A l’heure où cet article sera publié, nous serons probablement en train de joyeusement patauger dans la boue du Hellfest cru 2010. Le plus grand festival de Metal de France se tient en effet à Clisson à partir de vendredi 18 juin et pendant trois jours, c’est le gros rassemblement des amateurs. Puisque nous sommes loin de toute connexion internet hors 3G Bouygues bien moisie, durant ces trois jours, un article sera posté de manière automatisée, vous faisant découvrir (ou redécouvrir) un des groupes tête d’affiche de la journée.

Le Hellfest 2010 commence en douceur pour nous et pour cause puisqu’aucune des grosses têtes d’affiche ne fait partie de nos groupes phares. Du coup, c’est sur le Neo-Metal peu original des Deftones que nous aurions du jeter notre dévolu. Alors on a décidé de renier nos principe et de présenter le dernier clip du groupe qui vaut vraiment le coup pour ce premier jour de Hellfest: Finntroll !

Il s’agit du clip de Under Bergets Rot, un morceau tiré de leur dernier album et qui est vraiment entraînant, comme tous les morceaux de ce pilier du Pagan. On a vraiment hâte de les voir en live, d’ailleurs ! Contrairement à leurs amis de Korpiklaani, le clip n’arbore pas des forêts norvégienne mais un dessin animé assez glauque et humoristique. La qualité est somme toute assez bonne et le clip est sympathique.


Lost par ci, Lost par là. Il était difficile de ne pas entendre parler de la série ces derniers temps, et pour cause puisqu’elle s’est terminée il y a quelques semaines, mettant fin à six saisons d’intrigues pour un total de 121 épisodes. Et c’est justement pour cette raison que nous avons décidé de visionner enfin cette série culte. Ça, et le fait que Prince of Persia m’ait fait penser à Sawyer. La série a été diffusée à partir de 2004 et a été crée par J.J. Abrams, Damon Lindelof et Jeffrey Lieber. Alors évidemment, aucun de nous deux n’était réellement passé à coté de cette série. Quand nous vivions chez nos parents respectifs nous sommes tombés dessus, nous avons vu des bribes (et moi je bavais sur Sawyer) mais voilà, c’était tout. Alors, c’était l’occasion de voir cette série si controversée. On ose vous faire un synopsis ou vous l’avez tous déjà vue ?

Lost Saison 1

Au cas où vous ne l'auriez pas remarqué et pour que le responsable marketing ne se tire pas une balle devant son effet raté: tous les héros regardent quelque chose hors plan. C'est sûrement un truc inquiétant. De rien.

L’Oceanic 815 était un vol en partance de Sydney et à destination de Los Angeles. Sauf que voilà, il s’écrase, sur une île apparemment complètement déserte. Une quarantaine de personnes survivent sans trop de blessures graves. D’abord en attente des secours, la survie va s’organiser et ils vont commencer à se poser des questions sur cette île qui semble finalement plus bizarre qu’elle n’y paraît. Entre des monstres et des évènements surnaturels, le passé -relativement lourd- des personnages nous sera révélé.

Sawyer dans Lost Saison 1

Non, Sawyer n'a pas trouvé de réserves d'huiles essentielles sur l'île, c'est juste de la sueur. Oui oui, j'vous jure. Le vrai mystère c'est pourquoi Kate arrive à tourner autour après sans se boucher les narines. Elle a du faire une ou deux éditions du Hellfest.

Bon, avouez, je ne vous apprend rien. L’une des grandes forces de Lost réside dans la diversité de ses personnages. Nous avons rien de moins que 14 personnages principaux, ce qui est énorme par rapport aux habitudes. Depuis, de nombreuses séries ont repris le filon, mais bon. Ces 14 personnages permettent de faire des épisodes variés, centrés tour à tour sur tel ou tel personnage.

Alors, évidemment, vu la palette, c’est impossible que vous n’accrochiez à aucun d’entre eux. Chacun pourra y trouver son compte. Au vu des images qui peuplent cet article, vous aurez qui est mon personnage favori. Il y a bien entendu toujours un ou deux personnages que vous aurez envie de baffer, mais vu que les héros des épisodes tournent, c’est pas bien grave.

Au niveau construction, pas grand chose à reprocher non plus. L’insertion de flash-backs par-ci par-là permet de suivre plusieurs intrigues en même temps, avec d’un côté celle sur l’île, et de l’autre celle dans le passé. Évidemment, ces flash-backs laissent plein de zones d’ombre qu’on a envie de combler. Bref, ces petits points noirs et ces intrigues entremêlées rendent vite Lost ultra efficace dans le genre addictif. Dites vous qu’il nous est arrivé de nous faire sept épisodes par jour, c’est dire, j’en aurais presque honte. A titre de comparaison, la moyenne est plutôt de deux épisodes par jour grand maximum en temps normal… Lost c’est un peu le principe de Trône de Fer quoi.

A cela près que c’est une série relativement policée. C’est à dire une série qui peut passer en première partie de soirée sur TF1, ça reste du gentillet, il n’y a pas (encore?) de remise en question de la société, et quasiment aucun d’acte condamnable. Contrairement à d’autres séries, au pif, 24 et ses nombreuses séances de tortures. De même, on échappe dans cette première saison quasiment à toute romance, ce qui n’est d’ailleurs pas forcément un mal. On sent un triangle amoureux, mais relativement peu exploité. Pas de cul non plus ! Pourtant entre nous, un mois sur une île déserte avec Jake d’un coté et Sawyer de l’autre, je pensais que Kate ne se serait pas serrée la ceinture bien longtemps. Oula, je divague.

Sawyer dans Lost, Saison 1

Ouais nan, là ça se passe vraiment de commentaires.

S’il fallait attaquer la série, ce serait plutôt sur quelques détails. Dans la vrai vie, Kate serait devenue poilue. Oui parce que le vrai défaut de Lost c’est quand même un certain manque de réalisme. Bon, à la limite, qu’ils trouvent de l’eau potable et tout, rapidement, on se dit, c’est le pouvoir de l’île. Mais l’île a-t-elle aussi le pouvoir d’empêcher la repousse des poils ? Non, parce que même en étant passée à la cire pile poil avant le départ, c’est juste pas possible de rester niquelle un mois.

Bon, je l’avoue, c’est de la pure mauvaise foi. Finalement, le seul vrai problème de cette première saison de Lost, c’est qu’elle place la barre très très haut et qu’il va être très dur de passer après. Car c’est 25 épisodes sans réelle faute, sans temps mort, avec plein de potentiel et des personnages très charismatiques.

Je sais pas pour vous, mais moi ce soir, je sais ce que je vais regarder !


Cytheriae de Charlotte Bousquet

dabYo dans Critiques, Livres le 14 juin 2010, avec 2 commentaires
Critiques

Cytheriae est un livre écrit par Charlotte Bousquet et publié récemment par les éditions Mnémos. Ce roman se place dans le cycle de Dark Fantasy de l’auteur française, l’Archipel des Numinées, et comme les tomes peuvent se lire indépendamment, je n’ai eu aucun mal à entrer dans le second. Le premier, Archnae, était sorti l’année dernière à la même époque. Avec sa superbe couverture réalisée par Elvire De Cock, son ton résolument dark, le roman avait tout pour me plaire. Mais qu’en est il ? Synopsis.

Cytheriae de Charlotte Bousquet

Cribella quarante-neuvième année du règne de la princesse Violente Moravia. Les malheurs et meurtres se suivent et se ressemblent dans les quartiers pauvres de la capitale de la principauté de Cytheriae. Et ce sans que l’autorité ne fasse quoi que ce soit pour endiguer les souffrances du peuple. Pire, la reine est convaincue que le mécontentement croissant de la plèbe est une menace pour son pouvoir, et impose une répression de fer tout en ignorant le mal qui ronge peu à peu les racines de la ville. Il y a pourtant bien quelque chose, ou quelqu’un, qui doit en être à l’origine des épidémies et de l’augmentation des créatures maléfiques en ville…

Notre intrigue se passe donc dans une ville, Cribella, que nous ne quitterons pas durant tout le récit. Cette ville que l’on retrouve dans une époque proche de la Renaissance que nous connaissons ne peut que nous faire penser à Venise. On l’imagine aisément comme des petits quartiers séparés par des rivières et reliés par des ponts. A la différence près que cette ville se ressent comme lugubre, presque verdâtre, et la couverture ne fait qu’amplifier ce ressenti. On ne s’y sent pas en sécurité, on a limite peur de se faire attraper par des créatures monstrueuses à chaque embranchement de rue, et les éléments du romans ne sont pas là pour nous rassurer. On se retrouve en effet dans un monde où la magie existe, où les nécromanciens s’ils ne sont pas monnaie courante sont reconnus et même organisés. La police ne veille pas uniquement aux vols, mais s’occupe aussi de débarrasser les sestiers des différentes créatures démoniaques qui y rodent et prennent la vie des citoyens.

Charlotte Bousquet

Charlotte Bousquet

On suit de nombreux personnages qui habitent des sestiers différents, et travaillent dans plusieurs échoppes, que ce soit une auberge, une imprimerie, la milice, etc. On les suit chacun à tour de rôle sur des chapitres qui font tout au plus deux trois pages. Le rythme est donc assez rapide et soutenu, on passe rapidement d’une situation à une autre, sans toute fois être à chaque fois face à des clif-hangers en veux tu en voilà. C’est un très bon point car le récit en devient agréable, on en a juste ce qu’il faut. Bien entendu, parfois cela peut s’avérer frustrant, mais comme il n’y a pas de personnage qui soit en deçà des autres, ce n’est pas très grave.

Cytheriae est un roman qui marche surtout grâce à une ambiance et une histoire posée, jamais trop rapide, jamais trop lente, exactement comme il faut. Ce n’est pas tant l’intrigue qui pousse à lire mais plutôt le réel attachement que l’on éprouve pour les personnages que nous découvrons au fur et à mesure. Objectivement parlant il ne leur arrive pas grand chose, du moins aux héros, bien que l’on suive la trame d’une série d’assassinats commis dans les quartiers de la ville, et sur laquelle certains de nos personnages vont enquêter. Ensemble ou parfois séparément, et même de temps à autre de façon opposée. Le tout est vraiment rondement mené tant et si bien qu’on suit à plusieurs reprises de fausses pistes sans s’en apercevoir.

On ne nous a pas menti en citant la Dark Fantasy, car il y a de nombreux éléments du genre dans ce roman. Même si les intrigues politiques ne sont pas réellement mises en avant, on les retrouve en arrière plan avec certains personnages. De même, Charlotte Bousquet n’hésite pas à être cruelle, que ce soit avec des personnages qui ne durent que le temps d’un chapitre, ou avec ceux auxquels on s’était rapidement attachés. Un chapitre est notamment assez dur à encaisser à ce niveau, et on se retrouve vite les bras ballants. Ca n’a pas pu arriver, pas comme ça. Il va forcement y avoir une exception. Le genre de réflexion qu’on a plutôt l’habitude d’avoir en lisant un tome du Trône de Fer.

Bien entendu, s’ils font parti du même genre, les deux n’ont pas grand chose à voir que ce soit dans le déroulement ou dans l’univers et les personnages. Mais tout de même. Cytheriae nous fait dans tous les cas vivre une aventure oppressante, qui va très bien au genre et à l’univers. On a vraiment envie de connaître la suite et la fin du roman est une vraie frustration. Une frustration dans le sens positif, dans le sens où c’est plus causé par une réelle volonté d’en avoir plus, que par l’arrivée d’un clif-hanger mal choisi.

Cytheriae de Charlotte BousquetLe roman est aussi parsemé de poèmes, la plupart du temps ce sont eux qui commencent les nouveaux chapitres, mais ils sont parfois placés en plein récit, ou tout simplement à la fin, sous forme d’annexes. Ce n’est pas réellement ma soupe habituellement, mais ça colle parfaitement à cette ambiance, et renforce le côté lugubre. Le style de Charlotte Bousquet est vraiment très agréable à lire, il n’est pas simple, mais pas spécialement complexe pour autant. L’auteur ne va pas dans les figures de style inutiles, mais fourni quelque chose de plaisant. Ses personnages sont assez sombres, certains carrément déprimés voir suicidaires. C’est vraiment une touche original pour un roman de Fantasy. Les sentiments, bien qu’ils puissent être qualifiés de stéréotypés sont loin d’être superficiels. Ils sont tout simplement forts.

Au final, je n’ai pas trouvé une seule fausse note pour ce second roman du cycle. En fait, mon seul regret, c’est de ne pas avoir encore pu lire le premier tome. Et de ne pas pouvoir évoquer tous les côtés intéressants du bouquin, que ce soit l’approche du sentiment amoureux, ou même l’évocation d’une certaine fatalité, très bien retranscrite. Sûrement une de mes plus agréables lecture de cette année 2010, que je recommande vivement !


En nous lisant régulièrement, vous avez sans doute remarqué que nous aimions le Metal. Mais aussi Lady Gaga, ce qui est somme toute assez contradictoire non ? Alors comment éviter de publier son tout dernier clip, Alejandro, pour le morceau de cette semaine ? Et bien, non, on ne peut pas.

Du coup vous avez de nouveau droit à la popstar du moment, dans un clip encore une fois très recherché graphiquement, et très long. Un clip qui a d’ailleurs, à priori, divisé les fans en deux camps, certains lui reprochant une sorte de repompe de Madonna. J’y vois là plus une volonté de rendre hommage, quand on sait que Lady Gaga est très respectueuse de la madame. D’ailleurs, j’aime bien Madonna. Ça casse le mythe hein ?

Sauf que voilà, je reste quand même assez étonné du contenu de ce clip, qui à priori est tout de même très anti-religieux. Oui, car si vous ne le saviez pas, la demoiselle dans les interviews se décrit comme très religieuse, croyante, etc. Dur à croire lorsqu’on voit le clip, où, déguisée en religieuse, elle semble se faire un petit chapelet pour le dessert. Du coup, il faut là se demander l’image qu’elle cherche à véhiculer, de la dérision peut être ? Après tout, il y a sûrement des chrétiens parmi les membres des nombreux groupes soit disant satanistes que compte le Metal. Mais bon, hein. Je reste quand même perplexe, et si quelqu’un a la science infuse, ou bien tout simplement quelques pistes, qu’il n’hésite pas à les partager.

On retrouve donc toujours la même provoc, avec notamment quelques nazis par ci par là, le tout saupoudrés de scènes résolument explicites, tournées en slip pour passer la censure je suppute.Avec bien entendu toujours autant de costume extravagants, et de corégraphies qui feraient tout de suite ridicule dans un clip autre que celui de Gaga.

Bref, je reste quand même perplexe, ce titre n’étant vraiment pas mon préférée, et ne ressemble pas assez aux morceaux que j’aime chez elle. Next ?


Windhaven de George R.R. Martin et Lisa Tuttle

illman dans Critiques, Livres le 11 juin 2010, avec 2 commentaires
Critiques

Windhaven est un roman de Science Fiction paru en 1981 et édité en 2007 chez J’ai Lu. Le roman est en fait le regroupement de trois nouvelles ayant pour héros le même personnage, auxquelles ont été été adjointes un prologue et un épilogue. Je n’ai pas trouvé d’informations relatives au degré de collaboration des deux auteurs mais je pense qu’ils n’y a qu’un seul auteur par nouvelle. Synopsis

 Windhaven de George R.R. Martin et Lisa Tuttle

Les colons spatiaux ont perdus des vaisseaux qui se sont écrasés sur une planète quasi complètement sous les eaux, eaux peuplées de créatures monstrueuses comme des Scyllas, qui rendent la navigation extrêmement dangereuse. C’est dans ce contexte que la caste des aériens s’est créée, descendants des navigateurs stellaires, ils ont fabriqués des ailes, des sortes de deltaplanes high-tech, à partir des voiles stellaires indestructibles de leurs vaisseaux et peuvent se déplacer d’îles en îles. Plusieurs générations plus tard, nous suivrons le destin d’une femme, une rampante, Mariss dont la rencontre avec un aérien va changer la vie.

Chaque partie nous dévoile une étape de la vie de la demoiselle, de son enfance à sa mort en passant par son passage à l’âge adulte, sa période pseudo maternel et le moment où elle s’est posée. Personnellement, je ne suis pas trop fan des ellipses narratives, ça coupe beaucoup trop le rythme et on a l’impression de devoir se retaper une étape de ré-apprentissage des personnages parce que bon, ils ont vieilli. A des moments je me demandais même si j’avais affaire à de nouveaux personnages ou si c’étaient d’anciens qui avaient changé, étant donné la familiarité des échanges avec Mariss. On en vient donc naturellement aux protagonistes.

Mariss, notre héroïne, est un personnage intéressant à suivre avec ses idées parfois bancales, elle ne détient pas la vérité comme c’est souvent le cas, ses combats et ses déceptions. Elle est peut être un peu trop révolutionnaire au début pour être vraie, elle passe son temps à savater des fourmilières. Les autres personnages font pâle figure et j’ai eu tôt fait de les catégoriser plutôt que de me rappeler leurs prénoms, les aériens, les rampants et les une-ailes, qui vous l’aurez compris sont un peu le chaînon manquant entre les deux autres.

On se retrouve donc face à un mouvement des mœurs, une mini révolution, amorcé par une seule personne, quand je vous disais que c’était de la Science-Fiction.

 Windhaven de George R.R. Martin et Lisa Tuttle

La couverture US est beaucoup plus années 80.

Niveau univers par contre on est servi, Port aux tourmentes, l’archipel, est vraiment unique. Le système de castes est totalement tacite et personne ne semble le remettre en question, c’est assez symbiotique, les rampants ne peuvent pas communiquer sans les aériens, et ceux là ne seraient pas foutus de se nourrir tout seul. Le système politique a beaucoup d’importance dans le récit et les luttes de pouvoir sont légions. Il y a comme un parfum de Trône de Fer qui exhale de ce coté là. On a donc un univers plutôt cohérent avec une société humaine qui a évolué dans un sens qui nous parait assez logique, si on excepte que les lois de la physique malmenées dès que les aériens sont en vol (ou alors c’est qu’il y a vachement de vent là-bas).

 Windhaven de George R.R. Martin et Lisa TuttlePetite aparté sur la couverture de Marc Simonetti que je trouve assez sympa, même si elle dirige un peu trop l’imagination du lecteur sur l’apparence des ailes. Ça peut paraître idiot mais j’aime bien ressentir ce genre d’éléments, très importants de l’histoire via les descriptions de l’auteur, pas par la couverture, même si l’illustration est faite à partir des-dites descriptions.

C’est du bon George R.R. Martin, mais quand on sait qu’il a fait beaucoup mieux, il n’est peut être pas à mettre en priorité de lecture. N’ayant pas lu d’autres romans de Lisa Tuttle, je ne prononcerais pas sur son niveau par rapport aux autres.  Je peux néanmoins facilement vous conseiller ce livre pour ses qualités et son univers bien frais qui sent un peu l’air marin. En tout cas, moi je l’ai dévoré.

Paranoid (Live)

Tear The World Down de We Are The Fallen

Serafina dans Critiques, Musique le 9 juin 2010, avec aucun commentaire
Critiques

Mars 2003, un groupe obscur de Little Rock sort un album qui allait les propulser sur les devant de la scène. Cet album, c’est Fallen d’Evanescence. Du Rock un peu neo-Metallisé, avec deux trois riffs bons pour les ados et la voix d’Amy Lee sur un imaginaire gothique et darkinou à souhait. Un album qui reste à ce jour un des favoris de votre servante, qui assume d’ailleurs totalement, bien que ce soit plus par nostalgie qu’autre chose. Et puis, qui dit montée sous les projecteurs dit souvent déchirures. Et c’est ce qui arriva.

Tear The World Down de We Are The Fallen

Ben Moody un des deux fondateurs part du groupe peu de temps après. Puis Amy Lee vire le guitariste John LeCompt ce qui entraine le départ du batteur Rocky Gray. Alors qu’Amy Lee mène désormais seule la barre d’Evanescence, l’orientant vers un son beaucoup plus doux, les trois compères ruminent dans leur coin et annoncent un nouveau groupe en 2009. Ça s’appelle We Are the Fallen, et l’album vient tout juste de sortir. Que dire devant cet album ? Devant  ce nom de groupe qui semble être un pied de nez à Evanescence ? Devant  cette chanteuse Carly Smithson à la voix si… originale ?

Car Carly n’est pas inconnue des américains vu qu’elle fait partie des finalistes de l’American Idol 7 où elle s’était faite remarquer en chantant …. Bring me to life, le premier single d’un groupe qui n’est autre qu’Evanescence. Eh bien à l’écoute de l’album, le verdict est somme toute assez clair. Nous sommes face à du Evanescence période Fallen jusqu’au bout des ongles. Les chansons sont exactement sur le même genre, les riffs pseudo-lourd mais gentillets, un imaginaire darkinou et une chanteuse qui fait diantrement penser à Amy Lee. Elle coupe ses mots de la même manière, même intonation, il est même à parier qu’un non-fan ne fera aucune différence entre We Are The Fallen et Evanescence. (Approuvé et testé, dabYo a confondu).

We Are The Fallen

Alors certes, Carly a une voix plus rock, plus brute, mais honnêtement, c’est des nuances. Enfin, elle au moins, elle a l’air de chanter juste en live, c’est déjà ça. On arguera bien entendu que Ben Moody était un des deux fondateurs, qu’il a été le plus influent sur Fallen, et que de son côté, Amy Lee aurait plutôt Tori Amos dans ses influences… Mais voilà, en 7 ans, la musique de Moody n’a pas évolué d’un iota, et ce dernier n’a pas pris un seul risque ici. C’est la recette de Fallen, trait pour trait. Exemple le plus flagrant ? Bon, si il fallait réellement choisir c’est la ballade Sleep Well My Angel, tout au piano jusqu’au dernier refrain où les guitares arrivent, une ballade, qui permet de voir a quel point la voix de Carly sonne… comme Amy.

Tear The World Down de We Are The FallenMais bon, il faut le dire, recopier une recette, ça n’égale que rarement l’original. Du coup, on a l’impression d’avoir un énième Evanescence-like qui n’apporte pas grand chose de plus, car des groupes qui ont copié le genre, il y’en a eu pléthore. Bien que le style d’Evanescence ait évolué, si vous aimez Fallen, vous aimerez probablement We Are The Fallen. Musicalement, c’est à peu près la même chose, avec peut être moins d’ambiance gogoth, et des paroles moins poussées. Je sais que critiquer un groupe en faisant des comparaisons c’est pas l’idéal, mais dans le cas présent, que faire d’autre ?

Malheureusement pour We Are The Fallen, j’ai pris plusieurs années depuis ma première écoute de l’album, et mes goûts sont plus prononcés. Oui, j’aime toujours réentendre Fallen, mais plus par nostalgie qu’autre chose. Car il faut dire ce qui est, la musique que l’on nous ressert aujourd’hui n’a aucune qualité, elle est juste bien calibrée. A cela, il faut rajouter la repompe, ce qui n’était pas le cas il y a sept ans.

Dommage.


La Marque de Alain le Bussy

Serafina dans Critiques, Livres le 7 juin 2010, avec 2 commentaires
Critiques

La Marque est un roman de Alain le Bussy sorti en 2010 aux éditions Milles Saisons. Bien que cet auteur belge n’en soit pas à son premier coup d’essai, il a notamment reçu le prix Rosny Aîné en 1992 pour Deltas, je ne le connaissais pas du tout. Il écrit apparemment en majorité des romans de Science-Fiction, mais ici c’est un roman Fantastique que je vous propose de découvrir. Je ne connaissais pas non plus les Éditions Milles Saisons, mais je dois saluer la qualité du papier et le soin de l’impression. Chaque chapitre est ouvert par un petit dessin, et la mise en page est agréable à la lecture. Bon, petit synopsis ?

La Marque de Alain Le Bussy

En rentrant chez lui, Alexandre est témoin malgré lui d’un accident de la route: une femme se fait brutalement heurter par une voiture qui prend la fuite dès que possible. Accouru auprès d’elle, Alexandre recueille les dernières paroles de la victime, des excuses. En soit, rien de spécial, jusqu’à ce que quelques jours plus tard, Alexandre se rende compte qu’il a une sorte de marque au creux de la main. Y aurait-t’il un lien entre les deux ?

Commence alors une histoire fantastique aux influences Thriller. Honnêtement, je m’attendais un peu au pire avec ce roman, notamment à cause de petits aprioris plutôt idiots. La couverture est assez sobre, la photo très simple d’une chapelle, le filtre nuage en 4ème de couverture: ce n’est clairement pas un livre qui aurait attiré mon regard. On ajoute à cela le côté Thriller, je peux vous dire que les aprioris étaient bien là.

Alain Le Bussy

Alain Le Bussy

Et j’aurais eu bien tord de m’arrêter aux apparences, car vous connaissez la loi de la couverture. Nous découvrons donc un roman narré du point de vue de Alexandre, notre héros. On entre directement dans la vie de cet homme, écrivain, mais au final, très proche de nous. Ce n’est pas un super héros, ce n’est pas un espion ultra calé dans l’ésotérisme, c’est juste un n’importe qui et cette simplicité permet de plus facilement s’attacher à lui. Les autres personnages sont peu ou pas développés, c’est vraiment Alexandre au centre de l’affaire, celui qui va porter le roman. Cela n’est d’ailleurs pas gênant car c’est un personnage agréable qui en a les épaules.

Le style est assez simple, dans le sens où il n’y a pas de fioritures inutiles. Le livre se lit aisément et l’auteur pose peu à peu son ambiance, une ambiance plutôt lourde d’ailleurs. On est anxieux avec le personnage, on est pris par l’histoire, comme happé.  Avec cette ambiance, l’auteur pose aussi très vite le décor, et le livre ne connaîtra pas de temps morts tout au long de ses 180 pages. C’est un roman que j’ai lu quasiment d’une traite, signe qu’il m’a passionnée. On est très loin des clichés. C’est vraiment un roman prenant, qui ne suis pas la mode des thrillers grandiloquent comme on peut tant en lire en ce moment. L’intrigue mêle légendes et mystères sans fausse note.

La Marque de Alain Le BussyCelle ci est d’ailleurs menée de manière relativement lente, on a même parfois envie de crier à Alexandre « mais regarde c’est sous tes yeux! » mais dans l’ensemble cele en devient d’autant plus réaliste, et donc bien mené. Bon, j’ai été un peu déçue sur la fin, je ne vous en dirais pas plus. Alexandre va donc peu a peu s’intéresser à cette femme décédée qui est un vrai mystère. On récolte les témoignages de personnes qui l’ont connue, et comme le héros on essaie de comprendre, d’expliquer les incohérences et de reconstruire toute l’histoire.

Sur tous les plans, ce roman est une excellente surprise, et je ne peut que vous conseiller de le lire si vous appreciez le Fantastique. Je vous invite aussi à découvrir les éditions des Mille Saisons. Comme il s’agit d’une maison d’édition assez petite, vous trouverez la liste des points de vente sur leur site web, ainsi que la possibilité de commander en ligne.


Dans le monde du Pagan Metal il y a quelques grands noms. Si vous lisez nos articles musicaux vous n’êtes pas sans savoir qu’il y a à la rédaction une vive opposition entre les partisants d’Eluveitie et ceux de Finntroll. Bon, dit comme ça on croirait que c’est un peu la guerre des gangs, mais il y a un groupe, un peu le parent pauvre du genre pour nous d’ailleurs, qui fait plus ou moins l’unanimité: Korpiklaani. Tellement pauvre d’ailleurs que leur dernier album, sorti en 2009, n’était même pas passé par notre lecteur de musique.

Mais c’est chose réparée depuis et il faut dire que Karkelo, le dit album, ne nous a pas déçu le moins du monde. Son premier titre, nommé sobrement Vodka, est l’exemple type des chansons à boire que peut produire le groupe, et bien entendu, tout comme Wooden Pints en son temps, le groupe a produit un petit clip pour l’accompagner. Et tout comme à l’époque, cela se passe dans les bois, et c’est tout simplement ultime.

Difficile de garder son sérieux lorsqu’on voit ce clip qui bénéficie pourtant des moyens de Nuclear Blast. Entre l’effet ridicule de découpage pour faire genre parchemin (?), l’incrustation ratée des musiciens dans une fausse forêt (depuis quand un clip de Metal ne se tourne pas dans une vraie forêt ?), et le gros plan sur le chanteur en boucle, le clip atteint les sommets du mauvais goût. Non vraiment, faut s’accrocher. On est pas au niveau d’un Warriors of the World, mais presque.

Heureusement, le morceau, tout simplement génial, ratrappe le tout. Le seul bémol finalement, c’est que contrairement aux deux autres grands pontes du Pagan, Korpiklaani ne sera pas au Hellfest 2010. Et le pire, c’est qu’il y étaient en 2007 et que j’ai dormi en face d’eux, dans la paille, sans savoir qu’ils passaient, sans même y jetter une oreille.


Shi Ki, Tome 1, de Ono Fuyumi et Fujisaki Ryu

Serafina dans Critiques, Livres, Manga le 4 juin 2010, avec 1 commentaire
Critiques

Shi Ki est un manga  dessiné par Fujisaki Ryu, notamment connu pour sa série Hoshin: l’investiture des Dieux, que je n’ai pas lue. Le manga est scénarisé par Ono Fuyumi et donc inspiré d’un de ses romans, elle est connue pour sa série Les 12 Royaumes.  La série est en cours au japon et comporte à l’heure actuelle dix tomes. Seul le premier vient de sortir en France, aux éditions Kaze Manga. Synopsis ?

Shi Ki, Tome 1, de Ono Fuyumi et Fujisaki Ryu

Nous nous situons dans un petit village à la campagne. Pas de train, rien, simplement cerné par les montagnes. Ce petit village de 1300 habitants semble frappé par la canicule, mais aussi par une étrange épidémie qui fait des ravages parmi les vieux et ceux qui le sont un peu moins… Reste à savoir pourquoi.

Je commence par une parenthèse, qui n’a rien a voir. Écrire un article sur un manga peu populaire est un véritable parcours du combattant. Impossible de trouver la moitié des informations que nous mettons d’habitude. Difficile donc d’en savoir plus par exemple sur le roman éponyme écrit par Ono Fuyumi.

Shi Ki, Tome 1, de Ono Fuyumi et Fujisaki RyuRevenons en à notre série. Contrairement à son nom et à la couverture plutôt douce, c’est un manga d’horreur, enfin normalement, on va voir que ça se discute dans la suite. Nous sommes clairement face à un huis-clos comme pourrait les aimer Stephen King. On nous présente un nombre hallucinant de personnages, mais je vous rassure, ils tombent tous comme des mouches les uns après les autres, alors pas de problèmes pour les retenir au final. La problématique est amenée progressivement tout au long de ce tome. On commence par une première malade, puis d’autres, puis au fil du tome cela prend des proportions assez inquiétantes et la tension monte. Le tome est évidemment un tome d’introduction qui pose les bases. Une chose est certaine: le scénario semble tenir la route et la montée progressive de la peur est bien menée.

Cependant, un gros point noir pour moi, c’est le dessin. Alors certes, la couverture est magnifique, les images couleurs aussi, pleines de couleurs, de relief, c’est un régal. Mais à l’intérieur c’est plus pareil du tout. Enfin, si, les décors sont superbes, ultra réalistes. Mais le design est très enfantin, les personnages semblent sortis d’un Shonen de base, et honnêtement je ne trouve pas cela approprié à l’ambiance. J’aurais préféré un style moins enfantin et plus réaliste que ces donzelles élancées aux grands yeux.

Le deuxième point négatif, c’est le cadrage. Tout est très carré, rien ne dépasse, les pages sont surchargées, avec souvent quatre lignes de cases, toutes très remplies, ce qui rend la lecture assez fatigante à terme. Le mouvement de caméra m’est apparu comme épileptique, c’est à dire qu’il n’y a pas de continuité entre les cases, le passage de l’une à l’autre n’est pas logique, ce qui ne rend malheureusement pas la chose agréable à lire.

Shi Ki, Tome 1, de Ono Fuyumi et Fujisaki Ryu

Cependant, la galerie de personnage est développée, et le design de certains personnages m’a beaucoup plu. Notamment la fille du château, ultra gothique évidemment, elle a tout pour me plaire, tellement que j’envisagerais d’en faire un fanart, mais je m’égare ! Ce premier tome laisse beaucoup de questions en suspens, et on peut espérer voir le cadrage s’améliorer au fil du temps. Bon pour le style, je suppose que c’est une question de goût.

Enfin, à savoir, le manga est supposément déconseillé aux moins de 14 ans, mais pour ce premier tome, c’est quand même très très light. A voir dans la suite de Shi Ki donc, à parraître le 10 juin prochain !


Cloth Road est un Shonen scénarisé par Hideyuki Kurata et dessiné par Okama, il est sorti fin avril aux éditions Kaze Manga. Avec sa couverture qui ne le montre pas sous son meilleur jour, j’avoue avoir été perplexe lors de son ouverture. Il faut dire, une couverture est très importante pour donner une première impression, et ce n’est pas les visages des deux héros, plutôt ratés, qui va la donner, cette bonne impression. Mais bon, j’ai fini par ouvrir et feuilleter les pages… Synopsis voulez vous ?

Cloth Road, Tome 1, de Hideyuki Kurata et Okama

Fergus est un orphelin élevé par son maître en couture, dont il essaye au mieux d’appliquer les techniques pour les mannequins qu’il habille lors du War King. Le War King, c’est un endroit où sont organisés des duels, parfois à mort, entre deux mannequins. Ces derniers utilisent leurs habits pour se battre, où grâce aux nanotechnologies, les différentes attaques et armures peuvent être intégrés. Malheureusement, le maître de Fergus tombe un jour malade, et pour le soigner ce dernier a besoin de remporter une grosse somme d’argent. Mais c’est sans compter sur le tempérament de fer de sa sœur jumelle, Jennifer, qui vient justement de débarquer.

Le titre commence avec quelques pages en couleurs, où là aussi la qualité n’est vraiment pas des meilleurs. Le coup de crayon manque de détails, les couleurs n’y apportent rien sinon un caractère vieillot. C’est d’autant plus dommage que dès que l’on arrive sur les pages en noir et blanc, on peut tout de suite juger de la grande qualité du dessin de Okama. Il n’est pas transcendant, mais ses dessins sont dynamiques et plutôt beaux dans l’ensemble. Le mangaka a certes un petit faible pour le fanservice, avec des poses de personnages féminins assez tendancieux, mais ça n’en devient pas gênant pour autant. On est très loin du fanservice d’un Highschool of the Dead.

Cloth Road, Tome 1, de Hideyuki Kurata et Okama

Une fois rassuré par la patte graphique du titre, c’est plus serein que j’ai entamé la lecture de cette histoire qui se déroule dans une sorte de futur très Science-Fiction. Comme dit dans le synopsis, les nanotechnologies ont tellement évoluées qu’elles ont pu fusionner avec les étoffes et la couture en général. On est plus seulement programmeur, on est couturier-programmeur. Et bien entendu, notre héros en fait partie. Vous l’aurez donc compris, Cloth Road veut bien entendu dire la route des habits, et Shonen oblige, nos deux jumeaux vont se mettre en route pour découvrir leurs origines.

L’univers de Cloth Road est au premier coup d’œil plutôt intéressant, bien qu’assez classique en somme avec de nombreux éléments à prendre en compte. Les nanotechnologies, les combats, les règles des combats, et bien entendu la répartition du monde, que l’on nous dévoile comme plus inégalitaire que jamais dès le début du premier chapitre. Soit, à ce niveau là le manga est vraiment très réussi, et les combats sont vraiment dynamiques, avec des règles intéressantes où la beauté des combattants est aussi sensé faire la différence. Original, c’est le moins qu’on puisse dire.

Cloth Road, Tome 1, de Hideyuki Kurata et OkamaCependant, le manga de Okama et Hideyuki Kurata n’est pas sans défaut. Et le principal défaut revient à la trop forte spontanéité des événements et des personnages en général. Il y a un air de faux, de non crédible. Alors certes, la découverte d’une sœur jumelle ça peut arriver à presque tout orphelin, mais celle ci est vraiment mal amené, comme un cheveux sur la soupe. Le pire étant qu’elle est surtout mal scénarisé, au niveau des plans, des dialogues, etc. De même pour la maladie du maître, ou pour la décision de partir en quête. J’ai trouvé ça un peu trop gros. A cela il faut ajouter le comportement des personnages, carrément lunatiques. Ils passent d’une émotion à une autre, d’une motivation à une autre sans lien logique.

Au final, j’avoue que ces petits défauts m’ont empêché de profiter pleinement de ce premier tome. Il reste donc à voir si c’est un défaut que l’on retrouve tout au long de la série ou non, car avec son univers original, Cloth Road pourrait se révéler être une bonne surprise.

Le titre n’est cependant pas sans rappeler une autre grande série où il y a une certaine évolution technologique qui est mise à profit pour des combats, Air Gear de Oh! Great, mais dont la qualité est tout de même supérieure. A voir pour le prochain tome, donc !