Food for Maggots de Virginia Schilli

illman dans Critiques, Livres le 30 avril 2010, avec aucun commentaire
Critiques

Food for Maggots est un recueil de nouvelles aux éditions du Riez de la jeune auteur Virginia Schilli. Déjà, j’ai eu un peu peur quand Seraf’ me l’as mis dans les mains: un recueil de nouvelles est synonyme d’ouvrage où peuvent se côtoyer le bon et le mauvais (à part si tu t’appelles Lovecraft … quoi que ça dépend). Recueil de Nouvelles oblige, pas de synopsis, le recueil en compte dix réparties sur les 200 pages, aussi cela vous en spoilerait la majorité. Qu’a donc ce livre dans le ventre ?

Food For Maggots de Virginia Schilli

Je vais commencer par une remarque sur le choix de la première nouvelle, L’ami du Beffroi. C’est la plus ancienne du livre et je le dis tout de suite, je ne l’ai pas aimé du tout. Les tournures de phrase sont pompeuses à souhait, je veux bien croire que c’est dans une optique gothico-romantique, mais là j’ai soit frôlé l’overdose soit la crise de rire. Pour le coup ce n’était pas terrible comme entrée en matière, d’autant plus que cette nouvelle n’est absolument pas représentative du reste du contenu. Heureusement, je suis un homme persévérant, et bien que je l’avais trouvée trop darkinou choupi kawaï, je me suis attaqué à la suite en me disant que j’allais souffrir. Que nenni, l’auteur avait gardé des atouts dans sa manche et m’a harponné dans la couenne pour que je finisses le livre.

Chose faite avec la nouvelle Death in the Box, assez classique dans l’histoire mais très bien écrite, elle sonne vraie et les obsessions des personnages sont palpables. Vient alors la nouvelle qui est pour moi la masterpiece de ce recueil, Ars Moriendi. Elle n’a beau faire que dix pages, je penses  que je m’en rappellerais encore dans quelques années. C’est là que j’ai senti que l’auteur avait le truc, vous savez le truc qui vous pousse à lire ses autres livres.  Le Londres du XIXème a l’air plutôt bien retranscrit, mais je ne suis pas un spécialiste. Le personnage principal, le peintre Orestres, a un caractère très fort au bord de la folie, comme un personnage de Lovecraft tiens. On le retrouve par ailleurs dans la suite de cette nouvelle, Exitium Ipse Sui, plus loin dans le recueil, toute aussi bien mais sans l’effet de surprise.

Virginia Schilli

Virginia Schilli

On aura aussi droit à une vision du mort-vivant différente de celle qu’on a l’habitude de voir dans Zombification. Ça donne un vent de fraîcheur qui souffle sur les cimetières. Birlirubine nous met au prise avec une jeunesse dépravée qui m’a beaucoup fait penser à l’image que je me fais des soirées londoniennes. On traite ici de paradis artificiel et de mort et j’ai trouvé que ça faisait un peu too much, et emo à souhait. Haddess amène une petite touche d’humour (certes noir) au milieu de ce lot de ténébritude.

Pour écrire La lumière du bout du monde, Virginia Schilli a lu dans mes pensée et nous offre une histoire de pirate et d’îles, exactement comme je les apprécie. Du coup je ne suis pas très objectif sur celle là, mais je dois quand même vous dire que je l’ai aimée. Pour Scarlet Feathers on retombe un peu dans le go-goth, je n’ai pas été emballé et je ne pense pas qu’elle va plaire à ceux qui ne seront pas dans le trip. Pour clore le recueil, Dernier Soupir donne un peu un effet de soufflé. Il y a une forte montée émotionnelle (j’suis vachement sensible moi monsieur). Cependant, à la place d’une montée crescendo jusqu’à la fin comme on pourrait s’y attendre, j’ai ressenti une certaine baisse pour un final qui ne m’a pas emballé plus que ça. Dommage.

Vous l’avez sans doute remarqué, l’auteur varie les époques, on se retrouve tantôt dans le Londres du XIXème, tantôt dans notre époque et même si le lieu n’est pas donné, on sent une influence anglo-saxonne derrière. Le tout est agréable à lire si on excepte la première, et se laisse lire sans que l’on soit forcement un adepte du genre.

Food For Maggots de Virginia SchilliLa couverture faite par Aurélien Police est plutôt jolie mais je ne la trouve pas particulièrement adaptée à l’ambiance du bouquin. Je ferai l’impasse sur le portfolio des œuvres de Estelle Valls de Gomis présent en fin de volume, l’effort est notable mais l’intérêt et la qualité sont malheureusement discutables. A noter, en ce qui concerne l’édition, que différents ouvrages de cette auteur vont être republiés chez les éditions du Riez.

En conclusion, ce recueil contient des bons gros morceaux de Fantastique teintés d’une couleur gothique et certaines des nouvelles qu’il regroupe mérite vraiment que vous les lisiez. Pas toutes certes, mais bon, « à l’impossible nul n’est tenu« .

un recueil de nouvelles est synonyme d’ouvrage où peuvent se côtoyer le bon et le mauvais (à part si tu t’appelles Lovecraft … quoi que ça dépend), et pour ne pas changer, on ne déroge pas à la règle

Le Ballet des Âmes de Céline Guillaume

Serafina dans Critiques, Livres le 28 avril 2010, avec 11 commentaires
Critiques

Il y a des critiques qui sont difficiles à écrire, celle-ci en fait partie. Le Ballet des Âmes est un roman de Céline Guillaume sorti en mars 2010 aux éditions du Riez. Servi par une très belle illustration de Mathieu Coudray, le roman se compose d’environ 200 pages. Il se présente comme une incursion dans la Bretagne des légendes. Outre l’histoire, on peut en lire des commentaires élogieux de Mireille Calmel, Amélie Nothomb et Edouard Brasey. Ces auteurs n’étant pas mes préférés, j’avoue que j’étais assez perplexe. Synopsis.

Le Ballet des Ames de Céline Guillaume

Enora est une pauvre orpheline qui a été recueillie par une vieille dame qui lui fait bien du mal et la punit souvent. Un jour dans les bois, la petite a des visions de dryades, pendant que son village se fait massacrer. Sauvée in-extremis par des guérisseuses, ces dernières la font entrer au service du seigneur de cette terre, le tout en lui racontant une histoire sur les jumeaux du seigneur qui ont été cachés à la naissance et qui ont une marque dans le dos. Car ces enfants sont ceux d’une prophétie, prophétie qui remonte aux origines de l’humanité.

Voilà donc pour les 20 premières pages. Évidemment, nous n’avons pas du tout compris ce que l’héroïne a à voir avec cette histoire. Pas du tout. Ça ne gênerait pas en soit, s’il ne fallait pas 150 pages à celle-ci pour finir par s’en rappeler et faire tilt. Bon déjà un bouquin où on pressent une révélation si tôt, c’est pas bon. Tout du moins, on ne pourra pas compter sur le suspens et le mystère parmi les bons côtés. Mais si ce n’était que ça…

Céline Guillaume

Céline Guillaume (salon Trolls et Légendes)

Enfin, ne soyons pas mauvaise langue. C’est bien écrit. Céline Guillaume maîtrise plutôt très bien sa plume, ses tournures sont belles et agréables et elle n’a pas de mal à nous emmener dans l’ambiance mystérieuse de la Bretagne du XIIIème siècle. Les figures de style et le lyrisme onirique omniprésent marquent fortement ce roman. C’est poétique, on se laisse porter.

Le problème, c’est que le style, ça ne fait pas tout. Et qu’ici, le style est bien le seul point positif que j’ai pu trouver. Niveau histoire il ne se passe quasiment rien, 120 pages d’errances de l’héroïne, qui grimpe dans la hiérarchie, se fait évidemment violer par son seigneur (… oui c’est toujours comme ça dans ce genre de romans, c’était certes une pratique courante à l’époque mais bon, on ne peut pas dire que les œuvres du genre soient très réalistes, donc pourquoi ?), et qu’elle finit par aimer ça. Elle disait non, mais elle voulait dire oui. Bref, elle fait la cuisine, elle apprend à soigner par les plantes. Ça tire en longueur, mais ça reste bien écrit. Le problème c’est que tirer en longueur sur un bouquin de 200 pages, ce n’est idéal.

Il n’y a donc pas grand chose de palpitant, et ce n’est pas malheureusement pas sauvé par des fils scénaristiques très convenus. Les « Luke, Je suis ton père » passent difficilement lorsqu’il n’y a pas grand chose d’autre, et que les trois seuls personnages que nous suivons, par pur hasard, sont tous liés. La prophétie évoquée au début du roman ne l’est plus pendant toute la suite… On se demande ce qu’elle faisait là, et l’intérêt de la faire remonter aux origines de l’humanité si l’on ne s’en sert pas. C’est aussi malheureusement le cas pour la Bretagne. Les dryades sont certes très bretonnes et le seigneur s’appelle Jocellin. Mais à part ça, ça aurait aussi bien pu se passer à Romorantin.

Le Ballet des Ames de Céline GuillaumeL’héroïne passant son temps à se morfondre, il est difficile de lui trouver un quelconque relief ou même de s’y attacher. On a bien envie de lui foutre des claques pour qu’elle s’active, mais c’est tout. Comme quasiment aucun autre personnage n’est développé à côté, elle n’a pas vraiment les épaules pour soutenir le roman, et donne l’impression d’être baladée. Ce qui s’ajoute à l’errance citée plus haut. Du coup bon nombre de ses réactions sont totalement incompréhensibles.

Et si il n’y avait que ses réactions d’incompréhensibles. J’avoue avoir eu l’impression à plusieurs reprises que certaines situations étaient simplement illogiques, mais que je ne peux pas vous évoquer pour ne pas vous révéler l’intrigue.

Bref, je ne suis pas du tout rentrée dans ce livre, malgré le niveau d’écriture, qui est lui très bon. Le scénario m’est apparu bancal, les révélations convenues, les personnages insipides. Les beaux mots ne font pas tout, et malheureusement, je n’ai pas du tout été convaincue par ce roman de Céline Guillaume. L’auteur ne m’ayant pas non plus convaincu lors de sa nouvelle pour les Sombres Romantiques, j’en déduis que je dois être hermétique à sa façon d’écrire.


Les Loups de Kharkov de Alexis Lorens

dabYo dans Critiques, Livres le 26 avril 2010, avec aucun commentaire
Critiques

Les Loups de Kharkov est un roman récemment republié par les éditions du Petit Caveau, écrit par Alexis Lorens qui est avant tout connu ici pour son travail aux éditions du Riez. Vous vous en doutez donc, c’est de vampire qu’il va s’agir, et cette fois la maison d’édition nous offre une enquête policière à la croisée entre Fantastique, vampires et Paris des années 30. Autant dire que c’est exactement le genre que nous apprécions et que nous avions hâte de pouvoir lire les pages du roman. Le livre est accompagné d’une superbe couverture réalisée par B. Eh oui, pas plus d’informations, malheureusement. Commençons avec le synopsis.

Les Loups de Kharkov de Alexis Lorens

C’était un dimanche matin ordinaire pour Xavier Kerlann, jeune inspecteur parisien travaillant à la criminelle. Du moins, ça l’était jusqu’à ce qu’il ait besoin de se rendre sur la scène d’un crime particulièrement affreux: une jeune femme, d’identité inconnue, a été tuée puis vidée de son sang sur la voix ferrée reliant Lille. Vous vous en doutez bien entendu que la police parisienne va par la suite faire tout son possible pour retrouver l’auteur du meurtre, surtout lorsqu’une seconde victime est trouvée… Victime d’un même meurtre qui semble être un rituel.

Petit Caveau et meurtre d’une jeune femme vidée de son sang, il n’est vraiment pas difficile de se dire que nos enquêteurs vont être à la poursuite d’une bête à crocs, connue de tous sous le nom de vampire. Visiblement, il ne s’agit pas d’un gentillet à la Edward mais bien d’un sacrément méchant, n’hésitant pas à tuer. Vu l’atrocité des meurtres, ce qui était à la base un simple fait divers va bien entendu se transformer en enquête prioritaire pour la ville de Paris.

Et c’est d’ailleurs ce sur quoi je vais commencer car l’ambiance ressentie à la lecture des Loups de Kharkov est plutôt forte. On arrive vraiment bien à ressentir le Paris des années trente, alors que le Front Populaire venait d’investir le pouvoir. L’auteur a fait un vrai travail pour situer son roman dans l’époque, que ce soit avec l’intégration de l’Opéra, d’un personnage qui suit avec inquiétude l’évolution de la situation en Espagne, ou tout simplement les nouvelles politiques relatées par le journal. On aurait presque l’impression d’humer la brume sur le port lorsque l’enquête nous mènera vers la mer. Je n’en dirai bien entendu par plus.

Alexis Lorens

Alexis Lorens, que vous pouvez retrouver sur son site internet

Cependant, outre Paris le roman nous emmène tout de même ailleurs dans ce qui sera une sorte de course poursuite, développée à la manière d’un Thriller. En effet, en plus du point de vue de notre héros, nous aurons aussi parfois celui de l’auteur du crime, ainsi que de quelques bribes de son passé. Il s’agit là pour Alexis Lorens de placer les éléments qui vont constituer son mythe, sa propre explication du phénomène vampirique. Bien qu’imprévus au début, ces passages sont agréables à lire et bien écrits. On se perd cependant un peu, du manque d’introduction des éléments.

J’avoue cela dit avoir eu du mal à m’attacher aux personnages. Le héros ressemble trop à un jeune Tintin et il est difficile de s’y accrocher. C’est un héros, mais sa personnalité n’existe pas réellement, il n’est porté que par l’intrigue du roman et on ne peut pas prévoir ses réactions. Enfin si, mais elles ne sont dictées que par le bon sens et l’éthique morale, les caractéristiques d’un Tintin en quelques sortes.

C’est dommage, d’autant qu’il est le seul personnage mis en avant, et que par conséquent, il porte l’histoire sur ses épaules. Il y a bien entendu le côté méchant, mais là aussi il n’y a pas assez de détails, de situations, pour qu’on puisse s’en faire une idée. Nous sommes trop proches de la méchanceté de base. Alors certes il y a tout un passé qui nous est conté, mais c’est encore trop catapulté et trop vagues pour qu’on en voit les causes à effet. C’est bien dommage car c’est aussi une remarque que je ferai à l’intrigue en général.

L’enquête est rapide et sans temps mort, seulement quelques petites pauses, le temps pour notre héros de partager sa table avec l’un des personnages du roman. Cependant, j’ai trouvé qu’elle était finalement elle aussi un peu trop rapide, un peu trop légère. On apprend les mobiles du crime certes, les indices sont certes résolus, mais il manque quelque chose. On arrive à les cerner, mais pas à les comprendre totalement. Cependant, vu la fin du livre, il est possible que ces quelques questions aient leur réponse dans une suite… A voir.

Les Loups de Kharkov de Alexis LorensUn point sur lequel je dois quand même être évoqué est l’écriture d’Alexis Lorens. Pour augmenter l’ambiance du Paris de l’entre-deux-guerres, l’auteur utilise bien entendu un vocabulaire approprié, qui passe plutôt bien en général. Les seuls termes qui m’ont surpris venant plus de mon inculture qu’autre chose. Cependant, si les paragraphes de narration sont bons, l’auteur a visiblement un problème avec l’écriture des dialogues, dans lesquels il abuse et sur-abuse des points d’exclamation. Certains romans ont ce problème, où toute phrase parlée se fini par cette ponctuation, que la phrase soit ou non dite avec une puissante intonation. Cela donne une impression désagréable, notamment au niveau du ressenti des dialogues entre les personnages. Difficile de lire une dialogue causant d’une mort atroce où tous les protagonistes semblent en parler avec joie et envie. L’utilisation de points, pour ce genre de phrase plus posées, voir lentes, est en général de rigueur.

Au final, Les Loups de Kharkov me laisse perplexe. Avec son ambience du Paris d’entre-deux-guerres vraiment réelle, la lecture est agréable et fluide, mais l’enquête et les personnages auraient pu profiter d’un peu plus de profondeur. J’espère qu’une suite vera le jour, afin de voir s’il ne s’agit pas simplement d’erreurs de jeunesse.


Pierre Bottero est un auteur français de Fantasy Jeunesse très populaire par chez nous, et qui nous a malheureusement quitté il y a quelques mois suite à un accident de moto. Son œuvre majeure est la saga Ewilan, dont Le Pacte des Marchombres est une sorte de cross-over, tantôt préquelle, tantôt séquelle. Ellana est le premier tome de cette trilogie, il est sorti initialement en 2006 et c’est à l’occasion de sa réédition en poche chez Le Livre de Poche que nous allons nous concentrer dessus. Synopsis ?

Ellana, Le Pacte des Marchombres Tome 1, de Pierre Bottero

Ellana est une orpheline recueillie par les Petits de la Forêt Maison, suite au massacre perpétué sur la caravane de ses parents, massacre dont elle fut la seule survivante. Mais à l’age de 13 ans cela ne lui suffit plus et elle souhaite rejoindre son monde, découvrir les humains ainsi que ses origines. C’est ainsi que de fil en aiguille elle va finir par rencontrer Jilano Alhuïn, un être mystérieux et captivant qui lui fait une proposition étonnante: lui offrir trois ans de sa vie pour qu’il l’initie à la voie des Marchombre.

Jeunesse, massacre de caravane, homme mystérieux qui propose au héros de prendre en met sa formation… Nombreux sont les éléments stéréotypés, vus et revus, que l’on retrouve dans ce premier tome du Pacte des Marchombres. Il faut le dire qu’à ces nombreux éléments vont très vite se rajouter d’autres: une héroïne indépendante et intrépide, une prophétie dont elle sera forcement l’objet, et du mary-sue en veux tu en voilà. J’avoue avoir eu beaucoup du mal à entamer ma lecture. Je n’étais pas forcement préparé à une lecture aussi typée Jeunesse après avoir lu l’excellent Izaïn, né du désert de Johan Heliot.

Elana est un personnage qui ne m’a pas vraiment plu, et dont l’attitude a vraiment eu du mal à passer à la lecture. Trop rebelle à mon goût, trop indépendante, le personne m’a semblé sonner faux. Mais c’est bien entendu avec mon œil d’adulte critique qu’Elana n’a pas pu prendre son envol, car il faut bien avouer que pour l’adolescent la jeune fille a tout ce qu’il faut pour plaire. Qui ne rêve pas d’être intrépide, d’arriver à réussir tout ce que l’on entreprend, et en plus, de montrer au monde que bien qu’on était un perdant jusque là, la roue tourne ? Il s’agit avant tout ici d’une perception personnelle, j’ai tendance à ne pas aimer ce genre de personnages alors que d’autres adorent cela.

Ellana, Le Pacte des Marchombres Tome 1, de Pierre Bottero

L’autre personnage fort du roman est bien entendu son mentor, Jilano Alhuïn, qui il faut le dire est le maître rêvé. Rassurant et agréable à lire, il est le personnage parfait, un vrai Aragorn. Et on ne va sûrement pas le lui reprocher. C’est bien entendu celui vers lequel les lecteurs masculins vont tendre et j’avoue que je l’ai beaucoup aimé. Oui on peut être critique et bon public, hein.

L’écriture de Pierre Bottero est très agréable à lire, il ne part pas dans les fioritures inutiles, bien qu’il se laisse ça et là tenter par la poésie en nous fournissant quelques vers Marchombres. La lecture est fluide, et vraiment très rapide, un des livres que j’ai lu le plus vite cette année, un très bon point pour un roman Jeunesse. Au cours du récit il est fréquent de retrouver des sortes de flash forward, une fois le concept compris ils ne sont pas déroutants, ce qui est un bon point. La plupart des chapitres faisant quelques pages tout au plus, cela permet au jeune lecteur d’avoir l’impression d’avancer, un autre très bon point.

Ellana, Le Pacte des Marchombres Tome 1, de Pierre BotteroMais s’il fallait reconnaître un sacré argument au livre, c’est bien son univers. Tout le côté Marchombre est très intéressant, et donne vraiment envie de découvrir. Cette sorte d’adaptation des Chevaliers Jedi à la Fantasy est bien foutue et on prendra plaisir à découvrir leur univers, le conseil, la façon de le devenir, etc. On souhaiterait presque pouvoir en faire partie.

Tout comme dans l’univers précédemment cité, les Marchombres sont opposés à leur antithèse, qui se nomment les Mercenaires du Chaos. Bon, il faut avouer que c’est un peu basique comme opposition bien/mal, mais le plus simple est parfois le plus efficace.

Au final, une lecture sur laquelle je reste partagé. L’univers de Pierre Bottero est, bien qu’un peu caricaturé et manichéen, très intéressant. Cependant, pour l’adulte que je suis il a vraiment été difficile de supporter son héroïne, tête à claques à souhait. Un livre à lire pour le plaisir, sans en attendre quelque chose, et idéal à offrir à un jeune lecteur qui n’a pas encore fait de très grands pas dans le monde de la littérature. Bien plus intéressant pour eux qu’un Chevaliers d’Emeraude.


Les téléphones mobiles mettent en avant depuis un moment leurs fonctions photos. Bon, ils ne sont pas toujours à la hauteur (problème de capteur, souvent). Je ne parlerais même pas d’un certain Smartphone. L’enchère sur l’appareil photo intégré, ce n’est pas nouveau. Par contre, il n’existait pas encore de téléphone mobile axé vidéo.

C’est désormais chose faite, avec le mobile Vivaz par Sony Ericsson. Je ne vous présente pas la marque, déjà connue pour ses téléphones walkman (dont on est plutôt satisfaits ici). Vivaz propose un vrai mode vidéo.  On nous promet donc un autofocus  et une détection des visages. Je vous laisse regarder la vidéo promotionnelle, qui semble avoir été tournée avec ce mobile, y’a pas a dire niveau qualité d’image, ca gère .

En plus de cela, des fonctions sont proposées pour diffuser directement les vidéos sur Youtube, ou les photos sur Picasa. Enfin, vous aurez les caractéristiques techniques sur le site web officiel, notamment la page votre téléphone en un clin d’oeil. Celles qui ont cependant retenu mon attention sont la connectivité wi-fi et la présence d’une prise jack (ce qui fait cruellement défaut sur de nombreux téléphones, ou on est obligé de passer par les formats propriétaires).

Vivaz

Evidemment, l’interface est tactile et comme vous pouvez le voir le design est plutôt sympathique, le grand écran c’est pratique pour les vidéos.

Personnellement, je ne sais pas trop quoi en penser. Il est vrai que prendre en vidéo le chat en train de lécher la poêle, ou de faire un truc particulièrement débile (courir après sa queue par exemple… Notre chat est pourtant adulte) est plutôt tentant, et c’est toujours amusant. Apres, de la a les diffuser… Je sais pas si j’oserais quand même, par respect pour la dignité dudit félin.

Vous en pensez quoi de ce téléphone ? La vidéo, gadget ou pas ?

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Lune Bleue, Eternels Tome 2, de Alyson Noël

Serafina dans Critiques, Livres le 22 avril 2010, avec 9 commentaires
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Lune bleue est le deuxième tome de la série Eternels de Alyson Noël dont j’avais chroniqué le premier tome Evermore il y a peu de temps. On notera que cette fois-ci le titre a été traduit vu que c’est Blue Moon en version originale. Par contre, vu la teneur du livre, il m’est impossible de vous en parler sans vous spoiler le premier tome. Est-ce grave ? A vous de voir. Synopsis !

Lune Bleue, Eternels Tome 2, de Noël Alyson

Ever et Damen se sont enfin retrouvés. Des siècles d’amour inassouvi dans diverses existences vont enfin s’achever. Tout roule donc, pour nos tourtereaux jusqu’à ce qu’un nouveau arrive au lycée, et les choses commencent à changer, les amitiés se brisent et l’amour absolu semble voler en éclats…

Woh, ça c’est du pompeux. Donc, si on a bien compris, là, Damen, il va aller parler à Bella, pardon, Ever dans les bois, lui dire qu’il ne l’aime plus, et elle va se faire draguer par un loup garou. Quoi, je me trompe de série ? Si peu … En effet, la base du scénario n’est pas palpitante, et pire encore, elle est affreusement déjà vue. Il est évidemment difficile de ne pas penser à Twilight sur bien des aspects, encore plus quand on sait que le livre a été écrit après. On suit les mêmes schémas. Le premier tome, découverte, début de romance, acceptation de ce qu’est l’autre, deuxième tome départ et cœur brisé pour la damoiselle, et pour les trois et quatre on verra (mais j’ai ma petite idée ! ).

Alyson Noël

Alyson Noël

On a l’impression d’être face à une influence mal digérée, et c’est vraiment gênant. Surtout car à coté l’auteur fourmille d’idées, la magie par les pierres, la magie eternels, le concept de vie entre la vie et la mort (l’Eté Eternels) sont des éléments qu’on voit somme toute assez peu, mais qui mériteraient justement une vraie place dans le livre pour pouvoir ajouter un brin d’originalité. Là encore, j’ai la même sensation que devant le premier tome, trop d’idées, mal canalisées, l’auteur en met trop, c’est la surenchère.

Dans le registre des défauts du premier tome, Ever est toute aussi difficile a comprendre, elle fait beaucoup de choix sur une simple intuition et a tout le temps bon. C’est un peu ennuyeux.

A part cela, l’isolation progressive de Ever au sein de ses amis est plutôt bien foutue, le mécanisme, bien que gros, est décrit de façon réaliste, et nul doute que l’adolescente impopulaire saura s’y retrouver et s’identifier à cette situation.   Mais cette isolation a un bien mauvais côté, les personnages secondaires qui m’avaient séduite dans le premier tome passent totalement à la trappe, fini Miles le gay fan de comédie musicale, finie Haven la goth assumée. Le roman ne tient plus que sur Ever, et malheureusement, elle n’en a pas les épaules.

Lune Bleue, Eternels Tome 2, de Noël AlysonLe style reste aussi simple, ça se lit bien et rapidement, les références culturelles ont toutes été francisées ce qui est plutôt un bon point à mon avis, et du fait de la date de parution du roman, on a vraiment une sensation d’actualité, par exemple quand un des personnages joue à Rock Band et où la playlist est exacte ! La traduction faite par Laurence Boischot et Sylvie Cohen est donc très bonne, mais cette actualité a cependant un point noir : le roman vieillira sans doute moins bien.

Au final, ce tome n’est intéressant que pour celles qui pourront s’identifier à l’heroine, identification renforcée par la nouveauté du bouquin et les références dans l’air du temps. Les défauts du premier tome n’ont pas été corrigées, et pour le moment, la serie reste une série comme tant d’autres. Le rythme très rapproché des tomes n’aide probablement pas la série à murir. A lire si vous aimez vraiment le genre.


Comme on vous l’avait dit il y a de ça quelques mois déjà, Battlestar Galactica fait partie des séries que nous avons suivies avec assiduité. Et pour cause c’est d’abord une série de Science-Fiction, mais surtout un Space Opera de très bonne qualité. Pour rappel, c’est le remake d’une dizaine d’épisodes sortis dans les années 80 où les humains étaient en guerre avec les Cylons, des robots qu’ils avaient créés et qui s’étaient rebellés. Si vous souhaitez un synopsis plus détaillé, je vous invite à relire notre critique des saisons 1 et 2, que nous avions littéralement dévorées à l’époque.

Battlestar Galactica saison 3 et 4

C’est donc tout naturellement que nous avons continué la série avec la troisième et quatrième saisons, qui vont clore la saga. Autant le dire tout de suite, nous avons dévorés les épisodes avec une férocité rarement égalée, l’un après l’autre. Eh oui, on est comme ça ici, on ne rate jamais une occasion d’être particulièrement sauvage, pauvres petits épisodes. Il faut savoir que dans la webosphère geek la série est devenue culte dès la première saison et qu’il y avait beaucoup d’attente pour ces deux futures saisons.

Bon, il serait faux de dire que tous les épisodes ont été regardés avec la même intensité, car comme nous l’avions pressenti, les auteurs ont parsemé la troisième saison d’épisodes hors série. Bref, des sortes de monster of the week, ou plutôt problem of the week, qui n’ont aucune incidence sur l’intrigue principale et dont l’intérêt est somme tout très limite. Une grève se déclenche dans un des vaisseaux, on voit tout de suite des scènes d’action de la mort qui tue avec des rebellions et tout mais on sait très bien qu’au final, personne ne mourra et tout le monde sera content. Le pire, dans l’épisode que je cite, c’est que le problème n’est même pas résolu. Bref, c’est là le plus gros point noir de cette fin de série, car la saison 3 doit compter au moins la moitié de ses épisodes dans ce genre de show inintéressant.

Starbuck et Lee AdamaCes épisodes sont vraiment lourds à encaisser car ils n’ont aucun panache. Il n’y pas de suspens, mais il n’y a pas non plus d’intérêt. On ne découvre pas vraiment la communauté humaine, on survole les problèmes, bref. Si l’on faisait une parallèle qui n’a strictement rien à voir, Buffy et sa Saison 1 est bien plus intéressant.

Et pourtant, la série de Joss Whedon propose des épisodes au scénario moisi, avec des effets spéciaux pourris. Sauf que voilà, chaque hors série a un petit quelque chose, apporte sa pierre à la mythologie de la série, bref, ils sont tous finalement agréable à regarder, il n’y a pas de sensation d’arnaque.

C’est d’autant plus dommage que la saison avait superbement bien commencée, et qu’elle va superbement bien finir. Dieu merci, la production a retenu la leçon de la mauvaise audience de cette saison 3 aux USA, et c’est comme ça que nous nous sommes retrouvés avec une dernière saison sans aucun épisode hors série. Une saison où l’on retrouve tout ce qui fait de Battlestar Galactica une série hors normes: des batailles épiques, du suspens à chaque fin d’épisode, des retournements de situation. Pour son final, la série nous en met plein la vue. Parfois trop même, avec visiblement une augmentation du budget des effets spéciaux que certains jugeront peut être de mauvais goût.

Cylons dans Battlestar Galactica

Dans tous les cas, et contrairement à ce que l’on pouvait craindre, Ronald D. Moore nous offre avant tout une vraie fin. Non pas une fin qui est ouverte à une suite, mais une fin avec un point. Une fin plutôt émouvante et qui fait que la série pourra rester dans le cercle très fermé des séries bonnes du début jusqu’à la fin. On peut souvent tomber sur une série excellente qui se termine sur un couac. Fin des budget, ou simplement une baisse trop importante de téléspectateur. Bref, souvent des fins qui sont plus causées par les financements que par le scénario en lui même.

Bref, si vous ne vous êtes pas encore jeté sur Blattestar Galactica, il est plus que temps de le faire. Les coffrets sont disponibles en France, à un prix abordable pour la qualité de la série, et avec une version originale sous titrée bien entendu. Et pour ceux qui l’ont déjà vue, il y a désormais Caprica, dont nous parlerons dans un prochain billet.

Envoyé – mardi à 14:46

illman.richou: escuse moi d’y avoir cru

« excuse »
bordayl de langue

Alexandre: d’avori cru à?

illman.richou: d’avoir cru que tu avais une facette caché entousiaste XD (l’a paas vu venir celle la)


La Planète des Singes de Tim Burton

dabYo dans Critiques, Films le 17 avril 2010, avec 5 commentaires
Critiques

Quand on est tombé par hasard à la télé sur La Planète des Singes il y a quelques semaines déjà, on ne pensait pas du tout regarder le film. Pire, on était entrain de faire l’activité hautement productive qu’est le zapping. Puis nous avons laissé la chaîne cinq petites minutes et la magie du film de Franklin J. Schaffner a tout de suite fait effet: impossible de zapper. Sauf que voilà, nous avions raté tout le début, et comme parmi les films que nous voulions voir depuis un bon moment se trouvait un certain La Planète des Singes… de Tim Burton, c’était l’occasion idéale de le voir. Le film est connu comme un accident du réalisateur, autant dire que c’était peut être la chronique d’un navet annoncé ? Vous le saurez après le Synopsis !

La Planète des Singes de Tim Burton

Leo Davidson est un astronaute d’une station spaciale qui, à l’aide de singes, tente de traverser une sorte d’énorme vortex. Les singes sont plus évolués que la normale, et sont formés à se servir de capsules… Le protocole est simple: d’abord le singe va quelque part avec sa capsule, et si il arrive à y aller et à en revenir, alors seulement l’astronaute peut le faire. Mais lorsque son primate ne revient pas, Leo Davidson perd son sang froid et part avec sa capsule. Ce qu’il ne prévoyait pas, c’était d’attérir sur une planète où ce sont les singes qui dominent, et non les humains…

Michael Jackson dans la Planète des Singes

La réalisation avait pensé à Michael Jackson pour le rôle du héros singe. Malheureusement, les économies d'effets spéciaux ne compensaient pas le cachet du défunt musicien.

Le début du film est vraiment très bon, enfin, les cinq premières minutes sont très bonnes. On y découvre la technologie humaine, avec des singes qui sont utilisés d’une manière peu déontologique. On voit tout de suite le potentiel de ce film de Science-Fiction, un genre qui rappelons le est courrament utilisé pour dénoncer des dérives de la société grâce à des possibles évolutions scientifiques. Bref, à priori, c’est donc là une bonne adaptation du roman de Pierre Boulle. On tombe tout de même assez vite dans l’ambiance, jusqu’à ce que notre héros arrive sur la planète des singes…

Et là, c’est le drame. Bon, ok non, d’abord on se dit que ça va être bien. Les prothèses ou les effets spéciaux, je ne sais pas, utilisés pour créer les singes sont vraiment bien faits. Ca fait beaucoup moins masques que dans la version de Schaffner (un peu logique aussi) et c’est vraiment bienvenue. Sauf que voilà, on fait très très vite la rencontre d’un des plus gros points noirs du film: Helena Bonham Carter. Ou du moins, son personnage, qui va être donc l’équivalent du erprésentant de la Halde de ce film, et qui va, vous vous en doutez, aider notre héros. Autant dire que son personnage est vraiment ingrat, qu’il est à baffer, et totalement inintéressant, sans parler de l’illogisme.

Il n’y a là aucune dimension sociale, et on se demande presque pourquoi elle veut aider les humains, alors que tous ses semblables veulent s’en servir d’animal domestique.

On s’enlise alors dans un film aux contours très mal tracés. Tout d’abord, on peine à comprendre pourquoi elle est laissée libre de s’opposer aux autres primates, voir même à la loi de leur société. Ensuite, le tout va se jouer très vite. On apprend que les humains sont considérés comme des objets et qu’ils n’ont pas d’âmes, ce qui est sensé nous montrer un parrallèle avec l’esclavage des noirs, indiens, etc… De même, ils ne sont pas sensés savoir réfléchir ni pouvoir construire une civilisation. Deux minutes plus tard, on constate que les humains et les singes parlent la même langue. Alors pourquoi les singes pensent les humains incapables d’avoir une quelconque civilisation, si ils peuvent parler entre eux… Mais bon, admettons, après tous les ancètres des occidentaux l’ont bien fait.

La Planète des Singes de Tim Burton

Vous... ne passerez... pas !!!

Sauf que voilà, c’en est fini de cette partie du film, au bout de trente minutes le héros s’enfuit de la ville singe, le tout pour retrouver son vaisseau. S’ensuit des petits passages inintéressants, et ce qui va vite devenir une bataille pour le gouffre de Helm. Bref, alors que vous vous attendiez à un film de Science-Fiction passionant, soit la version de Franklin J. Schaffner, vous vous retrouvez avec un bête film d’action.

Malheureusement pour nous, Tim Burton n’est pas vraiment connu pour ses qualités en tant que réalisateur de films d’action. J’avais failli mourrir de rire en regardant les combats de Batman et on va faire ici de même. En méchant, nous avons droit au général sanguinaire prêt à tout pour détruire l’humain, et en héros un type qui ne sait pas dire grand chose d’autre que je dois retrouver mon vaisseau et dont le quotient émotionnel d’une petite cuillère. Du coup, quand il s’agit de faire des grands discours avant la bataille finale, on a presque envie de se tirer une balle. Je ne parlerai même pas de la façon dont l’armée humaine est amenée… Puisqu’en fait, elle arrive d’un coup comme ça. Un peu comme si vous vous leviez et qu’en ouvrant les fenêtres, vous découvriez un millier de péons devant chez vous.

La Planète des Singes de Tim Burton

Y a vraiment besoin que je mette une légende pour que vous vous marriez là ?

Pour un film hollywoodien, malheureusement, ça fait un peu cheap, surtout vu le poids du scenario. Bref, autant dire que La Planète des Singes n’est pas qu’un accident de parcourt pour la carrière de Tim Burton. C’est aussi et avant tout un très gros navet.

http://ifisdead.net/livres/le-sang-d-immortalite-de-barbara-hambly/

Avis de Tempête est le premier tome de la série des Dossiers Dresden écrite par Jim Butcher. Ce premier tome est sorti en 2000 aux États-Unis et a été publié une première fois en grand format par Bragelonne dans sa collection l’ombre de Bragelonne. Sauf que ça a malheureusement pour l’éditeur fait un gros flop. Alors, profitant du succès de la Bit-Lit amené par Twilight et Anita Blake, ils ont réédité ce premier tome chez Milady et lui ont offert une seconde sortie. Partons d’abord sur le synopsis.

Avis de Tempête, Les Dossiers Dresden, Jim Butcher

Harry Dresden est magicien. Mais pas un de ces charlatans, non, un vrai de vrai. Il bosse comme une espèce de détective privé à son compte, mais il est aussi consultant pour la police. Alors quand un horrible meurtre se passe dans un hôtel en ville, Murphy, inspectrice spécialisée dans l’étrange, fait appel a lui. Accessoirement, Harry n’a plus un rond, et doit retrouver un mari volage pour s’en faire un peu…

Bon. Alors là, vous vous demandez peut être « mais en quoi c’est de la Bit-Lit ? » Bon. Il est clair que classer ce livre n’est pas aisé. C’est de l’Urban Fantasy, à coup sûr. Mais la présence d’un héros qui a des préoccupations bien terre à terre, à savoir payer le loyer, vie sentimentale, le fait que les créatures magiques soient révélées et acceptées par la population m’incitent à classer ce titre en Bit-Lit malgré la testostérone du héros.

J’ai entendu pas mal de critiques assez partagées sur ce roman, notamment celle de Ryuchan. Et étonnamment, je vais m’inscrire en porte-à-faux, car j’ai purement kiffé ce bouquin. Ce n’est évidemment pas prise de tête, comme toute Bit-Lit au demeurant. C’est vraiment un livre pour la détente et sans trop de prétentions. Ce que n’ont pas noté les critiques précitées c’est le gros coté Anita Blake, le consultant pour la police qui travaille à son compte/pour une agence, c’est clairement du Anita.

Dans l'Oeil du Cyclone / Avis de Tempête, Les Dossiers Dresden, Jim Butcher

La couverture de l'édition Bragelonne, nommée Dans l'Oeil du Cyclone, était bien moins belle

Mais là où Les Dossiers Dresden apporte un truc réellement nouveau au genre, c’est par son héros. Un sorcier destroy, crade, qui est sans le sou, qui a des pouvoirs et une morale parfois discutable… Il ne fait pas dans la dentelle, ce n’est pas un gentil. Et en plus, il pense moins avec ses organes génitaux que les traditionnelles héroïnes de Bit-Lit. C’en serait presque un comble non ? On n’est pas loin du miracle en tout cas.

Le style est dans l’ensemble agréable. Moi j’ai aimé toutes les petites remarques parfois humoristiques, parfois acerbes du héros (oui car c’est àa la première personne). Bon, par contre la traduction n’est pas toujours au top. Harry porte un Duster en V.O… Ce qui a été traduit par, attention, cache-poussière. La j’ai envie de dire « WTF ? ». Sinon, la plupart des références ont été francisées, ce qui pour moi est un point positif, mais a un peu divisé les fans. Entendre Harry parler de, je sais pas, « Des chiffres et des Lettres » c’est un peu bizarre, mais je suis favorable à la francisation des références en général.

Avis de Tempête, Les Dossiers Dresden, Jim ButcherL’intrigue, elle par contre, n’est pas forcément le point fort. Si Jim Butcher la mène mieux que la moyenne, la fin est un peu décevante car trop manichéenne, et assez stéréotypée. On peut cependant espérer mieux pour la suite. Ce premier tome, n’étant qu’un premier tome. Beaucoup de petits détails sont sous-entendus sur le passé de Dresden et on a évidemment envie de connaître la suite ! Ce tome est surtout porté par le héros lui-même et l’univers mis en place. Il sert en quelque sorte d’introduction, malgré une intrigue qui se finit un peu en queue de poisson. J’ai aimé l’ambiance, assez sombre, beaucoup de pluie, et les méthodes de Harry.

Malgré tout, ce premier tome des Dossiers Dresden m’a totalement convaincue. Ce n’est pas le livre de l’année mais ça fait plaisir de découvrir une serie de Bit-Lit qui sort un peu de l’ordinaire et d’un bon niveau. J’ai d’ores et déjà acheté le tome deux, malgré la couverture proprement immonde. Le seul point négatif, c’est finalement le fait que Milady placarde ses bouquins de publicités pour d’autres livres, rendant par la même les pages rigides plus molles qu’à l’habitude…


Les Motifs de l’Ombre est le premier tome de La Ronce d’Or, une série de Fantasy en deux tomes écrite par J.V. Jones et publiée fin des années 90′ aux États-Unis, pays d’adoption de l’écrivaine. Le Livre de Poche a récemment édité sa traduction française de Guillaume Fournier, avec en couverture l’une des nombreuses et superbes illustration de Marc Simonetti. Mais trêve de présentation, et commençons directement avec le Synopsis.

Les Motifs de l'Ombre, La Ronce d'Or Tome 1, de J.V. Jones

Quand Tessa mit la bague à son doigt, elle ne s’imaginait sûrement pas être balancée dans un monde qu’elle ne connaissait pas, où l’on se déplace encore à cheval et où se balader dans la rue en pantalon est impensable pour une femme. Sauf que voilà, quand on y est, on y reste, et ce n’est pas le fait d’enlever la bague qui y changera quoi que ce soit. De son côté, Ravis, baroudeur et mercenaire, n’imaginait pas non plus être bloqué à Bay’Zell alors que le pays va bientôt être attaqué par son ancien employeur…

Comme vous pouvez le pressentir, il s’agit d’un synopsis que l’on pourrait qualifier de classique pour de la Fantasy. Un monde imaginaire à découvrir, une poignée de personnages que l’on va suivre les uns après les autres, et une sorte de destinée pour l’ensemble d’entre eux… Bref, tous les ingrédients nécessaires pour écrire ce que l’on peut appeler un bon roman du genre… Ou un très mauvais, car il est difficile de jongler avec tous ces éléments sans jamais tomber. J’avoue que j’étais perplexe au tout début, et notamment sur le personnage de Tessa. Une fille qui est propulsée dans un monde inconnu, en général, ça sent la mary-sue à plein nez. Et une mary-sue, ça n’est jamais bon pour la qualité d’un récit. Du coup, c’est avec une petite crainte que j’ai commencé à lire.

Les Motifs de l'Ombre, La Ronce d'Or Tome 1, de J.V. Jones

Et pourtant, je dois avouer qu’il n’en est rien. Enfin si, bien entendu, Tessa est là pour une raison, elle a certaines capacités, mais on oublie finalement vite qu’elle vient d’ailleurs, que c’est une mary-sue en puissance. Cet aspect est assez peu important, et d’un autre côté, il faut avouer que sa venue d’ailleurs n’est pas déterminante dans ce premier tome et que, je trouve, cela n’apporte au final pas grand chose… J’espère que cela sera réutilisé pour la suite sinon je ne vois pas d’intérêt de nous le rappeler assez souvent, et de nous parler de ses anciens problèmes d’acouphène. De l’autre côté, en héros principal, nous avons Ravis, l’Aragorn du livre, qui a un passé sombre et qui n’est pas reconnu à sa juste valeur par le reste du monde, mais qui est prêt à aider Tessa, une jeune fille qu’il ne connaît pas. Bref, un personnage de Fantasy comme les gens aiment à aimer, un gentil au grand cœur qui possède tout de même son petit côté sombre…

Il faut dire que Les Motifs de l’Ombre est vraiment tout ce qu’il y a de plus classique, mais que c’est un classique plutôt bien fait. Le monde est agréable à découvrir, la présence de la carte aide à l’immersion et on prend vite ses marques. On n’est pas balancé dans un endroit inconnu où l’on parle de vingt villes différentes. Non, on se situe vraiment vite et c’est très agréable. L’écriture de J.V. Jones est plutôt bonne, sans être exceptionnelle non plus. On a aucun mal à suivre la narration et l’alternance des points de vue est maîtrisée.

Les Motifs de l'Ombre, La Ronce d'Or Tome 1, de J.V. JonesComme tout bon roman de Fantasy, le monde de Jones possède une magie qui, cette fois, en plus d’être intéressante, est plutôt originale. Je n’avais jusqu’à présent jamais rencontré de magiciens dont le métier était scribe. Certes, les magiciens ont des formules magiques, sont amenés à en écrire, mais ils ne peignent pas pour faire de la magie. J’ai trouvé les passages les concernant tout bonnement excellent, et l’immersion de la plume de Jones était vraiment bonne. C’est notamment ce point qui a fini par me convaincre pour cette série qui était plutôt moyenne au départ.

Bref, il y a tout dans le chaudron pour en faire un bon tome, et c’est ce qu’il est. J’ai eu du mal pendant les premiers chapitres, mais peu à peu, j’ai fini par plonger dans le royaume de la Ronce d’Or et je suis assez curieux de ce que donnera la suite. Bon, certes, la plupart des personnages restent très caricaturaux, il ne faudra donc pas attendre de ce premier tome une révolution de la Fantasy. Il faut plus le voir comme un bon divertissement lorsque vous recherchez un cycle court de deux tomes et agréable à lire.

C’est aussi un très bon moyen de rentrer dans le monde de la Fantasy. Il est moins évident que vous aimerez si vous êtes un féru du genre, mais on est loin des mauvais titres du genre !

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