Bien que ne m’en vantant pas beaucoup, je suis une abonnée France Loisirs depuis des années et une grande lectrice de Stephen King. Une date butoir de commande avant de recevoir une sélection minable et me voilà avec le premier roman de sa femme, Tabitha King. Avec une couverture aux couleurs flammes et un titre en lettres de feu, en regardant Calliope la voix des flammes je ne peux m’empêcher de penser à Charlie, l’un des romans de son mari. Alors synopsis ?

 Calliope la voix des flammes de Tabitha King et Michael McDowell

Nouvelle Orléans, années 60, Calliope a sept ans quand son père qu’elle adore est assassiné de manière effroyablement cruelle par deux inconnues. Pour des raisons obscures sa mère s’enfuit avec elle, laissant derrière elle son grand frère Ford et sa grand-mère. Elles vont se réfugier dans une pension de famille perdue au fond de la Floride tenue par une femme mystérieuse. Calliope qui a toujours été spéciale, commence alors à entendre des choses qu’elle seule peut saisir.

Ce premier roman de Tabitha King est une collaboration en l’honneur du défunt Michael McDowell. Connu pour ses scénarii de Beetlejuice ou L’étrange noël de monsieur Jack, il avait entamé l’écriture de ce roman avant de mourir. Tabitha a donc repris à son compte l’œuvre du monsieur pour en faire le roman que j’ai eu entre les mains. Tout laissait à supposer une bonne surprise quant au contenu donc. Malheureusement mon souhait ne s’est pas réalisé, et voici donc ma première chronique sur un roman que je n’ai pas pu terminer.

Le style de l’auteur m’a pourtant séduit dès les premières lignes. Les descriptions de la Nouvelle Orléans sont enivrantes et l’immersion est totale dans le mode de vie des États-Unis des années 60. Le talent de la dame pour l’écriture est évident. Malheureusement son approche du Fantastique est, elle, tout à fait boiteuse. Avec une première page prenante annonçant la mort du père et racontée tout du long à la première personne, l’histoire s’enlise ensuite jusqu’à devenir imbuvable.

 Calliope la voix des flammes de Tabitha King et Michael McDowellCe n’est plus Calliope la voix des flammes mais Calliope découvre la mer, Calliope aide à la maison, Calliope se coupe les cheveux… Ça ne vous rappelle rien ? L’auteur se perd dans des détails inutiles et des descriptions fumeuses de personnages qui n’auront aucun intérêt pour l’intrigue. On en vient à se demander si elle ne s’éloigne pas complètement de la trame imaginée par Michael McDowell. Là où la psychologie est très travaillée et fouillée, les péripéties sont inintéressantes, faisant perdre toute l’attention du lecteur.

C’est donc une double déception que m’a offerte Calliope. D’une part et malgré un début prometteur, je ne saurai jamais pourquoi est mort son père. Mais plus encore je regrette de ne pas avoir pu réellement profiter du talent de Tabitha King dont le style mérite pourtant d’être salué. Loin d’être mauvais, ce roman s’est avéré surtout terriblement ennuyeux et soporifique. Dommage.


Le Clos des Epices est le premier tome de LoRd oF Burger, une série de BD publiée par Glenat début 2010. Son style graphique m’a tout de suite accroché, et pour cause, puisqu’on retrouve derrière le dessin de la couverture Alessandro Barbucci qui a notamment à son actif Skydoll et W.i.t.c.h., deux grosses pointures. Mais ce n’est pas le seul grand nom du milieu, puisqu’on retrouve au scénario Scotch Arleston, qui est derrière celui l’univers de Troy. Mais avoir des grands noms ne suffit pas toujours à faire une œuvre de qualité. Synopsis.

Le Clos des Epices, LoRd oF Burger Tome 1, de Arleston et Barbucci

Ambre est la fille d’un grand restaurateur, triplement étoilé au Michelin et respecté par ses pairs pour son restaurant. Si sa première passion est la sculpture de glace, elle n’hésite pas à retrousser ses manches pour aider son père lorsqu’il en a besoin. C’est ainsi qu’il lui arrive de faire la serveuse. A l’opposée, Arthur, son frère, est en froid avec son père et pour cause, puisqu’il ose travailler dans un fast-food. Mais les choses ne vont pas tourner rond et ils vont bien finir par devoir aller travailler en cuisine.

Comme vous vous en doutez, le premier point fort de LoRd oF Burger, c’est son dessin. Il faut dire qu’il y a toute une équipée derrière les graphismes de la série. Si on ressent fortement la patte de Barbucci, c’est parce qu’il assure ici la direction artistique. Mais les dessins eux, sont réalisés par Balak et Zimra. Leur travail est vraiment réussi, et c’est tout simplement un régal de parcourir les pages de l’album. Si les personnages sont superbes, les décors et environnements autour ne sont pas en reste pour autant.

Le Clos des Epices, LoRd oF Burger Tome 1, de Arleston et Barbucci

Pour une fois, les scènes en ville par exemple sont plutôt réussies. Le tout brille surtout par un grand dynamisme, notamment avec des poses dynamiques et des mimiques humoristiques. Heureusement, le cadrage est à la hauteur et il est aisé de suivre l’action. Bien sûr, le dessin ne fait pas tout, et il faut dire que les couleurs mises par Andry Rakotoarisoa et Florence Torta sont elles aussi réussies. Elles sont cependant plus légère, plus proches de l’aplat, mais le tout reste superbe.

Par contre, je dois avouer que le scénario que nous offrent Scotch Arleston et Audrey Alwett m’a laissé beaucoup plus perplexe. Ce premier tome est bien entendu un tome d’introduction, vous vous en doutez, il faut donc lui laisser sa chance, mais difficile de ne pas le trouver poussif pour autant. On a l’impression qu’ils ont tenté de créer des scènes plutôt inutiles pour arriver à pondre les 56 pages nécessaires. Dommage, car du coup, on a vraiment, mais vraiment, que l’idée de base: le restaurant. On n’a ni eu le temps de découvrir les personnages, ni ce qu’il va bien pouvoir se passer par la suite.

Le Clos des Epices, LoRd oF Burger Tome 1, de Arleston et Barbucci

Et pour cause, puisque la fin de l’ouvrage nous précise que nous avons là en main la moitié de l’édition originale du premier tome, enrichie. Je ne sais pas trop pour quelle raison Glénat a fait ce choix éditorial, mais je suis perplexe. C’est d’autant plus dommage que l’ouvrage est vraiment travaillé, que ce soit avec ses pages de gardes réussies, ou encore avec des petites recettes entre les chapitres.

Le Clos des Epices, LoRd oF Burger Tome 1, de Arleston et BarbucciAu final, Le Clos des Epices m’a laissé un arrière goût de poussif, de mi-figue, mi-raison. Le scénario a été artificiellement rallongé et cela se ressent fortement, très fortement. On a limite l’impression d’avoir lu le premier chapitre, non le premier volume, et je ne parle pas des synopsis que vous pourrez lire un peu partout sur le net qui vous racontent du coup plus de la moitié du volume.

Heureusement, la direction de Barbucci et le travail de Balak et Zimra nous en mettent plein la vue et c’est bien ça qui va me pousser à aller lire le deuxième tome, Étoiles filantes.


Black Metal Satanique : Les Seigneurs du Chaos est une étude de Michael Moynihan et Didrik Soderlind parue en 1998 en langue anglaise, puis révisée en 2003 avec ajout de matériel et corrections. Elle a été traduite en français par Sylvia Rochonnat et éditée par la maison Camion Noir. Il s’agit d’une plongée dans le monde du Black Metal, et des exactions qui lui ont été associées, comme les incendies d’églises ou les meurtres dans les années 90. A l’aide de documents d’époques et d’interviews des protagonistes, les auteurs proposent une vision d’ensemble de ce milieu si particulier.

Black Metal Satanique: Les Seigneurs du Chaos de Moynihan et Soderlind

Vous devez probablement le savoir si vous nous suivez, le Black Metal fait partie de mes péchés mignons, péché souvent incompris et méprisé par mon entourage direct (les autres membres de la rédaction notamment) au même titre que mon amour du Doom. Soit. Toujours est-il que je connaissais relativement bien l’histoire du mouvement et les groupes majeur du genre. Je pense que s’il est plus agréable d’avoir une petite connaissance de ce style avant de lire le document, cela ne sera pas un gros handicap si ce n’est pas le cas, tant que vous connaissez un minimum le Metal.

En effet, la première partie du roman propose un historique du genre musical, des influences fondatrices, jusqu’aux premiers albums enregistrés dans des caves, en passant par l’influence d’Euronymous sur la scène norvégienne, et par les scandales qui ont suivi la montée en puissance du genre. En effet, le Black Metal est né en Norvège, pays riche, au niveau de vie enviable, où les jeunes en quête de sensations fortes ont crée cette musique violente, crade et aux influences sulfureuses. Cette première partie est plutôt bien faite et instructive, et ce même en en connaissant les grandes lignes. Seul point noir, il y a un certain nombre de fautes d’orthographe, notamment au niveau des noms propres. Je ne sais pas si c’est lié à la traduction ou non.

Burzum Church Tour 92

On peut lire sur cette affiche d'époque "Coming soon to a church near you, Burzum tour '92"

Le document est un mélange entre études et analyses de la part des auteurs, mais aussi d’interviews des protagonistes de l’époque. Les interviews ont soit été réalisées pour le livre, soit été extraites de magasines ou de fanzine de l’époque. En effet, un certain nombre des protagonistes impliqués à dans le mouvement sont décédés depuis, on pense évidemment à Euronymous et à Death.

A ce sujet, les interviews ne sont pas censurées, ni pondérées, il convient donc de prendre du recul et de comparer les différentes interviews des personnes – qui ont des versions différentes souvent – pour se faire sa propre idée.  Il est important de noter que malgré les opinions très discutables de Moynihan, j’ai eu l’impression que le document était assez neutre et si je n’avais pas lu sa biographie dans un autre bouquin, je n’aurais jamais deviné son orientation extrémiste.

Cela dit, il faut dire que certains propos peuvent choquer par leur racisme, leur homophobie ou tout simplement leur haine. Si ces paroles reflètent sans aucun doute les pensées des personnes interviewées, elles ne doivent pas être prises au pied de la lettre, et il faut garder en tête qu’il s’agit là d’une étude. Personnellement j’ai apprécié le fait justement qu’il n’y ai pas de censure, ni de jugement, laissant chacun libre de comparer ce que disent les différentes sources. Bref, l’analyse n’est pas totalement pré-mâchée et sur certains points, les auteurs évitent soigneusement de s’engager.

Comme je le disais, le tout est illustré avec des photos d’époque, mais aussi de flyers et affiches. Certains des flyers sont très drôles, comme ce Burzum Tour. Bien que s’intéressant majoritairement à la « grande époque du Black », celle des églises profanées quoi, le livre traite aussi de l’évolution du mouvement, et du passage du satanisme adolescent à des revendications plus païennes. Les derniers chapitres sont consacrés au Black Metal dans les autres pays d’Europe, notamment l’Allemagne, l’Angleterre et la France.

Black Metal Satanique: Les Seigneurs du Chaos de Moynihan et SoderlindLe document était aussi mon premier bouquin de chez Camion Noir, sorte de pendant documentaire de Camion Blanc, éditeur connu et respecté pour ses biographies musicales. Force est de constater qu’ils font ici un très bon travail, même pour un prix relativement élevé. Le papier est de bonne qualité, le texte aéré et les photos en noir et blanc bien imprimées.

Au final, Black Metal Satanique: Les Seigneurs du Chaos est un livre documentaire très intéressant, avec de nombreux témoignages, et sans trop de parti-pris. Les auteurs sont assez neutres, nous fournissent de très nombreuses informations qui vont permettre au lecteur de mieux comprendre ce mouvement, et surtout de se forger sa propre opinion sur les légendes du Black Metal. Il est évidemment un peu dommage que le document ne soit pas complètement à jour, mais avec les rajouts de 2003, on reste tout de même assez proche de la scène actuelle. Je ne peux que vous le recommander très chaudement si vous vous intéressez à cette musique de près ou de loin.


C’est Lundi, que lisez vous ? #13

Serafina dans Actualités, Livres le 15 août 2011, avec aucun commentaire
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine.

dabYo

Du Paganisme à Nietzsche de Nicolas WalzerJe suis toujours en plein Qu’a-t-elle vu, la femme de Loth ? de Ioànna Bourazopoùlou, mon avis reste le même: c’est un excellent bouquin. J’en suis à un peu plus de la moitié, et je commence à peine à entrevoir où veut en venir l’auteur. Très addictif.

A côté de cela, j’ai commencé moi aussi une lecture du Camion, mais du Camion Blanc cette fois: Du paganisme à Nietzsche, que ma offert Serafina. Il s’agit d’une étude de Nicolas Walzer sur la mouvance paganiste au sein de la communauté du Metal en France, qui d’après l’auteur prend peu à peu le pas sur le satanisme. J’en ai trop peu lu pour le moment, mais j’ai hâte.

Serafina

J’ai terminé le premier tome de Rose Aimée de Béatrice Bottet aux éditions du Matagot. Le roman confirme ce que j’en pensais depuis le début, est donc très bon jusqu’au bout. J’ai hâte de lire le deuxième tome et de savoir comment tout cela va se terminer.

J’ai ensuite commencé Rage de Dents de Marika Gallman, la dernière parution du Petit Caveau, de la Bit-Lit version frenchie. Et pour le moment, bien qu’il ne soit pas exempt de certains défauts, c’est un très bon bouquin, léger, qui se lit bien. J’en ai lu 120 pages sur 300 et l’histoire commence à démarrer. Bref, à suivre.

La Bible Gothique de Nancy KilpatrickEn parallèle, après avoir terminé La Bible Satanique de LaVey dont la chronique ne devrait pas tarder, j’ai commencé La Bible Gothique de Nancy Kilpatrick et pour le moment, je suis partagée entre la perplexité et la consternation.

J’ai vraiment l’impression que l’auteur mélange tout et n’importe quoi, relie des trucs de manière bizarre, quand elle ne fait carrément pas des affirmations fausses. Et je pense que la traduction n’aide pas. Bref, pour le moment je ne vous le recommande pas, à voir si ça s’améliore au fil des pages.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


MdM#31: War On Terror de MaYaN

Serafina dans Actualité, Musique le 14 août 2011, avec 2 commentaires

MaYaN est un super groupe, composé de membres d’Epica et d’After Forever entre autres. Le projet, initié par Mark Jansen a sorti son premier album il y a quelques semaines déjà, et il faut dire que l’accueil critique n’était pas au rendez-vous. Malheureusement, comme beaucoup de super-groupes, musicalement ce n’est pas à la hauteur et leur Death Metal Symphonique était plutôt insipide. On connaissait le compositeur principal d’Epica pour son côté engagé, et sur l’album de MaYaN figure War On Terror, un titre qui comme prévu parle de guerre. Le clip aussi.

Il y aurait énormément à dire sur le clip, car si la musique est banale, tirant dans le mauvais sans être inécoutable, le clip lui est un ramassis des pires clichés possibles. Les soldats, ils sont méchants, ils clopent et ils violent les pauvres irakiennes. A coté, MaYaN joue dans le désert, observé et menacé par un hélico. Deux hélicos ça coutait trop cher. Je peux comprendre qu’on soit contre la guerre, mais de la à faire un truc aussi conventionnel que ce clip, cette scène de viol aussi pathétique qu’inutile et ces clichés sur les militaires, j’ai du mal…

Sinon, on vous a dit qu’on trouvait ça mauvais ?


Palimpseste de Charles Stross

dabYo dans Critiques, Livres le 13 août 2011, avec 1 commentaire
Critiques

Palimpseste est une novella écrite par Charles Stross qui vient tout juste d’être édité par J’ai Lu dans sa collection Nouveaux Millénaires. Ce texte inédit a remporté le Prix Hugo 2010 de la novella et a été traduit par Florence Dolisi. Il fait partie des premiers titres de cette collection de l’éditeur, qui a pour objectif de publier des titres inédits en France, en grand format. Synopsis.

Palimpseste de Charles Stross

L’agent Pierce vient tout juste de rejoindre la Stase, l’agence chargée de patrouiller dans le temps afin de garantir la survie de l’humanité. Mais avant d’être un agent titulaire, il doit être formé pendant une vingtaine d’années objectives afin d’apprendre le métier. Cours théoriques, pratiques et missions sur le terrain sont au programme pour ce ressortissant de notre époque qui serait promit à une « grande carrière » au sein de la Stase.

Avec ses 120 pages, Palimpseste est un roman que j’ai lu très vite. Non seulement il est court, mais en plus il est écrit gros, d’un autre côté ce n’est pas étonnant puisque c’était une novella. Le style de Charles Stross est plutôt agréable à lire, et la traduction fournie ne m’as pas choqué. Les phrases se lisent facilement, tellement qu’on dirait presque un roman jeunesse. Il ne s’agit pas d’un point négatif, mais bien d’un point positif. Même les phrases contenant de nombreux termes scientifiques sont aisées à lire.

Et des termes scientifiques, il y en a. Beaucoup. Vraiment beaucoup. C’est d’ailleurs pour moi un des plus gros points faibles. En effet, le texte de Palimpseste est parsemé de termes scientifiques, des conséquences scientifiques de certaines idées scientifiques, bref, on se retrouve avec des paragraphes entiers consacrés à des processus complexes et techniques qu’il est quasi impossible de comprendre au fil de la lecture. Et pourtant, j’ai l’habitude de ce genre de textes, du coup, je ne les ai pas trouvé indigestes, simplement perdants, inutiles.

On a l’impression que Charles Stross essaie de justifier son scénario, celui de la brigade temporelle, en lui achetant une sorte de crédibilité scientifique qu’on a du mal à lui accorder. Je ne suis ni chimiste, ni physicien, donc je ne pourrais pas le juger. Par contre, mon métier m’a offert quelques bribes de connaissances en informatique, aussi, quand je vois qu’il écrit, noir sur blanc, que 6 x 1023 bits revient à 1023 octets, je me permets de douter fortement de la crédibilité du reste.

Palimpseste se retrouve par là même presque associé au genre de la Hard Science-Fiction, mais quand un David Weber nous endort avec ses descriptions de missiles, on a tout de même l’impression qu’il sait de quoi il parle. Cela n’est certes pas notre tasse de thé, mais cela rajoute des détails, une profondeur à son univers. Ici, Charles Stross nous donnerait plutôt l’impression de chercher des termes qu’il trouve classe sur Wikipedia, puis de les mettre l’un à côté de l’autre.

Palimpseste de Charles StrossCe côté pénible ne change rien au style de l’auteur qui est plutôt simple à lire. Le roman est très direct, chaque phase est dynamique, et ce même lors des descriptions. Cela donne un côté très bref, on a l’impression que tout est allé très vite, peut être un peu trop, une sorte de Thriller. Mais là où les machinations du genre ont généralement le temps d’être expliquées à la fin, il est ici difficile de ne pas avoir l’impression d’être passé à côté d’une « histoire » ici, tant il n’y en a que des brèves. La narration est en effet très succincte, on fait de nombreux sauts dans le temps, parfois de plusieurs années. En général, on ne va jamais retrouver notre héros Pierce dans la même configuration qu’au chapitre précédent, et les réponses seront toujours manquantes.

Ce changement permanent dans la situation de Pierce va bien au principe de l’histoire, mais est tout de même assez dérangeant. Entre l’absence de réel fil-rouge, les passages trop techniques mais sans réel intérêt, et la révélation finale qui donne l’impression de ne pas avoir eu droit à l’histoire tant attendue, Palimpseste de Charles Stross est un court-roman qui laisse un arrière goût de frustration. Dommage.


Mad Men, Saison 1, de Matthew Weiner

dabYo dans Critiques, Films le 12 août 2011, avec 3 commentaires
Critiques

Mad Men est une série dont la popularité a explosé l’année dernière en France, pour une raison que j’ignore totalement. Toujours est il qu’elle nous avait jusqu’alors échappé, et que ce n’est qu’à ce moment là que nous nous y sommes intéressés. Créée par Matthew Weiner, la série a été diffusée pour la première fois en 2007 et compte actuellement quatre saisons. C’est à la première saison que nous allons nous intéresser. Synopsis.

Mad Men, Saison 1, de Matthew Weiner

Pendant les années 60, Don Draper est directeur créatif de l’agence publicitaire Sterling Cooper, qui a pignon sur Madison Avenue à Manhattan, New York. Plutôt bien placé et respecté de ses collègues, Don essaie tout simplement de se maintenir dans cette vie qui lui a apporté une grande maison, une voiture, une femme et es enfants. Sa vie est majoritairement remplie par le travail, avec quelques relations extraconjugales lorsque le traintrain familiale l’ennuie.

Comme le synopsis vous l’indique, c’est la vie du personnage principal Don Draper que nous allons suivre. Toute la série tourne quasiment autour de lui et des quelques personnages qui lui sont reliés : sa femme, ses collègues de travail, les femmes avec qui il a des aventures. Cependant, il ne faut pas s’attendre là à une vie rythmée avec de nombreux évènements, on en est bien loin. Le rythme de Mad Men est en effet très lent, presque contemplatif. Il ne se passe relativement rien pendant tous les épisodes de cette première saison. Du travail, des campagnes publicitaires, et quelques petits aléas.

Don Draper dans Mad Men, Saison 1, de Matthew Weiner

Et pourtant, malgré cette absence d’évènement, cette absence de rythme, on se prend au jeu. On aime ce côté lent, posé, complètement contemplatif, et on fini par s’attacher aux personnages. A Don bien entendu, qui malgré son assurance semble de loin être le plus perdu de tous, à sa femme Betty avec laquelle on souffre. Mad Men a un très large panel de personnages, de nombreux ne vont pas vraiment être creusés, mais ceux qui le sont prennent vraiment toute leur ampleur.

Betty dans Mad Men, Saison 1, de Matthew WeinerSi l’ambiance est très réussie, c’est aussi parce que la série arrive à parfaitement retranscrire l’ambiance des années 60. On admire ces mad mens qui enchaînent verre de Whisky sur verre de Whisky tout au long de la journée, qui s’en grillent une avec classe dans leur costard noir. Les costumes et les décors sont tout simplement superbes. Je ne suis pas expert de l’époque, peut être est ce un peu enjolivé, mais on s’y croit carrément. Et puis, quelle classe lorsque Betty allume sa cigarette, ou que Don se sert son verre du matin ! Il faut quand même dire que les acteurs qui sont derrière jouent très bien. Jon Hamm transpire la confiance, Elisabeth Moss fait très bien la fille timide mais qui en veut, January Jones qui joue la parfaite femme au foyer, et bien entendu, celle qui est considérée comme la plus emblématique, Christina Hendricks.

Par contre, je dois avouer que lorsqu’on regarde pour la première fois Mad Men, il est difficile de ne pas être choqué. Choqué par ces changements dans notre vie, dans nos vies. Choqués de se dire que la vie était comme ça. Aujourd’hui, quiconque verrait une femme enceinte fumer irait lui dire d’arrêter. Qu’elle fume comme ça devant ses enfants, avec ses enfants. On ne verrait pas des employés commencer à travailler en se servant un Whisky. La série retranscrit fidèlement l’ambiance, que ce soit au travail où les femmes sont considérées comme des cruches juste bonnes pour un coup, ou à la maison, où elles sont complètement infantilisées.

Acteurs de Mad Men, Saison 1, de Matthew Weiner

Christina Hendricks incarne le fantasme de la secrétaire

Au final, après avoir fini cette première saison, je ne comprends pas comment nous avons pu mettre un an pour la terminer. Les acteurs sont bons, l’absence d’histoire est prenante, l’ambiance réaliste, historiquement intéressante, bref, les ingrédients sont là pour avoir une bonne série. Aussi étonnant que cela puisse paraître, Mad Men fait partie de ces rares séries qui ont un gros succès sans pour autant miser ni sur l’humour, ni sur l’action, ni sur les enquêtes. Et ça, ça fait vraiment plaisir.


Silence, ça tourne ! #5

dabYo dans Actualités, Films le 11 août 2011, avec 2 commentaires
Actualités

Comme chaque semaine, les films et séries que nous avons vu, et auxquels vous échapperez peut être. Cette semaine, il y a eu beaucoup de Mad Men, de Mad Men et un peu de Mad Men encore.

Mad Men s02e03…e11

Betty dans Mad MenIl est fort probable que l’on finisse la seconde saison avant même la publication de notre chronique de la première, tant elle est addictive. Alors que nous avions mis des mois à nous mettre dans le bain, à coup d’épisodes de temps à autre, nous voilà parti dans un marathon. On ne regarde plus que ça d’ailleurs.

L’histoire est addictive, tant sur le point des personnages que de l’évolution de la société. Même si on peut les voir venir, avec notamment l’émancipation de la femme, le racisme lattant de la société américaine ou encore l’homosexualité. Les thèmes de l’époque, forts, s’intègrent très bien.

On en a aussi profité pour regarder les différents bonus des DVD de cette seconde saison, avec notamment des dossiers sur les lutes sociales de l’époque. Plutôt bien réalisés et intéressants, je n’ai malheureusement pas le bagage nécessaire pour juger de la pertinence et véracité des propos.

Weeds s04e01, s04e02

Il y a de ça quelques mois déjà, on vous parlait des trois premières saisons de Weeds, une série très drôle de courts épisodes de 20 minutes. On a fini par reprendre la série, qui reste égale à elle même. On est ni surpris, ni réellement déçus. Maintenant, est ce que cela suffira à nous garder jusqu’à la fin ? Ce n’est pas dit.

True Blood s04e07

On termine avec le nouvel épisode de True Blood, qui est je pense un paroxysme dans le niais pour la série. Et pourtant, les précédentes saisons avaient mis la barre assez haute, avec des passages d’un chiant abyssale. Mais voilà, finalement, je crois bien qu’on préférait Bill dans ce rôle.

Et c’est tout pour aujourd’hui. Vous regardez quoi, vous, en ce moment ?


Le Jeu de l’Ombre de Sire Cédric

dabYo dans Critiques, Livres le 10 août 2011, avec 1 commentaire
Critiques

Le Jeu de l’Ombre un roman écrit par Sire Cédric, un auteur français de Fantastique que nous suivons maintenant depuis plusieurs années ici. J’avais lu il y a quelques temps déjà Déchirures, un recueil de Splatterpunk réédité récemment par Le Pré-aux-Clercs et qui m’avait marqué par sa qualité, avis partagé par Aya il y a quelques jours. Cette fois ci, il s’agit d’un Thriller Fantastique, dans la lignée de ses deux précédents romans, L’Enfant des Cimetières et De Fièvre et de Sang, tous deux appréciés par Serafina. C’est donc avec enthousiasme que je me suis plongé dans ce pavé de presque cinq cents pages. Synopsis.

Le Jeu de l'Ombre de Sire Cédric

Malko Swann est une « rockstar ». Une vraie, célèbre, riche, courtisée par les femmes qu’il utilise et jette dès qu’il se lasse. Et pourtant, bien qu’il ait tout, il se sent vide et n’arrive à se sentir vivant qu’avec l’adrénaline, lorsqu’il trompe sa copine, couche avec une femme juste à côté de son mari, ou roule à 180km/h sur une départementale. Et c’est justement ce qu’il faisait lorsqu’il est passé sur ce petit pont, dans ce bled pourri, que les habitants appellent « le Pont du Diable ».

On commence le roman tout de suite sur les chapeaux de roues, et il faut dire que le rythme général du roman va presque être tout du long rapide, prenant, haletant. Nous suivons tout d’abord Malko Swann, présenté par le synopsis et personnage central de ce roman, avec lequel nous allons vivre tout le côté Fantastique de ce Thriller. La narration alterne assez souvent les points de vue, certains personnages ne devenant principal que le temps d’un chapitre. Le rythme rapide vient aussi de la taille relativement courte des chapitres, jusqu’à dix pages pour les plus longs, on en retrouvera une bonne soixantaine.

La lecture du Jeu de l’Ombre s’en retrouve donc très aisée, et il faut avouer que le style de Sire Cédric y est aussi pour beaucoup. Agréable à lire, simple mais détaillé, il a tout pour plaire et surtout il ne nous perd pas. A aucun moment, que ce soit lors des scènes d’action, ou lors de la mise en scène de la folie de certains, captivante, réaliste. Il y a d’ailleurs là quelque chose de très proche de l’Horreur, qu’on pouvait rencontrer dans ses récits Splatterpunk, et il faut dire qu’il arrive bien à mêler les ingrédients. Si on est loin de la brutalité de ses débuts, on a l’impression que le tout s’est bonifié avec l’âge. La folie, les émotions brutes, la peur sont là, sans pour autant aller dans le trash.

On retrouve donc un florilège de personnages impliqués dans des affaires de meurtres, et notamment le commandant Vauvert, que l’on avait déjà aperçu dans L’Enfant des Cimetières et De Fièvre et de Sang. Il semblerait là que ce soit un personnage récurent de l’auteur, s’il n’est pas développé à un très haut point, il est tout de même agréable à suivre et joue bien son rôle de deuxième personnage fort. D’une manière générale, le casting est sympathique, parfois cliché, mais juste ce qu’il faut pour que cela soit crédible. Car si le roman empreinte des éléments au Fantastique, on voit très clairement que Sire Cédric essaie de le rendre le plus réaliste possible. On pourrait presque dire que le tout a un côté « roman de terroir », et même si cela peut sembler être une classification négative, ça ne l’est pas. On sent que l’auteur connaît le terrain, et le tout fourmille de détails qui rendent le roman réaliste, notamment sur le côté géographique.

Le Jeu de l'Ombre de Sire CédricLe scénario, s’il n’est pas hyper complexe, est sympathique et a réussi à me surprendre. On ébauche bien entendu ses propres théories sur l’affaire, mais le twist final m’a pris de cours et ravi. Bien sûr, il laisse une bonne place au « fantastique » et à la folie, mais ce n’est pas plus mal. J’ai beaucoup apprécié ce côté là, notamment grâce à la séparation des points de vue. Finalement, le seul point noir que je verrai est l’absence d’utilisation de certaines scènes, qui semblent n’avoir servi à rien. Elles se comptent sur les doigts de la main, tout au plus quelques pages. Et peut être l’épilogue, que j’ai trouvé incomplet.

Au final, Le Jeu de l’Ombre de Sire Cédric est un Thriller très sympathique, idéal pour une lecture d’été d’ailleurs. Avec un rythme entraînant, une histoire intéressante et une très bonne crédibilité, je ne peux que vous le conseiller. Il vous fournira les frissons nécessaires, et je dois avouer que j’en redemande. Vous pouvez d’ailleurs en lire les premières pages par ici.


Zombie Thérapie de Jesse Petersen

Serafina dans Critiques, Livres le 9 août 2011, avec 10 commentaires
Critiques

Zombie Thérapie est un roman de Jesse Petersen sorti il y a peu aux éditions Milady et paru en 2010 aux États-Unis, et que j’ai reçu via un partenariat avec Livraddict et Milady que je remercie au passage. Il faut dire que avec sa couverture en aplat ultra-girly de Noémie Chevalier, l’aspect à priori-second degré et « fun », c’est un roman qui me tentait énormément. Un peu de dérision dans le monde trop sérieux de la Bit-Lit ? Dans la même veine qu’un Vampire Kisses ? Synopsis.

Zombie Thérapie de Jesse Petersen

Sarah et David sont un couple au bord du divorce. Ce jour là ils se rendent chez leur thérapeute… Mais ils trouvent cette dernière en train de bouffer le couple précédent. En effet, une épidémie de zombie est apparue à Seattle, et Sarah et David vont devoir se battre pour leur vie ! Ce qui pourrait bien sauver leur couple au passage.

Typiquement, on est dans un roman qui mixe zombies et Chick-Lit. Le résumé me donnait envie, et je m’attendais à un roman absurde et plein d’humour. Le problème c’est qu’entre l’espoir du quatrième de couverture et la réalité, il y a tout un monde. Zombie Thérapie est un roman écrit à la première personne, par Sarah donc. Le style de Jesse Petersen est très simple et direct. De ce fait, le roman se lit très rapidement, j’ai à peine mis un jour pour en venir à bout. Sarah n’est pas une lumière, donc le style est à son image, simpliste avec du vocabulaire de base et des références à la pop-culture. Au passage, la traduction m’a semblée plutôt bonne, on n’est pas perdu dans les références.

L’action est là, non-stop, on passe par toutes les étapes des survies en cas d’attaque zombie : recherche d’armes, de nourriture, et autres clichés. On ne s’ennuie pas une seule seconde et les obstacles s’enchaînent les uns après les autres, ce qui fait que la lecture avance sans le moindre temps mort.

Zombie Thérapie de Jesse PetersenL’idée de base est bonne, et fun pour de la Bit-Lit. Le problème c’est que passé les premières scènes plutôt sympathiques, on arrive dans un roman on ne peut plus conventionnel, où tous les clichés des films de zombie sont respectés à la lettre, et l’auto-dérision des premières pages cède vite la place à plus de sérieux, et il faut le dire beaucoup moins de fun.

Du fait de l’action non-stop on ne peut pas dire que les personnages soient très développés, à vrai dire, j’ai trouvé les deux personnages totalement interchangeables et ils ne me marqueront pas du tout. Les situations sont prévisibles de bout en bout et souvent c’en est agaçant de deviner les trucs avant les personnages.

Au final, je ne dirais pas que Zombie Thérapie est un roman désagréable. Le roman de Jesse Petersen se lit bien, et sans prise de tête, mais il n’est pas à la hauteur de ce que j’attendais et est totalement dispensable. A lire si vous n’avez rien de mieux à lire quoi, mais vu la concurrence du moment sur le secteur de la Bit-Lit, ça m’étonnerait. A noter qu’il existe une suite, mais je ne compte pas la lire.