Bien avant qu’un certain James Cameron ne fasse un film du même nom, Avatar désignait une série animée américaine que l’on a pu découvrir sur TF1 à partir d’août 2005. C’est cette série, dont le titre complet est en fait Avatar: Le Dernier Maître de l’Air, qui vient tout juste d’être adaptée au cinéma par M. Night Shyamalan. Sans doute afin de ne pas porter à confusion, le film est simplement sorti sous le titre Le Dernier Maître de l’Air. Synopsis, voulez vous.

Le Dernier Maître de l’Air, Avatar Livre I, de Night Shyamalan

Quatre nations peuplent le monde : celle de l’air, de la terre, de l’eau et du feu. L’équilibre est sensé régner entre ces quatre pouvoirs mais ce n’est plus le cas depuis la disparition un siècle plutôt de la nouvelle réincarnation de l’Avatar, personnage capable de maîtriser les quatre éléments. En effet la nation du feu exerce depuis son emprise sur les deux autres nations restantes, celle de l’air ayant été annihilée pour détruire le nouvel Avatar. Un jeune garçon de 12 ans, Aang, est retrouvé avec son bison volant dans un immense iceberg du pôle Sud par deux adolescents : Katara et son frère Sokka. Il s’avère rapidement qu’étant le dernier maître de l’air, Aang est l’Avatar que cherche à détruire la nation du feu. Commence alors une quête pour les trois enfants qui permettra à Aang de maîtriser les quatre éléments et de rétablir l’équilibre.

Avant d’entrer dans le vif du sujet, parlons brièvement de la série Avatar. Créée par les américains Michael Dante DiMartino et Bryan Konietzko, elle est souvent présentée à tort comme un dessin animé exclusivement américain rivalisant avec les animés japonais. Cependant, il faut tout de même rappeler que l’animation de cette série est prise en charge par un studio coréen. La série se présente en trois livres d’une vingtaine d’épisodes. Le film qui vient tout juste de sortir ne concerne que le premier livre de la série.

Côté scénario, rien de bien transcendant, on a des adolescents menant une quête de pouvoir dans un monde dominé par les principes du Ying et du Yang. Mais d’entrée je vous annonce la couleur : ce film (vu en 3D pour le coup) est la pire chose que j’ai eu l’occasion de voir au cinéma, et ce alors que je suis quand même allée voir les adaptations de Twilight et de Harry Potter ! J’ai failli sortir de la salle, ce qui ne m’avait encore jamais traversé l’esprit pendant une séance. Je me suis bien entendu poser la question habituelle, « aurais-je pu apprécier le film si je ne connaissais pas la série », mais à priori non.  Enfin comparons rapidement les deux formats.

Le Dernier Maître de l’Air, Avatar Livre I, de Night Shyamalan

L’univers présenté par la série est donc fondé sur les quatre éléments et repose sur des principes d’équilibre. Les références les plus évidentes sont chinoises mais d’une manière générale toutes asiatiques : écrits, architecture, philosophie, technique de combat et costumes. Chaque peuple possède ses caractéristiques, sa culture, sa mentalité. Ainsi, on se retrouve par exemple avec une nation du Feu dont le peuple est très discipliné, qui récompense le courage et la force, et que l’on voit surtout au travers de ses armées. Série pour enfant oblige, ce sont eux qui vont jouer le rôle des méchants. Face à eux, on retrouve trois autres peuples, tout aussi typés, et très connotés gentils.

Bien entendu, ce côté très typé des peuples est conservé dans sa version cinématographique. Cependant, là où le bât blesse, c’est qu’on peut tout de même se poser des questions sur d’éventuels sous entendus raciaux. Les méchants qui ne connaissent pas le mot diplomatie sont tous incarnés par des arabes, ou alors des hindous, tandis que, bizarrement, les gentils sont tous américains. On pourrait argumenter sur le fait que le peuple arabe vit dans des pays chauds, mais alors pourquoi les gentils qui dans la série ressembleraient plus à des esquimaux sont devenus blonds aux yeux bleus ? J’exagère à peine.

Le Dernier Maître de l’Air, Avatar Livre I, de Night ShyamalanNoah Ringer, est dans la série un jeune garçon de 12 ans qui passe son temps à rire, s’amuser et qui a fuit son rôle d’Avatar par peur des responsabilités, normal c’est un enfant. Ici il semblerait que l’acteur choisi pour le rôle ait un problème avec le fait de sourire. Il est juste chiant à mourir. La psychologie de son personnage est inexistante « quoi, j’ai fui il y a 100 ans les responsabilités dans un monde en paix mais maintenant je dois me battre car c’est la guerre ? … ok ». Katara, jouée par Nicola Peltz, maître de l’eau sans formation, est un personnage agaçant dans la série mais auquel on s’attache. L’actrice choisie me va, puisqu’ils sont tous devenus américains, mais alors le personnage… Fade au possible, elle n’a juste aucun trait intéressant ou un tant soit peu fouillé. Enfin Sokka joué par Jackson Rathbone est l’élément comique du groupe dans la série mais n’a ici juste aucun intérêt. Il fallait trois personnages donc il est là, mais sinon, ce serait pareil.

Alors que la série a pris soin de fouiller le caractère de chaque personnage, leur réservant parfois des épisodes et évitant les raccourcis faciles (non les méchants ne sont pas juste méchants pour le plaisir, ils ont une bonne raison de l’être), le film se contente de très peu… De plus, niveau jeu d’acteur, tout est mauvais. C’est dit je n’aurais plus besoin de le répéter. Des personnages importants sont passés à la trappe et d’autres ont juste un rôle figuratif, je pense notamment au singe Momo ou au bison volant Appa que l’on entraperçoit de temps en temps, histoire de dire qu’ils étaient bien présents.

Bon on va me répondre que c’est une adaptation librement inspirée et tout ça, m’enfin ça n’excuse pas tout le reste. L’histoire qui se tient parfaitement dans la série souffre dans le film de raccourcis multiples rendant les choses incohérentes. Cela se voudrait pourtant parfaitement enchaîné grâce à l’usage d’une voix off pour résumer les morceaux manquants. Sauf que ça ne prends pas, on a juste l’impression d’avoir des scènes qui s’enchaînent comme si on manquait la moitié des épisodes d’une série, et qu’on essayait de la reprendre en cours. Bon ok, ça marche pour les Feux de l’Amour mais c’est à peu près tout.

Le Dernier Maître de l’Air, Avatar Livre I, de Night Shyamalan

Reste l’intérêt visuel du grand écran. La série originale est jolie et l’animation de qualité, mais c’est vrai que certains effets spéciaux valent le coup du grand écran. Il est juste dommage que la 3D ne soit pas du tout mise en valeur.

Au final le film ne rend pas hommage à une série qui sous ses dehors enfantins est de grande qualité tant au niveau scénaristique que graphique. Je la conseille vivement même si le côté pour enfants, notamment sur les gags faciles, peut agacer. Le Maître de l’Air quant à lui, se destine à des petits qui n’iront pas chercher une logique profonde à l’histoire et regarderont surtout les images. Presqu’aucune violence dans les combats et des raccourcis improbables. Pour ma part une déception monumentale.


Kasane, Tome 1, de Gou Tanabe

dabYo dans Critiques, Livres, Manga le 28 août 2010, avec aucun commentaire
Critiques

Avec sa couverture plutôt glauque et effrayante, Kasane est un manga qui attire facilement l’œil dans les rayons des librairies. Et il n’y a pas que l’aspect graphique de ce manga de Gou Tanabe qui sort de l’ordinaire: un format plutôt grand pour du manga, épais, et avec une couverture particulièrement agréable à feuilleter. Vous l’aurez deviné: nous avons affaire à la collection Made In des éditions Kana. Et il n’y a pas à dire, le travail de Kana sur cette diptyque d’un genre FantastiqueHorreur est de très bonne qualité. Mais le contenu est il au niveau du contenant ? Synopsis.

Kasane, Tome 1, de Gou Tanabe

Shinkichi est un jeune japonais de 21 ans, vivant à l’époque Edo. Malheureusement, suite à la fermeture de la boutique qui l’employait, il ne sait pas trop quoi faire. Cela, jusqu’au jour où son oncle lui propose de vendre du tabac pour lui dans toute la ville, en tant que marchand ambulant. C’est ainsi qu’il va faire la connaissance de Mme Toyoshiga, maîtresse de musique renommée dans la région, et surtout très exigeante avec elle même, ne laissant aucune place à une possible vie amoureuse. Lorsque sa domestique la laisse tomber, à cause de supposées apparitions, c’est vers le jeune Shinkichi qu’elle va se tourner pour la remplacer.

Kasane de Gou Tanabe Tome 1

© 2007 Gou Tanabe/ ENTERBRAIN, INC., Tokyo.

Après avoir ouvert ce superbe manga, on découvre d’abord un peu plus le style graphique de Gou Tanabe grâce à deux illustrations en couleurs. Viennent ensuite les pages en noir et blanc, et c’est vraiment à ce moment là qu’on peut apprécier son talent. En effet, son trait est plutôt très réaliste et donne un côté bluffant à l’ensemble de ses visages. Certains sont d’ailleurs splendides, et pas seulement les personnages principaux, nombreux sont les personnages secondaires qui ont reçu une attention particulière. Bien entendu, Mme Toyoshiga bénéficie d’un traitement de faveur, et puisqu’elle incarne la féminité du manga, ses traits sont superbes et représentent bien les valeurs qu’elle défend: beauté, rigueur, droiture.  Mais on peut aussi noter le visage de certains autres protagonistes que l’on revoit rarement au cours de la lecture, comme Zenroku par exemple, un simple don-juan.

Si le début du manga est d’un style plutôt contemplatif, avec des cadres observateurs, l’auteur sait tout de même y faire pour rendre certains passages très dynamiques. Les disputes avec plans serrés rendent très bien. Et ne parlons même pas de ceux qui sont là pour nous faire peur: Gou Tanabe s’y prend effectivement très bien. J’avoue sans honte qu’un certain passage m’a carrément fait peur, le genre d’angoisse qui vous prend d’un coup, et qui remonte lentement en vous glaçant le sang. Et pour ça, une seule page a suffit.

Car comme je le disais, c’est un manga Fantastique à connotation très Horreur. Attention, il ne s’agit pas d’une aventure où l’on tue des zombies à tout va, mais simplement d’une histoire au rythme lent où les éléments horrifiques arrivent les uns après les autres, sans vraiment pour autant se montrer. Sont ils réellement horribles, existent-t’ils, ou n’est ce qu’un pré-sentiment déplacé ? On sent que quelque chose va mal se passer, mais on n’arrive pas à mettre le doigt dessus. La comparaison va peut être sembler incongru, mais c’est la sensation que j’éprouvais en lisant Les Hauts de Hurlevent notamment. Du moins pour la première partie du roman. Bref, l’ambiance est très forte dans Kasane, et c’est avant tout par cette ambiance que le sentiment de malaise se créé. Il n’y a pas de débauche de gore, mais des petits éléments qui font que la moutarde monte au nez.

Kasane, Tome 1, de Gou TanabeLa lecture devient ensuite lourde, angoissante, pesante. Ce ne sont pas des défauts, au contraire. On vit réellement la lecture et c’est pour moi la plus grosse force de ce manga. Ce côté pesant est bien entendu servi par le scénario. Ce n’est pas une scénario d’une complexité affolante, au contraire, il est simple et efficace. Kasane est en fait l’adaptation manga, d’un scénario écrit par Hiroaki Takeda, qui lui même adaptait là un roman de Sanyûtei Enchô paru en 1850 sous le titre de Shinkei Kasane-Ga-Fuchi. Pour l’anecdote, une adaptation au grand écran a été réalisée par Hideo Nakata, connu pour Ring, sous le nom de Kaidan.

Au final, la lecture de ce premier tome de Kasane m’a vraiment plu. L’expérience est saisissante, et on se sent réellement frissonner. Le côté Fantastique est très bien amené, et je me pose encore des questions sur ce que j’ai pu lire. Le dessin de Gou Tanabe est tout simplement superbe, certains passages étant de loin les plus effrayant que j’ai pu lire en manga. Bref, on rajoute à cela que le manga en lui même est une vraie pièce de collection, et on a déjà hâte de lire la suite.


Tsugumi Ohba et Takeshi Obata, si vous aimez les mangas, même de loin, ce sont des noms qui doivent vous parler. En effet ce sont les deux personnes à l’origine de Death Note, qui reste à ce jour un de mes mangas préférés. Obata est aussi connu pour avoir dessiné Hikaru no Go et Blue Dragon. Quant à Ohba, son identité est tenue secrète par ses éditeurs japonais. Toujours est-il qu’avec des noms pareils, on peut presque se lancer dans Bakuman les yeux fermés. Ça serait dommage, tout de même car en plus d’être beau, le scénario a de quoi donner envie. Synopsis.

Bakuman Tome 1 de Tsugumi Ohba et Takeshi Obata

Moritaka Mashiro est un collégien comme les autres, un adolescent qui n’a pas envie de rentrer dans les rangs quoi. Devenir salaryman lui semble tellement ennuyeux. Sa passion ? Dessiner. Mais il n’est pas sur de savoir que faire de cette passion. Jusqu’à ce qu’Akito Tagaki la tête de la classe, tombe sur ses dessins et le convint de devenir mangaka. Moritaka au dessin, et Tagaki au scénario, l’aventure peut commencer.

Bakuman Tome 1 de Tsugumi Ohba et Takeshi ObataSi le synopsis ne vous botte pas, rappelez vous qu’on parle de celui qui a réussi à faire d’un manga sur le Go quelque chose de dynamique et prenant. Pour moi, dessineuse, le scénario est un pur rêve. Un manga sur le dessin. Vous en connaissez beaucoup vous ? Non. Et ça c’est la l’une des forces de Bakuman. On apprend plein de choses sur le manga, sur son univers, son matériel, ses codes. Que ce soit les plumes utilisées pour dessiner ou bien les nemus, sorte de storyboards propre au Japon. On va suivre le chemin à parcourir pour se faire éditer, dans le Shonen Jump bien entendu. Vous l’aurez compris, c’est un manga fait par des amoureux du manga, pour des amoureux du manga sur des amoureux du manga.

La passion est là dans toutes les cases. On sent que les auteurs savent de quoi ils parlent et réussissent à merveille à nous faire ressentir l’excitation de ces deux jeunes qui ont envie de faire leur manga. Évidemment, on doit beaucoup au trait de Obata. Le manga est en effet entrecoupés de pages nous montrant l’évolution de l’ébauche de Bakuman. On démarre avec les nemus de Ohba, le scénariste, puis ces mêmes nemus retravaillés par Obata, le dessinateur, et enfin, la page finale. Et là, on ne peut qu’admirer la maîtrise et le talent. Ses cadrages, ses perspectives, tout est génial.

Là où il avait réussi a nous faire vibrer avec un sujet aussi peu palpitant que le Go, l’exploit est renouvelé. Le moindre trait de plume est un coup de poing, les dialogues les plus bateau, du genre dialogue inutile au bord d’un stade à regarder des gens s’entraîner, deviennent d’un dynamisme fou. Obata n’a rien a prouvé, son trait est l’un des meilleurs de la scène manga aujourd’hui et il s’améliore de page en page.

Bakuman Tome 1 de Tsugumi Ohba et Takeshi ObataLe style est d’ailleurs beaucoup plus fin que dans Death Note ou Hikaru no Go. Visuellement, j’ai trouvé que les filles étaient assez proches des donzelles de Hiroya Oku, l’auteur du Seinen Gantz. Les personnages sont pour le moment assez classiques. Ils n’ont pas le twist d’un Light, ni le fun d’un Sai, cependant, nous n’en sommes qu’au premier tome. L’histoire prend son envol et j’ai vraiment hâte de lire la suite. Tellement que j’ai du me raisonner et ne pas la lire, pour ne pas me coucher trop tard.

Bref, Bakuman, c’est une claque. C’est un des meilleurs mangas que j’ai lu depuis longtemps. Depuis le manga qui parlait d’un certain lycéen trouvant par hasard un carnet noir, si vous voyez ce que je veux dire. Jetez vous dessus, sans aucune crainte. Bakuman vous comblera, et moi je lis la suite ce soir.


Le Sang des Ambroses de James Enge

dabYo dans Critiques, Livres le 24 août 2010, avec 1 commentaire
Critiques

Il arrive parfois de tomber sur un bouquin et de vous apercevoir que ce n’est pas du tout ce à quoi vous vous attendiez. C’est ce qui m’est arrivé en lisant les premières pages de ce premier roman de James Enge en langue française, Le Sang des Ambroses. Pour une raison inconnue, j’étais persuadé que ce serait là de la Fantasy de base, celle sans originalité ni saveur. Et bien, on peut dire que je me suis bien fourvoyé sur le compte de ce roman récemment édité par l’Atalante et servi par une superbe couverture de Frédéric Perrin. Car Le Sang des Ambroses est de la Dark Fantasy qui s’apprécie à sa juste valeur. Synopsis.

Le Sang des Ambroses de James Enge

Il ne reste plus grand chose à Lathmar qui puisse encore garantir sa vie de souverain. Son père le roi est mort dans des circonstances pour le moins loufoques, et son oncle le Protecteur du Trône semble être bien parti pour se servir de son armée privée pour éliminer le dernier rempart entre lui et le trône: Lathmar. Seule son arrière-arrière-…-arrière-grande-mère, Ambrosia, semble encore être en mesure de le protéger. Mais accusée à raison de recourt à la sorcellerie, son destin est d’ores et déjà scellé…

Comme je le disais, mes mauvais aprioris m’ont très rapidement quitté quand j’ai lu les premières pages de ce roman de James Enge. Dès le début on commence tout de suite à se sentir dans un roman de Dark Fantasy, et les détails ne trompent pas. Intrigues politiques, sort impitoyable réservé aux gens du communs pour la lutte des pouvoirs, tout ce qui fait un bon livre du genre est là. Et plus encore, car au fil de la lecture une ressemblance avec une autre œuvre que j’apprécie énormément se fait de plus en plus ressentir: La Compagnie Noire. C’est une série que j’apprécie fortement, et ressentir le même genre de sensations était vraiment agréable. Mais la comparaison s’arrête là, car Le Sang des Ambroses est loin d’être une simple copie du chef d’œuvre de Glen Cook.

Tout d’abord, on ne suit pas le même type de personnage, puisque c’est Lathmar et les personnes qui vont l’aider dans sa lutte pour garder le pouvoir que nous allons suivre. La ressemblance est plus située au niveau des choses contre lesquelles Lathmar va avoir à combattre. Au rayon des personnages, on retrouve plusieurs protagonistes principaux. On a Morlock Ambrosius, le vrai (anti-)héro de ce livre, Ambrosia bien entendu, la femme implacable qui ne sera pas sans rappeler Cersei Lannister du Trône de Fer, un autre monument de la Dark Fantasy. Les personnages ne sont pas tous très recherchés, mais l’immortalité de certains permet à l’auteur de faire un background très intéressants pour chacun d’eux, qui je l’espère sera exploité dans les autres bouquins du cycle Morlock le Faiseur.

Le Sang des Ambroses de James Enge

La couverture V.O., loin d'être aussi belle que celle de Frédéric Perrin. On peut être chauvin pour le coup !

Ce background est un des points forts du livre, puisque le roman se situe bien après des faits présentés comme extraordinaires, et réalisés par les deux personnages sus-cités. Il faut cependant avouer que la personnalité effacée de Morlock tout au long du roman est un poil décevante. Présenté comme une vraie terreur, le personnage est un simple boute-en-train rongé par les remords et la culpabilité. C’est sympathique, mais on en attendant peut être un peu plus. De même, Ambrosia est loin d’avoir le charisme d’une Cersei Lannister.

Ce point faible n’est cependant pas pour moi un défaut, puisque je n’avais pas d’attente sur ce bouquin se révèle être une vraie bonne surprise. Le style de James Enge, ici traduit par Marie Surgers, est des plus agréable. Ca se lit bien et rapidement, la plupart des scènes sont faciles à suivre et ce même lorsque la magie prend par à l’action. Il y a en effet beaucoup de magie dans Le Sang des Ambroses et c’est d’ailleurs la spécialité de notre Morlock. Cependant, la magie n’est pas ici expliquée, et c’est là une autre ressemblance avec La Compagnie Noire. Elle existe, elle est pratiquée, et bien que l’on des brèves descriptions, on ne cherche pas à comprendre le pourquoi du comment. Ca ne m’a pas choqué, et je trouvais que ça allait bien avec le rythme du bouquin.

Car s’il y a un point qui ne fera peut être pas l’unanimité des lecteurs, c’est le rythme qu’impose James Enge. En effet, ce dernier use (et abuse ?) des elipses dans le temps, qui fait que de nombreuses partie de la chronologie ne sont pas narrée, voir parfois pas expliquées du tout. La plupart du temps, il y a une sorte de petit résumé, souvent très bien intégré au récit, mais il faut se contenter de détails. Cela pourra embêter ceux qui aiment à avoir une continuité dans le récit, personnelement ça m’a plutôt plu. C’est assez original, et finalement très courant dans le genre. Glen Cook use aussi souvent de ce procéder, et George R.R. Martin en abuse dans le Trône de Fer. Notre jeune auteur n’a peut être pas autant de talent, mais ça reste très compréhensible.

Le Sang des Ambroses de James EngeReste que le bouquin est finalement un enchaînement de moments forts en rebondissements pour la famille royale. Ca m’a plutôt plu, mais cela pourra peut être en lasser certains. Dans tous les cas, si je devais avoir une vraie déception, ce serait peut être la fin, un peu trop culcul la praline à mon goût. Quand on goûte aux horreurs narrées tout au long du livre, un happy end avec un départ sous le soleil couchant, ça fait un peu tâche.

Mais bon, c’est sans doute là un détail inhérant au genre, puisque Le Sang des Ambroses fait parti du cycle de Morlock le Faiseur, où l’on retrouve à chaque fois Morlock dans des tomes indépendants. Reste à savoir si Morlock réussira à gagner un charisme assez important au fil des tomes. J’espère que la suite sera publié aux éditions l’Atalante car je compte bien la lire, mais pour l’instant, pas de confirmation de leur part. Bien qu’il n’égale pas le génie des chef d’oeuvre de la Dark Fantasy, ce premier roman James Enge est un roman très agréable à lire, et place l’auteur dans la liste de ceux qui sont à suivre pour les prochaines années.


Je vous parlais récemment de l’habitude que j’avais pris de regarder des web-séries en mangeant à midi, faute de n’avoir rien d’autre qui puisse se regarder quotidiennement en moins de 10 minutes. Après avoir terminé les deux premières saisons de Noob, j’ai découvert une autre web-série, tout aussi geek, et nommée Le Visiteur du Futur. Cette fois, c’est de la Science Fiction, bien loin de l’univers du MMORPG, puisque c’est de voyage dans le temps et autres incohérences du continuum-espace-temps dont on va parler. Synopsis ?

Le Visiteur du Futur de François Descraques Saison 1

Nous sommes en 2009, et Raph a ce qu’on pourrait appeler une vie paisible. Enfin, c’est un jeune à la vingtaine, qui vit normalement quoi, jusqu’au jour où un taré débarque pour l’empêcher de jeter une canette dans une poubelle. Il viendrait soit disant du futur, et si Raph jette cette canette, il signe plus ou moins la fin du monde comme il le connaît. Puis le visiteur repart, et comme si de rien n’était, Raph jette la cannette. Malheureusement, l’étrange visiteur va continuer de venir, encore et encore…

Bon, vu comme ça, le synopsis ne donne pas très envie. Et j’avoue que c’est difficile de faire mieux vu les trois premiers épisodes de la série, qui vont tout trois s’axer sur le même schéma: notre héros s’apprête à faire quelque chose, le visiteur débarque et l’en empêche, lui racontant les conséquences qui seront causées par son acte s’il le perpétue. Pollution due à une canette, crise économique à cause d’un morceau de pizza périmé, les causes sont toutes plus farfelues les unes que les autres. Mais c’était là pour l’équipe je pense un test, histoire de voir si le projet pouvait tenir la route. Et heureusement, il le tenait et c’est à partir du quatrième épisode que le scénario se fait sentir, un scénario qui va s’étendre sur les 19 épisodes qui suivront.

Au début simple running-gag, la série de François Descraques va vite prendre son envol et nous révéler un scenario à la fois loufoque et génial, qui m’a, je l’avoue, bien pris en haleine. Il est d’autant plus génial qu’il tire très bien parti de l’hypothèse de base: le voyage dans le temps va être inventé, dans le futur bien entendu. On va donc avoir droit à des tentatives de modification du futur par le voyageur, personnage central de l’aventure avec Raph. Bref, lorsqu’on est fan de Science Fiction, ou qu’on aime les raisonnements à base de Et si… où des incohérences complètes finissent toujours par arriver, on ne peut qu’aimer.

Le Visiteur du Futur de François Descraques Saison 1

Mais bien avant le scénario, la première chose qui surprend, c’est la qualité générale des épisodes de la série. Ils sont certes courts, un peu comme pour Noob, mais le jeu des acteurs est bon, les sons collent bien, les rares effets spéciaux ne font pas cheap. Non, le tout est maîtrisé, et c’est donc une web-série de très bonne qualité à ce niveau là, plus ou moins proche du niveau visuel des publicités à la télévision (des bonnes j’entends). On est à des années lumières du niveau de Noob, l’autre série phase française. Et pourtant, le côté futuriste est toujours casse gueule, tant la frontière du cheap est aisée à traverser. Ce n’est pas le niveau du cinéma ou des séries américaines, mais vraiment pas si loin quand on considère les moyens de l’équipe. Plus Belle la Vie n’a qu’à bien se tenir, avec une poignée d’acteurs inconnus, François Descarques et sa pauvre caméra arrive à faire un truc qui tiennent bien plus que la route.

Le Visiteur du Futur de François Descraques Saison 1

Je sais pas pourquoi, mais entre la veste verte, les mitaines et les lunettes, ça me fait penser à Naruto...

Simple divertissement au début, Le Visiteur du Futur est vite devenue une série dont j’avais envie de découvrir la suite. Et elle a réussi à se renouveler à de nombreuses reprises, avec des épisodes qui resteront dans ma mémoire pour longtemps. Je parle notamment du Docteur, un personnage complètement génial, ou bien l’épisode nommé La Dépression.

Côté personnages, on est là aussi à un très bon niveau. Bien que les protagonistes n’aient pas de réelle personnalité, on ne connaît pas leurs goûts, on ne les cerne pas toujours, cela ne choque pas vraiment. Après tout, quand on fait des épisodes d’une durée moyenne de cinq minutes, difficile de faire autrement. On a donc droit à quelques stéréotypes, bien utilisés, qui ne gênent pas le moins du monde, ni ne déplaisent. Encore une fois, on est loin de la médiocrité de certains personnages de la série Noob.

Au final, je ne peux que vous inviter à regarder cette web-série si ce n’est pas encore fait. Le travail de l’équipe de François Descarques et de ses acteurs est tout simplement génial, et vu la durée des épisodes, se serait un crime de ne pas en prendre le temps. C’est par ici que ça se passe. Reste plus qu’à espérer que la Saison 2 sera à la hauteur !


Laurell K. Hamilton ne vous est évidemment pas inconnue si vous suivez if is Dead. En effet, c’est la reine de la Bit-Lit, à savoir, la créatrice d’Anita Blake, la charismatique nécromancienne. Alors que je n’ai pas dépassé le tome 7 de cette première série, sa deuxième du genre, Merry Gentry, vient juste d’être rééditée par les éditions J’ai Lu, collection DarkLight, avec bien entendu une superbe couverture. Il ne m’en fallait pas plus pour lire ce roman écrit en 2000, et titré Le Baiser des Ombres. Synopsis ?

Le Baiser des Ombres, Merry Gentry Tome 1, de Laurell K. Hamilton

Meredith NicEssus est une princesse Sidhe, ou dans vocabulaire plus compréhensible, quelque chose de comparable aux Hauts Elfes. Elle est mi-Fey, mi-humaine et a quitté la cours il y a trois ans. Depuis, elle se fait passer pour humaine et bosse en tant que détective dans un cabinet dédié au paranormal. Sauf que, évidemment, son passé va la rattraper.

Le roman commence très bien. Notamment par le monde, que l’on sent dense et fouillé. L’outre-monde côtoie notre monde, les Sidhes sont organisés en cours, avec les Seelies et les Unseelies, la lumière et les ténèbres quoi, avec des pouvoirs et tout. Bref, c’est fouillé et Laurell K. Hamilton nous montre encore une fois qu’elle est vraiment douée pour créer des backgrounds fouillés et captivants. Nous sommes en présence d’une sorte d’Uchronie car à un point donné de l’histoire, l’outre-monde s’est révélé. On sait par exemple que les Fey ont pris part à la seconde guerre mondiale… Bref, j’espère qu’on en apprendra plus sur ce côté alternatif de l’histoire.

Les fans noteront évidemment de nombreux points communs avec Anita. Meredith est petite, travaille en tant que détective, elle est entourée par des beaux gosses, les Unseelies pourraient être vus comme des vampire au niveau de leur dangerosité ainsi que de leur beauté… Bref, un simple copié-collé ? Oui et non. Je pense que pour les fans, c’est agréable, on prend vite ses marques. Mais du coup si vous n’avez pas aimé Anita, vous n’aimerez sans doute pas Merry.

Le Baiser des Ombres, Merry Gentry Tome 1, de Laurell K. Hamilton

L’histoire par contre est d’une lenteur…  Entre Merry qui pense beaucoup -au sens propre du terme j’entends, elle réfléchit- et les pages entières sur les descriptions vestimentaires, ça en fait de la page inutile. Car oui, dès qu’un personnage entre en scène, on nous décrit son visage, ses cheveux, ses fringues, la marque de ses fringues, l’adresse de son tailleur, bref la totale. Ce penchant était déjà là dans Anita. La différence c’est que au moins Merry a de bons gouts (car les Nike et les survets d’Anita…). En soit, les descriptions sont normales pour un bouquin, mais de là à décrire toute la garde-robe de chaque personnage… Bref.

Ça ne démarre réellement qu’à la page 300, et là, on est juste abasourdie par le retournement de situation qui va servir de prétexte à la série. Mais quand je dis abasourdie, c’est dans le mauvais sens. Imaginez, on se suit une enquête, très conventionnel en soit. Et puis on découvre un espèce de complot, et une révélation, dont le seul but sera de… faire coucher l’héroïne avec tout un groupe d’homme. Et plusieurs à la fois si possible. Et bien sur elle est obligée, la pauvrette. Heureusement, comme par hasard, ils sont super beaux gosses, et doivent avoir de longs membres, des tentacules, ou se transformer en phoque pendant l’acte. Vous pensez peut être que j’exagère un peu, mais non, l’idée est là. Du délire, mais du mauvais.

Le Baiser des Ombres, Merry Gentry Tome 1, de Laurell K. HamiltonContrairement à Anita ou l’omniprésence du sexe s’établit petit à petit, avec Merry, dès le premier tome on est en plein dedans, et profond. J’avoue que je ne m’y attendais pas. Car l’héroïne a beau dire qu’elle est sexy et sensuelle, de là à s’attendre à des partouzes programmées, il y a plus d’un pas. Alors pendant 200 pages, Merry s’interroge (lequel prendre en premier, etc…), couche, et puis sur les vingt dernières pages, ça se calme. Et ça redevient un vrai roman.

Je ne sais pas trop quoi en penser, alors j’ai enchainé avec le deuxième tome, pour voir. Le monde est très intéressant, et cette idée de monde alternatif me font envie. Cependant, l’histoire n’avance peu ou pas, et les scènes de sexe trop nombreuses et sans aucune justification scénaristiques sont gênantes. A moins d’être fan des derniers Anita, pour le moment je ne vous conseille malheureusement pas la série. Peut être que le tome 2, La Caresse de l’Aube, me fera changer d’avis.


Intuitions, Tome 1, de Rachel Ward

dabYo dans Critiques, Livres le 19 août 2010, avec 5 commentaires
Critiques

Le Fantastique a toujours eu le vent en poupe au rayon jeunesse, mais il l’a plus que jamais dans la littérature pour adolescente depuis le tabac de Twilight. On a l’impression de se répéter, et pour cause, nombreux sont les livres à sortir chaque mois. C’est sur cette même vague que surf le roman de Rachel Ward nommé sobrement Intuitions et arborant une couverture assez jolie. Un œil, simplement, entouré de numéros… Mais que veulent bien dire ces numéros ? Et bien, pour cela, il va falloir lire le synopsis qui va suivre. Synopsis !

Intuitions de Rachel Ward

Jem est une adolescente à problèmes, presque ce qu’il y a de plus normale. Sauf que, non seulement sa mère était une droguée qui a préférée la dope à sa fille, mais en plus, elle a une sorte de don qui ne lui rend pas la vie facile. En effet, dès qu’elle plonge son regard dans celui d’un inconnu, elle ressent une sorte de numéro qu’elle peut lire. Un numéro qui indique une date. Une date qui indique, tout simplement, le jour où cette même personne mourra. Depuis qu’elle s’en est aperçue, impossible pour elle de vivre normalement, et d’oublier.

A priori, je n’étais pas la cible idéal pour ce roman récemment édité par Michel Lafon. Et j’avoue qu’après l’avoir terminé, je ne pense toujours pas l’être. Mais avant d’entrer dans le contenu, parlons de la forme. La plume de notre auteur, Rachel Ward, est plutôt simple et facile à lire. Les phrases sont courtes ce qui est bon pour la compréhension du texte. Mais l’ensemble reste tout de même assez simple, simple et efficace. Notre narrateur n’est autre que Jem, l’héroïne, et c’est à la première personne que nous allons suivre son histoire. Au présent tout ce qu’il y a de plus direct, en fait.

Rachel Ward

Rachel Ward

Le récit se déroule sur trois cents pages, écrites assez gros et avec beaucoup d’émargement. C’est organisé en 40 chapitres, ce qui assure un sorte de dynamisme à la lecture avec des chapitres rapides à lire. Et pour cause, puisque toute l’œuvre va s’articuler autour d’une sorte de course poursuite, où l’héroïne va se retrouver traquée contre son gré. Éditions Michel Lafon oblige, le livre est tout de même superbe, avec un papier agréable à feuilleter et des motifs qui nous rappellent la couverture à chaque changement de chapitre.

Là où le bât blesse un peu plus, c’est sur les personnages. Comme c’est un livre pour adolescent, notre héroïne est un peu rebelle sur les bords. Et si vous nous lisez régulièrement, vous devez savoir que lorsque c’est mal dosé, ce détail peut vite nous taper sur les nerfs. Autant le dire directement, Jem est très souvent casse-pieds. Du moins, elle reflète bien ce que l’on peut remarquer chez les adolescents, qui font de petits détails toute une montagne, et de choses plus importantes qu’un petit détail. Là dessus il n’y a pas à dire, l’héroïne risque de plaire à son lectorat. Entre son côté rebelle et fucklasocietytousdespouris, elle fait dans le populaire.

Intuitions de Rachel WardMalheureusement, lors d’une lecture d’un point de vue adulte, ce genre de détails est beaucoup plus dérangeant, et on a du mal à la suivre dans ses aventures. Aventures qui sont bien entendu causées par son mystérieux don. Il faut savoir que ce don n’est pas du tout expliqué. Il est là, c’est comme ça, mais on ne sait ni comment il vient, ni comment il part, ni comment il marche. Il y a une petite tentative, par ci par là, mais cela semble être réservé pour la suite de la série, puisque le dernier chapitre termine sur une sorte de cliff-hanger. Je vous rassure cependant, le livre a bien une fin et peut être lu sans jamais poursuivre la série.

Du coup, ai-je aimé ou non ? Et bien, c’était sympathique à lire, et je pense qu’une adolescente y trouvera autant sinon plus de plaisir qu’en lisant un Twilight. Par contre, les adultes peuvent eux passer leur chemin, il y a vraiment plus intéressant à lire dans le rayon jeunesse. Les stéréotypes sont bien trop présents et lorsqu’on a l’habitude de la lecture, si on ajoute ça à une adolescente difficile à supporter, la lecture est parfois douloureuse. A réserver aux amatrices du genre, donc.


Les Manuscrits de Kinnereth de Frédéric Delmeulle est un roman sorti en juin 2010 aux éditions Mnémos, c’est le deuxième tome d’un diptyque de Science Fiction de l’auteur. On m’a assuré qu’il n’était pas nécessaire d’avoir lu le premier pour comprendre celui-ci et après coup, je suis enclin à le croire. J’ai mis plutôt longtemps pour lire cette ouvrage, mais c’est parce qu’il a levé pas mal de questions. Notamment qu’est que je vais bien pouvoir en dire dans ma critique ?, qui m’a trotté dans un coin de la tête durant toute ma fin de lecture. Ce roman est-il sympathique mais moyen, ou un coup marketing-provoc raté ? Peut-être un premier élément de réponse dans le synopsis.

Les Manuscrits de Kinnereth de Frédéric Delmeulle

Sphinx est une chercheuse en histoire dans notre futur proche, réduite à accepter des boulots moisis pour la télé. Un jour, un inconnu débarque dans son bureau avec des manuscrits mystérieux et des révélations sur Child son ex-mari qui a disparu il y a dix ans. Ni une ni deux, elle rassemble une petite bande composé du groupe de musique du paternel de Child, ainsi que sa fille, et zou direction la Palestine où les attendent des découvertes bouleversantes.

J’ai peut être forcé le trait mais j’ai trouvé ça un peu surréaliste comme début. En même temps, vu ce qui m’attendais, ça n’aurait pas du me faire broncher. Parce que ma phrase fétiche pendant ma lecture était un fameux « mais bien sûr« . Notamment au moment de la scène de sexe réglementaire, ou bien lorsque nos héros deviennent potes avec un personnage historique hautement connu dans une certaine religion. Le thème, c’est le voyage dans le temps et les conséquences de la modification du continuum espace-temps. Enfin je crois, je n’en suis pas très sûr. La manière dont c’est amené est plutôt intéressante mais manque de détails, notamment sur le comment ce machin est arrivé là. Je regrette aussi un peu un quelques éléments inutiles à l’aventure, par exemple nos personnages sont poursuivis par des méchants en voiture. Ces derniers vont au tas et l’aventure se déroule ensuite sans encombre. Je ne les trouve pas très insistants comme méchants ou alors… Non, ça ne peut pas être ça, justifier un truc plutôt de second plan avec la révélation quatre cents pages plus loin ça me parait un poil exagéré.

Les Manuscrits de Kinnereth de Frédéric Delmeulle

En ce qui concerne les personnages, ils sont plutôt dans le genre effacés, l’auteur privilégiant la découverte de la Palestine au Ier siècle, très bien décrite d’ailleurs à mon avis. Je dois avouer qu’en dehors de Child et Sphinx je ne suis pas capable de citer d’autres personnages par leur nom. Il y a un râleur, un ultra religieux, une ado en rébellion, etc… Bref une panoplie assez classique individuellement mais plutôt originale à l’échelle du groupe, bien qu’ils ne laissent pas un souvenir très vivace.

L’histoire se passant dans le passé, en Palestine, on donne une part assez conséquente à la religion chrétienne, tout en la bidouillant. Judas, des messages codés dans les évangiles, Jésus dit cul bordé de nouilles, tout ça ridiculise un peu le mythe. Ce ne serait pas pour me déplaire si ça ne m’avait pas laissé un arrière goût de frustration du catéchisme.  Cependant, après avoir lu une interview de l’auteur, cela n’a pas l’air d’être le cas. Je passerai sur la révélation finale, bien originale et qui nous lance sur des réflexions sur l’humain et sa place sur la planète. Cette dimension un peu écologiste aurait sans doute gagnée à être introduite plus tôt.

Les Manuscrits de Kinnereth de Frédéric DelmeulleLa narration est faite à la première personne par notre inconnu du début. Le fait qu’il ne soit pas le personnage principal, ce rôle étant dévolu à Sphinx, dont il peut être considéré comme le sidekick, apporte une certaine fraicheur dans la vision de l’histoire. Je pense même que c’est l’élément qui m’a empêché de ranger mon intérêt pour ce livre dans ma poche. Ça se lit plutôt bien dans l’ensemble et on ne s’ennuie pas à la lecture. La couverture de Manchu est plutôt sympa mais elle crame un peu la surprise, et ça, c’est dommage.

C’est donc un roman de Frédéric Delmeulle en demi teinte, malheureusement perclu de grosses ficelles. Après une rapide recherche sur le net, je me suis rendu compte que je ne suis pas le seul à le penser. Je suis un peu déçu aussi, je m’attendais à mieux vu les bonnes critiques qu’avait reçu le premier tome. Toutefois, je lui ai trouvé un petit coté sympathique, pas forcément grand chose, mais peut être suffisant pour qu’on lui laisse sa chance.


Honte sur nous, nous avons un peu oublié le MdM du dimanche au cours de cet été. Mais il n’est jamais trop tard pour reprendre les bonnes habitudes. Aujourd’hui je vous propose de découvrir un morceau excellent des Nefilim. Ceux qui me connaissent doivent penser là aux Fields of the Nephilim que nous avons vu au Hellfest 2010 notamment.

Et bien, oui et non. Ce n’est pas la même chose, bien que les deux groupes partagent Carl McCoy. Là où Fields font du Goth à la Sisters of Mercy, Nefilim font du Metal. Nefilim c’est un peu le pont entre la musique gothique et le métal, car les deux scènes ne sont pas si proches qu’on peut le croire. Nefilim font partie des rares groupes à mériter le sobriquet de Gothic Metal. Le groupe a sorti un seul album, Zoon en 1996 qui mèle les influences gothiques de Fields, du Death et de l’Industrial. A cela on peut encore ressentir (quoique plus discrètement) l’influence d’Ennio Morricone sur le travail de McCoy.

Voila qui devrait plaire aux metalleux du coin  et leur permettre de découvrir peut être l’univers des Fields. Le clip est comme il se doit, halluciné, un brin flippant.  tout comme les paroles, très mystiques. Aujourd’hui, Nefilim est mort, et Fields of the Nephilim n’a plus que Carl McCoy comme membre, et le dernier album Mourning Sun peut être vu comme une suite de Zoon. D’ailleurs, Zoon III et Penetration (le morceau du clip) ont été joués au Hellfest !


Le Huit de Katherine Neville

illman dans Critiques, Livres le 14 août 2010, avec aucun commentaire
Critiques

Le Huit de Katherine Neville est un roman publié en 1988. C’est le premier de cet auteur et on se retrouve ici face à un Thriller post-moderne à tendance historico-mystico-rocambolesque contenu dans un pavé de pas loin de 1000 pages. On est jamais à l’abri de bouquin qui ne nous plaisent lorsqu’on fait un random pour sa liste de challenge ABC. Un petit synopsis pour comprendre ma douleur…

Le Huit de Katherine Neville

Un jeu d’échecs aux origines étranges avait été donné à Charlemagne par des Maures pendant son règne. Mais ce jeu semble recéler un lourd et terrible secret. Son nom, le jeu Montglane. Nous suivrons le destin de deux femmes séparés de 200 ans. Mireille, une jeune religieuse française du couvent de Montglane au moment de la révolution française, et Catherine Velis une Mary-Sue ?!? ou un manque d’inspiration, informaticienne américaine dans les années 70. Elles vont se retrouver impliquées contre leur gré dans une partie d’échecs mortel, une partie qui va les mener jusqu’à une contrée mystique, l’Algérie.

Pour la suite, on va dire que c’est « Bienvenue au pays des coïncidences coïncidence« . J’ai rarement vu ça, j’ai eu l’impression dans certains passage de lire deux fois la même chose, à une différence près, cela se passait à 200 ans d’intervalle. Et ça, sur un bouquin aussi long, c’est frustrant. Cela nous amène à un autre problème, le manque quasi total de suspense. Je ne me suis jamais senti surpris par la tournure des évènements. Seules 2 ou 3 petites révélations sont venus ponctuées pour moi la fin de ce roman.

Katherine Neville

Katherine Neville

Venons en au rythme du roman, c’est lent. La première partie des tribulations de Catherine à New York  sont d’une telle lenteur qu’inconsciemment je crois bien que j’en ai lu des pages en diagonale. Certains me rétorqueront qu’il y a de la fusillade, de la course poursuite (à pied), et je répondrais que ça ne m’a pas empêché de caler. Heureusement, une fois débarqué en Algérie, on passe de la trottinette à la décapotable et c’est tout de suite plus agréable à lire. Cela représente un bon tiers du livre, yeah de l’action, enfin. Cette partie est franchement un cran au dessus du reste du roman et est dépaysante. On  découvre une Algérie pleine de mystères et fascinante au travers des différentes ethnies qui la peuplent. A mon humble avis, c’est le meilleur passage du bouquin même s’il ne suffit pas pour rattraper le reste.

Un petit truc que je n’ai pas trop aimé au niveau des personnages, c’est qu’ils sont plutôt stéréotypés, entre par exemple, le génie de l’informatique qui ne laisse pas de trace de lui, et le russe balaise qui bosse avec  le KGB. Sans compter notre héroïne, une femme forte qui s’assume mais dont on a l’impression qu’elle est plutôt lente à la détente.

Concernant les passages pendant la révolution françaises, l’auteur se sert d’évènements réels pour introduire les éléments de son histoire qui sont  plutôt bien intégrés. Malheureusement, ces passages m’ont laissé une impression étrange, comme si ils avaient été écrits à des périodes différentes. Cela nuit à la fluidité du récit vu qu’ils sont intercalés entre chaque phase se déroulant dans les années 70.

Le Huit de Katherine NevilleMention spéciale à la partie d’échecs du russe Solarin où l’auteur a su rendre ce sport cérébral dynamique. D’ailleurs, en parlant d’échecs, qui est le thème centrale du livre quand même, on sent une très forte recherche documentaire à ce sujet avec notamment des citations de personnages célèbres et de grands maîtres à leur propos entre les chapitres. Un plus indéniable pour se plonger dans le livre, et aussi très intéressant quand on est à la recherche de phrases toutes faites pour paraître intelligent en société.

Je peux difficilement conseiller ce livre, il faut plutôt en vouloir pour le finir et à posteriori, je me serais bien passé de sa lecture. A la limite, si vous cherchez une autre vision de l’Algérie, magique et envoutante, et que vous ne vous endormez pas sur la partie se déroulant à New York, pourquoi pas. Les bons passages ne contrebalancent pas suffisamment les mous du genou pour moi. Un comble pour un Thriller en fait. M’enfin bon, c’est peut être que je suis trop habitué à lire des romans sous stéroïdes. A savoir aussi, apparemment une suite est sortie, The Fire, mais franchement vu comment celui-ci finit je ne vois pas trop de quoi elle pourrait parler, et je me vois surtout mal la lire.