Neverwhere de Neil Gaiman

Serafina dans Critiques, Livres le 16 mai 2011, avec 4 commentaires
Critiques

Neverwhere est un roman de Neil Gaiman écrit en 1996, qui est en fait l’adaptation en livre d’une mini-série de 6 épisodes diffusée sur la BBC et scénarisée par… Neil lui même. Le roman se situe dans la catégorie Urban Fantasy et a acquis une sorte de statut culte. En effet, initialement traduit par Au Diable Vauvert, puis édité en poche par J’ai Lu, il a été pendant quelques années introuvables, en faisant une sorte de St Graal de l’amateur de Fantasy… Il a récemment était réédité en grand format par son traducteur, puis de nouveau en poche par J’ai Lu au début de cette année 2011. Du coup, l’attente était forte quand j’ai entamé ce bouquin, et j’avais extrêmement peur d’être déçue. Synopsis ?

Neverwhere de Neil Gaiman

Richard Mayhew vit à Londres, une petite vie sans histoire, une jolie fiancée, bref, la vie d’un londonien lambda. Mais un jour, il sauve la vie d’une jeune fille : Porte.  Sans le savoir, Richard vient de faire basculer sa vie, il va tout perdre, et découvrir le Londres d’En Bas.

Je ne vous en dirais pas plus, mais je vais vous dire une chose : Neverwhere est à la hauteur de son aura et bien plus encore. Tellement qu’il est très difficile de commencer cette chronique. Neil Gaiman nous propose ici une histoire dans le plus pur style d’Urban Fantasy avec un monde qui cohabite avec le notre, se croisant parfois, mais que nous ignorons : bref, comme le monde des sorciers dans Harry Potter. Nous suivons Richard, totalement novice, qui découvre peu à peu le monde dans lequel il est tombé, et c’est l’occase pour nous de le découvrir aussi. En toute honnêteté, le personnage principal, donc Richard, est assez transparent, ce n’est pas forcément un personnage auquel on s’attache au contraire des personnages secondaires. Richard est juste là pour nous permettre de rentrer dans le monde via ses yeux.

Et quel monde fascinant. On retrouve le Neil Gaiman à l’humour corrosif et si souvent absurde qu’on avait pu apprécier dans De Bons Présages par exemple. Le roman est rempli de perles d’humour et de jeux de mots. Cependant, comme pour Stardust que j’ai lu il y a plusieurs années, le livre est très très fortement ancré dans la culture anglaise, et il est clair que si vous n’avez jamais été à Londres vous passerez à coté d’un certain nombre de références. Pour ma part je l’ai commencé dans l’Eurostar, car je trouvais que c’était l’occasion et j’avais bien raison. Certains jeux de mots sont carrément intraduisibles et expliqués avec des notes du traducteur, Patrick Marcel, en bas de page.

Neverwhere de Neil Gaiman

Couverture de la réédition du Diable Vauvert

Malgré cela, le roman est un vrai plaisir. Il développe un certain nombre de concepts absolument géniaux et qui ne donnent qu’une envie, descendre dans le Londres d’En Bas. Les personnages secondaires sont pour la plupart assez loufoques, et certains sont très attachants notamment une petite Parle Au Rat ou même Porte. L’histoire est assez proche d’un récit initiatique, et Richard se fait balader à la suite des personnages du Londres d’En Bas, mêlé à une sombre affaire de meurtre.

Neverwhere de Neil Gaiman Cependant, le récit atteint une certaine intensité, et au final, il est très dur de s’en décoller, jusqu’à la fin, qui vous laisse un poil abasourdi. Et triste aussi, de quitter ce monde merveilleux.

Neverwhere me faisait un peu peur, mais au final, c’est un livre qui vaut sa réputation, et qui m’a marquée comme peu de livres ont pu le faire. On ne s’ennuie pas une seconde et on alterne entre humour et passages très tristes, voir sombre. La mythologie mise en œuvre est tellement dense qu’on ne peut que regretter qu’il n’y ai pas de suite. Je ne serais pas loin de le placer au niveau d’un A La Croisée des Mondes, ce qui pour moi n’est pas rien. Il est à nouveau assez facile à trouver, vous n’avez donc aucune excuse pour ne pas lire ce bijou.


Pokémon est une série de jeux vidéo éditée par Nintendo sur consoles portables, une série qui est un véritable phénomène chez les enfants, et ce depuis plus d’une dizaine d’année. Notre génération, celle des rédacteurs d’if is Dead, a vécu l’arrivée des petites bestioles dans les cours de récré. Nous avons vu les gameboys fleurir. Nous y avons tous goûté. Difficile de trouver des gens de notre âge qui n’ont pas joué au minimum à une des deux premières générations de la série, Bleu/Rouge ou Or/Argent. Avec la sortie d’une nouvelle génération de Pokémon sur Nintendo DS, Pokémon Version Noire et Blanche, je me suis retrouvé dix ans en arrière, avec mon premier Pokémon en poche et prêt pour une longue aventure. Retour gagnant ?

Pokémon Version Noire et Blanche de Nintendo

Inutile de rentrer dans les détails que tout le monde connaît, car ces deux nouvelles version de Pokémon ne font pas table rase des principes de la série: vous pouvez capturer des petits bestioles, les Pokémons, et vous pouvez les faire combattre face aux Pokémons de vos adversaires, ces combats leur faisant gagner de l’expérience et évoluer. Oui, c’est un peu comme les combats de chiens, illégaux eux, à la différence prêt que vos bestioles tombent K.O., ne sont jamais vraiment blessées, et que vous lez aimez de tout votre cœur. Je ne suis pas le seul à y avoir réfléchit, puisque c’est là la trame principale de l’histoire de ces deux versions. Utiliser les Pokémons est il bon ou mauvais ? Les dresseurs aiment-t’ils leur Pokémons ou s’en servent-ils simplement ? Faut ils les séparer ?

Si dans les anciennes versions, les méchants du jeu avaient toujours des desseins moralement mauvais, voler les Pokémons de tous les dresseurs par exemple, cette fois c’est sur la corde sensible que vont jouer la Plasma Team. Leur objectif est de libérer les Pokémons de l’emprise, foncièrement mauvaise, des humains. A vous de leur montrer qu’ils ont tord, et que humains et Pokémons sont faits pour vivre ensemble, en harmonie. Leur montrer par le combat entre Pokémons, bien entendu. Si vous les battez, c’est que vos compagnons vous aiment et qu’ils croient votre combat juste. Bref, en soit on ne joue pas à Pokémon pour son scénario, sans quoi la série n’aurait pas fait long feu, mais il est tout de même à signaler que cette fois il est beaucoup plus mature.

N dans Pokémon Version Noire et Blanche de Nintendo

Voici N, vous devez en avoir entendu si vous avez eu le privilège de voir la pub... A noter tout de même qu'il y a des cinématiques animées, assez sympathiques.

Il n’y a d’ailleurs pas que le scénario qui soit mature, car contrairement à ce que l’on pense généralement, l’aventure que propose Pokémon n’est pas uniquement réservée aux enfants. Bien sûr, les personnages sont en général tous gentil, cela n’empêche pas aux dialogues d’avoir très souvent plusieurs niveaux de lecture. Et je dois avouer que certains passages, voir mises en scène, m’ont carrément fait rire. Ce sont des petits détails, auquel on échappe souvent lorsqu’on y fait pas attention, mais qui montrent que l’équipe derrière le jeu les a placé exprès pour vous.

Couverdure

Le Pokémon préféré de Serafina

Si les versions Noire et Blanche garde les mêmes mécanismes de jeu, il n’en est rien côté Pokédex et donc bestiaire. Les quelques 450 bestioles des dernières versions sont ainsi dans un premier temps mises sur le côté, et c’est 150 nouveaux Pokémons que nous allons pouvoir découvrir. Que j’ai pu découvrir. Et quel bonheur ! Comme d’habitude, un énorme travail a été fait sur le Pokédex. Bien sûr, la nostalgie est là, on se sent perdu et on rage de ne pas avoir de repère. Merde, il est de quel type lui déjà ?. Connaître toutes les bestioles était un vrai plus, on connaissait généralement son élément, et pouvait faire en fonction. Il s’agit ici de réapprendre, et mine de rien, ça fait un bien fou. Les nouveaux Pokémons sont plutôt réussis, rigolos, on apprécie toujours autant les jeux de mots qu’ils contiennent. Que ce soit Couverdure, Mastouffe, ou encore Tutankafer, faire le lien entre les éléments du nom et la petite bestiole est toujours agréable, quand ce n’est pas carrément drôle. Bien sûr, difficile de réinventer complètement la roue. Ratentif vous fera forcement penser à Ratata, Poichigeon à un Roucoul. Mais c’est tout de même fortement dépaysant.

Je ne suis pas un expert technique, je ne parle donc pas de l’intérêt du bestiaire de cette nouvelle génération de Pokémon pour les tournois ou autre, juste en tant que fan de la première génération. De même, les améliorations apportées au système au fil des cinq générations de la série sont vraiment sympathiques et donnent un courant d’air frais qui pourra vous faire retomber dans l’engrenage. Le mécanisme de jeu n’a pas changé, certes, mais la difficulté a quant à elle était un peu remontée. Rien d’insurmontable, bien entendu, mais l’exploration de la carte n’en devient que plus intéressante. Alors qu’en général, passer d’une ville à une autre était une affaire triviale, il faudra parfois faire plus attention qu’à l’accoutumée. De même, l’aventure en elle même me semble un poil plus longue et variée qu’avant, sans pour autant atteindre l’orgie qu’était Or et Argent avec son double univers.

Héros de Pokémon Version Noire et Blanche de Nintendo

Il est possible d'incarner une fille, contrairement aux premières générations. Oui ça fait un peu feature Apple dit comme ça. En fait ça l'est totalement, c'est révolutionnaire.

La durée de vie est d’ailleurs au rendez vous, l’aventure se divisant d’ailleurs en deux phases très distinctes. La première concerne l’exploration d’une grande partie de la carte, mais certaines zones resteront inaccessibles jusqu’à ce que le joueur ait fini le jeu une première fois. Se débloque alors non seulement les zones jusqu’alors inaccessibles, mais aussi un surplus de scénario et un gros défis pour tout collectionneur de Pokémons: les anciennes bestioles sont désormais accessibles. Toutes. Près de 500. Autant dire qu’à ce niveau là, le challenge et la rejouabilité est au rendez vous, permettant à tout hardcore gamer d’épuiser la cartouche jusqu’à la moelle.

Une déception cependant concerne les graphismes. Bien que ces derniers soient enfin proche d’une troisième dimension, la touche graphique n’est pas vraiment celle à laquelle je m’attendais. Quand les artworks de la série sont très propres, proche d’un cell-shadding maîtrisé, les graphismes du jeu restent eux en 3D brouillonne.  Ce choix me surprendra toujours, quand on voit la qualité de production qu’atteignait par exemple Golden Sun sur Game Boy Advance et qui, je trouve, collerai parfaitement à l’ambiance de Pokémon. Par contre, il est à noter que si les graphismes ne sont pas au rendez vous, le level design lui l’est. Complètement. Qui aurait cru que la série soit un jour dotée de passages complètement démesurés ? Les designers s’y sont donnés à cœur joie, toute traversé de pont surélevé donne presque le vertige, et je ne parle pas des animations que l’on retrouve dans les Arènes du titre, de vraies bijoux.

Pont dans Pokémon Version Noire et Blanche de Nintendo

En taille timbre poste ça le fait pas du tout, et pourtant, c'est juste génial.

En me gardant scotché à ma Nintendo DS pendant plus de quarante heures, et pourtant je n’ai terminé que la première partie, Pokémon Version Noire et Blanche a réussi l’exploit de me faire revenir vers la série. Certes, je ne me relancerai sans doute pas dans la future génération, mais dans dix ans, qui sait, pourquoi pas ? Quant à vous, si vous n’avez pas touché à Pokémon depuis une dizaine d’années comme moi, ou pire, si vous avez rangé la série dans le placard des choses dont vous n’êtes pas forcément très fier, il est alors peut être temps de l’en sortir. Vous verrez, on s’attache toujours aussi vite à ces petits Pokémons.


Ici et maintenant est le premier tome de la nouvelle série de Alyson Noël, Radiance. Il s’agit en fait d’un spin off de sa série Eternels, déjà chroniquée par Serafina, qui reprend le personnage de Riley Bloom. Ne connaissant pas la série principale, ce fut pour moi l’occasion de découvrir le style de l’auteur et de me replonger dans l’univers d’un roman jeunesse. Synopsis ?

Ici et maintenant, Radiance Tome 1, de Alyson Noël

Suite à un accident de voiture, Riley Bloom, jeune fille de 12 ans, se retrouve dans « l’ici et maintenant ». Un lieu où le temps ne compte pas et est juste une succession de moments présents.  N’ayant pu suivre sa sœur dans le monde des vivants, ni ses parents dans celui des morts, elle se retrouve coincée dans l’entre-deux mondes auquel elle a bien du mal à se faire.  Après avoir retrouvé une routine familière, avec ses parents et son chien dans un quartier imaginaire ressemblant au sien, elle doit faire sa rentrée des classes. Elle y est soumise à un examen de conscience par des anges et se voit alors assignée la fonction de passeur d’âme. Elle démarre sa nouvelle carrière assistée de Bodhi, son guide, et accompagnée par son fidèle golden retriever Caramel.

En relisant mon synopsis je m’aperçois de son manque de clarté, mais je vous rassure c’est tout aussi incohérent dans le roman. On ne sait pas vraiment comment fonctionne ce monde de « l’ici et maintenant » ni qui en est l’autorité, pas plus que la raison pour laquelle Riley se trouve avec ses parents et son chien qui sont sensés, eux, être bel et bien morts et dans un autre monde. De la même manière, d’autres incohérences viennent s’ajouter tandis que la jeune fille débute son apprentissage ; ne serait-ce que cette histoire d’école qui reste très brumeuse et dont le but n’est pas franchement clair. Cependant un personnage nous promet, via Riley, que l’on comprendra en temps voulu… Espérons que ce soit dans le prochain tome parce que pour le moment, ce n’est pas encore le cas.

Ici et maintenant, Radiance Tome 1, de Alyson Noël

Couverture de la version originale, très proche mais aussi plus pertinante

L’histoire est donc simple et n’est pas sans rappeler d’autres histoires de passeurs, notamment la série télévisée Ghost Whisperer. Les caractères sont imprimés assez gros, ce qui est courant pour un livre jeunesse et les lignes sont bien aérées. Le style de Alyson Noël est léger et se lit facilement, avec une petite touche d’humour toujours présente. Tout cela rend la lecture de ce roman très rapide, peut-être même trop. Difficile de ne pas regretter un approfondissement des règles de ce monde surnaturel qui aurait pu nous éclairer un peu. L’histoire est avant tout destinée à un public jeune de pré-adolescents. En effet il sera plus facile pour de jeunes lecteurs et surtout lectrices d’apprécier le personnage de Riley. Petite peste de 12 ans, elle en présente tous les traits qui la rendront attachante : fragile sous des airs bravaches, maline, dynamique et surtout perdue dans ce nouveau monde et ses nouvelles règles. De la même manière, le sujet de la mort et de son acceptation est relativement bien abordé tout en restant drôle grâce aux réflexions de la jeune fille.

Ici et maintenant, Radiance Tome 1, de Alyson NoëlMalheureusement n’étant plus vraiment une pré adolescente, je n’ai pas pu réellement apprécier ce roman.  Beaucoup de choses m’ont paru incohérentes, les personnages m’ont semblé fades et stéréotypés, ainsi que les péripéties du trio très convenues. La couverture aux jolies couleurs bleutées ne correspond pas franchement au contenu malgré l’image d’un pont en arrière plan. Je trouve cela dommage car j’ai pourtant apprécié d’autres livres jeunesse et je pense que le potentiel de celui-ci, bien que ne traitant pas d’un sujet très original, aurait pu être bien mieux exploité.

Au final, Ici et maintenant s’avère être une lecture rapide et agréable, que je conseillerai uniquement aux fans du style de l’auteur ainsi qu’aux très jeunes lectrices.


Malédiction du Sang de Celia Rees

Serafina dans Critiques, Livres le 9 mai 2011, avec aucun commentaire
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Malédiction du Sang est un roman jeunesse de Celia Rees édité aux éditions du Seuil au début de cette année avec une traduction de Anne-Judith Descombey. Celia Rees a écrit beaucoup de romans jeunesse du genre Fantastique, mais je n’en avais lu aucun avant celui-ci. Bien que servi par un titre un peu cliché et une couverture assez moyenne, voir mauvaise avec son montage assez grossier et mal fini, cela a été ma première lecture du Read-a-Thon d’Avril 2011. Synopsis ?

Malédiction du Sang de Celia Rees

Ellen est gravement malade. Une maladie du sang assez obscure qui laisse les médecins perplexes. Elle séjourne chez sa grand-mère qui habite à Londres près de l’hôpital. En convalescence, la jeune fille explore la maison et notamment le grenier où elle découvre les journaux intimes d’une aïeule, fille d’un médecin en pleine époque Victorienne.

Le roman va donc alterner entre présent et passé, et les destins parallèles des deux héroïnes. C’est un procédé assez intéressant, qui a l’avantage d’être bien mené. Les passage dans le présent sont bien écrits, Ellen est une héroïne touchante. Mais j’ai préféré les passages dans le Londres Victorien , cela ne vous étonne probablement pas, l’aïeule est une fille forte, élevée dans l’ambiance des hôpitaux populaires et entourée de superstitions. Ce découpage a évidemment un effet simple, on a tellement envie de savoir la suite que cela se lit super vite.

Le style d’écriture de Celia Rees est fluide et simple, assez quelconque. Je l’ai trouvé neutre, et agréable, cela se lit bien, pas de problèmes à signaler, mais c’est pas franchement un style marquant. L’intrigue quant à elle est assez simple, je ne vous étonnerais pas en vous disant qu’il y vampire sous coussin. En même temps avec une telle couverture difficile de vous surprendre. J’ai rapidement deviné la résolution de l’intrigue, mais pour un livre jeunesse, ça ne me gène pas, cela ravira sans doute une personne plus jeune, et ce n’est pas trop niais pour que l’adulte soit agacée. Bref, un bon équilibre.

Malédiction du Sang de Celia Rees

Bien que parlant de vampires, nous sommes plus proches de ceux à la Carmilla ou Dracula que d’un Edward de Twilight. La partie Victorienne du roman parle notamment des avancées scientifiques (et des inconnues) autour du sang humain, et des épidémies de fièvres roumaines qui ont en partie forgé le mythe. Ce retour aux origines est grandement appréciable. Par contre, je reste assez perplexe sur la dimension scientifique qui est peut être difficilement compréhensible pour le public jeune. Je pense notamment aux incompatibilités de groupes sanguin, ou de rhésus qu’une jeune lectrice de 12 ans ne comprendra peut être pas. Ceci dit, cela peut être l’occasion de l’apprendre en en parlant avec un adulte.

Malédiction du Sang de Celia ReesLe roman est fortement imprégné par la ville de Londres, comme j’y suis allée il y a peu, cela m’a fortement aidée pour m’immerger. Cependant, il y ‘a de nombreux points discutables géographiquement parlant : la grand-mère habite apparemment vers Hyde Park (et plus précisément Nothing Hill), mais en même temps en face de Highgate Cemetery… Bon les quartiers ne sont pas explicitement cités, laissant un flou, mais cela gène un peu au niveau de l’exactitude.

Au final, Malédiction du Sang de Celia Rees est une excellente surprise. Que cela soit pour les deux histoires en parallèle, ou les vampires plus « fidèles » au mythe. Évidemment, l’ambiance Victorienne est un gros plus. Je recommande ce livre, peut être plus pour un public adolescent, mais un adulte aimant les vampires saurait y trouver son compte.


Castlevania: Lords Of Shadow de Konami

LuxtExMachina dans Critiques, Jeu Vidéo le 7 mai 2011, avec 2 commentaires
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La série Castlevania est une licence phare de Konami. Avec plus de 20 titre sur de nombreux supports, principalement en 2D, la série a réussi à se faire une place et chaque opus est très attendu par les fans. Bien que n’étant pas le premier, Castlevania : Lords Of Shadow est une nouvelle tentative de transposer la série en 3D. Cette fois, Konami ne s’est pas chargé directement de ce nouvel épisode, mais a confié son développement à un studio espagnol, Mercury Steam Entertainment ainsi qu’à un autre poids lourd, Kojima Productions, studio qui est derrière la série Metal Gear Solid. Passons au synopsis.

Castlevania: Lords Of Shadow de Konami

Les ténèbres se répandent depuis qu’un sort a isolé la terre des cieux. L’Ordre de la Lumière, un ordre de paladins combattant le mal, décide d’envoyer Gabriel Belmont, qui selon une ancienne prophétie libérera la terre du mal. Ce qui l’arrange plutôt bien, car il vient de perdre sa femme, Marie, tuée par des adorateurs des Ténèbres.

Dis comme ça, le scénario ressemble un peu à n’importe quel scénario de jeu mettant en jeu le bien contre le mal. Mais les révélations au cours du jeu la rendent bien plus intéressante qu’au premier abord. Ne vous attendez cependant pas à être émerveillé par le scénario, il reste basique et avance surtout entre chaque chapitre, voir entre chaque boss. L’aventure suit donc Gabriel Belmont, le premier de la lignée des Belmont, lignée qui se chargera de tuer Dracula à chaque fois qu’il apparaitra. Il doit tuer les trois Seigneurs Noirs, qui sont les maîtres de la corruption du monde. Chaque Seigneur est le maître sur son territoire et chacun dirige ses disciples. On se retrouve donc avec des niveaux dont ambiance est adaptée à chaque Seigneur. La forêt pour le maître Lycan, le château enneigé pour le maître Vampire, et les marais pour le maître Nécroman.

Lord Of Shadow est donc découpé en chapitres, qu’il est possible de rejouer après les avoir terminés afin de récupérer de nouveaux objets ou de remplir des défis. Cela permet une rejouabilité non négligeable pour les hardcore gamers désirant finir le jeu à 110%. Pourquoi 110% ? Car une fois que vous aurez fini le jeu, un nouveau mode de difficulté se débloque et qui rajoute 10% de progression dans les niveaux. Pour ma part je pense surtout que c’est une référence à un autre épisode de la série, Symphony of the Night où l’on pouvait découvrir sur la carte du château 110% grâce à un bug.

Castlevania: Lords Of Shadow de Konami

La plupart des combats sont face à plusieurs ennemis en même temps, assez inspiré de Devil May Cry

Mais cela n’est pas la seule référence que l’on retrouve dans le jeu. En effet, plusieurs éléments se retrouvent dans d’autres épisodes de la série ce qui permet de garder une certaine cohérence, et qui ravira les plus grands fans. Les références étant quand même subtiles, les novices de la série ne seront pas perdus si jamais ils ne les voient pas, rendant ainsi le jeu accessible à tous.

Le gameplay du jeu est bien équilibré entre les phases de plateformes et de combats. Des énigmes assez faciles trainent dans certains niveaux, mais vous aurez la possibilité d’acheter la solution en renonçant à la récompense. Les combats sont rapides et spectaculaires, surtout pour certains boss. Pour se battre Gabriel dispose d’un fouet qui lui permet de faire des attaques ciblées et de zones. Les enchaînements se débloquent grâce à l’expérience accumulée dans les combats ou grâce aux énigmes. Les coups sont assez simples à retenir et assez variés à la fin du jeu. Ajouté à cela, quatre armes secondaires se débloquant au fil du jeu, ainsi que de la magie (Ombre et Lumière), qui lui permet respectivement de faire plus de dégâts ou de se soigner. Activable à volonté du moment que vous avez assez d’énergie pour les déclencher. Cette énergie se récupère grâce à des orbes données par des statues ou par des ennemis qui les lâchent quand ils meurent ou quand vous entrez en mode concentration. Ce mode s’enclenche par une barre qui une fois rempli vous permet des récupérer plus facilement les orbes de magie. L’inconvénient est qu’à chaque fois que vous vous faîtes touché, la barre de concentration se vide complètement. Il faudra alors parer ou diversifier vos coups pour la remplir le plus vite possible.

Castlevania: Lords Of Shadow de Konami

S’il n’y a que quatre ambiances différentes, les décors sont de toute beauté, souvent très sombres. Malheureusement, les niveaux restent très linéaires, bien que plusieurs chemins vous seront parfois proposés. Ma préférence va pour les niveaux vampiriques tout en blanc sous la neige, qui donne une aura morne et une impression de mort constante autour du héros. De plus, une sensation de grandiloquence ressort tout de même du titre, dans la veine d’un Shadow of the Colossus, avec trois énormes boss à abattre et un niveau avec un château assez vertigineux.

La difficulté est au rendez vous, du moins sur les premiers niveaux, jusqu’au premier Seigneur Noir. Les ennemis peuvent vous tuer assez rapidement si vous ne faites attention. Malheureusement la difficulté ne croit pas avec l’histoire. Si bien qu’une fois que vous avez atteint un niveau de vie et de magie raisonnable, les ennemis vous tuent moins souvent et deviennent moins menaçants, du moins si vous avez ramassé toutes les améliorations. Je ne parle même pas du boss de fin qui est, tout du moins en mode normal, d’une facilité déconcertante. Alors qu’il fallait avoir une certaine prudence sur les premiers chapitres, la sensation de risque diminue au fil du temps.

Boss de Castlevania: Lords Of Shadow de Konami

Lords Of Shadow est un excellent jeu. Bien que l’histoire soit quand même un peu moyenne la plupart du temps, elle reste agréable à suivre. Les graphismes et le gameplay sont excellents, et la difficulté paramétrable ravira aussi bien les hardcore gamers que les novices. Le seul vrai défaut que je pourrai lui attribuer est sa fin, qui amène des incohérences par rapport aux autres jeux de la série. Des explications supplémentaires doivent apparaître dans des DLC. Pour ma part je pense que Mercury Steam et Kojima Productions ont plus essayé de faire un reboot de la série pour une adaptation en 3D réussie, plutôt qu’un autre épisode relié aux autres par l’histoire et le gameplay. Pari réussi.


L’heure de l’ange d’Anne Rice est un roman de Fantastique qui vient tout juste d’être édité en poche par J’ai Lu dans sa collection Darklight. Serafina avait déjà publié son avis l’année dernière, lors de sa sortie en grand format chez Michel Lafon. Pour une présentation complète de l’œuvre, je vous invite à vous référer à son article car je vais aller à l’essentiel : mon propre avis sur ce livre.

L'heure de l'ange de Anne Rice

Tout d’abord, grosse déception concernant l’aspect du livre. Il y avait pourtant l’essentiel, une belle image aux couleurs sombres, une belle présentation de la quatrième de couverture mais qui sont malheureusement gâchées par ce bandeau rouge affichant « par l’auteur de Entretien avec un vampire », bandeau qui ne peut être retiré. De la même manière et bien que je conçoive l’argument commercial, je trouve dommage de mettre le nom de l’auteur aussi en avant au détriment du titre de l’ouvrage.

Enfin passons, j’étais surtout intriguée par son contenu car, bien qu’ayant lu beaucoup de romans d’Anne Rice, je reste très mitigée sur son style. J’ai un peu peiné à entrer dans l’histoire, les 40 premières pages me semblant s’étirer de manière interminable. Mais je me suis accrochée (sans doute par habitude du style de l’auteur) et je ne le regrette absolument pas. Car si la première vision que l’on a de Toby peut nous sembler totalement plate, malgré son métier d’assassin, sa rencontre avec Malchiah lance réellement le début de l’histoire. Je pense personnellement qu’on aurait pu se passer de ces pages d’autant que le passé de Toby n’est expliqué qu’ensuite et qu’elles risquent de rebuter les lecteurs peu acharnés.

Une fois cette première partie passée, l’immersion a été totale dans l’univers descriptif de l’auteur. On y retrouve la Louisiane qu’elle affectionne tant et j’ai apprécié le changement d’époque et le voyage en Angleterre du moyen-âge. Comme le soulignait Serafina, on ne peut que saluer le travail de recherche et de documentation qu’a effectué l’auteur. Ne connaissant rien avant cela de cette période sombre de l’histoire anglaise, j’ai trouvé sa représentation très réaliste. Sans être engagé, les persécutions des juifs sont bien traduites et la religion prend toute son importance sur le jugement des situations à cette époque.

L'heure de l'ange de Anne Rice

Couverture de la version grande chez Michel Lafon

En lisant la deuxième partie du roman je n’ai pu m’empêcher de songer à l’atmosphère du film Le nom de la roseSean Connery campe un moine détective au moyen-âge. Alors que je trouvais le personnage principal inintéressant au début, il prend toute son importance dès l’apparition des personnages secondaires et ses interactions avec eux. On suit dès lors avec plaisir ses questionnements et ses réflexions tout en s’attachant aux mêmes choses que lui.

Étant considérée par mes confrères d’if is Dead comme « anti religion », j’avais de gros a priori sur sa place dans le roman. Les anges oui, mais selon la façon dont ils sont traités. Ici, je n’ai eu aucun problème, bien que certains passages m’aient paru longuets. Le personnage de l’ange pourrait aussi bien être un extra terrestre puisqu’on le décrit au final assez peu et on ne ressent pas l’engagement de l’auteur concernant la foi. Les croyances de chacun sont décrites avec justesse et les personnages sont intelligemment traités.

L'heure de l'ange de Anne RiceMon seul regret au final sera sans doute la fin du livre que j’ai trouvé très raccourcie et sombrant quelque peu dans la facilité. Cependant le livre se suffit à lui-même et peut se lire seul, je n’ai d’ailleurs pas l’intention d’en lire la suite au vu de la critique faite par Serafina.

En conclusion, L’heure de l’ange est une excellente lecture qui va sans doute plaire aux fans d’Anne Rice malgré la quasi absence de créatures surnaturelles auxquelles elle nous avait habitués. Une fois passé le cap des 40 pages pour les non initiés, il sera facile d’apprécier cette immersion dans le monde de Toby.


Le premier tome de L’Ennemi dans l’ombre de David Weber est sorti en Janvier 2011 chez les éditions l’Atalante. Il est titré Storm from the shadows, en un seul tome, pour ce qui est de la VO. Ce passionné d’histoire militaire et de diplomatie est réputé pour sa saga de Hard SF centrée sur son personnage de Honor Harrington. Et c’est d’un tome de cette saga dont je parles aujourd’hui. Niveau chronologie, cela se passe après L’ombre de Saganami dont dabYo vous avait fait les chroniques. Je vais tenter de vous faire le synopsis de cette œuvre complexe.

 L’Ennemi dans l’ombre, Tome 1, de David Weber

Michelle Henke, amiral de la flotte manticorienne et proche de la reine, est faite prisonnière lors d’une bataille contre la république du Havre. Elle sera relâchée avec un message et faisant la promesse de ne plus combattre Havre. Elle est alors réaffectée dans un secteur qui est en train de devenir une poudrière. Un ennemi se lève dans l’ombre.

L’intrigue est énorme dans tout les sens du terme. Dans le sens de la qualité, on sent que David Weber a tenté de penser à tous les aspects et protagonistes impliqués dans l’histoire.  Bon, ce n’est pas non plus une histoire surprenante, on s’attend quand même à beaucoup de choses, mais plus par nos déductions personnelles que par des grosses ficelles, même si l’incident à la frontière est un peu gros.

L’univers de Honor Harrington est quant à lui juste ultra cohérent.  Par contre accrochez vous à la lecture, car à force de vouloir en faire trop, on se tape au moins deux chapitres sur des aspects techniques. Le premier chapitre pique sec à ce titre, une bataille spatiale qui part dans les explications de comment fonctionne les missiles et bourrées de chiffres, ça n’aide vraiment pas à rentrer dans un livre. Par contre d’un autre coté, les personnages profitent de cette minutie dans leurs actions, leurs dialogues. Avoir les protagonistes expliquer leurs plans devant leurs état majors aide à comprendre cette histoire complexe, et il y en a besoin. Parce qu’en plus, on a droit à des ellipses où s’intercalent des éléments d’autres romans de l’univers d’Honor Harrington, du coup même si ce n’est pas vital pour la compréhension globale, ça doit être un plus d’avoir lu quelques uns des romans de la saga. Mais là je suppute vu que c’est mon premier Weber.

Le problème c’est qu’une intrigue aussi complexe demande un nombre assez importants de personnages, de situations et donc de changements de lieux.  On a pas le temps de s’habituer aux personnages qu’on en change déjà. La seule à sortir du lot, c’est Michelle qui est à mon avis un peu fébrile dans son rôle d’amiral, même si elle prend du poil de la bête sur la fin. D’un autre coté, ça met en exergue l’étendue géographique de l’univers que l’on visite.

 L’Ennemi dans l’ombre, Tome 1, de David Weber

Je ne pourrais pas dire quels thèmes le roman aborde, un peu trop compliqué à dégager de l’ensemble, même si la corruption semble être un point central avec toutes ces manigances. On sent néanmoins quelques sous-thèmes cachés, comme l’esclavagisme avec une pointe de bioethisme, ou encore les états policiers. Globalement, Manticore représente la liberté avec une certaine propension à l’impérialisme, Havre les gouvernements qui agissent dans l’ombre, les solariens le conservatisme et Manpower la main-mise des multinationales sur le paquet de cartes qui fausse le jeu. Bref on porte à l’univers les maux de notre bonne vieille Terre. Contrairement à ce que je laisse penser, c’est discret mais ça permet de jouer sur nos associations d’idées.

Au niveau du rythme, c’est par contre carrément  inégal. Si je devais résumer mon sentiment je découperais le bouquin en 4 parties : Mou, Intéressant, re-Mou et re-Intéressant. Le roman met environ 80 pages avant devenir intéressant et de bien poser l’histoire, et donc mettre Michelle aux commandes. Une fois que c’est fait, on se plonge dans les intrigues politiques et là ça devient passionnant. De complots en secrets, avec toutes les manipulations qui se déroulent en coulisse, on est servi de ce coté. Tout est lancé, on commence à accrocher à l’histoire, et là juste pour nous couper dans notre un élan, un chapitre technique. Il a failli m’être fatal celui là, j’arrivais plus à continuer. Bon évidemment si vous êtes fan de description de missiles ça va vous plaire, mais tout le monde n’est pas un nerd de l’armement. Derrière ce passage, l’auteur repart dans l’intrigue, moment parfait pour découper en deux tomes, tellement parfait que je croyais qu’il y avait deux tomes aussi en version originale.

 L’Ennemi dans l’ombre, Tome 1, de David WeberContrairement à celle du Coup du Cavalier, Genkis nous offre ici une couverture plutôt pas mal, parfaitement dans le ton du roman. A noter la présence en fin de bouquin de croquis des systèmes d’armement, un plus pour l’ambiance. Avec les points que j’ai évoqué plus haut la traduction réalisée par Michel Pagel n’a pas du être une mince affaire.

Le premier tome de L’Ennemi dans l’ombre est donc un bouquin honnête qui ravira surement les gros fans de Science Fiction bien hardcore, malheureusement c’était un poil trop détaillé pour moi. Que ça ne vous refroidissent pas trop, l’univers présenté est énorme et cohérent, et ce roman a vraiment beaucoup de qualités. Je vous laisse, j’ai le tome 2 à me lire.


Le Printemps de Bourges est un festival musical qui se déroule à deux pas de ma ville natale. Ce festival a non seulement mauvaise réputation (agression, etc) mais en plus ne programme généralement absolument rien qui puisse nous intéresser. Et pourtant, parfois, les programmateurs peuvent nous surprendre. Comme cette année, où nous avons découvert une affiche de dingues : Dagoba, Septic Flesh, Punish Yourself, Eluveitie, Epica et Kamelot, le même soir, en région centre. Évidemment, nous avons vite pris notre billet, et le 22 Avril venu, sommes partis direction Bourges. Pas de photos personnelles pour ce report, les appareils étant interdits.

Soirée Metal au Printemps de Bourges 2011

Le concert débute à 18h tapantes, nous sommes tellement habitués aux concerts à la bourre, qu’on arrive tout juste à l’heure, et on rate le premier morceau de Dagoba. En tout honnêteté, ce n’est pas bien grave. A noter que la ponctualité sera un point fort de cette soirée, avec des pauses de 20 minutes à tout péter entre deux groupes. Ce n’est pas le concert d’Eletric Wizard. Seul la pause entre Eluveitie et Epica prendra du temps, sans doute pour mettre les ventilateurs. Le palais d’Auron propose 2400 places, dont la moitié dans la fosse et l’autre dans des gradins. Nous, on est des trues, on va dans la fosse.

Dagoba

On commence donc avec Dagoba, un groupe de Metal venant du sud de la France, nous les avions vu au Hellfest 2009, et somme toute le constat est le même : le groupe est communicatif, il a visiblement la pêche, ca fait plaisir de les entendre parler en français, mais musicalement c’est très moyen, efficace, mais sacrément soupe. Leur style semble avoir évolué, le chanteur chante maintenant pour de vrai, ce qui nous fait beaucoup penser à Stone Sour.

Septic Flesh

Arrive ensuite le premier groupe que j’attendais vraiment de la soirée, à savoir Septic Flesh. Le groupe grec propose un Death Metal très Black et très Goth en même temps : nappes de notes, ambiances lugubres, grunts sur chant féminins et chœurs en backing. C’est la première date de leur tournée The Great Mass, leur dernier album qui est absolument excellent au passage.

Septic Flesh - The Great Mass

Visuellement, c’est assez cliché, sombre, les musiciens sont vêtus d’ armures, le tout entouré des oeuvres sublimes de Seth Shiro Anton, bassiste/chanteur mais aussi graphiste. Pas mal de morceaux de The Great Mass seront joués, pour mon plus grand bonheur : Vampire from Nazareth, A great Mass of Death ou encore Pyramyd God si ma mémoire est exacte. Niveau ambiance c’est tout aussi sombre et lugubre. Le jeu de scène, lui est proche de l’inexistant, c’est très statique, mais en même temps vu la musique cela ne me choque pas. J’ai adoré, par contre dabYo est resté de marbre.

Punish Yourself

Les toulousains de Punish Yourself sont les suivant. Ce groupe fait de l’electro-indus aux grands relents Punk. Le combo est extrêmement respecté dans la scène indus, cependant, à coté des groupes de Death et autres Sympho, on ne peut s’empecher de les trouver un poil dépareillés. Qu’à cela ne tienne, les frenchies vont nous délivrer le show le plus intense de cette soirée.

Connus pour leurs show spectaculaires, ils tiendront leurs promesses : les membres sont intégralement peints de peintures fluos, il y’a des lasers verts devant la scène, un danseur/pyrotechnicien/performeur officie sur certains titres. Y a pas à dire, Punish en met plein la vue. Musicalement, c’est un déluge de beats, un martèlement constant, et une apothéose dont on se souviendra longtemps sur Gay boys in gay bondage.

Eluveitie

Le groupe de Folk Eluveitie prend la suite. Nous avions vu le groupe en Juin au Hellfest 2010 et c’est un des groupes favoris de dabYo. Nombreux sur scènes, près de dix personnes, le groupe utilise des vieux instruments traditionnels pour lesquels la sono avait été moyenne voire décevante au Hellfest. C’est réparé ici avec un réel son, et tous les instruments s’entendent bien.

Eluveitie au Printemps de Bourges

Malheureusement, c’est assez statique, et passer après Punish Yourself n’était pas la meilleure configuration pour le groupe. Même Thousandfold, pourtant l’un de leurs morceaux les plus énervés et agressifs fait pale figure, mou.  Cependant, cela reste bon, avec une setlist similaire à celle du festival, mettant en valeur les deux derniers albums. Et surtout Slania’s song sera jouée, le morceau qui m’avait manqué au Hellfest.

La performance scénique du groupe est aussi plus agréable, le chanteur ayant arrêté de chercher constamment à organiser des circle pits. Cependant, il faudrait dire à la demoiselle qui fait le chant qu’essayer de faire chanter au public un refrain entier en suisse ancien n’est que rarement une réussite. Le groupe organisera un circle pit, qui je pense fut le plus violent de la soirée.

Epica

Enfin, Epica arrive, et arrive pour moi la partie la plus douloureuse de ce report. J’aime Epica, leur second album, Consign to Oblivion est un de mes albums cultes, et c’était la 5ème fois qu’on les voyait. J’avais entendu des critiques sur leur dernière tournée, mais sans plus. Je me disais que taper sur le groupe était la mode. Et puis, et puis, il y’a eu Bourges. Et là, je ne sais par quel bout commencer.

Epica au Printemps de Bourges 2011

Le groupe est rodé, contrairement à Therion qui se sont renouvelés à chaque tournée, c’est les mêmes gimmicks, les mêmes sorties de scène aux mêmes moments, et ce depuis 2007. Le changement de line-up a aussi dû jouer, car le groupe a du mal à faire penser à une « unité », le nouveau restera à l’ecart toute la soirée.

Vocalement, si les grunts sont honorable, Simone peine, et n’est pas aidée par la sono trop forte sur sa voix. Elle ne tient pas ses notes, elle ne les a probablement jamais tenues mais cela était compensé par l’énergie et l’impression de joie d’être là. Sauf qu’ici Epica, c’est froid, c’est mecanique. Bref, dommage.

Kamelot

Kamelot est le petit dernier. Rajouté au dernier moment, le groupe devait jouer ce jour là à l’Elysée Montmartre à l’origine. Le Printemps de Bourges semble avoir été une solution de remplacement, mais il n’y a eu aucune publicité autour de leur venue, du coup une bonne partie de la salle ignorait qu’il y avait un 6ème groupe, la fosse était donc désertée. Nous sommes allés dans les gradins, car soyons honnête Kamelot, ca ne me palpite pas des masses.

Et là, surprise. Ce n’est pas Roy Khan sur scène ! Le lendemain paraitra le communiqué sur le départ officiel de Roy du groupe, il était remplacé pas le chanteur de Rhapsody of Fire. Alors, bon, il s’en tire pas trop trop mal niveau voix, mais Kamelot, c’est Roy quand même. Le groupe a une installation scénique qui me fait penser à Therion, avec des estrades pour les choristes (une fille et un gars). La choriste d’ailleurs est fort agréable à regarder, et contrairement à ce que j’avais pu penser, ce n’est pas Simone. Le reste du groupe est assez statique, et somme toute, ça ne me passionne pas. Bien qu’étant sur la tournée du dernier album pas mal de morceaux du Black Halo sont joués.

Au final, les deux derniers groupes n’ont pas été à la hauteur de ce qui était proposé précédemment. Le trio gagnant est sans nul doute Septic Flesh, Punish Yourself et Eluveitie, qui ont assuré jusqu’au bout. L’ajout de Kamelot était on ne peut plus discutable, surtout que son ajout a forcé les groupes à raccourcir leurs sets. Mais vu le prix du billet d’entrée, ça valait franchement le coût.