Vendredi soir, j’étais invitée à la soirée G3 dans les immenses locaux parisiens de Microsoft. G3 ? Qu’est-ce ? Une soirée, geek gameuse and girly (je suis pas sure de l’ordre) organisée chez le géant de l’informatique par deux blogueuses, poc et Krysstales. Une vingtaine de filles, blogueuses beauté ou jeux vidéo majoritairement, étaient invitées. Au programme des ateliers cosméto, mais surtout la possibilité de s’essayer à Kinect, le nouvel accessoire de l’américain pour sa Xbox 360, qui est ce qui nous intéressait le plus ici.

Soirée G3 - Kinect chez Microsoft

Photo de Akikazu

J’ai évidemment pu faire connaissance avec des bloggeuses que j’apprécie au cours de la soirée, découvrir des gens, mais aussi jouer. Kinect, ex Projet Natal, sort le 10 novembre et la machine marketing du géant est entrain de se mettre en route. Car le produit est surtout la réponse, quelques années plus tard, à la Wii de Nintendo et a donc pour but d’élargir le public de la 360. Autant dire que c’est quelque chose d’important pour la division jeux vidéo de Microsoft. Kinect, pour ceux qui l’ignore, c’est une sorte de caméra qui reconnait les gens, les mouvements et donc permet de jouer sans aucune manette, d’où le titre et le slogan publicitaire c’était moi la manette. Bref, une expérience de jeu nouvelle, en plein phénomène de motion-gaming.

Lors de sa sortie, il sera accompagné par 6 jeux, Kinect Adventures, Kinect JoyRide, KinectAnimals, Kinect Sports, Kinect Dance Central, Your Shape : Fitness Evolved. Les six étaient jouables et je les ai un peu tous testé. Trêve de blabla et passons donc à mes impressions.

Kinect: c’était moi la manette

Kinect sur Xbox 360

Avec Kinect, c’est vous la manette. J’apprécie le principe, et de nouvelles expériences de jeu sont toujours bonnes à prendre. Cependant, le système nécessite pour marcher correctement un minimum de 1m80 de recul, ce qui n’est pas rien. Du coup, il faut quand même un peu de place pour jouer.

Ceci étant dit, j’ai été plutôt épatée de la qualité de la reconnaissance des mouvements, et je n’ai pas vu de bugs à ce niveau de toute la soirée. Du moins, il y’en avait, mais plutôt dûs aux jeux eux-mêmes. Les écueils qui avaient été remarqués aux présentations précédentes vues sur le web me semblent plutôt bien corrigées. Évidemment, il faut un petit temps d’adaptation, et mon premier tour sur Dance Central fut un poil catastrophique, surtout au niveau de la navigation dans les menus. Mais j’ai assez rapidement pris le pli.

Pour jouer de cette manière, et ce bien plus que sur Wii par exemple, il faut vraiment oublier nos habitudes de joueur. Par exemple il n’est pas du tout aisé de mettre un jeu en pause, ou d’accéder au menu start. Pour le faire par exemple, il faut laisser la main en bas à gauche, mais vu que cela ne nous était pas expliqué, ce n’était pas évident du tout à comprendre, ni à en avoir le réflexe. Cependant, la précision de Kinect, et le principe peuvent laisser augurer de bonnes choses … Si les jeux suivent.

Les Jeux sur Kinect

Bien que tous les jeux étaient jouables, j’avoue n’avoir même pas touché à Fitness Evolved, parce que bon, déjà Wii Fit, voila quoi. Kinect Adventures, livré avec la caméra, et Kinect Sports sont des mini-jeux, bref des party games. Les jeux sont vraiment funs dans Adventures, que cela soit la partie plate forme que l’on dirige avec son corps, en sautant pour accélérer, en se penchant pour éviter les obstacles, ou la partie tape taupe ou il faut boucher les fissures de notre sous-marin avec son corps. C’est drôle, c’est ludique… et plutôt physique ! En effet les jeux Kinect nous font volontiers sauter et tout, et j’avoue que je n’étais pas préparée physiquement. C’est assez épuisant même, surtout après une journée de boulot. Le truc, c’est que là en soirée, c’est tip-top, mais sur la durée, je doute de dépasser les 3h de jeu à un truc comme cela… Bref, parlons de chacun d’entre eux.

Joy Ride

Joy Ride, c’est un Mario Kart sans Mario, mais avec exactement le même principe. Cependant, conduire sans rien dans les mains, ça ne m’a pas spécialement emballée, c’est moins naturel que les jeux de Adventures. Et puis je suis évidemment affreusement mauvaise comme dans tous jeu intégrant des voitures.  On repassera un peu pour l’originalité, malheureusement. On note un mode acrobatie où l’on est sur les ailes d’un avion et où il faut faire des figures… Sympa pour des photos délires, mais là encore c’est tout, ça reste un jeu auquel on ne jouera que deux fois, et encore.

Kinectimals

Kinectimals sur Xbox 360 Kinect

Suit ensuite Kinectimals, un jeu où l’on éduque, à priori, un bébé félin. Niveau modélisation, c’est de toute beauté. La panthère noire est juste sublime de réalisme, les poils sont tellement réels. Mais malheureusement, c’est tout. Le jeu est dédié aux plus jeunes, sauf que je me suis retrouvée bloquée, avec une poupée dans la main, sans comprendre ce que je devait faire avec, ou avec des bugs, et j’ai peiné à revenir au menu. Bref, pour un truc destinés aux jeunots, c’est assez impraticable, et laborieux à jouer.

KinectSport

Wii pardon, KinectSport propose le titre de sports à la sauce party game. Du Beach Volley au Tennis de Table. A ce niveau, Kinect apporte un plus, car il situe bien le joueur dans l’espace et donc demande une certaine synchronisation pour renvoyer la balle par exemple. Cependant, les bugs dans le jeu ne sont pas absents (personnage qui devient transparent quand on saute…), est ce dû à la caméra ou au jeu en lui même ? Là encore, c’est très sympa pour une soirée entre amis. Petit bémol, on ne peut jouer qu’à deux …

Dance Central

Mais le vrai jeu qui tue, c’est Dance Central, développé par les créateurs de la franchise Guitar Hero et Rock Band, le but est de recopier la chorégraphie montrée à l’écran. C’est juste ultime, et méga physique. Il y avait 6 chansons de disponibles, 40 dans la version finale, du plus simple (Poker Face de Lady Gaga) au plus compliqué. Et je peux vous assurer qu’en enchainer deux à la suite relève déjà de l’épuisant. Là dessus, il n’y a pas à dire, c’est juste génial.

Dance Central sur Xbox 360 - Kinect

Contrairement à un DDR il n’y pas à sauter de trop (donc pas de problèmes avec les voisins), et contrairement à Just Dance, il n’y pas de wiimote à tenir, ni de mouvements qui peuvent paraître saccadées à exécuter. Les chorégraphies sont plus ou moins facile à réaliser, suivant les morceaux. Ces derniers n’appartenaient pas à mes gouts musicaux, mais il faut dire que les chorégraphies sont bien faites, facile à comprendre.

Je regrette qu’on ne puisse pas réellement jouer à plusieurs dessus en même temps. En effet, la possibilité de danser à trois existe, cependant, seul le premier joueur dit danseur principal a son propre score. Les autres peuvent faire les chorégraphies des danseurs de fond, de là à penser que leurs mouvements ne sont même pas traités par la console, il n’y qu’un pas. Dommage aussi pour l’esprit de compétition.

Outre le coté évidemment fun, c’est sportif, et ça fait travailler la coordination. Si vous êtes mauvais (comme moi) la console vous entoure de rouge le ou les endroits que vous bougez mal. Il y’a aussi un didacticiel qui vous aide à décomposer les mouvements.

C’était moi la manette… Oui, mais demain ?

Dance Central est à mon avis le seul vrai jeu de cette sortie. Au final, cette sortie, c’est un peu ce que l’on redoutait. Un jeu intéressant, beaucoup de casual, mais surtout du casual à la rejouabilité peut être pas géniale. Le problème c’est que la Wii est bien installée, et dans plusieurs cas, j’ai du mal à voir l’intérêt et la valeur ajoutée des sorties Kinect comme Joy Ride ou Sports quand le public cible possède déjà bien souvent la Wii.  Heureusement, des jeux plus gamers sont annoncés, comme le Star Wars ou le successeur de Rez, Children of Eden, que nous attendons ici de pieds fermes.

Pour ma part, à l’heure actuelle, Kinect ne me convainc pas assez pour l’acheter. Par contre, je jouerais avec si l’une de mes connaissance le fait. Le principe est sympa et propose de bons concepts qui peuvent être géniaux si bien exploités. Il est temps désormais de voir ce qui sortira dessus.


Wyrïmir, Dwarf Tome 1, de Shovel et Dimitri Fogolin

Serafina dans BD, Critiques, Livres le 26 octobre 2010, avec 1 commentaire
Critiques

Dwarf est une BD française dont le premier tome, Wyrïmir, vient de sortir aux éditions Delcourt, dans la collection Terres de Légendes. On retrouve Shovel au dessin ainsi que pour le scénario, et Dimitri Fogolin à la couleur. J’ai reçu cette BD dans le cadre de l’opération Masse Critique de Babelio. Elle est sortie le 1er Septembre 2010, donc c’est très récent. Comme son nom l’indique, cela parle de Nains. Synopsis ?

Wyrïmir, Dwarf Tome 1, de Shovel et Dimitri Fogolin

Oth est un nain, il est né marqué. En pratique, cela veut dire, qu’il est désigné traitre à sa race, et qu’il doit mourir. Son père doit le tuer de ses propres mains. Sauf que le brave nain en est incapable. Il part donc de son pays pour élever son fils dans la forêt. Fils qui s’avère être l’Élu, et prétendant au Trône des Nians. Accompagné d’un crapaud et de la forêt, sa quête commence.

Au niveau de l’histoire il faut bien le dire, on est dans des clichés de l’Heroic-Fantasy de base. Il y a un élu, qui va renverser le vilain roi, et va se faire aider des peuples opprimés. Les fans apprécieront, pour ma part j’aurais préféré un scénario un poil moins conventionnel. Heureusement, le fait d’utiliser les nains comme peuple principal contrebalance un peu les choses, car les œuvres qui leur sont consacrées restent rares.

Wyrïmir, Dwarf Tome 1, de Shovel et Dimitri Fogolin

La civilisation naine est intéressante et augure potentiellement de bonnes choses. De même, l’histoire part rapidement, on ne met pas trois tomes à savoir qu’il est l’enfant de la prophétie. Il n’y a pas de longueurs et le rythme reste soutenu d’un bout à l’autre de l’ouvrage. On note aussi quelques scènes de combat assez imposantes et bien réalisées.

Comme souvent en BD, il est difficile d’évoquer le possible relief des personnages, car ils restent somme toute assez peu développés, difficile de faire beaucoup de choses en 52 pages. On notera quand même la présence d’animaux « humoristiques » que j’ai apprécié et qui donnent un petit coté léger à l’histoire. Il y a aussi pas mal d’éléments à peine évoqués (notamment à propos des sylves, ou de la résistance) qui je n’en doute pas, seront creusés dans la suite. Le premier tome s’arrête évidemment sur une fin ouverte, vu qu’un deuxième est prévu. A mon avis cependant, la série sera courte, deux ou trois tomes, car l’histoire progresse vite.

Wyrïmir, Dwarf Tome 1, de Shovel et Dimitri Fogolin

Le dessin de Shovel est bon, surtout au niveau des décors et des perspectives, mais je suis plus perplexe sur les personnages. Les sylves (des elfes quoi) sont quand même très masculins et assez raides. Dommage, à mon avis, des courbes et un trait plus « féminin » auraient été intéressants. La BD se lit aisément, on comprend bien les scènes, c’est fluide et le découpage est dynamique. Un petit mot aussi au niveau de la couleur, réalisée par Dimitri Fogolin. Les couleurs sont de toute beauté, et les ambiances colorées des pages sont intenses. La couleur sert vraiment l’œuvre et rattrape certaines faiblesses du dessin. Bref, il s’agit là d’un duo réussi.

Wyrïmir, Dwarf Tome 1, de Shovel et Dimitri FogolinAu final, Dwarf c’est une bande dessinée sympathique, mais que je ne conseillerais pas forcément aux non-amateurs du genre. Le prix restant somme toute assez élevé, bien que dans la moyenne du genre, soit 13€. Le titre souffre des mêmes défauts que la plupart des BD, c’est à dire un prix somme toute élevé par rapport à d’autres médiums, comme le livre ou le manga.

Malgré ses qualités, l’histoire reste assez conventionnelle pour le moment. C’est donc une œuvre à suivre pour voir dans quel sens ca évolue…


Bakuman, Tome 2, de Tsugumi Ohba et Takeshi Obata

Serafina dans Critiques, Livres, Manga le 24 octobre 2010, avec 2 commentaires
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Après un premier tome qui m’a complètement convaincue, je dois dire que j’attendais le deuxième tome de Bakuman au tournant. En effet, le début de ce manga bénéficiait de nombreuses qualités, de la fluidité de la narration au trait sublime, je vous invite d’ailleurs à en (re)lire ma chronique avant de continuer celle ci. Alors ce deuxième tome serait-il à la haute ? Le trait de Takeshi Obata est il toujours aussi beau ? Le scénario de Tsugumi Ohba toujours aussi efficace ? Synopsis.

 Bakuman, Tome 2, de Tsugumi Ohba et Takeshi Obata

Nous retrouvons les deux jeunes japonais Mashiro et Takagi qui désirent toujours aussi fort devenir mangaka. Et pour cela, ils s’adressent à un nom que tous les fans de manga connaissent : le Shonen Jump. C’est le début d’une escalade douloureuse et acharnée vers leur rêve, sans compter qu’un jeune prodige semble leur voler la vedette !

Comme je l’avais dit pour le premier tome, ce manga traite du manga, et nous permet ainsi de découvrir ce qu’il se passe derrière les publications. Obata et Ohba connaissent bien le Shonen Jump, vu que c’est grâce à la publication de ce magasine japonais que leur premier bébé en commun, Death Note, a vu le jour. On sent que les auteurs savent de quoi ils parlent, on découvre ainsi les coulisses du principal acteur du manga japonais. Et quelque part, c’est bien entendu aussi un hommage. On apprend comment les séries perdurent ou périclitent, ainsi que l’importance du vote des lecteurs, sorte d’épée de Damoclès moderne pour mangaka.

Sur un sujet aussi pointilleux, et somme toute technique, Bakuman se classe comme un ovni parmi les Shonen. Même si on commence à retrouver les classiques des Shonen, avec par exemple le grand méchant ou encore ce qui pourrait être considéré comme le rival, on est dans un domaine très spécifique et à mille lieux des clichés. Difficile de ne pas penser à Hikaru no Go dans ces conditions, même type de sujet, et pourtant, on retrouve exactement la même exaltation à la lecture. Il y a là ce petit quelque chose, qui permet de transformer un manga sur le Go ou sur le Manga en monument.

 Bakuman, Tome 2, de Tsugumi Ohba et Takeshi Obata

J’ai trouvé les dessous du Shonen Jump absolument passionnant, et la lecture m’a happée. J’étais avec les personnages, derrière eux, à espérer que leur manga soit reçu. Peut être parce que je dessine, je ne sais pas, mais si vous avez ne serait-ce qu’un petit pied dans le milieu vous serez, je pense, absolument sous le charme. Peut être que cela en ennuiera certains.

Cependant, Bakuman a tout pour séduire les néophytes, le rythme est haletant, et les personnages attachants. Leur quête vers la victoire est intense et surtout réaliste. Évidemment, le trait de Obata y est pour beaucoup, réussissant sans aucun mal à retranscrire le coté épique de la création d’un manga ou d’une BD. Les ébauches de storyboards sont aussi passionnantes que les élaborations de stratégie d’un combat.

 Bakuman, Tome 2, de Tsugumi Ohba et Takeshi ObataOn regrettera peut être un coté trop cliché avec l’arrivée du rival. On a l’impression de croiser un espèce de L 2.0. Comme si les auteurs avaient du mal à se renouveler. C’est dommage car je suis sure qu’ils en sont capables. A moins que cela soit un clin d’œil. On le verra dans les prochains tomes, car il est trop tôt pour juger.

Bakuman tome 2 m’a totalement convaincu. Il continue dans la lignée du début tout en étant plus pointu au niveau de l’industrie du manga. Un manga de passionnés pour passionnés, qui ne manquera pas de séduire tous ceux qui s’intéressent à ce domaine. J’attends avec impatience ma lecture du tome 3, toujours chez les éditions Kana, qui est sorti il y a un peu plus d’un mois.


Plaguers de Jeanne-A Debats

illman dans Critiques, Livres le 21 octobre 2010, avec aucun commentaire
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Plaguers est le dernier roman de Jeanne-A Debats qui vient tout juste de paraître chez les éditions l’Atalante. Je suis abonné à la Science-Fiction chez if is Dead et c’est tant mieux vu que c’est mon genre de prédilection. Vous l’aurez compris c’est bien à ce genre qu’appartient ce roman au titre anglophone. Et si on parlait un peu de l’histoire ? Synopsis.

Plaguers de Jeanne-A Debats

L’humanité est parvenue à trouver une source d’énergie propre, les réacteurs Alyscamps, mais trop tard, des humains changent. Ils acquièrent des plaies, des sortes de mutation. Ces humains sont regroupés dans des réserves et c’est dans la réserve parisienne que Quentin est envoyé en compagnie d’une autre plagueuse, Illya Alyscamps.

Les plagueurs peuvent avoir différents types de pouvoirs. Les élémentaux sont liées aux éléments comme l’eau, le feu, etc… Il y a aussi les botaniques et les animaliers, je vous laisse deviner leurs affinités. L’expression des plaies, puisque c’est comme ça que sont considérés leurs pouvoirs, est fascinante dans leur description. L’auteur a su mettre en place de ce point de vue une caractéristique à ses personnages qui, bien que pouvant paraître banale maintenant avec toutes les histoires de mutants que l’on connait, parvient à surprendre le lecteur. Une sorte de hiérarchie est aussi décrite dans l’univers de la réserve, en la personne des Uns et des Unes, fruit de l’union de deux plagueurs. Plus haut encore, on trouve les multiples. Vous expliquer ce qu’ils sont seraient un poil trop complexes pour ici et vous spoilerait sans doute.

Jeanne-A Debats

Jeanne-A Debats

S’il y a bien un point que partage tout cet écosystème, c’est la haine que leur voue les externes, les humains normaux. On retombe de ce point de vue sur le bon vieux thème du rejet de ceux qui sont différents, une vraie haine rendue à chaque contact des deux parties.

J’en viens aux personnages, notre héros Quentin contrôle l’eau, un ado complètement au quart nord ouest dans sa tête qui passe quasiment plus de temps à faire des activités pour se vider la caboche qu’à penser. En résumé c’est une quasi tête à claques indécise. Illya est plus intéressante, c’est une femme dans un corps d’homme à cause d’une thérapie génique qui était censée faire disparaître sa plaie, plaie qu’elle n’accepte pas plus que ce changement de sexe. Elle est complètement perturbée, et comme on peut s’en douter dès le début, la tension entre ces deux là n’arrange rien. Brahim et Honoré, Fred et Leila sont les deux couples amis de nos nouveaux venus et à six, avec des personnalités bien trempés, ça fait forcément des remous. Leurs discussions tournent un peu trop souvent autour du sexe à mon goût, je sais bien que ça fait vendre mais j’ai eu l’impression qu’on réduisait un peu les rapports entre les personnages à seulement ça. Je suis peut être trop puritain (hahaha la bonne blague). Je passerais sur les Un et les Multiples aux noms difficiles à retenir, heureusement qu’ils sont peu nombreux.

En dehors de la réserve, le décor qui nous est dépeint est un Paris pollué puissance dix, ça sent la fin, un décor post-apocalyptique où l’apocalypse aurait été écologique, les êtres humains étant à peu près tout ce qui reste. Ça fait froid dans le dos. Le contraste est d’autant plus fort avec la Réserve, monde fermé tel un jardin d’Eden délimité par des murs, gardé par des militaires et dont l’air pollué est chassé du sol par une plaie. C’est dans ce décor qu’on suivra la quête d’identité de nos ados, sorte de Loft Story pour adolescents mutants, mais pas spécialement dans le mauvais sens du terme, simplement pour l’image.

Plaguers de Jeanne-A DebatsL’ensemble est fluide et se lit très bien, ça faisait longtemps que je n’avais pas lu un livre aussi vite. L’auteur a un style agréable à lire, on tend vers une simplicité dans la forme plutôt bienvenue. Mon seul bémol serait sur la narration de la fin que j’ai trouvé assez confuse, me faisant penser à un croisement entre l’animé Evangelion et La Musique du Sang de Greg Bear. Au passage, la couverture de Frédéric Perrin est franchement belle, il est d’ailleurs à l’œuvre pour plusieurs des belles couvertures de l’Atalante.

C’est de la Science-Fiction sympathique qui plaira surement aux adolescents. De mon coté je suis quelque peu rebuté par l’expression de la libido refoulée ou non de ces ados en parc, mais si on excepte cette partie, c’est un roman agréable à lire que je peux me permettre de vous conseiller.


Le Roi d’Ebène de Christine Cardot

dabYo dans Critiques, Livres le 19 octobre 2010, avec 1 commentaire
Critiques

Le Roi d’Ebène est un roman de Fantasy de Christine Cardot récemment sorti aux éditions Mnémos. Avec sa superbe couverture signée Vincent Dutrait, plutôt originale, difficile de ne pas cerner dès le début l’univers dans lequel on risque bien de plonger : Afrique, savane et grandes plaines quasi désertiques. Des contrées qu’il est plutôt rare de rencontrer dans ce genre littéraire, nous sommes en effet plutôt habitués aux forêts nordiques qu’à la chaleur, et quand bien même le Trône de Fer nous amène dans le désert, c’est toujours loin du folklore africain. C’est donc avec une certaine curiosité que j’ai entamé ce livre, tout en espérant bien y trouver de l’originalité. Synopsis ?

Le Roi d’Ebène de Christine Cardot

Kaïrale est au service de son roi, El Phâ, depuis son plus jeune âge, depuis qu’elle est devenue une sentinelle. Sa mission est de se servir de ses pouvoirs, la plupart du temps des prémonitions, pour aider les autorités à maintenir l’ordre au sein du pays, que ce soit dans des petits villages isolés, ou en plein milieu de la capitale. Elle pourrait être qualifiée de guerrier, mais sa vocation n’est pas de nuire aux autres, seulement de protéger. Cela, jusqu’au jour où son souverain décide de la nommer au rang de Regard Clair.

Notre livre commence avec un prologue somme toute difficile à appréhender en début de lecture, qui va bien entendu prendre tout son sens à la relecture de l’œuvre. Et commence ensuite l’histoire de cette Kaïrale que vous ne connaissez pas encore, et qui sera l’héroïne du roman. Comme d’habitude lorsqu’il s’agit d’un personnage féminin en tant que personnage principale, son caractère est bien trempé, indépendant, bref, somme toute habituelle. Mais ici, cela n’en devient pas pour autant désagréable, et on s’attache plus ou moins à la sentinelle. Le point de vue du roman est généralement centré sur Kaïrale, mais il arrive que l’on en change pour suivre l’un des autres personnages principaux, Gel Ram.

A côté de l’héroïne, nous retrouvons quelques autres personnages, Gel Ram, premier Regard Clair du roi, second des personnages principaux et peut être le plus intéressant. Puis vient d’autres, bien moins originaux, soldat, cuisinier, fille de cours, et enfin, peut être le plus énigmatique, un sourd-muet. Mais qu’à cela ne tienne, le roman ne tient que sur les épaules de Kaîrale, et elle est assez agréable pour réussir la tâche.

Le Roi d’Ebène de Christine Cardot

Si le genre principal est la Fantasy, c’est aussi un roman assez proche de l’enquête policière, voir du Thriller. Une intrigue, qui arrive au fur et à mesure à coup de prémonitions, apparaît en sorte de fil rouge tout au long de notre bouquin, et les éléments au début assez flous sont découverts au fur et à mesure. Notre héroïne est en effet au centre d’une machination aux causes et aboutissants inconnues. A côté de la mission que nous suivrons, elle va aussi enquêter sur cette énigme. Et c’est à ce propos que l’auteur arrive le mieux à nous mener en bateau, et à de nombreuses reprises, notamment grâce au second point de vue que j’évoquais précédemment. Ce dernier nous laisse constamment en doute, notamment grâce à plusieurs interprétations des sens des dialogues échangés.

Cependant, et là où le bât blesse, c’est que la lecture est parfois assez confuse, et m’a laissé un fort sentiment d’incompréhension après avoir lu l’épilogue. Bien que j’ai suivi l’intrigue avec attention, et les différentes remise en question des opinions de chacun, je n’ai pas réussi à comprendre le retournement final, comme s’il manquait un ou deux paragraphes explicatifs, ou mieux, un second roman. Le tout me semblait confus, voir en contradiction avec ce que j’avais cru deviner au début. Et surtout, je n’ai pas eu l’impression que l’épilogue réponde vraiment à la problématique de la machination, bref, c’est un point assez dommage.

Ce défaut étant cité, Le Roi d’Ebène est tout de même une petite bouffée d’originalité en Fantasy. C’est de loin son plus gros atout, et ce qui doit être la principale raison de sa lecture. Les titres avec un héros féminin sont déjà rares, mais ceux où les dragons sont remplacés par des lions et où le magicien de base est un sorcier vaudou encore plus. L’ambiance que créée Christine Cardot grâce à ces éléments est vraiment originale, et bien que le roman soit assez court, c’est suffisamment long pour nous donner un aperçu qui donne envie.Que ce soit les Mains Rouges, ou simplement le système politique du pays, il y a beaucoup de choses qui seraient intéressantes de creuser.

Le Roi d’Ebène de Christine CardotOn en serait presque frustré de ne pas en avoir découvert plus, et j’espère qu’une suite est prévue. Non seulement pour tirer au clair cette incompréhension, mais aussi pour découvrir un peu plus l’univers évoqué. Que ce soit la magie, ou simplement les pouvoirs inhabituels de Kaïrale, le tout est abordé, parfois en détails, mais trop peu souvent assez exploité à mon goût. D’autant que le sentiment de pion sur un échiquier prêt à être sacrifié par les hautes autorités environnantes est vraiment bien retranscrite.

Bref, le Roi d’Ebène est plaisant à lire, mais quelque peu frustrant. Pour un premier roman, c’est tout de même plutôt réussi et la plume de Christine Cardot fait pour moi parti de celles à suivre dans les années à venir. D’autant plus si une suite, qui viendrait corriger le tir, était prévue. A noter que vous pouvez en lire les premières pages sur le site des éditions Mnémos.


Editions du Riez: un avenir incertain

dabYo dans Actualités, Livres le 17 octobre 2010, avec aucun commentaire
Actualités
Editions du Riez

Les Editions du Riez

La vie des petites maisons d’éditions se finit bien trop souvent par une fermeture, et avec elle tout un catalogue souvent de très bonne qualité qui devient du coup inaccessible pour le lecteur. Hier, via leur page Facebook, les éditions du Riez ont fait connaître à la sphère littéraire leurs difficultés financières et leurs doutes sur la pérennité de la maison pour l’année à venir. On peut notamment lire sur leur note à ce sujet qu’ils se donnent jusqu’à la fin 2010 pour prendre une décision à ce propos. Les petites maisons d’éditions indépendantes ont malheureusement très souvent ce genre de problèmes, les volumes étant faible, un délais de paiement d’un client peut rapidement mener à la catastrophe.

Percer un minimum dans le milieu et se faire connaître n’est pas chose aisée, quand on voit le nombre important de publication des maisons déjà bien installées (maisons qui ont elles-mêmes leurs propres difficultés d’ailleurs), on se doute que les lecteurs n’iront pas d’eux même chercher à se procurer des livres qu’il est difficile de connaître, et aussi difficile de se procurer. C’est à nous de vous en donner l’envie, et c’est aussi pour cela que nous relayons leurs difficultés, car le catalogue des éditions du Riez est certes de qualité inégale, mais il contient aussi de vraies pépites.

La Loi du Désert de Franck Ferric

La Loi du Désert de Franck Ferric était le premier roman des éditions, l'un de nos coups de coeur de 2009

Nous considérons ici que les petites maisons d’édition sont indispensable à la biosphère de notre petit monde, notamment par leur travail indispensable de découverte de nouveaux talents. C’est grâce à eux que la publication d’auteurs francophone peut continuer, et qu’une irréductible portion des publications de Fantasy est encore écrite par des Français. Quand Sire Cédric sort aujoud’hui un bouquin, c’est parce que les éditions Nuits d’Avril ont cru en lui bien avant le Pré aux Clercs. Ce n’est pas parce que les auteurs ne sont pas toujours encore arrivés à maturité qu’ils n’en écrivent pas pour autant d’excellents livres. Et pour que cela puisse continuer il faut leur apporter notre soutient.

Vu que nous avons chroniqué quatre livres des éditions du Riez, nous pouvons aisément vous en recommander sans viser au hasard. Si vous êtes un amateur de Science Fiction, La Loi du Désert de Franck Ferric pourra tout à fait combler vos attentes. Ce mélange plutôt très original de roman d’ancitipcation et road-movie était l’une de nos meilleures découvertes de l’année dernière, et le roman aura tout à fait sa place dans votre bibliothèque. Je vous invite à en lire la chronique qu’avait fait Serafina il y a de ça plus d’un an, chronique plussoyée par nos confrères de chez ActuSF.

Food for Maggots de Virginia SchilliSi c’est le Fantastique qui vous intéresse le plus, alors Virginia Schilli avait réussi à convaincre illman avec son recueil de nouvelles Food for Maggots. Alors que ce n’est pas du tout son genre de prédilection, l’auteur a réussi à le, je cite, harponner dans la couenne, tant ses nouvelles teintées gothique étaient prenantes.

Mais lire sa chronique vous en donnera sans doute une meilleure vision.

Il y a bien entendu d’autres romans, comme Les Sombres Romantiques, Le Ballet des Ames, et tout leur catalogue se trouve sur leur site que nous vous invitons à regarder. De notre côté, c’est sur les deux nouveaux romans de Virginia Schilli que nous avons décider de jeter notre dévolu.

En espérant de tout cœur que les éditions du Riez arrivent à se sortir de cette mauvaise passe. Réponse dans quelques mois. Et pour commander leurs bouquins, c’est par ici que ça se passe.


Dernières nouvelles de la Terre de Pierre Bordage

illman dans Critiques, Livres le 14 octobre 2010, avec 3 commentaires
Critiques

Dernières Nouvelles de la Terre est un recueil de nouvelles de Pierre Bordage paru cette année chez les éditions l’Atalante. Je dois avouer qu’après mon avis mitigé pour Ceux qui sauront, je n’avais pas spécialement envie de me retaper un Bordage. Comme je suis quand même magnanime, j’ai de nouveau laissé à cet auteur la lourde tâche d’occuper mes soirées de lecture. L’heure est venu d’établir le bilan et comme le veut l’usage pour les recueils de nouvelles, on se passe de synopsis et on part sur les thèmes de ce recueil.

Dernières nouvelles de la Terre de Pierre Bordage

Nous avons ici affaire à des nouvelles de Science-Fiction. Le ton est pessimiste, limite flippant avec un soupçon de désespoir, un sentiment qui s’empare de nous devant tant de désolation. L’homme ne s’est jamais réellement préoccupé de son monde, on pousse le sujet dans cette direction jusqu’au bout ici. La désertion de la Terre, ceux qui restent et qui ont joué à Dieu pour survivre, l’homme qui s’enferme lui même, voilà à quoi nous somme confronté dans ce livre.

Le style est ici fluide, agréable à lire si l’on excepte l’une des nouvelles que j’ai trouvé particulièrement indigeste. L’auteur maîtrise les nouvelles et aucune ne m’a donné l’impression d’un soufflé qui se dégonfle sur la fin, ce qui est une belle performance au vu du nombre assez élevés de textes de ce recueil.

Bon je vais quand même vous parler plus en détails des nouvelles les plus marquantes présentes dans ce volume. Sur les quinze qu’on nous propose à la lecture, elles ont presque toutes attirés mon attention, je vais tout de même me contenter d’un petit Top 5 qui sera largement suffisant je pense pour attiser votre curiosité.

Je commencerait par la nouvelle qui ouvre ce livre, Sources. Elle met en scène Pierre Bordage, du moins on le déduit, dans une interview dirigé par une inconnue venue du futur qui lui est apparu. C’est donc une auto-interview romancée, ça a le mérite d’être original dans la présentation. Elle mettra du baume au cœur aux fans de Science Fiction car c’est un véritable déluges d’éloges du genre, avec l’incarnation du fantasme d’une SF qui devienne réellement grand public dans le futur.

La voix du matin est très 1984-like, mais dans un univers encore pire. La nouvelle est très courte, mais on a le temps de ressentir de l’empathie pour le personnage principal qui traverse sa matinée dans une ambiance froide où le peu de chaleur encore présent est amené à disparaitre. J’en ai presque trop dit.

Le chant de l’esgasse représente l’aventure à l’état brut. De la piraterie sur des mers de sable, c’est original. De plus c’est plaisant à lire, plein d’action, ça m’a un peu fait penser à du Conan de Science-Fiction.

Avec Mauvaise Nouvelle, on sort du cadre du genre pour rejoindre une quête de vengeance dans notre monde contemporain. La vengeance, un sentiment extrêmement fort chez l’homme faut il croire. La nouvelle est assez malsaine et certains auteurs de polar pourrait en prendre de la graine je pense. J’en ai encore des frissons face à un tel génie machiavélique.

Dans le regard des miens nous met au prise avec une interrogation bien humaine. Lorsqu’un homme a quitté la Terre, que peut il espérer attendre de son retour ? On est en plein dans le thème des humains qui ont joué à Dieu, créatures misérables qui font poindre la pitié dans les yeux du lecteur, sommes nous si fous ? Une réflexion qui m’a glacé le sang.

Enfin, Dernières nouvelles de la Terre qui donne son nom à ce recueil est un petit bijou de déprime. On suit un colon sur un monde en terraformation qui fait face aux éternels dissensions qu’on retrouve dans les colonies humaines. On ressent un retour à l’animal chez l’homme dès qu’il est confronté à un environnement hostile, le tout sur le fond de la perte de nos racines.

Dernières nouvelles de la Terre de Pierre BordageOn aura aussi droit à une rencontre avec Jules Verne, une nouvelle qui fera plaisir aux théoriciens du complot ou encore à ceux qui aime les mythes arthuriens, je m’arrête sinon je vais parler de toutes les nouvelles. Bref, ils y en a pour tout les goûts et j’ai vraiment adoré la majorité de ce que j’ai lu ici excepté une nouvelle, ce qui sur quinze est un bon score.

Niveau de l’édition, l’Atalante nous livre un ouvrage agréable à tenir en main et la couverture de Gess est plutôt belle. Le reproche que je ferais sur ce point concerne la tranche, la couleur de police, blanche, ne ressort pas trop car le fond est plutôt pâle, enfin bon, ce n’est que mon avis et c’est franchement un petit détail.

Au final, c’est un bon recueil de Science-Fiction que nous as pondu Pierre Bordage, j’aurai eu l’air bien bête de passer à coté. Un petit penchant écolo plutôt plaisant, l’humain révélé sous des dehors peu flatteurs et un véritable plaidoyer pour le genre font de ce recueil une expérience de lecture qui ne laisse pas de glace.


Deadwood, Saison 1, de David Milch

dabYo dans Films, Séries le 12 octobre 2010, avec 1 commentaire

On ne le dira jamais assez sur nos colonnes, ici, on aime le Western. Alors c’est en toute logique que nous nous sommes tout de suite intéressés à la série Deadwood dès que nous nous l’avions découverte. Une série se déroulant pendant les dernières années de l’anarchie du grand Ouest américain, réalisée qui plus est par HBO, il était difficile de passer à côté. D’autant que la série de David Milch est aussi un savant mélange entre fiction et reconstitution historique. Synopsis ?

Deadwood, Saison 1, de David Milch

Seth Bullock décide de quitter sa fonction de Shérif dans le Montana afin de s’installer dans un camp minier qui est en pleine effervescence, Deadwood. Nous sommes en 1876 et la ruée vers l’or ne s’est toujours pas terminée dans cette partie de l’Amérique. Il est accompagné de Sol Star, un juif autrichien avec qui il compte monter un magasin d’outillage. Dans ce camp où les gens viennent en majorité pour l’or, nos deux héros vont faire la rencontre de personnages haut en couleurs, et de difficultés inattendues, bien entendu.

Il va être difficile de cacher mon enthousiasme pour la série, et pour cause, la qualité de cette dernière est d’un très haut niveau. Parlons tout d’abord de l’ambiance de la fin du XIXème siècle. Alors que les États-Unis se civilisent, notre histoire se déroule dans un des camps qui fait partie des zones dites non couvertes. C’est donc sur un territoire sans foi ni loi que nous débarquons, avec l’éventualité peu probable qu’une des autorités des grandes villes environnantes fasse une descente, ou bien que l’armée américaine passe par là. Sans parler bien entendu du conflit perpétuel avec les indiens, qui habitent de l’autre côté de la montagne. Ce sentiment que tout peut arriver est renforcé par la présence de personnages sans aucune morale, avec notamment un Al Swearengen joué par Ian McShane dont la moralité est inversement proportionnelle à la cupidité: proche du néant.

Un personnage que, vous vous en doutez, le spectateur va vite apprendre à délicieusement détester. Mais contrairement à ce que l’on pourrait penser, il ne s’agit pas là d’une histoire avec deux petits gentils face à un gros méchant ayant le contrôle sur le camp. Non, Deadwood c’est avant tout l’incarnation d’un jeu de pouvoir aux temps du Western, avec tout ce que cela implique. C’est ainsi que l’on va voir nos personnages s’entre-déchirer, puis faire des alliances lorsque ça peut les arranger, tout en sachant pertinemment qu’ils auront de temps à autre à faire affaire ensemble pour la survie de la communauté. Ce côté est vraiment passionnant, et ne laisse présager que du bon pour l’adaptation du Trône de Fer par HBO.

Deadwood, Saison 1, de David Milch

Si l’ambiance et le sentiment procurés par la série sont très bons, les décors ne sont pas en reste. Je ne suis certes pas un expert, mais la reproduction du camp est tout à fait crédible, on s’y croit vraiment, et je ne parle même pas des couleurs. Comme pour la majorité des productions de HBO, le générique, très lent, vaut le coup d’œil, et nous plonge tout de suite dans l’ambiance. Les costumes ne sont pas en reste, et on appréciera particulièrement la beauté de certains personnages féminins, avec une petite préférence pour la bourgeoise Alma Garret et Joanie Stubbs, maquerelle, jouée par Kim Dickens.

La série ne se repose pas sur un scénario, mais sur les péripéties qui vont arriver à nos différents personnages. En effet, la vie de la communauté est souvent troublée par des éléments inattendus, qui vont permettre le remaniement du pouvoir au sein du camp. Que ce soit l’armée américaine qui passe dans le camp, ou tout simplement une épidémie de peste, tous les moyens sont bons pour voir tel patron de tel saloon prendre l’ascension sur son concurrent. Le tout étant lié par une sorte de fil rouge, celle de l’annexion possible du camp par l’une des grandes villes environnantes.

Bien entendu, pour que ce genre de série marche, il faut que les personnages tiennent la route, que l’on s’y attache, et c’est vraiment le cas. Pire, on va même s’attacher à ceux que l’on considérait auparavant comme les méchants, chacun ayant son petit truc. Alors, bien entendu, chacun a ses préférences, mais tout le monde y trouve son compte, notamment grâce à la grande variété de cas.

Joanie Stubbs dans Deadwood, Saison 1, de David Milch

Au final, si vous aimez le Western, Deadwood est une série que vous devez absolument voir. Avec son ambiance atypique et ses superbes costumes, son seul réel défaut pourrait être l’absence d’explications historiques. Un peu plus d’informations sur où s’arrête l’histoire et où commence la fiction aurait pu être intéressant. Mais vous l’aurez compris: j’en redemande, et j’ai hâte d’entamer la seconde saison.


Read-A-Thon, le bilan

dabYo dans Actualités, Livres le 10 octobre 2010, avec 3 commentaires
Actualités

Les conventions de la blogosphère littérature voulant que l’on fasse un bilan du Read-A-Thon, vous avez donc droit à un second billet sur ce micro-évènement. Pour rappel, nous avions donc décidé de participer au mini-RAT, c’est à dire une lecture de livres pendant 12 heures. Bon bien sûr, comme on est là pour s’amuser, tout ça, pas vraiment de règles si ce n’est d’essayer de lire non stop. Certains ont donc profité de ce flou artistique pour caler une petite sieste, mais je ne dirai pas qui. Alors qu’avons nous lu pendant 12 heures ? Était-ce long ? Était-ce difficile ? A-t’on décroché ?

La Belle Rouge de Poppy Z. Brite

Non, non, et non. Tout d’abord, je dois avouer que j’ai trouvé ça presque trop court. Si nos agendas respectifs nous l’avaient permis, je pense que nous serions aisément partis pour les 24 heures. Tout du moins moi. Après tout, douze heures ce n’est pas grand chose, ça vous ait peut être plus ou moins arrivé en lisant un bon gros pavé. Comme vous vous en doutez donc, ce n’était pas non plus difficile, même si les yeux pouvaient commencer à fatiguer sur la fin. Ils auraient peut être lâcher avant la fin des 24, je n’en sais rien, l’année prochaine peut être ?

Les Magiciens de Lev GrossmanDe mon côté, bien que je n’ai fait aucune pause, mais je n’ai lu que deux livres. D’abord Le Roi d’Ebène de Christine Cardot. J’avais déjà bien entamé ce roman de Fantasy se déroulant en Afrique, et il ne me restait qu’une cinquantaine de pages à lire. Le dénouement quoi. Le livre était sympathique, et vous en saurez plus lors de ma critique qui arrivera surement dans la semaine.

J’ai ensuite lu Les Magiciens de Lev Grossman aux éditions L’Atalante. Ici il s’agit d’un titre de Fantastique, dans un tout autre registre puisque se passant à notre époque en Amérique. Fort de ses 500 pages, le livre m’a tenu tout le restant du RAT, et je l’ai vraiment adoré. Alors que le New York Times le décrit banalement comme un Harry Potter pour adultes, c’est sur un roman bien plus original et profond que je suis tombé. Plus de détails dans ma chronique à venir ici aussi.

Mal-Morts de Jean-Marc LignyPour Serafina, ça a commencé avec le troisième tome de Merry Gentry, l’Eclat envoûtant de la Lune. Après une lecture de près de 300 pages qui la laissent toujours aussi perplexe concernant la deuxième série Bit-Lit de Laurell K. Hamilton, elle a enchaîné sur un roman de Fantastique rayon Jeunesse, Mal-Morts de Jean-Marc Ligny.

Ce roman avait tout pour plaire: une jeune fille peut voir les fantômes et ça n’arrange pas le moins du monde sa vie de paumée. Comme je le disais, il avait tout pour plaire, et il a réussi à bien plaire. Après ces 300 pages de jeunesses, un dernier bouquin pour la route, La Belle Rouge, second tome d’une série de Poppy Z. Brite centrée autour de la cuisine et des restaurants. La critique du premier tome n’avait pas été postée, c’est chose qui sera réparée, d’autant qu’avec une telle qualité, il serait impardonnable de ne pas vous en parler.

Au final, c’était une très bonne expérience que l’on devrait faire plus souvent. Lire un long roman en une traite permet en effet d’augmenter l’immersion ressentie. Même les meilleurs livres perdent une grande partie de leur saveur en étant lus par petite tranche, ce qui nous arrive malheureusement bien trop souvent à mon goût. Prendre le temps de faire une longue lecture, c’est permettre à un bouquin de s’exprimer complètement. Cette lecture du roman de Lev Grossman a été une très bonne expérience, et je compte bien trouver un bouquin de la même trempe pour la prochaine édition.


Aujourd’hui débute ce que la blogosphère américaine, et depuis quelque temps française, appelle le Read-A-Thon. Derrière ce nom franchement moche et désagréable à lire et entendre se cache pourtant une idée fort sympathique: appliquer l’épreuve du marathon à la lecture. Oui, c’est de là que vient ce nom si particulier, et du fait que l’idée ait d’abord germée de l’autre côté de la manche (ou océan, au choix).

Si l’on vous en parle cette année, c’est bien entendu parce que nous avons décidé d’y participer. Notre inscription s’étant faite sur un simple coup de tête, nous n’avons pas pu vous en avertir plus tôt pour vous inviter à nous suivre dans cette idée saugrenue la démarche. Mais quelle démarche d’ailleurs ? Et bien, comme vous vous en doutez, il s’agit de lire pendant plusieurs heures. Il y a le mini-RAT, une lecture de 12h d’affilée, ou et le big-RAT, 24h de suite pour les plus courageux d’entre nous. Notre emploi du temps ne nous le permettant pas, nous avons décidé d’être des petits joueurs et de nous contenter de lire de 10h à 22h en ce samedi 9 octobre 2010. Après tout, à deux, ça fait 24 heures non ? Toutes les informations sont disponibles sur le blog.

La question qui reste, c’est celle de la préparation. Faut il se préparer pour lire pendant 12 heures ? Ou l’a t’on déjà fait sans s’en apercevoir ? J’avoue que j’en doute, avec un rythme moyen d’une centaine de pages par heure, il aurait fallu que je lise un bien long bouquin d’une seule traite, et Harry Potter et l’Ordre du Phoenix doit être le plus long bouquin que j’ai lu en un coup. Même constat pour Serafina.

Les participants de l’année donnent certes quelques conseils sur le blog de l’opération, mais je reste perplexe sur certains d’entre eux. Par exemple, on peut y voir qu’il serait plus intéressant de lire en poche, parce que les pages défilent plus vite. Conseil que je trouve bizarre, puisque par expérience, c’est l’inverse chez nous. Sans parler du fait que les poches sont en général écrits en très petit, pas génial pour les yeux au bout de six heures de lecture, et je ne parle pas de ceux qui sont partis pour les 24.

Bref, à part faire attention à ne pas se fatiguer les yeux, notamment en lisant des livres brochés, je ne vois pas trop ce que je pourrais faire. Du coup, puisqu’on parle livres, qu’avons nous choisi de lire ? De mon côté, j’ai prévu de lire les bouquins que je comptais déjà lire, avec notamment Le Roi d’Ebène de Christine Cardot, Les Magiciens de Lev Grossman, à moins que je lui préfère Plaguers de Jeanne-A Debats qui serait mon premier roman de Science Fiction écrit par une femme. Et enfin, je compte finir sur le tome 9 de la Couronne des Sept Royaumes, que je n’ai pas avancé depuis un bon moment maintenant.

Pour Serafina, c’est l’inverse, puisqu’elle a décidé de lire des bouquins qui trainent dans notre librairie depuis des siècles. La Belle Rouge de Poppy Z. Brite, la suite de Vampire Kisses , celle de Merry Gentry, et peut être bien Mal-Morts de Jean-Marc Ligny. A moins qu’elle ne se laisse tenter par le Guide de Survie en Territoire Zombie de Max Brooks.

Bref, si vous en faites partie, nous vous souhaitons bonne chance, et pour les lecteurs que cela intéresse, un second mini-RAT démarre à 22h, et se termine à 10h demain, donc il n’est pas encore trop tard. Rendez vous pour cela sur le blog de l’organisation.

Edit de 16H :

Le RAT a commencé depuis 6 heures, et cela se déroule bien. dabYo a de son coté terminé le Roi d’Ebène,  et lit actuellement Les Magiciens. Pour ma part, j’ai terminé Merry Gentry, Mal-Mort et je m’appête à lire La Belle Rouge. Evidemment vous aurez des articles pour chaque.

Pour le moment, la fatigue ne se fait pas sentir, et j’avoue ne pas me rendre compte qu’il est déjà 16h !  Sur ce, je retourne lire !