Sang Noir, La Vampire Tome 2, de Christopher Pike

Serafina dans Critiques, Livres le 12 mars 2011, avec 1 commentaire
Critiques

J’avais lu le premier tome de la série La Vampire de Christopher Pike il y a peu, le roman ne m’avait pas du tout convaincue malgré l’approche très originale de la mythologie vampirique. Cependant, bon nombre d’entre vous m’en ont dit du bien en commentaire, ce qui m’a convaincu de donner une seconde chance à la série et donc de lire le tome 2, nommé Sang Noir. Ce dernier ne fait que 200 pages et reprend notre histoire peu de temps après le premier. Synopsis ?

Sang Noir, La Vampire Tome 2, de Christopher Pike

Des meurtres étranges ont lieu à Los Angeles. Alisa, notre héroïne vampire est persuadée qu’il s’agit là de l’œuvre d’un vampire. Et même sans doute celle d’un vampire nouvellement crée. Elle se doit de l’arrêter et ne pourra compter pour cela que sur elle même, et ses pouvoirs bien entendu.

Le synopsis a beau être classique, il n’en est pas mauvais. La problématique du nouveau vampire incapable de se contrôler est un grand classique du genre. En fait, le problème c’est tout le reste. A commencer par le style, je ne sais si c’est la traduction ou l’original , mais les redites que nous impose Christopher Pike sont extrêmement nombreuses, par exemple le fait « qu’on ne puisse pas voir le sang sur ses vêtements noirs » est rappelé à deux reprises… à trois paragraphes d’écart. Cela rend le roman très lourd, et il devient difficile d’avancer, bien qu’il soit écrit gros et qu’il ait des chapitres courts.

Enfin, Alisa est tout bonnement insupportable. Encore plus qu’une Bella Swan et pourtant, dieu sait que cette dernière m’insupporte. Alisa est la narratrice, et c’est une « moi je », elle se met tout le temps en avant, n’a aucun défaut, est super forte, super belle, super cruelle, bref, pire qu’une Mary Sue, Alisa est je pense le pire personnage que j’ai jamais rencontré, et pourtant j’ai lu de nombreux livres avec de nombreuses têtes à claques.

Le déroulement quand à lui est simpliste. Alisa se dit que, peut-être, Telle personne est la coupable ? Bingo c’est le coupable. Il n’y a jamais de fausses pistes, tout est résolu du premier coup, il n’y a aucun échec. Du coup, l’intrigue et son déroulement n’a aucun suspens. L’héroïne n’est pas seulement super douée, elle doit avoir une sorte de 6ème sens ultra-magique.

Alors évidemment, elle ressent des sentiments, ce qui pourrait en faire un vampire attachant , mais non, les personnages secondaires sont tous survolés , ils n’ont aucun trait de personnalité. De ce fait, on se balade dans le roman sans jamais être accroché.

Sang Noir, La Vampire Tome 2, de Christopher PikeCe qui avait réellement sauvé La Promesse, le tome 1 de la série, c’était l’origine du mythe vampirique qui ici est associé à la mythologie indienne, Krishna pour être plus précise. Les références à la culture hindoue sont nombreuses et perdront peut être le néophyte. C’est un point que j’ai apprécié, mais malheureusement dans ce tome les origines hindoues sont un peu reléguées au second plan et pour cause, on connait déjà l’histoire, alors Alisa ne nous la raconte pas à nouveau.

Du coup, malgré le fait qu’il soit très court, j’ai tardé à finir Sang Noir et je dois dire que j’ai souffert. La Vampire est une série comprenant de nombreux tomes, et je pense que je vais m’arrêter là, bien que la collection que nous propose ici les éditions J’ai Lu soit très jolie et que je déteste abandonner une série en court. Il y a trop de bons livres pour finir cette série et avec un prix assez elevé, 7.20€ pour seulement 200 pages, je ne vous le conseille vraiment pas.


Inception de Christopher Nolan

dabYo dans Critiques, Films le 10 mars 2011, avec 3 commentaires
Critiques

Avec Avatar de James Cameron, la Science Fiction est presque revenue à la mode dans les salles obscures, mais surtout dans le cœur du public. Du coup, quand l’engouement autour du dernier film avec Leonardo DiCaprio est arrivé jusqu’à nos oreilles, nous avons plus pensé à un effet éphémère qu’à un film avec de réelles qualités. C’est ainsi qu’à force de retarder notre descente au cinéma pour aller voir Inception, nous l’avons carrément loupé. Mais le film de Christopher Nolan valait-t’il le coup ? Synopsis.

 Inception de Christopher Nolan

Dans un monde assez proche du notre existe une science qui permet de pénétrer les rêves de ceux qui dorment. Celui qui rêve, appelé l’hôte est alors celui dont le sub-conscient peuple le monde, et l’un des intrus celui qui en fait l’architecture. Avec de telles possibilités, il est évident que l’Extraction, le fait de voler des informations à quelqu’un en pénétrant ses rêves a très vite proliféré. Ce sont formées des équipes dont le but est de pénétrer les rêves de riches hommes d’affaires ou d’hommes de pouvoir pour leur soutirer à leur insu des secrets ou informations capitales. Et Dom Cobb est connu pour être le meilleur de tous les extracteurs. Fugitif, un riche homme d’affaire lui propose de faire en sorte qu’il ne soit plus recherché en l’échange d’une dernière mission, une Inception.

Peut être que si on avait lu le synopsis du film avant d’avoir vu le film nous serions allé le voir. Car le film, bien plus que celui de James Cameron sent la bonne Science Fiction. Celle avec des concepts intéressants qui, s’ils sont bien utilisés, peuvent donner un film de qualité, voir marquer. Le genre de film qui pousse à vous poser des questions, à admettre ses règles pour ensuite établir des hypothèses. L’année dernière, je disais qu’Avatar ne resterait pas dans la postérité, et l’absence d’éléments de ce genre est pour moi une des causes majeures. Car si le film de James Cameron présentait quelques principes, notamment celui des avatars, cela n’était pas du tout exploité par la suite. Il y avait un peu de « SF », mais pas trop, histoire de rester grand public.

Inception à Paris, de Christopher Nolan

Crédit d'impôts oblige, une partie du film se déroule dans les beaux quartiers de Paris. L'occasion pour avoir droit à de superbes effets spéciaux sur l'architecture des bâtiments.

Dans Inception, le principe des rêves est au cœur même du film, de l’intrigue, et ses particularités ont de réelles influences. Ainsi, on va apprendre les principes, comment notre sub-conscient les gère, ce qu’il s’y passe, les règles du jeu, et comment cela peut être exploité. Aux scénaristes de faire en sorte que nous autres geeks n’y trouvions pas de failles, d’incohérences, et de laisser des indices pour que le fandom se créé de lui même. Mais revenons au film, on découvre donc Cobb, incarné par Leonardo DiCaprio, lors d’une opération où il tente dans un rêve de soustraire des informations à un riche homme d’affaires. Le tout avec une réalisation grandiloquente où les catastrophes et autres effets apocalyptiques ont lieu dès que le monde des rêves est en danger.

Car ce qu’il y a de génial avec ce principe de rêve, et comme je le disais dans le synopsis, d’architecture, c’est qu’il va permettre à Christopher Nolan de nous en mettre plein la vue, tout en restant crédible. Quand un film d’action banal a tout le mal du monde à trouver une excuse justifiée par un scénario pour passer de l’Afrique du Nord aux pentes de l’Himalaya, notre réalisateur n’a aucune difficulté: il suffit de changer de rêve ! C’est ainsi que l’on va passer d’univers en univers: monde japonisant, gigantesque mégapole occidentale, montagnes enneigées, et je passe sur les univers complètements inventés et loufoques. On va ainsi pouvoir vivre pas mal de clin d’œil à des classiques de films d’action: combat dans un dojo japonais, ou encore course poursuite en moto-neige… Le monde des rêves n’a pas de limites, et Inception n’en a pas plus. La scène grandiloquente des boulevards parisiens en sera la preuve.

Inception de Christopher Nolan

Certains ont créé la Matrice pour justifier des combats ahurissants, Nolan a trouvé un autre moyen, tout aussi original.

Mais le film ne se contente pas d’effets spéciaux en tout genre, il est aussi basé sur un scénario qui va pleinement mettre à profit les théories citées au dessus, et presque réussir à nous faire travailler les méninges. Alors, si vous ne l’avez pas encore vu, et que vos amis disent n’y avoir rien compris, ne vous inquiétez pas, il suffit de suivre le film pour le comprendre parfaitement. Mais voilà, le scénario est plus complexe que pour un grand nombre de films, notamment parce qu’il faut assimiler les principes pour comprendre les situations, et beaucoup de « téléspectateur » n’y sont pas habitués. Je ne dirai pas qu’il est plein de rebondissement, ni génialissime, ce sont les rouages qui le sont et leur utilisation est plutôt très juste. Il tient la route, et nous montre ce qu’Inception a dans le ventre.

Toujours est il qu’il n’y a pas de film sans personnage et acteur. J’avoue que c’est pour moi l’un des plus gros points faibles, car en dehors de Leonardo DiCaprio et de la frenchie Marion Cotillard, il n’y a pas grand chose à se mettre sous la main. Les comparses de Cobb sont biens joués, mais leurs personnages respectifs ne sont pas très intéressants. Ils sont là pour compléter le casting, et rien de plus. C’est quelque part dommage, et un poil préjudiciable au film puisqu’il tient alors uniquement sur les épaules du duo. Heureusement, ces deux là jouent plutôt bien. Leur relation, encore une fois grâce aux principes, est originale et déroutante, et donne un air dramatique à l’ensemble du film, qui devient alors clairement oppressant et angoissant. Et là encore, Christopher Nolan se sert magnifiquement des règles qu’il a établit pour nous faire vivre des scènes plutôt très stressantes. Dommage que Marion Cotillard soit une fois de plus coltinée au rôle de « femme de », qu’elle rempli à merveille cela dit.

Meme Inception de Christopher Nolan

L'une des nouvelles caracteristiques à avoir pour passer à la postérité: les Memes.

C’est en arrivant à la fin de la chronique qu’on se dit qu’il serait dommage de laisser ces principes au placard et qu’on aimerait bien les retrouver dans une série. C’est exactement les principes qu’il nous faudrait pour faire un mélange de policier et de thriller. La fin d’ailleurs, nous laisse en suspend et pleins de questions. Une fin digne d’un Blade Runner.

Au final, Inception est un grand film de Science-Fiction. Si vous ne l’avez pas encore vu car comme nous, vous craignez l’effet de hype, je peux vous rassurer, il le mérite amplement. Avec une réalisation à la hauteur des ambitions de l’idée originale, c’est assurément un film qu’il faut avoir vu. Je n’aurai qu’un seul regret: ne pas l’avoir vu dans les salles obscures.


Après avoir été à Limoges, nous sommes allés découvrir une autre scène de la France Profonde, la Coopérative de Mai de Clermont-Ferrand. D’une manière assez inattendue, Clermont accueille ce semestre un certain nombre de concerts du genre, Anathema bien sûr, objet de cette chronique, mais aussi Black Label Society le 20 Mars et Apocalyptica en Avril, trois groupes présents au Hellfest 2011.

Anathema, tournée We’re here because we’re here, à la Coopérative de Mai (Clermont-Ferrand)

Les anglais d’Anathema sont connus pour faire partie des trois grands du « Doom-Death Britannique », avec Paradise Lost et My Dying Bride, groupe que nous avions vu au Hellfest 2010. Ceci dit, ils se sont bien assagis, et tirent énormément vers le Rock Progressif. Pour ma part, je les ai découvert avec Alternative 4, un album de 1998 que je trouve très « goth ». Enfin, je voulais les voir en live depuis longtemps, et c’est chose faite. La Coopérative semble être une assez grande salle, mais les gradins ont été fermés au public, ne laissant que la fosse. Au final, la salle doit pouvoir accueillir seulement quelques centaines de personnes. On est loin de l’Elysée Montmartre et il sera donc extrêmement aisé d’être au deuxième rang sans se fouler.

Le show commence avec Petter Carlsen, qui est seul, avec sa guitare pour faire la première partie. Il joue une sorte de rock assez mélancolique, et plutôt progressif. Si vous voulez mon avis, c’est du James Blunt à la guitare. Non pas que je déteste, mais je n’apprécie pas plus que cela, et pour une première partie supposée « chauffer la salle », c’est plutôt raté. Le set est assez court, le gars a une jolie voix et joue pas trop mal de la guitare, mais voilà c’est tout.

Clover Seeds arrive ensuite sur scène. Il se trouve que le groupe est français, et même carrément originaire de Clermont. Ils sont donc à la maison. Ici, on est déjà plus dans l’ambiance. En effet, c’est du rock voir metal progressif que nous servent là les français, qui colle parfaitement au style d’Anathema. Malheureusement le jeu de scène est à la limite du potable, très statique. Heureusement que le chanteur est communicatif. Le groupe alterne des compos assez lentes avec d’autres plus énergiques, tout en réussissant à placer quelques grunts ou chants plus extrêmes de ci de là.  Le son est clair, les solos sympas, bref, une bonne première partie que je réécouterais sur CD à l’occasion.

CloverSeeds, tournée Anathema à la Coopérative de Mai, Clermont-Ferrand

Chanteur de CloverSeeds

Ceux qu’on attend cela dit, ce sont bien entendu les anglais. Anathema arrive sur scène avec le premier titre de leur dernier album : Thin Air de We’re here because we’re here. Je dois vous avouer un truc, bien qu’extrêmement encensé par la presse, je n’aime pas spécialement leur dernier album. C’est trop mou à mon goût. Autant vous dire que cette entrée ne m’a pas palpité plus que cela. Et pourtant. Les morceaux assez légers et rocks du dernier album prennent une toute autre dimension en live. Ils sont beaucoup plus sombres, les guitares et la basse sont plus en avant, et je retrouve la l’ambiance d’Alternative 4. Une ambiance sombre et mélancolique, à deux doigts du suicide diraient les neophytes.

Et heureusement, car ils vont jouer le nouvel album en entier, de A à Z , enfin, plutôt de Thin Air à Hindsight. Et c’est là qu’on se rend bien compte que cet album est un tout. Je suis totalement partiale, mais j’adore la voix de Vincent Cavanagh, le guitariste et chanteur du groupe. Peu de chanteurs savent mettre autant d’émotions dans leurs morceaux, passant de la joie à la peine, du murmure au cri. C’est un grand chanteur. Bon guitariste aussi, mais sur plus de la moitié du concert, il sera privé de guitare pour cause de problèmes techniques. Tant pis, le groupe jouera sans, et somme toute cela passe plutôt bien.

Les morceaux s’enchaînent, et l’album se termine. Pendant l’heure qui suit (oui car le set d’Anathema durera 2h30), le groupe va s’intéresser à des morceaux plus anciens. En tout honnêteté, je ne les connaissais pas tous, mais  on sent clairement la différence entre les albums plus « anciens » et le dernier, qui est beaucoup plus achevé au niveau de la compositions. j’ai rêvé, jusqu’à la toute fin du set, d’entendre Empty, qui est le morceau qui m’a fait découvrir le groupe. Il n’y sera pas.

Vincent Cavanagh, Anathema, tournée We’re here because we’re here, à la Coopérative de Mai (Clermont-Ferrand)

Vincent Cavanagh, chanteur et guitariste d'Anathema

Par conte, le final est une véritable apothéose. Enfin, nous aurons d’abord droit à un interlude acoustique sur une reprise de Parisienne Moonlight par Danny Cavanagh seul à la guitare (frère ainé du chanteur, le bassiste étant lui le jumeau du guitariste, le groupe est en fait une affaire de famille). Une chanson très folk, très traditionnelle et gérée d’une main de maitre. Il est doué le Daniel.

Et puis, après, ce n’est que du bonheur. Le groupe revient sur A Natural Disaster, qui voit Vincent en duo avec la chanteuse Lee Douglas. Elle est présente sur quelques morceaux mais démontre là la beauté de sa voix, et son chant légèrement irlandais est de toute beauté. Le morceau est très chargé en émotion, et ce n’est pas Closer, avec ses vocoders et sa froideur qui va faire retomber l’émotion. Anathema montre là sa puissance, sa capacité à transmettre des émotions et à créer des ambiances. C’est très fort.

Et puis, pour finir, les premières notes de Shroud of False, l’introduction de Alternative 4.  Que dire. Et Shroud qui monte, qui monte, pour introduire Fragile Dreams, un morceau que j’adorais sur l’album mais qui prend là une toute autre dimension. De la rage, du désespoir, de l’énergie, de la mélancolie, Fragile Dreams est tout ça et bien plus encore. Il n’y a pas de mots pour le décrire et je sais que le groupe vient là de placer la barre très très haut. Peu de concerts ont réussi à autant me toucher.

Anathema ne jouera que ces deux morceaux d’Alternative 4, mais je ne suis même pas restée sur ma faim, tellement Fragile Dreams fut intense. Le groupe sera au Hellfest 2011, nul besoin de vous dire que j’y serais.

Une ambiance sombre et mélancolique, à deux doigts du suicides diraient les neophytes.

Les Mystères de Harper Connelly est une série écrite par Charlaine Harris, qu’on connait surtout pour La Communauté du Sud, série plus connue sous le nom de True Blood depuis son adaptation sur le petit écran. Si cette série populaire est de l’Urban Fantasy très Bit-Lit, Harper Connelly est plus du Policier savamment mélangé au Fantastique. Le premier tome, Murmures d’outre-tombe a été  publié en anglais en 2005, et J’ai Lu vient tout juste de sortir le premier tome en Français, avec une traduction de Sophie Dalle.

Murmures d'outre-tombe, Les Mystères de Harper Connelly Tome 1, de Charlaine Harris @ if is Dead

Harper Connelly gagne sa vie d’une manière un peu particulière. Depuis qu’elle a été frappée par la foudre, elle « sent » les morts. Elle est capable de retrouver un corps, et de sentir les derniers instants de vie de celui-ci. Accompagnée de son demi-frère Tolliver, elle parcourt les États-Unis au fil de ses missions. Quand elle arrive à Sarne pour retrouver le corps d’une adolescente disparue, elle est loin de se douter qu’elle va se retrouver mêler à une sombre affaire de famille.

La Communauté du Sud ne m’a jamais convaincue. J’avais un mauvais apriori sur Charlaine Harris, jusqu’à lire la nouvelle qu’elle a écrit pour l’anthologie Crimes au Clair de Lune que je vous ai présenté y a quelques jours. Et la surprise fut presque totale quand j’ai découvert que Harper Connelly était à milles lieues des aventures de Sookie Stackhouse. Ici,on a une vraie enquête, pas juste une excuse. La vie de Harper Connelly est intimement liée aux enquêtes policières bien qu’usuellement, elle se contente de retrouver le corps. Ici, le personnage est une fille assez normale, ni trop bête ni trop intelligente, avec ses failles et son pouvoir qui la rend physiquement assez faible. Si habituellement les premiers tomes sont surtout une excuse pour présenter les personnages, ici il n’en est rien. C’est une vraie histoire avec une vraie enquête. Nous sommes plus proches d’une Vicky Nelson que d’un True Blood.

Grave Sight, Harper Connelly, de Charlaine Harris

Couverture originale aux U.K.

Et ça, j’ai adoré. Sarne semble être une de ses villes mornes d’Amérique, ou tout le monde se connait et où les secrets de famille sont assez lourds. Du coup l’ambiance est tout sauf gaie. C’est oppressant, et surtout extrêmement prenant. On mène l’enquête avec Harper, et bien que cela soit un poil léger pour les amateurs de Policier, c’est assez honorable, en tout cas plus que ce qu’on a l’habitude de voir dans ce genre d’enquêtes paranormales. Le don de Harper est très intéressant, sa manière de ressentir les morts, mais du coup, ca n’est pas non plus très gai. Moi qui m’attendait à un truc léger pour la détente, je dois dire que ce ne fut pas réellement le cas.

Murmures d'outre-tombe, Les Mystères de Harper Connelly Tome 1, de Charlaine Harris @ if is DeadLe style lui par contre reste assez quelconque. Charlaine Harris a une écriture simple et direct. Pas de fioritures, et ici je trouve que cela colle. Le style est en quelque sorte effacé pour laisser place à l’histoire. Cependant, ce n’est pas pour cela que l’ambiance est absente au contraire. C’est oppressant et on est vraiment avec Harper, totalement piégée à Sarne.

Murmures d’outre-tombe est un roman de 300 pages, ce qui me semble assez idéal, pas trop long il évite l’ennui, pas trop court il permet de mettre en place les personnages et une intrigue honorable. Je ne sais pas si les tomes grossissent par la suite, mais en tout cas, Les Mystères de Harper Connelly promet le meilleur. C’est une excellente surprise qui m’a fait changer d’avis sur Charlaine Harris, et je sauterais sur le tome 2 dès que l’occasion se présentera. A noter qu’apparemment, les droits du roman ont été achetés et qu’une série télévisée en soit prévue.  Je vous conseille vraiment cette série qui est un vrai coup de cœur pour cette année 2011.


Tron de Steven Lisberger

dabYo dans Critiques, Films le 4 mars 2011, avec 8 commentaires
Critiques

Lorsqu’on parle des films de Science Fiction des années 80, l’exemple qui vient tout de suite à l’esprit est Star Wars, qui est sans aucun doute la série la plus connue et celle dont l’univers s’est le plus étendu par la suite. Mais à côté de ça, on retrouve de nombreux autres films, qui sont plus ou moins marqué la postérité. Parmi eux, Tron de Steven Lisberger, un film qui a marqué les mémoires et dont l’esthétisme très particulier fini toujours par réapparaitre. Ce film, nous ne l’avions jusqu’à présent jamais vu, aussi avec la sortie récente de sa suite, Tron: l’Héritage, nous avions envie d’y jeter un œil, histoire de voir si on n’allait pas en profiter pour faire un saut au cinéma. Alors, 30 ans plus tard, ça donne quoi, Tron ? Commençons par un synopsis.

Tron de Steven Lisberger

Dans un monde plus ou moins futuriste, les jeux vidéo sont devenus l’un des passe-temps favoris des jeunes. Ces jeux sont programmés par des concepteurs en informatique, et parmi eux il y a Flynn, un des meilleurs joueurs de jeux vidéo, mais surtout concepteur. Il est en effet à l’origine des jeux vidéo les plus populaires, sauf que ses codes sources ont été volés et sa paternité usurpée par un homme qui est très vite devenu puissant et redouté. Pour empêcher que quiconque découvre sa supercherie, il a développé un programme doté d’une I.A. qui intègre et assimile le comportement de tous les autres processus.

Cette chronique va être difficile à écrire pour la simple et bonne raison que, contre toute attente, j’ai été très déçu par le film. Et faire une chronique d’un film aussi populaire dans un certain domaine est toujours difficile. Il va donc falloir être très complet et expliquer pourquoi à toutes ces personnes qui crieront bien vite au scandale, à mon manque de goût certain ou à ma mauvaise foi chronique. Et pourtant, je le dis simplement, aujourd’hui voir Tron est tout sauf quelque chose que je qualifierai d’enchantant, et ne parlons même pas d’agréable. Je me suis même plutôt ennuyé.

Tron de Steven Lisberger

Deux processus, dans un environnement complètement calculé. Les lignes permettent d'oublier que les textures n'existaient pas à l'époque.

On passe bien entendu sur le côté vieillot des années 80 concernant l’informatique et les jeux vidéo de l’époque. Il serait idiot de reprocher ça alors que le film n’y est pour rien. Tron c’était l’époque des premiers effets spéciaux, mais surtout le premier film à utiliser des environnements complètement calculé. A l’époque, la technologie étant peu avancée, l’esthétique était à désirer, du coup cet élément a été intégré à l’histoire du film de façon habile, grâce à la mise en scène de l’univers des programmes. En effet, on va vite découvrir que l’informatique est, dans Tron, un vaste monde dans lequel, à l’image des hommes, les processus vivent et interagissent entre eux. Les processus y étant alors représentés et joués par des humanoïdes. Alors que le monde réel ressemble à celui de n’importe quel film, l’univers des processus est lui un environnement calculé en 3D (effets spéciaux) dans lequel se baladent nos acteurs vêtus de combinaisons bizarres.

La plus grande qualité du film, c’est bien entendu cet univers, un univers que trente ans plus tard on découvre toujours avec plaisir, et qui a fait sourire les informaticiens que nous sommes. Cette idée de créer un univers et des lois à partir des processus et autres que l’on retrouve sur les réseaux et ordinateurs était vraiment bonne et intéressante. A vrai dire, elle m’a surpris, car elle est la preuve d’une assez grosse prise de risques de la part de Disney pour ce film là. Mettre en scène un univers créé à partir des bases de l’informatique pour symboliser une quête vers la liberté et la fin d’une oppression est quelque chose d’assez couillu qui, aussi étonnant que ce soit, serait très étonnant aujourd’hui. Paradoxalement, alors qu’aujourd’hui les technologies font parti du quotidien, les films ne s’en servent plus que comme des outils, ne donnant jamais d’informations sur le pourquoi du comment.

Tron de Steven Lisberger

Très rapides, les scènes de course en moto devaient être très impressionnantes à l'époque sur le grand écran.

Mais c’est presque là la seule force du film. Alors que Star Wars pouvait compter sur le jeu d’acteur de Harrisson Ford, on ne retrouve aucun acteur très marquant. Ils sont effacés, que ce soit ceux jouant les personnages de la « vraie vie », ou ceux qui incarnent des processus. Hormis le héros, Flynn joué par Jeff Bridges,aucun ne possède une réelle personnalité, ils ne donnent que l’impression de faire figuration, que ce soient les gentils ou les méchants. Une mention spéciale pour l’acteur de Tron, Bruce Boxleitner, qui réussit l’exploit d’avoir été totalement oublié en moins de deux jours. Le personnage MCP non plus ne restera pas dans les mémoires, loin d’un Dark Vador, et ses soldats sont aussi ridicules que les Stormtroopers. Bref, le plus dommage au final étant que Flynn semble être un simple « copycat » de Han Solo.

A vraie dire, je ne sais pas si c’était le cas à l’époque, mais cette ressemblance avec la série de George Lucas est assez déroutante. La comparaison est tellement facile qu’il est difficile de ne pas y voir une grosse inspiration, voir une tentative de surfer sur la vague, comme Disney l’a fait 20 ans plus tard en sortant Narnia suite au succès des films sur Le Seigneur des Anneaux. Des processus oppressés par un empereur, une sorte d’élu qui part le combattre dans son quartier générale… Oui, il est difficile de ne pas y penser.

Tron de Steven Lisberger

Là aussi, on retrouve quasiment le même triangle amoureux que dans Star Wars.

Malheureusement, la narration du film est assez difficile à suivre et semble manquer de logique et de fluidité. Cela vient peut être des différents mots techniques employés plus que d’erreurs, je ne sais pas, mais on se demande tout au long où ils vont et pourquoi ils y vont. Alors que le début du film nous enchantait, il fini vite par trainer en longueur et l’ennuie s’installe, peu à peu. Les combats, présents à la fin pour relancer l’intérêt du spectateur sont assez mous, et les sabres lasers ont laissé leur place à des… Frisbees. Oui, des frisbees. De même, la mort de personnage laisse plus de marbre qu’autre chose, comme si l’on se trouvait face à un bon vieux nanar.

Bref, je m’arrêterai là car j’ai l’impression de taper sur un vieillard, qui est déjà à terre qui plus est. Il faudrait aussi que je parle des valeurs qu’apporte le film, et notamment l’état d’esclave qu’ont les processus, notamment lorsqu’ils sont soumis à des courses ultra rapides pendant lesquelles ils peuvent mourir, pour le bon vouloir des hommes qui jouent aux jeux-vidéo. Il y a aussi des notions de religion, notamment avec la croyance ou non en les concepteurs. Mais ce sont des notions survolées, qui apportent des sujets de débat sans vraiment les approfondir.

Tron de Steven Lisberger

Franchement, il y avait quand même largement de quoi faire des armes plus sexy.

Au final, si vous connaissez l’esthétique de Tron sans l’avoir vu, et que l’informatique ne vous intéresse pas, je ne vous conseillerai pas de le voir. Il y a des films cultes qui finalement sont bons à ne pas avoir vus. Bien sûr, ce film est une pierre importante de la Science-Fiction sur grand écran, mais finalement, je préférerai presque ne pas l’avoir vu. Voir Tron aujourd’hui, c’est sans doute comme voir Avatar dans 30 ans.


Après avoir lu le recueil de nouvelles de Mélanie Fazi, j’ai décidé d’entamer un autre recueil: Crimes au Clair de Lune. Cette fois ci, il s’agit de 20 auteurs et 20 histoires, bien que pour des raisons marketing, ce livre est exclusivement marketé sur le nom de l’auteur de True Blood, Charlaine Harris. Pas de synopsis donc, sachez seulement que le point commun de toutes ces nouvelles, c’est le crime et le surnaturel.

Crimes au Clair de Lune, recueil dirigé par Charlaine Harris

Comme toujours, on peut admirer les éditions Michel Lafon qui ont fait de ce livre un objet de toute beauté, avec une matière incroyablement douce. Nous avons donc 20 nouvelles, faisant chacune entre 10 et 20 pages. A noter que toutes sont inédites et ont été écrites expressément pour ce recueil. Bien que certaines se déroulent dans des univers déjà exploités, celle de Charlaine Harris dans l’univers de la Communauté du Sud par exemple, on n’est à aucun moment dépaysé ou laissé pour compte.

Et on retrouve là généralement tout le contraire de ce que j’avais lu avec Fazi : de vraies histoires. Ce sont de vraies nouvelles, avec une problématique et sa résolution. Certains y arrivent plus facilement que d’autres, mais j’ai trouvé l’ensemble des nouvelles très bon. Si évidemment certaines m’ont plus plu, c’est plus par goût personnel que parce qu’elles étaient meilleures. La  qualité est égale, tout comme le style. Effectivement, c’est apparemment Florence Mantran qui a traduit toutes les nouvelles, de ce fait, on assiste à une uniformisation du style. Je pense que cela doit être très diffèrent dans la version originale, car du coup, outre l’histoire, il est difficile de différencier les auteurs.

Contrairement à ce que laisse penser la couverture, le vampire n’est pas le seul représenté, on a droit aux animaux-garous, aux fantômes, aux sorciers, etc. C’est assez vague, et représente à mon avis bien tout ce que l’on peut trouver dans l’univers fascinant de la Bit-Lit. On sent que certains auteurs sont plus « policiers » et d’autres plus « fantastiques », mais dans l’ensemble , ils s’en sortent tous bien.

Crimes au Clair de Lune, recueil dirigé par Charlaine Harris

La couverture initiale de la V.F., qui fait clairement penser que ce recueil fait parti de la série La Communauté du Sud

Le recueil recèle certaines perles, comme ce fantôme d’un trader, ses e-mails de l’au-delà, des loups-garou dans les années de guerre, cette grand-mère qui voit les morts trois jours avant leur décès … Y comprit la nouvelle de Charlaine Harris. J’ai beaucoup critiqué sa série la Communauté du Sud pour être trop axé sur la romance, or elle prouve là qu’elle est tout à fait capable d’écrire des nouvelles d’action, bien plus recherchée que les aventures de notre serveuse blonde.

Autre point intéressant, les nouvelles se déroulent toutes ou presque dans notre siècle (enfin le XXème ou le XIXème), les époques sont assez variées, et plusieurs sont très ancrée dans notre génération, Facebook et autres sont monnaie courante. Un vrai plus pour l’immersion.

Crimes au Clair de Lune, recueil dirigé par Charlaine HarrisAvec ces petites nouvelles le texte se lit très rapidement. Bien qu’il n’y ai rien de réellement choquant, ne vous fiez pas à certains magasins qui le placent rayon jeunesse, il y a bien assez de maturité pour être destiné à un adulte. Et d’ailleurs au vu de certains thèmes, je pense qu’il n’a rien à faire en jeunesse.  Le roman permet de découvrir de nouveaux auteurs, je n’en connaissais aucun hormis Charlaine Harris évidemment. Je regrette simplement que la bio de chaque auteur soit située à la fin du bouquin et non avant chaque nouvelle !

Au final, Crimes au Clair de Lune est un recueil sans mauvaise surprise, d’une qualité égale, mené d’une main de maitre et plein de bonnes nouvelles. A acheter sans hésiter.