Avatar de James Cameron

dabYo dans Critiques, Films le 30 décembre 2009, avec 15 commentaires
Critiques

Cet hiver il y a deux trois trucs que vous êtes obligés de savoir. La première, c’est que le Père Noël est toujours une ordure. La seconde, c’est que Johny est entre la vie et la mort -bon ça j’en suis plus très certain-. Et la dernière, c’est qu’Avatar, le film de James Cameron, le plus cher à réaliser jusqu’à maintenant, est sorti au cinéma. La bonne nouvelle, c’est qu’ici, on ne va pas uniquement voir les mauvais films -comprendre New Moon-, et que parfois, on s’autorise un bon film. Bon, un bon film à 11€ la place, mais un bon film quand même. Ou pas ? Suspens ! Synopsis ?

Avatar de James Cameron

C’est l’histoire de Seraf’ et dabYo qui sont exceptionnellement en vacances chez les parents de ce dernier. Un jour de 23 décembre, ils décident sur un coup de tête d’aller au cinéma du coin, en plein centre d’une zone commerciale géante où, Noël oblige, il faut tourner pendant des heures pour se garer. Hmm… Je m’égare là non ? Bref, tout ça pour arriver au moment fatidique où ils prennent possession de leurs lunettes pour entrer dans la Matrice avoir l’air ridicule profiter de leur premier film en 3D.

Avatar, c’est donc l’histoire, en 3D s’il vous plaît, de l’invasion humaine d’une planète bien éloignée nommée Pandora. Ce nom n’a bien entendu pas été choisi au hasard, et vous le comprendrez en voyant le film. En attendant, cette planète est infestée de créatures inconnues, la plupart du temps hostiles à l’humain, ainsi que d’un peuple nommé les Nav’i. Ces humanoïdes ne sont pas hostiles à l’homme, mais refusent de déplacer l’un de leur village qui se trouve juste au dessus d’une énorme mine d’un métal très cher sur Terre. Manque de pot, les humains ne sont venus que dans le but de le récupérer. Bah ouais, en 2500 l’ère capitaliste est toujours là, bouh !

Avatar de James Cameron

T'as froid ? T'es tout bleu regarde !

Vous l’avez compris, il s’agit là d’une histoire à la Pocahontas où il y aura bien entendu un affrontement final entre les deux peuples, et une histoire d’amour impossible au milieu, histoire de couronner le tout. Et là, niveau histoire d’amour impossible, ils ont fait fort. Vous le comprendrez bien assez vite en voyant le film, et pour ceux qui n’avaient pas suivi, le film s’appelle Avatar car des corps contenant de l’ADN humain et nav’i ont été créés afin de pouvoir communiquer avec eux. L’humain n’a ensuite plus qu’à prendre possession du corps inerte, grâce à un système de contrôle à distance, tel un avatar dans un jeu vidéo.

Comme je l’ai précisé plus haut, nous avons payé plein pot pour voir le film en 3D. En effet, nous n’avons eu cesse de voir des gens dire que c’était là le premier film vraiment pensé pour la 3D, et que c’était une vraie claque. Et j’avoue avoir été impressionné à de nombreuses reprises par les effets que la technologie permet. Mais plus dans les possibilités que ça ouvre que dans la réelle réalisation du film. Bon, ne l’ayant vu que dans ces conditions, je ne peux pas dire si c’est vraiment le cas. Après tout, peut être que sans la 3D le film m’aurait beaucoup moins plu.

Avatar de James Cameron

Big Bang Theory e13s13 a l'air captivant !

En tout cas, certains passages utilisant ces caractéristiques sont totalement bluffant, et celui auquel je pense le plus est la réalisation des écrans virtuels et retro-projeté qu’ont les humains dans le film. Vous savez, ça fait bien dix ans qu’on voit des opérateurs bouger leurs mains pour appuyer sur des boutons de lumière autour d’eux. Jusqu’à présent, ça faisait plus faux qu’autre chose, aujourd’hui avec la 3D, on s’y croirait vraiment. Il y a eu beaucoup d’efforts à ce niveau là dans les décors, que ce soit dans les labos ou sur la planète.

Des décors qui sont d’ailleurs splendides. Pandora elle même est splendide, on en prend plein les mirettes, la faune est exceptionnelle, je pense notamment au bestiaire ahurissant qui sort de ci et de là, que ce soit les reptiles volant ou le remplaçant du rhinocéros. Vraiment, c’était pour moi une très agréable surprise, et je me suis rarement autant senti immergé dans un monde inconnu qu’avec Avatar. Au cinéma j’entends. De même, le peuple des nav’i, bien qu’étrange au début, est vraiment beau. J’ai notamment beaucoup apprécié le lien qu’ils avaient avec la nature, qui, bien que très engagé pour être engagé, blabla la nature c’est génial, est touchant. On trouve qu’au début cela fait trop, que les nav’is sont en fait les descendants des hippies des années 60. Puis après on comprend petit à petit le lien qui les uni à Pandora et pourquoi ils y sont si attachés.

Avatar de James Cameron

Ok c'est peut être pas la meilleure image pour vous donner envie d'aller le voir. Mais je jure que ça rend mieux en salle !

Bon après il faut dire ce qui est: le scénario ne casse pas trois pattes à un canard. Regardez Pocahontas et vous l’avez. Et pourtant, Pocahontas est tout sauf une des pointures à ce niveau. Bref, vous ajoutez un peu du background d’Assassin’s Creed genre l’ADN, on peut vivre des expériences à distance, toussa toussa, et vous obtenez Avatar. Sauf que voilà, vous n’allez pas voir ce genre de film pour un bon scenario, vous lui demandez le strict minimum et c’est ce qu’il fait brillament: le strict minimum.

Le reste, c’est une superbe réalisation, des acteurs corrects, de la musique quand il faut et où il faut, et une réalisation exceptionnelle. Certains passages, grâce à la 3D peut être, sont vraiment flippant. Je pense notamment au tout début où le héros est pourchassé par une géante bestiole. On s’y croit vraiment, et on a limite la frousse. L’immersion est complète, les scènes de vol donnent presque le vertige, bref.

Avatar de James Cameron

La seule chose que l’on pourrait reprocher au film, c’est qu’il se contente d’être très bon. Il n’est pas exceptionnel. Je ne peux pas vous dire vous devez le voir, car je pense sincèrement qu’il ne restera pas dans la postérité. Il n’est pas assez bluffant, ce n’est pas Star Wars,  ce n’est pas Blade Runner. C’est un très bon film de Science Fiction, bien meilleur que les Je suis une légende et autres I, Robot, mais on n’en parlera sans doute plus dans deux ans. Si ce n’est parce qu’il a coûté super cher.

Par contre, il vaut le coût, et le coup. A ce qu’il parrait, Avatar serait une trilogie, intox ? Et sinon, pour l’anecdote, la nouvelle Call Me Joe écrite par Poul Anderson en 1957 serait très similaire… A lire.


Immortel de Traci L. Slatton

dabYo dans Critiques, Livres le 28 décembre 2009, avec aucun commentaire
Critiques

S’il y a bien quelque chose que j’aime beaucoup chez les éditions l’Atalante, c’est la qualité de leurs ouvrages. Immortel de Traci L. Slatton ne déroge pas à la règle et représente pour moi l’un des plus beaux livres que j’ai eu entre les mains en cette année 2009. Une couverture qui est magnifique grâce à l’œuvre de Frédéric Perrin, et une finition parfaite, qui donnent très envie de commencer ce livre de presque cinq cents pages, premier roman de Tracy L. Slatton et tout juste traduit en Français par Lionel Davoust. Synopsis voulez vous ?

Immortel de Traci L. Slatton

Luca Bastardo est un bâtard, du moins, c’est ce qu’il pense être en sa qualité d’enfant abandonné des rues de la grande Florence d’antan, celle de la pré-renaissance. Avec ses quelques connaissances, d’autres gosses abandonnés bien entendu, il chaparde par ci par là de la nourriture afin de survivre dans les rues crades de la ville. Jusqu’au jour où après avoir été kidnappé pour servir dans un lupanar, il commence à se rendre compte, peu à peu, qu’il n’est peut être pas comme les autres. Avoir l’apparence d’un gamin de treize ans alors qu’on doit être plutôt proche de la trentaine n’est en effet pas quelque chose de très habituel…

Immortel est un live dont la narration se rapproche beaucoup d’un Assassin Royal, pour ne citer que le plus connus. Le héros revient sur son passé et couche son histoire par écrit, ce qui m’a beaucoup fait pensé au Nom du Vent de Rothfuss que j’ai lu un peu plus tôt dans l’année. C’est ainsi que l’on sait tout de suite que son histoire se terminera mal, puisqu’il nous énonce dès le début qu’il est actuellement emprisonné pour être exécuté le lendemain. Nous aurons donc droit au récit de sa très longue vie comme il l’appelle, avec des commentaires du présent insérés dans le récit du passé. Quelques phrases habituelles donc, qui vont du c’était sûrement le meilleur moment de ma vie, au je regretterai sans doute toute ma vie ce geste.

Nous suivons donc Luca Bastardo tout au long d’une vie que l’on pourrait qualifier de merveilleuse et misérable à la fois. Il est prostitué dès l’enfance par un tenancier de lupanar et devra à de nombreux moments accuser de chocs, que ça aille de la trahison à la perte cruelle d’êtres chers. Traci Slatton n’épargne à aucun moment son héros, ce qui le transforme au début en tout cas, en un martyr dont on devrait se sentir proche. Le problème c’est que tout ses malheurs m’ont laissé plus ou moins de marbre. Alors que dans Frère Ewen par exemple, j’ai tout de suite été pris de compassion pour notre héros, Luca Bastardo et toutes ses péripéties ne m’ont pas vraiment touché. J’avais trop une impression de faux, une impression de sur-enchère malsaine de la part de l’auteur.

Immortel de Traci L. Slatton

Je prendrai l’exemple le plus simple et le plus frappant: le fait que le héros soit abusé et asservi sexuellement dès son enfance pour satisfaire les besoins bestiaux des nobles de la ville. Alors que le fait est clairement scandalisant, choquant, et malsain, il est traité d’une telle façon qui fait que l’on a même pas le sentiment que cela lui arrive vraiment. Alors à quoi bon prendre une peine si extrême si c’est pour la passer à moitié sous silence ? L’auteur en parle presque comme si Luca s’était blessé en se rasant… Peut être n’étais je pas dans l’humeur ? Je ne sais pas, j’ai lu d’autres critiques et beaucoup de personnes ont parlé de ce passage comme une épreuve difficile.

Cette impression de faux m’a rendu le début de la lecture plutôt difficile, car je n’arrivais pas à m’attacher à Luca. Et autant dire que lorsqu’un livre traite uniquement de la vie d’un personnage et de ce qu’il lui arrive, si vous n’arrivez pas à vous y attacher, il est difficile de l’apprécier. Heureusement, la fin a fini par combler ce manque dans les cents dernières pages, ce qui m’a permis d’apprécier la fin du bouquin.

A côté de cette histoire qui ne m’a enthousiasmé on retrouve un style agréable à lire, recherché et très fourni. Il y a eu je pense un très bon travail du traducteur, mais aussi de l’auteur qui a l’air très calée en ce qui concerne l’Italie de l’époque. Elle ne nous épargne d’aucun mot du vocabulaire et c’est ainsi qu’il faudra souvent jongler entre les expressions italiennes pour comprendre le récit, que ce soit le nom des forces de l’ordre, ou bien des sports pratiqués, voir du matériel utilisé par la peinture.

Immortel de Traci L. SlattonCar l’art, tout comme à l’époque, est un des grands thèmes du livre. Luca Bastardo va en effet côtoyer de nombreux grands noms, que ce soit Giotto dont il sera le protégé, Léonard de Vinci dont il sera le professeur… ahem, Bocceli dont il sera l’ami…, et autres grands noms italiens de l’époque, tous vivants dans les parages de Florence. Car il faut le dire, tous les grands noms de l’époque sont de près ou de loin cotoyés par Luca Bastardo. C’aurait été très intéressant dans un roman plus historique, ça me fait juste un peu bizarre du coup, surtout pour de Vinci. Mais bon, c’est d’un autre côté le thème du livre. Nous allons à de nombreux moments s’intéresser à l’art, à la construction, à la sculture, et notre héros en est un très grand amateur.

Ce thème récurrent va permettre surtout au lecteur d’imaginer un peu plus ce qu’était la Florence d’autre fois. Bien que je n’y sois jamais allé, j’ai grâce aux descriptions pu imaginer avec plaisir ce que la cité devait refléter de beautés à l’époque. Ce côté là est très agréable, tout comme ce que l’on peut apprendre sur l’histoire de la ville et la famille de Médicis qui y a gouverné durant l’époque. Luca est bien entendu très proche d’eux, un ami de Cosimo de Médicis, et plus tard de Lorenzo, que vous devez connaître si vous vous intéressez à la ville. Ce qui n’était pas mon cas.

Bref, une déjà bien longue chronique pour un bien long livre, dont il y a d’autres thèmes abordés de façon plus ou moins intéressante, je pense notamment à la vision de la divinité du livre, en pleine période où l’Inquisition prennait plus ou moins de l’importance en Italie. On pense bien entendu aussi à l’aspect surnaturel de notre héros, qui ne vieillit pas et qui voit les siens se dépérir petit à petit. L’explication de ce phénomène faisant bien entendu partie des choses qui l’obséderont jusqu’à la fin.

Un livre qui recèle de nombreux points positifs, mais dont la lecture m’a été gâché par l’absence d’intérêt pour l’histoire de notre héros. Un vrai voyage dans l’Italie de l’époque en tout cas, et qui augure du bon pour les prochains romans de Traci Slatton. Ce qui manquerait peut être, finalement, serait une réalité historique, ou un flou qui permettrait d’imaginer la réelle existence de Luca Bastardo.


Dreamworld de Sire Cedric

Serafina dans Critiques, Livres le 26 décembre 2009, avec 1 commentaire
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Dreamworld est un recueil de nouvelles de Sire Cédric. Il est paru pour la première fois en 2007 aux éditions Nuit d’Avril, aujourd’hui défuntes, qui avaient déjà publié son premier recueil, Déchirures, et son premier roman, Angemort. Bon, vous le savez, on a déjà lu ces deux titres précités, et on a beaucoup aimé. Dreamworld vient d’être réédité par le Pré aux Clercs, qui ont déjà édité L’enfant des cimetières du même auteur. L’occasion de découvrir ce recueil relativement ardu à trouver auparavant. Et je dois dire que je ne me suis pas faite prier !

Dreamworld de Sire Cédric

Bon entre nous, je n’aime pas vraiment la couverture de la nouvelle édition. Elle est certes bien trouvée, le visage qui donne l’impression d’étouffer annonce la couleur, mais je ne trouve pas la couverture attirante…

Donc Dreamworld c’est quoi ? C’est un recueil de neuf nouvelles. La plupart ont pour fil rouge le monde des rêves, ou plutôt des cauchemars et leur influence dans la réalité. Bon, évidemment ce n’est pas tout et on retrouve les éléments assez propre aux autres écrits de Sire Cédric, du sang, du cul, du gore, des cimetières, de l’hémoglobine, du sexe, de l’automutilation, de la différence et de l’incompréhension. Les personnages ? Des enfants qui font des cauchemars, des hommes plus ou moins mal dans leur peau, des femmes superbes et castratrices. Si vous êtes allergiques à ce genre de cocktail, vous pouvez passer votre chemin.

Alors certes, certains thèmes sont délicieusement clichés. Je ne compte plus le nombre de bracelets d’entailles relevés au fil du roman. Sauf que la force de l’auteur c’est de faire passer ses clichés en tout simplicité, sans tomber dans l’excès, même quand il force la démesure. Je ne sais pas si je suis claire.

Dreamworld de Sire Cédric

Le recueil est foncièrement moins trash que Angemort. Bon, hein, on trouve toujours la dose niveau sexe et violence, mais dans l’ensemble c’est moins poussé. Plus accessible diront certains, mais peut être plus mature aussi. En effet, sur plusieurs nouvelles j’ai beaucoup apprécié les ficelles scénaristiques, avec des fins parfois géniales, qui vous prennent à contre-pied et vous laissent sur le cul. On se fait mener en bateau,et pour de bon.

Le style est agréable,  poétique et sombre. J’apprécie le style de l’auteur, ce n’est pas nouveau. On est très vite pris dans l’histoire. Les personnages jouent aussi. Ils ne sont certes pas tous très développés, en effet, dans une nouvelle d’une vingtaine de pages, c’est assez dur. Mais ils sont attachants. Leurs histoires, souvent tristes, touchent le lecteur, et on se prend d’affection pour ces personnages qui n’ont pas toujours eu de chance. Ils sont proches de nous. Quelque soit leur age. On se retrouve dans cet adolescent qui décide de suivre sa voie, d’aller en fac, contre l’avis de ses parents, mais on se retrouve aussi dans ses enfants. On retourne à l’époque où on croyait aux monstres sous notre lit, où on croyait réellement que la route bougeait quand on ne la regardait pas.

C’est une des forces de ces nouvelles, elles nous parlent. Le monde des rêves, le passage de l’enfance à l’adolescence est particulièrement bien retranscrit. Les peurs, les doutes, l’incompréhension des adultes, on l’a tous vécu après tout.

Dreamworld de Sire CédricLe niveau est assez égal, flirtant avec le très très bon. Une seule nouvelle à mon avis se trouve être en deçà des autres, il s’agit de la dernière, Sangdragon.  Une histoire de Dragons, mais pas comme vous le pensez. Si aux premières lignes on peut croire à de l’Heroic Fantasy, ça n’en est pas. La cryptozoologie aurait pu être plus exploitée, et dans l’ensemble je pense que cette nouvelle souffre de son nombre de pages. De même Elfenblut qui est très intéressante (très Urban Fantasy d’ailleurs, j’oserais même le terme Bit-Lit car l’héroïne m’a fait pensé à Anita, non pas de tomates s’il vous plaît…) aurait mérité plus de pages.

Je vous propose de regarder de plus près quelques nouvelles qui m’ont particulierement plu :

Cauchemars

Cette nouvelle fait 70 pages, ce qui en fait la plus longue du receuil. On y suit un enfant aux yeux violets qui a la faculté de capter les rêves et de les peindre. En soit, j’ai trouvé la nouvelle  trop courte. Certains personnages, dont le policiers arrivent d’on ne sait où, et l’histoire prend parfois des raccourcis un peu trop rapides.

Ceci dit, cette nouvelle ressemble beaucoup au roman L’enfant des Cimetières sur de nombreux points : l’enfant étrange, le policier… Je pense donc qu’on pourrait voir cette nouvelle comme une première version du roman. Juste une impression, mais en tout cas, avec cette longue nouvelle, on se dit quand même que c’est dommage que les histoires de Sire Cédric ne soient pas plus longues.

Requiem

Cette nouvelle est probablement la plus poétique du recueil. On y suit l’ange du suicide et son histoire d’amour.  Quand je vous parlais de stéréotypes… Mais, c’est traité de telle manière, la romance entre l’ange et son élue est traitée avec tellement de romantisme, que je suis tombée sous le charme de cette nouvelle, de la sensualité, du sang, de la mort, bref, le cocktail ultime (haha, c’est le cas de le dire…).

Cross-Road

Il s’agit de la première nouvelle  et qui m’a laissé totalement sur les fesses à la fin. Peut être parce que je suis bon public. En tout cas, on suit deux enfants, qui croient à l’autre monde, celui des rêves, celui où les lapins ne meurent jamais. Onirique et étrange, cette nouvelle en est presque effrayante. A ne pas lire le soir. Cette nouvelle est d’ailleurs exempte de sexe et de violence, mais n’en est pas moins forte. C’est la claque en début de recueil, celle qui donne envie de dévorer le reste.

Bon, évidemment, les autres aussi sont bien, mais ces trois nouvelles m’ont particulièrement plues. Bon j’aurais aussi pu parler de Conscience qui m’a passionnée. Évidemment, vous vous doutez que je vous conseille très fort ce recueil. Plus accessible qu’un Angemort, tout aussi fort, des ficelles scénaristiques qui valent le coup, une prose riche et agréable.

Et puis, serieusement, un lapin nommé Burzum, ca vous suffit pas comme argument ?


Un chant de Noël de Charles Dickens

Serafina dans Critiques, Livres le 24 décembre 2009, avec 3 commentaires
Critiques

En ce 24 décembre, j’ai décidé de publier un article spécial Noël. C’est notre manière de fêter Noël sur if is Dead. Je vais donc vous parler du petit roman Un chant de Noel écrit par Charles Dickens en 1843. En VO on parle de A Christmas Carol, et en français, le roman a été traduit sous les titres Cantique de Noël ou Chanson de Noël, et sans doute d’autres encore. Ce roman est un grand classique de la littérature anglaise, et il est très populaire. On ne compte plus les adaptations au cinéma, au théâtre, à la télé de ce petit conte.  Et vous le savez, vu que vous avez du voir les affiches pour Le Drôle de Noël de Scrooge qui est sorti il y a peu au cinéma. Synopsis ?

Un Chant de Noël de Charles Dickens

Scrooge est un vieil avare. Il vit seul et méprise Noël. Jusqu’à ce qu’il reçoive la visite du fantôme de son ancien associé du moins. Scrooge va rencontrer trois fantômes qui vont le faire réfléchir sur lui même et l’amener à changer.

Bon, c’est un conte, et on ne peut pas dire que le suspens soit forcément au rendez vous. On connaît la fin dès le début, et de toute manière, il y a toutes les chances que vous connaissiez sans le savoir l’histoire de Scrooge vu les nombreuses adaptations. En tout cas, non, on ne lit pas ce conte pour le suspens.

Par contre, on le lit pour le style. Le style de Dickens, certes un peu daté, est absolument excellent. Des phrases à rallonge, mais des descriptions très vivantes. Et bien que le nombre de pages soit assez faible, les personnages ont du reliefs. Oui ils sont stéréotypés, mais ils sont en tout cas attachants. On s’attache à eux, et on ne peut s’empêcher d’avoir mal pour eux quand une mauvaise chose leur arrive. Mais ce n’est pas la seule chose que Dickens a réussi à parfaitement retranscrire :  l’ambiance du Londres Victorien à la veille de Noël est réaliste, on s’y croirait. On sent la joie dans les rues, et même l’odeur des oies qui cuisent chez le boulanger. C’est la magie de Noël, cette ambiance si particulière, qui est matérialisée sous nos yeux. Je me suis plongée dans l’histoire et je n’ai eu aucun mal à suivre l’histoire ni a m’en imprégner.

Un Chant de Noël de Charles Dickens

Dickens ne lésine pas sur les détails et c’est une véritable plongée dans les Noëls victoriens que nous lisons là. Évidemment, ça a un charme fou. Que cela soit le Noël Bourgeois ou le Noël du pauvre Bob, tous sont merveilleux et magiques.

Le roman est ancré dans son époque. Les coutumes victoriennes transparaissent, notamment dans le style. Dickens

utilise de nombreux sous-entendus pour exprimer certains sujet que la pudeur victorienne cherche à cacher. On ne dira pas qu’une femme attend un enfant, on nous dira juste qu’elle ne peut par son état pas jouer à Colin-Maillard. Mais plus que cela, le conte est une véritable dénonciation envers la société victorienne. On croise à plusieurs reprise des personnages pauvres, dans des conditions de vie aberrantes. Et Dickens trouve toujours à faire dire à un de ses personnages une remarque contre le gouvernement, qui crée les asiles pour les pauvres, ou qui veut interdire les boulangers le dimanche. C’est un conte engagé, véritablement, et je pense que cela explique en partie son impact.

Un Chant de Noël de Charles DickensOn sent dans tous les cas que Dickens sait de quoi il parlait et à de nombreuses reprises, on sent que c’est l’auteur lui même qui est mis en scène, notamment lors des scènes de jeunesse de Scrooge.

L’histoire est très moralisatrice. Cela pourra en gêner certains, mais moi j’ai trouvé cela normal. Après tout c’est un conte, il ne faut pas l’envisager comme n’importe quel roman. Ce n’est pas la même chose. La morale est prévisible, mais n’en est pas moins forte. La morale insiste sur ce qui fait l’esprit de Noël. En cela, utiliser un conte de Noël est d’après moi une excellente chose.

Une lecture que je vous conseille, mais à condition de la lire en décembre, le soir, en regardant la neige tomber. J’ai passé un excellent moment avec ce livre, et je vous le recommande.

Et puis Joyeux Noël à vous tous, ainsi qu’à vos proches !


Generation Kill est une mini série de HBO en 7 épisodes de 2008 basée sur le roman de Ewan Wright. Les gentils ricains sont de sortie pour protéger le monde, leur nouvelle cible ? L’Irak. On va donc suivre les premiers jours de l’invasion avec le First Recon Platoon, les gars les plus couillus de l’armée étasuniennes si tu les écoute divaguer. En plus de cela, ils font partie des premiers marines à être entrés sur le sol irakien de la guerre du golf de Bush junior.

Generation Kill

La série commence avant l’invasion dans un camp au Koweit où l’on va poser tout les personnages les plus importants de la série. On retrouve la plupart des archétypes de psychopathes qu’on s’attendait à rencontrer. Ça va du Marine dont c’est la première vraie mission et qui ne penses qu’à ajouter des bad guys à son tableau de chasse au lieutenant au grand sang-froid en passant par les officiers incompétents. A tout ce beau monde vient se greffer le scribe, un journaliste de Rolling Stones, qui n’est autre qu’Ewan Wright. C’est apparemment le héros dans le bouquin mais j’ai trouvé sa présence quasi anecdotique dans la série.

Les bidasses en folie vont se retrouver confrontés à tous les aléas d’une guerre déclenchée à l’arrache, par exemple, un seul traducteur pour le bataillon, un manque flagrant de ravitaillement ou encore un équipement totalement inadapté. Les tenues de camouflage type forêt dans le désert, ça craint un max, on se croirait presque au sein d’un bataillon français. La quête de gloire des officiers va mener notre bataillon dans des situations totalement irréalistes dans une guerre moderne. Réussir à se paumer avec toutes leurs cartes et leurs GPS ou demander des tirs d’artillerie quasiment sur leurs têtes est uniquement faisable grâce à leurs fabuleux officiers pistonnés qui ne connaissent rien à leur boulot. Je n’en dirais pas plus pour ne pas vous spoiler.

Alexander Skarsgard dans Generation Kill

Pour en revenir aux acteurs et personnages, hormis quelques uns aux caractéristiques physiques et à la voix clairement identifiables, j’avoue avoir eu assez de mal à les reconnaître vu qu’ils se trimballent en tenue de combat complètes avec casque. On s’y perd vu le nombre assez important de personnages dans le bataillon et je me suis servi de Wikipedia pour m’y retrouver pour faire la critique. A noter quand même des acteurs connus au casting comme Lee Tergesen (Oz) et Alexander Skarsgård (True Blood, meuh celui là c’est Serafina qui m’a forcé à le mettre). Des marines interprètent aussi leur propre rôle.

La série a été tournée dans le sud de l’Afrique et on s’y tromperait avec l’Irak. Après, niveau architecture irakienne, je m’y connais pas trop mais en tout cas ça colle à l’idée que je m’en faisais. La mise en scène se veut inspirée du style documentaire mais je ne trouve pas que l’objectif est rempli de ce coté là. C’est surtout dû au fait que la caméra est assez dynamique, les scènes d’action sont assez intenses même si elles ne sont pas trop nombreuses, ce qui peut paraître étonnant dans une série sur la guerre.

Generation Kill

Maintenant, le choc, il n’y a pas de musique. Au moins comme ça, elle n’est pas mise n’importe quand. Elle ne manque pas tant que ça d’ailleurs, les soldats se chargent de chanter (faux la plupart du temps) pour égayer leur séjour sur le front. Il s’agit de titres de 2003 et plutôt populaires, ne vous attendez même pas à les reconnaître si vous étiez pas dans la vibe à l’époque. Je n’ai pas grand chose à dire à propos des bruitages, parce que bon j’ai jamais entendu un M16 tirer pour de vrai, et vous ?

Je ne l’ai pas trop laissé transparaître dans mon texte mais j’ai regardé les épisodes à partir des DVDs from the UK. So, c’est tout dans la langue de Shakespeare, audio et sous-titres. Bon, je dirai plutôt dans un dérivé de la langue de Sharkespeare, car il faut avouer que ça n’y ressemble plus trop. Malgré le fait que la série soit passée sur la télé d’orange, il n’y a pas de coffret DVD français, donc les anglophobes sont mal sur ce coup là. Ça dénote encore une fois d’un manque d’intérêt des éditeurs mais en même temps si ça peut nous éviter des adaptations catastrophiques (cf les DVD français du Doctor Who)… Mais je m’égare. Il y a un gros paquet de jargon militaire dans la série et la plupart est expliqué dans le livret du coffret et c’est pas plus mal. Le livret est très agréable à regarder. En ce qui concerne les DVD en eux même les menus sont plutôt tristounets et un effort aurait pu être fait.

Generation Kill Platoon

J’ai beaucoup apprécié de regarder cette série. La série ne suit pas trop le schéma, Bang, bang, on va buter des méchants et on est les gentils et ne délivre pas un message si pro-américain et pro-militaire. C’est allé à l’encontre de ce à quoi je m’attendais et j’ai été agréablement surpris. J’ai enchainé les épisodes en deux soirées (alors que j’avais autre chose à faire). C’est donc une série que je conseille à condition que vous ne soyez pas anglophobes.

Note de dabYo: Vu que nous avons vu la série suite aux conseils d’illman, il faut quand même que je rajoute un petit quelque chose. La série, bien qu’américaine, est plutôt anti que pro. Elle fait surtout réfléchir à de nombreux moments, que ce soit en voyant ces marines balancés sans scrupule sous le feu ennemi pour une petite promotion, ou tout simplement la démesure de la guerre. Car notre bataillon ne va finalement avoir qu’un ou deux escarmouches dans toute sa progression sur le sol irakien, et la plupart du temps contre des soldats qui n’ont aucun armement. On est très proche de la série engagée contre la politique Bush, sans pour autant que cela devienne de la propagande. A de nombreuses reprises, le journaliste demande d’ailleurs ironiquement où sont les armes bactériologiques…


Alexandre d’Oliver Stone

dabYo dans Critiques, Films le 19 décembre 2009, avec 9 commentaires
Critiques

En lisant le livre de Javier Negrete sur l’un des personnages les plus importants de l’antiquité, Alexandre le Grand et les Aigles de Rome, mon amour pour l’époque est revenu. C’est ainsi que lorsque nous sommes tombés par hasard sur la diffusion du film Alexandre, sur France 5, nous avons cessé de zapper. Il est rare que nous regardions la télévision, mais comme l’on venait tout juste de remarquer qu’il y avait un cable d’antenne dans notre appartement, nous l’avons testé… Alexandre de Oliver Stone est un film qui a fait couler beaucoup d’encre, et dont j’avais aperçu des passages à la télé de nombreuses fois.

Alexandre d'Oliver Stone

Attention, Alexandre a presque l'air viril sur cette image.

Est il nécessaire de faire un synopsis ? Je ne pense pas. Nous suivons tout simplement des morceaux de la vie du macédonien, sans réelle structure narrative continue, mais plutôt par à coups. Cette histoire nous est présentée après coup par Ptolémée, l’un de ses principaux généraux. Nous voyons rapidement ses rapports avec son père Philippe, puis nous passons à son règne et sa longue conquête de l’Asie, en passant par l’Égypte et Babylone. C’est donc en plus d’un film historique, un film où il y a beaucoup de voyages, ainsi que de découvertes de très beaux paysages.

Car du paysage, on va en voir. Film à gros budget oblige, on a droit à de grandes vues en contre plongée sur les mondes que va conquérir Alexandre, avec du désert à foison, mais aussi de landes enneigées, ou bien la forêt luxuriante indienne. Bref, on en prend plein les mirettes comme on le fait si souvent avec ce genre de films, et la qualité des images était plutôt là. Les décors sont très bien rendus, et malgré l’utilisation d’effets spéciaux pour retranscrire les cités d’antan, à aucun moment l’image choque ou ne bloque. Babylonne est tout simplement superbe.

Alexandre Colin Farell

Il fait froid en Asie, du coup Alexandre met ses manches longues. Mais pour rien au monde il ne cacherait ses superbes jambes !

Le film met bien entendu l’accent sur l’action à de nombreux moments, mais pas au détriment de l’histoire. Je ne suis pas un expert mais il apparaît que celle d’Alexandre a été plus ou moins respectée, à quelques détails près, ce qui fait plaisir car il est toujours frustrant de se dire que ce que l’on pense avoir découvert en regardant le film, voir compris, est en fait faux. Du coup c’est une très bonne chose car comme je l’avais dis lors de ma critique du livre de Javier Negrete, j’ai toujours trouvé la période d’Alexandre trop occultée par les cours d’histoire.

Ceci dit, je reste perplexe sur la vertu d’apprentissage de l’histoire qu’a pu avoir le film auprès du public. Soyons honnête, Alexandre y est tout sauf le charismatique personnage que j’avais pu entrevoir dans Alexandre le Grand et les Aigles de Rome. Alors certes, le deuxième est une fiction alors que le premier tente de se rapprocher de la réalité historique. Cependant, il faut quand même avouer que Colin Farell nous fourni là un Alexandre pas du tout convainquant, proche du pathétique. Comment un leader d’une si grande armée, constituée de gens libres dans un pays où le roi est le quasi égal de ses généraux, aurait il pu garder le pouvoir ?

Colin Farell incarne un Alexandre qui est faible, qui n’a aucun charisme, et dont la seule occupation est de pleurnicher en public. Alors certes, le personnage ne devait pas être un héros sans faille. Oui, il était attiré par les hommes, mais de là à en faire un personnage dont le qualificatif le plus correspondant serait mauviette… ? Hm, non. Bref, pas étonnant que les grecques n’aient pas du tout aimé l’arrivée de ce film dans leurs salles obscures. Sa relation avec Hephaistion, joué par Jared Leto, est plus que surjouée, elle fait fausse.

Olympias Angelina Jolie

Le petit Nicolas entrain de se faire gronder par sa maman après avoir tué des fourmis. Oups, je me suis trompé d'article.

Il était cependant agréable de retrouver les mêmes personnages que le livre que j’avais lu, personnages qui ne sont pas du tout mis en avant et qui ne servent qu’à mettre en avant un Alexandre déplaisant et exaspérant. Etait-ce la réalité historique ? J’en doute, en tout cas bien que notre héros finisse par péter les plombs, l’ambiance de la fin du film m’a laissé perplexe. Cependant, si le film fait déjà plus de deux heures, elle aurait peut être mérité un peu plus de temps. Le seul personnage secondaire à ressortir est Olympias, la mère d’Alexandre, jouée par Angelina Jolie dont le profil et les habits la mettent superbement en valeur pour jouer la saleté.

Bref, à cet Alexandre raté il faut rajouter une musique que j’ai trouvé totalement hors contexte, et vous obtenez un film qui est finalement assez médiocre et plat. Ca se laisse voir, si vous n’avez rien d’autre à faire. D’un autre côté, il est tellement souvent passé à la télé que je doute que vous ne l’ayez pas déjà vu.


Or et Sang – Anthologie du Petit Caveau

Serafina dans Critiques, Livres le 17 décembre 2009, avec 9 commentaires
Critiques

Or et Sang est la première anthologie de la maison d’édition du Petit Caveau, qui est je vous le rappelle une maison d’édition spécialisée dans les créatures à dents longues tenu entre autres par Ambre Dubois que nous avions interviewée. Cette anthologie se compose de seize textes de longueurs variables pour un total de 260 pages. La plupart des auteurs sont des jeunes auteurs, c’est même pour certains leur première publication. La couverture est fort jolie, bien que l’impression ait un peu rougi les teintes jaunes comme la peau, mais dans l’ensemble, l’anthologie se présente bien et donne envie.

Anthologie Or et Sang

Au menu, 16 nouvelles par les auteurs suivants: Bettina Nordet, Gwenaelle Durand, Elodie Lemaire, Franck Ferric, Line D Rey, Henri Bé, Stéphane Soutoul, Lia Vilorë, Alazaïs Clénié, André Samie, Elie Darco, Aurélie Wellenstein, Cecile Duquenne, David Osmay, Audrey Herreman, Lucile Garrigoux.

Les seize textes ont leur propre personnalités, et le thème (Or et Sang) est traité sous toutes les coutures. On passe en effet de l’antiquité à notre époque avec un détour par le Moyen-Age ou la renaissance. Ces textes ont pour mérite d’être loin de la Bit-Lit, voire très très loin pour certaines nouvelles. On y retrouve des vampires, des vrais, qui mordent. Certains sont plus gentils que d’autres, mais nous sommes en présence de vampires comme on pouvait les attendre avant la déferlante Twilight.

Évidemment, les auteurs ne se sont pas privés pour ajouter leur petite touche à ces créatures de la nuit. Certains les voient comme pourvus de pouvoirs psychiques, d’autres feront le portrait des vampires tourmentés par la perte de leur âme. On notera notamment une hiérarchie de vampires assez intéressante : 5 Ombres au service du Maître, le premier Vampire dans la nouvelle de Gwenaelle Durant : Ombre et Or. Les genres sont plutôt variés. On passe d’un style série américaine policière avec la très bonne nouvelle de Lia Vilore à une nouvelle sombrement romantique et très émouvante avec celle de Stephane Soutoul, un des rédacteurs de notre confrèrele blog  Vampirisme que nous saluons au passages. Les ambiances ne sont pas en reste, car on voyage dans tous les continents, Amérique du Sud, Europe, Égypte sont présents dans l’anthologie.

Anthologie Or et Sang

Cependant je dois tout de même déplorer le nombre de nouvelles sur le même thème: l’alchimie et la civilisation Maya revenant quand même dans une bonne partie des nouvelles. On fini tout de même par un peu saturer de tomber toujours sur les mêmes ressorts. Surtout que évidemment les auteurs ont des visions parfois contradictoires, on se mélange un peu, on ne sait plus quel auteur a dit quoi, c’est dommage. De même on peut reprocher le manque d’héroïnes, car il n’y a quasiment que des hommes dans cet ouvrage. Certes, les héroïnes sont devenues systématiquement ou presque associées à la Bit-lit, mais quand même. Ambre Dubois a su montrer dans le Manoir des Immortels qu’on pouvait très bien écrire un roman avec pour héros une vampire. De même les vampires restent relativement classiques, et on a assez peu de relecture du mythe, quelques touches d’originalité par ci par là, mais rien de plus. C’est regrettable quelque part.

Bien que je ne compte pas faire une critique nouvelle par nouvelle, je vous propose de nous pencher sur certaines nouvelles qui m’ont marquées, en bien ou en mal:

Le sacrifice du Sang de Bettina Nordet

J’ai énormément souffert au début de cette anthologie, à cause du premier texte de Bettina Nordet, que j’ai trouvé assez mauvais. Bourré de stéréotype, télescope, et s’engonçant dans un romantisme mièvre. N’est pas Poppy Z Brite qui veut.  Heureusement la suite remonte largement la pente !

Le transformateur de Franck Ferric

Le transformateur de Franck Ferric touche à l’alchimie. L’introduction est pour le moins originale, et le style est évidement très bon. Ceci dit, ce n’est pas étonnant, vu que j’avais adoré son roman La loi du Désert. Aucun reproche à faire à cette nouvelle qui est pour moi l’une des meilleures du receuil. De nombreux details historiques sont là, le vieux Paris un peu crade est parfaitement décrit.

Confessions Nocturne de Stéphane Soutoul

Confessions Nocturne de Stéphane Soutoul est la nouvelle la plus romantique du recueil. Mais pas n’importe quel genre de romantisme. Un romantisme très sombre, triste aussi, qui a su parler à mes veines goths. Cette nouvelle est un bijou finement décrit, plein de poésie et de douceur. C’est la première fois que je lisais un écrit de cet auteur et sa nouvelle m’a totalement conquise. A noter qu’il publiera son premier roman aux éditions du Petit Caveau en juin 2010 et cela s’appellera Le mal en la demeure. Je compte bien le lire dès sa sortie.

La mine du Querns de David Osmay

La mine du Querns de David Osmay surprend de bout en bout. Une ambiance Western, l’époque des chercheurs d’or, déjà rien que cela c’est bon pour me plaire. Le style est agréable et la fin surprenante à souhait. J’ai beaucoup apprécié cette nouvelle qui m’a un peu fait penser à Riverdream de G.R.R. Martin, dans le très bon sens !

Impair et Manque de Aurélie Wellenstein

Je dois désormais citer Impair et Manque de Aurélie Wellenstein. En effet, cette nouvelle bourrée d’humour met en scène un vampire accro au jeu ! Une idée innovante et un traitement très efficace font de cette nouvelle un point fort de cette anthologie. Encore une auteur que je ne connaissais pas, mais que je ne manquerais pas de suivre !

Mercenaires, Larmes divines et Ex-petites amies rancunières de Lucile Garrigoux

Cette nouvelle est l’avant dernière du recueil. Et quelle nouvelle ! Anti-héros totalement barré, humour parfois plus que douteux, non-sens et folie douce, cette nouvelle m’a fait plusieurs fois éclater de rire. C’est léger, c’est frais et c’est absolument hilarant. Une nouvelle qui vaut son pesant d’or et c’est pas son héros qui me contredira.  Une vision très intéressante des vampires qui pulvérise tous les clichés.

Anthologie Or et SangVoila pour les points importants de cette anthologie, il y en a d’autre, mais qui m’ont moins plu tout en restant quand même tres bon.  Si ce n’est peut être pas la meilleure anthologie vampirique qui existe, cette anthologie permet de mettre sous le projecteur des auteurs francais prometteurs. On ne s’ennuie pas, et dans l’ensemble le niveau est bon. Cela se lit bien, et certaines nouvelles sont de vraies perles. Comme quoi, la France a plus de bons auteurs qu’on le croit ! Pour confirmer mes dires, je finirais par dire que 9 des 16 nouvelles ont été nominées au Prix Merlin, ce qui n’est pas rien. On y retrouve notamment celles de Soutoul, de Ferric, de Garrigoux mais aussi celle de Nordet bien que je ne l »ai pas du tout aimée. Comme quoi.

En tout cas, les trois précédentes que je viens de citer valent à elles seules le coup de se procurer l’anthologie !

maison d’

Homo Vampiris de Fabien Clavel

Serafina dans Critiques, Livres le 15 décembre 2009, avec 12 commentaires
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Homo Vampiris est un roman de Fabien Clavel qui est paru en août 2009 aux éditions Mnémos. Le vampire est à la mode, et on nous propose ici une œuvre française avec des vrais vampires, c’est a dire des vampires non végétariens et qui ne brillent pas au soleil (…). Bref du vrai de vrai, ceux qu’on aime. Mais avant d’aller plus loin un petit synospsis s’impose.

Homo Vampiris de Fabien Clavel

Nous sommes dans un 21ème siècle assez sombre. Les catastrophes se sont multipliées sur la planète et l’environnement a bien changé. Au milieu de cela, on suit plusieurs histoires entrecroisées : celle d’un patient qui s’est enfui d’une clinique assez particulière, celle d’une étudiante londonienne qui a soif d’un liquide rouge, et l’assassinat d’un éminent religieux musulman… Évidemment tout est lié, et fait partie d’une intrigue encore plus vaste que nous découvrirons petit à petit.

Homo Vampiris de Fabien ClavelNous sommes donc là face à un Thriller au traitement tout ce qu’il y a de plus classique. En effet, les codes du genre sont quasiment tous là: narrations alternées, sexe sulfureux, violence, gore, machinations politiques, mystère autour d’un des héros. Bref tout ce qu’on croise dans les Thrillers qui se vendent, les Da Vinci Code, les Evangiles selon Satan et même les Dracula l’Immortel . Il est quand même dommage qu’on n’arrive plus à faire de thriller sans utiliser ces codes éculés, tellement déjà-vus qu’ils en deviennent lassant. Quel est l’intérêt de faire un thriller à la française si c’est pour piller tous les stéréotypes du genre ? Après ça a du succès ce genre de narration, ça marche même plutôt bien, mais je prends plutôt ça pour un manque d’originalité quelque part. Ça doit faire une dizaine de livres que je lis cette année qui appliquent cette recette quasiment à la lettre, ça devient lassant…

Et c’est dommage. Car l’auteur à coté de cela fourmille de bonnes idées. Tout d’abord sa vision du vampirisme est très intéressante. Ils n’ont pas les caractéristiques qu’on leur prête généralement : ils ne dorment pas dans un cercueil, ils n’ont pas peur de l’ail, etc. De plus ils sont traités de manière médicale et biologique avec beaucoup d’innovation. Le vampire n’est plus une créature mystérieuse et maléfique,  la biologie peut l’expliquer. C’est passionnant et innovant. Certains autres auteurs avaient déjà envisagé cette voie, mais j’avoue avoir trouvé que Clavel est allé plus loin, plus précisément dans la nature intrinseque du vampirisme.

De plus, l’univers en lui même, la vision du futur est sombre et pourrait presque passée pour engagée, on n’est pas très loin des romans de SF post-apocalyptique qui font réfléchir et dénoncent les travers de l’humanité. Malheureusement, ce monde ne joue quasiment pas dans l’intrigue, et cela aurait pu se passer à notre époque que cela n’aurait rien changé. C’est regrettable car là aussi il y avait de bonnes idées, je pense notamment à la version de la Chine de l’auteur.

Fabien Clavel

Fabien Clavel

Oui, la Chine, car on voyage. De Londres à Pékin en passant par la Roumanie, on parcours le monde et ma foi, les ambiances sont vraiment bien rendues. Les voyage en trains à travers la Toundra nous ferait presque ressentir le  froid qui y règne (ou alors c’est juste que mes fenêtres laissent passer l’air, au choix). On voyage aussi dans le temps lors de flash backs expliquant le passé des personnages. On s’intéresse à des époques et des lieux assez peu fréquents dans les romans vampiriques. Vous en avez souvent lu vous des vampires qui complotent contre le Tsar ? Fallait oser quand même !

L’intrigue est assez complexe, presque trop. On est à plusieurs fois baladés. Si certains retournement de situations sont très prévisibles, d’autres m’ont plutôt carrément surprise. Bon, je ne suis même pas sure d’avoir totalement compris la fin, mais c’est une autre affaire. Le livre est assez court, deux cents cinquante pages, ce qui n’aide peut être pas. Je pense qu’une telle intrigue aurait mérité plus de pages. Cette densité rend les personnages un peu creux, et j’ai eu du mal à m’attacher à eux. De plus l’auteur se débarrasse un peu vite de certains.

Bref, Homo Vampiris est donc un roman dont je ne garderai sans doute pas grand souvenir et qui ne m’a pas spécialement plus en dépit de sa superbe couverture. Ca se lit vite, c’est plutôt haletant, avec plein de bons éléments mais le mode de narration trop stéréotypé et un certain manque de profondeur contrebalancent malheureusement ces bons points. En plus de cela, le livre est bourré de coquilles : fautes de grammaire, fautes de frappe au menu… Bizarre. Une chose à vérifier avant d’acheter donc, car les livres ont peut être déjà été remplacé en librairie.


Le coupeur de roseaux de Tanizaki Jun’ichirô

Serafina dans Critiques, Livres le 12 décembre 2009, avec 8 commentaires
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Le coupeur de roseaux est un court roman de Tanizaki Jun’ichirô. Cet auteur est apparemment célèbre au japon, vu qu’il a donné son nom à un prix littéraire. Cependant pour être honnête, je ne le connaissais pas, et je n’en avais jamais entendu parler. Je dois même dire que de moi même, je n’aurais jamais lu ce livre, car il est a des lieues de mes habitudes littéraires. Et puis, un de mes camarades de classe m’a prêté le bouquin, et du coup, je l’ai lu.

Le Coupeur de Roseaux

Je ne vous ferais pas de synopsis, tout simplement car ce livre s’en passe totalement. Ou alors je devrais vous raconter trop loin dans l’histoire, qui ne fait que 100 pages, donc.. Sachez juste que c’est un homme qui se balade et qui rencontre quelqu’un.

Dit comme cela, ça ne vous donne pas envie et je vous comprend. Mais c’est un livre a lire plus pour le style et l’ambiance que pour l’histoire, bien que celle ci au final se révèle aussi très intéressante. Le style est très japonais, c’est a dire, très poétique, économe tout en étant extrêmement raffiné. Je ne saurais vous le dire que de manière bien maladroite. Mais des les premières pages on est emmené dans un univers poétique, doux, un peu contemplatif, on assiste a une promenade dans un milieu ou la moindre goutte de rosée devient un cadeau de la nature, une offrande.

Tanizaki Jun'ichirô

Tanizaki Jun'ichirô

Le raffinement est poussé et le livre pourrait être qualifié de gracieux. Le style de l’auteur est assez direct, mais on sent qu’il est réfléchit et recherché. Un peu comme ces haikus qui ne se composent que de trois petites phrases mais qui ont été conçus avec  méthode et précision. De ce fait le style de l’auteur permet directement de s’immerger et de prendre le rythme. Car en effet bien que très court, ce n’est pas un roman qu’on « torche », comme on torcherait un Nothomb. Non, chaque paragraphe se lit avec attention, pour comprendre tout ce qu’il sous entend.

La description du paysage japonais, mais aussi des coutumes japonaises, est proprement fascinant . Un véritable univers d’élégance, mais aussi de contraintes. La mise en relief de l’impuissance humaine est traitée de manière très douce mais cependant sans complaisance.. Les personnages ne sont pas très nombreux mais ont tous leur beauté et en quelque sorte une grâce indiscutable. Oui je sais Grâce est un qualificatif qui revient un peu souvent.

Je ne ferais qu’un seul (léger) reproche a cette lecture. L’auteur fait fréquemment référence a des écrits nippons, ou des poèmes. Du coup, pendant la première partie, on est un peu perdu, car ces écrits, s’il font peut être partie du bagage traditionnel japonais, sont totalement inconnus par le grand public français dont je fais partie. J’ai de ce fait probablement loupé des choses et c’est un peu dommage. J’ai regretté de ne pas avoir en appendice des références pour les textes évoqués.

Le Coupeur de RoseauxCe livre c’est un petit bout de paix et de sérénité dans un cadre ciselé. C’est un roman qui vous emporte, qui vous fait ressentir cette beauté , cet état contemplatif si cher au japon.  Certains avis font état de première partie douloureuses. C’est vrai que le livre se découpe en deux parties, une première qui est la promenade à proprement parler, et la deuxième qui est une histoire dans l’histoire,  inspirée d’un conte. Il se trouve que j’ai apprécié la première partie, qui est cependant, je le conçois peut être indigeste pour certains car frustrante. En effet de nombreuses références sont présentes et  il y’a des moments ou je n’étais moi même pas sure de tout comprendre.

Cependant, la deuxième partie est purement fascinante.Les personnages sont très spéciaux, et outre le raffinement, il y’a un petit coté malsain qui n’est pas pour me déplaire. On a l’impression d’évoluer dans un rêve à la frontière du glauque par moments. L’histoire est plus profonde qu’elle n’y parait et l’ambiance est telle que je n’ai pas pu décrocher dès que j’ai commencé.

Cependant, tous sont unanimes pour saluer la deuxième partie, alors je ne peux que vous conseiller de persévérer si vous n’accrochez  pas au début. Le roman est très petit et coûte très peu cher (2€) c’est pour cela que je ne peux que vous conseiller de vous le procurer, car c’est absolument indescriptible.


Twilight Chapitre 2: Tentation de Chris Weitz

Serafina dans Critiques, Films le 10 décembre 2009, avec 21 commentaires
Critiques

Dans la vie, il y a des événements qu’on ne peut pas manquer. Et surtout quand on tient un blog littéraire dont beaucoup de requêtes concernent chaque jour Twilight. L’un de ces événements, c’est la sortie du deuxième tome adapté de cette saga au cinéma. Le livre en francais s’appelle Hésitation et je vous en avais déja parlé il y a plus d’un an maintenant. C’est même le tome que j’ai préféré de la saga (mais ca veut pas dire qu’il est bien, hein, faut pas pousser non plus). Du coup, quand New Moon est sorti au cinéma, je me suis dit que ça serait peut être mieux que Twilight Chapitre 1 (je ne sais pas pourquoi ils ont appelé le premier film comme ça…). Synopsis ?

Bella dans New Moon, Twilight Chapitre 2

Légende totalement inutile, mais je trouvais l'image fun

Donc New Moon, enfin, Twilight Chapitre 2: Tentation, c’est quoi l’histoire ? Eh bien Bella a un copain, même que c’est plutôt un super copain, que c’est un -super- vampire et qu’il est trop beau. Enfin, après être passé à la maquilleuse et à Photoshop, entendons nous bien. Sauf que vampirou, bah il laisse Bella, parce que leur amour il est impossible, qu’il lui fait du mal, qu’elle est pas en sécurité avec un buveur de sang, tout ça, tout ça. Bref, c’est dramatique et c’est à ce moment que commence le suspens: que va faire Bella ? Alors Bella déprime d’abord, et puis elle va pleurer sur l’épaule de Jacob, son grand ami du premier épisode. Ça ne vous dit rien ? Hmm, l’indien torse nu de l’affiche ça vous parle peut être plus ?

Cet opus se centre donc surtout sur le début du trio amoureux qui s’étendra dans les prochains tomes. Ça serait trop facile s’il n’y en avait pas, puisque Bella n’aurait qu’à sortir avec Edward, et puis c’est fini. Sauf que non. Évidement, ce genre de trio ça plaît à la jeune fille de base, celle qui se trémousse dans la salle, oui oui, juste à votre droite. Qui d’ailleurs est particulièrement gâtée dans ce film. Les scènes entre Edward et Bella sont parfaites pour faire soupirer d’envie la donzelle. Je ne parlerais même pas des prétextes pour montrer des mecs torse nu. « Oh, Bella, tu as une goûte de sang sur ton front ? Oh mais je te donne mon t-shirt, comme ça, tu peux t’essuyer avec, et moi je vais aller face à la caméra, pour pas qu’on voit ton sang, tu comprends » « oh Jacooooob » « Kthxbye » .  La densité de torse nu par minute de film a augmenté de manière exponentielle. Et comme celui d’Edward est pas assez sexy visiblement, on en a profité pour en rajouter d’autres. Du coup, tout le long du film, va nous gratifier de sa moue qui exprime le désir, du genre hmmmm… Ou alors hmmm… Vous ne voyez pas la différence ? Mais si, il y a un m en moins !

Jacob torse nu New Moon Twilight

Pas d'gros bras pas d'chocolat ok ?

Mais alors, ça arrive quand ce qui est présenté dans la bande d’annonce ? Le combat d’Edward avec des vampires trop forts, Jacob qui se transforme en loup garou pour défendre Bella, tussa tussa ? Eh bien, c’est là que ça devient drôle: en fait, si l’on enlève au film les scènes de la bande d’annonce, alors qu’est ce qu’on a ? Eh bien, le vide. Le néant, des minutes et des minutes où Bella déprime, et où, au mieux, elle va au cinéma pour voir un film d’action. Au pire, elle monte une moto avec Jacob. Voilà, c’est tout. Vous avez vu la bande d’annonce ? Vous avez tout vu.

A cela, on doit ajouter les critiques que l’on avait déjà fait pour le premier. Le tome a une dimension assez dramatique, avec une Bella abandonnée et totalement déprimée. Le problème, c’est que pour rendre un sentiment aussi intime qu’une dépression, faut quand même être sacrément bonne actrice et être appuyée par une bonne mise en scène. La mise en scène est pas mal à ce niveau, avec de bonnes idées et notamment la caméra qui tourne autour de Bella pendant que les mois passent. Mais pas assez exploitées, et surtout beaucoup trop rapides. Quant à l’actrice, elle n’a pas la carrure nécessaire pour jouer ça de manière crédible, c’est très surfait. Être assise sur une chaise pendant des mois, ouais, mais ça suffit pas pour autant.

Jacob et Bella dans New Moon

La seule chose que l'actrice sait bien jouer, c'est le désir. On dirait qu'elle a envie de sauter sur tous les torses nus du film, et dieu sait qu'il y'en a. Bon, là, par contre, elle a décidé de mimer l'actrice qui se lave les mains...

Surfait, c’est le mot parfait pour enchaîner sur le visuel du film. Comme d’habitude, ils n’y ont pas été de main morte avec le maquillage. Le pinceau ? C’est démodé, maintenant, c’est la truelle ! Le pire étant les vampires. Alors, bon certes, il faut leur blanchir la peau, et les rendre surnaturel, ah oui, ça, c’est réussi. Entre les perruques ultra voyantes, l’abus de craie on n’y crois pas une seule seconde. Sans parler évidemment des lentilles de couleur pour les Volturi. C’est pire que les sharingan des cosplays sasukette à la Japan Expo pour vous donner une idée quand même. Parlant des Volturi, ils sont clairement sous exploités encore plus que dans les livres.  La scène de tribunal est parfaitement sur jouée, j’ose espérer que c’était volontaire… Du coup on se repose la question: Bill de Tokio Hotel n’aurait il pas convenu ?

Les effets spéciaux sont moins pire que dans le premier, du moins en ce qui concerne les vampires, et ce pour une simple et bonne raison: ils n’apparaissent pas pendant la moitié du film ! Pour compenser, nous avons droit aux loups garou, et il faut avouer que le studio y a mis un paquet d’argent. Sauf qu’ils ont dû engager des animateurs qui préféraient investir dans la pause café. La modélisation des loups, et ne parlons même pas de leur transformation, est tout simplement affreuse. Je ne sais pas si j’ai déjà vu des loups garou potables dans un film, mais c’est pas New Moon qui changera la donne.

Demande en mariage d'Edward à Bella

Qui aurait cru que je puisse vous mettre l'une des dernières images du films sans vous spoiler ? Merci les sous titres illégaux !

Comme dans le premier épisode, on a le droit à la toute fin -genre les 10 dernières minutes- à de l’action. Du coup, on se retrouve une nouvelle fois avec des courses de voitures super classe pour on ne sait quelle raison. Hop, en dix minutes Bella fait le tour du monde, prend une corvette (?) et sauve le monde sauve quelqu’un. Je ne vous dirai pas qui, je vais quand même pas vous le dire, la bande d’annonce le fait si bien ! Sauf que voilà, encore une fois l’action est insérée à coup de marteau piqueur. On voit rien venir, et surtout, ça n’a strictement aucun intérêt. Exactement comme lorsqu’un des méchants du premier épisode revient embêter Bella: sans intérêt.

Bref, du coup, que penser de New Moon ? Le deuxième épisode a réussi à faire plus fort que le premier, non seulement il est aussi nul, mais en plus, il est moins drôle. Du coup, nous ne vous conseillons vraiment pas de le voir. Mieux vaut se refaire le premier en version québécoise (on l’a récemment fait: génial), ou alors avec des sous titres russes traduits automatiquement en français. Bref au final, on se quitte sur une citation d’un grand homme, aux côtés duquel je marchais dans la rue le jour divin (comprendre: celui de la sortie du film):

« Nan t’inquiète, j’ai pris un jour de congé aujourd’hui pour aller le voir avant toutes ces lycéennes en chaleur. Et sinon, t’as vu la bande d’annonce avec la voix de Jacob ? »