Rose-Aimée est une série de romans Jeunesse en deux tome de Béatrice Bottet sortie aux éditions du Matagot. Le roman de 500 pages est servi par une fort jolie couverture de Rolland Barthélémy. Je ne connaissais jusqu’à présent ni l’auteur ni la maison d’édition donc je partais sans aprioris. Synopsis ?

La belle qui porte malheur, Rose-Aimée Tome 1, de Béatrice Bottet

San Francisco, 1851 en pleine ruée vers l’or, Martial, marin français, rencontre un bien étrange vieil homme qui lui confie une mission. Retrouver sa nièce, chanteuse dans un cabaret, et surtout son manuscrit.  Martial retourne donc en France et se rend à Paris, où il découvre le cabaret des 3 Anges Blancs et Fifi la chanteuse. Sauf que la belle n’est pas facile à approcher et on dit qu’elle porte malheur.

Tout d’abord, chapeau aux éditions du Matagot, car ils ont fait un très beau boulot sur ce roman : couverture en relief, entêtes de chapitres ornées et même dessins et croquis dans les annexes. Les pages sont épaisses et l’écriture assez grosse. C’est un très bel objet et vraiment agréable à lire.

Comme je disais, je partais sans aprioris, mais il faut bien dire que la deuxième partie du XIXème siècle fait clairement partie de mes périodes historiques préférées. Dans ce premier tome la plus grosse partie de l’action se passe à Paris, celui qui n’est pas encore Haussmanisé, assez sombre et fort pittoresque. J’ai trouvé que Béatrice Bottet réussissait particulièrement bien à retranscrire les ambiances. On entre très vite dans le roman et tout est très visuel.

J’ai aussi beaucoup aimé le solide socle historique du roman. En effet, on sent que l’auteur est calée dans le domaine et les annexes du livre apportant des précisions sur certains points historiques le montrent bien. Du coup c’est vraiment plaisant à lire et très réaliste. Le style est fluide et se lit bien.

Les relations entre les personnages, et comme vous vous en doutez, l’amour naissant entre Martial et Fifi sont brossées avec finesse et beaucoup de réalisme. Même si certains retournements sont « entendus », dans l’ensemble les personnages sont psychologiquement crédibles et il est assez facile de s’identifier à eux. C’est clairement une des grosses forces du livre, les héros sont des gens comme tout le monde avec leurs défauts et leurs qualités. On s’attache à eux, et on a du mal à les laisser à la fin de ce 1er tome.

La belle qui porte malheur, Rose-Aimée Tome 1, de Béatrice BottetL’intrigue met cependant un peu de temps à réellement démarrer, et certains événements étaient prévisible 150 pages avant qu’ils n’arrivent pour de vrai. L’auteur laisse des indices parfois un peu trop gros et c’est rageant de voir les personnages s’engager sur une mauvaise voie alors qu’on sait pertinemment que cela n’aboutira pas. Ceci dit, c’est un défaut fréquent dans les romans Jeunesse, je ne lui en tiendrais donc pas trop compte. A noter que malgré le titre, le Fantastique est assez peu présent, c’est par petites touches et très bien intégré, c’est donc lisible par tous, même si ce n’est pas votre genre de prédilection.

Au final j’ai vraiment été très agréablement surprise par cette lecture de La belle qui porte malheur. Je m’attendais à un bon bouquin, mais pas à ce point. Je ne saurais que vous le recommander. La deuxième partie de Rose-Aimée, Le Marin perdu dans la brume, est déjà sortie et je vais sans nul doute bientôt la lire.


Après avoir lu Black Metal Satanique: Les Seigneurs du Chaos, et vu mon amour pour le Black Metal old school, il était logique que je regarde le film-documentaire Until the Light Takes Us de Aaron Aites et Audrey Ewell sorti en 2009 aux États-Unis, et en début d’année 2010 en international. Ce documentaire traite lui aussi des origines du Black Metal, en Norvège notamment, mais aussi des dérives plus ou moins douteuses qui ont marqué le mouvement. Les églises brulées quoi.

Until the Light Takes Us de Aaron Aites et Audrey Ewell

Le documentaire se centre très clairement autour de deux personnages : Fenriz de Darkthrone et  Varg Vikernes de Burzum. Ces deux figures importantes du mouvement interviennent à de nombreuses reprises dans le documentaire, et sont plutôt bien choisies pour montrer les deux visions totalement opposées du Black Metal. Le premier se clame apolitique, se consacre à sa musique et c’est tout (la clope et la binouse aussi) tandis que Varg affiche clairement des opinions politiques extrêmes.

En toute honnêteté, j’ai cependant du mal à voir réellement quelle est la cible du documentaire, pour les fans, il n’y a rien de bien nouveau. Bon, Fenriz est un gars fun et charmant, et on aime bien l’entendre parler et se foutre de tout mais ce n’est pas nouveau. On aime bien les délires de Varg mais là aussi rien de nouveau. Par contre, à l’opposé, les faits et le genre sont présentés très très succinctement, et je pense que les néophytes n’ont pas les clés pour comprendre réellement de quoi cela parle.

Fenriz dans Until the Light Takes Us de Aaron Aites et Audrey Ewell

Fenriz de Darkthrone

Le récit est lui assez décousu, à peu près aussi embrumé que l’esprit des deux protagonistes. Alors certes, on ne peut pas attendre d’un documentaire la clarté d’une encyclopédie, mais quand on compare au très bon Le metal expliqué à ma mère il n y a pas photo… On passe d’un artiste qui peint des métalleux à Varg qui nous parle de comment il aime ses cornflakes pour finir sur un squat à Oslo où Fenriz a acheté un dictaphone pour 10 couronnes …

Contrairement au roman Le Black Metal Satanique: les seigneurs du chaos, j’ai trouvé le documentaire plus orienté. En effet, il n’y a pas réellement de discours contradictoires et le reportage ne présente qu’un seul son de cloche sur pas mal de points. Alors il y a certes une petite apparition d’Abbath et Demonaz d’Immortal qui portent un regard un peu plus externe et neutre sur certains événements, amenant un autre son de cloche, mais d’une manière générale, les dires des protagonistes principaux ne sont pas contredits.  On pourra aussi reprocher le fait qu’il manque quand même pas mal de sujets et de groupes fondateurs dans sce documentaire. Les bonus du DVD compensent un peu sur ce point en proposant de plus longues interviews.

Varg Vikernes dans Until the Light Takes Us de Aaron Aites et Audrey Ewell

Varg Vikernes en prison pour le meutre de Euronymous

Cela reste cependant un document agréable à regarder pour la fane de Black Metal que je suis, avec un bon nombre de vidéos d’archives (pas d’inédits cependant), et d’époque. Outre les documents, le film se repose beaucoup sur les épaules de Fenriz qui est bien souvent drôle, mais qui parfois, nous fait part d’analyses pas bêtes du tout sur l’environnement qui a vu naitre le Black Metal, la Norvège et son confort, le comparant à l’art bourgeois et décadent de la fin du XIXème. Et bien évidemment, vous vous en doutez, la BO est juste géniale.

Au final, Until the Light Takes Us de Aaron Aites et Audrey Ewell est un documentaire sympathique si vous appréciez le genre, mais qui ne vous apprendra pas grand chose (hormis que Varg aime ses cornflakes crispy et pas Fenriz) mais qui se regarde. Si vous n’êtes pas forcément familier avec le genre et les protagonistes, c’est sans doute instructif, mais attention à bien prendre des pincettes.


C’est Lundi, que lisez vous ? #15

Serafina dans Actualités, Livres le 29 août 2011, avec 5 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine.

dabYo

Soeur Onden, La Fraternité du Panca Tome 4, de Pierre BordageJe n’ai pas réussi à quitter le quatrième tome de La Fraternité du Panca de Pierre Bordage le temps de finir ma lecture en cours, du coup, j’ai fini cette semaine Soeur Onden. Ce tome m’a séduit, son histoire est juste belle, elle a des côtés très paganistes, et j’ai vraiment été ravi de le lire. Mais je ne peux m’empêcher d’avoir l’impression que l’auteur ne prend plus de risques. C’est beau, j’adore, mais Pierre Bordage me semble jouer la corde de la facilité. J’ai hâte de lire le dernier tome de la série.

J’ai continué Qu’a-t-elle vu, la femme de Loth ? de Ioànna Bourazopoùlou et le dénouement de ce roman qui semble relater les méandres de la folie humaine que peuvent causer le monde moderne est vraiment prenant. Il me reste une centaine de pages.

illman

Durant cette semaine, j’ai pu finir de lire le background et les règles de Metal Adventures. L’univers décrit est plutôt sympa et au-dessus de ce à quoi je m’attendais. Pour le système de jeu, le noyau est assez simple, mais certains mécanismes de jeu comme le Metal Faktor et ses 50 dés me font redouter le pire en cours de partie. Une chronique est en cours d’écriture et vous aurez aussi un compte rendu de partie jouée par l’équipe d’iiD.

J’ai commencé à lire Enfin la nuit de Camille Leboulanger, les premières pages m’ont laissé un peu perplexe, mais cela s’améliore assez rapidement et je trouve ça vraiment sympa là où j’en suis.

Serafina

J’ai terminé le premier tome de Rage de Dents de Marika Gallman, dont il me restait 150 pages. Si le roman se révèle être très sympa et sans temps morts, je reste un peu sur ma faim. Je n’ai pas vraiment su rentrer dedans, et sur certains points j’ai plus l’impression d’être face à une longue novella qu’à un roman, on manque de « background », mais on en reparlera.

Le Cimmérien, Conan Intégrale Tome 1, de Robert E. HowardJ’ai aussi fini La Bible Gothique de Nancy Kilpatrick dont les derniers chapitre sont les meilleurs: on y trouve des endroits sympa à visiter (cimetières hantés …).

Et enfin, afin de me rafraichir les idées avant d’en voir le film, j’ai entamé le 1er tome de l’intégrale Conan de Robert E. Howard aux éditions Bragelonne. J’en ai lu 100 pages, et je dois dire que j’adore, évidemment. J’avais déjà lu quelques nouvelles de Conan par ci par là, mais cette fois c’est une vraie immersion et c’est génial.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Hanzel und Gretyl est un groupe d’Indus Metal new-yorkais, qui comme de nombreux groupes du genre use et abuse de la provocation et imagerie nazie. Une idéologie qu’ils ne partagent pas, heureusement. Ce groupe est souvent à tord considéré comme allemand, et pour cause, ils chantent la plupart du temps en allemand. Le groupe a eu deux grandes périodes, la première concentrée sur l’electro assez atmosphérique, et l’actuelle où leur côté Metal est beaucoup plus présent, rendant leur musique très agressive en faisant la part belle aux riffs de guitare lents et lourds.

Take me To Your Leader est un morceau du dernier album de la période electro, sorti en 1997. C’est le seul morceau qui s’est vu gratifié d’un clip vidéo, du moins disponible sur Youtube, que vous allez pouvoir apprécier un peu plus bas. Le chant plutôt grave, est assuré par Vas Kallas, qui est une femme il faut le préciser. La musique est quant à elle très planante.

Bien entendu, quand on voit le clip, on comprend tout à fait qu’ils aient décidés de ne pas retenter l’expérience. Il faut bien avouer que j’ai vraiment du mal à imaginer quelles substances ils ont pu ingérer avant de le produire. Avec de superbes effets de fondus pour les musiciens sur des images sans réel rapport, sans doute fait avec un bon vieux Windows Movie Maker, et des filtres de couleurs, je pense que c’était de la bonne. Ce qu’ils font aujourd’hui n’a plus rien à voir (live avec son album).


Kick-Ass de Mark Millar et John Romita Jr

Kao dans Comic, Critiques, Livres le 26 août 2011, avec 3 commentaires
Critiques

Kick-Ass est une série de comics créée par le scénariste Mark Millar, illustrée par John Romita Jr, le tout mis en couleurs par Dean White. Publiée depuis avril 2008 aux États-Unis chez Marvel, le dit comic n’arrivera que très tard en France, et sous la forme de recueils de quatre chapitres (ou “issues” en V.O.), notamment grâce à la sortie dans les salles obscures d’une adaptation. C’est chez Panini Comics qu’on peut désormais les retrouver. Synopsis.

Kick-Ass et Mark Millar et John Romita Jr

Dave Lizewski est un ado de 17 ans fan de comics, qui décide un beau jour, après une énième agression, de devenir un super héros lui même, plus poussé par l’ennui de son quotidien que par réelle conviction. Après quelques séances d’entrainement au gymnase de son lycée, il se décide et se lance dans sa première « correction » de voyous. Sans trop en dire, l’issue se révèle assez dramatique… et douloureuse.

Kick-Ass part donc d’un principe de base assez simple: les super-héros dans la vraie vie, sans aucun pouvoir surnaturel, juste des humains normaux, avec un peu d’entraînement au combat. A partir de là, le scénariste place subtilement un cartel mafieux, de sombres affaires de drogue, et beaucoup de malchance. On mélange bien, et on laisse le tout dégénérer joyeusement. Et ce qui aurait pu rapidement tourner à la tempête dans un verre d’eau, est au final une vraie réussite.

Le panel de personnage est plutôt varié. Outre Dave, on retrouve son meilleur ami Todd, et l’amour-de-sa-vie-qui-ne-lui-rend-absolument-pas, Katie Deauxma. Ces deux derniers remplissent correctement leurs rôles quelque peu clichés. Katie en jeune demoiselle en détresse, et Todd en bon copain qui sert à rien. Ils ne sont pas particulièrement insipides, mais leur intérêt reste encore à prouver. Il y a bien entendu d’autres personnages, que ce soit les super-héros Big Daddy et Hit Girl, réelle trouvaille du comics, ou encore le “big bad guy” John Genovese, et sa famille qui prendra aussi part au règlement de comptes…

Hit Girl dans Kick-Ass et Mark Millar et John Romita Jr

Le style du dessin de Romita Jr est, je dois le dire, très particulier. J’ai pour ma part eu un peu du mal au début notamment sur les visages des protagonistes, leurs bouches ont un je ne sais quoi qui dérange. Mais c’est comme pour tout, les pages défilent et on finit par s’y faire. C’est je pense avant tout une histoire d’appréciation du style, car sur le plan technique, c’est très joli, les couleurs sont belles, et le trait est précis, mais cela demandera peut-être un peu d’habitude avant de pleinement apprécier. La découpe de l’action est assez classique, des cases ou des pleines pages, rarement de tentatives avant-gardistes, on suit aisément l’ordre des choses.

Kick-Ass et Mark Millar et John Romita JrSi Kick-Ass a l’air bon enfant de par son idée originale, on ne le précisera jamais assez, cette série n’est en aucun cas un comic pour enfants, ni pour âmes sensibles en règle générale. Alors que le film est déjà assez violent, dites vous bien qu’il a été édulcoré. La violence de certaines scènes est parfois dure à encaisser, d’autant qu’elle est exacerbée par son côté « réaliste ». La vulgarité ambiante, avec des f- words à tout va, n’y est pas non plus étrangère.

Je dois d’ailleurs dire que la traduction assurée par Alex Nikolavitch a fait du bon boulot de ce coté là. Il n’a pas lésiné sur le fleuri langage, et la variété de vulgarité que peut nous offrir le français est un vrai bonheur quand on a lu l’œuvre en version originale.

Au final, Kick-Ass est une série de comics que l’on peut lire même en ayant vu le film, puisque la fin n’est pas la même, et que le plaisir est complétement différent. Je vous le conseille chaudement, vous vous en doutez.


Silence, ça tourne ! #6

dabYo dans Actualités, Films le 25 août 2011, avec aucun commentaire
Actualités

On avait sauté notre tour la semaine dernière, faute de temps et non de sujets, puisque nous avions regardé quelques petits trucs. On va en parler maintenant, du coup.

Metal: A Headbanger’s Journey

Metal: A Headbanger's JourneyAprès avoir été séduit par le film-documentaire Le Metal expliqué à ma mère, nous avons décidé de voir ce qu’il se faisait à l’étranger. On est donc tombé sur A Headbanger’s Journey qui est réalisé et animé par un anthropologue métaleux, Sam Dunn, et qui va nous faire voyager des origines du Metal jusqu’à ses plus sombres dérives, en passant par le Glam.

Datant de 2005, le documentaire est vraiment très intéressant, fourmille d’anecdotes et d’interviews sympathiques. On y apprendra peut être pas spécialement grand chose, mais c’était très sympa à regarder.

Mention spéciale à nos « amis » black-métaleux que sont les membres de Mayhem et Gaahl de Gorgoroth dont les interviews resteront dans les annales.

Until the Light Takes Us

Après la lecture du document Black Metal Satanique: Les Seigneurs du Chaos, Serafina avait envie de creuser le sujet en regardant le documentaire Until the Light Takes Us, qui vous l’avez compris si vous suivez, est consacré au Black Metal norvégien.

Le documentaire est très plaisant à regarder pour la fane, et si comme elle vous aimez le style de Fenriz de Darkthrone, vous en aurez pour votre argent. Sinon, il n’y a rien de bien nouveau dans le fjord et le documentaire est aussi décousu que l’esprit du-dit personnage.

Band of Brothers: L’enfer du Pacifique épisodes 1 et 2

Band of Brothers: L'enfer du PacifiqueOn vous en avait fait part pour la rediffusion de Band of Brothers sur France 4, la série de Steven Spielberg et Tom Hanks fait partie de nos grands classiques, que l’on regarde toujours avec autant de plaisir. L’enfer du Pacifique, ou The Pacific en version originale, se veut être la narration de la guerre qu’a mené en même temps les États-Unis contre le Japon.

L’idée, qui nous avait poussé à regarder les épisodes à leur sortie outre-Atlantique n’avait pas réussi à nous maintenir devant l’écran et nous avions décroché après quelques épisodes. Cette fois c’est sur France 2, le dimanche, que l’on a pu essayer de retenter l’aventure.

Mais voilà, l’eau ne prend toujours pas. C’est plutôt bien réalisé, mais il n’y a pas la même alchimie. On n’arrive pas à s’attacher aux personnages pour le moment… On essaiera de continuer cette fois, mais sans grande conviction.

A noter tout de même qu’à l’époque Band of Brothers était traduit par Frères d’Armes. Aujourd’hui, non seulement on a modifié le titre original, mais en plus on y a rajouté non pas la traduction, mais le terme Band of Brothers. Évolution des mentalités ?

True Blood s04e08 et s04e09

Ces deux True Blood auront marqué un niveau encore jamais atteint par la série dans le kitch et l’histoire parallèle sans intérêt. Difficile de ne pas spoiler, mais il est vraiment triste d’avoir transformé le personnage génial qu’était Lafayette pour obtenir un tel résultat. Vraiment, c’est triste.

Mad Men s02e12, s02e13 et s03e01

Et voilà le travail, la Saison 2 de Mad Men n’aura duré qu’une petite semaine… Et on repart. Il faut avouer que la fin de la saison a été juste superbe, avec notamment un passage durement préparé par les scénaristes qui s’avère être une vraie pépite, de la jouissance à l’état pur. On a bien entendu déjà commencé la Saison 3…

Et c’est tout pour aujourd’hui. Vous regardez quoi, vous, en ce moment ?


La Volonté du Dragon de Lionel Davoust

LuxtExMachina dans Critiques, Livres le 24 août 2011, avec 2 commentaires
Critiques

La Volonté du Dragon est un roman écrit par Lionel Davoust, un auteur français que nous apprécions beaucoup sur ifisDead et que nous avions interviewé l’année dernière. C’est un court roman de Fantasy, publié en 2010 aux éditions Critic et orné d’une très belle couverture de Cyrielle Alaphilippe et parsemé de petites illustrations de Frédéric Navez. Ce texte reprend et étoffe le monde d’Evanégyre que l’on pouvait découvrir dans la nouvelle Bataille pour un souvenir du recueil L’importance de ton regard, précédemment chroniqué ici. Passons au synopsis.

La Volonté du Dragon de Lionel Davoust

Le général Vasteth, général du plus grand empire d’Evanégyre, celui d’Asreth, n’a qu’une simple mission à accomplir. Rallier le petit royaume du Qhmarr, jusque là jamais conquis. Cet étrange royaume gouverné par un enfant roi qui semble n’être qu’une marionnette et pratiquant du Lâh. Avec l’arrivée du général, la guerre semble vite inévitable, et les deux flottes vont s’affronter tandis que Vasteth et le roi disputerons un étrange jeu dont l’enjeu se confond peu à peu avec l’issue du conflit.

Le roman étant assez court, 165 pages, l’action va se dérouler assez rapidement. On alterne tout au long entre deux phases, celle de la bataille et celle du jeu, une sorte de jeu d’échecs à l’échelle cosmique que se dispute le petit Roi et notre général. Le rythme du livre change radicalement entre ces deux phases. Nous passons de la tempête de la bataille, au calme du sanctuaire dans lequel se déroule la partie. Dans les phases de bataille, nous ne suivons que les membres d’équipage de La Volonté du Dragon, vaisseau amiral de la flotte de l’empire, tandis que dans l’autre il n’y a que le général, l’enfant roi et un de ses conseillers.

La lecture de La Volonté du Dragon est donc très aisée, le style d’écriture de Lionel Davoust y est pour beaucoup. Simple et très agréable à lire, les phases d’action sont vives et bien détaillées, on ne s’y perd pas. J’avais pu entrapercevoir l’univers d’Evanégyre dans L’importance de ton regard. Bien qu’il ait pris beaucoup d’envergure, l’univers est resté très cohérent. On y retrouve les mêmes ingrédients que précédemment, même si les histoires ne sont pas reliées, enfin presque pas. Il mélange les genres du Steampunk et de la Fantasy avec brio, nous plongeant dans un univers dont on a envie d’en apprendre toujours plus.

La Volonté du Dragon de Lionel DavoustLes personnages sont plutôt réussis pour la taille du roman. Chacun a une personnalité qui lui propre, qui est souvent due à son rang. Mais il n’est pas dérangeant de voir que le général Vasteth est confiant dans ses capacités, avec la longue carrière qu’il a derrière lui. Ou que l’amiral de La Volonté du Dragon est bouffé d’orgueil, alors que les machinistes, au contraire, émettent plus de réserves et plus de peur puisqu’ils sont en première ligne. L’impression est la même pour l’autre côté, le conseiller du roi essayant de faire comprendre à l’envahisseur comme à des enfants, l’importance du Lâh, véritable philosophie du royaume. Cette philosophie est d’ailleurs au centre du livre et de la partie d’échecs car toute action réalisée durant le jeu est le reflet exact de la bataille. Les personnages influent sur son cours. Du coup la victoire revient seulement à remporter la partie. Cette diversité dans les personnages rend le tout crédible et ajoute un plus à l’histoire.

Lionel Davoust arrive avec ce livre à nous faire douter, et il est vraiment difficile durant cette lecture de prendre parti pour l’un des deux camps. Il arrive à nous faire sympathiser avec les deux, à tour de rôle, et nous fait ainsi comprendre l’intérêt des deux de défendre leurs positions. On ne retrouve plus alors le cliché du méchant envahisseur face au gentil qui doit défendre son pays, ou l’inverse. La fin est de toute beauté même si j’avoue avoir eu un peu de mal à l’assimiler et à la comprendre.

Vous l’aurez compris, La Volonté du Dragon de Lionel Davoust est un livre de Fantasy que j’ai trouvé très sympathique, avec un rythme entrainant, une histoire intéressante, et des personnages crédibles. Je ne peux que vous conseillez de le lire, ainsi que le reste des œuvres de l’auteur, tant qu’à faire.


La Bible Satanique d’Anton-Szandor LaVey

Serafina dans Critiques, Livres le 23 août 2011, avec 2 commentaires
Critiques

Depuis que je suis lycéenne, je me fais régulièrement traiter de sataniste , en partie à cause de mon attrait certain pour les habits noirs. Plusieurs années après, je ne suis dit qu’il était temps de parfaire ma culture générale et de lire La Bible Satanique, livre fondateur de l’église de Satan, connue sous les expressions de satanisme moderne ou Laveyien.  Ça tombe bien car depuis 2006 elle est traduite en français par Sébastien Raizer et éditée chez Camion Noir, le pendant aux relents de souffre de Camion Blanc. Pas de synopsis du coup.

La Bible Satanique d’Anton-Szandor LaVey

Le bouquin a été écrit dans les années 70 par Anton-Szandor LaVey, et bénéficie d’une préface le remettant dans le contexte: années 70, rébellions, révolution sexuelle, etc. A vrai dire, si on ressent sur certains points -et notamment les rituels- la mode new age de l’époque, le reste est fortement intemporel. Et notamment les remarques de LaVey sur notre société, où l’on aurait presque l’impression qu’elles concernent principalement la crise de 2008. Comme quoi, l’histoire est cyclique. La Bible Satanique se découpe pour moi en deux parties plutôt distinctes: la première explique ce qu’est le Satanisme, et surtout ce qu’il n’est pas, et la seconde s’étend sur la magie satanique, les rituels, etc.

lavey_anton_szandor.jpg

Anton-Szandor LaVey

La première partie est celle que j’ai trouvé la plus intéressante. Elle démystifie le satanisme et le présente comme une philosophie plutôt qu’une religion. En gros, on a surtout l’impression que cela s’appelle Satanisme par provoc’ plus qu’autre chose. On retrouve clairement un certain nombre d’idées Nietzschéennes notamment. En gros, le satanisme serait une philosophie en accord avec la nature humaine profonde, clamant que les autres religions n’ont fait que censurer nos instincts. Le satanisme appelle à une indulgence (et non une compulsion) envers nos instincts primaires. Il propose un certain nombre de lignes de conduites, que cela soit au niveau du choix de ses amis, ou de sa vie sexuelle, tout en prônant le respect des autres.

En soit, on accroche ou pas, mais c’est bien présenté, bien expliqué. Malheureusement, une grosse part de cette première partie s’attache surtout à démolir les religions (judéo-chrétiennes majoritairement), démontrant à quel point ces religions sont fausses et corrompues. Je suppose que ces passages là avaient du sens en Amérique, et surtout dans les années 70, mais aujourd’hui en France où moins de la moitié de la population croit en dieu si on en croit les dernières études, c’est un peu de l’enfonçage de portes ouvertes.

Bref, on se retrouve surtout avec un essai philosophique, qui profite beaucoup de l’aide de la part des grands noms de la philo, et se révèle être pour une bonne part de la philosophie de comptoir. Il y a là à boire et à manger. Le problème c’est plutôt la deuxième partie qui se concentre sur la magie. J’ai un peu du mal à comprendre comment on peut d’abord dire que le satanisme n’est qu’une philosophie de vie, pour ensuite venir parler de rituels magiquesavec tout plein de décorum à la gloire de Satan. Pour moi il y a là un sacré manque de cohérence, et cela confirme mon impression de « comptoir où il y a à boire et à manger ».

La Bible Satanique d’Anton-Szandor LaVeyEnfin, les 120 dernières pages sont les clés énochiennes, des petits textes d’un paragraphe ou deux, mais entourées d’une page de présentation de 2 lignes et d’une traduction en énochien. Autant dire que c’est vite lu.

Au final, je dois dire que je ne suis pas vraiment conquise par cette lecture des écrits d’Anton-Szandor LaVey. La Bible Satanique m’apparait surtout être du vent, malgré le bon sens évident de sa première partie. Je ne suis pas sure que ça soit la grande révolution annoncée, mais si vous prévoyez d’enregistrer un album de Black Metal et que vous cherchez de l’inspiration, la deuxième partie devrait vous plaire. Bref, un livre à lire pour sa culture générale, mais c’est tout.


C’est Lundi, que lisez vous ? #14

Serafina dans Actualités, Livres le 22 août 2011, avec 6 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine.

dabYo

Cette semaine, j’ai continué ma lecture Science-Fiction du moment, Qu’a-t-elle vu, la femme de Loth ? de Ioànna Bourazopoùlou, et je dois dire que j’aime beaucoup la tournure des évènements. Les deux histoires se sont enfin « rencontrées » et c’est à la hauteur de mes attentes.

Soeur Onden, La Fraternité du Panca Tome 4, de Pierre BordageCeci dit, comme je partais en week-end dans le sud pour voir la famille, j’ai pris un autre roman avec moi: Soeur Onden de Pierre Bordage. Il s’agit du quatrième tome de La Fraternité du Panca, une série que si vous nous suivez depuis longtemps vous devriez déjà connaître. Ce Space-Opera est toujours aussi agréable à lire, avec ses destins d’hommes et de femmes anonymes qui sont sans le savoir des éléments d’un grand engrenage à l’échelle de l’univers. Si le début m’avait donné l’impression de lire encore une fois le même schéma, je dois avouer que ce dernier est toujours aussi addictif et que l’auteur français y excelle.

Il ne me reste que deux chapitres pour chaque personnage, autant dire que j’en suis au dénouement et que je n’ai qu’une hâte: le lire.

illman

Cette semaine, j’ai principalement lu… le manuel de ma tour et de ma carte mère. Mais sinon, j’ai aussi continué ma lecture du manuel du joueur de Metal Adventures, un jeu de rôles très « pirates de l’espace » aux éditions du Matagot.

Serafina

Rage de Dents, Maeve Regan Tome 1, de Marika GallmanJe n’ai pas beaucoup avancé cette semaine, du fait d’un emploi du temps assez chargé.

J’ai continué Rage de dents de Marika Gallman. Ce premier tome de la série de Maeve Regan en cours de publication chez Le Petit Caveau se profile comme un bon bouquin, et qui n’a en tout cas rien à envier aux gros titres anglo-saxons.

J’ai aussi continué La Bible Gothique de Nancy Kilpatrick qui est encore pire que ce que je pressentais la semaine dernière. L’auteur mélange tout et n’importe quoi autour du goth, ne parle quasiment pas de la musique (pourtant base du mouvement), et en prime la traduction est réalisée en dépit du bon sens : 23inchs deviennent 23cm (ce qui pour un tour de taille n’a aucun sens), Alienor d’Aquitaine est appelée par sa version anglaise Eleanor et j’en passe et des meilleures.

J’ai hâte d’en finir, et j’émets de gros doutes sur le travail fourni par Camion Noir pour cette édition française.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?

Cette semaine, j’ai lu le manuel de ma tour et de ma carte mère. J’ai aussi commencé à lire le manuel du joueur de Metal Adventure, un jeu de rôles très « pirates de l’espace »

Je vous avais parlé l’année dernière avec énormément d’enthousiaste de la série Vampire Kisses de Ellen Schreiber. Depuis, la série a été traduite en français et distribuée en librairie sous le label Castelmore de Bragelonne. A l’occasion de la sortie de la sortie en France du tome 2, Cercueil Blues, j’ai décidé de le relire en version française pour vous en parler. Il est sorti en 2005 en version originale et est composé d’à peine 200 pages. Nous conservons la même couverture que la version originale, et c’est tant mieux car elle est plutôt jolie. Synopsis ?

Cercueil Blues, Vampire Kisses Tome 2, de Ellen Schreiber

Alexander, le petit ami vampire de Raven, a disparu. Cette dernière décide évidemment de se lancer à sa recherche. Sa quête la mènera notamment à HipsterVille et lui permettra de mieux connaitre les lourds secrets de son vampire adoré.

Bon, pardon pour le synopsis, mais vous vous doutez bien qu’avec 200 pages et un style jeunesse, ce n’est pas forcément le roman qui a le scénario le plus recherché. En effet, plus ou moins comme dans le premier tome, l’histoire est plutôt linéaire, les intuitions de Raven souvent bonnes et on trouve un certain nombre de grosses coïncidences qui arrangent bien l’histoire. Soit. Vampire Kisses n’a jamais été très intellectuel et on le sait bien.

Cependant, là où le premier tome multipliait les références à la culture sombre, celui ci se concentre surtout sur des références à un film, imaginaire, Cercueil Blues. Dans la version originale, le film s’appelle Kissing Coffins, et je ne sais pas du tout pourquoi cela a été modifié. Je regrette d’ailleurs que le film soit imaginaire, car je l’aurais sans doute aimé. Ceci dit Raven est toujours aussi légère et agréable.

Cercueil Blues est un roman se lit très vite, il n’y a aucun temps mort. Raven n’est jamais à court d’idée et ne se décourage pas. Il faut dire que cela fait plaisir de lire une héroïne de Bit-Lit qui ne se morfond pas sur elle-même et qui ne passe pas trois plombes en monologues intérieurs. Forcément, l’effet de surprise est passé, et ce tome est d’ailleurs un peu plus classique que le premier, mais reste dans l’ensemble une lecture très agréable.

Cercueil Blues, Vampire Kisses Tome 2, de Ellen SchreiberCependant, je tiens à mettre un gros bémol sur la traduction française de Nenad Savic que j’ai trouvé assez moyenne : des mots sont traduits de manière un peu littérale et sans garder le sens (Goulish goth devient goul-goth…). Il y a une nombre assez ahurissant de répétitions : « mon amoureux gothique » doit être employé 20 fois alors que cela ne m’avait absolument pas gênée en version originale et auraient peut être dû être modifiées en français.

Au final, Cercueil Blues est surtout une excuse pour révéler l’histoire d’Alexander et les prémices de la mythologie vampirique de l’auteur. Le final du roman laisse cependant présager du meilleur pour le troisième tome. En résumé, ce tome est en deçà du premier, espérons que ça ne soit qu’une baisse de régime temporaire. Le troisième tome, Vampireville, promet d’être bien plus palpitant, il sort le mois prochain en français et j’ai quand même bien hâte de le lire.