accompagnées de trois 3 contes pour enfants morts-nés qui, il faut le dire, dégage une sacrée ambiance, souvent morbide. Si certaines, rares, m’ont laissé perplexes et semblent avoir été écrites sous acides, la plupart sont excellentes et certaines me marqueront, soit par l’univers rapidement développé, soit par leur côté décalé. Son Grand Prix de l’Imaginaire 2010 est loin d’être usurpé.

Ce que je craignais a fini par arriver et voilà que ma lecture de Chronique du Soupir, le dernier roman de Mathieu Gaborit s’enlise. La fuite en avant du groupe des héros ne m’intéresse presque pas, notamment parce que je ne me suis pas attaché aux personnages. Leurs personnalités font peut être un peu trop superficielles, je ne sais pas, mais ça ne colle pas. Du coup, je dois avouer que leur destin m’importe peu. Le tout est sans doute dû à la volonté de nous décrire un univers trop ambitieux en trop peu de pages. Je vais quand même le finir, mais je reste perplexe.

Serafina

Terrain de Chasse, Alpha et Omega Tome 2, de Patricia BriggsLa semaine dernière a été assez particulière, vu que j’étais en formation à Paris, rentrant tous les soirs, j’avais à peu près 4h de transports par jour. De ce fait, entre deux sommes à l’arrache, j’ai beaucoup lu, Direct Matin, Fluide G, et autres, mais surtout des livres. Tout d’abord Terrain de Chasse, Alpha et Omega tome 2, de Patricia Briggs, que j’ai dévoré et qui est une très bonne suite pour un très bon premier tome, passionnante et qui tient réellement en haleine. Mention spéciale encore aux personnages secondaires.

Pour rester dans les séries Bit-Lit qui sont bien, j’ai continué avec Harper Connelly Tome 4 de Charlaine Harris , qui m’a un peu dérouté, car c’est apparemment la fin de la série (ce que j’ignorais). Du coup, l’intrigue est bien plus diluée que dans le précédent tout en restant sympathique. Au final, beaucoup de choses se résolvent, mais des petites choses, il n’y a pas d’intrigue globale au premier plan, du moins pendant une bonne partie du roman.

J’ai ensuite commencé le tome 1 de Frey de Chris Wooding, un roman de SF paru chez Bragelonne qui vient d’arriver en poche chez Milady. On est dans de l’aventure à mi-chemin entre Star Wars et Firefly , pleine d’humour, de personnages marquants et sans temps mort. J’adore totalement.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Dreamsongs: A RRetrospective est une anthologie des différents travaux qui ont été écrits par George R.R. Martin tout au long de sa longue carrière d’écrivain de l’Imaginaire. Pavé de près de 1200 pages, il n’est actuellement pas encore disponible en langue française, ce qui est bien dommage. Je n’ai cependant pas pu y résister lorsque j’ai vu l’ouvrage sur les étagères de The English Bookshop à Amsterdam, et me suis tout de suite lancé dans sa lecture. L’ouvrage contenant plus d’une trentaine de nouvelles, divisées en sous-catégorie et commentée par Martin himself, j’ai décidé de toute vous les chroniquer au fur et à mesure de ma lecture, qui prendra surement plusieurs mois.

Dreamsongs: A RRetrospective de George R.R. Martin

A Four-Color Fanboy est la première partie de cette anthologie, sans aucun doute celle qui est objectivement la moins bonne, mais subjectivement une des plus intéressantes. Et pour cause, il s’agit là des toutes premières nouvelles que va écrire George R.R. Martin, alors jeune adolescent fan de Super Héros et de fanzines du genre. Car oui, l’auteur a tout d’abord commencé par écrire ce qui s’appelait des « histoires écrites », en contradiction avec les histoires de comic, qui étaient elles dessinés.

Lire Martin nous raconter les dessous de cette époque que nous ne connaissons pas est vraiment passionnant. Pour cette partie, c’est même de loin son texte explicatif qui est le plus intéressant, nous introduisant son parcours à travers les divers fanzines papiers de l’époque, les rencontres lors de conventions, etc. Des éléments qui n’existent quasiment plus aujourd’hui, et que l’on a même du mal à imaginer tant Marvel, qui n’existait pas à l’époque, et autres DC Comics sont devenus des institutions. Passons donc aux nouvelles.

Only Kids Are Afraid of the Dark

Première nouvelle de ce recueil, et sans doute celle qui m’a pour le moment le moins plu, c’est une histoire de super-héros. Pour être exact, il s’agit d’une aventure de Doctor Weird, un personnage qui n’a pas été inventé par Martin, mais qui faisait parti d’un des groupes de super-héros d’un fanzine auquel il souhaitait participer.

L’histoire est simple, mais on note très clairement les influences de l’auteur et les récits de l’époque. La bataille contre Saagael the Demon Price est en effet très imprégnés du Fantastique à la Howard, bien que les caractéristiques du personnage n’étant pas de son fait, il y a forcément des éléments bizarres.

The Fortress

Cette nouvelle est sans doute la plus particulière de l’auteur que j’ai pu lire, et pour cause, puisqu’elle se base sur des faits réels. En effet, ces quelques pages vont nous parler d’une des batailles clef de l’indépendantisme finlandais, le siège de Sveaborg.

Suomenlinna Fortress (Sveaborg)

Située sur une île, la forteresse était connue jusqu'alors pour n'avoir jamais été conquise. Il faut dire qu'elle ne pouvait être réellement attaquée qu'en hiver, alors que la mer était gelée.

Si vous faites les gros yeux, c’est que comme moi, vous devez ignorer une bonne partie de l’histoire des pays nordiques, notamment sur les destinées commune de la Suède et de la Finlande aux armes avec la Russie. Cette nouvelle, superbement écrite, va vous mettre dans la peau d’un commandant de l’armée suédo-finlandaise, et nous faire regretter que George R.R. Martin ne s’attèle pas à l’écriture d’une novélisation de la révolution française.

And Death His Legacy

Tout comme pour The Fortress, cette nouvelle montre que très tôt, Martin travaillait déjà énormément ses chutes de nouvelles, et ce quelque soit le thème. Ici, c’est à la vie réelle et plus précisément, au populisme, que l’auteur s’attaque. The Prophet est un sénateur qui monte en puissance dans les sondages en jouant sur les vieux démons de la société américaine de l’époque, l’aide sociale, tandis que Maximilian de Laurier, riche homme d’affaire, vient d’apprendre qu’il a le cancer et plus grand chose à perdre.

Cette nouvelle est la première à amener une alternance des points de vue, effet très cher à Martin qu’il utilisera à de nombreuses reprises dans ses romans. C’est aussi une des seules que j’ai pu lire jusqu’alors qui est ancré dans l’époque contemporaine de l’auteur, et dans la politique.

C’est là l’ensemble des nouvelles, plutôt courtes, de cette première partie. Je dois avouer que ce début est vraiment surprenant de part sa qualité, car si Only Kids Are Afraid of the Dark est une nouvelle assez faible, les deux suivantes m’ont vraiment plu.


Silence, ça tourne ! #15

dabYo dans Actualités, Films le 17 novembre 2011, avec aucun commentaire
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Comme chaque semaine (ou presque chaque), les films et séries que nous avons vu, et auxquels vous échapperez peut être, grâce à nous.

Conan de Marcus Nispel

Conan - Momoa JasonIl y a quelques mois à peine sortait une nouvelle adaptation du grand personnage de Robert Howard, Conan le Barbare. Sobrement nommé Conan, cette fois le personnage est incarné Jason Momoa, que l’on a pu apprécier (ou pas) dans la première saison de Game Of Thrones. Si nous souhaitions allé le voir au cinéma, enfin, surtout Seraf’, le film n’y est resté que deux petites semaines.

Cela aurait du nous mettre la puce à l’oreille, mais nous, on est pas comme ça, et on accepte de prendre des risques (en l’occurrence le regarder) pour vous, chers lecteurs. D’une durée de deux heures, il faut tout d’abord avouer que le tout est plutôt bien réalisés, les effets spéciaux sont bons, les décors aussi, les scènes de combats corrects.

Sauf que voilà, c’est bien là les seuls trucs qu’il y a de bien. L’histoire est d’un ennuie mortel, les différentes scènes sont caricaturales à souhait, et les personnages de vraies têtes à claques. On admirera notamment l’inutilité la plus totale de la toute première partie du film, lorsque le petit Conan avait un papa, qui était surement là pour donner de la profondeur au personnage. Mais voilà, le personnage ne disant rarement autre chose que « tuer » et « vengeance », il faut avouer que l’intérêt de son caractère et son potentiel émotif sont inversement proportionnels à sa masse musculaire.

Ce nouveau Conan rempli ceci dit parfaitement son rôle de nanar, avec une mention spéciale pour ces superbes tentatives d’introduire un univers en nous présentant le nom des villes (qui n’ont aucun intérêt ni impact) lorsque nos héros se déplacent, et le grand méchant, juste succulent. Je pourrais aussi évoquer ce remake moderne de l’amour Tarzan-Jane que vont partager Jason et Rachel Nichols, mais bon, à quoi bon taper sur un film qui est déjà à terre.

Au final, un film de Fantasy aussi mauvais ne nous était pas parvenu depuis… Ah bah oui, l’adaptation de Solomon Kane, un autre chef-d’oeuvre d’Howard.

The Good Wife Saison 2

Cette semaine encore, c’est la seconde saison de The Good Wife qui nous a accaparé notre temps de visionnage. Car il faut avouer que les épisodes s’enchaînent, la structure reste identique, mais l’intérêt ne décroit pas encore. Les scénaristes trouvent vraiment de très belles façon de nous conter ces proccès, très souvent là encore inspirés des faits réels et qui ponctuent ou ont ponctué notre actualité de ces derniers mois.

Cela passe par la peine de mort, la lute de pouvoir, etc, mais toujours très bien retranscrit de façon intéressante. Les histoires de nos héros se déroulant et évoluant au fil des affaires sont, il faut le dire, très prenante et la balance entre l’affaire en cours et leur évolution est vraiment bien dosée. Assurément une très grande saison pour le moment.

C’est en cours de diffusion sur M6, d’ailleurs.

Et vous, vous avez vu des trucs dernièrement ?


Puisque je suis dans ma période Camion Noir, dabYo m’a offert Ian Curtis et Joy Division: L’histoire d’une vie, la biographie de Ian Curtis écrite par sa femme, Deborah Curtis traduite en français aux éditions Camion Blanc. Pour les incultes, c’était le charismatique leader de Joy Division, initiateur de la Cold Wave et donc influence importante de la culture goth. Ian Curtis s’est suicidé, à 23 ans, à la veille de leur première tournée américaine. Cette mort en pleine gloire l’a forcément érigé en légende.

Ian Curtis et Joy Division: Histoire d'une Vie de Deborah Curtis

Si je connaissais la légende ainsi que la musique de Joy Division, à vrai dire je n’en savais pas grand chose sur l’homme. La biographie qu’a écrit sa femme s’intéresse surtout à ce dernier, à celui qui fut son mari, même si bien évidemment son histoire est indissociable de celle de son groupe. La biographie évolue chronologiquement, bien qu’on connaisse déjà la fin évidemment et est illustrée de photos d’archives en noir et blanc.

La bio évoque bien sur la scène post-punk de Manchester, mais sans entrer dans le détail, le but n’étant pas de documenter cette scène. Personnellement je ne la connais que peu, via un ou deux groupes emblématiques dont Joy Division, mais je pense que c’est un sujet sur lequel je me documenterais dans le futur.

Le roman est facile à lire , les photos bien intégrées, et on le termine très vite. En effet, les 150 dernières  pages sont exclusivement consacrées aux paroles des chansons du groupe, ainsi qu’aux paroles inutilisées laissées par Ian Curtis après sa mort, et à la discographie du groupe. Si cela est sans doute très intéressant pour les fans, bien qu’avec un accès au net trouver les paroles ne soit pas bien dur, je dois avouer que je ne les ai pas lues.

Ian Curtis et Joy Division: Histoire d'une Vie de Deborah Curtis

Image tiré de Control, l'adaptation du roman en livre par Anton Corbijn

Du coup, le récit en lui même se lit très vite. Deborah Curtis est je trouve assez objective et plusieurs années après les faits, elle a pu gagner pas mal de recul pour son écrit. Elle ne montre pas que les bons cotés du chanteur, mais pas non plus que les mauvais, ce n’est clairement pas du règlement de compte contrairement à ce qu’on aurait pu penser au vu de leur relation. La culpabilité ressentie par l’auteur est cependant assez palpable plus on s’approche de la fin.

On suit d’abord avec passion Joy Division récolter la reconnaissance et finalement des contrats, souvent grâce au culot de Ian Curtis. Et puis c’est totalement impuissant qu’on assiste peu à peu à la spirale auto-destructrice dans laquelle il va être entrainé, ses tendances suicidaires ayant toujours été présentes mais exacerbées suite à la déclaration de son épilepsie. En effet, Ian Curtis était épileptique et la fin de sa vie aura été fortement marquée par ses crises qui affecteront notamment sa présence scénique.

Ian Curtis et Joy Division: Histoire d'une Vie de Deborah CurtisJe suppose que le récit ici présent n’intéressera guère que les fans du groupe culte, mais je ne peux quand même que vous le conseiller même si ce n’est pas votre cas. Ian Curtis fait, et pas seulement pour moi, partie des légendes du rock et a été une inspiration importante pour de nombreux autres groupes par la suite. Son histoire est touchante et mérite d’être connue.

Il est à noter que ce livre a servi de base à Control, un film biographique qui retrace une bonne partie de ce qu’on peut lire dans le récit de Deborah et que je compte bientôt voir. Nous reparlerons sans doute dans un prochain article.