Izaïn, né du désert de Johan Heliot

dabYo dans Critiques, Livres le 14 janvier 2010, avec 3 commentaires
Critiques

Je continue ma petite incursion dans le monde de la Fantasy jeunesse avec Izaïn, né du désert de Johan Heliot, sortie récemment aux éditions l’Atalante dans la collection Jeunesse. C’est un auteur français que nous voulions lire depuis un bon moment ici, notamment à cause de son roman Steampunk, Seule la Lune le sait. Izaïn est le premier de la série La Quête d’Espérance. On y suit plusieurs point de vue pour découvrir un monde où l’on ne navigue pas uniquement sur l’eau, mais aussi sur le sable dans d’immenses désert. Synospsis.

Izaïn, né d désert, La Quête d'Espérance, de Johan Heliot

Le code des terreux est clair: si l’un d’eux sauve un naufragé du désert pour le remonter sur la proue du navire, alors sa vie lui appartient et il peut en faire à sa guise, le vendre comme esclave, par exemple. C’est dans cette optique qu’Orso observe l’adolescent qui marche depuis plusieurs jours sur le sable brûlant, en suivant le sillage du navire Espérance sur lequel il est le bosco. Puis, il fini par prendre les choses en mains, saute du navire pour atterrir dans le désert, sauve le môme, et court après le bâtiment mouvant pour y remonter. Vous vous en doutez, ce n’est pas n’importe quel gamin qu’il a sauvé… Mais ça, il ne le sait pas.

Dit comme ça, ça ne vous donnera peut être pas très envie, et pour cause, les livres pour adolescents où il est question d’élus ne manquent pas. Entre Harry Potter ou récemment Les Chevaliers d’Emeraude, ce n’est pas ce qui manque. Dans ces cas là, c’est donc la façon de narrer, la qualité du scénario et surtout la magie de l’univers présenté que tout va se jouer… Et heureusement pour nous, Johan Heliot manie excellemment les trois, et y rajoute de nombreux points positifs en sus.

Tout d’abord, l’univers dans lequel se déroule notre histoire est tout simplement captivant. Certes, nous sommes dans un univers de pirates, de voyages en navires, etc. Mais ce sont des pirates sur du désert et sur des navires vivants, qui se nourrissent d’un mystérieux fluide pour avancer sur les dunes et permettre aux équipages de traverser les déserts pour aller de ville en ville, d’escale en escale. Nous suivons bien entendu l’un de ces bateaux, nommé Espérance. Je n’en dis pas plus car la découverte de tout ce folklore fait partie de l’expérience de la lecture, et qu’il serait dommage de la gâcher. Comme d’habitude, on est littéralement lâché dans l’univers et c’est à nous de nous raccrocher à la première bouée que nous découvrons.

Izaïn, né d désert, La Quête d'Espérance, de Johan HeliotPar contre je peux vous dire que ce monde promet d’être aussi riche que celui du sorcier que tout le monde connaît, et que c’est ce qui fait la grande force de l’ouvrage. Mais pas la seule, le style de l’auteur et la façon de narrer est aussi très bonne. En général, on suit un personnage le temps de quelques pages, puis on passe au suivant. Bref, une succession de points de vue qui permet surtout un rythme effréné, très captivant. On a envie de savoir la suite et on lit le personnage qui suit dans le seul but de retourner au personnage de départ… Vous connaissez l’histoire, c’est bel et bien le même principe, et il est très agréable de le voir adapté au format jeunesse. La très courte taille des chapitres, environ cinq à dix pages, permet d’avancer vite et de ne pas s’ennuyer.

Et lorsqu’on est jeune, ce que l’on souhaite en lisant un livre, outre le fait de découvrir un monde magique et qui fait rêver, c’est de ne pas s’ennuyer. Et là, il faut dire que ce premier tome de La Quête d’Esperance est à la hauteur des notres, d’espérances. Si vous le faites lire à un jeune adolescent, je mettrais presque ma main à couper que cela lui plaira. Tout y est, pour le bonheur des plus petits… comme des plus grands, car contrairement à d’autres pointures du genre, le fait d’avoir une culture littéraire ou d’avoir lu de nombreux livres ne changera en rien votre appréciation ! Pour être honnête, si aujourd’hui j’avais quelques années de moins, je le hisserai directement au sommet de mes livres préférés, car c’est clairement ce que j’aurai adoré lire…

J’ai donc dévoré le livre, fini en deux petites séances de lecture, et à aucun moment je ne me suis ennuyé. Au final, ma seule déception sera de l’avoir lu après Noël, sans quoi je l’aurai volontier offert à mon petit frère. La suite, Les Pirates de fer, sortira bientôt, je n’ai malheureusement pas pu trouver la date, mais je compte bien me renseigner.


Les animaux fantastiques de J. K. Rowling

Serafina dans Critiques, Livres le 12 janvier 2010, avec 7 commentaires
Critiques

Les animaux fantastiques est un petit livre écrit par J. K. Rowling en 2001. Les bénéfices sont intégralement reversés à Comic Relief une association humanitaire. Ce petit ouvrage a été réedité il y a peu par Gallimard Jeunesse avec son compagnon, Le quiditch à travers les ages. Bien que fane de Harry Potter je n’avais jamais lu ces petits livres. Autant dire que quand j’ai vu ces titres en partenariat sur Livraddict, j’ai sauté dessus ! C’est ainsi que j’ai reçu Les animaux fantastiques. Le livre est très court : 120 pages.

Les animaux fantastiques de J.K. Rowling

Il s’agit du célèbre livre de Newt Scamander que vous connaissez forcément si vous avez lu les HP. A travers ce livre, on découvre de nombreux animaux, classés par ordre alphabétique. Chaque animal a droit à une classification suivant sa dangerosité (allant de ennuyeux à tueur) et une description. La description rassemble généralement la description physique, mais aussi où le trouver, comment s’en débarrasser ou que faire lorsqu’on est mis en sa présence. En plus de cela, le livre est annoté par Harry ou Ron, qui font des petits commentaires dont certains sont absolument hilarants (enfin, pour moi, mais on ne va pas revenir sur mon humour).

Le livre est clair, facile à lire, pour tout age. Il est évidemment bardé d’humour, que cela soit via les annotations, mais aussi via les descriptions qui sont parfois cocasses. Ce livre est évidemment lisible si vous n’avez jamais lu ou vu HP (ça existe encore ?) mais vous louperez sans doute de nombreuses références et je pense que vous vous ennuierez. De plus, je pense qu’il faut voir cela comme un complément à cette série, et non comme un livre indépendant.

Les animaux fantastiques de J.K. RowlingPour moi qui suis une fane depuis la parution du tome 1, je dois dire que ce fut un réel plaisir de me replonger dans le monde de mon sorcier préféré. On trouve de nombreux clins d’oeil et on en apprend un peu plus sur certains animaux seulement évoqués dans les livres. C’est retrouver la magie de Rowling, et du coup, forcément, ça fait plaisir.  C’est à lire je pense pour tout fan de la série, quelque soit l’age. J K Rowling sait nous enchanter et ce n »est pas ce livre qui prouvera le contraire. On regrettera que certains animaux ne soient pas mentionnés bien qu’ils apparaissent dans les romans, notamment les Scrouts à Pétard (qui auraient mérité le qualificatif ennuyeux).

J’avais été plutôt déçue des contes de Beedle le barde, mais la ce ne fut pas le cas. Les annotations ne sonnent pas fausses, et même l’introduction par Dumbledore passe bien. J’aurais aimé lire ce livre à l’époque ou j’écrivais des fanfics. C’est un petit dictionnaire animalier très intéressant et bardé d’informations utiles pour découvrir un peu plus le monde de Harry.

Évidemment, vous le savez, je ne suis pas objective, je suis une fane. Mais bon, je pense que ce livre s’adresse avant tout aux fans et qu’ils ne seront pas décus. Si vous n’avez pas encore lu ce livre et que vous aimez la saga, alors n’hesitez plus. Personnelement, je compte me procurer le Quidditch à travers les ages. Pourtant je n’aime pas réellement le sport, haha.


Il y a des livres qu’on commence avec un peu d’appréhension. Parfois parce que l’on adore l’auteur, d’autres fois parce qu’on sait que l’auteur a écrit quelques mauvais livres, ou tout simplement parce qu’on a de mauvais aprioris. Et d’autres fois, c’est parce que l’auteur vient d’un tout autre genre. Et c’est bien le cas de Maïa Mazaurette, dont la biographie contient Rien ne nous survivra, un titre de Science Fiction, aux côtés de La revanche du Clitoris, et Peut on être romantique en levrette. Eh oui, le genre littéraire majeur de Mazaurette n’est pas forcement celui qu’on attendrait d’un auteur de SF publié par les éditions Mnémos. Du coup, on appréhende le livre, on se demande ce qu’on va bien pouvoir y trouver, hm, et si on se faisait un synopsis ?

Rien ne nous survivra, Le pire est avenir, Maïa Mazaurette

Ça a d’abord commencé avec des agressions, puis avec les tracts des Théoriciens, pour devenir une vraie guerre civile. Les jeunes ont décidé de se débarrasser des vieux, l’âge limite a été fixé à 25 ans. Avant, on est trop jeune pour mourir. Après, trop vieux pour vivre. La France s’est donc retrouvée divisée en deux, et sa capitale plus que tout le reste, avec d’un côté de la Seine le camp des jeunes, opposé à celui des vieux, de l’autre côté. Le périphérique est complètement miné et les factions jeunes se déchaînent pour tuer du vioc. Les narcisses d’un côté, les amazones, les 13 ans, les noëlistes… Ils sont tous de la partie, tous unis contre les vieux malgré le manque cruel de vivres et les mauvaises conditions de vie. Leur objectif ? Tuer le plus de vieux avant que l’Union Européenne ne débarque pour arrêter ce parricide.

Le roman s’articule donc autour d’un compte à rebours, celui de l’intervention des forces militaires externes à la France, chaque chapitre représente un jour, on commence à J-100 pour arriver au final. Nous connaissons donc déjà l’issue des combats: la défaite du mouvement rebelle organisé par les jeunes contre les vieux. Nous suivons l’histoire de deux snipers des rangs jeunes, Silence et L’immortel. Deux pseudos donc, car les jeunes ont abandonné leur prénom dès le début de la rébellion. Silence est l’idole des jeunes, c’est lui qui a fait les plus grands coups contre l’adversaire et il était là depuis le début de la guerre. Sauf que voilà, son pseudo n’est pas anodin: personne ne sait qui il est, que ce soit son sexe, ou bien son apparence. Sa seule marque de fabrique, c’est de ne pas revendiquer ses meurtres. Mais un beau jour, la copine de l’Immortel revendique une superbe attaque faite par Silence.

Le pire est Avenir de Maïa Mazaurette

Le pire est Avenir de Maïa Mazaurette est une première version de ce roman, publié en 2004

S’ensuit donc une course poursuite entre les deux snipers, une sorte de vengeance pour l’un, un amusement pour l’autre. Nous les suivons tous deux tour à tour, dans un style à la première personne. Il est au début très difficile de se repérer et je n’ai compris qu’au bout d’une dizaine de chapitres que je suivais deux personnages différents, et que ces personnages étaient de sexe masculin ! Il faut dire, les chapitres sont au style direct, à la première personne, les personnages se limitent à ce qu’ils voient et ressentent au moment où on les suit. Une succession d’ellipse donc, sur lesquelles ils reviennent parfois, pas souvent. Mais dès qu’on a compris le mécanisme et qu’on remarque que l’un parle de l’autre, alors tout prend son sens et on commence à se faire prendre au jeu. Entre leurs monologues à la première personne, on a le droit de temps à autre à des tracts imprimés par les théoriciens.

Ces tracts nous laissent comprendre les raisons de la révolte, ce qui a amené cette anarchie sur la France. Et il faut dire que ces textes sont d’autant plus gênant qu’ils rappellent que le monde dont Maïa Mazaurette parle est le notre: celui de la société française. Ce sont des tracts qui remettent en cause ce que nous considérons comme normal: le fait que nos parents nous donnent un prénom, qu’ils nous aiment, que nous leur ressemblions, qu’ils nous prennent souvent comme la continuité de leur existence, qu’ils fassent des choix pour nous, qu’ils nous en imposent d’autres, etc. Des choses que les jeunes du livre refusent d’accepter et qu’ils considèrent comme la preuve même que les vieux refusent de mourir et cherchent toutes les raisons qui puissent exister pour continuer de vivre. L’embrigadement des jeunes, le fait de devoir exercer le métier de ses parents, etc, tout est mis à vif et il faut dire que cela fait beaucoup réfléchir. On se retrouve parfois à acquiescer à ce qui est écrit tout en se demandant si ce n’est pas normal. Les mots sont plus que troublants, la haine de l’âge fait réfléchir, etc. On trouverait presque les tracts convaincants, alors qu’ils n’incitent qu’au meurtre des vieux. Et d’un autre côté, on est partagé et on trouve le tout ridicule…

Rien ne nous survivra est donc un livre qui met drôlement mal à l’aise, car il peut presque nous arriver de considérer le mouvement jeune -c’est à dire le meurtre de toute personne de plus de 25 ans- comme juste. Or, c’est contraire à toutes les règles que nous respectons, à la morale, etc. Bref, on se met à réfléchir, à se poser des questions, puis à voir les limites, les avantages, l’absurdité, etc. Comme tout roman de Science Fiction qui se doit, c’est donc une belle critique de la société, qui se fait aussi au fur à mesure auto-critique, où l’on voit que les jeunes ont beau dire, leur herbe n’est pas plus verte que celle des autres.

Rien ne nous survivra, Le pire est avenir, de Maïa MazauretteAu fur et à mesure que nous progressons dans l’histoire, la relation entre les deux snipers se fait de plus en plus forte, la tension est à son comble et on est vraiment happé par ce duo. J’avoue avoir dévoré les dernières pages, et lu le livre en deux jours. J’ai vraiment énormément aimé et le style de l’auteur, les ellipses et la découpe du livre est vraiment prenante. Certes, on a parfois l’impression qu’il ne se passe pas tant de choses que ça, qu’on est dans une sorte de blocus, mais quand même. C’est haletant, prenant, envoutant. Le côté fantastique de la fin fait au début  cheveux sur la soupe, puis fini par passer. On ressent bien l’ambiance et les situations, ce qui aide énormément. On fini par s’attacher aux personnages. On est tiraillé à de nombreux moments, lequel doit on supporter ? Silence ou l’Immortel ? Il y a peu de personnages secondaires qui ont leur importance, mais certains m’ont vraiment touché. Ou plutôt, je me suis senti proche d’eux, et triste lorsqu’ils étaient amenés à disparaître.

En cherchant des critiques sur le net, je n’ai su qu’en trouver des négatives. De nombreuses attaquent le livre sur la forme, que j’ai trouvé tout à fait appropriée. D’autre lui donne le qualificatif de soufflé, avec un départ intéressant mais un traitement tout à fait mauvais. J’avoue ne pas comprendre ces critiques, car Rien ne nous survivra m’a beaucoup plu. Une très agréable façon de commencer l’année 2010, et je ne peux que vous le recommander !


Aether Shanties de Abney Park

Serafina dans Critiques, Musique le 9 janvier 2010, avec 1 commentaire
Critiques

Honte sur nous, nous ne faisons pas assez souvent d’articles musicaux. Je ne peux donc pas vous convertir comme il se doit à mes coups de cœur, souvent fulgurants, démesurés, et parfois carrément chelous. Mais aujourd’hui, perdons les mauvaises habitudes, et parlons d’un album sorti très récemment : Aether Shanties de Abney Park.

Aether Shanties de Abney Park

Intéressons nous d’abord au groupe. Il s’agit d’un groupe Américain, de Seattle plus précisément. Ils sont cinq, Robert Brown (dit Captain Robert) à la voix, au Darbuka, à l’accordéon et à l’harmonica, puis Kristina Erickson aux claviers, Nathaniel Johnstone à la guitare, au violon, à la mandoline et au bouzouki, Daniel Cederman à la basse et à la guitare acoustique et Jody Ellen à la voix féminine.

Ils se sont formés en 1997. Le groupe au départ évoluait dans un style plutôt gothique. Et puis, pour leur septième album, le groupe vira au Steampunk, vous savez cette mode à vapeur délicieusement rétro qui gagne en popularité outre atlantique et même  dans l’hexagone. Le groupe développe un background, des identités fictives,  bref un concept. Lost Horizons sort en 2008, et ce fut un de mes énormes coups de cœur pour l’année 2009. Autant dire que j’attendais de pied ferme Aether Shanties.

Musicalement, Abney Park, c’est de la dance, de la musique industrielle, de la musique du monde, quelques racines goths, un cocktail détonnant, bien mené, et terriblement efficace. Mais bon, le groupe ne se prend pas la tête, alors on ne va pas se prendre la tête au niveau classification: c’est du Steampunk. Certes ça n’a réellement aucun lien avec le mouvement littéraire par exemple, mais pourquoi s’en faire.

Abney ParkAether Shanties s’inscrit dans la lignée directe de Lost Horizons. Onze morceaux, relativement courts pour mes habitudes de métaleuse. La majorité des morceaux sont très dansants, avec notamment l’utilisation de l’accordéon ou des instruments folks. On retrouve le son particulier d’Abney Park, et le chant spécifique. Une voix assez basse, avec un phrasé reconnaissable entre mille. Une nouvelle chanteuse les rejoint pour cet album, il s’agit de Jody Ellen qui possède une voix assez nasillarde, et très enfantine. Je n’ai pas spécialement accroché à la première écoute, mais au final, le contraste qu’elle forme avec la voix très basse du capitaine est très intéressant et ajoute un coté décalé (non pas qu’ils en avaient besoin). Cela fait aussi penser à des groupes comme Diablo Swing Orchestra, du coup.

C’est donc la suite des Airship Pirates. Et niveau ambiance, là où le précédent invitait au voyage, celui ci est carrément plus gai, plus chantant. Bref, plus pirate. Cette joyeuse ambiance où le rhum vous délie la langue est présente tout au long de l’album. On notera plus précisément Throw them Overboard qui sonne comme une chanson à boire et Derelict qui est une reprise d’une chanson de pirate plutôt connue, vu qu’immortalisée dans le roman de Stevenson que je ne vous ferais pas l’affront de présenter. (L’île au trésor, pour les incultes)

De nombreux instruments du folkore du monde sont utilisés, et on voyage beaucoup. Normal, vu qu’on suit des baroudeurs du ciel. On trouvera des mélodies orientales ou encore des mélodies très années 20 et un petit coté cabaret sur Until the Day you die.En fait, beaucoup de variété, pour un album qu’on ne se lasse pas d’écouter et qui vous met sacrement de bonne humeur le matin.

Aether Shanties de Abney Park

Ceci dit Abney Park ce n’est pas que de la joie. Et la chanson la plus calme de l’album, Victoria, nous le rappelle bien. Outre le thème très dur, la mort de la petite Victoria Climbe, le piano et la voix magistrale ont de quoi donner la chair de poule et vous faire monter les larmes aux yeux. Le couplet est assez bouleversant (oui, je sais, je suis une petite nature).

Bref, ce groupe, c’est mon premier coup de coeur de l’année 2010, le groupe emblématique de la scene Steampunk a transformé l’essai, et j’avoue rêver d’une date à Paris. J’espere que vous aimerez vous aussi. On vous laisse leur myspace, dont les morceaux sont très bien choisis.


Petits Arrangements avec l’éternité est le premier roman d’Eric Holstein, un chroniqueur actif sur ActuSF entre autres, sorti en 2009 aux éditions Mnémos. Ce premier roman comporte à peu près 300 pages, et porte sur les vampires comme la couverture le laisse supposer. Un petit Synopsis ?

On suit trois vampires résolument modernes, Eugene éveillé à la Belle époque, Grace éveillée dans les années 30 et Slawomir clodo de son état. Grace vit de ses charmes, Eugene squatte les maisons abandonnées par leurs propriétaires pour les vacances et Slawomir cuve son vin sous les ponts. Pas très jobard comme équipe de tête. Surtout quand Grace les attire dans la mouise en révélant son secret à un amant de passage.  S’en suit évidemment une aventure palpitante. Enfin, du moins c’est ce qu’on nous promet.

Petits arrangements avec l'éternité de Eric Holstein

Pour palpiter, l’aventure va palpiter. Une fois l’intrigue lancée on enchaîne les bastons, les fuites, les courses poursuites dans Paris. Cette impression de rapidité est renforcée par un découpage en chapitres très très courts: deux à trois pages à tout casser. On peut cependant regretter un peu cette frénésie, car du coup on passe à coté de choses qui auraient pu être très intéressantes.

Tout d’abord, les vampires de Holstein, ce sont des vampires psychiques. C’est à dire qu’ils ne se nourrissent pas de notre sang mais de nos émotions. Ce point aurait mérité d’être un peu plus creusé. Et puis bon, les vampires qui nous voient entourés d’une aura colorée, ou chaque couleur correspond à une émotions, c’est quand même un brin simpliste. De plus, cette faculté ne servira en rien dans le déroulement du roman. Cette capacité ne sera pas mise en œuvre pour résoudre quoique ce soit, c’est dommage, car il y avait du potentiel.

Petits arrangements avec l'éternité de Eric HolsteinLes personnages sont dans l’ensemble un brin stéréotypés. Eugene le petit malfrat, cynique et désabusé, Grace la poule de luxe mais qui cache de profondes blessures, et bien évidemment le clodo qui… Non je ne vous en dit pas plus pour ne pas vous spoiler. Je dois dire que je n’ai pas du tout réussi à accrocher aux personnages. Et du coup, comme le bouquin tient beaucoup sur les épaules de Eugene… Faut dire que le style ne m’a pas aidé.

Narré à la première personne, le roman est écrit comme parlerait Eugene. C’est à dire, dans un mélange d’argot du début du XXème siècle, un style très oral, et un registre très familier. Trop, sans doute. Dans beaucoup de critiques que j’ai pu lire sur le web, le style a été salué. Eh bien, moi, je n’ai pas du tout apprécié. Je l’ai trouvé très vulgaire, très surfait et très difficile à lire. Oui parce que l’argot, je ne le parle pas couramment, et qu’il n’y a aucun lexique. Du coup, j’ai passé des phrases sans en comprendre le sens (désolée je n’avais pas emmené mon dico d’argot en vacances). Ce qui est assez rageant, et frustrant. Alors certes, dans certains cas on devine, dans d’autres… En plus, c’est vulgaire et  j’en ai eu vite ras le bol. Vraiment pas mon genre. Après, je le conçois, c’est une question de goûts.

L’intrigue en elle même n’est pas mirobolante. On a cependant des éléments assez intéressants, comme la communauté des vampires. Dommage qu’on tombe vite dans la démesure. Disons que j’ai l’impression que pour donner du relief à ses vampires, il faut forcement que cela soit des grands noms. Eiffel, Da Vinci, etc, quel intérêt d’en faire des vampires ? Pourquoi ne pas inventer les personnages ? C’est comme si il n’y avait que les grands noms qui pouvaient être de grands vampires. Ce n’est pas le premier bouquin où ce procédé est utilisé et il me laisse perplexe à chaque fois.

Enfin, les retournements de situations sont dans l’ensemble prévisibles, et le final est vraiment trop grand-guignolesque. C’est basiquement n’importe quoi, et ça ne m’a pas du tout convaincue.

Au final, un livre qui se lit, sans trop d’énormes défauts, mais pas suffisant pour me captiver et m’intéresser. Encore un livre dont je ne garderai pas grand souvenir, au potentiel inexploité et noyé sous l’action répétitive et les ficelles parfois énormes ou mal amenées.


Et on se retrouve pour notre dernier article concernant cette année 2009 où nous allons parler un peu de cinéma et de séries américaines. Fiou, sept articles pour une rétrospective c’est vraiment long, on a vu grand faut dire, et j’espère que cela vous a plu un minimum. Avant de reprendre le cours normal des choses et de publier nos prochaines critiques, jetons donc un dernier œil sur ce qui nous a bien plu de regarder cette année… Faut dire que comme pour la musique, nous ne chroniquons que beaucoup plus rarement ce que nous avons vu. Je ne saurai expliqué pourquoi, peut être parce qu’il est difficile de parler en bien d’un film, et qu’il est trop facile d’en parler en mal tout en trouvant des arguments percutants… Bref, aux films en premier, puis aux séries. C’est parti !

Rétrospective if is Dead

Le top littéraire de 2009
Le flop littéraire de 2009
S’il ne fallait retenir qu’un livre en 2009

Rétrospective des films et séries de 2009
Rétrospective musicale de 2009

Films: Eastwood, Eastwood et Eastwood !

Quand on commence l’année avec sans doute l’un des meilleurs films qu’on ait jamais vu, il est logique que la suite soit marquée par son réalisateur. En l’occurence, c’est Clint Eastwood qui s’y colle, une des figures les plus emblématiques du cinéma, qui a tour à tour fait le Cowboy, puis le Flic, pour finir retraité désabusé. Et diantre qu’il le fait bien. Gran Torino était une sacrée claque quand nous sommes allés le voir au cinéma. Un film dont on ne ressort pas du tout pareil, et que nous nous le réservons pour le jour où nous aurons un écran HD et un lecteur Bluray. En attendant, c’est sa filmographie que nous avons regardée.

Gran Torino de Clint Eastwood

Nous sommes tout d’abord passé par Impitoyable, que je n’ai pas du tout aimé, mais que Serafina adore, puis par Le Bon, la Brute et le Truand, qui m’a réconcilié avec le genre Western. Du coup, Pour quelques dollars de plus y est passé, histoire de rester dans le genre, quoi. Appaloosa d’ailleurs, était un plutôt bon Western, bien que peu marquant. C’est ensuite sur son côté flic que nous nous sommes concentrés, avec l’Inspecteur Harry cette fois ci, et sa suite, Magnum Force. Le deuxième était moins convainquant, mais le premier était vraiment bon. Encore des films dont nous ne vous avons pas toujours parlé…

Puis, c’est au réalisateur que nous sommes revenus. Million Dollar Baby est presque plus puissant encore que Gran Torino, ce film vous prend aux tripes et vous met K.O. Rien qu’à y repenser les larmes me reviennent. Quiconque l’a vu ne peut pas oublier le final de ce film. Je ne peux que vous conseiller de le voir, d’autant qu’il est facilement trouvable en DVD pas très cher, puisqu’il est sortie il y a quelques années déjà… Si vous avez aimé Gran Torino, vous ne pouvez qu’aimer. Enfin, ce n’est pas comme si c’était le seul bon film d’Eastwood. Il y a aussi eu Pleins Pouvoirs, ou plus récemment l’Echange. Autant dire que nous sommes très très impatients d’aller voir Invictus au cinéma, qui sort dans quelques jours.

A côté de lui, il y a bien entendu eu de bons films aussi, mais bien moins marquants. Avatar de James Cameron était une bonne surprise, bien qu’il ne sera pas le film du siècle. Harry Potter et le Prince de Sang Mêlé était potable, sans plus. Les autres, nous les avons tout bonnement oublié. Par contre, niveau bouse, on peut dire que Twilight nous a bien servi avec son deuxième épisode: New Moon. On espère que vous n’y êtes pas allé… J’ai aussi une petite pensée pour les gens qui sont allés voir Blood: The Last Vampire… Je vous conseille d’en lire ma critique, du coup.

Séries: True Blood, Battlestar Galactica et The Big Bang Theory !

Côté séries, c’est la même. On en regarde certaines, on en abandonne beaucoup, mais on ne vous en parle pas des masses. Sur les trois séries que nous avons suivi complètement cette année, seulement deux ont eu leur coup de projecteur. Et je ne parle même pas de toutes celles que nous avons vues, ou abandonnées, et qui sont passées à la trappe.

Eric, skarsgard alexander dans True Blood

Cette année, comme tout le monde le sait, c’était l’année de la série sur les vampires. Non, je parle pas de Vampire Diaries, celle là est totalement naze. Je parle de True Blood et de sa saison 2 ! L’article sur la première attend patiemment sa publication, mais c’est bien la deuxième saison qui nous a fait faire le déclic. Diffusée cette été aux États-Unis, il faut dire que la série de Alan Ball est tout simplement géniale. Rarement nous avons rattrapé aussi vite une diffusion aux US, et rarement nous nous sommes enfilés autant d’épisodes à la suite. Il faut dire qu’avec une ambiance très particulière, des cliff angers débiles mais prenants, et des personnages superbement hilarant, la série a tout pour plaire. Et pourtant, niveau scènes de cul inutiles ça y va fort ! Car elles ne sont pas si inutiles que ça, mais permettent de bien mettre le décor en place.

Bien entendu, avec True Blood il y avait deux séries dont on vous a parlé, qui sont des séries pour pur geeks: Battlestar Galactica et The Big Bang Theory. Pour la première, ce sont trois saisons que nous nous sommes enfilés (nous sommes à la fin de la 4ème là), et la qualité de cette série nous a même convaincu a investir dans les coffrets DVD, juste pour avoir de la bonne qualité sous titrée. Dommage tout de même que la saison 4 ne semble pas être à la hauteur de ce que nous espérions… Enfin, on pourra se venger sur Caprica, une préquelle, et The Plan, une sorte de spin off. Ensuite, il y a The Big Bang Theory, dont la troisième saison est en cours de diffusion aux États-Unis. Là encore, c’est ce qu’il faut regarder si vous ne connaissez pas encore.

Et puis, il y a le reste. La première saison de The Wire (à regarder en mangeant des Fajitas), excellente, The Tudors, en cours encore, Flash Forward, abandonnée, et j’ai oublié le reste. Marrant comme on passe vite sur certaines, tandis que d’autres nous marquent.

Et vous ?

Du coup, on termine cettre rétrospective de l’année 2009 sur une petite question, qu’avez vous regardé en 2009 ? Desesperate Housewives ? On a pas réussi à passer le premier épisode…


Et voilà, nous y sommes ! Après vous avoir présenté ce que l’on a aimé, et ce que l’on a pas aimé, lire, voici notre oeuvre préférée. Celle qu’on retiendra comme la lecture de 2009. Le meilleur du meilleur en somme, le sommet du coup de coeur ultime ! Bref, vous l’aurez compris, j’essaye de faire du blabla pour faire monter le suspens, même s’il suffit  de baisser un peu les yeux pour voir de quoi il en retourne… Bref, le choix fut tout de même difficile, et surtout, lorsqu’on a regardé nos choix, nous nous sommes aperçu d’un truc plutôt drôle… Le trouverez vous ? Ahem.

Rétrospective if is Dead

Le top littéraire de 2009
Le flop littéraire de 2009
S’il ne fallait retenir qu’un livre en 2009

Rétrospective des films et séries de 2009
Rétrospective musicale de 2009

La Fraternité du Panca de Pierre Bordage

Soeur Ynolde de Pierre BordageNous voulions initialement nous limiter à un livre (ou série) par personne… Sauf que voilà, on s’est rendu compte que nous avions choisi la même série: La Fraternité du Panca de Pierre Bordage. On l’a dit et répété, Frère Ewen et Soeur Ynolde sont tout simplement des excellents livres, des livres qu’il faut absolument avoir lu, que l’on soit plutôt Fantasy que Science Fiction, ou l’inverse. Car Pierre Bordage arrive ici à allier les deux, à faire de ce Space Opera une histoire de Fatasy tout autant que de Science Fiction. Pire, si les boulons et les machines ne vous tentent pas du tout, vous pourrez tout de même la lire et l’apprécier à sa juste valeur.

Frère Ewen, le premier tome, était une vraie claque, et je vous l’avais dit. Nous n’avions jamais lu Pierre Bordage jusqu’à maintenant, et c’était une grâve erreur. Il réussit à rendre un voyage galactique de 80 ans intéressant, et ce n’est pas peu dire, vu les conditions dans lesquelles ce voyage va se passer. Soeur Ynolde ne fait que confirmer le talent que nous avions entrevu dans le premier tome, et place La Fraternité du Panca dans les séries d’imaginaire à suivre, et que nous suivons. Sur ces deux tomes, c’est un univers splendide et passionnant que nous découvrons, que nous explorons, à travers plusieurs personnages que nous suivons tour à tour, dans une narration alternée.

Le prochain tome sort dans moins d’un mois, le 28 janvier, et s’appelera Frère Kalkin. Et vous pouvez compter sur nous pour le lire et vous en faire la critique, vous n’y échaperez pas !

dabYo: Izaïn, né du désert de Johan Heliot

Diantre, mon livre préféré serait un livre que je n’ai même pas chroniqué ? Eh bien oui ! C’est tout simplement parce que je l’ai lu très récemment et que la critique n’a pas encore été publiée. Et pour cause, j’ai du le lire juste après Noël, par là, dès que j’ai fini Immortel de Traci L. Slatton. Du coup, ce coup de coeur 2009 va vous sembler un peu bizarre, et il faut dire qu’il l’est: Izaïn, né du désert, est un livre pour jeunes, et non pas pour adultes.

Izaïn, né du désert, de Johan HeliotCe premier tome de la série La Quête d’Espérance, est écrit par Johan Heliot, un français donc. Je pourrais l’expliquer de nombreuses manières, mais c’est tout simplement un petit bijou de littérature Jeunesse. C’est même le livre parfait je dirai, sans défaut, quelque chose à offrir à un garçon qui ne lit pas, et que vous aimeriez bien convertir à la lecture. Vous avez plus de chances de le convertir qu’avec un Harry Potter par exemple, car Izaïn possède toutes les qualités sans aucun les défauts habituels, à mon humble avis. On est là à des années lumières de mon avis réservé pour Le Feu dans le Ciel, premier tome des Chevaliers d’Emeraude. Non, Izaïn n’a aucun de ses défauts, c’est clair et net. Il est captivant dès le début, l’univers est original et fascinant, il n’y a pas de longueur, pas d’incohérence, le récit est haletant du début à la fin, et j’ai hâte d’en lire la suite !

Je ne vous en ferai pas le synopsis plus en avant, vous l’aurez dans la critique, mais ô combien j’aurai aimé le lire il y a quelques années, alors que j’étais encore un jeune dabYo, et que mon cœur pouvait s’enflammer bien plus vite. Oui, ce livre m’aurait beaucoup plu. Mais même aujourd’hui, en jeune adulte que je suis, il me plait déjà énormément. Johan Heliot nous laisse découvrir un monde merveilleux, bien loin des habituels clivages de la Fantasy pour adolescents (en général un royaume à sauver), et avec une intrigue plutôt ambitieuse. Bien sûr, il y a de la prophétie dans les parages, il y a de l’élu, mais ça passe comme une lettre à la poste, tellement ça colle, tellement c’est bien écrit et amené.

Bref, le choix était difficile, j’ai beaucoup hésité, et puis la fraîcheur du livre de Johan Heliot a su combler les lacunes de la littérature jeunesse. Un livre que je vous conseille, à tout age, d’autant qu’il est rapide à lire et qu’il vous tiendra jusqu’à sa fin !

Il y’aura pu avoir: Le Nom du Vent de Patrick Rothfuss, Alexandre le Grand et les Aigles de Rome de Javier Negrete, Rien ne nous survivra, le pire est avenir de Maïa Mazaurette (fini en 2010).

Serafina: La Horde du Contrevent de Alain Damasio

La Horde du Contrevent d'Alain DamasioEn regardant ma liste de livres lus, il n’y a pas eu une once d’hésitation. Si je ne devais en garder qu’un, ce serait lui. Ce pavé d’Alain Damasio qu’est La horde du contrevent. Une lecture originale, intense, addictive, et dont on ne ressort pas tout à fait pareil. Aucun autre livre ne m’a autant absorbée au cours de l’année. On suite la Horde, cette Horde qui va remonter le cours du vent, ou du moins essayer. Tous ces personnages, tous différents, tous unis pourtant. Damasio développe une narration très personnelle, on change de point de vue à chaque paragraphe. Ce processus permet de nous immerger carrément dans la horde. On souffre avec eux et on est heureux avec eux. La horde c’est plus qu’un livre, c’est une expérience de lecture. Une expérience poussée au paroxysme avec un alphabet et un outil de lecture.

L’auteur français mène son livre avec une maestria remarquable. Alternant avec une dizaine de styles narratifs différents, il réussi à ne pas se répéter et nous prendre plusieurs fois aux tripes. Et quelle maîtrise de la langue. La joute verbale de Caracole reste pour moi l’un des plus beaux moment de littérature de cette année.  Je ne saurais que vous le conseiller si vous ne connaissez pas encore. En tout cas toutes les personnes que je connais qui l’ont lu n’ont pas été déçues. Et nous en avons convaincu beaucoup, ici.

En plus de cela, le livre est disponible en poche. La grande version inclut cependant un CD de musique « d’ambiance », que je n’ai  pas, malheureusement. On peut cependant saluer l’effort pour construire une vraie expérience de lecture. A noter qu’un autre roman de Damasio vient de sortir en Folio SF: La Zone du dehors. Et j’espère vous en parler bientôt.

Il y aurait pu aussi avoir :

Et vous ? Votre livre préféré de l’année 2009 ?

Bon et bien, du coup, je reviens avec mes questions à la con, mais c’était quoi pour vous, votre meilleure lecture de l’année 2009 ?


On va passer les fioritures d’usage sur « mon dieu comme cette année fut longue/riche/triste/chiante à crever/fatigante/autre » (biffez les mentions inutiles) et entrer directement dans le vif du sujet (faisons court) : aux niveaux musical et littéraire, que puis-je vous conseiller (qu’accessoirement je n’ai pas chroniqué) que j’ai découvert cette année ?

Littérature: Brautigan Richard, Sterne Laurence et Natsume Soseki

Retombée de Sombrero de BrautiganCommençons donc par les bouquins et auteurs que je ne peux que fortement vous inciter à lire. Tout d’abord, sorti en 1976, le très particulier Retombée de Sombrero : un roman japonais de Richard Brautigan. Grand auteur américain, Brautigan a écrit un petit roman, qui se lit assez vite (moins de deux cents pages) et qui, pourtant, transporte et accroche (en somme, le contraire d’un Werber). Trois histoires se mêlent dans cet étrange ouvrage : celle d’un humoriste vidé, esseulé, désespéré après s’être fait larguer par sa compagne. Traînant des pieds dans son appartement lugubre, il n’a pas eu la force de seulement commencer son prochain ouvrage. Le début d’idée, jeté à la corbeille, forme la seconde histoire du roman : la fiction s’autonourrit et s’écrit seule, livrant une furieuse et délirante histoire, ou comment un sombrero a failli détruire le monde. En filigrane, on suit l’ex-compagne japonaise de l’humoriste dans son sommeil, dans des moments plus calmes et lyriques. C’est donc trois styles d’histoire qui s’imbriquent dans le roman : désespéré, poétique et humoristique, c’est pourtant avec le même langage que Brautigan boucle son histoire et son cercle : très déroutant, le style, nourri de vieux français (enfin, dans la traduction en tout cas, qui n’a pas dû être facile mais est de très bonne facture), de tournures de phrases alambiquées au possible, ou parfois complètement télégraphiques et tronquées au hachoir, finit par charmer, la phase d’adaptation passée. Un très grand roman.

Vie et Opinions de Tristram ShandyJe ne m’appesantirai pas plus dessus : parlons maintenant d’un classique de la littérature anglaise, Vie et Opinions de Tristram Shandy, de Laurence Sterne. Publié sous forme de feuilleton annuel, quoique le terme soit relativement impropre, entre les années 1759 et 1767 (oui, on recule, je sais), l’œuvre, nettement plus volumineuse que le précédent roman, fait dans les 900 pages. Acclamé comme un chef d’œuvre, et autant plébiscité que décrié à l’époque de sa parution, il s’agit en fait du renouveau du roman de l’époque. Personnellement, je le trouve assez inégal ; quoique toujours très bien écrit, le livre alterne de subtils passages très amusants, des sous-entendus plutôt osés pour l’époque, des digressions à tout va et d’excellentes répliques des personnages, avec des passages nettement plus lourds, voire, quelquefois, répétitifs. Heureusement, ce sont les premiers de ces passages qui sont les plus nombreux. Néanmoins, c’est un livre que je conseille à ceux qui apprécient la littérature d’époque, et que je conseille de lire lentement, sans trop en ingérer d’un coup, car s’il s’avère délicieux à petites doses, lire les neuf livres composants Vie et Opinions… garantit l’indigestion. (Par ailleurs, l’auteur est mort sans que l’on sache si le livre IX était réellement le dernier ; personnellement, j’incline à penser que non.)

Botchan de Natsume SosekiÇa, c’est de la métaphore filée. Bon, terminons avec les coups de cœur littéraires 2009 (enfin, ceux dont je me rappelle) avec un auteur que m’a rappelé l’article sur Le Coupeur de Roseaux : Natsume Soseki, classique japonais devant l’éternel (il est quand même sur les billets de je-sais-plus-combien de Yens) du début du XXème siècle, période particulièrement féconde en génies littéraires au Japon. Il est le plus connu d’entre eux et c’est celui dont j’ai lu le plus de livre, donc allons-y pour lui. Le style de Soseki est très représentatif de la période : délicat, parfois poétique, ses romans traitent surtout de la vie quotidienne, des petits évènements, avec une aptitude ahurissante à la description (c’est un peu l’esprit Haïkus, dont il était par ailleurs un grand auteur). Cette atmosphère un peu fragile, lunaire, on la retrouve dans presque tous ses livres. Je vous conseillerai donc Botchan, (très bien pour commencer ce genre de littérature : assez court et un peu plus énergique que ses autres œuvres, il est considéré comme un de ses plus grands romans. D’ailleurs, le mangaka Jiro Taniguchi a consacré une série de mangas en cinq tomes sur cette période en général et sur Soseki en particulier, appelée Au temps de Botchan. Magnifique manga, à lire aussi, tiens !), Je suis un Chat, son livre le plus connu, où, sous les yeux d’un chat, il livre un regard quelque peu acerbe sur la société japonaise de l’époque, derrière son style délicat. Enfin, pêle-mêle, Oreiller d’Herbe, Petits Contes de Printemps et Le 220ème jour sont des petits romans ou recueil de contes assez courts, très beaux, rapidement lus, qui font passer un très bon moment.

J’occulte ici un très grand auteur que j’ai découvert en 2009, mais il fera l’objet d’une chronique entièrement dédiée (dès que j’aurai trouvé le dernier foutu tome.)

Musique: Jazz, Jazz et encore Jazz

We Want Miles de Miles DavisPassons donc maintenant à la musique. Je ferai court (cette fois, si, vraiment). J’ai eu pas mal de découvertes musicales en 2009, dont et surtout le Jazz.

Et quand on pense jazz, on pense Miles Davis (enfin, entre autres).

Ce cher Miles a eu l’honneur d’une magnifique exposition intitulée We Want Miles, à la Cité de la Musique. Elle se termine le 17 janvier, il est donc encore temps de ne pas la rater, elle est exceptionnelle.

  • Pénétrer l’univers du jazz et de Miles Davis est assez ardu. Personnellement, je n’arrive pas encore à tout écouter de lui. Je vais donc vous conseiller trois disques de jazz qui constituent une très bonne introduction pour quiconque veut se mettre au jazz : premièrement, LE disque légendaire du Jazz, Kind Of Blue (par Miles Davis), qui compte le thème légendaire So What, que tout le monde a entendu une fois dans sa vie, ainsi que quatre autres morceaux, fantastiques et légendaires. Plus qu’un classique, un must-have absolu. Et c’est largement mérité.
  • Autre disque de Miles Davis, Tutu, sorti en 1986, contient des thèmes très funky, très énergiques, très dansants, parfaits comme introduction si l’on n’aime pas les longues plages de trompette crépusculaire ; un chef d’œuvre également.
  • Enfin, je terminerai par un disque de John Coltrane, autre géant du jazz, My Favourite Things (1961), dont le titre éponyme est une tuerie pure et simple : le thème est juste incroyable. Pas d’autre mot, mieux vaut que vous l’écoutiez. Et rassurez-vous, les quatre autres morceaux de l’album sont également excellents.

Puis, pour finir tout de même sur un truc récent, un petit mot sur le dernier album de Sanseverino, Les Faux Talbins, sorti en 2009 (si si !). Sanseverino reste dans son style, ou plutôt ses styles, entre jazz manouche, rock ‘n roll, valse, ou encore blues. L’album est large, car il comporte 17 chansons, et pour être honnête, certaines sont dispensables. Ainsi du Grand Grégory ou de Dimanche Dernier. Cependant, la majorité des chansons sont d’excellentes factures, avec des textes très amusants, alternant les styles : calme sur Les faux Talbins, amusé sur Les Mariolles ou très cool sur La Reine du Périphérique, les titres comme Tu pues Benny ou A Boy Named Sue viennent ajouter de l’énergie à l’ensemble. Sans compter le très, très bon thème de Riton et Rita, le complètement déjanté Malade Mental et la meilleure chanson de l’album (à mon sens), Chérie, C’est la Guerre, fou furieux et triste à la fois. Globalement un bon album donc, si l’on oublie les deux ou trois chansons en trop, on a une majorité de très bons titres. Bon, c’est fini pour mes coups de cœur et découvertes 2009.

Me reste à remercier dabYo et Serafina de me laisser publier mes articles et à souhaiter une longue vie à If Is Dead !

(et on te remercie de continuer à publier des articles malgré toutes nos vannes sur nos différences de goût ! Bonne année !)


Ce que l’on a écouté en 2009

Serafina dans Musique, Rétrospective le 4 janvier 2010, avec 1 commentaire

Nous voici de retour pour un article retrospectif sur l’année 2009. Eh oui, vous allez en manger toute la semaine ! Cela veut aussi dire que mes beaux articles que j’ai écrit avec tout plein d’amour attendrons la semaine. Avant de découvrir quels ont été nos livres préférés de l’année, nous allons nous attarder sur ce que l’on a le plus écouté cette année. Je pensais qu’on n’avait pas publié grand chose de musical cette année, et je me trompais. Car il y a 25 articles étiquettés musique en 2009. Certes, c’est rien comparé aux bouquins, mais bon.

Rétrospective if is Dead

Le top littéraire de 2009
Le flop littéraire de 2009
S’il ne fallait retenir qu’un livre en 2009

Rétrospective des films et séries de 2009
Retrospective musicale de 2009

Hellfest 2009

Nous y étions, et nous avons aimé. Mais si, vous savez le festival métal de Nantes, qui dure trois jours et qui acceuillait Mötley Crüe, Manowar et Manson. Ce fut sans conteste notre événement musical de l’année, bien que nous ayons été à d’autres concerts cette année, que nous avons rarement chroniqués d’ailleurs. Nous retiendrons surtout les performances de Mötley Crüe, d’Epica, et puis d’Anthrax.  Près de 6 mois après, on peut ainsi voir quels concerts nous ont réellement marqués.

Hellfest 2009

Et je crois que je me souviendrais très très longtemps de l’euphorie qui m’a gagnée quand j’ai entendu le début de Saints of Los Angeles en live. Dieu que c’était bon. Tout comme les frissons quand j’ai entendu l’ouverture d’une des meilleurs chansons du métal à chanteuse, je parle évidemment de Chasing the Dragon des hollandais d’Epica. 7 minutes et 41 secondes de pur bonheur. Sachant qu’ils ne la jouent plus en live désormais…

Bon évidemment, tout un public de métalleux qui se lève et qui entame « It’s the finaaal countdown » c’est aussi très fort. Bref, le Hellfest 2009 mérite sa place dans cet article et pas qu’un peu. On y retournera bien entendu cette année !

Anathema, Nine Inch Nails, Mötel Crüe, Abney Park, et Emilie Autumn

Niveau chroniques d’albums on a été un peu radins cette année. Faut dire, autant, chroniquer des livres, je le fais naturellement et sans mal, autant pour les albums, j’ai quand même plus de mal. Je ne m’y connais pas des masses, je ne trouve pas forcement les mots justes, bref c’est compliqué. Ce qui fait qu’en faite, on ne vous a chroniqué quasiment aucun de nos coups de cœur de cette année. Et c’est ça le plus drôle.

Design Your Universe de EpicaCertes, on vous a parlé du CD Miskolc Experice de Therion, qui était très bien (en plus il y a Mats Leven), Design Your Universe d’Epica mais ceux ci, bien que bons ne m’ont pas tant marquée que cela. Pour tout vous dire, je ne me rappelle même plus de la dernière fois ou je les ai écoutés.

Par contre on a chroniqué le dernier Diablo Swing Orchestra, un album absolument génial qui restera dans les coups de cœur de l’année. Décalé, original et diablement efficace, les membres de ce groupe hors du commun ont réussi à faire encore mieux que leur premier album et ce n’était pas une mince affaire. Toujours dans le côté décalé on retrouve bien entendu Emilie Autumn, The Dresden Dolls, toujours au rendez vous bien qu’ils n’aient pas sorti de nouvel album cette année…

Sauf que voilà, du coup on ne vous a pas encore parlé de la plupart de nos autres coups de cœur:

  • Anathema et son Alternative 4, un album tout simplement génial. Empty passe en boucle depuis que je l’ai découvert par hasard dans un compile de morceaux goth… Leur myspace.
  • Abney Park, de la musique Steampunk tout simplement excellente dont le huitième album vient de sortir. Leur myspace en attendant notre chronique.
  • Nine Inch Nails, que nous n’avions jamais vraiment écouté ! Honte sur nous, depuis que The Hand That Feeds You est passé sur Rock Band, on ne s’en lasse plus !
  • Mötley Crüe, découvert par hasard. Bien entendu, on connaissait largement leurs morceaux, sans savoir que cela venait d’eux. Mais comme ils étaient au Hellfest, on est tombé sur Saints of Los Angeles, qui fut le déclic.
  • Emilie Autumn, découverte l’année d’avant encore, mais qui reste toujours autant sur notre playlist ! Son myspace.
  • Wildpath qui ont sorti leur second album tout récemment, et dont on vous parlera bientôt puisqu’on a réussi à se le procurer. Leur myspace est disponible et vous présentera une superbe reprise de Poker Face de Lady Gaga qu’ils ont sortie pour Noël… et qui aura tourné en boucle pendant les vacances !
  • Fields of the Nephilim notamment pour leur superbe morceau intitulé Laura ! Leur myspace ici.
  • Black Sabath et leur Paranoid, coup de coeur grandement dû à Rock Band une nouvelle fois.
  • Sonata Arctica, que nous avons vraiment commencer à apprécier cette année… Une année où ils changent totalement d’orientation musicale ! Qui ne nous plaît plus, du coup. Leur myspace ne reflète donc pas vraiment ce qu’on aime chez eux.
  • Elvenking et leur album Wyrd, le groupe que vous pouvez écouter en boucle tout en ayant l’impression de n’avoir entendu qu’un seul morceau… Lien vers leur myspace qui ne met pas vraiment en avant leurs meilleurs morceaux…
  • Et on fini avec Ennio Morricone dont nous adorons les morceaux composés pour le Western ! (re)Découvert après avoire regardé Le Bon, la Brute et le Truand !

Qu’avez vous écouté en 2009 ?

Et du coup, on fini sur l’éternelle rengaine, qu’est ce qui tournait dans votre lecteur CD en 2009 ? Enfin, sur votre lecteur MP3 colle sans doute mieux mais bon ! On espère vous avoir converti à Diablo Swing Orchestra !


Nous voici réunis pour la deuxième partie de ce compte rendu et bilan de l’année 2009. Après vous avoir présenté les bonnes expériences niveau lecture, on va s’intéresser au sujet qui fait grincer des dents, qui déchaîne les polémiques et qui pourtant représente une part non négligeable du blog. Ce que l’on n’a pas aimé lire. On n’a pas toujours de la chance, et parfois, attirés par une belle couverture, ou maudits par un présent empoisonné, on tombe face à des livres qu’on aurait préféré ne pas lire. Si on l’avait su avant, bien entendu…

Rétrospective if is Dead

Le top littéraire de 2009
Le flop littéraire de 2009
S’il ne fallait retenir qu’un livre en 2009

Rétrospective des films et séries de 2009
Retrospective musicale de 2009

dabYo: Orcs, Rhapsody et Couronne des Sept Royaumes

Rhapsody, La Symphonie des Siècles, Première PartieEh bien, il y a certes eu de nombreux bons livres cette année, mais il y a eu aussi un bien trop grand nombres de livres plutôt mauvais, ou très décevants, au choix. Je commencerai sans doute par mes deux plus mauvaises lectures de l’année, des lectures qui donnent envie d’arrêter de lire de la Fantasy tellement elles utilisent tous les poncifs du genre, et tombent dans tous les stéréotypes possibles et imaginables. Ce n’était pas des lectures spécialement désagréables, quitte à lire quelque chose que je n’aime pas, je préfère quand c’est vraiment mauvais: au moins je peux me demander jusqu’où ira l’auteur.

Je parle bien entendu et avant tout de Rhapsody d’Elizabeth Haydon. Ce livre avait une superbe couverture, mais cela n’a pas suffit. Les quatre cents pages furent tout de même un vrai calvaire, une fois que tous les stéréotypes y étaient déjà passés… Je vous invite à en lire ma critique, si vous ne l’avez pas encore fait. La Compagnie de la Foudre de Stan Nicholls n’est pas en reste, bien qu’il s’agisse plutôt d’une déception. Suivre des orcs promettait beaucoup, mais l’auteur n’a pas réussi à concrétiser l’essai. On se retrouve au final avec une banale histoire d’Heroic Fantasy, et c’est vraiment dommage.

La Guerre des Clans, La Couronne des Sept RoyaumesA côté de ces deux livres, dont je n’ai pas lu la suite et dont je ne découvrirai donc jamais la fin de la saga, il y’en a d’autres qui m’ont surtout déçu. Ils n’étaient pas aussi mauvais, loin de là. Si vous suivez mes lectures depuis plus d’un an, vous savez que 2008 a été marquée par deux grandes séries, tout d’abord le Trône de Fer de George R.R. Martin, je vous en ai parlé hier dans la rétrospective des meilleures lectures. La Couronne des Sept Royaumes de David B. Coe était la deuxième de ces longues séries. Malheureusement, les deux derniers tomes sortis en France, L’Armée de l’Ombre et la Guerre des Clans n’ont pas réussi à maintenir le niveau. Du coup, je suis plutôt déçu par la tournure que prend l’histoire, et la narration faite par David B. Coe. Alors bien sûr, quand on a déjà lu huit tomes, on ne va pas s’arrêter à la fin… Mais quand même, la déception a un goût amer. Trop de répétitions, trop de lenteurs, trop peu d’intérêt, une histoire qui s’enlise et qui fini par cafouiller… Non, j’espère que la fin sera à la hauteur.

A côté de cela il y a aussi le Vaisseau Magique de Robin Hobb, premier tome des Aventuriers de la Mer. J’ai repris la lecture de la Fantasy avec l’Assassin Royal, et il faut avouer que l’aventure de Fitz m’avait énormément plu. J’espérais donc retrouver le même panache dans cette seconde saga de l’auteur, qui se passe dans le même monde. Que neni, le premier tome m’a laissé de marbre, et j’ai peur de ne jamais ouvrir la suite… Que j’ai déjà, pourtant.

Immortel de Tracy L. SlattonEnfin, quasiment ma dernière lecture de l’année: Immortel de Traci L. Slatton. J’ai mis des semaines pour le lire, il faut dire que le livre fait quelques cinq cents pages et que les premières n’étaient pas très engageantes. Ce n’est pas un mauvais livre, mais plus une déception pour la forme, pour tout ce potentiel qui n’est pas pleinement exploité. On est certes transporté dans la Renaissance italienne, mais ça ne suffit pas là à en faire un bon livre. Trop de chemins n’ont pas été explorés, trop de ficelles qui n’ont pas été utilisé, beaucoup de potentiel pour une lecture pas très intéressante… Et c’est dommage car l’auteur écrit vraiment bien.

Et sinon dans les déceptions: Les Chants de la Walkyrie de Edouard Brasey, le Sang du Dragon de Patricia Briggs

Serafina: La communauté du Sud, Frankia, Hésitation

Je suis Masochiste. Vous le savez, je le sais. Parmis les plaisirs simples de la vie, il y’a lire une bonne bouse littéraire. Pouvoir s’en moquer alégrement, écrire une critique affreusement méchante, bourrée de jeux de mots très très mauvais mais qui me font atrocement rire. Je ne dirais pas que je recherche la bouse. Enfin, je l’ai recherchée dans le passé, quand j’ai lu tous les Nothomb, et les Levy. Aujourd’hui j’ai arrêté. Mais quand le hasard me met dans la lecture d’un très très mauvais livre, je sais en apprécier la valeur. Alors cette année on peut distinguer deux grands genre. Les livres pas si mauvais mais décevants (parce que il y avait de bonnes idées mal exploitées, ou parce que j’en attendais trop) et les livres juste royalement mauvais. Bien sûr, je précise que ce ne sont que mes avis, que ça se trouve vous, vous aimerez, j’ai pas la science infuse et je ne prétend pas l’avoir.

Mortel Corps à Corps, Charlaine HarrisAu palmarès des déceptions, je vais malheureusement citer la saga de Charlaine Harris, La Communauté du Sud. J’ai commencé la saga après avoir vu la première saison de la série True Blood dont je suis très vite devenue fane. J’attendais beaucoup des romans. Malheureusement les trois premiers ne sont vraiment pas à la hauteur, de la littérature à l’eau de rose qui mériterait le terme Harlequin par moment. Heureusement le quatrième tome sauve un peu la donne et me pousse à continuer. Mais le niveau n’est pas à la hauteur de l’excellente série de Alan Ball. Toujours dans le registre Bit-Lit on trouve Les soeurs de la lune, tome 1, Witchling de Yasmine Galenorn. Une superbe couverture, je découvrais juste la Bit-Lit, alors j’avais bon espoir. Et bien non. L’héroïne pense avec son entrejambe et préfère choisir sa lingerie que battre des monstres. Pas mon trip !

En vrac niveau déception je citerais : Petits arrangements avec l’éternité de Eric Holstein, Les Louis XIV de Max Gallo qui m’ont plutot ennuyés, et L’épée Lige, prélude du Trône de Fer, qui n’a pas été a la hauteur des attentes. Ce n’était pas mauvais, mais j’en attendais plus de Martin, le mec qui a écrit Chansons pour Lya et la Saga de Westeros quand même.

Frankia de Jean-Luc MarcastelPassons aux lourds. Ces livres vraiment difficiles, accouchés dans le ridicule plus que dans la douleur. Evidemment, tout en haut, on trouve Frankia de Jean-Luc Marcastel, qui malgré sa couverture nous sert une soupe infame de stéréotypes, d’idéologie douteuse, de roman de terroir matiné de Fantasy batarde. A fuir, ou à lire pour le fun. Je crois que c’est aussi la critique la plus drôle que j’ai écrite cette année avec celles de Twilight. Et vu qu’on en parle, sur la deuxième marche, on trouve le troisième tome de la saga : Hésitation de Stephenie Meyer. 800 pages d’ennui monumental, d’hésitation (cela va-t-il s’améliorer ou non ?), de ridicule, et de larmoiement. Décidement pas pour moi. Pourtant le deuxième tome, Tentation n’était pas si pire.

La bataille fut rude pour la troisième place, et c’est Dracula l’Immortel qui l’emporte, pour sa trahison de l’oeuvre originale, pour sa pompe sans vergogne des stéréotypes des Thrillers, pour ses scènes trop gradiloquantes, pour le ridicule de certaines autres. La medaille en chocolat (avariée) reviendra à Bukowski, plus douloureux que rigolo, carrément ennuyeux, et bien moins coup de poing qu’annoncé. Aka Oni tu en es responsable et tu vivras avec cela sur ta concience.

En vrac : Le passage du vent de Harry Bellet, Le parlement des fées de John Crowley, Tout est sous contrôle de Hugh Laurie.

Et vous ? Qu’est ce qui vous a déçu en 2009 ?

Du coup, encore une fois, on fait appelle à votre témoignage. Vous avez bien dû avoir votre lot de déception non ? Vous n’avez quand même pas essayé Twilight malgré tous nos avertissements, hein ?