La Sagesse des Morts de Rodolfo Martinez

Serafina dans Critiques, Livres le 31 janvier 2010, avec 3 commentaires
Critiques

La Sagesse des morts est un roman de Rodolfo Martinez, paru pour la première fois en 1995 en Espagnol, car oui, l’auteur est espagnol. C’est le deuxième que nous chroniquons ici, il passe après Javier Negrete. Il vient d’être traduit et édité aux éditions Mnémos, emballé dans une couverture de Benjamin Carré, jolie bien qu’un peu sombre. Ce livre est assez particulier, vu qu’il s’agit en fait de trois nouvelles, et pas n’importe lesquels. Ces nouvelles mettant en scène un des plus célèbres détectives : Sherlock Holmes. On part du principe que l’auteur a retrouvé des manuscrits jamais publiés et écrits par Watson qui racontent des histoires inédites de Sherlock, répondant par la même à certaines des questions que se posent les fans.

La Sagesse des Morts de Rodolfo Martinez

Chacune de ses nouvelles a une propre histoire et je ne pourrais donc pas vous les détailler toutes. Sachez que la première, qui donne son nom au roman, est une sorte de course poursuite entre Holmes et un certain inconnu tournant autour du célèbre Necronomicon. La deuxième Depuis la terre, au delà de la forêt est un cross-over pour le moins saugrenu: un crime mettant en scène un vampire ! La dernière enfin L’aventure du faux assassin est une nouvelle policière très classique, mais où Watson et Lestrade sont les héros.

Ces nouvelles s’adressent bien évidemment aux fans de Sherlock en premier lieu, en effet, on part quand même du principe que vous connaissez les bases, elles ne vous seront pas réellement rappelées. Vous pourrez les deviner je pense mais vous passerez à coté de nombreux trucs. Enfin, je vous rassure, la dernière fois que j’ai lu du Holmes, j’étais en 4ème, et je ne me suis pas sentie perdue. Du coup, si vous avez vu un ou deux films sur le personnage, ça devrait passer comme une lettre à la poste.

Ces nouvelles, du moins les deux premières, sont ce qu’on pourrait appeler du cross-over pour fanboys. Vous savez, le genre de délires qu’on rêverait de voir, genre je sais pas, Aragorn qui débarque à Poudlard pour vous donner une idée. Improbable, mais tellement jouissif. Et là, c’est des pointures qui se sont croisées. Dans la Sagesse des Morts on trouve l’univers de Lovecraft (qui est si cher à mon cœur !) et dans le deuxième on trouve l’univers de Dracula. Alors c’est clair que si vous n’aimez ni Holmes, ni Lovecraft, ni Dracula, vous pouvez passer tout de suite votre chemin. Mais si par hasard vous aimez ces univers, alors je peux vous garantir que vous trouverez votre bonheur !

La Sagesse des Morts

Couverture espagnole de La Sagesse des Morts

Je ne suis pas assez spécialiste pour vous dire si oui ou non les personnages de Holmes et Watson sont respectés. Ceci dit, ils sont très agréables à lire et leur amitié profonde n’est pas dénuée d’humour. Sherlock apparaît comme assez excentrique. Cependant, il me semble accepter un peu trop vite le surnaturel, notamment dans la deuxième nouvelle, où il ne met vraiment pas longtemps pour arriver à la conclusion vampiresque. Je ne sais pas, j’ai toujours vu Sherlock comme un modèle de logique et de terre à terre. A part cela, le style est agréable et les nouvelles plutôt bien menées. On apprécie le coté théâtral du comportement de notre détective, de même qu’on apprécie les péripéties  un peu tordues dignes d’un bon policier, malgré le coté un peu gros.

La Sagesse des Morts est rondement menée, et nous mène plusieurs fois en bateau. On trouve avec plaisir des références à l’univers du grand écrivain de providence et à plusieurs reprises Sherlock fait montre de son grand talent. On en apprend de même plus sur certains mystères qui ont marqué les fans de Holmes tels que les mariages de Watson, certaines allusions à des affaires inédites du Canon… le cross-over est bien amené et ne choque pas, de plus l’histoire prend place dans les salons occultes si spécifiques à l’époque victorienne. C’est une ambiance et un sujet que j’adore, donc, forcement je ne suis pas objective.La Sagesse des Morts de Rodolfo Martinez

J’ai eu un peu de mal à accrocher à la deuxième nouvelle, celle qui met en scène l’univers de Stoker. Il faut dire qu’elle est courte, seulement une cinquantaine de pages, et la réunion des deux univers est un peu catapultée. On notera cependant une narration alternées entre Seward et Watson, la première reprenant le style épistolaire de Stoker. Bref, même pour la fane que je suis cela n’a pas suffit.

Malgré le niveau un peu inégal, j’ai beaucoup apprécié cette lecture et cela m’a donné envie de relire les originaux de Sherlock Holmes. Entre ça et l’adaptation sur grand écran avec Robert Downey Jr, autant dire que ce début d’année sera élementaire ou ne sera pas.


Gloriana ou la Reine Inassouvie de Michael Moorcock

Serafina dans Critiques, Livres le 29 janvier 2010, avec 3 commentaires
Critiques

Gloriana ou la reine inassouvie est un roman de Michael Moorcock édité pour la première fois en 1978 en langue anglaise. Il a ensuite été publié en France en 1994 par les éditions l’Atalante, puis par Folio SF en format poche en 2000. Depuis, difficile de trouver le roman puisqu’il s’est épuisé dans les deux formats, mais l’Atalante vient de le rééditer dans sa superbe édition. C’est à cette occasion que nous vous en faisons une critique. Petit synopsis ?

Gloriana ou la Reine Inassouvie

Age d’Or d’Albion, Gloriana règne sans partage sur le pays et son empire, Virginie, Indes, etc… Après le règne tragique et sanglant de son père, Hern, Gloriana règne avec un idéal de paix, de nuances et d’amour. Bien entendu, dans l’ombre, ses conseillers se salissent quelque peu les mains sans lui dire car il faut protéger cette reine qui n’est pas loin d’être une déesse. Mais le soir, Gloriana rentre dans ses appartements, et joue le véritable drame de sa vie. En effet, la reine ne réussit pas a avoir l’Orgasme, elle reste inassouvie.

Bon, avec une chute de synopsis pareil, vous ne pouvez que mourir d’envie de le lire. Et en effet, vous devriez le lire. Ce roman tiens une place a part dans l’univers de Moorcock. Vous connaissez sans doute son Elric, qui fait partie des classiques de la Fantasy. Elric a un statut assez particulier ici sur iiD, vu que c’est une des rares sagas qui divise les fondateurs. Moi j’adore, dabYo déteste. Cependant sachez que le style de Gloriana est très très différent de celui d’Elric. Tout d’abord par sa manière d’amener l’histoire mais aussi par la plume elle même. Est-ce du au traducteur ? Il faut dire que le titre a été traduit par Patrick Couton, l’excellent traducteur des Annales du Disque-Monde, un gage de qualité à lui seul. Je ne sais pas, mais j’ai trouvé le style ici bien plus léger, gai, et drôle. J’ai eu a plusieurs moment l’impression d’être dans une pièce de théâtre.

Les dialogues sont en effet très théâtraux, les reparties fusent et j’ai pensé à plusieurs reprises aux mésaventures de Figaro. Non pas dans les actes, car on en est bien loin (quoique, après tout, Figaro conspire à sa manière aussi) mais dans les manières de s’exprimer pendant les enflammée verbeuses. Peut-être suis-je  folle, mais toujours est-il que j’ai adoré les dialogues, tout comme j’adore le théâtre.

Gloriana ou la Reine Inassouvie de Michael Moorcock

On a évidemment droit à notre lot d’intrigues de palais, sur fond de menaces de guerres. Ceci dit, ce n’est pas que ça. C’est aussi une réflexion assez intéressante sur le poids du pouvoir, surtout quand il est concentré dans une seule personne qui est déifiée. Gloriana véritable reine double-face est courbée sous le poids de son Devoir comme elle le nomme, devant faire bonne figure malgré ses malheurs dans les alcôves. La splendeur d’Albion dépend d’elle. Quand elle pleure, le pays pleure, et vice versa. Cette splendeur est d’ailleurs bien décrite, et ce coté double-face se retrouve aussi au palais, car entre les murs vit véritablement une cours des miracles, haute en couleurs et haute en mythes, cette cour jouera aussi un rôle important.

Les personnages sont hauts en couleurs, attendrissants, pathétiques ou carrément effrayants. Mention spéciale au capitaine Quire, un homme de main des plus attachant et des plus étonnants aussi. Cet espion, assassin à ses heures perdues, manipulateur, considère son travail comme un art. C’est un des personnages les plus savoureux, et j’avoue que je ne dirais pas non à un spin-off sur les aventures précédentes de Quire qui semblent être nombreuses et passionnantes. Quire fait partie de ses personnages qu’on adore, insolent, frondeur, égoïste: il est génial.

Gloriana ou la Reine Inassouvie de Michael MoorcockCe roman est dans tous les cas très difficile à classer.  Il y a certes de la magie, mais a la manière des alchimistes d’antan, de la magie noire. D’ailleurs cette magie semble marcher, vu qu’au détour d’une expérience on trouve un certain Adolphus Hitler, empereur germain megalo. Ce point permet de justifier le coté SF je pense. Mais c’est un roman à part. Une Uchronie évidemment, car vous aurez reconnu Elizabeth en Gloriana, et l’Angleterre en Albion, mais une Uchronie particulière, peut être d’ailleurs pas assez exploitée. Ne vous attendez pas à des fées ou à de la magie très présente. C’est un monde comme le notre, juste parallèle.

C’est un roman facile à lire et plus accessible que Elric. Je vous le conseille que vous connaissiez ou non Moorcock, que vous aimiez ou non la Fantasy aussi d’ailleurs. Lisez le !


Lorsqu’on fait partie d’une génération, il y a un certain nombre de choses que l’on est obligé d’avoir connu. Parfois, les générations se croisent et ont en commun un même produit. Pokémon fait partie des choses que toute ma génération connaît. Buffy contre les vampires, aussi. Sauf que voilà, je devais encore être le seul à ne jamais avoir vu un seul épisode de la série de Joss Whedon. Certes, je savais qu’elle tuait des vampires, après tout, c’était écrit dans le titre. Mais ça s’arrêtait là. Jusqu’au jour où Serafina, fane inconditionnelle de la tueuse, m’a forcé à regarder la première saison. Synopsis de cette première série télévisée de Bit-Lit, qui a déjà de nombreuses années, voulez vous ?

Buffy contre les vampires, Saison 1

Buffy Summers est une jeune lycéenne de 16 ans de la ville de Sunnydale aux Etats Unis. Certes, elle ne va pas au Lycée à proprement parler, mais au Collège, mais soit, c’est la même idée. Le jour, elle étudie l’histoire et la biologie avec ses amis Alex et Willow. La nuit, elle chasse le vampire et tue les démons, grâce à ses amis mais aussi à Rupert, l’observateur. Buffy est en effet une jeune fille tout à fait particulière, c’est l’élue, la Tueuse. Et sa mission sur Terre, hormis de s’amuser comme n’importe quelle autre jeune fille, c’est de tuer les vampires. Faut dire, Sunnydale c’est la « bouche des enfers », rien, que ça !

Grand méchant dans Buffy contre les vampires, Saison 1

Brrrr !!!

Bon, hein, c’est pas ma faute si le synopsis sent à plein nez le nanar. C’est tout simplement parce que Buffy contre les vampires sent le nanar à plein nez. Oui, je sais, c’était votre série préférée quand vous étiez au collège/lycée, et vous ne supportez pas qu’on en dise du mal. Vous la regardiez tous les samedis soir et c’était trop bien. Sauf que voilà, à l’époque vous étiez sans doute aveugle le temps passe et les goûts changent, et si vous la re-regardiez aujourd’hui, avec un esprit un peu plus critique, peut être que votre vision en serait quelque peu différente.

Depuis Buffy, les scénarios des séries se sont de plus en plus complexifiés, le côté épisodique des séries s’est peu à peu dissiper pour se transformer en vraies saisons. Exit le Monster Of The Week, on ne suit plus réellement épisode par épisode, mais saison par saison. La plupart du temps, une saison développe toute une intrigue, si ce n’est pas qu’une seule petite partie de l’intrigue globale. Du coup le côté Monster Of The Week répétitif de la série et le peu de nouveautés que l’on apprend à chaque épisode de Buffy rend les épisodes parfois un peu sans saveur, on les oublie bien vite et on pourrait presque les passer sans ne rien rater. Il n’y a aucune intrigue, du moins sur cette première saison, et on finira par s’y accommoder. On regarder un épisode pour voir Buffy résoudre une énigme, et puis c’est tout.

On garde bien entendu quelques monstres en mémoire, la plupart du temps pour leur ridicule cuisant et le sentiment de n’importe quoi que l’on a ressenti en regardant l’épisode. Je pense notamment au démon qui s’est faufilé sur Internet, réel monstre de nanar en puissance, directement sorti des Power Rangers.

Alors certes, il y a certains événements qui ont leur importance, et qui seront répercutés dans les épisodes suivant, mais ils sont très rares et assez futiles. Buffy devient amoureuse d’untel… et c’est à peu près tout. A contrario, il y a souvent des références à d’anciens épisodes, mais elles sont somme toute très minimes et uniquement là pour nous faire sourire. Du coup, on a presque l’impression de ne voir qu’une enfilée de filers, ou bien de regarder le Power Rangers des séries pour adultes.

Buffy contre les vampires, Saison 1

Les personnages de la saison 1, de gauche à droite, Rupert, Alex, Buffy, Cordelia et Willow

A cela, il faut rajouter des effets spéciaux aussi bien foutus que la série précitée, et des doublages français dignes des années 80 : vous obtenez donc une série nanaresque jusqu’au bout des ongles, où les monstres sont plus ridicules les uns que les autres, et les énigmes et enquêtes grosses comme des bulldozers.

Sauf que voilà, malgré ces défauts, cette première saison de Buffy contre les vampires a tout de même réussi à me séduire. L’univers est somme toute attachant et même si à aucun moment on a l’impression de se trouver aux « portes de l’enfer », on se prête au jeu des prédictions, des démons et des destinés. Aujourd’hui c’est la Saint Victorien ? Les vampires vont dévaster le monde ? C’est la 3ème fois depuis le début de la série qu’ils doivent le faire ?

Rupert et Buffy dans Buffy contre les vampires, Saison 1

Chaque événement, démon ou mystère a toujours une prophétie ou une connerie du genre dans les super vieux livres de Rupert, l'Observateur

Mais qu’importe ! Ça n’en reste pas moins fun à regarder, on se prend au fou rire en voyant un vampire essayer de tuer Buffy en sortant ses crocs en mousse, et ça nous suffit. Et c’est sûrement pas le scénario qui va nous apporter satisfaction, ni sa cohérence. Tous les trois quatre matins Rupert prévoit la fin du monde, la mort de Buffy, et un nouveau démon sur Internet…

La sorte d’humour que les trois amis pratiquent, c’est-à-dire un humour typiquement lycéen, est suffisamment nul pour être amusant, et les mauvais doublages en Français ne font que renforcer cette impression. Les personnages finissent par être attachants, et limite intéressants. Alors bien entendu on ne retrouve là que des stéréotypes en force : le martyr de la classe, la fille peu sûre d’elle qui se cache, la super bonasse, le beau gosse… Etc. Il y a même une geekette en puissance ! Mais ça nous suffit. On pourrait juste regretter que les épisodes n’aient quasiment aucun impact sur la psychologie des personnages…

Si la réalisation technique laisse de quoi désirer, il en est aussi du jeu pas mal des personnages secondaires de la série. Monster Of The Week oblige, on voit souvent apparaître des personnages plat le temps d’un petit épisode, et en général ces derniers jouent comme des pieds. Ceci dit, on ne pourra pas retirer à Sarah Michelle Gellar qui joue Buffy la qualité de son jeu, et encore moins à Alyson Hannigan dont le personnage, Willow, est tout bonnement excellent !

Bref, au final, si Buffy contre les vampires n’a rien d’une série exceptionnelle, elle se laisse largement regarder et il serait bête de passer à côté si vous ne l’avez toujours pas (re-)vue ! D’autant plus que son impact et son aspect précurseur pour tout ce qui est Bit-Lit en France est prédominant. A noter tout de même qu’Anita Blake est sans nul doute ce qui a le plus inspiré Joss Whedon pour sa création.


3 Inches of Blood est un groupe canadien classé en Heavy Metal voir même en Fantasy Metal. J’avoue, cette dernière appellation prête à sourire et je ne l’avais jamais rencontrée avant de m’intéresser à ce groupe. En termes d’univers, ne vous attendez pas  à croiser des z’elfes typé Seigneur des Anneaux, ça tape plutôt dans les orcs méchants et les gros barbares à la Conan (celui des romans, pas des films hein). Cette thématique guerrière va engendrer un rythme violent et endiablé apte à réveiller les morts.

3 Inches of Blood, Advance and Vanquish

La formation se compose de deux chanteurs (à l’époque de l’album, ça a changé depuis), l’un évoluant dans un registre plutôt aiguë et l’autre dans des tons plus graves aux accents grunteux. D’habitude ce type de chant me fait horreur mais je dois avouer qu’ici cela ne m’a pas dérangé, je trouve même que ça va très bien avec le reste de la musique. Niveau instruments, ça reste très classique pour du heavy, à savoir lead & rythm guitare, basse et batterie double pédale. L’album dont il est question ici date de 2004 et c’est le second opus de 3IoB.  La galette comporte 13 pistes. Autre information utile, vous ne le trouverez qu’en import.

Bon, la jaquette de l’album est hypra moche mais elle reste bien dans la thématique guerrière. Les paroles des chansons dont présentes dans le booklet mais vu qu’elles sont tapées au kilomètre et en tout petit, c’est quasiment illisible. Pour moi, c’est un sacré mauvais point pour l’album. Mais bon, si on en arrivait enfin à parler de la musique.

Le gros morceau de l’album, Upon a Boiling Sea, se divise en trois parties sur l’album. Elle raconte une histoire de piraterie. La première partie, Fear on the Bridge, parle d’un abordage sanglant, c’est violent, c’est intense et ça ouvre parfaitement l’album. Lord of the Storm où le capitaine sera jeté à la mer par son équipage pendant une tempête, il touchera terre sur une île. Et enfin, Isle of Eternal Despair, le navire s’est échoué, les trésors répandus sur la plage, le capitaine les rassemble dans une caverne où il deviendra leur éternel gardien, c’est une bonne chanson, moins énervée que les deux autres mais peut-être encore un peu trop étant donné le thème. Le tout est agrémenté de petits bruits de mer et de navigation pour qu’on soit bien dans l’ambiance.

3 Inches of Blood

La meilleure  chanson pour moi est sûrement aussi la plus connue du groupe, Deadly Sinners. La notoriété de cette piste est due au fait qu’on la retrouve sur la bande originale de pas moins de trois jeux vidéos, le plus représentatif restant Brütal Legend pour lequel il est aussi la bande son de la bande annonce. C’est d’ailleurs grâce à ce morceau que j’ai découvert le groupe. Ultra entraînante, on a envie de yaourter les paroles dessus, les guitares sont électrisantes. Et pour ceux que ça intéresse, les deux autres jeux vidéos sont Tony Hawk’s Underground 2 et Saint’s Row 2.

Crazy Nights est un titre plus posé et fait partie de mon top 3 sur cette album. Le chant est plus doux, je sais pas, il y a un truc accrocheur dans cette chanson.

Si je devais absolument pinailler, je trouve que les pistes Dominion of Deceit et Destroy the orcs sont un peu faiblardes par rapport au reste de l’album, les paroles sont un peu simplistes pour Destroy. Pour Dominion, ça concerne le chant, j’ai trouvé le grunt trop présent par rapport aux autres titres de l’album. La palme de la chanson que tu te demandes ce qu’elle fait là revient à Wykydtron qui bien que musicalement proche des autres parle de cyborgs, au milieu de chansons résolument Fantasy ça fait un peu tâche. Mais bon, si on excepte le thème foireux, c’est un morceau sympa.

3 Inches of Blood, Advance and VanquishRares sont les albums capables de me faire sauter sur mon canapé à faire de l’air guitar et à headbanger comme un taré. Et même si toutes les pistes ne méritent pas ce traitement de ma part, c’est le cas pour la plupart des chansons de l’album (Je crois que je pourrais me passer Deadly Sinners en boucle). De plus, j’ai trouvé assez sympa le concept de Upon a Boiling Sea et j’ai aimé lire les paroles. Alors oui, certes ils n’ont rien inventé mais je prends plaisir à l’écouter et c’est ce que je demande à un CD de musique.

Lire des nouvelles de Conan écrites par Robert E. Howard en écoutant cet album, ça doit être géant, faut que je retrouve ce bouquin.

Si vous souhaitez y jetter un petite oreille, vous pouvez écouter quelques morceaux sur leur site officiel ou bien sur leur myspace.


Star Ocean: The Last Hope sur Xbox 360 (et PS3)

aka oni dans Critiques, Jeu Vidéo le 24 janvier 2010, avec 7 commentaires
Critiques

orti le 4 Juin de cette année, Star Ocean : The Last Hope est le quatrième opus de la fameuse série de Tri-Ace. Étant particulièrement fan des Star Ocean 1 et 2 remasterisés sur PSP (j’oserai même dire que le premier a été une très grande baffe vidéoludique), ce jeu est le premier sur lequel je me suis jeté lorsque je me suis vu heureux possesseur de la console de Microsoft. Un petit peu d’histoire pour planter le décor.

Star Ocean: The Last Hope

Le premier opus a vu le jour en 1996 sur Super Nintendo, le second, mettant en scène le fils d’un des héros du premier, est sorti en 1998. Le troisième, auquel je n’ai pas eu l’honneur de jouer, est sorti sur PS2 et prend place 400 ans après le deuxième épisode. Avec Star Ocean 4, on replonge au contraire aux origines de l’histoire. Se passant à une date que l’on pourrait calculer (mais j’ai franchement la flemme de ressortir le 1 et de faire la soustraction), retenons que l’histoire se déroule quelques siècles avant Star Ocean 1.

Le jeu nous accueille avec une cinématique de fort bonne facture, nous informant que les dirigeants ont fini par presser le bouton rouge et se mettre sur la tronche assez sévèrement pour faire de la Terre un endroit vaguement irradié et inhabitable en grande partie. Résultat, une seule solution : se bouger rapidement dans l’espace. Chose dite, chose faite puisqu’une dizaine d’années plus tard, non seulement l’humanité dispose d’une base spatiale de taille respectable en orbite, mais a en plus maîtrisé le voyage à la vitesse de la lumière. En même temps, quand on n’a pas le choix… Bref, on se retrouve la veille du lancement d’une mission secrète de reconnaissance spatiale, menée par une organisation développée tout aussi secrètement : la FRS ou Force de Reconnaissance Spatiale.

Star Ocea 4: The Last Hope, Edge Maverick

Edge Maverick, profession : héros de RPG. La gueule de l'emploi. La preuve, il a une épée.

Un jeune homme (Ah, à quand un RPG avec un héros de plus de trente-cinq balais) se voit sermonné par son amie d’enfance pour avoir raté la cérémonie d’inauguration, ce qui n’est pas du plus responsable quand on sait que monsieur fait partie de l’équipage (en même temps il aurait été le balayeur ça n’aurait pas posé de problème, mais l’aventure en aurait pris un coup dans l’aile.) Le temps de faire connaissance avec le système de combat (j’y reviendrai) et on embarque pour visiter l’espace, histoire de voir s’il n’y aurait pas une planète accueillante dans la galaxie pour les réfugiés terriens. Malheureusement, dès le premier warp ou saut spatial, un problème lié à une météorite fait que tous les vaisseaux doivent atterrir d’urgence sur la première planète qui passe. Après avoir fait connaissance avec les sympathiques insectes géants qui peuplent le coin, Edge se voit assigner comme mission d’aller inspecter les sites de crash des autres vaisseaux. Malheureusement (bis), l’équipage du vaisseau le plus proche a eu la mauvaise idée de rapporter un bout de météorite à des fins d’analyse. La météorite s’avère être cependant un peu plus qu’une météorite.


Star Ocean 4: The Last Hope

Que le public masculin se rassure : d'emblée, le quota "mini-short en cuir" est rempli.

Alors, certes, ça fait un peu synopsis en forme de quatrième de couverture, mais le scénario est un peu particulier. Vous en dire plus serait vous spoiler. Le scénario n’est d’ailleurs pas particulièrement génialissime, en tout cas moins que les deux premiers opus ; le fil conducteur, c’est la météorite et ses méfaits, certes, mais les évènements s’en écartent souvent et les héros sont plus ou moins ballotés d’évènement en évènement, de même que le joueur, donc, et le tout donne une désagréable impression de décousu, même si pris dans sa globalité l’histoire reste assez cohérente. Bref, petite déception pour moi de ce côté (il faut dire que j’attendais énormément du jeu) mais certainement pas un point faible à proprement parler.

Parlons rapidement des graphismes : les décors sont absolument splendides, parfaitement réalistes (quoiqu’un peu trop lumineux parfois), les cinématiques sont superbes, les ennemis et les personnages sont très bien modélisés. Donc les graphismes sont presque parfaits. Presque, parce qu’il faut tout de même signaler des visages absolument et totalement inexpressifs. Disons que s’ils avaient cligné des yeux ça n’aurait pas été plus mal. Palme spéciale décernée à Lymle, gamine de 15 ans (non mais sérieusement, 15 ans ?) qui en paraît six ou sept à tout casser et dont l’allure générale n’est pas sans rappeler la poupée de votre grand-mère. Assez dérangeant lors des cut-scènes, qui sont par ailleurs très (trop ?) nombreuses.

Il faut savoir que le jeu se déroule de manière à pouvoir changer de planète. Petit à petit, vous visiterez donc plusieurs planètes (en tout trois habitées, une déserte et le donjon final). Sauf qu’une infime zone de la planète sera à votre disposition ! Résultat, en mettant tout bout à bout, on arrive à peine à une carte de RPG classique. Très peu de villes, d’ailleurs. La durée de vie du soft m’a, pour tout dire, un peu déçu. Elle n’est pas précisément extrêmement courte mais l’aventure se termine un peu trop vite. Heureusement, des quêtes annexes parviennent à rallonger la durée de vie. Bien que mal réparties (on se retrouve noyé sous des tonnes de quêtes annexes d’un seul coup sans trop comprendre comment, alors qu’on n’en avait pas une seule l’instant d’avant), elles sont assez intéressantes, parfois lourdingues et certaines d’entre elles vous donneront du fil à retordre (exemple : j’ai perdu mon médaillon dans l’océan, allez fouiller les plages pour voir si vous le retrouveriez pas, par hasard.). Par contre, autre type de quête annexe, chaque magasin pourra vous fournir quelques commandes de livraison qu’il souhaiterait vous voir exécuter. Les objets à livrer sont parfois rares. Mais la durée de vie n’en est qu’artificiellement rallongée.

Heureusement, Star Ocean ne serait pas Star Ocean sans son fameux Colisée, qui vous donnera du fil à retordre pour parvenir premier, et qui par ailleurs propose des courses de Connils (des gros lapins roses, c’est la crédibilité du titre qui en prend un coup) pour se détendre entre deux bastons difficiles. Par ailleurs, autre trait de caractère de Star Ocean, le donjon bonus avec des monstres de-la-mort-qui-tue et un gros boss à la fin qui est cent fois plus fort que le boss final. Eh bien les adeptes de ce type de défis seront ravis de savoir qu’il existe deux donjons bonus dans SO : The Last Hope ! Le premier ne propose pas de défi particulièrement démentiel, mis à part son boss shooté, et le second, très dur, se compose d’une succession de niveaux à l’infini (c’est plus simple, tout de suite…). Pas mal d’annexe donc, de quoi occuper et justifier la limite de niveau de 255 (autre particularité de la franchise). Cependant, vous n’irez pas au-dessus du 200 si vous ne débloquez pas une certaine partie des Battle Trophies propres à chaque personnage, des bonus de combat débloqués sous certaines conditions (se battre une heure, tuer 1000 ennemis, etc).

Bacchus dans Star Ocean 4: The Last Hope

Règle 54 des clichés RPG : Il y a toujours des robots géants. Toujours.

Les combats, justement. Pierre angulaire de Star Ocean 4, il faut bien que j’en parle. Les combats se déroulent donc de manière assez classique pour la série : dans un champ de bataille, vous maîtrisez votre personnage tandis que vos alliés répondent à la tactique assignée (très pauvre en options, d’ailleurs ! En gros, tapez ou ne tapez pas, ce qui est très limité, même par rapport aux anciens opus) et que vous tentez de massacrer vos ennemis, soit en tapant classiquement, soit en sortant des coups spéciaux assignés aux gâchettes, soit, nouveauté, en déclenchant des attaques éclairs : en gros, vous maintenez la touche d’esquive jusqu’à ce qu’un ennemi soit sur le point d’attaquer, vous sautez de côté et paf, vous vous retrouvez, après une petite animation dépendant du personnage, derrière lui, à lui infliger des coups critiques en veux-tu en voilà. De plus, il ne s’agit pas de rencontres aléatoires mais des avatars des équipes ennemis directement sur le terrain qui se précipiteront sur vous. Plus facile à éviter (la plupart du temps) quand vous avez envie d’aller vite.

En passant, je tiens à signaler que les effets sont très beaux et très impressionnants. Tellement impressionnants, en fait, que lorsque les quatre personnages balancent en même temps leurs meilleurs coups, préparez vous à faire péter vos enceintes et votre écran : ça gicle de tous les côtés en terme d’effets lumineux, et pendant quelques instants c’est parfaitement irregardable, mais très jouissif. Blague à part, le système de combat, une fois bien en main, est excellent et pas lassant du tout. C’est un vrai plaisir de se battre. Seul gros point faible : impossible de choisir quel ennemi on vise ! Très handicapant pour mettre en place des stratégies, le personnage est censé viser l’ennemi le plus proche de lui mais le voir courir tout le terrain pour taper le plus lointain n’est pas rare…

Système de combat de Star Ocean 4: The Last Hope

Le système de combat est performant et les boss sont très gros et très stylés. Tout pour plaire !

Par ailleurs, on remarquera que la limite classique « 9999 PV, 999PM » est breakée, et que les personnages peuvent facilement atteindre 40 000, 50 000 PV et plus, ce qui, vu la difficulté de certains combats, n’est pas du luxe. D’ailleurs le leveling n’est pas très aisé et les niveaux ne passent pas à la vitesse de l’éclair. Par contre, un tableau de bonus en combat aidera vos personnages : terminer un personnage en coup critique vous octroiera 10% d’expérience en plus, en tuer plusieurs d’un coup vous donnera droit à 10% d’argent en plus, etc., ce qui aide bien pour monter en puissance. Un ajout intéressant, dommage qu’un tableau entier puisse être à moitié détruit au moindre coup critique reçu de l’ennemi.

Parlons maintenant rapidement de la bande-son : les doublages sont en anglais mais ne sont pas trop ratés (mis à part la voix absolument horripilante de Lymle, qui en plus d’avoir la tronche d’une gamine de sept ans, s’exprime comme si elle en avait quatre. Insupportable. D’ailleurs, elle rajoute « okay ? » à toutes ses phrases ; j’ai cru un instant à la résurrection de Mr. Garrison. Remarquez que c’est peut-être une référence à South Park, mais ça n’en reste pas moins très énervant.) Les sous titres sont, à l’instar du menu et des dialogues, minuscules, prévoyez de vous coller à votre écran pour les lire. Ennuyeux. Par contre, les sons et effets sont de très bonne facture et les musiques d’ambiance collent parfaitement. Aucun problème là-dessus, c’est très réussi.

Myuria de Star Ocean 4: The Last Hope

Myuria, un personnage plutôt attachant et intéressant, fait partie de la race des Morphus, une des plus avancées de la galaxie. Alors est-ce qu'on pourrait m'expliquer le costume d'elfette ?!

Abordons à présent la Création d’Objets (et oui, ce jeu a des défauts mais tout de même du contenu). Autre spécificité des Star Ocean, la création d’objets permet à vos héros de développer des talents et ensuite de créer des groupes qui, utilisant des points de compétences, réfléchiront de tous leurs neurones de héros-RPG pour trouver des recettes, recettes qui serviront ensuite à créer des objets. Le bon point, c’est que c’est un renouvellement intéressant du système, et puis on n’a aucun risque d’échouer. Les mauvais points… Premièrement, elle n’est accessible qu’à l’intérieur du vaisseau, là où auparavant, en plein donjon, les héros pouvaient s’adonner à leurs ateliers créatifs ; deuxièmement, toutes les recettes demandent un nombre de composants (dont des composants à récolter ou miner sur la carte) que je qualifierais d’aberrant. En fait, vous ne commencerez à avoir de quoi créer quelques petites choses que vers la fin du jeu ! Quel intérêt de proposer enfin les composants introuvables pour créer telle arme ou armure alors que le marchand du coin vend mieux ? Le but de la création est justement de renforcer ses personnages indépendamment des marchands et leurs prix abusifs… Hors, ici, on se retrouve à inventer une vingtaine de recettes d’un coup qu’on finit par oublier, puisque les trois quarts ne serviront pas et que les équipements vraiment intéressants ne seront faisables qu’à la toute fin du jeu en explorant les donjons bonus… Déception de ce côté, quoique le système ne soit, ces points mis à part, pas trop mal foutu.

À présent, je voudrais, avant de conclure (ouf) cette critique, parler d’un aspect qui me tient à cœur quand je joue à un Star Ocean : l’âme du jeu, même si c’est très subjectif. Le premier opus était parfait de ce point de vue ; les personnages étaient charismatiques et originaux, les villes étaient magnifiques et possédaient un vrai petit quelque chose en plus qui faisait qu’on aimait observer les décors. Dans le second opus, les personnages sont un peu moins attachants mais tout de même encore un peu, les villes ont moins d’âme mais sont encore jolies. Dans le troisième, aucune idée. Mais ici, les villes sont superbes mais n’ont pas d’âme ; les personnages sont sympathiques mais un peu stéréotypés, moins attachants, même si je tiens à signaler l’existence d’un vrai rebondissement aux deux tiers de la partie qui n’est absolument pas un poncif du genre, bravo aux développeurs pour ce coup-là. Pire encore, là où tous les opus proposaient de choisir ses personnages pour faire son groupe de huit (sur, généralement, onze ou douze possibles), ce qui donnait un vrai intérêt pour rejouer, puisqu’une nouvelle partie pouvait être assez différente en choisissant d’autres équipiers, ici, on suit un cheminement classique et les personnages s’imposent à nous.

Et pourtant, pourtant la magie Star Ocean opère tout de même un peu, puisqu’à la fin on aimerait bien suivre encore un peu les aventures de nos héros, et que s’en séparer est tout de même désagréable. Malgré les défauts du jeu et les clichés de certains personnages, on aimerait bien les accompagner plus longtemps…

Gentil-Méchant de Star Ocean 4

Salut, je suis "l'associal-stylé avec une cicatrice" de la série… Hein ? Non, je m'appelle pas Squall, pourquoi ?

Bon, il est temps de conclure ; je signalerai simplement qu’un énorme nombre de clins d’œil au premier opus a été fait, en particulier le fait qu’une des planètes visitables soit celle où se déroule le premier opus ! Si l’on retrouve quelques villes (trois seulement), la magie n’opère pourtant pas autant que lorsque je la visitais sur ma PSP, mais qu’importe. D’ailleurs, le boss du colisée est un des personnages jouables de Star Ocean 1, mais jeune ! Ceci dit, l’assistante à la création d’objet est un personnage récurrent de la série, un « Commandant Kenny » apparaît, référence nominative et graphique à l’un des héros du premier opus, un des personnages de l’équipe rappelle fortement l’un de ceux du premier soft de la série, et une partie de l’aventure fait ouvertement référence à la quête principale de Star Ocean 1 ! Il y en a d’autres, mais je ne vais pas en dresser la liste exhaustive, cette chronique n’a que trop duré. A vous de les trouver.

Rapidement, au passage, la version PS3 sera enrichie de nouveau(x ?) personnage(s ?) jouable(s ?) et le menu sera mieux présenté. Hmf. Sur ce, à ceux qui auront sauté le corps de l’article, sachez que ce jeu présente plusieurs défauts mais est définitivement un bon RPG qui vaut la peine d’être acheté. Et les deux premiers opus, encore plus.


Invictus de Clint Eastwood

dabYo dans Critiques, Films le 22 janvier 2010, avec 3 commentaires
Critiques

Ici, si vous ne l’avez pas encore compris, on est complètement fan des films de Clint Eastwood. Du coup, quand il y en a un nouveau qui sort au cinéma, on s’empresse forcement d’aller le voir. C’est mieux quand c’est en VO, bien sûr, mais la logique des salles obscures de Blois est impénétrable tant et si bien que comme nous ne savions pas si le film serait disponible en anglais, nous y sommes allé comme tout le monde, le jour de sa sortie. Invictus est sorti le 13 janvier dernier, soit près d’un an après le superbe Gran Torino, et ça parle d’Afrique et de Rugby. Synopsis.

Invictus de Clint Eastwood

Nelson Mandela est sortie de prison, et grâce aux élections équitables durement obtenues par le peuple noir, il vient de devenir le président de la république de l’Afrique du Sud. Son objectif est simple, montrer que les homme de couleur de peau noire ont aussi leur place dans cette ex colonie britannique, mais aussi, montrer qu’il est digne de gouverner. Car tous les blancs attendent bien entendu qu’il se casse la gueule, ou bien qu’il ne fasse que leur rendre la monnaie de leur pièce. Bon tout ça, si vous êtes un minimum cultivé, vous devez grosso modo le savoir, ainsi que le fait qu’il a bien entendu réussi sa mission. Ce que vous ignoriez peut être par contre, c’est qu’il avait fait de la Coupe du Monde de Rugby, un sport majoritairement blanc, un des vecteurs de la cohésion sociale.

Je n’en dirais pas plus, mais vous vous doutez bien de la suite. Les bandes annonces et les affiches sont claires sur ce point, et bien que je ne vous dirai pas s’ils vont réussir ou non, au cas où vous ne le sauriez pas, vous devez vous en douter. Invictus ne joue clairement pas sur la ficelle du suspens mais tout simplement sur les émotions qu’il va réussir à nous procurer. Oui, vous le voyez tout de suite venir, un film plein d’idées bien pensantes, avec de l’amour tout ça, des gens autrefois ennemis qui sautent les uns aux bras des autres… Bon le racisme actuellement ça a moins la côte que l’écologie hein, mais quand même. Et bien, vous avez tout à fait raison, c’est ce genre de film avec plein de beaux idéaux, avec un président noir qui veut le bien de tous et des blancs qui ne souhaitent presque qu’une chose: le destituer.

Matt Damon dans Invictus

Le vent est fort ce soir, beaucoup de sang a coulé sur ce terrain !

Sauf que voilà, dernière la caméra (ok j’en sais rien mais c’est pour la phrase) il y a Clint Eastwood. Certes, au début on est perplexe. Très perplexe. Nelson Mandela incarné par Morgan Freeman me pose un problème, il sonne faux. La voix ? Peut être, le doublage ne m’a mais alors pas du tout plu. Pas l’habitude d’entendre l’acteur parler en français, faut croire. Toujours est il qu’après une bonne demi heure de film, on est toujours perplexe. On se demande quand les émotions prendront le pas, on trouve le tout un poil trop stéréotypé pour être appréciable. Mais au bout d’un moment, sans que l’on s’en aperçoive, on est pris. Ça y est, on est touché par ceci, par cela. Les rugbymens sur-caricaturés ne nous choquent plus, la voix de Mandela ne nous pose plus de problème.

Et puis le temps passe et on se laisse gagner par les paysages de l’Afrique du Sud. Bon, certes non, les bidon-villes ne sont pas ce qu’on pourrait qualifier d’attractif,  mais on est gagné dans le sens où l’on se place peu à peu dans ce qu’a vécu ce peuple, nous autres européens. Les informations historiques que l’on peut retirer du film sont aussi très enrichissantes. Je ne suis pas -encore- allé vérifier s’il n’y avait pas d’incohérences ou quelques affabulations par ci par là, mais tout de même. Nelson Mandela était un grand homme et le film lui fait honneur.

Morgan Freeman dans Invictus

Ok je l'ai déjà faite... Mais pourquoi ils lèvent le doigt dans toutes les photos promo ?

Bien entendu, le long métrage est très manichéen, il montre les méchants qui sont méchants, et les bons qui sont bons. Les mauvais bons qui ne sont finalement pas bons, et les bons méchants qui finalement sont bons. Et bien entendu, à la fin, tout le monde se réconcilie, enfin, sans trop rentrer dans les détails non plus. Bref, quand je parlais de stéréotype, c’est bien entendu du lourd, avec par exemple le petit africain qui est pris dans les bras du policier blanc suite à une annonce de résultat, alors que deux secondes plus tôt le policier allait faire un abus de pouvoir. Mais voilà, les images sont plaisantes, elles sont émouvantes, et c’est presque tout ce qu’on demande.

Le jeu des acteurs n’est pas transcendant, il est correct. Le sport est tout de même très carricaturé, avec de longs moments où on les voit se rentrer dedans et manger de la boue, mais ça ne choque pas, ça ferait presque augmenter le suspens d’une fin qu’on connaît d’ores et déjà.

Bref, un bon film. Sûrement pas le film du siècle ni de l’année, une semaine après les souvenirs en sont bien moins important que ceux que j’ai encore pour Gran Torino ou Million Dollar Baby. Mais assurément un bon film, que vous pouvez aller voir sans trop craintes. A noter que c’est l’adaptation d’un livre à titre à rallonge de John Carlin sorti une mois avant le film.

Alexandre aka dabYo // dit :
*bah
*si t’émule à 01
*tu peux transferer à 5:01
–    S a s g / H       x     k        x      M        : Lc <3 dit :
*ouaip
*sauf que ému a 01
*sert a rien x)
Alexandre aka dabYo // dit :
*j’ai corrigé ?
*on gagne pas tjrs 30 ?
–    S a s g / H       x     k        x      M        : Lc <3 dit :
*oui oui
Alexandre aka dabYo // dit :
*ah merde x)

Si vous vous rappelez bien, j’ai lu le premier tome des Chevaliers d’Emeraude à la fin de l’année dernière et je l’avais plutôt apprécié, aussi je me suis tourné vers la suite pour savoir ce que cela allait donner. Ce deuxième tome est paru en 2003 au Canada et il y a quelques années déjà ici en France, aux éditions Michel Lafon toujours. Encore une fois je trouve l’illustration de Patrice Garcia plutôt réussie et le livre dans l’ensemble est beau, un petit bijoux comme je les aime. Ça fait jolie de voir les deux tranches l’une à côté de l’autre. Mais intéressons nous un peu au synopsis voulez vous ?

Les dragons de l'Empereur Noir de Anne Robillard

Sept longues années se sont écoulées depuis que nous avons quitté nos chevaliers à la fin du Feu dans le Ciel. On découvre donc une nouvelle génération de chevaliers et d’écuyers. Kira, la petite fille recueillie dans le premier tome, a aussi bien grandie et désire bien entendu devenir chevalière à son tour. Mais pour sa protection, les chevaliers décident de la refuser. Frustrée, elle est dans l’état d’esprit idéal pour faire quelques bêtises. Pendant ce temps les monstres de l’Empereur Noir se font de plus en plus menaçants et s’infiltrent sur le continent…

Voila un synopsis qui promet pas mal d’action… et pourtant il y en aura très peu. Les combats qu’on serait en droit d’attendre dans ce genre de cycles ne sont pas à la hauteur et on devrait plutôt parler d’échauffourées. Là encore, comme pour le premier tome, j’ai eu plutôt l’impression d’assister à une mise en place des choses. Pourtant on est déjà au second livre. On s’intéresse de plus près à Kira, ce qui est prévisible. Malheureusement la jeune fille est stéréotypée, bornée et têtue, et je sens la Mary Sue pour les prochains tomes.

Niveau géographie et personnalité des personnages, pas d’évolution. C’est stéréotypé et pas très logique. Le style reste le même, c’est à dire simpliste. Un peu trop même. Car là, les chevaliers de la première génération ont passé la vingtaine, pourtant ils s’expriment toujours pareil: comme des enfants. Niveau crédibilité le livre prend un coup supplémentaire dont il n’avait pas besoin.

Les dragons de l'Empereur Noir de Anne Robillard

Ce style est parfois carrément dérangeant quand on assiste à des scènes ou à des concepts qui ne sont pas pour les plus jeunes et ce dès le départ. Kira est tout de même issue d’un viol par exemple. J’ai vraiment du mal à apprécier ce contraste, mais peut être que cela ne gène que moi. C’est un constrate qui me choque souvent dans la littérature pour adulte d’un autre côté.

L’autre point vraiment négatif, c’est le nombre de personnages. Nous sommes désormais à 14 chevaliers et autant d’écuyers. Plus de vingt personnages, c’est beaucoup. Beaucoup trop même. Car dans le peu de pages qu’il y a dans ce tome -environ 300-, il est impossible de développer les nouveaux venus… alors que les anciens étaient déjà à approfondir. On se retrouve donc avec pas mal de personnages sans trop de relief et avec un ou deux trait de caractères quand on a de la chance. Bref, le même syndrome que la Couronne des Sept Royaumes, mais en pire.

Les dragons de l'Empereur Noir de Anne RobillardDu coup, les tensions amoureuses (oui, il y en a, même si on les pressentait dans le tome précédent) ont du mal à convaincre. Je ne parlerai pas du fait que les amours des chevaliers font plutôt amourettes d’enfants niveau traitement mais bon, on est en Jeunesse alors on pardonne…

Ceci dit, ça reste agréable à lire. Ce n’est pas agaçant, mais il ne se passe pas grand chose, j’ai encore l’impression d’être à l’introduction après quelques 800 pages et les personnages n’évoluent pas. Je pense qu’en amener autant n’était pas forcement une bonne idée, c’est difficile à suivre, je me suis perdu plusieurs fois dans les noms. Il y a des éléments intéressants, le voyage de Wellan par exemple m’a plutôt plu, mais bien trop dilués dans le reste somme toute très moyen.

Une série qui pour le moment ne me marque pas. Peut-être suis-je déjà trop vieux et exigent. Je pense qu’il doit être bien mieux de le lire jeune et encore, ce n’est pour le moment pas une saga jeunesse qui me restera, faut dire que passer après Izaïn, né du désert c’est pas facile…


Les sentinelles des blés de Chi Li

Serafina dans Critiques, Livres le 19 janvier 2010, avec 3 commentaires
Critiques

Il y a des moments où l’on est tellement au fond du gouffre littéraire qu’on lirait n’importe quoi. Vraiment. Comme ce numéro de Geo en allemand sur la table basse de ma belle-mère. Seul bémol, et de taille, je ne lis pas l’allemand. Je ne le parle pas non plus. Alors je me suis rabattue sur ce petit livre des éditions Actes Sud, à la très belle couverture, toute en douceur. Il s’agit du roman Les sentinelles des blés de Chi Li. Un roman chinois, à mille yards de mes habitudes littéraires, mais comme je vous l’ai dit, au fond du gouffre, on prend le premier venu.

Les Sentinelles des Blés de Chi Li

Les sentinelles des Blés c’est l’histoire de Mingli, la mère adoptive de Rongong. Rongrong qui a disparu depuis trois mois maintenant. Contre l’avis de son mari, elle se rend à Pékin pour essayer de la retrouver, et de comprendre. Le synopsis est léger, c’est sur. Le roman est plutôt court, à peu près 150 pages. Le roman a un rythme assez lent et contemplatif, pourtant on ne s’ennuie pas. Est ce que c’est une caractéristique courante dans la littérature asiatique ? J’avais déjà fait cette remarque pour Le coupeur de roseaux. C’est très particulier et j’aurais du mal à le décrire.

Le roman est centré autour de Mingli. Cette chinoise quadragénaire est plutôt effacée dans sa vie professionnelle. Mingli est considérée comme une femme naïve et un peu simplette. Bref, c’est n’importe quelle chinoise, on peut aisément s’identifier à elle, car ce n’est pas une personne exceptionnelle, non, c’est juste n’importe qui.

Cependant, elle cache bien son jeu, elle réfléchit beaucoup et certaines de ses réflexions sont très profondes. L’auteur alterne entre scènes tes simples, banales, et digressions plus recherchées, sur le sens de la vie et autres. Bon, dit comme cela, ça fait un peu halluciné, pourtant, c’est amené avec douceur et intelligence.  Le voyage vers Pékin peut être vu comme un voyage initiatique. Certes, il est bien tardif, pourtant, ce voyage va lui permettre de se poser des questions existentielles et de prendre conscience. Prendre conscience du fossé qui la sépare de sa fille adoptive, mais aussi prendre conscience de son pays.

Les Sentinelles des Blés de Chi LiLa Chine pourrait presque être vue comme un personnage à part entière de l’histoire. La Chine en pleine mutation joue son rôle, le régime politique est souvent cité. J’ai malheureusement dû louper de nombreuses références car je ne suis pas très calée dans ce domaine. Un lexique à la fin essai d’expliciter certaines références, mais c’est très succin et c’est limite le minimum syndical. J’aurais apprécié un petit dossier sur la Chine, ou quelque chose dans ce domaine pour mieux comprendre.

Toujours est-il qu’on suit Mingli dans sa quête , mais aussi dans ses divagations personnelles. Son passé, ses souvenirs tout cela sera passé en revue, avec une approche très intime. Mingli fait de nombreux allers retours entre passés et présent, le moindre petit truc est l’occasion de faire ressurgir d’anciens souvenirs. La construction est très réaliste, on a vraiment l’impression d’être dans la tête du personnage. Dans ses associations de pensées très personnelles et sans logique apparente. On s’attache au personnage, et on boit ses paroles.

Dans tous les cas, le style est très poétique et étonnamment lyrique. Le style est simple, dépouillé, mais il en ressort une grâce très propre et très personnelle. Ce n’est pas un livre d’aventure, c’est un livre intime, plein d’émotions, et de lyrisme, et ceci même dans les événements d’une banalité étonnante qui y sont décrits. Chi Li est décrit comme appartenant au mouvement néo-réaliste chinois, et je veux bien les croire. C’est la vie de tous les jours qui est contée ici, avec pudeur et sensibilité.

J’ai beaucoup apprecié ce roman, et pourtant, ma critique est bien maladroite. Je ne saurais que vous le conseiller, malgré son prix un peu élevé pour la durée de lecture. Peut-être devriez vous regarder du coté des bibliothèques ?


Soeur des Cygnes, Tome 2, de Juliet Marillier

Serafina dans Critiques, Livres le 17 janvier 2010, avec 3 commentaires
Critiques

Je vous avais déjà parlé du premier tome de Soeur des Cygnes. Ce deuxième en est la suite directe. Il faut savoir que dans la version anglaise ça n’est qu’un seul et unique tome. Du coup on retrouve l’histoire pile là où on l’avait laissée et c’est reparti. Je vous renverrais à ma critique du premier tome pour le synopsis, vu qu’il ne change pas. On suit toujours Sorcha une jeune fille dont les frères ont été transformés en cygnes. Pour les délivrer de cette malédiction, elle doit tisser pour chacun une chemise en ortie et garder le silence. Vous aurez reconnu le célèbre conte de Grimm dont ce roman est une adaptation.

Soeur des Cygnes Tome 2 de Juliet Marillier

Ce tome est donc la suite directe du précédent, avec les mêmes qualités. Le style de Juliet Marillier est très agréable,  ou bien sa traduction faite par Hélène Bury, je ne sais pas, et on est très vite transporté dans l’histoire. Ici le récit continue sa visée initiatique. Sorcha n’est plus dans le même genre d’endroits et doit assumer son choix de garder le silence y comprit en présence d’autres personnes et face à des injustices. Elle ne peut que se taire. Plus de quiproquos dans ces pages donc, des quiproquos, certes prévisibles, qui m’ont fait un peut penser au deuxième tome des Enfants de la Terre, mais en mieux , je vous rassure. C’est mignon. Oui, car malheureusement pour les messieurs qui veulent de la testostérone, on assiste à un début de romance, plutôt bien conté, plutôt réaliste et évidemment qui sera très poignant pour les romantiques. Je suis romantique, donc autant dire que j’ai été happée par cette histoire d’amour, ses non-dits, ses quiproquos et que j’ai eu les larmes aux yeux plusieurs fois.

On peut aussi saluer la psychologie des personnages que Marillier développe bien et avec réalisme. Après ce qu’a vécu Sorcha dans le premier tome, elle n’est plus pareille et cet événement continue de la hanter même plusieurs années. Ça change des héroïnes qui passent l’éponge sur les pires atrocités comme celle de la Symphonie des Siècles par exemple… Les événements douloureux sont traités avec noirceur, comme il se doit, rendant toute l’horreur que l’humain peut accomplir à ses semblables. C’est justement ce qui manquait récemment à Immortel par exemple. L’impact des épreuves qu’a vécu Sorcha est réaliste,  et ça, je ne peux que le saluer.

Soeur des Cygnes Tome 2 de Juliet Marillier

La couverture anglaise est nettement moins réussie, dommage.

Entre le lieu où cela se passe, l’époque où cela se passe, le coté légendaire, je n’ai pas pu m’empêcher de comparer ce roman aux Dames du Lac de Marion Zimmer Bradley. Et sachez que c’est un compliment. Sorcha est tout aussi attachante que les héroïnes de la série précitée et j’ai refermé ce tome avec ce même genre d’émotion. Une fébrilité, et des rêves dans les yeux. Soeur des Cygnes c’est un roman magique et enchanteur. Du coup, les défauts du livre sont passés comme une lettre à la poste. Oui, parce qu’il y ‘en a quand même.

C’est assez manichéen, les méchants sont méchants, les gentils gentils, c’est dommage. Heureusement, j’ai trouvé ce coté manichéen compensé par les réactions de certains personnages en fin d’ouvrage, je n’en dirais pas plus. J’ai aussi trouvé qu’on virait trop au pathétique par moment. Pourquoi vouloir toujours faire souffrir Sorcha encore plus. Certaines réactions sont un peut étonnantes et difficilement compréhensibles.

Soeur des Cygnes Tome 2 de Juliet MarillierMais voilà, je n’en ai que faire, je suis tombée sous le charme, et ca ne s’explique pas. Ca n’est pas rationnel. J’ai trouvé ce dernier tome charmant, cette histoire d’amour émouvante et du coup, c’est un coup de coeur, c’est tout. J’ai été happé dans ce récit romantique à souhait, ni trop, ni pas assez. Je ne saurais que le conseiller à tous ceux qui ont aimé les Dames du Lac, qui aiment les contes, ou tout simplement ceux qui sont sensibles au fond de leur coeur tout mou.

Un titre à lire sans aucun doute, sans parler du fait que sa couverture de Benjamin Carré est superbe.


True Blood, saison 1, d’Alan Ball

dabYo dans Critiques, Films le 15 janvier 2010, avec 11 commentaires
Critiques

True Blood est une série américaine réalisée par HBO et diffusée aux Etats-Unis depuis deux bonnes années. Comme vous l’avait dit Serafina dans sa critique de Quand le Danger Rôde de Charlaine Harris, c’est aussi l’adaptation télévisée de la série La Communauté du Sud de cette auteur. Elle fait donc partie de la flopée de produits visuels connotés Bit-Lit et tournés dans les dernières années, avec notamment une autre série, MoonLight, ou The Vampire Diaries , et plus connu encore, le film Twilight. On se refait tout de même un Synopsis ?

True Blood: Trublood

Sookie Stackhouse est une jeune femme de Bon Temps dans la Nouvelle Orléans où elle vit avec sa grand-mère et son frère, et travaille en tant que serveuse au bar Chez Merlotte. Bref, tout ce qu’il y a de plus banale donc, à ceci prêt qu’elle est télépathe, et que depuis que les vampires se sont révélés, elle n’a qu’une hâte : qu’un d’eux arrive dans sa petite ville perdue. Et vous vous en doutez bien, ça ne tarde pas trop et c’est ainsi qu’elle fait la rencontre de Bill Compton, un vampire de plus de cent ans qui vivait à Bon Temps alors que ce n’était encore qu’un village. Vous vous en doutez bien qu’il va logiquement y avoir de la romance entre les deux, tussa tussa. Heureusement, Bill est un vampire progressiste et il boit du TruBlood, une boisson constituée de sang synthétique qui a permis aux vampires de se découvrir au grand jour.

A premier abord il n’y a donc pas de grandes différences avec la série de Charlaine Harris. Dans l’univers en lui-même il n’y en a pas, mais dans le fond, surtout au niveau des personnages, beaucoup d’éléments diffèrent. Car True Blood est loin d’être une série uniquement centrée sur Sookie Stackhouse, et on va suivre presque tout autant certains de ses amis. On a donc droit à toute une bardée de personnages hauts en couleurs, cela passe par Tara sa meilleure amie, noire qui ne manque pas une occasion pour rappeler l’esclavage qu’ont subit les siens, Jason, son frère, qui a la fâcheuse habitude d’être où il ne faut pas, Lafayette, un gay assumé, dealer de sang de vampire et autres joyeusetés.

Bill et Sookie de True Blood

Bref, sur ce point on ne peut que saluer le talent de Alan Ball. Car il n’y avait que quelques lignes sur Jason dans le livre, ou pire sur Lafayette (ce dernier apparait uniquement pour se faire tuer au début du Tome 2 de La communauté du Sud).  Il fallait en vouloir pour en tirer des personnages pareils. Je décernerais même le titre de personnage de serie le plus con à Jason. Et vu la série, ce n’est pas peu dire.

Le tout est avant tout agrémenté d’une ambiance assez particulière et difficile à décrire. Alors que les cadavres pleuvent et que le sang coule à flot, on n’est jamais réellement inquiété. Bien entendu, le fait que les scènes de sexe ne puissent même pas se compter sur les doigts de la main (même en y ajoutant les doigts de pieds), que certains personnages soient totalement hilarants, notamment Jason et Lafayette, aide beaucoup. Mais le tout forme tout de même une ambiance particulière qui est très très bien présentée par l’un des meilleurs générique qu’il puisse exister.

A ce propos, le nombre de scènes de sexe est souvent un des reproches fait à la série. Je le comprend tout à fait et il est vrai qu’elles sont nombreuses. Ceci dit, la série est beaucoup plus light mine de rien qu’un Californication ou même qu’un Sex and the City. Cette omniprésence du sexe n’est pas gratuite, ca joue énormément pour l’ambiance. C’est difficile à expliquer, et habituellement nous n’aimons pas vraiment les séries qui jouent uniquement sur ce côté là. Au début, ça choque, mais au fur et à mesure on se rend compte que c’est une partie nécessaire au trip. Peut être aussi une partie indispensable pour montrer qu’ici on ne regarde pas une série intellectuelle ou autre, mais qu’on suit le commun des mortels…

Eric de True Blood joué par Skarsgard Alexander

N’ayant pas lu Quand le Danger Rôde dont la première saison est tirée, je ne pourrais pas dire si l’histoire colle au livre, Serafina disant que cela y ressemble uniquement dans les grandes lignes. Forcément, vu les changements apportés aux personnages, ce n’est pas étonnant. Toujours est il qu’il est dans cette saison aussi question de disparitions et de meurtres bizarres à Bon Temps. C’est donc l’occasion pour nous de découvrir les services de police de la ville.

Ceci dit, cette première saison n’est pas très bonne, mais bien moyenne. Difficile d’accrocher au style mièvre de l’héroïne, dur dur de supporter la tête à claque qui sert de vampire. L’intérêt de la série ne se révèle qu’au bout de quelques épisodes, et c’est à partir de la deuxième saison que la série tire ses lettres de noblesses. Du coup, si la première ne vous tente pas, passez direct à la seconde, vous ne raterez rien !