Nemi de Lise Myhre

Serafina dans BD, Critiques, Livres le 8 décembre 2009, avec 12 commentaires
Critiques

Nemi c’est un peu la série phare du lancement du label Milady Graphics. Oui car si vous vivez dans une grotte, sachez que Milady a lancé son label graphique il y a peu, et s’apprête à publier notamment le comic Anita Blake, et est aussi à l’origine de la publication très beau Elixir, dont je vous parlerai très bientôt.  Alors Nemi c’est quoi ? La couverture annonce la couleur de ce recueil des strips de Lise Myhre: une goth ultra maquillée qui fait le signe du Metal. Votre chroniqueuse ayant plus de corsets et de résille dans ses placards que de jeans et écoutant du Metal et du Goth, il lui était impossible de passer à coté. En plus les critiques du net étaient assez unanimes: génial.

Nemi de Lise Myhre

C’est ainsi que je me retrouve avec Nemi entre mes mains. Il s’agit d’un comic strip à la base, c’est à dire que la plupart des histoires font 4 cases et sont indépendantes, et ça vient de Norvège. Nemi est un parfait produit de la sous-culture sombre. On retrouve disséminé à travers tout ce premier album de nombreuses références à des groupes célèbres, ou a des morceaux cultes : l’auteur glisse de nombreux clins d’oeils. On notera aussi un apparent bon travail d’adaptation, en effet les références ont, selon toute vraisemblance, été francisées, et  je n’ai pas buté sur des références trop norvégiennes. Certains strips sont un peu datés (comme ceux ou Nemi rêve de voir un jour une adaptation du SDA), mais ce n’est pas le cas de la majorité. Dans l’ensemble ça se lit bien, et ça n’affiche pas son age.

Lise Myhre

Lise Myhre: pas bien difficile de trouver d'où lui vient l'imagination, du coup.

Nemi est une héroïne moderne, et pas policée. Elle n’hésite pas à dire ce qu’elle pense, même si c’est politiquement incorrect. Elle déteste les bébés, elle crache sur NRJ. Ouais, ok, une antihéros, pourquoi pas après tout, c’est plus facile pour s’y identifier.  On croise d’autres personnages, qui sont parfois stars d’un strip, mais ils n’arrivent pas à la cheville niveau développement. Le trait est… Un trait de comic-strip. Je ne trouve pas ça beau du tout, mais d’un autre coté ce n’est pas le but, non le but c’est quand même de faire rire.

Eh bien la où toutes les critiques disaient à mourir de rire, moi j’ai esquissé un ou deux sourires, et puis c’est tout. La plupart des strips tombent un peu à plat, et aucun ne m’a réellement fait rire. C’est parfois mignon, sympa, mais je n’ai pas trouvé ça drôle. En plus, faut dire que la concurrence est rude avec la tripotée de blogs dessinés qu’on peut trouver sur le net. A coté, Nemi m’a semblé très très bof. Des idées sympathiques, mais réellement rien qui vaille le coup. Je préfère carrément aller lire le blog de Florian70 ou même Garfield. C’est un peu dommage quand on voit le potentiel du personnage. Je suis pourtant assez bon public généralement, et le thème aurait du aider, mais non, ça retombe comme un soufflet.

Nemi de Lise MyhreEt je ne parle pas des strips plus « sérieux » qui eux, me sont carrément sortis par les yeux. Déjà faire un truc à morale en 4 case, c’est difficile, mais en plus quand c’est de la morale genre adolescent de 15 ans trop darkinou du type « les humain sont trop cons » « les humains me dégoutent » « la vie c’est nul« , non quoi. Ça ne passe pas. Ce genre de morale sans assez de fondements (trois cases d’un autre côté), sans développement, supposé nous faire « réfléchir » bah, comme dirait ma mère, c’est pédaler dans la semoule.

Certains strips se suivent et forment une seule et même histoire. Ceux la sont généralement pas drôle (du tout) et assez laborieux. Le découpage ne s’y prête pas, c’est pas dynamique pour un sous, ça avance par acoups, et les personnages n’ont pas les épaules assez solides pour pouvoir réellement valoir quelque chose dans ce genre d’histoire. Vous pouvez m’expliquer ce que fait Nemi à rencontrer le Père Noël ? Enfin, je n’y ai pas trouvé le moindre justificatif.

Strip de Nemi de Lise Myhre

Au final Nemi, c’est une bd sympa à lire entre deux pages de programme télé. Mais surement pas en album, les strips n’ont pas l’indépendance ou l’humour suffisant pour prendre leur réel envol dans un album. Dommage, car il y avait de bonnes idées.


Les Chevaliers d’Emeraude est une série très populaire d’Heroic-Fantasy. Dix tomes sont déjà parus, et j’avoue avoir été plus d’une fois intrigué par les couvertures de ces romans en passant dans une librairie. La curiosité a fait son œuvre et me voici à lire le premier tome de cette saga. Elle est rangée dans la catégorie jeunesse, mais il est connu que cette catégorie recèle parfois de très bons ouvrages (et de très mauvais, mais c’est une autre histoire). J’ai donc commencé le premier tome de cette série écrite par la québécoise Anne Robillard, synopsis ?

Les Chevaliers Emeraude Tome 1: Le Feu dans le Ciel de Anne Robillard

Le continent d’Enkidiev vit en paix depuis bien longtemps… Cependant, une menace se profile à l’horizon, l’empereur noir Amecareth lève une armée pour envahir le continent. Le royaume de Shola est le premier touché. Le roi émeraude Ier du royaume du centre décide de restaurer l’ordre des Chevaliers afin de protéger le continent. Sept Chevaliers sont choisis, venant de tous les royaumes. Ils devront protéger et servir, tout en formant la génération suivant. Et accessoirement prendre en compte une petite fille de 2 ans qui semble être liée a une sorte de prophétie.

Bon, voila pour le synopsis. On retrouve déjà les éléments de bases de l’Heroic Fantasy, une troupe qui va aller sauver le monde d’un vilain pas beau. Au menu on trouvera évidemment des créatures fantastiques, un brin de Moyen-Age, de l’aventure et tout ça. C’est classique certes, cependant L’ordre de chevalier mages est un principe plutôt bien ficelé. Durant ce tome les chevaliers traversent le continent pour visiter les royaume et les aider ou les conseiller. On rencontre donc des populations diverses et des peuples aux caractéristiques marquées. Cependant, cela reste un peu trop convenu: il y a les gentils, les orgueilleux, etc, peu de surprises viennent émailler ces voyages, même les retournements de situations sont prévisibles longtemps à l’avance. Sans parler évidemment qu’il ne faut qu’une page pour traverser de long en large un continent. On a l’impression que l’histoire est trop survolée.

Les Chevaliers Emeraude Tome 1: Le Feu dans le Ciel de Anne Robillard

Et c’est un peu le qualificatif que j’apposerais à ce roman : survolé. Les royaumes ne sont pas assez développés, on est à milles lieux de la géopolitique d’un Trône de Fer. Bon, d’un autre côté, peut on réellement demander une géopolitique à un livre de jeunesse ? Ma foi, non, je ne pense pas, et à ce niveau il est clair que Le Feu dans le Ciel est bien dosé pour un roman Jeunesse. Les chevaliers quant à eux sont assez stéréotypés, le courageux est courageux, la conciliant concilie, etc.. Chacun n’a guère qu’un ou deux traits de caractère et c’est tout. C’est un peu dommage, car même si c’est un livre jeunesse, il est tout à fait possible de faire des personnages bien plus profonds. Le passé des personnages n’est quasiment pas évoqué, à part un, espérons que cela soit réparé dans le prochain tome.

La géographie elle même manque de cohérence, car si il ne faut qu’une journée de cheval ou deux pour traverser le continent, il est impossible de rencontrer autant de climats différents… Au moins le voyage entre Winterfell et Port-Real dure plusieurs semaines ! Ok, j’avoue, je suis un Martin-addict mais quand même. Là on se tient sur un continent de la taille d’un mouchoir de poche, donc niveau réalisme, on repassera… A moins que les chevaux soient supersoniques ?

Les Chevaliers Emeraude Tome 1: Le Feu dans le Ciel de Anne RobillardLe style est simple, ni spécialement bon, ni spécialement mauvais, il est très accessible et pas désagréable mais c’est tout. Les dialogues sont très limités, et pas longs du tout. On a quand même l’impression que l’age visé ne dépasse pas 15 ans. Ou plutôt, qu’il vise avant tout les personnes qui n’ont encore jamais lu d’oeuvre de Fantasy. Il y a assez peu d’action dans ce premier tome, et j’ai eu l’impression à la fin que l’histoire commençait tout juste: comme si ce volume n’était qu’une introduction. On nous présente les bases des royaumes, les liens entre eux, les personnages forts, et c’est à peu près tout. Pas de grande bataille, ni de passage épique ne viennent relever ce tome. On peut quand même se demander si 350pages n’étaient pas un peu de trop pour introduire le monde en en disant si peu…

Ceci dit, je me trouve bien méchant pour un tome que j’ai lu très vite: on ne s’ennuie pas pendant ces 350 pages. On regarde le roman se dérouler, bien que pour ma part, je ne sois pas rentré dedans. En tout cas, je comprends tout à fait qu’il ait autant de succès chez les jeunes, car c’est un livre idéal pour se mettre à la lecture quand on est en pleine adolescence. Une autre porte d’entrée, une alternative à Harry Potter, en quelque sorte. Du coup, je vais sans doute me mettre à lire le 2ème tome.


Vampire Kisses de Ellen Schreiber

Serafina dans Critiques, Livres le 4 décembre 2009, avec 7 commentaires
Critiques

Je vous ai parlé il y’a quelque temps de Vampire Kisses : Blood Relatives, le premier tome d’un manga que j’avais beaucoup apprécié. Et il se trouve que ce manga est l’adaptation d’une série de six romans  typé bit-lit par Ellen Schreiber (qui est américaine, contrairement a ce qu’on pourrait penser). Le premier tome est sorti en 2003 (soit avant Twilight) . La série n’est pas traduite en français et il vous faudra donc vous rabattre sur les bouquins en anglais. La bonne nouvelle, c’est qu’un recueil des trois premiers existe nommé Vampire Kisses : The Begninng et coûte 6€. Certes, il est imprimé sur du papier toilette… mais c’est toujours ça. Nous nous intéresserons ici seulement au premier tome, dont voici le synopsis.

Vampire Kisses 1 de Ellen Schreiber

Raven est une adolescente gothique coincée dans la ville de Dullsville. Elle est mal-aimée au lycée, elle rêve de vampires tout en écoutant The Cure. Elle a une amie Becky, fille de ferme, avec qui elle s’invente des histoires de manoir hanté, jusqu’au jour où le manoir se voit redevenir habité, et que Raven découvre les habitant, ou plutôt l’habitant, un goth comme elle ! Ou presque….

Voila, le synopsis lance les grandes lignes. Une héroïne lycéenne, un beau gosse énigmatique, des vampires , bref le combo habituel du genre. Alors bon, c’est vrai que les romans de bit-lit lycéenne cela ne manque pas… Le journal du vampire, ou  Twilight étant devenus presque des références. Alors qu’est ce qui peut bien différencier Vampire Kisses du reste de la production américaine ?

Vampire Kisses 1 de Ellen SchreiberEt, bien, en un mot, comme en cent, Raven. Dans la plupart des romans cité plus haut, l’héroïne est une lycéenne banale, comme toute les autres, sans réellement de particularité. Cela permet aux lectrices quelles qu’elles soient de s’identifier au personnage principal et donc de mieux entrer dans l’histoire. On peut même dire que ce point a tellement marché qu’il a fait sortir les vampires du stéréotype gothique qui leur était associé. Schreiber prend cela à contre-pied et rend à césar ce qui lui appartient. Raven, c’est une goth. C’est pas une de ces niaises qui peuplent Twilight et compagnie. Non. Raven est fane de Bela Lugosi, écoute The Cure, s’habille et se maquille tout en noir. C’est une adolescente forte et sûre d’elle, bien que  mal aimée dans son lycée. Bref Raven met K.O. Bella et ses amies à coups de rangers. Et tout cela rend l’ouvrage original, et rafraîchissant dans cette mer de stéréotypes.

Évidemment, le bouquin est parsemé de nombreuses références à la culture « sombre ». Que cela soit des titres de films, des noms de groupe, ou même des plaisanteries (dont une incluant une colombe  décapitée avec les dents). C’est un vrai plaisir à lire. En plus de cela, l’humour est loin d’être absent. Comme dans le manga, Raven n’a pas sa langue dans sa poche, et elle se fait tellement de films loufoques qu’elle en devient géniale. De même l’ambiance lycéenne est parfaitement retranscrite, on retombe quelques années en arrière, quand aller dans la maison abandonnée du coin de la rue était une aventure digne des plus grands Indiana Jones . Les préoccupations de Raven, outre de se trouver un copain à crocs (…) sont tout ce qu’il y a de plus normal, pourrir la vie de son ennemi, manger des glaces, échapper au cours de sport.

Vampire Kisses 1 de Ellen Schreiber

Bon, évidemment, l’histoire aussi est bien, mais ce premier tome est vraiment là pour présenter les personnages et la ville dans laquelle se déroulent les aventures. Tant et si bien qu’on a l’impression que l’histoire débute tout juste dans les dernières pages de ce premier tome. Bon ayant lu le manga, certaines surprises tombent à l’eau, mais rien de grave, car cela ne m’a pas gâché le plaisir de la lecture.

Vampire Kisses est le meilleur bouquin de bit-lit que j’aie lu depuis date. C’est frais, c’est fun, tout pour plaire. Et je ne comprend pas pourquoi cela n’a pas encore été traduit en français. Enfin, il me reste les deux autres tomes à lire, je vous tiens au courant.


Chien du Heaume de Justine Niogret

Serafina dans Critiques, Livres le 2 décembre 2009, avec 2 commentaires
Critiques

Chien du Heaume est le premier roman de Justine Niogret récemment publié par les éditions Mnémos. Elle a déjà publié des nouvelles dans diverses anthologies, et un recueil. C’est une auteur française de 30 qui vit en Bretagne. Quand j’ai reçu le bouquin, j’avoue que j’étais un peu perplexe: auteur française, bretonne en plus (désolée c’était facile…) et on nous le vend comme un livre qui ressemble à un Trône de Fer. En plus la couverture réalisée par Johann Bodin est tout simplement superbe, et vous savez à quel point nous croyons au syndrome de la belle couverture. Enfin, intéressons nous un peu au Synopsis.

Chien du Heaume de Jutsine Niogret

Chien du Heaume est une mercenaire dans un moyen âge assez sombre et réaliste. Elle vend ses services aux plus offrants, ce qui lui fait parcourir un peu de pays pour x raisons. En parallèle à ce travail difficile, elle poursuit une quête. Celle de retrouver son nom et ses origines, afin de ne plus être simplement le Chien du Heaume. Petit synospsis pour un un livre qui se situe autour des 200 pages.

Le style tout d’abord est très agréable. C’est fluide, c’est bien écrit et ce n’est pas trop lourd, malgré l’ambiance et le vocabulaire. L’auteur semble très documentée sur le Moyen-Age, et utilise de nombreux mots anciens mais exacts. Ils ne font pas office de vocabulaire pompeux, ils collent à l’ambiance, c’est tout. Pour ceux qui se sentiraient perdus, sachez quand même qu’il y a un lexique à la fin, cela n’est pas précisé, et je ne l’ai découvert qu’une fois arrivé aux dernières pages. Et puis ce lexique est aussi très important pour une autre raison, mais je vous en parlerai plus tard.

Le style est sombre, vous ne trouverez pas d’humour dans le livre, c’est sérieux du début jusqu’à la fin. Du coup c’est diablement immersif. On est vite dedans, l’ambiance est bien rendue.On avance dans un univers violent, enneigé, rude et vrai. Alors je dois le dire, c’est vrai que la comparaison avec le Trône de Fer n’est pas usurpée. Il n’y a peut être pas l’épique de Martin, mais Niogret n’a pas à rougir de la comparaison, ce qui est assez rare pour le signaler.

Chien du Heaume de Jutsine NiogretJ’ai eu un peu de mal avec la narration au départ. Les cinquante premières pages font très scénario de RPG un poil stéréotypé. Je m’explique. L’héroïne poursuit une quête, trouve une bribe d’information, qui la mène à une sous-quête, qui lui apporte une autre bribe d’information, la menant à une nouvelle sous-quête. Ouais, pas convaincu, pas très génial. J’ai peiné à passer ces chapitres.

Heureusement, ce n’est que le cas pour le début, et après la première cinquantaine de pages, la succession de sous-quête s’arrête, comme si l’introduction se terminait. Une histoire plus posée et plus complexe se met peu à peu en place. La quête de Chien du Heaume prend moins d’importance, et une histoire plus humaine, plus intime se met en place. Les personnages prennent du relief et sont tous touchants à leur manière.

L’auteur évite les facilités, et ainsi nous épargne le genre de scènes qu’on trouve trop souvent quand l’héroïne est une femme, si vous voyez ce que je veux dire. Cela fait plaisir de voir une femme forte et déterminée, égale d’un homme et sans complexe. Elle est vulgaire et elle assume. Et ça, c’est bien. De même j’ai apprécié que le roman ne soit pas manichéen.

Si certains propos par exemple sont clairement anti-religion, ils seront contrebalancés plus loin par des propos plus conciliants. Nous nous trouvons en effet a une époque où le christianisme n’a pas encore totalement bridé les peuples, mais commence à prendre de l’ampleur. Du coup, Chien du Heaume étant une mercenaire elle se retrouve en ligne de mire.

L’auteur nous propose là une palette, certes réduite, mais travaillée. Je me suis laissée prendre à l’histoire, et j’ai dévoré la fin. Une fin qui est d’ailleurs originale et très prenante.

Chien du Heaume de Jutsine Niogret

Mais une fois le livre fini, une fois cet univers sombre et lourd refermé, vous tombez sur une vingtaine de pages de notes et de lexiques. Ce n’est pas quelque chose dont je parle d’habitude dans mes critiques, mais là, il le fallait. En effet, ces notes contrastent totalement avec le reste du livre car c’est drôle, très drôle. Et j’ai ris toute seule dans le train aux jeux de mots de l’auteur. Les définitions contiennent des perles, telles que les définitions de la Cote ou de la Table. Je ne vous en dirais pas plus car il faut que vous le lisiez. Sachez d’ailleurs que l’auteur a un blog, qui m’a lui aussi fait bien rire.

Au final, Chien du Heaume m’a convaincue. J’ai passé un très bon moment, et je le recommande à tous ceux qui aiment le Trône de Fer, ou bien les univers médiévaux réalistes. Je vais essayer de me procurer son receuil, car j’ai vraiment aimé son style.