Les Dieux eux-mêmes de Isaac Asimov

illman dans Critiques, Livres le 27 février 2010, avec 2 commentaires
Critiques

Les dieux eux-mêmes a été écrit par Isaac Asimov en 1972. Il renouait alors avec son style fétiche, la Science-Fiction. Je pense qu’il n’est nul besoin de présenter cet auteur, dans le cas contraire, wikipédia est et je vous conseille vivement de lire au moins un des ses ouvrages, Fondation ou Les Robots par exemple. L’origine de ce livre est un pari fait avec Robert Silverberg, un autre auteur du genre avec lequel il a d’ailleurs co-écrit des romans. C’est un livre indépendant, il ne fait partie d’aucun cycle, donc pas de pré-requis de lecture. Un petit synopsis s’impose.

Les Dieux eux-mêmes de Isaac Asimov

Par un heureux (?!) hasard de circonstance, un radiochimiste, Hallam, est témoin du changement d’un morceau de métal banal, le tungstène, en un plutonium totalement improbable,en tout cas dans notre univers, le plutonium 186. De cette découverte découlera la création de la pompe à électrons, une ressource d’énergie inépuisable et non-polluante. Un jeune scientifique affecté à une de ces pompes va vouloir en raconter l’histoire. Mais durant ses recherches, il va lever des points d’ombre: la pompe est-elle réellement sans danger ?

Nous suivrons aussi le destin d’autres personnages, avec notamment la rencontre d’une race extraterrestre, remarquablement détaillé, un vrai monde à part bien cohérent. Je n’en dirais pas plus sur l’intrigue les concernant, c’est une merveille à découvrir. On suivra un scientifique, Denison, dans son exil sur la lune. Il ira se mêler à la communauté scientifique lunaire et découvrira leurs mœurs, bien différente de celles en cours sur Terre. Son objectif, découvrir si la pompe est dangereuse.

« Contre la stupidité… Les dieux eux-mêmes… luttent en vain« 

Les Dieux eux-mêmes de Isaac AsimovLe grand thème du livre dans une simple citation, chaque partie de la phrase représentant une partie du récit. Pourrions nous renoncer à une invention qui nous est bénéfique ? Resterions nous aveugles à ses dangers à cause de cela ? Ce roman est une lutte contre la bêtise et l’entêtement mâtiné d’un exquis nappage de Science-Fiction. Je vous le dis tout de suite, ce n’est pas pour rien si cet ouvrage a remporté le prix Nebula (1972), le prix Hugo du meilleur roman et le prix Locus (1973).  Un thème fort, un univers cohérent, des personnages qui sonnent vrais (même les E.T.) et une imagination débordante de l’auteur, voilà ce que vous trouverez dans cet ouvrage.

Le vocabulaire scientifique est beaucoup employé mais ce n’est pas gênant. Comme souvent chez Asimov, il y a vulgarisation du propos scientifique et les concepts sont plutôt amenés en douceur. Et puis bon, ne pas comprendre en détails ne dérange pas pour l’histoire du moment qu’on en a compris les grandes lignes, notamment sur le fonctionnement de la pompe.

J’ai beaucoup aimé le découpage de l’histoire en trois parties, suivant le destin de personnages aux caractères bien différents. Au risque de me répéter, je tiens à re-souligner une nouvelle fois le talent d’Isaac Asimov. La deuxième partie de son roman traitant d’une race extraterrestre qu’il a créé de toutes pièces est à mille lieux de toutes celles que j’ai rencontré dans d’autres romans de Sci-Fi. Je dirais même que c’est un vent de fraîcheur et d’originalité qui nous balaye en suivant les péripéties de nos E.T. Mais voilà, un problème se pose, c’est aussi dans cette partie que l’on rencontre…

The Gods themselves, Isaac Asimov

… le point noir du livre,  l’omniprésence du sexe. Parait-il qu’Asimov avait été critiqué parce qu’il n’introduisait pas d’aliens et de sexe dans ses histoires. Pour le coup, sur ce roman l’auteur s’est lâché. Il y a des aliens, du sexe, et du sexe entre aliens… A certains moment la deuxième partie fait un peu trop Fornic’land chez les E.T. Une petite vengeance de l’auteur peut-être… Pour chipoter, je pourrais aussi dire que la première partie est un peu longuette avec ses explications scientifiques mais ce serait seulement pour ne pas passer pour un bisounours incapable de donner des points négatifs dans ses critiques (pourtant c’est cool un ours).

Il serait cependant dommage de s’arrêter à ces détails. Les dieux eux-mêmes est un excellent livre et je vous le conseille fortement, que vous soyez fan de S.F. ou non. Et d’autant plus si vous n’avez jamais gouté aux titres de l’auteur.


Highschool of the Dead (HOTD pour faire court) est une série de manga, classée en Seinen. Elle a débuté en 2006 et cinq volumes sont sortis au Japon. Depuis, elle est en pause pour une durée indéterminée… mais on sait tous ce que cela veut dire, non ? La série est arrivée en France il y a peu, et 3 ou 4 volumes sont sortis a ce jour. Ce n’est pas le genre de manga vers lequel je me dirigerais à la base, mais j’ai gagné le premier tome via un concours organisé par Kameyoko, je vous invite d’ailleurs à lire sa critique de ce tome ici.

Highschool Of The Dead, Tome 1, de Daisuke et Shouji Sato

Niveau histoire, eh bien c’est simple. Un groupe de lycéens doit faire face à une attaque de zombie. Point. C’est du Survival pur et dur. On ne sait pas d’où vient le virus « zombie », ni comment, ni pourquoi, mais ce qu’on sait c’est qu’il se propage à toute vitesse ! Un petit groupe de personnes encore saines va devoir s’organiser et se battre pour sa survie.

Tout d’abord un mot sur l’emballage. Édité par Pika, nous avons donc droit a un format classique, mais surtout, les premières pages en couleur. Couleurs d’ailleurs mises par ordinateur. J’ai vu mieux niveau colo, mais j’ai aussi vu pire. Donc, dans l’ensemble on n’a pas à se plaindre.

Ce scénario est somme toute assez commun, c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleurs yaourts non ? Enfin, c’est ce qu’on me dit. Toujours est-il que en tout cas, le mythe zombie est respecté et que les fans de Romero devraient pouvoir retrouver leurs marques sans le moindre problème. Ici, on ne cherche pas à révolutionner le genre, ni à proposer autre chose qu’un divertissement. C’est cependant à saluer, car il me semble que les mangas sur le genre sont assez rares. Je ne suis pas experte, mais je n’en avais jamais lu jusqu’à présent.

Highschool Of The Dead, Tome 1, de Daisuke et Shouji Sato

Face à cette ambition assumée de faire du Survival de type série Z, on a évidemment droit à une histoire bien cadencée, rapide,  pleine d’action. Bon, au début, honnêtement, la narration est vraiment mauvaise. On ne comprend rien, les cadrages sont plutôt mal choisis, c’est brouillon et pour tilter ce qu’il se passe j’ai du relire certaines planches plusieurs fois. Heureusement, cela s’améliore à la fin du tome et laisse présager du bon pour les tomes suivants.

Malheureusement, c’est à peu près tout ce que je vais pouvoir citer comme bons points, car après on passe tout de suite à ce qui fait mal.

Les personnages sont tous affreusement caricaturaux et déjà vus. Leurs réactions sont prévisibles à 100 bornes. On a droit à l’intello effacé, à la pétasse qui pense à sa coiffure, à l’infirmière aux gros lolo, le petit chef plein d’ambitions… Bref, trop gros, et trop peu original. Difficile de s’attacher à ce genre de personnages. Du coup, les événements qu’ils vivent ne nous touchent pas réellement.

Highschool Of The Dead, Tome 1, de Daisuke et Shouji SatoJe parlais des gros seins de l’infirmière et c’est le deuxième point négatif. C’est fan-service à mort. Je ne compte même pas le nombre de plan culottes qu’il peut y avoir dans ce premier tome. Sans parler des seins en obus qui bougent de manière déniant toute physique. Bon évidemment, les filles sont constamment aspergées de sueur avec la bouche ouverte en cul-de-poule. Ouais. Ce coté fan-service m’est plutôt désagréable, je trouve ça très vite trop lourd. Alors certes je suis une fille, ceci explique cela.

Niveau dessin, je dois dire qu’il n’y a pas grand chose à dire. Techniquement parlant, à par pour les boobs, c’est niquel. Les perspectives sont plutôt maîtrisées, l’anatomie aussi, les décors sont biens foutus. Là ou ça pêche, c’est le style. Il n’y a aucune personnalité, on est face à du mangasse de base, vous savez, les yeux énormes, le tout petit nez pointu, la bouche encore plus petite. Personnellement, je n’aime pas ce style.

Bref, ca se laisse lire. Vus serez sans doute réjouis si vous aimez le survival, quitte à fermer les yeux sur le coté convenu et stéréotypé. Sinon, pour ma part je suis perplexe, je ne pense pas que j’acheterais la suite, mais si on me la prete, je la lirai sans mal.


Sally Lockhart est une série de quatre petits romans de Phillip Pullman, un auteur surtout connu pour sa célèbre trilogie A la croisée des mondes.  Sally a été publiée pour la première fois en 1985  dans la langue de Shakespeare mais n’a été traduite qu’en 2003 en France, probablement suite au succès de la trilogie pré-citée. Je ne m’étais jamais réellement intéressée à cette série, jusqu’à ce que je vois l’adaptation qu’en a réalisé la BBC, diffusée récemment sur Arte. Malgré l’actrice que je trouve très désagréable à regarder, Billie Piper de Docteur Who, l’ambiance m’a conquise, et pour cause !

Sally Lockhart: La malédiction du ruby de Phillip Pullman

Le livre nous narre en effet les aventures de Sally une jeune orpheline dans l’Angleterre Victorienne, ma période historique préférée. Dans ce premier tome, nous rencontrons Sally, dont le père vient de mourir en mer, son bateau aurait coulé. Cependant elle reçoit une lettre laissant sous entendre de lourds secret, notamment sur sa naissance.

C’est le point de départ de l’histoire et je ne tiens pas à vous en dire plus. Il est important cependant de considérer ce petit livre comme ce qu’il est. Un livre pour enfant, écrit une dizaine d’année avant la série majeure de l’auteur. Il ne faut donc pas s’attendre au même niveau ni à la même complexité. Je pense que cette précision est importante pour ne pas trop en attendre de l’ouvrage.

Sally Lockhart

L'adaptation de la série à la télé

Moi, j’en attendais surtout un livre jeunesse dans une période que j’adore, donc, au final j’ai été servie.  L’ambiance victorienne est par certains cotés très bien rendue. Les ruelles pavées, les quartiers pauvres, les fumeries d’opium, tout cela contribue à marquer l’ambiance. On fait référence à de nombreux principes de l’époque et plusieurs composantes « historiques » que cela soit les asiles de nuit, les débuts de la photographie, ou encore le commerce de l’opium. Pour quiconque apprécie la période, c’est vraiment plaisant. Cependant, j’ai trouvé un peu uchronique la relation entre les personnages : en 5 minutes ils s’appellent par leur diminutif, tout le monde est assez égal. Cela me choque un peu, surtout vu les origines (assez aisées) de Sally, mais peut être est-ce voulu. Car en tout cas, Sally n’est pas une demoiselle victorienne, elle a la mentalité d’une ado d’aujourd’hui, elle est forte, indépendante, veut travailler, et apparemment tout le monde l’accepte !

Le personnage principal est un peu froid malheureusement, ce qui empêche de réellement s’y attacher. Cependant, elle ne m’a pas non plus semblée désagréable, je pense qu’elle prendra plus de relief dans les prochains tomes (qui d’ailleurs sont plus gros). Les personnages secondaire eux sont plus hauts en couleurs et j’ai trouvé qu’il y avait du bon potentiel. Par contre, les méchants sont un peu trop méchants. Je veux dire c’est assez manichéen  et c’est pas du méchant de pacotille. Un peu dommage mais malheureusement pas si rare en littérature jeunesse.

Sally Lockhart: La malédiction du ruby de Phillip Pullman

Évidemment, comme le promet le titre, le mystère et l’aventure sont au rendez-vous. L’enquête en elle même est plutôt prenante, et on prend plaisir à suivre les protagonistes avancer dans leurs recherches. On en découvre plus petit à petit sur le père de Sally et on aborde des sujets assez graves. Cependant, j’ai trouvé la révélation finale un peu grosse et mal amenée. Comme si la fin avait été bâclée, c’est un peu dommage.

Sally Lockhart: La malédiction du ruby de Phillip PullmanAu final, ce premier tome me semble plus être une introduction qu’autre chose. On y place le décor, et le mystère est plus un prétexte qu’autre chose, c’est une lecture agréable, mais clairement typée jeunesse. Il n’y a pas dans ce premier tome de différents niveaux de lecture comme on peut le trouver dans d’autres oeuvres de Pullman.

La série commence bien,  et augure du bon pour la suite, si le potentiel est bien exploité. Nul doute cependant que les plus jeunes adorerons. Sally Lockhart est surrement une série dont je vous reparlerai, car je compte d’ores et déjà me procurer le deuxième tome pour le lire.


L’olympe des infortunes de Yasmina Khadra

Serafina dans Critiques, Livres le 21 février 2010, avec 6 commentaires
Critiques

Yasmina Khadra est un auteur francophone, d’origine algérienne, dont j’avais beaucoup entendu parler, notamment pour son livre Les hirondelles de Kaboul. Je n’avais jamais lu de ses livres, parce que je suis généralement un peu perplexe devant les succès de librairie… Cependant, lorsque j’ai vu son dernier roman, L’olympe des infortunes, en partenariat sur Livraddict, je me suis dit que c’était l’occasion idéale de donner une chance à cet auteur. Nous sommes assez loin de mes styles de prédilection, mais c’est la tout l’intérêt des partenariat : la découverte. Et puis, ça évite la crise de foie de Fantasy, synopsis.

L'olympe des infortunes de Yasmina Khadra

Cette histoire prend place sur un terrain vague, une sorte de décharge abandonnée, en marge de la société. Là vivent plusieurs SDF, ils ont établi la leur vie, loin de la ville. Organisés en petit groupes, ces personnages ont tous leurs histoires, mais il n’en parlent pas beaucoup. Est ce là le bonheur ?

Un petit mot sur le livre, aux éditions Julliard, la couverture à rabat souple est toute douce et brillante et l’illustration est sobre mais agréable. C’est  un livre assez court, 240 pages par là, et écrit plutôt gros, ce qui fait que je l’ai lu très rapidement. Il se lit sans mal.

Je n’avais absolument rien lu de cet auteur, il n’y aura donc aucune comparaison. Il parait que c’est très différent, et je veux bien les croire. Ce roman s’intéresse au monde assez particulier des SDF, dans une décharge anonyme, dans une ville anonyme, même un pays anonyme.

Yasmina Khadra

Yasmina Khadra

On ne sait pas réellement où on est, et ça n’est pas important, leur monde c’est le terrain vague, et pour nous aussi. Ce procédé permet d’accentuer l’immersion. Nous sommes coupé de tout, le livre est donc beaucoup plus universel. Et ce procédé renforce le coté conte philosophique qu’on peut ressentir sur d’autres points.

Cependant là où l’auteur fait fort, c’est qu’il ne fait pas de concessions, mais qu’il arrive pourtant à donner une dignité et une grandeur à ses personnages. Ces hommes sont alcooliques, malades, pas toujours moraux, crades, bref, ce n’est pas tout rose. Cependant, ils ont une sorte de grandeur en eux. Surtout Ach auquel je me suis énormément attachée.

Ce vieux monsieur bougon, poète et musicien dispense à Junior, un jeune SDF un peu simplet, des leçons et des morales, qui sont autant de pistes ouvertes vers la philosophie et en tout cas vers la réflexion. J’ai trouvé le roman plutôt intelligent et pas trop moraliste non plus. Cependant, il y a un peu beaucoup de références à Dieu, ça ne m’a pas vraiment gênée, mais c’est à dire. Un autre personnage m’a vraiment semblé déplacé, celui de Ben Adam, une sorte de prophète qui ne rime à rien.

Il faut dire que le roman est très très court donc, du coup tout n’est pas totalement développé et je pense que sur certains points il aurait peut être fallu plus de pages afin d’amener mieux les choses. Cependant, il s’agit là d’un petit bémol, car dans l’ensemble le livre m’a charmée. La galerie est vraiment diversifiée, et j’ai été surprise à plusieurs reprise du respect envers les personnages. Malgré tout ce qu’on nous révèle, des morpions aux diarrhée, ce n’est jamais vulgaire et jamais irrespectueux.

L'olympe des infortunes de Yasmina KhadraDe plus la plume de Khadra est très agréable. Son écriture est poétique tout en restant très légère. Beaucoup de ses figures de style sont tout simplement superbes et j’ai été conquise très rapidement. J’aime sa simplicité et sa manière de brosser des portraits très intimes tout en aisance. Il a réussi à me toucher, et la fin m’a beaucoup plu. Je  ne pensais pas que cela me prendrait autant.

A noter que je m’attendais à un livre plus moralisateur. Alors certes, il l’est un peu c’est indéniable, mais ça ne saute pas à la gorge, et c’est assez léger dans le fond. Si c’est un roman engagé alors c’est bien caché même si il est impossible d’être totalement neutre sur le sujet évidemment.

Voilà dans tous les cas une très bonne découverte. Du coup, je compte m’intéresser un peu plus à cet auteur. Il n’est pas impossible que je me procure d’autres de ses romans car le style y est vraiment très bon.


L’heure de l’ange de Anne Rice

Serafina dans Critiques, Livres le 19 février 2010, avec 9 commentaires
Critiques

L’heure de l’ange est le dernier roman de Anne Rice. Publié en anglais en Octobre 2009, le roman est sorti hier en français aux éditions Michel Lafon. Je ne vous ferais pas l’affront de vous présenter l’auteur. Elle est surtout célèbre pour ses Chroniques des Vampires qui sont mes livres cultes et Anne Rice a crée ce qui est pour moi le meilleur personnage au monde, j’ai nommé Lestat de Lioncourt. Par cette introduction, vous pouvez déjà savoir que je ne suis pas objective, que je suis une fane, que j’ai lu quinze fois les chroniques. Cependant, Rice et les vampires, c’est terminé. Après avoir rejoint définitivement l’église catholique, elle a décidé d’utiliser sa plume pour Dieu. Après deux romans sur la vie du Christ (que je n’ai pas lus) elle revient avec L’heure de l’ange qui débute une nouvelle série, Songs of the Seraphim. J’étais un petit peu perplexe… J’avais peur d’avoir à faire à de la propagande religieuse, ou à un roman affreusement engagé. Enfin, synopsis !

L'heure de l'Ange de Anne Rice

Toby est un tueur à gage. Il vit en solitaire et exécute les missions qu’on lui demande. Il est beau, anonyme, se faisant appeler Tommy, ou Lucky, en fonction de ce qui l’arrange. Il est traqué dans le monde entier, il a perdu la foi et il n’a pas de pitié pour ses victimes. Cependant, après une mission particulièrement éprouvante, il fait une rencontre assez bouleversante. En effet, il rencontre Malchiah, prétendument un ange.

Je n’ai pas envie de vous en dire plus. Sachez que le résumé de la version française vous spoil totalement, en effet les événements dont on parle commencent à la page 150… sur 270. J’ai bien fait de ne pas lire le résumé ! Donc si vous comptez le lire, gardez ceci bien en tête pour vous conserver un maximum de surprises. Ceci dit, un mot sur le livre. Comme toujours les éditions Michel Laffon nous proposent un très bel ouvrage, la couverture est superbe, sobre et classe. Une petite image (une aile d’ange) débute chaque chapitre, le papier est beau, c’est aéré. Bref, c’est toujours un plaisir de feuilleter leurs livres, et ce sont des must-have pour tout collectionneur qui se respecte.

Au niveau du style, on retrouve la Anne Rice qu’on connaît. Elle utilise la première personne du singulier, comme elle en a l’habitude. De même les descriptions sont toujours très précises, et l’immersion est très rapide. Son style est cependant plus léger qu’au début des chroniques et les longueurs sont évitées L’ambiance est évidemment très présente et il ne faut pas longtemps pour s’attacher à Toby. Toby qui par bien des cotés n’est pas sans rappeler le vampire français qui l’a rendue célèbre il y a maintenant presque une trentaine d’années. Le héros immoral mais en quête de beauté, passionné par l’architecture, la musique, fasciné par la religion, nul doute que les aficionados reprendront vite leurs marques. Tous les endroits et les époques évoquées sont irrémédiablement crédibles et ça, ça aide beaucoup. Enfin, évidemment, on retrouve la Nouvelle Orléans, un peu moins dorée que celle des vampires, mais malheureusement très réaliste (malheureusement parce que c’est pas que du beau dans cette ville, et non parce que je trouve cela dommage dans le livre hein !). Anne Rice jongle entre les époques d’une main de maître, et son talent n’est pas discutable.

Angel Time of Anne Rice

La couverture originale est exactement la même, à ceci près qu'elle présente aussi le nom de la série.

L’histoire se scinde en deux parties d’égale importance. Toute la première partie est la découverte de Toby, comprendre où il en est et pourquoi il en est là. La deuxième partie consiste en une mission bien particulière, qui nous fait découvrir une période trouble de l’histoire anglaise, celle des persécutions envers les juifs dans le XIIème siècle. Il me semble que d’autres livres sont annoncés, ce qui fait qu’il faut peut être voir ce livre comme une introduction, et ce qui explique peut être la longue partie pour découvrir Toby. Si elle est intéressante, c’est réellement la deuxième qui m’a convaincue, bien que la résolution du problème soit un peu simpliste.

On ne peut que saluer la documentation de Rice sur cette époque, sur les martyrs juifs, sur les accusations sans preuve, sur la haine et la persécution qu’ont subis les juifs. Comme je vous le disais, j’avais de gros aprioris. Mais que nenni. Si la religion joue un rôle important dans la deuxième partie, elle n’est pas aveugle et d’ailleurs la religion chrétienne est loin d’y être édulcorée. Les abus des ordres (Dominicains je crois) envers les juifs et leur violence sont décrits de manière très objective, et je n’ai pas trouvé le livre fondamentalement engagé. La religion est traitée de manière intelligente et il serait impossible de parler de Moyen Age sans parler de religion.

Évidemment, il ne faut pas attendre le niveau de Lestat le vampire. Ceci dit, le livre est très agréable et immersif. Il a balayé tous les aprioris que j’ai pu avoir quand j’en ai entendu l’annonce. Anne Rice a beau être convertie, elle n’est pas devenue aveugle pour autant. Son talent d’écrivain est là, bel et bien présent au service d’une histoire peut être un peu simpliste sur la fin, mais qui augure du meilleur pour la suite. Le thème des anges reste somme toute assez mystérieux, on n’en sait pas réellement plus sur eux, ni sur la vision qu’en a l’auteur. Je pense cependant que le prochain tome nous en dira plus. Enfin, sachez que la postface est très intéressante et que si les thèmes vous intéressent, Anne Rice a rajouté une bibliographie.

L'heure de l'Ange de Anne RiceSi vous aimez Anne Rice et que vous n’êtes pas allergique à la religion, je ne peux que vous conseiller ce roman, vous y retrouverez sa plume et un héros comme on les aime. Si vous ne connaissez pas Anne Rice, je vous conseillerais plutôt de lire les Chroniques des Vampires, mais si vous n’aimez pas les bêtes à croc, pourquoi pas celui ci ? Enfin, si vous n’aimiez pas ses autres romans, je pense que vous pouvez peut être aimer celui ci, car le style est résolument plus léger, et l’histoire peut être bien plus ancrée dans la réalité malgré la présence d’anges. Je précise aussi que bien que débutant une saga, ce tome possède une vraie fin et peut être lu de manière totalement indépendante.

Un excellent come back en France pour cet auteur dont les bouquins avaient de plus en plus de mal à traverser l’océan ces derniers temps !


 

Ca fait des années qu’on en parle, et enfin, il semblerait que la date soit définitive. Le 30 Novembre 2011 on bascule à la télé toute numérique, officiellement.  Toujours est-il que la coupure se fera région par région.

Quand on a changé de télé en décembre dernier, on pensais qu’on n’aurait pas droit a la TV numérique ou que cela serait compliqué. En fait, on a juste branché le câble d’antenne qui trainait dans un coin, et on a vu apparaitre le menu « numérique » sur notre télé. Mais voila, ce n’est pas aussi facile pour tout le monde.

C’est en partie pour cette raison que Darty a mis en ligne un site web clair et simple d’utilisation pour répondre à toutes les questions qu’on peut se poser sur la TV numérique que l’on soit novice ou non.

 Les principes de la TNT sont expliqués en clair que cela soit avec des articles ou de la vidéo (présentée par Eglantine Eméyé).  Via un petit test vous pouvez directement savoir si votre équipement est déjà prêt ou non. Vous vous en doutez avec notre nouvelle télé (achetée chez Darty d’ailleurs..) on passe le test facile. Par contre, aucun doute que cela va plutôt servir a mes parents.   

 On y retrouve notamment le  calendrier de passage au tout numérique. En effet cela va se passer progressivement. Par exemple ici dans le centre, c’est le 19 octobre 2010 soit dans moins d’un an. Il va falloir que je m’occupe rapidement d’installer la TNT chez mes parents.

Et ensuite, la rubrique que j’ai trouvée vraiment bien, c’est celle sur les aides financières. En effet, on ne vous en a peut être pas parlé, mais il est possible de recevoir des aides de l’état pour accéder à la TNT. Vous devez répondre à certaines conditions (faibles revenus, recevoir seulement les 6 chaines, etc…) et l’état peut vous aider de 25€ pour l’achat d’un adaptateur TNT , 120€ pour régler votre antenne et jusqu'à 250€ pour installer une parabole. Je ne sais pas quels sont les prix pratiqués, mais en tout cas, les démarches sont bien expliquées. Donc, pensez-y pour vous ou pour vos proches qui pourraient être concernés.

Dans tous les cas, avec ce site facile d’utilisation, Darty permet à tous de se préparer à la TNT. Reste à savoir si les personnes qui en auront le plus besoin (les personnes âgées) auront accès à Internet.


 

Article sponsorisé


La Mémoire dans la peau de Robert Ludlum

Serafina dans Critiques, Livres le 16 février 2010, avec 6 commentaires
Critiques

La Mémoire dans la peau est un roman d’espionnage publié en 1980. Ce roman est extrêmement estimé, et est régulièrement classé parmi les meilleurs thrillers d’espionnages anglo-saxons. Robert Ludlum a beau être un des deux auteurs fétiches de mon père, je n’en avais jusqu’à présent jamais lu. J’ai longtemps voulu en découvrir, et puis dabYo m’a offert La Mémoire dans la peau. Un beau pavé de 650 pages, sans pages blanches. Synopsis ?

La Mémoire dans la peau de Robert Ludlum

La Mémoire dans la peau c’est l’histoire d’un amnésique, repêché au large de Marseille. Il ne sait ni qui il est, ni ce qu’il fait là. Par contre, il a un microfilm dans la hanche, lui donnant l’adresse d’une banque à Zurich. Bien décidé à découvrir qui il est, il se met en route. Commence alors pour notre héros une course poursuite haletante. Car ceux qui l’ont mis à la mer sont bien décidés à achever leur travail !

Voila, pour le synopsis. Si vous êtes un habitué du cinéma, vous reconnaissez aussi le synopsis du film qui porte le même nom, avec Matt Damon qui incarne le héros. C’est d’ailleurs une adaptation très très libre, mais nous parlerons de cela dans un autre article. Toujours est-il que je ne sais pas trop par où commencer cette critique. Alors, on va pas faire dans la dentelle.

The Bourne Identity from Robert LudlumLa Mémoire dans la peau est le meilleur livre que j’ai lu depuis très longtemps. Je dirais même depuis un an et demi, car le seul livre que je place au même niveau c’est Les Noces Pourpres de Georges R. R. Martin ! Si vous suivez ce blog, vous comprenez aisément la portée de cette phrase et vous n’avez plus qu’à courir chez votre libraire pour vous procurer ce bouquin. Sinon, je vais vous expliquer pourquoi vous devriez le faire !

Tout d’abord, ce roman de Robert Ludlum immersif, on suit avec intérêt notre héros, on essaie nous même de recoller les bouts et de comprendre ce qu’il se passe grâce aux indices laissés par l’auteur. Ce dernier d’ailleurs, nous mène de fausse piste en fausse piste, et pile quand vous pensiez avoir compris, il vous montre une scène  qui vous renverse votre théorie  et vous dirige dans une autre direction. Ici aussi, nous suivons plusieurs points de vues, notre héros, mais aussi ses poursuivants. Ces différents points de vues permettent d’augmenter la tension qui règne. On assiste à la mise en place des pièges et on voit notre héros se jeter dedans !

Bref, on est tenu en haleine d’un bout à l’autre. En plus de cela, on peut dire que Ludlum est documenté. Enfin, je ne suis pas experte, mais quand il nous décrit les procédures de sécurité des banques suisses, on s’y croirait ! De même quand on découvre le formidable réseau mis en place par un terroriste, on est abasourdi devant les mécanismes en présence. Alors, certes, je suis novice en romans d’espionnage, donc, peut être que cela joue, mais on a vraiment l’impression que rien n’est laissé au hasard. De même j’ai beaucoup apprécié le coté psychologique et médical. C’est à dire les processus utilisés par le docteur qui recueille le héros pour l’aider à retrouver la mémoire, ou une intervention plus vers la fin (je ne vous en dis pas plus pour vous garder la surprise). Ludlum en tout cas est pointu sur les mécanismes d’espionnage, sur les systèmes de sécurité ou sur la psychologie, je ne peux que saluer tout cela !

Un point qui m’a un peu fait peur au début, c’est que le roman se passe à la fin des années 1970. J’avais peur de trouver la chose un peu vieillottes. Vous savez, aller fouiller dans les fiches écrites à la main, chercher la cabine téléphonique, tout cela pour une fille qui est née avec un PC et un portable (j’exagère….) ça me faisait un peu peur. Mais que nenni ! Grâce à la précision de l’auteur, on entre très vite dedans, et on oublie que maintenant, 50% de l’intrigue se déroulerait dans une seule pièce avec un PC et Google. En tout cas le roman est vraiment ancré dans son époque.

La Mémoire dans la peau de Robert Ludlum

Certaines racines remontent en effet à la guerre d’Algérie, la guerre du Viet-Nam joue un rôle important, on est dans le climat terroriste de la guerre froide, la bande à Bader est mentionnée plusieurs fois. Bref, pour quiconque ayant des notions sur l’époque, il est très facile de prendre ses marques et de retrouver l’ambiance politique assez tendue de cette décennie. En plus, la plus grosse partie du roman se passe en France, notamment à Marseille et à Paris, il est donc encore plus facile pour le lecteur Français de prendre ses marques.

On pourra peut-être reprocher la psychologie assez simpliste des personnages, nous sommes dans un roman d’action et il est vrai que les personnages surtout secondaires sont un peu simplistes, mais on ne peut pas tout avoir. En tout cas, personnelement, j’ai été absolument conquise par ce roman et cela faisait longtemps que je n’avais pas été autant happée par un titre. Je vous le conseille à tous. Et même si vous avez vus les films, rassurez vous, l’histoire est tellement différente que vous pouvez lire le livre, vous ne vous ennuirez pas ! En attendant, j’ai hâte de lire la suite, La Mort dans la peau.


Les Sombres Romantiques, recueil des Editions du Riez

Serafina dans Critiques, Livres le 14 février 2010, avec 2 commentaires
Critiques

Les Sombres Romantiques est un recueil publié par les éditions du Riez, dont on avait déjà chroniqué l’excellent roman La Loi du Désert. Ce recueil est composé de six nouvelles un peu particulières. En effet, la démarche est à expliciter. A l’origine ce sont six peintures de Mathieu Coudray. Ce dernier a réuni autour de ses œuvres  six auteurs qui ont chacun écrit une nouvelle indépendante sur un des tableaux. A noter que les tableaux se suivent et racontent une histoire. Donc, en faite, on a six histoire plus une septième en filigrane. Le recueil est parsemé de pages sur papier glacé avec les illustrations de Coudray. Il est à noter qu’elles rendent très bien.

Les Sombres Romantiques des éditions du Riez

Bon, les illustrations sont, comme le dit le titre, sombres et romantiques.  Autant j’adore la couverture  du recueil magnifique par son volume et ses ambiances, autant les six peintures (digitales ?) qui ont inspiré les nouvelles ne me convainquent pas toutes… J’ai l’impression que les fondus sont trop flous, les couleurs sont parfois discutables (je pense au gloubiboulga rouge et vert sur l’illustration de la démone), les cadrages parfois trop classiques, et je n’aime vraiment pas ses visages. Bon, après, c’est une question de goût et je ne dis pas qu’il est mauvais. A vous de juger. Enfin, c’est un peu dommage, car c’est quand même la base du recueil.

Couverture des Sombres Romantiques des éditions du RiezCeci dit, le principe est très sympa et il est agréable de voir les écrits parsemés d’illustration imprimées dans un papier de très bonne facture. Le tout est accompagné de petites cartes postales qui arborent les illustrations du roman, un autre bon point.

Vu qu’il n’y a que six nouvelles, nous allons nous intéresser aux nouvelles unes par une. Au menu, des nouvelles écrites par Philippe Halvick, Jess Kaan, Céline Guillaume, Vanessa Terral, Cyril Carau et Jacques Fuentealba (qui n’est autre que le traducteur de La Sagesse des Morts de Rodolfo Martinez, que j’ai récemment lu).

Tête de Mort de Philippe Halvick

Cette nouvelle est de loin ma préférée et aussi la plus originale. Pas de romantisme là dedans, pas de sentiments spécialement. L’histoire d’un homme qui se réveille dans une cave et ne sait pas ce qu’il fait là. La chute est originale et inattendue, le style est direct et clair. Des références sympathiques (notamment aux films de zombies) viennent émailler la lecture. C’est une très bonne surprise et en tout cas ça donne envie de continuer le recueil !

Objet de mon amour de Jess Kaan

Celle ci met en scène une femme endeuillée prête à tout pour retrouver son amour. Cette nouvelle malgré un résumé qui peut sembler bateau m’a beaucoup touchée. L’héroïne est attachante dans son désespoir et la chute est plutôt bien trouvée. Le style de l’auteur est agréable et la nouvelle se lit toute seule.

Ad Vitam Aeternam de Céline Guillaume

Cette nouvelle est très courte vu qu’elle ne fait que trois pages. Cette longueur minimale alliée à un style que j’ai trouvé un peu lourd (trop de beaux mots tuent le beau mot) ont fait que je n’ai pas du tout accroché à cet écrit. Je sais qu’une nouvelle c’est court, mais là c’était vraiment trop, du coup le point principal de la nouvelle apparaît un peu comme sorti de nulle part. Je pense qu’elle aurait gagné à avoir deux fois plus de pages car il y avait du potentiel. Bon ça ferait un total de six pages donc ce n’est pas super long non plus.

Le corset de Sang de Vanessa Terral

Elle est d’une longueur plus raisonnable vu qu’on tourne dans les 20 pages. Cette nouvelle à la première personne met en scène une jeune fille cloîtrée et qui semble être porteuse d’un lourd secret. J’ai eu un peu de mal à entrer dans l’histoire à cause de la narration un peu particulière faite à la première personne.

Le Corset de Sang, les Sombres Romantiques des éditions du Riez

Ceci dit, au fil des pages, on s’attache aux personnages (à l’héroïne comme à la servante) et en tout cas cette nouvelle laisse entrevoir un univers bien plus vaste. Je ne connaissais pas Vanessa Terral mais c’est une auteur que je suivrais sans doute. Si la nouvelle n’est pas exempte de défauts -réactions des personnages parfois trop grosses notamment-, c’est en tout cas très prometteur.

Le choix de Fausta de Cyril Carau

Ici aussi nous avons affaire à un monde et à une mythologie intéressante et fouillée. Malheureusement, cette mythologie est un peu catapultée et du coup, au détour d’une page une créature apparaît, et les personnages l’acceptent tout de suite, alors que nous, de notre côté, on est un peu ahuris. J’ai cru comprendre que cette nouvelle était le prélude d’une autre nouvelle, ce qui explique peut être des choses. Je me suis sentie un peu perdue. J’ai aussi trouvé que les événements s’enchaînaient trop vite, ou plutôt qu’il y avait trop d’événements pour une nouvelle de cette longueur. C’est assez linéaire et du coup c’est la nouvelle que j’ai le moins appréciée.

Araf de Jacques Fuentealba

Araf clos le recueil avec une revisite très personnelle du mythe d’Orphée et d’Eurydice.  L’histoire commence avec Orphée au paradis entouré d’anges. Il faut être honnête, les histoires d’anges et de démons, je trouve ça carrément cliché, et généralement je n’aime pas. Cependant, ici, l’histoire est bien narrée et amenée, ce qui fait que finalement, on s’y fait, et cela ne m’a pas gênée. J’ai beaucoup aimé cette version du mythe, Orphée et Eurydices sont attachants, les principes d’éternelles victimes sont intéressants et c’est avec plaisir qu’on suit Orphée essayer de retrouver son Eurydice. Cette histoire d’amour immortelle est tout à fait à sa place dans se recueil sombre et romantique. Une très belle fin donc pour ce recueil.

Dans l’ensemble il s’agit d’une bonne lecture. Les nouvelles sont malheureusement assez inégales et déséquilibrées, les deux dernieres nouvelles occupant la moitié de l’ouvrage à elles seules. On notera des noms à suivre comme Vanessa Terral ou Jacques Fuentealba. L’ouvrage est dans tous les cas à saluer pour sa forme très particulière et pour sa beauté.


Il y a plusieurs choses dont nous ne sommes pas fiers sur ce blog. Parmis elles, et la plus honteuses d’entre toutes, on retrouve le fait que nous n’ayons encore jamais parlé des annales du Disque Monde. Certes, Pratchett a eu un petit moment de gloire lors de la publication de notre article sur De Bons Présages, mais c’est bien peu pour l’une des plus grandes figures de la littérature de l’Imaginaire. Terry Pratchett est un auteur que l’on aime encore plus qu’un certain George R.R. Martin, et du coup, la plupart des œuvres qui en ont été sorties en français, nous les avons déjà lues. Monayé, récemment traduit par les éditions l’Atalante, était passé entre nos mains en V.O. il y a de nombreux mois déjà… Sauf que voilà, nous avons fini par mettre la main sur une carte, celle du Disque-Monde.

La Carte du Disque-Monde de Terry Pratchett et Stephen Briggs

Car ce qu’il y a de bien avec les Annales du Disque-Monde, outre le fait que ce soit sans doute la série la plus géniale de Fantasy, c’est qu’il y a de nombreux ouvrages que l’on pourrait qualifier de produits dérivés. Et pour cause, l’aspect humoristique s’est toujours bien prêté à ce genre de produits. Que ce soit le dictionnaire des éléments de la série, le Vade-Mecum, ou bien La Science du Disque-Monde. La série de Pratchett est presque devenu une institution et les auteurs qui ont travaillé autour sont de plus en plus nombreux. Et c’est avec plaisir que nous avons accueilli la Carte du Disque-Monde, de Terry Pratchett et Stephen Briggs.

La seule carte athentyque & le plus souvent precyse du fantastyque & magique Disque-monde

Pour ceux qui ne le savent pas, les Annales du Disque-Monde sont des romans qui se déroulent sur le Disque-Monde et qui sont à chaque fois centrés sur un thème particulier, un ou plusieurs personnages, de façon humoristique bien entendu. Le Disque-Monde, ce n’est rien d’autre qu’un Disque, supporté par quatre éléphants, eux même sur le dos d’une tortue géante qui voyage au travers de l’univers. Quand je parlais d’humour, c’était bien entendu d’humour anglais.

C’est la carte de ce disque qui nous intéresse donc, et qui a été dessiné par Stephen Briggs. Il faut dire, alors que la série va sur ses quarante romans, les trajets sur le disque ont été plus que nombreux. Du coup c’est l’occasion pour nous de la découvrir, le tout accompagné d’un petit livret avec des mini histoires écrites par l’auteur himself. Autant le dire, de quoi ravir n’importe quel fan de la saga.

La Carte du Disque-Monde de Terry Pratchett et Stephen BriggsLa carte en elle même est de bonne facture et permet surtout de situer les différentes villes mythiques. Je parle bien entendu du continent Aurient, Ankh-Morpork, ou encore Hunghung, des endroits qui sont chers aux fans de la série et qu’on ne pouvait jamais placer, faute de carte. Car il faut bien le dire, un monde, surtout en Fantasy, est toujours plus agréable à parcourir (en livres) lorsqu’on a une jolie carte, mais le Disque-Monde est tellement vaste !

Côté livret, c’est tout simplement le bouquet pour le fan que je suis. Les quelques pages écrites par Terry Pratchett sont tout simplement excellentes. Axées comme des biographies sur les différents explorateurs connus du Disque-Monde, on a le droit à des portraits hauts en couleurs comme sait si bien le faire l’auteur, et à des profils des plus que cocasse. Cela va bien entendu de l’explorateur obligé de revenir chez lui pour assister à la messe, à la définition de l’exploration en elle même.

Bien entendu, si vous ne connaissez pas les annales du Disque-Monde, cet ouvrage n’est pas fait pour vous. Cependant, si c’est encore le cas, il serait plus que temps de les découvrir !

laura mennochet

District 9 de Peter Jackson

Serafina dans Critiques, Films le 10 février 2010, avec 10 commentaires
Critiques

Avec le temps, j’ai acquis une mauvaise réputation d’aimant à navets. Mes mauvais choix cinématographiques sont malheureusement légions. Donc, généralement, je laisse dabYo choisir le film de la soirée, il a généralement plus de flair que moi. Alors un soir, on s’est installé, et on a mis District 9 dans le lecteur. Sorti au cinéma en septembre, nous avions voulu aller le voir dans les salles obscures, mais il n’était pas resté très longtemps par chez nous. Tant pis, on notera là déjà un présage digne de ce nom. Il vient de sortir en DVD, donc, c’est l’occasion de se rattraper. En plus c’est de la Science Fiction, et la SF on aime bien ça ici, vous le savez. Alors si en plus Peter Jackson s’y est mêlé… Synopsis ?

District 9 de Peter Jackson

Il y a 28 ans, les extraterrestres ont débarqué sur Terre. Non pas au dessus de New-York mais de Johannesbourg en Afrique du Sud. Leur vaisseau est resté coincé là, apparemment en panne. Du coup, on a installé le million d’extraterrestres dans un camp pas très loin de la ville, pour que les populations puissent commencer à échanger. Depuis, plus de dix ans ont passé et entre la population et les mollusques (surnom péjoratif donné aux extraterrestres) tout n’est pas au beau fixe…

Voilà pour le synopsis, je refuse de vous en dire plus, car je n’aime pas du tout me faire spoiler l’histoire quand je lis un post de blog. En soit, le synopsis promettait plutôt. Des extraterrestres parias, qui se mêlent aux humains. C’est plutôt drôle au début, et en effet la première dizaine de minute me fera a plusieurs reprises sourire notamment pour l’utilisation de quelques clichés purement racistes à souhait. Le film commence en effet comme un reportage sur les mœurs des extraterrestres, ils vivent de deals, et adorent la bouffe pour chat. Bref, ça sent le second degré, voir même la parodie, et j’ai apprécié.

Un molusque de District 9 de Peter Jackson

Malheureusement… c’est tout. Enfin, non, j’adore les tentacules qui sortent de leur bouche, mais ça c’est pour mon coté poulpophile. Tout le reste est mauvais, voir très mauvais.  Tout d’abord niveau réalisation, c’est plutôt bidon. Le coté reportage semble être surtout la pour excuser des plans foireux, des actions trop nerveuses. Évidemment, il n’y a aucune cohérence, car quand on demande au caméraman de cesser de filmer, et qu’il cesse de filmer… ben ça filme toujours. Je ne parlerais même pas des caméras dans le camp qui sont évidemment au bon moment pour prendre un E.T. faisant des trucs. Niveau cohérence, c’est plutôt n’importe quoi. Sans compter que le coté camera à l’épaule soit devenu plutôt éculé.

Affiche pour District 9 de Peter Jackson

Tout le côté anti-molusque n'a finalement pas du tout été utilisé...

Parlant de éculé, les thèmes du films sont très bateau, culpabilité occidentale primaire oblige. Les vilains humains n’aiment pas la différence alors ils font des trucs pas bien aux E.T. et le gouvernement, c’est tous des pourris qui font des expériences pour avoir plus de puissance. Oh mais que c’est profond et original. Un film d’une portée révolutionnaire. Et le fait de faire se dérouler l’action en Afrique du Sud, lieu associé à l’apartheid, d’utiliser des panneaux signalétiques comme au temps de l’apartheid, c’était le coup de massue en trop. Invictus de Clint Eastwood a fait bien mieux, dans un tout autre registre, certes. Bref, comme si on n’avait pas compris que les E.T. étaient une métaphore pour nous faire réfléchir sur notre propre civilisation. Woah. Mais quand même les noirs c’est des sales revendeurs qui font du trafic, pas les blancs, faut pas déconner non plus.

Bien sur les personnages sont stéréotypés, ou inexistant. On retrouve le méchant chef des forces spéciales sans cœur,  le même que dans Avatar d’ailleurs…, le neuneu qui se retrouve au mauvais endroit au mauvais moment, et l’E.T. qui bien évidemment se montrera moins monstrueux que bien des humains. Tout est cousu de fil blanc. Et cousu au marteau piqueur s’il vous plaît. En plus de cela, le film est plutôt moche, les couleurs sont d’un espèce d’ocre terne sans savoir, les effets spéciaux sont sympa mais sans plus on a l’impression que tous les ET sont exactement pareils entre eux. Enfin non, ils portent juste des vestes de couleur différentes (…).

Quand au déroulement du scénario, soyons honnête, on se croirait dans un téléfilm du jeudi soir sur M6, vous savez les trucs kitch genre série Z, le coté kitch en moins, les moyens en plus. En tout cas, clairement pas à la hauteur du budget qui y a été mis. Niveau scénario, il y a des tonnes d’incohérences. On pense notamment au moment ou ils doivent traverser la moitié de la ville pour aller a un grand immeuble, recherchés par les flics. Et bien.. Ellipse ! Tellement facile. Évidemment, il y a la dose de gore, de passages dérangeants, mais ils ne font que confirmer le coté Série Z. Je ne parlerait même pas de l’action sans queue ni tête et des moments émotion en plein milieu d’un échange de balles. Bref.

Paix molusque-humain dans District 9 de Peter Jackson

C’est d’autant plus dommage que le début et le thème était plutôt prometteur. Toute la question de la relation entre les aliens et les humains est passé sous silence pour une histoire à la rambo totalement inutile et sans intérêt. Jusqu’à la toute fin on attend un petit revirement, une brindille d’intérêt, puis la fin baclée nous casse tout espoir.

Bref, autant retourner voir la mouche ou les autres films du même acabit. Malgré quelques bases sympathiques, le film se révèle ennuyant dès les vingt premières minutes passées, brouillon, incohérent, un jeu plutôt mauvais, des dialogues ridicules. Bref, aucun intérêt à part pour le refiler à votre pire ennemi. Je ne regrette pas de ne pas avoir été le voir au ciné.

<img class= »grandeimage » style= »border: 0pt none; » title= »Rupert et Buffy dans Buffy contre les vampires, Saison 1″ src= »/wp-content/uploads/series/buffy_contres_les_vampires_saison_1_rupert.jpg » border= »0″ alt= »Rupert et Buffy dans Buffy contre les vampires, Saison 1″ width= »200″ height= »253″ />

Chaque événement, démon ou mystère a toujours une prophécie ou une connerie du genre dans les super vieux livres de Rupert, l&#39;Observateur