Scott Pilgrim de Edgar Wright

dabYo dans Critiques, Films le 8 avril 2011, avec 2 commentaires
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Scott Pilgrim est l’adaptation du comic du même nom au cinéma par Edgar Wright. Malgré l’enthousiasme général pour le film, c’est à reculons que nous avons finalement décidé d’aller enfin voir cet « icône » de la « culture geek« , déjà promu « film culte ». Faut dire que le tapage autour de cette adaptation d’Edgar Wright, semblable à celle entourant Kick-Ass, nous a plutôt refroidit, ayant peur de tomber sur quelque chose utilisant bêtement quelques références pour être dans le coup. A la base déjà il fallait beaucoup de chance pour pouvoir aller voir un film qui a été diffusé dans quelques salles à peine en France. Mais au final, qu’en est il ? Scott Pilgrim vaut il réellement le coup, ou est ce un film qui surfe bêtement sur les références de la « culture geek » ? Synopsis.

Scott Pilgrim de Edgar Wright

Scott a 22 ans et une vie « passionnante ». Parmi ses hobbies, on retrouve la musique et son groupe de Rock, Sex Bo-omb, pour lequel il joue de la basse. Alors qu’il vient tout juste de commencer à sortir avec une lycéenne de 17 ans -la honte- pour oublier sa précédente rupture, il fait la rencontre de la fille de ses rêves, Ramona Victoria Flowers. De ses rêves au sens propre du terme bien entendu, puisqu’il en avait justement rêvé la veille. S’ensuit alors toute une aventure pour la conquérir.

Je ne pensais pas que ce film serait celui pour lequel j’aurai le plus de mal à écrire un synopsis, et pourtant, si. Il faut dire que Scott Pilgrim est un film assez particulier, car l’intégration de la culture geek ne va pas s’arrêter à quelques répliques placées par là, du « je suis ton père » qui devient une vanne entre deux geeks. Non non, rien à voir. Le film qui est donc l’adaptation d’un comic en cours de parution chez Milady Graphics pour l’adaptation française, va en effet piocher directement dans les mécanismes du jeu vidéo pour s’étoffer et illustrer son scénario. Certes, ça passe d’abord par des gimicks inutiles, comme la présence d’une barre d’urine à la Sims, au monde de l’arcade et du jeu de combat. Car pour conquérir Ramona, Scott va devoir affronter la ligue maléfique des exs de la demoiselle, en combat singulier.

Scott Pilgrim de Edgar Wright

Le blond du milieu est doté de super pouvoirs car végétalien

Oui, dit comme ça, ça donne pas forcement envie, et pourtant. Avec son synopsis bidon, Scott Pilgrim se veut être un film pour adolescents à l’esprit décalé, un peu l’alter-ego de American Pie, mais version « geek » cette fois. Et contrairement à ce que je craignais à la base, la pilule passe plutôt bien. Quand on a fait des études en informatique, ça nous fait fortement penser à des attitudes et autres qu’ont pu avoir nos amis, voir camarades, et l’identification fait le reste. Les scènes comiques du film sont plutôt bonnes et agréables, on sourit rapidement et se laisse emporter par le côté déjanté, et la « connerie blasée » ambiante qui ressort des personnages principaux.

La barre d’urine n’est pas le seul élément qui fait référence aux jeux vidéo, et outre les combats entre nos héros et les différents exs de Ramona, on retrouve tout un tas d’éléments. Cela va des pièces qui tombent lorsqu’un adversaire est battu, aux petits effets visuels très « interface de jeu », voir aux transition des scènes. Bien entendu, il y a sur-enchère dans les pouvoirs des différents combattants qui vont permettre d’avoir droit à véritable spectacle lors des échanges de castagnes. Du coup, il faut bien entendu justifier ces pouvoirs, et là encore, on se retrouve face aux caricatures du jeu vidéo, allant de l’épée de l’amour à la surpuissance due à la mouvance vegan. Bref, du tout bon.

Scott Pilgrim de Edgar Wright

Pour parfaire cet état d’esprit très « blasé », on retrouve des acteurs dont le jeu est vraiment très « réussi ». Un poil nanar, un poil sérieux, et un poil amateur, j’ai vraiment beaucoup aimé les différents dialogues entre les personnages. Chacun va très bien jouer son « rôle », stéréotypé à mort, que ce soit notre héros complètement pommé joué par Michael Cera, ou encore la groupie lycéenne pot de colle qu’incarne Ellen Wong. Seule Ramona, jouée par Mary Elizabeth Winstead, m’a semblée un peu fade, beaucoup trop sérieuse. Une mention spéciale pour la quasi totalité des personnages secondaires, dont chaque intervention est accompagnée d’un fou rire.

Si la présentation de l’histoire est très déjantée et originale, les thèmes restent assez classiques. L’amour, la recherche de soi, l’amitié, bref, les banalités habituelles qui n’auront pas spécialement droit à des morales originales non plus. Mais ce côté ne gâche en rien le film.

Scott Pilgrim de Edgar Wright

Cette image parle d'elle même

Au final, Scott Pilgrim a été pour moi une sacrée surprise. Savant mélange de nanar, avec des effets visuels réussis et un aspect « film amateur » agréable, il vous fera passer un agréable moment. En amenant les codes du jeux vidéo dans le cinéma, il s’inscrit pour moi dans cette mouvance que l’on peut aussi retrouver plus récemment avec Sucker Punch. Même s’il ne mérite pas réellement son statut de film culte, le voir vous fera passer un très bon moment, et vous ne le regretterez surement pas.


L’Épreuve de l’Ange de Anne Rice

Serafina dans Critiques, Livres le 6 avril 2011, avec 2 commentaires
Critiques

L’Épreuve de l’Ange est le second tome de la série des anges d’Anne Rice. Série qui ne comporte que 2 tomes à l’heure actuelle. Ce deuxième tome est sorti en 2010 aux États-Unis et vient d’être traduit par Pascal Loubet pour les éditions Michel Lafon. J’avais lu le premier tome l’année dernière plus ou moins à la même époque, que j’avais assez apprécié, je n’ai donc pas tardé à entamer le deuxième. Synopsis ?

L'épreuve de l'Ange de Anne Rice

Toby O’Dare est un ancien tueur à gage. Repenti, il travaille désormais avec Malchiah, un séraphin, et tâche d’exaucer les prières des âmes tourmentées dans ce qu’ils appellent « L’Heure de l’Ange », une Heure qui permet de voyager entre les époques, et qui l’amènera notamment à Rome en pleine renaissance.

Tout comme pour le premier tome, il faut saluer le travail des éditions Michel Lafon, qui proposent encore une fois un très beau livre, très agréable à lire, avec des petites ailes d’anges en début de chapitre, bref, un beau travail d’édition. C’est un livre qu’on prend plaisir à lire, enfin, presque. Le style et la narration restent les mêmes que dans L’heure de l’Ange : Première personne, pas mal de descriptions, un style toujours très bon.

A la lecture du synopsis, il paraît évident que la religion occupe une place centrale. C’était déjà le cas dans le premier tome, sauf que ce dernier était assez soft et n’apparaissait pas comme une propagande éhontée pour la religion. Le problème c’est que L’Épreuve de l’Ange est beaucoup plus proche de la propagande. Dieu et la religion chrétienne y sont beaucoup trop présents à mon gout. Je ne suis pas spécialement anti-religion et avoir des héros croyants ne me gêne pas, sauf quand leur foi devient le point central du livre. Car ici, c’est le cas. Dans le premier tome, la mission de Toby dans l’Heure de l’Ange occupait une part importante du roman et était plus construite comme une aventure. Là, non.

Of Love And Evil from Anne Rice

La couverture de la V.O. est beaucoup plus conotée religion

D’un bout à l’autre on suit la rédemption de Toby, sa foi, il nous rabâche l’omniprésence de Dieu, sa bonté, son amour. Et quand évidemment le roman se transforme en propagande contre les relations sexuelles hors mariages (qui viendraient « souiller » la fille qu’il aime) et en apologie de l’Église en tant qu’organisation, j’avoue que j’ai eu énormément de mal à continuer.

L’Épreuve de l’Ange n’est que cela, acclamation de Dieu, enfilage de bons préceptes conformes à la foi catholique. Alors oui il y a une petite aventure, de 60 pages sur 200, qui se passe dans la Rome de la renaissance et qui s’intéresse aux injustices faites aux juifs. Mais elle aussi tourne pas mal autour de la religion, et les mystères sont assez évidents et résolus en deux ou trois pages, ne restant plus qu’une excuse pour que Toby nous exprime son amour de Dieu. Il faut cependant dire que Anne Rice s’est pas mal renseignée sur l’époque et nous présente l’état des juifs dans la Rome de la renaissance, état que je ne connaissais pas réellement, et qui est donc assez intéressant.

Le livre est effectivement très court : 200 pages, écrit gros, il se lit très vite, mais ce peu de page est suffisant pour m’avoir agacé à de nombreuses reprises par son prosélytisme. A coté de cela, on retrouve Toby, qui est toujours fasciné par la beauté, comme a pu l’être un Lestat, mais Toby est très passif. Il est baladé d’un endroit à l’autre, au bon vouloir des anges, sans vraiment se remettre en question. Les personnages secondaires sont réduits à de simples noms, car il n’y a pas réellement assez de pages pour les développer.

L'épreuve de l'Ange de Anne RiceEn deux cents pages, notre histoire n’avance quasiment pas par rapport au premier tome qui laissait espérer d’en apprendre plus sur les anges et leurs interactions. Le livre nous laisse sur notre faim, et tous les espoirs que j’avais eu en lisant le premier tome ont été anéantis.

Au final, L’Épreuve de l’Ange me laisse une très mauvaise impression, et si sa suite parait un jour je ne pense pas que je le lirais. Enfin, il faut dire que la suite est fort compromise, vu que Anne Rice a déclaré partir de l’église catholique en 2010… Je la vois donc difficilement écrire une suite qui parle autant en bien de l’Église… Mais en tout cas, je ne vous recommande absolument pas ce livre. L’histoire est laissée bien trop de côté.


Alors que l’on a appris il y a quelques semaine la date de sortie de la suite du Trône de Fer, l’actualité de la saga de George R.R. Martin s’apprête à être de nouveau chamboulée avec l’arrivée sur les écrans de la chaine américaine HBO de son adaptation sur le petit écran. Titrée Game Of Thrones, la diffusion du premier épisode est prévue pour le 17 avril prochain, et il est déjà possible de voir les quinze premières minutes par ici ou tout simplement un peu plus bas dans l’article.

Affiche de Games Of Thrones de HBO

Étant fans de la série ici, c’est donc un petit résumé que l’on va vous dresser avant de parler de ces 15 premières minutes. Game Of Thrones devrait être diffusée sur sept saisons, si le public suit, avec d’une manière générale un roman par saison. Pour rappel, les deux premiers tomes de la traduction française constituent le premier tome de la version originale. Il ne devrait donc pas y avoir d’adaptation trop importante du scénario, et la série devrait suivre d’une manière générale la trame imaginée par Martin, qui participe à l’écriture des scénarios par ailleurs.

Chaque saison devrait tenir sur dix à treize épisodes d’une cinquantaine de minutes et être diffusée entre avril et juin, plus ou moins ce que l’on peut connaître avec True Blood par exemple. Côté casting, il s’agit principalement d’acteurs anglais, bien que le casting soit aussi ouvert aux ressortissants de l’union européenne, sans doute à cause de restrictions dues au financement. Le plus connu, Sean Bean, jouera Eddard Stark, le personnage principal de ce premier tome et devrait porter la série sur ses épaules. Pour la liste complète, on peut la retrouver sur la Garde de Nuit. Bon, et ces quinze premières minutes alors ?

Il s’agit de l’adaptation du prologue, que l’on retrouve dans le premier tome de la série, et auquel on ne comprend en général pas grand chose lors de la première lecture, ainsi que du premier chapitre. On découvre donc ici le mur, et la maison des Stark. Pas encore de Lannisters, ni aucune autre famille d’ailleurs, le suspens est gardé. La première chose qu’on peut admirer, ce sont les décors, la sortie des gardes du mur est absolument sublime et est fidèle aux illustrations qu’on a pu en voir, que cela soit dans les jeux de carte ou dans les couvertures de roman.

L’adaptation du prologue est angoissante à souhait. Dans le noir sur grand écran, cela doit donner. C’est relativement gore pour un début de série, et c’est sans aucun doute volontaire pour choquer le spectateur et lui faire remarquer la série, mais je pense que le show ne fera pas de concessions là-dessus. Les personnages sont clairement présentés, et au vu de ces premières minutes, je pense que la série sera aisément accessible à ceux qui n’ont pas lu le livre. Mais je vous conseille de le lire.

Avec des décors superbes, une réalisation propre et lissée, on sent clairement qu’il y a des moyens derrière. Mais surtout, au vu de ces premières minutes, l’âme du roman ne semble pas être bafouée. Elles sont fidèles. Évidemment ce n’est qu’une preview, qui ne donne qu’une seule envie : connaître la suite. Le rendez vous pour le pilote de Game of Thrones, le 17 avril prochain, est donc déjà pris. Pour la diffusion française, ce sera sur Orange à partir de la rentrée 2011. Vivement !


Firefly de Joss Whedon

illman dans Films, Séries le 3 avril 2011, avec 5 commentaires

Firefly est une série de Science Fiction à l’ambiance bien particulière que nous présentait en 2002 Joss Whedon, le papa de Buffy. La série ne comporte malheureusement qu’une seule saison, diffusée par la FOX, mais j’y reviendrai plus tard. Elle fait partie des classiques et est très prisée du milieu « geek« . Pour l’instant je vais vous plonger dans cet univers, en commençant par un synopsis.

Firefly de Joss Whedon

Nous sommes vers le 26ème siècle, de nombreuses planètes ont été colonisées par l’Homme après terraformation. Les planètes du centre se sont regroupées dans L’Alliance qui a annexé les mondes de ses frontières pour les ramener vers la « civilisation ». C’est durant la dernière bataille qu’ont livré les indépendantistes, les browncoats, dans la Serenity Valley que l’on fait la connaissance de Malcom Reynolds. Personnage que l’on retrouvera six ans plus tard en tant que capitaine du Serenity, un vaisseau de transport de classe Firefly. On suivra alors les pérégrinations de l’équipage à travers l’espace tout au long de la série, dans leurs boulots plus ou moins honnêtes.

L’équipage est composé de notre cher capitaine, Mal Reynolds, de Zoe, sa fidèle second et vétéran de la guerre comme lui. Son mari, Wash est le pilote du Firefly qui va diriger ce coucou à travers la plupart des crasses que l’univers leur réserve. Kaylee est la mécanicienne de bord, constamment dans la lune, donnant surtout l’impression d’être défoncée la plupart du temps. Jayne est un mercenaire complétement taré qui pense avec son flingue, classique s’il n’était pas tout le temps à songer à la trahison pour de l’argent. Une des navettes du Serenity est loué à Inara, une compagne, une sorte de prostituée de luxe qui a le mérite de compliquer la tâche de Mal en ce concerne le commandement de son vaisseau. Cet équipage va s’étoffer dès le premier épisode avec des passagers, le pasteur Book qui va tenter de les ramener dans la lumière de Dieu. Simon et River Tam, frère et sœur, l’un est médecin et l’autre est poursuivi par l’Alliance dont les agents sont des psychopathes aux gants bleus.

Une belle ribambelle de personnalités confinées la plupart du temps dans un vaisseau, quoi de mieux pour les conflits. Si je voulais être négatif, je trouve qu’un peu trop de romance baigne sur ce vaisseau. Autre point, la plupart des acteurs ont  joué dans d’autres séries de Whedon. Exemple, Nathan Fillion alias Mal Reynolds était aussi Caleb, le prêtre taré de la dernière saison de Buffy. Personnellement, j’ai trouvé le jeu des acteurs juste ce qu’il faut pour coller aux scenarii proposés, avec par exemple un Mal Reynolds résolu, mais avec des pointes d’humour pour que l’atmosphère ne soit pas trop tendu.

Casting de Firefly de Joss Whedon

Bien que la série ne compte que quelques 15 épisodes, on a le temps de découvrir largement l’univers crée pour l’occasion. Tout cela au travers des différentes « affaires », entendre ici contrebande, effectuées par le Serenity au long des épisodes, généralement entremêlées de trahison et autre joyeusetés. J’ai trouvé les scenarii plutôt variés et j’ai adoré suivre ces histoires qui se déroulent sur un seul épisode, la plupart du temps.

Visuellement parlant, si vous imaginez un mélange de Space Opera et de Western vous ne devriez pas être loin. Les planètes de la bordure sentent bon le Far West, des planètes de l’Alliance ultra-futuristes, mais crades et glauques dès que l’on sort des sentiers battus. J’ai beaucoup aimé l’ambiance, la SF et le Western se mélangeant plutôt bien.

Pour se replacer en contexte, il faut savoir que l’ordre des épisodes sur les DVDs est fidèle à l’ordre original voulu par Whedon, mais qui est différent de l’ordre de diffusion sur les chaines de la FOX. La FOX a coulé elle même la série de par ses changements de grille, diffusions dans le désordre des épisodes et autres joyeusetés. Quand on sait que la FOX avait arrêté la série Dark Angel pour financer les effets spéciaux de Firefly, ça fait peur. Justement, les effets spéciaux sont plus que bons pour l’époque, cela m’avait d’ailleurs étonné pour une série.

Si la série n’a duré qu’une saison, l’univers a été porté, à mon grand bonheur, vers d’autres mediums. On retrouve d’abord des comics, ils sont édité par Dark Horse Book. La qualité graphique est du niveau des productions actuelles, pas de souci de ce coté, ce n’est pas du sous produit marketing. On retrouve un comic nommé Those left behind, qui sert en quelque sorte d’introduction au film, mais il n’est pas indispensable d’avoir lu ce comics pour sa compréhension, c’est un plus. Better Days est quant à lui une histoire qui pourrait se retrouver à peu près n’importe où pendant la série, sympathique mais dispensable. J’ai apprécié les arts des personnages qui parsèment le premier tome.

Prêtre de Firefly de Joss Whedon

Le film, baptisé Serenity car la FOX détient toujours le nom « Firefly », vient clore l’intrigue de la série dans une débauche d’action, d’explosions, de drames et de révélations. L’alliance a décidé de lâcher les chiens pour ramener River. Dans le film sont réintroduits les reavers, sorte d’humains sans humanité dont on se demandait un peu ce qu’ils étaient devenus dans la série. La qualité de l’ensemble est carrément un cran au dessus de ce à quoi je m’attendais pour un film tiré d’une série. Là où les films Stargate étaient juste du niveau de la série, Serenity se paye le luxe d’être plus qu’un épisode d’1h50, enfin c’est mon impression.

Tout ce dont je vous ai parlé au dessus, j’y ai bien entendu gouté en version originale. Apparemment tout est trouvable en VF hormis les comics. Je n’ai absolument aucune idée de la qualité de l’adaptation mais comme de toute façon ça ne vaut jamais l’original…

L’univers qu’a su créer Joss Whedon sent bon le Far West de l’espace. C’est un vrai plaisir à regarder et à lire. Des rumeurs de second film avait circulé à une époque, je me demandes si elle sont toujours d’actualité. A noter la sortie récente d’un troisième comics sur la vie du Shepherd en *bip* de rupture de stock au moment où j’écris ces lignes. Cela ne plaira pas à tout le monde, la preuve Seraf’ et dabYo détestent, j’attends avec impatience leurs commentaires négatifs, mais bon, tous les gouts sont dans la nature.


Mercy Thompson, c’est une série de Bit-Lit écrite par Patricia Briggs et que nous avons beaucoup appréciée ici, vous pouvez notamment retrouver les chroniques du premier et deuxième tome par dabYo. J’avais lu les premiers en VO avant que Milady ne les édite en France. Et fort du succès de la saga, Milady Graphics nous propose le comic tiré de la série. Il s’agit d’une histoire inédite se déroulant avant même le début de la saga des bouquins. Ce comic est paru en 2009 en VO et vient d’être édité chez nous, avec une traduction de Philippe Touboul il se compose de 126 pages couleurs. Synopsis ?

Retour aux Sources (Homecoming), Mercy Thompson, de Daniel Lawrence, Francis Tsai et Amelia Woo

Mercy vient d’arriver dans les Tri-cities à la recherche d’un travail d’enseignante. Malheureusement elle ne décroche pas le poste convoité, et se retrouve attaquée par des loups garous, qui endommagent gravement sa voiture, une Wolswagen. Elle se rend donc dans un garage spécialisé, tenu pour le moment par Tad, gamin de 9 ans, dont le père semble avoir quelques problèmes.

Évidemment, l’identité du garage est bien connue pour ceux qui ont lu la série. Je ne suis d’ailleurs pas certaine que le comic soit forcément intéressant pour ceux qui n’en connaissent pas l’univers. En effet, de nombreuses notions (celle de meute, de mâle alpha, etc) sont balancées sans trop d’explications.  C’est une petite histoire qui répond à pas mal d’interrogations des fans, comment Mercy a rencontré Zee, Adam et les autres, etc.

Le comic se découpe en 4 chapitres et malheureusement, le dessinateur change en plein milieu: Tsai laissant place à Woo. Je déteste vraiment les changements d’illustrateurs en plein milieu, ce qui est malheureusement fréquent dans les comics. Le trait de Tsai est de toute beauté, très net, aux perspectives superbes, avec de beaux effets de texture, son dessin est assez irréprochable. Alors certes, ses personnages féminins sont bien en chair, classique du comic, mais il y a une aisance et une fluidité.

Retour aux Sources (Homecoming), Mercy Thompson, de Daniel Lawrence, Francis Tsai et Amelia Woo

Aisance et fluidité qui, malheureusement, ne sont pas réellement présents dans les chapitres de Woo. Bien qu’elle ait taché de conserver l’ambiance et le style du début, il y a une énorme marche de différence entre les deux, ses perspectives sont d’une manière générale foirées, les mains ne sont pas son fort, et sa colorisation est extrêmement brouillonne. Dommage du coup, car le comic devient du coup fort inégal.

Retour aux Sources (Homecoming), Mercy Thompson, de Daniel Lawrence, Francis Tsai et Amelia WooAu niveau de la narration, on note quelques ellipses pas évidentes, notamment celle du début de chapitre deux, et une narration assez brouillonne dans les deux derniers chapitres. Un chaos sans doute dû à la coloration chaotique de Woo, ainsi qu’à une ou deux « blagues » que je n’ai pas comprises, faute de culture ou de traduction, que sais-je. Ceci dit, dans l’ensemble cela se lit bien. Évidemment, faire face à une adaptation d’un roman qu’on a lu n’est pas chose aisée, mais ici , le design de Mercy par exemple, reprend directement  celui des couvertures des romans. Dans l’ensemble tout est assez bien respecté, sans doute grâce à l’implication de Patricia Briggs dans ce comic.

Au final, Retour Aux Sources est un prélude qui m’a surtout donné envie de continuer la saga des Mercy Thompson, car j’en ai deux en retard. D’une manière générale, le dessin de Tsai et Woo est bon, l’histoire de Daniel Lawrence aussi, et je pense que si vous aimez bien la saga vous pouvez acheter ce comic sans crainte.