The Tudors est une série que nous aimons beaucoup mais dont nous ne vous avions jamais parlé jusqu’à présent. Nous profitons de sa rediffusion à partir du 3 août sur Arte pour le faire. Cette série raconte le règne et surtout les amours de Henri VIII, mythique souverain anglais et accessoirement à l’origine de l’église Anglicane. Quatre saisons ont été tournées et la série est terminée, la seconde saison sera sans doute diffusée à la rentrée sur la chaîne publique française. Synopsis ?

Les Tudors Saison 1 et 2

Henri VIII est marié à Catherine d’Aragon, d’origine espagnole. Cependant, cette dernière n’arrive pas à lui donner un héritier mâle. La tension entre les deux est importante. Henri est évidemment un coureur de jupon invétéré, mais finit par tomber éperdument amoureux d’Anne Boleyn. Désirant divorcer, Henri crée là un conflit direct avec l’église de Rome, et donc le pape. Un conflit dont tout le monde connait l’issue.

En effet, comme le dit le générique, Vous pensez connaître l’Histoire, mais vous ne connaissez que la fin, pour en atteindre le cœur , il faut la reprendre au début. La plupart d’entre nous connaissent l’Histoire, et l’issue de ses amoures tortueuses. Ce qui est intéressant c’est vraiment de comprendre comment on en est arrivé là. Évidemment, les histoires de roi, ca veux dire de la machination politique, de la manipulation, bref, quelque chose qu’on aime beaucoup ici. Je sais que le fait que ça passe sur Arte fera peut être peur à certains mais je vous assure que la série est tout à fait passionnante. Ce n’est pas ennuyeux.

Les Tudors Saison 1 et 2

On suit avec plaisir les intrigues politiques dans le climat très troublé de l’époque. Et on assiste peu à peu au schisme que l’on connait entre l’église d’Angleterre et celle de Rome. Et il faut dire que c’est bien mené. Le mélange entre politique et vie privée est bien dosé. Les acteurs sont convaincants et le scénario amène en douceur les problématiques et les protagonistes des machinations. Si vous ne connaissez pas cette période, je ne peux que vous dire de regarder, ça vous cultivera un brin. Mais attention à ne pas prendre tout au pied de la lettre !

Je préfère le dire tout de suite pour les amoureux de l’histoire, c’est très très libre. Que cela soit au niveau chronologique ou au niveau de la réalité historique. Par exemple, Henri n’a qu’une sœur dans la série, dont l’histoire est un mélange entre l’histoire de Marie Tudor (sœur cadette de Henri) et de Eleonore de Habsbourg, une reine de France et dans la série elle s’appelle Margaret (sœur ainée de Henri) entre autres. Il ne faudra pas crier au scandale et accepter que la fiction ait besoin de prendre de la distance pour le bien de la série. Par exemple, Marie la sœur du roi a été appelée Margaret pour que personne ne la confonde avec Marie la Sanglante (Bloody Mary), fille de Henri. Faut dire qu’ils avaient un peu tous le même prénom à l’époque.

Les Tudors Saison 1 et 2

A cela il faut surtout rajouter que la série est magnifique. Les costumes comme les décor sont un véritable ravissement pour les yeux. J’ai été assez perplexe sur le choix de Jonathan Rhys Meyer pour le rôle de Henri, car il a un coté trop playboy effémine, mais en réalité au fil des saisons il s’impose comme un Henri crédible. On notera aussi le personnage de l’excellent Cromwell qui est joué par James Frain que vous pouvez en ce moment même retrouver en tant que Franklin Mott dans True Blood, et bien sûr, l’envoutante Anne Boleyn jouée par Nathalie Dormer.

Au final, c’est une série historique comme on n’en voit pas souvent. Évidemment avec de grandes libertés, mais une distribution de qualité et des scénarios bien ficelés. Si vous ne l’avez pas encore vue, c’est l’occasion de la découvrir.


Ceux qui sauront de Pierre Bordage

illman dans Critiques, Livres le 29 juillet 2010, avec 1 commentaire
Critiques

Ceux qui sauront est un des derniers romans écrits par Pierre Bordage. Il est sorti en 2008 au rayon jeunesse, et a récemment été édité par J’ai Lu dans sa version poche. Je me sens un peu honteux de ne pas avoir lu d’ouvrage de cet auteur français avant mais bon, il faut un début à tout. C’était aussi la première fois que je lisais une Uchronie. C’est donc un regard neuf et frais que je vais porter sur ce roman. Synopsis.

Ceux qui sauront de Pierre Bordage

La révolution n’a pas suffit à faire tomber les têtes couronnées et les aristocrates. Il y a eu une deuxième restauration en 1882 et celle-ci a perduré. Le peuple continue d’être opprimé et l’école n’est jamais devenu ce qu’elle aurait du être à cause de l’assassinat de Jules Ferry. Quel meilleur moyen de garder le peuple à sa botte, qu’en le laissant dans son ignorance. Les révoltes éclatent au fil des ans, ne laissant qu’un sillage de sang derrière elle. On suivra le destin de deux jeunes, celui un fils d’ouvrier Jean, et celui d’une fille de bonne famille, aristocrate de par sa naissance, Clara.

Replaçons nous dans le temps, nous sommes en 2008. Imaginez la France au dix-huitième siècle, rajoutez une sorte de réseaux mondial du type internet réservé à l’élite et à ceux qui savent où chercher, quelques moyens de transports plus évolués comme la voiture et deux ou trois avions, et voilà vous avez le paysage de notre livre. C’est très industriel et on se retrouve dans un marasme de crise où l’on délocalise dans les colonies.

Ceux qui sauront de Pierre Bordage

De ce coté, c’est noir et bien réussi même si niveau technologie je suis assez surpris que cela reste aussi classique et basique, et ce même pour les riches. La misère est palpable chez le bas peuple et l’opulence indécente chez les aristocrates. L’auteur narre les arrestations, les exécutions et la violence de manière assez réalistes. On ressent une certaine cruauté chez les protagonistes. Ça m’a paru peut être un poil fort vu le lectorat qui semble être visé, soit le public adolescent.

Le thème principal du livre, outre la luttes des classes, c’est l’éducation. Sans elle, il n’y a rien. Quand elle n’est pas là, nous sommes toujours à la recherche du savoir et le savoir ici, c’est le pouvoir. Les éléments de l’intrigue tournent tous plus ou moins autour des écoles clandestines. Cependant, j’ai tout de même ressenti comme de la sous-exploitation de certains passages qui auraient pu être un poil plus fort, par exemple la mort du père d’un des personnages qui parait anecdotiques au vu de la réaction des intéressés.

Ceux qui sauront de Pierre BordageUn détail dont nous aurions malheureusement pu nous passer, c’est la romance téléphonée entre les deux adolescents, Clara et Jean. Comme vous vous en doutez depuis le début, ça se la joue à la Roméo et Juliette, mais un Roméo et Juliette un peu trop proche d’un mauvais roman à l’eau de rose, genre Nous Deux. J’ai trouvé que c’était assez niais et pas émouvant pour un sou. D’un autre côté, c’est pour adolescents, et peut être que si j’avais vu Twilight à l’époque, j’aurai trouvé ça bien moins niais.

En conclusion, c’est un roman qui plaira je pense aux adolescents en mal d’univers sombres, et qui est peut être à conseiller dans le cas d’un passage à la lecture dite pour adulte. Même si l’Uchronie est très réaliste, j’aurai cependant du mal à le recommander à un lectorat plus exigeant. Cela dit, on me souffle dans l’oreillette que Pierre Bordage a par ailleurs écrit d’autres romans de très bonne qualité, comme par exemple les Fables de l’Humpur qui aurait sans doute plus leur place sur votre table de nuit, en tout cas il est sur la mienne, et c’est là encore disponible en poche aux éditions J’ai Lu.


Début juillet nous avons profité de la Japan Expo pour monter le temps d’un court sur week-end. Au programme, outre l’exposition japonaise pour laquelle notre intérêt baisse chaque année, nous avions prévu de visiter l’exposition Museo Games du Musée des Arts et Métiers. Vous avez peut être entendu parler de cette exposition qui s’étend sur 600m² et a pour vocation de nous faire revivre 40 ans de Jeux Vidéo, avec un grand J et un grand V. Bon alors, ça vaut ses 5€50 ?

Logo Exposition Museo Games à Paris

Alors déjà, comme nous sommes encore étudiant cette année, c’était 3€50 pour nous. Et je dois vous avouer qu’encore heureux. Car soyons honnête Museo Games m’avait l’air bien petit pour que ce soit réellement étendu sur 600m². J’ai peut être une mauvaise appréhension de l’espace, mais je ne pense pas que ce soit aussi grand. On fait malheureusement assez vite le tour, et si vous n’avez pas prévu de jouer aux jeux vidéo exposés, vous aurez bouclé la visite bien vite. A ce niveau là, la seule consolation est l’aspect visuel qui est tout de même assez recherché.

On a comme promis plusieurs salles, mais ces salles ont beau avoir des noms super aguicheurs, il faut bien avouer qu’on est loin du compte. Les salons d’écoute ne sont pas vraiment agréables, et si vous êtes plus de deux c’est impossible de suivre. Il y a bien une salle d’arcade, mais la moitié des bornes ne marchaient pas quand nous y sommes allés. C’est bien dommage d’ailleurs, car c’était une partie intéressante. Gageons que nous n’avions pas de chance ce jour là.

Exposition Museo Games à Paris

Le vrai point noir est le premier espace, celui dit de Collection. On nous promettait des dizaines de vieilles consoles. C’est vrai qu’il y en a, mais la plupart sont dans leur carton, entassées n’importe comment derrière des grilles. On a vraiment vu mieux pour pouvoir appréhender les bêtes. Je sais que les grilles sont indispensables pour éviter les vols, mais les consoles auraient pu être disposées dans une grande pièce, sous verre, par exemple. Bref, à moins d’être un fan hardcore et de vouloir voir une Jaguar en vraie (que vous possédez sans doute déjà dans ce cas), j’ai trouvé ce passage assez fade.

Cependant, il y a un dernier espace qui sauve le tout, celui du jeu. Cette fois ci, les consoles sont réellement accessibles, enfin, les manettes pour être exact. On peut donc les prendre en main pour jouer à une sélection de titres qui sont sensés nous montrer l’évolution du jeux vidéo, en partant de Pong et en finissant sur Xbox. Certains titres sont jouables à deux, voir à quatre pour Golden Eye. Idéal donc si vous regrettez de ne jamais avoir pu mettre la main sur la version originale de Pong, qui d’ailleurs est surprenante si vous n’avez pas chercher à la découvrir sur Internet. On a le droit à de nombreux classiques, comme Mario, Space Invaders, Alex Kid, Mario Kart, ou encore, coup de cœur de l’exposition, Rez sur Dreamcast.

Exposition Museo Games à Paris

Une Jaguar derrière des grilles... Non nous ne sommes pas au Zoo, mais au Museo Games.

Alors on pourra débattre une éternité sur le choix des titres. Golden Eye est certes un jeu marquant, mais bien moins que la première claque 3D qu’était Super Mario 64. Pourquoi un jeu de tennis sur Xbox quand Halo révolutionnait le genre FPS pour console ? Bref, peut être que les titres tournaient.

Dans tous les cas, difficile de conseiller ou déconseiller l’exposition. Ça ne vaut pas le plein tarif, mais ça peut être sympa à visiter si vous passez dans le 1er arrondissement de Paris. Attention par contre, car la visite est limitée dans le temps pour que vous ne puissiez pas squatter les consoles. Vous ne pourrez pas profiter de votre visite plus de 45 minutes, et comme cela marche pas créneaux, c’est un peu contraignant. Cela fait cependant plaisir de voir une telle exposition sur les jeux vidéo, après les nombreux déboires du Musée des Jeux Vidéo à la Défense.


Blue Exorcist, Tome 1, de Kazue Kato

Serafina dans Critiques, Livres, Manga le 26 juillet 2010, avec 2 commentaires
Critiques

Blue Exorcist, ou Ao no Exorcist en version originale, est un manga de Kazue Kato qui m’a tapé dans l’œil lorsque j’ai vu sa superbe couverture. La série a débuté au japon en 2009 et quatre tomes sont déjà sortis au pays du soleil levant. Le premier tome vient de paraitre aux éditions Kaze Manga. Servi par une très jolie couverture, il est édité dans la collection Shonen Up. Synopsis ?

Blue Exorcist, Tome 1, de Kazue Kato

Rin est orphelin. Il a été adopté par un exorciste de renom. Sauf que ce que Rin ignore encore, c’est qu’il n’est autre que le fils du diable en personne. Et quand ce dernier décide de venir le chercher, il ne se laisse bien entendu pas faire. Il décide de devenir exorciste et pour cela va rejoindre l’académie des exorcistes: L’Académie de la Croix Vraie.

Comme je le disais, la couverture est très jolie et très dynamique. Le dessin à l’intérieur en est à la hauteur. Le trait est vivant, alternant sérieux et SD. Les visages sont dans l’ensemble beaux, et les cadrages dynamiques. Cependant, malheureusement, le style reste très commun, c’est à dire qu’il n’y a pour le moment pas réellement de personnalité. C’est proche d’un Tite Kubo mêlé à un peu de Oh Great!, mais en moins bon dans les deux cas. Bon, évidemment, comme dans tout manga du genre, on n’échappe pas aux costumes nazis, mais que voulez vous, on a l’habitude. Mention spéciale aux décors et notamment à la ville des exorcistes qui est assez impressionnante.

Blue Exorcist, Tome 1, de Kazue Kato

A ce dessin bon mais sans plus s’ajoute un scenario assez convenu lui aussi. On retrouve clairement le schéma de base, du héros, novice, qui va à l’école magique, qui n’est pas spécialement bon, qui est avec un groupe restreint de camarades. Camarades qui j’en suis sure prendront de l’importance et de la personnalité dans les prochains tomes. Pour le moment, c’est surtout des figurants, et les premiers pas de Rin dans le monde des exorcistes sont drôles, sympathiques, mais peu voir pas innovants. De plus, Rin étant fils du diable, il a évidemment une grosse réserve de pouvoir, qui va lui permettre sans doute d’être super mega bon par la suite.

Ce premier tome, comme souvent dans le manga est là pour poser les bases, notamment présenter le monde et les principes. Ici le principe est plutôt intéressant. Des exorcistes qui font des missions. Pour le moment, les missions sont plutôt des one shot, en un ou deux chapitres, et font quand même beaucoup penser à Bleach. Du moins au Bleach du début, avant qu’on n’essaye d’aller sauver Rukia. Entre exorciste et shinigami, la frontière est mince… Je pense notamment à la première mission, avec une petite fille en deuil qui m’a beaucoup fait penser à une mission d’Ichigo.

Blue Exorcist, Tome 1, de Kazue Kato

En plus d’une première page en couleur, qui malheureusement présente la même image que celle de la couverture, on notera aussi des suppléments vraiment sympathiques. Avec notamment les cartes d’identités des personnages ou entités importantes ou les croquis de recherches pour certains personnages.

Somme toute, il est difficile de réellement se prononcer sur ce premier tome de Blue Exorcist. Il y a de bonnes bases, notamment le dessin et l’univers, mais le schéma reste très classique. C’est donc un manga à suivre, pour savoir si l’évolution va se faire ou non dans le bon sens. En tout cas, pour le moment, le manga n’a rien à se reprocher et je le conseillerais chaudement a tous ceux qui aiment le Shonen dit classique, et à ceux qui n’en ont jamais lu encore.


Twilight Chapitre 3: Hésitation de David Slade

dabYo dans Critiques, Films le 25 juillet 2010, avec 26 commentaires
Critiques

Comme on dit souvent, jamais deux sans trois, et c’est donc pour respecter cette maxime que nous avons vu, pour vous public, le troisième chapitre de la saga Twilight, sous titré Hésitation. Peut être alarmé par la qualité franchement pas folichonne (pour rester correcte) de Fascination et Tentation, le réalisateur a une nouvelle fois été remplacé, par David Slade cette fois auquel on doit notamment les archi-connus euh… En fait, je n’ai vu aucun de ses films jusque là. Redresser la série était un travail colossal, mais David était-t’il à la hauteur de la tâche ? Synopsis

Twilight Chapitre 3: Hésitation

Vous vous demandez qui sont ces gens ? Moi aussi. En bonus le look d'Edward si Twilight avait été tourné dans les années 80.

Après son caprice identitaire, Edward est revenu à Fork pour vivre pleinement son amour avec Bella. Depuis son retour, ils débarquent régulièrement en amoureux superstar au lycée, avec ses lunettes ultra classe, et lisent des poèmes dans l’herbe verte sous les rayons du soleil. Sauf que voilà, la vampire dont l’âme soeur a été tué par Edward dans le premier chapitre (un type que tout le monde a oublié) compte toujours se venger, et pour cela elle a rien trouvé de mieux que d’essayer de tuer Bella !

Il y a des maximes que l’on devrait suivre dans la vie. Jamais 2 sans 3 en est certes une, mais comme le dit souvent un philosophe du web, Toutes les meilleures blagues les plus courtes ont une fin. Et visiblement, David Slade, dit mer il et fou, n’a jamais lu les forums de Gamekult et ne sait donc pas à quoi s’en tenir. Car je mets fin au suspens insoutenable qui vous assailli depuis le début de la lecture de cette chronique: non, Hésitation n’a rien de mieux que les précédents épisodes. Oui, c’est toujours aussi pourri.

Twilight Chapitre 3: Hésitation, Loups Garou Torse Nu

Mais qui a dit que le chara design des personnages n'était pas recherché dans Twilight ? Non franchement, vous avez déjà vu des types aussi ridicules ? Tortues Ninjas à part.

Mais si j’ai cité cette grande maxime, c’est avant tout parce que regarder Twilight pour se marrer ne marche plus. La surprise compensait pour le premier épisode, la recette marchait déjà moins pour le second, mais ce troisième épisode confirme la tendance: ce n’est même plus drôle de voir Kristen Stewart avoir l’émotivité d’un homard amorphe. Et il n’y a vraiment rien d’autre pour sauver la mise.

Le pire, c’est que Hésitation est tout simplement le copié-collé du deuxième épisode, qui lui même était le copié-collé du premier. Dans ce troisième épisode, il ne se passe strictement rien. Mais alors vraiment rien. D’ailleurs il suffit de lire le synopsis pour se rendre compte que c’est le même. A la différence prêt qu’on doit se taper Edward. Il y a une menace bidon, et pendant tout le film on se prépare à la bataille. Je ne parle bien entendu pas d’une bataille épique comme on peut le voir dans un Seigneur des Anneaux par exemple. Non, je parle d’une bataille banale, sans suspens, et très mal jouée.

Edward dans Twilight 3: Hésitation

Il manquait une image drôle pour que l'article soit complet.

Vous vous souvenez de ces loups moches qu’on nous avait servi dans Tentation ? Et bien, on prend les mêmes, sauf qu’en plus on les voit se battre. Vous vous souvenez de ce passage bidon de Baseball dans Fascination ? Et bien, on refait le même passage, avec peut être même une musique identique, sauf que là ils s’entrainent à se battre. Pathétique ? Oui, au plus haut point. Et je ne parle même pas des tentatives de faire de la profondeur à la mythologie vampirique, ou même à la haine existante entre les vampires et les loups.

Le comble, c’est qu’on va nous ressortir des flashbacks pour plusieurs personnages, chacun ayant un avis différent sur le fait que Bella doive ou non devenir une vampire. L’idée est intéressante, mais les flashbacks sont tellement déjà-vus, et surtout, survolés, que ça n’a vraiment aucun impact. Entre la femme violée, qui devient vampire pour être sauvée, et qui ne nous explique même pas pourquoi elle est contre, et le loup garou qui dit que c’est mieux d’être chaud, ça vole au ras des pâquerettes.

Palette émotionnelle de Kirsten Stewart dans Twlight

Et qui a dit que Kirsten Stewart avait des lacunes de jeu de scène ?

Mais bon, tout cela ne serait pas si mauvais si le jeu des acteurs était bon. Cela ne compenserait sans doute pas, mais ça jouerait dans la balance, au moment où l’on hésite entre le mot Bouse et le mot Nanar, voir Navet. Mais voilà, les acteurs principaux sont Kristen Stewart et Robert Pattinson, qui ne sont sûrement pas de grands noms du cinéma muet. Et pourtant, les dialogues restent pathétiquement vide, Bella et Edward continuant de s’échanger à longueur de temps de très intéressants Aaahhh et autres Euuuh. Ils ont beau être devenus des super-stars, on ne sait trop comment, leur jeu est toujours aussi mauvais, et on ne risque pas de les voir bien longtemps s’ils continuent.

Bon ok, le jeu des acteurs est moisi, les effets spéciaux aussi, le scénario est inexistant, mais il doit bien y avoir quelque chose à sauver ? Vous savez, le point que l’on pourrait mettre dans la colonne plus, pour dire que l’on n’est pas  totalement de mauvaise foi. Pour le premier épisode, nous avions réussi: c’était drôle. Pour le second, nous l’avions vu avec un sous-titrage russe.

Malheureusement, ce troisième épisode est juste consternant. Cela ne nous a même pas tiré un seul sourire, et c’est bien triste. Car un film de deux heures, c’est long, surtout quand c’est ennuyant. Dire qu’ils ont coupé le quatrième chapitre en deux films…


Freesia, Tome 1, de Jiro Matsumoto

dabYo dans Critiques, Livres, Manga le 22 juillet 2010, avec 1 commentaire
Critiques

Freesia est un manga de Jiro Matsumoto qui vient de se terminer sur son douzième volume au Japon. C’est un Seinen récemment édité et traduit en français par Kaze Manga, et comme j’aime beaucoup ce genre, c’est avec enthousiasme que j’ai ouvert ses premières pages qui révèlent un style graphique original et inhabituel. Mais n’en parlons pas encore, et concentrons nous sur le Synopsis.

Freesia, Tome 1, de Jiro Matsumoto

Hiroshi est un jeune homme qui vit dans un Japon parallèle. Son pays est en effet en pleine guerre contre une contrée croyante, et il a notamment des lois un peu particulières. L’une d’elle d’ailleurs, a carrément encadré le principe de vengeance. Un criminel a été puni, a purgé sa peine, mais vous lui en voulez encore ? Alors faites appel à un suppléant agréé, il se chargera pour vous d’éliminer votre cible à une heure précise, et avec une heure conventionnée pardi. Et si vous êtes l’accusé, vous avez bien entendu la possibilité d’engager des protecteurs, ou de compter sur le protecteur commis d’office.

Bref, vous l’aurez deviné, le manga s’articule sur cette loi qui semble être des plus débiles. Jiro Matsumoto va partir de ce postulat pour nous présenter une société qui semble être, de près comme de loin, des plus malades. Cette loi est d’autant plus présente que notre héros a réussi à dégoter un job en tant que suppléant assassin. Elle doit bien entendu vous faire penser à un simple copié-collé de celle de la justice que nous connaissons, mais où la violence est au centre de l’affaire. Et il faut dire que Freesia regorge de violence en tout genre, que ce soit sexuelle, physique ou morale.

Là dessus, c’est la patte graphique de Jiro Matsumoto qui étonne le plus et convient le mieux. Avec un style très crayonné, les dessins sont tout simplement superbes, mais gardent aussi ce côté brouillon qui rendent toutes les scènes violentes. J’ai vraiment apprécié le dessin, et c’est à n’en pas douter l’un des gros points forts du manga. Il ne faudra donc pas s’arrêter à la couverture dont le style est à la totale opposée, et surtout, bien moins joli. C’est dommage que l’auteur ne soit pas aussi à l’aise avec la couleur qu’avec le crayon.

Freesia, Tome 1, de Jiro Matsumoto

Entre l’histoire, le genre et le style graphique, on a donc un manga très malsain. L’ambiance est pesante, gore, et on s’attend à être choqué à chaque page. Il faut dire que l’auteur y va fort, et commence le manga avec plusieurs scènes de sexe très explicites. J’avoue que pour le scénario, cela n’apporte vraiment pas grand chose. De plus, c’est tellement poussé et détaillé qu’on ne peut même plus l’associer à du fanservice. Ces scènes mettent en général en scène des personnages qui n’ont aucun réel intérêt pour l’histoire, quand ce n’est carrément pas un viol. Cela dit, tout comme dans un Gantz, cela sert réellement à augmenter l’ambiance et la personnalité de certains personnages.

Alors on peut ne pas aimer, d’autant que certains passages sont quand même très osés, et j’avoue que leur absence ne m’aurait pas gêné. Si vous êtes totalement allergique à ce genre de scènes, la lecture de Freesia vous sera peut être difficile. Cependant j’ai tout de même trouvé que cela créait certains traits du personnage principal. En effet, ce Seinen repose aussi pour beaucoup sur les épaules de son héros, Hiroshi. Ce dernier est clairement présenté comme schizophrène, voir même inhumain. Si cela impacte beaucoup la narration du manga, où on le verra souvent parler avec des personnages imaginaires, cela justifie aussi quelque part ces scènes, car elles révèlent et mettre en exergue un autre trait de son personnage. Celui de l’indifférence totale.

Freesia, Tome 1, de Jiro Matsumoto

A côté de ça, le scénario est pour le moment assez vague. On ne sent pas de réelle trame sous-jacente pour l’heure, si ce n’est la découverte des origines de Hiroshi. On se doute qu’il va retrouver quelques connaissances via son travail, mais on n’en sait pas plus. Il est donc encore trop tôt pour savoir si, comme dans la plupart des Seinen, on aura droit à un énorme complot politique ou pas. De même, la guerre contre ce pays très croyant est à peine évoquée, comme si ça n’avait finalement que peu d’importance.

En tout cas, malgré le côté choquant, j’avoue avoir hâte de lire le deuxième tome de Freesia. C’est gore et malsain, mais aussi superbe, et me rappelle énormément les débuts d’une autre grande série du genre, j’ai nommé MPD Psycho. En espérant que le tome 2 sorti il y a moins d’un mois confirme l’essai.

Bref, retrouvez nous le prénom de cette personne, homme, femme, chien ou clown. Qu’on puisse passer au prochain crime photographique… Tout aussi pourri, à n’en pas douter.

Condemned 2: Bloodshot sur Xbox 360

illman dans Critiques, Jeu Vidéo le 19 juillet 2010, avec 1 commentaire
Critiques

Condemned 2 est un jeu des studios Monolith Productions édité par Sega et sorti en 2008. C’est la suite de Condemned (quel rigolo je suis) et c’est un First Person Shooter qu’on pourrait qualifier d’horrifique. Bon c’est un jeu à scénario, donc direction le synopsis.

Condemned 2: Bloodshot sur Xbox 360

Vous êtes Ethan, un ancien flic qui a raccroché après les affaires de Condemned où apparemment on poursuivait un tueur. Vous êtes devenu alcoolique et vous vous retrouvez de nouveau mêlé à une affaire impliquant le tueur du premier volet. Mais il y a quelque chose de louche dans toute cette affaire, et vous pourriez bien en être la cible cette fois ci.

J’ai essayé de vous faire un beau résumé mais ce n’était pas évident. Le spectre du premier épisode plane un peu trop pour qu’on puisse comprendre l’histoire en se contentant de ce Bloodshot. C’est plutôt dommage, une mise en contexte un peu plus approfondie aurait aidé à l’immersion. Malgré cela, on se laisse porter par l’histoire, même si elle est un peu bordélique. Certains passages sautent un peu du coq à l’âne, comme le passage de l’usine de jouets où on balance des poupées explosives, à un moment d’infiltration dans un musée super clean. Par contre, il faut quand même dire qu’on tombe dans le grand n’importe quoi niveau scenario à la fin.

Niveau graphismes c’est pas trop mal, mais je trouve qu’on faisait déjà quasiment aussi bien à l’époque de Doom 3, et ça commence à dater. De plus certaines textures font penser à du plastique sac poubelle à cause de l’abus d’effets de lumière. La modélisation des personnages est à la hauteur, par contre leur animation oscille entre le bon pendant les combats au tout juste réaliste pendant les déplacements.

Condemned 2: Bloodshot sur Xbox 360

Comme je le disais, on a affaire à un First Person Shooter. L’accent n’est toutefois pas mis sur les armes à feu mais bien sur le corps à corps. Une gâchette pour chaque bras, quelques combos et QTE, et vogue la galère. Dans ce système, il y a un point noir, on se retrouve tout le temps à faire la même chose, garde, contre et on recommence. Heureusement, pour apporter un peu de variété on peut compter sur les différents objets contondants et coupants mis à notre disposition, allant de la simple brique au bois de cerf en passant par des épées. Le feeling des armes à feu est assez spécial, en plus comme vous avez un problème d’alcool, vous tremblez et il faut boire un coup pour viser juste, original. Le système de santé est à mi-chemin entre le hardcore et le casual, on dispose de cellules de santé qui baissent à chaque coup reçu mais si on reste tranquille, la cellule en cours se remplit. Le jeu est aussi très dirigiste mais vu la montagne de passage scriptés, pas vraiment le choix.

Autre élément de gameplay, les enquêtes. C’est plutôt anecdotique et se résume souvent à répondre à des questions à choix multiples et à faire joujou avec des gadgets technologiques. Certains indices sont par contre impossibles à déchiffrer sur une télé cathodique, je veux bien que le monde passe au numérique mais c’est sacrément handicapant pour les autres. La bande son quand à elle ne laisse pas un souvenir impérissable, par contre les bruitages sont plutôt réussis et nous immergent encore plus dans l’élément important du jeu.

Condemned 2: Bloodshot sur Xbox 360

J’en viens en effet au point fort du jeu, parce qu’il y en a tout de même un, l’ambiance. C’est glauque à souhait et le système de combat pouvant être rapidement létal quand on ne le maitrise pas, on appréhende chaque tournant de couloir prêt à frapper les voyous qui pourraient nous tomber sur le râble. Il fait bien sombre aussi, votre lampe torche sera votre meilleur ami dans les lieux décrépis. Des émeutes éclatent partout dans la ville et on peut entendre des flashs spéciaux quand on trouve une télé ou une radio. Étant donné les petits problèmes psychologiques de notre héros, on oscille régulièrement entre cauchemar et réalité, je crois même que je me suis mis à imaginer des ombres qui passent, la paranoïa guette.

Je ne vous conseillerais pas d’acheter ce jeu, par contre si vous avez l’occasion de vous le faire prêter, ça pourrait valoir le coup rien que pour tâter de l’ambiance. Je l’ai fait sans m’ennuyer, mais je dois avouer que j’ai trouvé toute la dernière partie du jeu bidon, mal équilibré et nimportnawesque.


John Dos Passos est un grand écrivain américain né en 1896 et décidé en1970. Il est célèbre pour, en particulier, son Manhattan Transfer, et pour sa trilogie U.S.A., constituée du 42ème Parallèle, 1919 et enfin, l’objet de cet article, La Grosse Galette, sorti en 1936. De son nom véritable, Big Money en VO, ce qui, je trouve, a un peu plus de gueule, mais passons.

La Grosse Galette, trilogie U.S.A., de John Dos Passos

Si certains personnages traversent plusieurs des romans de la trilogie, ceux-ci peuvent sans aucun problème se lire dans le désordre. Lire Big Money sans les deux opus précédents, comme je l’ai fait, ne pose pas de problème. Dos Passos est sans doute l’un des plus grands représentants de la fameuse Génération Perdue, ce vivier d’écrivains de l’entre-deux guerres au style particulier, tout comme Scott Fitzgerald ou Hemingway, pour citer les plus connus. Pour l’anecdote, Dos Passos connut Hemingway et se brouilla même avec lui lorsque ses opinions politiques se firent anticommunistes.

La trilogie U.S.A. retrace la vie de plusieurs personnages distincts (douze, me souffle wikipédia), mais La Grosse Galette ne retrace la vie que de trois personnages : Charley Anderson, lieutenant aviateur revenant en Amérique après la guerre (le roman commence par son arrivée par la mer) ; Mary French, jeune fille bien née que ses idéaux conduiront à devenir une secrétaire de syndicats ouvriers ; Margo Dowling enfin, fille pauvre mais ambitieuse qui tentera de percer dans le spectacle. Le tout se déroule dans l’Amérique du début du vingtième siècle.

La lecture de la Grosse Galette est très étrange. En effet, le roman est séparé en quatre types de sections : les biographies tout d’abord, racontant des épisodes de la vie des personnages précités. Puis viennent des segments appelés Actualités, qui sont des suites de titres de journaux, de manchettes, des petits extraits d’articles, le tout entrecoupé de paroles de chansons populaires. Ensuite, d’autres parties sont des biographies de personnages réels, de grandes figures de la période du début du XXème siècle : Ford, Taylor, Insull… Enfin, les chapitres les plus étranges sont ceux appelés Œil de la Caméra, qui sont de longs morceaux de textes sans ponctuation aucune. Ces passages suivent la technique dite du « courant de conscience« , c’est-à-dire que l’auteur couche sur le papier ses pensées brutes. L’Œil de la caméra décrit ainsi sur une ou deux pages des scènes décrites par les impressions et les pensées immédiates de l’auteur.

John Dos Passos

John Dos Passos

Même si cette construction particulière peut dérouter en première lecture, on s’y habitue rapidement, car chaque partie participe à l’atmosphère particulière du livre. Dos Passos excelle dans l’exercice consistant à révéler tous les aspects de la société américaine. Il est très dur de définir l’impression que donne ce livre. Les personnages, complexes, aussi bien les principaux que les secondaires, sont d’une grande subtilité, d’une grande finesse dans leurs comportements, leurs dialogues, leurs personnalités. Le livre nous plonge littéralement dans cette Amérique changeante d’après guerre, avec une authenticité et une certaine mélancolie que n’eût pas reniée Fitzgerald. Et les biographies corrosives des grands personnages de l’époque ajoutent encore à cette ambiance, en apportant une certaine acidité au livre. Ces biographies sont dressées, à grands traits, en quelques pages seulement, avec une sobriété et une maîtrise qui forcent le respect.

Les Actualités sont également une composante essentielle de l’ouvrage ; en enchaînant simplement des « unes » de journaux ou des petits extraits, parfois choquants, parfois d’un décalage presque comique, le tout coupé d’extraits de chansons populaires, n’ayant d’ailleurs aucun rapport avec les titres de journaux (sauf lorsque ce sont des extraits de l’Internationale qui sont cités, à la fin de l’œuvre…), l’auteur plonge encore davantage le lecteur dans son roman.

L’œil de la caméra est sans doute la partie la plus difficile à lire, du fait du manque total de ponctuation et de contexte avec quoi que ce soit dans le roman. Mais si l’on fait l’effort de passer ces obstacles, ces phrases, apparemment sans aucun sens, finissent par décrire des scènes – parfois très fortes, parfois très quelconques – qui s’inscrivent parfaitement dans l’ambiance du roman.

Mais le cœur du roman, les parties les plus importantes, sont bien sûr les biographies romancées de ces trois personnages, Anderson, Dowling, et French. Le roman raconte ainsi comment Anderson revient en Amérique, à New-York, sans le sou mais avec un projet ambitieux d’entreprise d’aviation. Comment Mary French, fortement influencée par l’exemple de son père, médecin des pauvres, se tuant à la tâche pour soigner les indigents, sacrifiera sa position sociale pour devenir membre de syndicats. Et enfin, comment Margo Dowling, fille pauvre mais dotée d’un physique avantageux, tentera de réaliser ses ambitions dans le monde du spectacle.

La Grosse Galette, trilogie U.S.A., de John Dos PassosÉvidemment, il s’agit d’esquisses très grossières des vies de ces trois personnages, racontées sur plus de six cents pages ; en fait, il s’agit même de résumés des toutes premières parties introduisant les personnages. Inutile de spoiler le roman et le raconter en détail. Il suffira simplement de savoir que le roman maintient un certain suspens vis-à-vis des personnages d’une partie à l’autre. Ceux-ci ne sont pas des héros, ils prennent de mauvaises décisions aussi bien que des bonnes, ils évoluent, et leurs motivations ne sont certainement pas toujours celles de bons samaritains. Il n’y a rien d’artificiel dans leurs vies – même si ces dernières sont certainement plus mouvementées que la moyenne –, et c’est là une des grandes qualités de ce roman. Une autre étant que, malgré sa taille, jamais il ne faiblit en intérêt. Les fins des personnages, sans rien révéler, sont toutes parfaitement tranchantes et définitives, de manières complètement différentes d’ailleurs.

La Grosse Galette n’est certes pas le livre le plus facile d’accès au monde, mais une fois fait l’effort de dépasser sa construction un peu particulière, on lit un roman très riche, à l’ambiance parfaitement maîtrisée, tout en subtilité et en sobriété.


Le Prix du Sang, Vicki Nelson Tome 1, de Tanya Huff

Serafina dans Critiques, Livres le 15 juillet 2010, avec 7 commentaires
Critiques

Le Prix du Sang est un roman de Bit-Lit, un genre dont on a plus parlé depuis un moment et pour cause, les rayons en croulent littéralement. Cela devient donc difficile de faire un choix dès que l’on sort des sentiers battus, et surtout lorsqu’on a bon goût. Sans parler des éditeurs qui rééditent ce qui était auparavant dans leur collection à l’eau de rose sous un vernis Bit-Lit et une couverture un peu plus dark. C’est notamment le cas de la série dont je vais parler, Les aventures de Vicki Nelson de Tanya Huff, qui était précédemment publiée chez J’ai Lu pour elle. La série compte cinq tomes, plus un recueil de nouvelles et sa publication est semble-t-il terminée. Ce premier tome date de 1991 et vient juste d’être réédité par J’ai Lu, synopsis voulez vous ?

Le prix du sang, Une aventure de Vicki Nelson, Tome 1, de Tanya Huff

Vicki Nelson a démissionné de la Crim’. Elle souffre en effet d’une maladie de la vue, qui lui promet d’être aveugle sous peu. En attendant, elle a perdu sa vision périphérique et s’est mise à son compte en tant que détective privée. Jusque là, rien de bien surprenant et lorsqu’elle trouve le cadavre d’un homme à qui on a arraché la gorge, elle va être incapable de s’empêcher d’enquêter. Sauf que cette enquête va lui faire découvrir que la nuit est peuplée de créatures qu’elle n’imagine même pas.

Le premier point qui est notable, c’est que pour une fois l’héroïne est normale. C’est une humaine, sans super pouvoirs, ce n’est ni une fey (par exemple Les Soeurs de la Lune), ni une nécromancienne (ici c’est Anita Blake), ni une changeuse (et là Mercy Thompson). Non, c’est une ex-flic, handicapée qui plus est. Elle n’a aucune connaissance de la nuit. C’est la première fois que je rencontre ce genre d’héroïne et c’est vraiment agréable.  Je pense que cela est probablement dû à la date de parution du bouquin, 1991. Le courant Bit-Lit n’était même pas réellement lancé aux États-Unis, et d’ailleurs aujourd’hui je pense que le bouquin pourrait très bien être juste catalogué de Thriller Fantastique. Par contre, comme d’habitude, nous sommes face a une femme forte, une femme qui en a, ce qui est tout à fait justifié. Pour être une femme dans la crim’, il en faut.  Le personnage n’est cependant pas encore très développé mais semble prometteur.

Bien que cela fasse bientôt une vingtaine d’années que Tanya Huff ait écrit son bouquin, je vous rassure, cela ne gène en rien. Pour tout vous dire, je me suis seulement rendue compte à la page 100 que tiens, il n’y avait pas d’ordinateurs sur le bureau, qu’on utilisait les post-it pour se laisser des messages et qu’on cherchait des cabines téléphoniques. Bref, c’est tout à fait contemporain et c’est tant mieux, ça n’a quasiment pas vieillit du coup.

Blood Ties adaptation des aventures de Vicki Nelson de Tanya Huff

Une adaptation en série télévisée des aventures de Vicki Nelson a été faite en deux saisons

Le deuxième point important, c’est le vampire et tout ce qui tourne autour. Ici on a l’air d’être face à un mythe du vampire assez classique, sauf qu’il a pour particularité d’être un personnage historique. En effet, il suffit de lire la quatrième de couverture pour voir le nom de Henri Fitzroy, un homme qui a réellement existé et si vous avez des notions d’histoire vous savez sans doute qui c’est. Si ce n’est pas le cas, c’est d’autant mieux car vous aurez un bonus de découverte. Le roman comporte en effet certains flashbacks sur la vie humaine de Henri, pour mon plus grand bonheur étant donné que c’est une époque que j’apprécie énormément.

Tout comme notre héroïne, le personnage n’est pour le moment pas encore très développé, mais j’avoue m’y être assez attachée. Il n’est pas un tombeur comme un Jean Claude, en fait il me fait penser à un Robert Downey Jr quand il joue le paumé mal rasé. Faiblard mais terriblement attachant. L’histoire que l’on va suivre au long du bouquin prend place à Toronto, qui est présentée comme une ville froide et grise avec une forte population asiatique. On obtient du coup une ambiance très lourde et sombre, qui est tout à fait appropriée. Ça met dans le bain.

Le prix du sang, Une aventure de Vicki Nelson, Tome 1, de Tanya HuffL’intrigue par contre, est tout ce qu’il y a de plus conventionnel et on comprend assez vite ce qui se trame. Cependant, c’est quand même bien mieux mené que ce qu’on peut retrouver dans les autres grosses séries, comme Anita Blake ou Mercy Thompson. L’enquête ici n’est pas juste un prétexte, et heureusement. Son coté simpliste cependant, permet de présenter les personnages et le concept. Pour le moment, on ne sait pas encore trop grand chose sur l’univers des vampires, à suivre donc !

Bref, ne vous fiez pas à la couverture qui bien que jolie est terriblement clichée, et lisez Vicki Nelson. C’est de la Bit-Lit comme on aime, qui serait presque un agréable croisement entre New York 911 et des vampires. Vicki me fait terriblement penser à Faith Yokas d’ailleurs. Un bouquin qui plaira autant aux amateurs du genre qu’aux autres. Le coup de cœur Bit-Lit 2010 ? L’avenir nous le dira, mais c’est bien parti pour et j’ai déjà hâte de lire Piste Sanglante, le second tome.


En général quand on parle d’un groupe de musique, c’est parce qu’il a une actualité. Et en général, cette actualité c’est une sortie d’album ou une tournée. Mais chez Debauchery, on trouve ça trop facile. Debauchery est un groupe de Death Metal allemand, à tendance Death N’ Roll. Si vous vous demandez ce que c’est, imaginez une musique style AC/DC, avec un chanteur qui growle et vous ne serez pas loin du résultat.

Debauchery: Rockers And War

Ici enFrance, ça ne nous choque pas, mais on a pas tous un Patrick Roy dans la poche. Voyez vous, le chanteur de Debauchery, Thomas Gurrath, était enseignant de philosophie et d’éthique le jour, et The Bloodbeast la nuit. Je ne lancerai pas un débat sur la vie privée mais quand les instances de l’éducation de son Länder, le Baden-Wuerttemberg, l’ont apprit, il a eu le choix ce mois de mai 2010 entre sa musique et son boulot. Et il a choisi la musique, pour mon plus grand plaisir.

Je suis vraiment tombé par hasard sur ce groupe, en googlant une phrase en anglais, et là dans les premiers résultats que ça me renvoie, une vidéo de youtube d’un de leur clip. Ce clip c’était Kill!!Maim!!Burn!!, en français, Tue!!Mutile!!Brûle!!. Les paroles subtiles de cette chanson et son chant growlé m’ont d’abord laissé sceptiques avant de me m’attaquer la couenne avec Blood for the Blood God. Bon ça c’était juste pour la petite anecdote, parlons du groupe.

Thomas Gurrath

Thomas Gurrath, sur scène. Pas étonnant donc que les parents d'élèves aient pris peur.

Le squelette du groupe, c’est Thomas, c’est le seul membre présent depuis le début et en continu. Viennent se greffer au Bloodbeast, le Bloodpriest à la basse et le Bloodhammer à la batterie, plus quelques membres occasionnels. Ils forment ainsi la Kill Team en live de Debauchery. Parce qu’il faut aussi savoir que le sieur Gurrath s’occupe de quasiment tout en studio, sauf de la batterie et de la guitare lead, pour lesquels il engage des musiciens de studio. Niveau scénique, sur les différentes photos et vidéos que j’ai vu, c’est sang à gogo, couverture d’hémoglobine contre le froid sans doute. Je trouve ça un peu ridicule mais vu que ça colle plutôt bien avec leurs textes de chansons je n’en rajoute pas.

Parce que oui, du sang, il y en a dans leurs chansons, et ça commence souvent dans leurs titres comme Blood for the blood God, Baptise this world in Blood ou encore Blood God Rising. Mais sous ces atours violents qui tourne à la violence à outrance, on décèle un sens de l’humour certain dans les paroles, avec peut être même un certain excès parodique et d’auto dérision. Il suffit de lire les lyrics de Chainsaw Masturbation ou d’écouter Blood for the Blood God (Pussy Version) pour s’en convaincre. J’en viens à l’inspiration du groupe et ce qui va faire parcourir un frisson dans le dos de Seraf’.

Thomas ne s’en cache pas, son inspiration il la tire du monde du tabletop wargaming et des univers qui gravitent autour, spécialement celui des jeux Games Workshop. Une bonne moitié des morceaux y fait d’ailleurs directement référence, et ça, ça a fait chavirer mon cœur d’hobbyiste. D’un autre coté les thèmes guerriers de ces jeux se prêtent plutôt bien au Metal, un monde où il n’y a que la guerre, du sang et de la violence. Musicalement parlant, c’est AC/DC qu’on ressent un peu derrière, c’est d’ailleurs le groupe préféré de Gurrath. Bien sûr il a un grand nombre d’influence et je vous redirige sur leur site web pour en savoir plus.

D’ailleurs j’ai trouvé leur site génial, spécialement la section Biography sous forme de question réponses, très original. Par contre leur section Gallery est bien pourri est c’est bien galère d’afficher la moindre photo.

Debauchery

Au palmarès, on compte donc 6 albums dans lesquels on sent une progression du Death Metal vers un son un peu plus Hard Rock sur le dernier album. Ce dernier, intitulé Rockers and War, est franchement un bon album, mélangeant les genres et il vous convaincra que Debauchery n’est pas qu’un simple groupe de Death Metal. A part leur premier opus, ils sont tous sur Spotify, je vous met en sus le petit lien myspace qui va bien.

Au final, si je devais leur faire un reproche, ce serait de ne pas trop s’éloigner de la frontière allemande quand ils viennent en France. Leur seule date était à Dijon cette année.