Le Fléau des Morts de Z.A. Recht est un roman typé Horreur, paru en 2010 aux éditions Eclipse et traduit par Fabrice Joly. La version originale date de 2006, c’est le premier tome de la série Le Virus Morningstar, titré Plague of the dead en version originale. Cette série compte deux volumes, et il n’y en aura pas plus l’auteur étant malheureusement décédé en 2009. Quid de ce roman donc ? Synopsis.
- Année:2010
- Auteur:Recht Z.A.
- Editeur:Eclipse
- Genre:Science-Fiction
- ISBN:9782362700156
- Série:Le Virus Morningstar
- Titre:Le Fléau des Morts
- Titre V.O.:Plague of the dead
- Tome:1
- Traducteur:Joly Fabrice

Un virus apparait en Afrique, il passe au début pour une percée du cannibalisme vers les zones urbaines avant de se répandre comme une sorte de rage qui a la particularité de ramener les infectés à la vie si on les dézingue. La menace, pourtant connue des services secrets américains, a été une fois de plus sous-estimée et c’est au monde entier que l’infection va se propager.
Durant le roman on va suivre deux groupes de protagonistes. L’un a pour tête de file une scientifique qui a identifié la maladie avant tout le monde. Dans ces parties, c’est au gouvernement américain que la critique s’attache: jusqu’où peut on cacher des informations au public ? Le gouvernement peut il avoir recours aux pires bassesses si c’est dans l’intérêt de la nation ? On retrouve dans cette partie des séances en cellule avec torture à la clé, ça reste soft, mais quand même. Alors même que le monde s’écroule sur ses fondations, il y a bien un truc qui ne bouge pas de ses racines, inébranlables, les institutions gouvernementales. A vrai dire, cela ne me surprendrait pas si cela se passait ainsi alors qu’une catastrophe du genre arrivait. L’autre groupe est résolument plus tourné vers l’action. C’est un groupe de soldats que l’on va suivre de la bataille de Suez jusqu’à leur retraite sur les côtes américaines.
Durant ces passages là, ça défouraille du zombie en masse et Z.A. Recht se débrouille plutôt bien pour décrire les séquences de combats. C’est fluide, compréhensible malgré un grand nombre de « figurants », et surtout haletant. Une vrai fuite en avant où la logistique, surtout son absence, est une menace à part entière. Munitions, nourritures, transports, tout devient problématique et les difficultés sont gérées efficacement par la narration de l’auteur. A tel point que l’on a peur que nos personnages vident leurres dernières cartouches au beau milieu d’une fusillade, haletant comme je l’ai dit.

Parmi les nombreux personnages, un m’a vraiment marqué. C’est l’un des soldats, qui pour les connaisseurs, a des allures de Caporal Blutch des tuniques bleues. C’est sans doute celui qui a le comportement le plus humain de la bande, pas spécialement courageux mais un peu inconscient et totalement dépassé par les évènements, c’est celui auquel on peut le plus facilement s’identifier. Les protagonistes stéréotypés sont bien sûr présents, le général paternaliste, la journaliste fouineuse, et j’en passe. Au rang des personnages atypiques, on retrouve un garde de sécurité d’un aéroport d’Afrique qui va rejoindre le contingent de soldats et qui fait un peu renfort et mascotte. Il n’était jamais sorti d’Afrique avant et c’est un œil nouveau qui découvre le vaste monde, bien sympathique donc. Une galerie de personnages qu’on prend plaisir à suivre dans leurs tribulations.
L’ambiance fin du monde n’est pas spécialement mise en avant, les protagonistes passant par des zones plutôt désertiques, on n’a pas le droit aux habituelles scènes de destruction urbaines à grande échelle. Ça a au moins le mérite de nous changer. Le passage sur le porte-avion s’en sort plutôt bien niveau claustrophobie, avec un huis clos assez stressant pour les participants. Les « zombies » sont aussi différents des habituels. Au lieu d’un virus qui tue et ranime ses victimes avec des pulsions cannibales, la maladie s’attaque aux vivants en une sorte de rage que la mort n’arrête pas. Ça donne des séquences plus action qu’avec des zombies classiques vu que les vivants peuvent courir.
Comme je l’ai dit en introduction, Le Virus Morningstar est une série qui compte deux volumes. Les perspectives d’évolution de l’histoire laissent à penser que le prochain tome sera un road-movie à base de survie en territoire infecté. Ce qui n’est pas franchement une perspective réjouissante, je trouve, niveau histoire, mais attendons de voir ce que Z.A.Recht nous a préparé.
Bien que ce ne soit pas le meilleur roman de zombies que j’ai pu lire, Le Fléau des Morts est tout de même un bon roman, que j’ai apprécié et que je conseille. Si comme moi vous êtes dans une période ultra-Zombies, c’est idéal pour compléter votre collection. Pour ceux à qui les débordements d’héroïsme, poussant parfois au sacrifice, donne des renvois, je vous conseillerai d’éviter ce roman. De même si vous ne supportait pas l’américanisme de base.





Enfin la différence de rythme de l’intrigue m’a aussi un peu déplu. Alors que la première partie (avant la rencontre des deux femmes) est relativement lente et descriptive, la suite enchaîne action et combat très vite, bien trop vite. On a presque l’impression de sauter des passages tant les choses ne sont plus expliquées, ou trop succinctement. De la même manière, et alors qu’on avait des descriptions sans intérêt notable au début, on aimerait ici avoir des détails sur certains endroits, personnages ou rites au lieu de juste les survoler. Malgré cela j’avoue avoir été surprise par le dénouement, pas tant par son originalité mais par son explication très logique. 

En réalité le livre doit tout à l’univers et à son coté loufoque. C’est un journal intime écrit par Emily, et à travers la plus de 
Les thèmes, s’ils restent tous autour du 



J’ai l’impression d’avoir dit beaucoup de mal mais comprenez moi, à la fin du premier chapitre j’avais la foi, il y a plein de bonnes idées qui se baladent et qui sont gâchées par la narration bazardélique. La déception a fini par laisser la place à l’agacement pendant la lecture rendant ma progression calamiteuse. Heureusement pour les pauvres lecteurs que nous sommes, l’auteur redresse la barre sur la fin pour nous offrir un final qu’on ne sentait pas venir et qui, contrairement au reste du bouquin, est extrêmement bien amené. Les seuls passages valant vraiment le coup selon moi sont ceux qui se déroulent dans les ruines incas qui sur la fin deviennent géniales.

Cependant il est regrettable que l’ensemble de l’ouvrage n’est pas été visuellement traité de la même manière. En effet, jusqu’à la fin des livres poétiques, les pages ont une belle couleur parchemin beige foncé et l’ensemble des illustrations restent dans des dominantes automnales rendant l’ensemble très apaisant.

Du coup, c’est un final en demi teinte qu’offre 

Chacun peut trouver dans ce livre de quoi lui plaire tellement les histoires sont variées. Comme je l’ai déjà dit, j’ai seulement moins apprécié une ou deux nouvelles, ce qui est assez rare pour être souligné, vu le nombre de nouvelles. C’est aussi rare qu’un livre me fasse ressentir tant d’émotions contradictoires, car on passe de la joie à la tristesse en un instant.



