Cet été les circonstances ont voulu que je sois tout seul pour manger, et quand le pc n’est pas bien loin, ou la télévision ça dépend des gens, l’envie de manger sans rien faire ne reste pas bien longtemps. Mais que regarder quand on a que dix minutes à perdre, et qu’on se remet tout de suite à travailler ? Et bien, on fini par regarder les webséries. Et c’est comme ça que je me suis mis à regarder Noob, une websérie française créée par Fabien Fournier et qui bénéficie d’un gros capital sympathie dans la communauté geek-gamers. Synopsis.

Noob, saison 1 & 2, de Fabien Fournier

Gaea vient tout juste d’installer Horizon 1.0, le dernier MMORPG du moment. C’est en se connectant et après avoir créé son avatar qu’elle va se rendre compte que les joueurs du jeu sont impitoyables avec les nouveaux inscrits. Car pour avancer dans le jeu, il faut absolument faire partie d’une guilde (groupe de joueurs), et la seule guide qui accepte les nouveaux venus ce nomme Noob. Malheureusement pour Gaea, il semblerait qu’elle porte bien son nom.

Avant de parler de la série, je vais tout de même parler des webséries, car il est tout de même agréable de retrouver du contenu facilement regardable (streaming), légalement, et rapidement. Si Youtube et autres Dailymotion sont vus comme un fléau à éradiquer par l’industrie de l’audio visuel, la success-story de certaines séries 100% web fait tout de même plaisir. C’est donc sans problème que j’ai subit les pubs qui m’étaient présentées avant le début de chaque épisode. Et pourtant, la publicité durait 30 secondes pour quelques six minutes de programme.

Noob, saison 1 & 2, de Fabien Fournier

Car Noob c’est avant tout une Shortcom, et chaque épisode est donc très court, centré en général sur un gag ou un sujet. Tous les gags tournent bien entendu autour de l’univers du jeu en ligne. Quelqu’un qui ne s’y connaît pas restera totalement de marbre face à certaines références, voir n’y comprendra rien. Je ne suis personnellement pas amateur de MMORPG, je n’y ai même jamais joué, c’est donc avec plaisir que j’ai pu comprendre certains termes, expliqués au noob que j’étais.

La série se veut humoristique, et joue beaucoup sur les stéréotypes que l’on peut rencontrer sur le web: personnage féminin qui abuse de son capital beauté pour se faire aider par des hauts niveaux, le Kévin parfait qui se croit réellement intelligent, le mysogine, etc. Malheureusement j’avoue que j’ai eu du mal avec ce principe, que je trouvais trop gros et parfois désagréable. Il faut dire que les moyens mis en oeuvre pour tourner la série ne doivent pas être énorme, et cela se sent beaucoup. Que ce soit au niveau des effets spéciaux, du cadrage, ou tout simplement du jeu des acteurs.

Noob, saison 1 & 2, de Fabien Fournier

Après, on ne peut pas leur oter le fait de savoir jouer parfaitement le stéréotype, mais bon. Certains je dois l’avouer me tappaient carrément sur le système, ce qui rend tout épisode les concernants difficile à supporter. Je dois tout de même reconnaître que certains personnages m’ont plu, notamment celui dont le plan est de dégouté tous les joueurs pour qu’ils retournent à la vie normale. C’est un comportement peu connu mais que l’on retrouve souvent.

Bref, si j’avais regardé cette websérie comme on regarde une série, je pense que j’aurai été très déçu. Le jeu ne casse pas trois pattes à un canard, le scénario est bien trop superficiel, etc… Mais dans la mesure où il s’agissait là d’occuper un temps qui se révélait de toute façon vide, Noob joue assez bien son rôle. Et vu les moyens à disposition de l’équipe de production, je ne pense pas qu’ils espéraient de toute façon faire mieux. Je reste tout de même dubitatif sur le fanatisme que peuvent éprouver certain à l’égard de la franchise… Si vous avez donc du temps pour la voir, c’est par ici.


Le Chemin des Ombres de Jérôme Noirez

dabYo dans Critiques, Livres le 11 août 2010, avec 3 commentaires
Critiques

Il est rare que nous parlions d’auteurs français, surtout lorsqu’il s’agit de livres de poches, les œuvres anglophones étant plus souvent plébiscitées en Fantasy et Science Fiction. Mais il s’agit pourtant bien d’un français ce coup ci, avec Jérôme Noirez, dont le roman Le Chemin des Ombres vient tout juste d’être édité en poche par J’ai Lu. Initialement, c’était un livre au rayon jeunesse, chez les éditions Mango. La jolie couverture de Miguel Coimbra, très japonaise, ne nous trompe pas sur la marchandise et c’est au Pays du Soleil Levant que l’auteur français va nous faire rêver. Synopsis.

Le Chemin des Ombres de Jérôme Noirez

Amaterasu est la Uji-no-kami du clan Isanami. Elle ne sait pas bien pourquoi, si ce n’est que son père l’était de son vivant et que c’est naturellement que les villageois l’ont considérée comme telle. C’est pour elle des responsabilités qu’elle ne souhaiterai pas avoir, mais cela lui permet aussi de vivre paisiblement dans son village bien aimé sans avoir à travailler. Malheureusement, le havre de paix qu’était le village va vite se transformer en cauchemars après que la reine Himiko y ait posé son regard conquérant…

Cette chronique est sans doute l’une des plus difficile à écrire, car Le Chemin des Ombres est un roman très difficile à décrire. Je dois vous le dire tout de suite, j’ai eu un vrai coup de cœur à sa lecture. Un coup de cœur qui ne s’explique pas, un coup de cœur qui ressemblerait presque comme deux gouttes d’eau à celui que j’ai eu lors de ma lecture d’Alice au Pays des Merveilles de Lewis Caroll. Rien que ce titre devrait vous donner une idée de l’univers que l’on peut, plus ou moins, retrouver dans Le Chemin des Ombres. A ceci près que ce n’est pas de l’absurde joyeux et amusant que l’on retrouve, mais de l’absurde dramatique.

Et pourtant, les deux œuvres se ressemblent beaucoup. On retrouve des tortues qui parlent, des sauts dans le temps et l’espace souvent inexplicables, des chutes vers des lieux inconnus, etc. Mais Amaterasu ne va pas tomber en direction du pays des merveilles, mais plutôt vers le monde des horreurs, plus connu sous le nom de Yômi au Japon. Cependant, ce n’est pas là la conséquence d’une fuite de la réalité, mais plutôt de l’enchaînement d’évènements plus malheureux les uns que les autres ainsi que d’une recherche d’éléments appartenant au passé de la demoiselle. Je n’entrerai pas plus dans les détails pour ne pas vous spoiler plus que je ne l’ai déjà fait.

Le Chemin des Ombres de Jérôme Noirez

Nous avons donc un monde assez loufoque, dans lequel la magie, et notamment la magie noire, ainsi que les dieux, appelés Tengus, ont une grande importance. Car il faut quand même préciser que c’est là l’adaptation de Jérôme Noirez d’un mythe japonais très connu. En effet, si vous avez quelques connaissances dans les légendes asiatiques, vous avez pu reconnaître les noms de divinités de la religion shinto. L’auteur français réécrit à sa manière une partie du mythe de la création du monde. Afin d’aider le lecteur à comprendre les relations entre le récit et le mythe, on retrouve à la fin de l’ouvrage des détails ainsi qu’un lexique. Ce dernier nous révèle le pourquoi des choix des noms, et cela va des noms de Tengu (génie) à celui des divinités.

Le Chemin des Ombres de Jérôme NoirezCe scénario loufoque et cette ambiance ne sont pas uniquement dues à la réutilisation d’un mythe. Honnêtement, l’histoire que nous sert Jérome Noirez est très loin de ce que nous raconte le mythe, et c’est plutôt son imaginaire et sa plume qui l’ont créé. Car le roman est vraiment très bien écrit.

Il se lit facilement, il est souvent très poétique, et c’est un vrai plaisir pour les yeux ! Il n’y a pas de lenteur, tout est savamment bien dosé, afin que l’on puisse bien se reproduire la forêt dans laquelle vit Amaterasu, sans pour autant se perdre dans de longues descriptions. Et je ne parle même pas des passages horrifiques, qui sont très bien rendus. On en tremblerait presque.

Il est difficile de trouver des défauts au Chemin des Ombres car le titre est maîtrisé du début jusqu’à la fin. L’ambiance est vraiment prenante, pesante, et j’ai beaucoup apprécié cette lecture. Pour une première lecture des oeuvres de Jérôme Noirez, c’est une très bonne surprise. De nombreux romans de sa plume viennent d’ailleurs d’être réédité par J’ai Lu. A chaque ouverture du bouquin, quelques phrases suffisait pour me renvoyer sur le chemin qui mène au Yomi. Et je vous conseille vivement d’aller le rejoindre !


Weeds est une série humoristique américaine créée par Jenji Kohan. Elle a démarré en 2005 et est diffusée sur Showtime chaque été. Il y a actuellement 5 saisons et la 6ème commence le 16 août prochain. Chacune de ces saisons se compose de 10 à 15 épisodes de 26 minutes chacun. Malgré la durée, ce n’est pas une sitcom pour autant et il n’y a pas de rires enregistrés. Synopsis ?

Weeds, saisons 1, 2 et 3, de Jenji Kohan

Nancy Botwin vit dans une jolie banlieue de la ville de Aggrestic, une ville où le conformisme prévaut.  Mariée et mère de deux enfants, son quotidien bascule quand son mari décède d’une crise cardiaque. Confrontée à des difficultés pour boucler les fins de mois, elle commence à vendre du cannabis à son entourage pour gagner un peu d’argent. Entre quiproquos, double jeu et flirt avec l’illégalité, la vie de Nancy va devenir fortement mouvementée.

Alors déjà, avec un synopsis pareil, on voit tout de suite les gros thèmes se dérouler : la ville ultra conformiste où en fait les choses ne sont pas si clean qu’on pourrait le penser. Une critique de la société américaine, des quiproquo à foison, saupoudrés d’histoires familiales car Nancy doit s’occuper de ses enfants, et gérer Andy son beau frère un peu taré. Si Nancy est un personnage somme toute assez neutre, ceux qui l’entourent eux, sont bien barrés. Que cela soit les enfants (mention spéciale à Shane) ou les plus grands, comme Célia, une amie de la famille très… BCBG.

Weeds, saisons 1, 2 et 3, de Jenji Kohan

Les thèmes abordés sont tout sauf politiquement correct, en premier lieu évidemment l’activité de Nancy. Mais le sexe, la mort, la maladie, rien ne sera oublié. C’est même parfois assez thrash. Pour cette raison la série n’a été diffusée sur aucune grande chaine en France. C’est Virgin 17 qui l’a diffusée en France, mais je ne sais pas si le succès a été au rendez vous. C’est bien dommage, car la série est très drôle. Certaines situations sont parfaitement hilarantes. Évidemment, c’est très gros et surréaliste. Les ennuis tombent comme des mouches, dans tous les sens du terme. C’est un peu du Desperates Housewives en plus trash, et avec de la drogue dedans. Le mythe de la banlieue bien comme il faut est démontée et aucun personnage n’est réellement clean même si ils en ont l’air au début. C’est clairement une série provocation sur ce point là.

Pour le moment, nous n’avons vu que les trois premières saisons qui sont d’un très bon niveau. On ne s’ennuie pas, et le jeu est plutôt bon. Mary-Louise Parker joue très bien la veuve à l’ouest, complètement dépassée par les évènements. Mais mon préféré reste Shane, le gamin surdoué, mais aussi sacrément barré. Il est joué par Alexander Gould, que vous ne connaîtrez sans doute pas mais qui a fait la voix de… Bambi 2 et Nemo. Bref, on pourrait se demander s’il est raisonnable de faire tourner une série avec un tel sujet à un enfant, mais le bonhomme a déjà soufflé sa seizième bougie. Il joue donc un personnage qui a été sérieusement choqué par la mort de son père, et qui en est devenu un peu bizarre. Reste tout de même à savoir si la série arrivera à se renouveler et à s’arrêter avant l’essoufflement. A voir donc.

Weeds, saisons 1, 2 et 3, de Jenji Kohan

En tout cas, les autres acteurs ne sont pas en reste, et la série ne pâtit en rien de leur jeu. Il y a beaucoup de personnages en couleurs, et il est vraiment amusant de passer de stéréotypes en stéréotypes, que ce soit les blancs tous faux-culs BCBG, ou les noirs, tous dealers. A noter qu’a partir de la saison 2 la chanson du générique change d’interprète à chaque épisode, passant de l’anglais à l’espagnol, voir même par Linkin Park. La série étant très populaire aux US, elle accueille donc quelques guest comme Snoop Dogg, Mary Kate Olsen ou encore Carrie Fisher.

Une série que nous vous conseillons, au moins pour les premières saisons. C’est drôle, c’est parfois irrévérencieux, c’est gros, mais c’est du tout bon. Et surtout, quand vous avez commencé, ça devient une vraie drogue.


Ikigami, Tome 2, de Motorô Mase

dabYo dans Critiques, Livres, Manga le 5 août 2010, avec 1 commentaire
Critiques

Ikigami fait partie avec Freesia de la petite vague de nouveaux Seinen sortis aux éditions Kaze Manga. Je vous en avais parlé il y a quelques semaines déjà après ma lecture du premier tome qui était plutôt enthousiasmante. Avec un univers intéressant, un graphisme correct, ce manga de Motorô Mase était plein de promesses. Mais c’est plutôt habituel ce genre de chose pour un premier tome, il faut donc marquer l’essai avec le second. Ikigami deviendra-t’il un excellent Seinen ?

Ikigami, Tome 2, de Motorô Mase

Bon comme c’est le deuxième tome, pas de synopsis pour ne pas vous spoiler. Cependant, je vous invite à lire ma première chronique pour connaître le plot principal. En soit, il serait difficile de vous spoiler puisque l’auteur continue sur la lancée du premier tome. Pour le moment, si la trame principale existe, elle reste très discrète au profit de petites histoires racontées. Ces histoires concernent bien entendu les personnes venant de recevoir l’Ikigami, le préavis de mort pour ceux qui ne suivent pas.

Elles sont appelées épisodes et restent au nombre de deux par tome. On a le droit ici à l’histoire, tragique il va de soit, d’un jeune cadreur travaillant pour une chaîne de télévision, et celle d’un aide-soignant en maison de retraite. Les épisodes abordent plusieurs sujets de société, le dévouement envers les autres, l’amour, la drogue. Il faut avouer qu’ils sont bien racontés et qu’on s’attache assez rapidement aux personnages. C’est une des grandes qualités de Motorô Mase, et encore heureux puisqu’on ne voit les personnages que le temps d’une cinquantaine de pages. Cependant, il faut tout de même reconnaître que les personnages sont pour le moment assez similaires, on pourrait généralement les qualifier de miséreux. Avoir si cela change par la suite.

Ikigami, Tome 2, de Motorô Mase

Si tout comme à la lecture du premier tome, je reste assez perplexe sur le principe à long terme, je dois tout de même avouer que l’auteur reste efficace. Quand une des deux histoires me surprenait sur son déroulement et son dénouement, la deuxième me touchait et m’émouvait. De ce côté, c’est donc un carton plein pour l’auteur et on passe un agréable moment à lire ce second volume, ce qui est un très bon point.

Du coup, l’intrigue principale, si elle existe, reste pour le moment en retrait. C’est d’un côté une bonne chose puisque cela permet d’appréhender les tomes de la série presque de façon indépendante. Il n’y a donc pour le moment pas des milliers de détails à retenir pour suivre, et vous pouvez même lire les tomes dans le désordre. Finalement, ce découpage fait énormément penser à ce qu’on retrouve dans les séries policières américaine, avec une évolution des personnages et des petites histoires par ci par là.

Ikigami, Tome 2, de Motorô MaseIl ne sera pas étonnant de voir la série adaptée dans un format plus épisodique que le manga, du moins pour le moment. On sent tout de même une certaine évolution du personnage et j’attends de voir la suite. Car si pour le moment, Motorô Mase arrive à bien renouveler ses histoires, j’ai peur que l’impression de déjà vu puisse s’installer par la suite. Enfin, Ikigami ne durant que sept tomes, il est tout à fait probable que l’auteur puisse créer suffisamment d’histoires sans pour autant que cela s’essouffle.

Côté narration et dessin, le manga reste égal à lui même. Il y a d’ailleurs de très beaux passages, notamment une double page toute en niveau de gris qui est très agréable. Ikigami confirme donc son statut de bonne série avec un début encourageant. Plus qu’à voir comment l’auteur va réussir à éviter le petit train-train et la lassitude que pourrait engendrer ses histoires. Le rendez-vous pour le troisième tome est donc pris !


Contes d’un Buveur d’Ether de Jean Lorrain

Serafina dans Critiques, Livres le 3 août 2010, avec aucun commentaire
Critiques

Contes d’un Buveur d’Ether est, comme vous pouvez le deviner, un recueil de nouvelles. Le recueil n’est pas tout jeune, ni ses nouvelles, car en effet elles ont toutes été publiées entre 1890 et 1895 par Jean Lorrain. Ce recueil initialement publié par l’auteur existe sous plusieurs éditions, et je vais vous parler aujourd’hui de celle que j’ai lu, celle des éditions du Chat Rouge. Les recueils n’ont pas le droit à un synopsis, comme d’habitude.

Contes d'un Buveur d'Ether de Jean Lorrain

Un petit mot tout d’abord sur l’édition et le travail apporté sur le livre. Je ne connaissais pas la maison d’édition en question, c’est ce qu’on pourrait appeler une petite maison, assez confidentielle, donc difficile à dégoter en général. Ceci dit, je suis absolument tombée sous le charme du papier et de la qualité du recueil. On est ici dans un format proche de celui qu’on peut trouver chez les éditions Seuil, c’est à dire rectangulaire, très fin. Les pages sont lourdes et épaisses, le papier de la jaquette est doux, bref, on a l’impression d’avoir un petit objet d’art dans les mains. Pour moi c’est vraiment important.

Les nouvelles écrites par Jean Lorrain prennent place dans le Paris de la fin du XIXème siècle. Buveur d’éther invétéré, l’auteur se met en scène dans ses nouvelles, et décrit ses angoisses et ses rêveries éthérées. Son style est très fidèle à son époque et on ne peut pas dire être dépaysé si on a l’habitude de ses auteurs. La plupart des récits sont à la première personne, contribuant au climat horrifique, ou en tout cas angoissant désiré. Nous sommes donc dans un roman Fantastique avec une ambiance très lourde et hallucinée. On n’est pas loin de Poe, ni de Lovecraft. Si vous aimez le genre vous serez charmé. Cette ambiance à mi-chemin entre le délire, le rêve et l’horreur est directement due à l’éther.

Contes d'un Buveur d'Ether de Jean LorrainMais au delà de cela, c’est l’ambiance du Paris de la fin du XIXème qui marque. Les allées de Paris peu voire pas illuminées, les maisons ou hôtels particuliers angoissants, les soirées à la chandelle, le début du métro, la vie de bohème… Bref, c’est tout simplement fascinant et on est immédiatement transporté dans l’ambiance de la capitale mondaine et nocturne, balancé entre les clubs particuliers et le théâtre le soir. C’est encore mieux si vous connaissez un brin Paris de manière à visualiser le tout, l’ambiance.

Les nouvelles sont indépendantes dans l’absolu, mais on constate que la majorité d’entre elles mettent en scène le même personnage, toujours ami du narrateur. Ce personnage, comme je l’ai dit, n’est autre que la transposition de l’auteur dans ses romans. On peut donc y voir là une certaine autobiographie. Les nouvelles se suivent aussi chronologiquement parlant et on peut constater une certaine évolution du personnage principal, drogué et sujet aux hallucinations. Les nouvelles sont d’un niveau égal, à savoir très bon. Libre à nous d’en croire ce qu’on veut, éther ou fantôme, la réponse n’est jamais très claire, et tant mieux !

Je ne connaissais absolument pas cet auteur mais c’est une découverte qui vaut réellement le coup. Que cela soit pour l’ambiance ou pour le style je ne peux que vous conseiller le recueil. Le seul réel regret c’est qu’il soit aussi court, seulement 120 pages. Il se lit donc relativement vite, et on reste sur notre faim. Je me pencherais probablement sur cet auteur par la suite. Le titre peut être commandé sur le site des éditions du Chat Rouge ou bien dans l’une des librairies partenaires.