Le Temps des Grandes Chasses de Jean-Pierre Andrevon

Serafina dans Critiques, Livres le 30 septembre 2009, avec aucun commentaire
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Le Temps des Grandes Chasses fait partie du recueil Très loin de la Terre édité par Bragelonne très récemment, et faisant partie de la collection Tresors de la SF. Cette collection propose des recueils ou des intégrales de SF, souvent pas forcement connus du grand public mais dotés d’un intérêt pour tout fan de SF qui se respecte. C’est ainsi que ici vous pourrez avoir trois romans pour 25€ ce qui est tout à fait raisonnable pour la rééditions de livres qui sont désormais introuvables dans le commerce séparément. Et accessoirement, vous pourrez découvrir Jean-Pierre Andrevon, auteur prolifique.

Très loin de la Terre

Le roman donc nous parlerons ici a lui été publié précédemment en 1973 aux éditions Denoel. Le recueil regroupe aussi deux autres histoires de l’auteur dont nous vous parlerons peu après. Nous avons choisi de faire un article par roman, et le premier d’entre eux est un Space Opera, synospsis s’il vous plaît.

Nous suivons Roll et sa tribu. Ces derniers sont des hommes comme vous et moi, a un petit détail près puisque la civilisation semble avoir disparu, et la nature a logiquement repris ses droits. Le Clan des Hommes comme il l’appelle réparti son temps entre les travaux de la terre et la chasse, chacun ayant un rôle. Le métal est devenu un matériel des plus précieux, et ils vivent dans l’ensemble comme à la préhistoire que nous connaissons, l’écriture y était perdue d’ailleurs. Tout va bien dans cette petite vie, jusqu’à ce que débarquent les chasseurs brillants. Des êtres étranges qui volent dans des oiseaux de métal.

Vous vous doutez bien que cela ne va pas se passer tout seul et que Roll et les siens vont vivre bien des aventures.  Le livre est scindé en quatre parties qui permettent un balisage et un découpage aisé du récit.  Le monde de Roll est passionnant. Leurs coutumes sont bien décrites, l’entrée dans le Clan se fait de manière très naturelle et tente peu à peu d’essayer de comprendre ce qu’il a pu se passer pour en arriver là. Les membres de ce clan sont attachants, simples mais très sympathiques à leur manière. On voit avec plaisir ces derniers marcher sur des ruines de notre civilisation (bunker, plaque de métal.. etc). Tous ces petits clins d’œil nous permettent petit à petit de nous faire une idée des événements qui ont poussé à la fin de la civilisation.

Le Temps des Grandes Chasses de Jean Pierre Andrevon

Ancienne édition, bien moins sexy

Les chasseurs brillants, décrits au tout départ comme des bêtes, prennent du relief au fur et à mesure qu’on apprend à les connaître. Ils nous montrent eux aussi un futur possible de l’humanité, et il est dur de savoir lequel on préférerait. A ce niveau, le roman a beau avoir près de 40 ans, il n’est absolument pas daté, ni au niveau technologique, ni au niveau dénonciation. Au final l’humanité n’a pas tant changé que cela et ce sont les mêmes dangers qui nous menacent. Il s’agit en effet de SF dans la plus pure tradition de la SF, à savoir, un gros fond de critique de la société, de technologie, de dénonciation, et de quoi se mettre à réfléchir.

Bref, le côté engagé de la SF, qu’elle a toujours eu quoi qu’on en dise.  C’est sans doute moins accessible qu’un Bordage car le côté aventure humaine est moins présent, mais il s’agit tout de même pas du pire à ce niveau. Le livre n’est d’ailleurs pas si manichéen qu’il peut y paraître au premier abord. Et heureusement, car le problème est plus profond qu’un simple Nature VS Civilisation. Les chasseurs brillants vont évoluer et au final on se demandera qui a raison de qui a tort. Personne probablement de toute manière.

Le style est agréable, recherché, sans répétition: Andrevon manie très bien sa langue (et oui, c’est un français !), certaines phrases sont absolument superbes et c’est pourtant rare que je le dise. De même la construction sert régulièrement son récit et de façon ingénieuse. Longues phrases de descriptions, alors que pour les scènes d’action, ou de basculement les phrases courtes et entrecoupées seront la règle. Le livre est agréable à lire et se lit de manière relativement rapide.

Un bon début pour ce recueil en tout cas. Les romans suivant  sont La guerre des Gruulls et Le dieu de Lumière qui datent eux aussi des années 1970.


Warriors Orochi 2 sur PlayStation Portable

aka oni dans Critiques, Jeu Vidéo le 29 septembre 2009, avec 1 commentaire
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En cette rentrée 2009, plusieurs jeux de PSP méritant le coup d’œil sont sortis en même temps (alors que les possesseurs de la machine sont bien habitués aux traversées du désert, mais passons) : Dissidia, bien sûr, mais aussi Soul Calibur, et celui dont je vais vous parler, Warriors Orochi 2. Pour les néophytes, sachez qu’il s’agit d’un Beat’em All de masse. Suite directe du premier opus, bon succès mais honni par les critiques tant il faisait du fan-service, j’avais pour ma part apprécié les batailles dantesques et les centaines d’ennemis qui volaient de tous les côtés. Le scénario, inexistant et grotesque, n’était, et n’est toujours, qu’un prétexte pour réunir les deux grosses têtes d’affiche de Koei.

Warriors Orochi 2

Dans le premier du nom, le roi Serpent Orochi manipulait le temps et l’espace pour réunir les guerriers de Samurai Warriors (période Sengoku, Japon, XV au XVIIe siècle) et les guerriers de Dynasty Warriors (époque des Trois Royaumes, Chine, IIIe siècle environ après J-C.). Dans le deux, il ressuscite et encore une fois, on va devoir le renvoyer pleurer sur ses écailles. On n’attendait rien du scénario, on est servi, et en avant pour de nouvelles bastons, et aussi mettre en lumière quelques personnages un peu oubliés dans le premier opus.

Niveau graphismes, pour commencer,  je trouve un peu exagéré que Koei se permette de proposer les mêmes que dans le premier opus ; DW Strikeforce nous avait prouvé que les décors pouvaient être beaux, et rien n’est fait sur les sinistres environnements d’Orochi 2…  Prétexte pour recycler des cartes du premier, d’ailleurs, les nouvelles cartes n’étant qu’une minorité peu visible. Bien sûr, ça se déroule dans le même monde, mais quand même… Les personnages aussi n’ont pas été retouchés d’un seul pouce, et quoiqu’ils soient globalement honorablement rendus, un peu de lissage n’aurait pas été de trop.

Screen de Warriors Orochi 2

Bonne surprise par contre, de nouveaux personnages, et un nombre total plutôt impressionnant: 96, dont Sun Wukong, qui n’est autre que… le Roi des Singes, pour ceux qui connaissent, ou encore Yoshitsune no Minamoto, samouraï légendaire du XIIe siècle. Mais les anciens ne changent pas d’un pouce. Mêmes coups, mêmes combos, même répartition des guerriers entre trois types (vitesse, puissance, technique), mêmes armes, mêmes effets secondaires à ajouter aux armes… Niveau chara-design, on en revient heureusement aux designs des anciens Dynasty Warriors. Adieu donc aux voilettes de Zhang He et au khôl aux yeux de Lu Bu, mais si certains veulent s’abimer les yeux, on peut débloquer les nouveaux costumes en entraînant son personnage. Pas de fâché de ce côté, donc.

Enfin, signalons que les cut-scènes sont à présent animées, contrairement aux « images par images » énervantes du premier volet de la série, et qu’il existe un nombre respectable de cinématiques à débloquer, cinématiques plutôt réussies mais que Koei aurait pu sans problème rendre plus jolies. Néanmoins, ce dernier point reste positif. Signalons au passage que tout comme Strikeforce ou Monster Hunter Freedom Unite, le jeu propose d’installer des données sur memory stick et par là de réduire considérablement le temps de chargement. Bon point également.

Motochika de Warriors Orochi 2

Parlons maintenant de la durée de vie et des nouveautés. Certes, on a maintenant des quêtes secondaires à l’intérieur des missions pour trouver des trésors, permettant à leur tour d’apporter encore plus d’améliorations aux armes (améliorations plutôt inutiles, au passage), mais on perd la « chasse aux trésors par personnage« , qui permettait de débloquer les images bonus, donc en fin de compte, on y perd, puisque là où l’on devait trouver environ 80 trésors, on en a maintenant facilement deux fois moins à acquérir. Les cinq campagnes font toujours 8 batailles chacune, pas de changement, ce qui est dommage, on aurait aimé une histoire un peu plus développée, une ou deux missions de plus par campagne… Certes, on trouve le mode rêve, permettant de jouer pas moins d’une quarantaine d’historiettes et de scénarios, mettant en scène des alliances originales que l’histoire ne permet pas, mais on perd les missions bonus Gaiden en mode histoire qui permettaient de déverrouiller certains personnages ! Pour chaque ajout, Koei a viré autre chose… Assez frustrant…

Signalons tout de même l’anecdotique mode V.S., qui permet à des personnages de s’affronter façon Tekken, et même un pseudo-Mario Kart à cheval, à la maniabilité particulièrement mal foutue, mais bon, c’est du mini-jeu bonus, et ça détend entre deux hécatombes de fantassins.

La bande-son reste semblable, musiques d’ambiance, bruitages corrects, un peu plus de doublages que le précédent opus n’en proposait, et ceux-ci sont de bonne facture, même si remplacer les phrases de victoire, inchangées, n’aurait pas été malvenu. On remarquera au passage deux ou trois grosses erreurs de traduction (eventually traduit par éventuellement, etc…), mais assez rares, donc pas vraiment de problème ici. Les voix japonaises sont par ailleurs disponibles, ce qui est toujours agréable. Quelques traits d’humour dans certains passages du jeu et lors de certaines rencontres ont été ajoutés, ainsi que quelques clins d’œil à la véritable histoire de ces personnages.

Screen de Warriors Orochi 2

Au final, la durée de vie est un peu rallongée, surtout par l’ajout de la campagne d’Orochi (qui se déroule en fait avant le 1, une sorte de préquelle… Intéressant mais on aurait préféré cette campagne dans le 1 et commander Orochi dans le 2 au moment du 2…), mais on ne peut pas s’empêcher de se retrouver un peu floué, comme si l’on avait acheté une sorte d’add-on plutôt qu’une véritable suite. Bien sûr, le pseudo-scénario visant à réunir des personnages de différentes époques réussit toujours aussi bien sa tâche, et il est plutôt jouissif de voir certaines figures se rencontrer,  tout comme dans le 1, où l’on voyait Lu Bu combattre Tadakatsu Honda, ou Zhao Yun lutter avec Sanada Yukimura… Le plaisir de combattre est d’envoyer à terre trente ennemis d’une seule attaque est toujours là, les mêlées sont toujours démentielles, mais est-ce que cela vaut vraiment 40 euros ?

Il est vrai que le but affiché de Koei depuis le premier opus est de se faire une montagne de profit sur la franchise Warriors Orochi, ce qui par ailleurs vaut au jeu la haine des testeurs (ceci étant, je n’ai jamais eu aucun problème de caméra sur ce jeu et environ deux ou trois secondes de ralentissement sur plusieurs centaines d’heures de jeu, donc ils ne sont pas de la meilleure foi…), et si les fans se contenteront sans problème des ajouts et du nouvel opus, il est vrai que ceux qui ne sont pas mordus, s’ils auront un jeu sympathique entre les mains, ne pourront pas se débarrasser d’un arrière goût un peu amer de s’être fait refiler une belle resucée du premier…


Mortel corps à corps de Charlaine Harris

Serafina dans Critiques, Livres le 27 septembre 2009, avec 6 commentaires
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Vous n’êtes pas sans savoir que j’ai lu il y a peu les deux premiers tomes de la Communauté du Sud : Quand le danger rôde et Disparition à Dallas. Ces deux romans m’avaient laissé une impression assez mitigée. C’est pour cela que j’ai donc commencé la lecture du troisième tome, histoire de savoir si ça allait pencher du bon coté ou du mauvais.  En effet J’ai Lu vient de republier les tomes 3 et 4. S’ils ont essayé de garder des couvertures dans le style de la série, ce n’est pas au même niveau que celles des deux premiers, et c’est bien dommage…  Ceci dit, au moins il y a de l’unité, et même sur la tranche, ce qui n’est pas courant, et c’est à noter. Enfin, synopsis de ce Mortel corps à corps voulez vous.

Mortel Corps à Corps de Charlaine Harris

Entre Bill et Sookie, ça ne va plus très fort, ce dernier passant tout son temps sur son PC ! Enfin, jusqu’au jour où il se fait la malle. Eric aprend à Sookie que Bill doit être retenu prisonnier, et évidemment, c’est Sookie qui va aller le délivrer. Ouais bon, ça tient sur une peau de chagrin mon résumé. Je dois aussi ajouter que évidemment, Sookie va être accompagnée par un loup-garou ultra seksy, qu’elle va fricoter du Eric tout en se lamentant sur Billou qui ne l’aime plus. Ouais, youpi c’est la fiesta !

Mortel Corps à Corps de Charlaine HarrisL’intrigue, comme pour les deux précédents tomes mérite son qualificatif de légère. Traitée en dépit du bon sens, évidemment Sookie est toujours au bon endroit au bon moment, évidemment elle tombe tout de suite sur pile la bonne personne qui peut l’aider, bref, en plus d’être prévisible, ça ne va pas chercher bien loin. La plupart des défauts qu’on pouvait reprocher aux autres tomes sont encore bien présents. En effet, niveau personnages secondaires c’est un peu le vide intersidéral.

Bill est absent les 3/4 du bouquin, et quand il revient c’est pour réagir d’une manière qui ne colle pas vraiment à ce qu’on connaissait. Eric est le seul à avoir un brin de consistance, je le soupçonne d’ailleurs d’être le personnage préféré de l’auteur, parce qu’il est toujours là, mais toujours, surtout quand il n’a rien à y faire, à part servir d’excuse à une joute verbale animée de pulsions sexuelles entre lui et Sookie. Bon j’aime aussi beaucoup Eric, mais il y a des limites, même pour une fangrill. Je ne parlerais pas des gens de Bon Temps vu qu’on y passe trois pages, le loup garou se contente d’avoir un beau fessier, et Lorena, que vous connaissez si vous avez vu la série, n’est qu’une coquille vide.

Mortel Corps à Corps de Charlaine HarrisBref, on est loin de la palette de personnages d’Anita Blake. Qui avaient tous du relief (ou presque). La relation Eric/Sookie fait méchamment penser entre celle d’Anita et de Jean-Claude, et je doute que cela soit fortuit.

Contrairement à ce que le tome 2 aurait pu laisser penser, on n’apprend pas grand chose de plus sur le monde, enfin, à part un ou deux details, réellement rien d’important. Le monde n’est pas plus exploité que cela, et ce n’est qu’une excuse pour entourer Sookie de beaux gosses qui evidemment sont tous attirés par elle. Et c’est là où ça devient réellement génant. A plusieurs reprises, j’ai eu l’impression de lire les fantasmes de l’auteur quoi. On comprend pourquoi la serie est publiée dans la collection Romans a l’eau de rose de J’ai Lu, car c’est ça en fait, c’est surtout de la Romance, mièvre, et plutôt pas du tout réaliste et évidemment beaucoup trop sexuelle. Je veux dire, ca y est maintenant que Sookie a gouté aux plaisirs de la chaire elle veut sauter sur tout ce qui bouge, hmm ouais.

Bref, de la très mauvaise Bit Lit.


A l’automne il y en a qui attendent le Beaujolais nouveau, ou le Touraine primeur. Ici on attend plutôt le nouvel Epica. Je ne vous ferais pas l’affront de vous présenter ce groupe de Métal Symphonique originaire des Pays-Bas. Toujours est il que la formation va sortir un nouvel album, nommé Design Your Universe mi-octobre. Et avant tout album, évidemment, le single… Et et le clip !

On se souvient de la relative déception que fut Never Enough, certes accessible mais un brin soupe et un clip un peu too much. Unleashed suivrait-il cette voie ? Et bien la réponse est : non. Bon, ok niveau clip, niveau histoire, ça reste du Epica, c’est à dire un peu space quand même, je ne suis pas fane des histoires racontées en parallèle de la musique. Mais c’est bien tourné, pas ou peu d’effets spéciaux, c’est filmé de manière assez neutre, et Simone Simons est même sacrément flippante par moment (et j’adore quand on la voit dans le miroir).

Quand au morceau lui même , il est suffisamment lent pour être passé en radio (bah oui c’est un single quand même) mais le début et le pont avec les chœurs sont purement géniaux. Le morceau est assez long, n’a rien de pop et les choeurs sont justes whoaaaah. Comment ça je me répète ? On ressent aussi l’influence des deux nouveaux membres du groupe (Arien le batteur et Isaac à la deuxième guitare). Pas de grunts, c’est un single, mais en tout cas cela n’augure que du bon pour le prochain album…

J’en profite pour ajouter que Resign to Surrender (A new age Dawn part IV) est disponible en écoute sur le Myspace de Nuclear Blast europe ! Du grunt, du riff, du chœur cette fois !

Moi qui disait hier en attendre plus pour savoir si on allait ou non les voir à Paris. Je pense que le choix est fait maintenant. Hahah comme j’ai hate !


Level 01: Le Dieu de la Drague est sorti le 23 septembre dernier, tout récemment donc. Il s’agit du premier tome de la série Geek & Girly, mais aussi de la première parution de la collection Strawberry, une collection Soleil. C’est ainsi qu’on se trouve avec une couverture souple et un format assez proche du manga, bien loin des stéréotypes de la BD françaises. Les pages sont glacées et colorées et tournent vers la centaine. Il s’agit d’une collection assez orienté filles, comme le montre bien le coté rose de la couverture. Enfin, ça ne m’a pas empêché de le lire, pour la simple et bonne raison que le pseudo de la dessinatrice suffisait à me donner envie. Oui parce que Nephyla (aussi connue sous le pseudo de La Petite Araignée) fait partie de ces dessinatrices que je suis depuis des années, et que j’admire depus tout aussi longtemps. C’est cependant Rutile qui est au scénario. Synopsis !

Geek & Girly de Nephyla et Rutine

Quentin est genre play-boy, dragueur, sur de lui dans ses belles fringues griffées techtonik. Jusqu’au jour où il tombe dans l’emprise du jeu. Du jeu-vidéo, et même pour être exact d’un jeu de drague virtuelle. Autour de lui, il y a Mathilde, une geek et Baptiste un snobinard genre premier de la classe. Sur fond de jeu virtuel, on suit donc les péripéties de Quentin et ses rapports avec Mathilde, qui commencent évidemment par le pur dédain, ou intérêt, genre elle peut faire ses devoirs de physique.

Geek & Girly Level 01La première chose qu’on remarque, c’est le trait. Nephyla ne fait pas partie de mes illustratrices préférées pour rien. Ses dessins sont beaux, stylés, variés. Son univers graphique est très doux et très expressif. C’est des teintes assez pastelles souvent, un line très clair, des pages entièrement colorées. Le découpage est dynamique et léger. Les plans variés, les perspectives sont diversifiées. Bref, je pourrais vous en tartiner des pages, mais en substance sachez que c’est superbe et que c’est très dynamique.

Le scénario est le point qui est le plus délicat à traiter dans cet article. D’un coté, l’idée est très sympathique, il y a de très bonnes répliques et des bons traits d’humours. Évidemment, beaucoup de blagues tournent autour de Mathilde la « geek« . On a donc droit à des « quand je te vois mon cœur bug tellement que je dois le rebooter » et autres joyeusetés. Les looks de mathilde sont aussi parfaitement géniaux entre le T-shirt BSOD et le I see dead Pixels il y a de quoi faire. La BD est d’ailleurs bourrées de références à des classiques généralement appréciés par les geeks, on pense à Cthulhu (pas le chat, hein) ou à Dune.

Mais, et là y’a un gros mais… La BD semble entretenir cette espece de mode comme quoi être geek c’est jouer à la DS et coder du HTML. Alors oui, ce ne sont que des details. Mais voir Mathilde supposément en train de coder, et voir du code genre code HTML, ou la voir emprunter à la bibliotheque un bouquin sur le CSS, non, c’est trop. Alors peut être que « tant que c’est du code, les lecteurs vont trouver que ca fait geek« , que « les acronymes sur le livre, toute manière il y en aura pas la moitié qui vont tilt« . Peut être. En attendant, cela fait criser l’informaticienne que je suis.

Geek & Girly de Nephyla et Rutine

Car non, coder du HTML n’est pas un « truc de geek« , non jouer à la DS non plus . Évidemment, la geek est très ronde et qualifiée de moche et ne fait pas attention à son apparence, bien sûr. Si il y a bien deux domaines où j’ai énormément de mal avec les stéréotypes c’est bien les geeks et les goths.  Du coup, cela me reste un peu sur le jabot si vous voyez ce que je veux dire.

C’est dommage, car à part ça, c’est drôle, c’est gai. L’humour est très présent et j’ai ris plusieurs fois. Sur ce point on peut trouver la un coté très shojo acidulé, un humour ultra-efficace. Vous noterez aussi à la fin un bonus : les pages Facebook euh… facejournal des héros, très drôles elles aussi et un test.  Nul doute aussi que vous remarquerez de nombreux clins d’oeils ou d’expressions fréquemment utilisées sur le Web, et en cela c’est plaisant. Au final, un bon tome, malgré quelques details qui me dérangent. Mais je doute que vous soyez aussi pointilleux que moi sur ce sujet. Le scénar promet un deuxieme tome tout aussi riche en rebondissements et en bonne humeur.


Vampire Kisses, Tome 1, de Ellen Schreiber et Rem

Serafina dans Critiques, Livres, Manga le 23 septembre 2009, avec 8 commentaires
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Vampire Kisses est un manga de Ellen Schreiber, qui contrairement à ce qu’on aurait pu croire, est américaine et non allemande, et de Rem. Les mangas avec deux auteurs c’est rare, et pour cause. Il ne s’agit en fait pas la réellement de deux auteurs. Ellen a écrit une série de bouquins assez populaire aux États-Unis, de la Bit-Lit, alors je pense que vous en entendrez parler encore ici. Cette série en tout cas a été assez populaire pour être adaptée en manga. Trois volumes sont sortis aux US, et Soleil vient tout juste de sortir le premier tome par chez nous. Enfin, ça fait un bon mois maintenant, mais quand j’avais écris cet article, il venait tout juste de sortir.

Vampire Kisses

Enfin, quand je vous dis que c’est une adaptation, c’est entre nous malheureusement, car ce n’est précisé nulle part dans le manga. Je trouve là encore dommage le manque de communication. Soleil ne semble dire nulle part que cela s’inspire d’une série de romans. J’ai découvert ça en cherchant sur le net des informations pour cet article. Avec sa belle couverture, et le fait que ça ne soit pas un manga japonais, il est difficile de ne pas penser à Catacombes sorti il y a quelques mois par Pika. C’est pour cela que je ne me suis pas jetée sur le manga, et je viens de lire Vampire Kisses plus par hasard que par réel intérêt. Et pourtant…

Nous suivons Raven une adolescente de 16ans, look gothique. La donzelle est fascinée par les morts vivants, et ça tombe bien car son petit ami Alexander est un vampire. Le truc c’est qu’un adorable rendez vous romantique leur fait découvrir des tombes vides ! Ah oui, j’oubliais, rendez vous romantique, je veux dire, dans un cimetière. De là s’amène une intrigue avec le méchant frérot du héros, des vampires seksy et de l’aventure. J’ai pas envie de vous en dire plus pour ne pas vous spoiler.

Raven de Vampire Kisses

Raven

Bon, là ça donne pas trop envie. Moi qui râlais des stéréotypes goth dans mon article sur Vierge Noire ! En plus on entre très vite dans l’histoire, un peu trop. C’est catapulté, en deux pages Raven nous apprend que son Alexander chéri est vampire, et pouf on part de là.

On ne sait pas comment ils se sont rencontrés, ni réellement la vision des vampires de l’auteur. Je pense qu’il est possible que cela vienne du fait que cela soit l’adaptation d’un roman. Peut être pour ne pas lourder les fans ? Ou pour directement conquérir les novices par de l’action? Je ne sais pas, mais c’est un peu perdant au départ.

Cependant… Le dessin tout d’abord est superbe. Bien sûr toutes les cases ne sont pas au même niveau mais Rem a un très beau trait, ses personnages sont beaux, il alterne les cadrages, essaie des perspectives. Au final, on arrive a un beau manga et très dynamique. Ce dernier est renforcé par la palette d’expression des personnages. Nous sommes dans un Shojo donc vive les SD à foison , les visages proprement hilarants. Oui hilarant, car j’ai énormément rit devant ce manga (toute seule dans une librairie, ahem). Les situations cocasses sont légions. Imaginez : comment doit faire une vampire pour se recoiffer ? Elle ne peut pas se voir dans le miroir !  Raven rêve souvent éveillée et elle est très drôle.

Quant à l’histoire elle même, bien qu’un peu tarabiscotée, elle se suit bien, elle est relativement intéressante, mais malheureusement parasitée par le manque de détails à propos de la vision des vampires de l’auteur, ainsi que par le manque de renseignement des protagonistes. Je pensais qu’Alexander était un vampire, mais à un moment, je me suis demandée si il n’était pas à moitié humain. Et en refermant le tome, je ne sais pas du tout.

Le manga se révèle être une très bonne surprise et m’a bien conquise. C’est frais, ça se prend pas au sérieux, c’est bien dessiné. Un Shojo idéal pour l’été.  J’ai assez hâte de lire les suivants.

Vampire Kisses de Shreiber et Rem

Enfin, sachez qu’il y a trois tomes aux US, je ne sais pas si la série est finie. Par contre, apparement, c’est parallèle aux bouquins. Je veux dire, ce n’est pas un bouquin spécifique qui a été adapté en manga, mais un scénar crée pour le manga. Quant aux romans, ils ne sont à ma connaissance pas traduits en francais. Cependant, sachez qu’il existe une édition anglaise regroupant les trois premiers tomes pour 9$ … et que j’ai déjà acheté.


Le Nom du Vent de Patrick Rothfuss

dabYo dans Critiques, Livres le 21 septembre 2009, avec 10 commentaires
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Comme vous le savez, ici, on aime beaucoup les beaux livres. Alors quoi de plus normal que d’aimer le Nom du Vent ? Ce superbe livre que m’a offert ma fiancée pour mon anniversaire, qui en plus d’une jolie couverture possède une reliure du plus bel effet. Sauf que voilà, ici, on connaît aussi la loi de la belle couverture. C’est donc avec une certaine appréhension que j’ai commencé ma lecture du premier vrai roman de Patrick Rothfuss, un roman dont quasiment tout le monde parle et qui est souvent qualifié d’un des meilleurs livre de Fantasy publié en 2009. Synopsis ?

Le Nom du Vent de Patrick Rothfuss

Kvothe est une légende, ses exploits sont racontés partout dans le monde, qu’ils se soient passés alors qu’il était encore tout jeune à l’université, ou bien pus tard en incendiant la ville de Trebon. Il a libéré des princesse et tué un roi, il est devenu le plus grand des magiciens, et il souhaite aujourd’hui que la véritable lumière soit faite sur sa vie, sans fioriture, sans mensonge et surtout sans enjolivement. Car aujourd’hui, Kvothe n’est plus que l’ombre de lui même, il est un simple aubergiste d’un village perdu dans le nord, où les hivers sont rudes et où les marchands itinérants se font de plus en plus rares, et il se fait appeler Kote, tentant de rester un inconnu aux yeux de tous.

Bref, vous l’aurez compris, ce titre s’axe à la manière d’un long récit fait par le héros quelques années après ses exploits. Il va profiter d’une occasion fortuite pour révéler au lecteur, ainsi qu’à son monde, son histoire, partant des débuts et allant jusqu’à la fin. Ce système peut donc faire penser à un des classiques du genre, Entretien avec un Vampire, mais à une autre pléthore de titres bien entendu. A commencer par l’Assassin Royal. Bien que je n’en ai lu que le premier cycle, la série de Robin Hobb utilise le même principe, même si on ne s’en rend compte qu’à la fin du cycle, et les ressemblances entre ces deux séries ne s’arrêtent pas là: un enfant qui vit dans un monde où il se sent au début tout petit, mais qui finira tout de même à avoir une certaine destinée, le tout en traversant épreuves après épreuves.

Le Nom du Vent de Patrick RothfussCar oui, autant le dire tout de suite, Le Nom du Vent, premier tome de la Chronique du Tueur de Roi, est tout ce qu’il y a de plus classique dans la Fantasy. Vous vous rappelez quand je vous avais dit que Rhapsody essayait tant bien que mal d’être le roman parfait de Fantasy ? Eh bien, c’est exactement ce qu’est Le Nom du Vent. A une différence près, et ici majeure: Patrick Rothfuss s’y prend vraiment admirablement bien pour écrire sa Fantasy parfaite. Car tout comme un Harry Potter ou un Assassin Royal, voir plus encore, ce titre réunie tout simplement tous les éléments qui font d’un livre un livre de Fantasy. Prenez un petit enfant, faites lui subir une petite dizaine de malheur, tuez si possible ses parents, faites le évoluer dans un monde plein de magie, cherchez lui une destinée, mélangez le tout, et vous obtenez Le Nom du Vent. A moins que vous n’obteniez Harry Potter, ou bien celle de l’Assassin Royal.

Ceci dit, ce n’est pas le début du livre qui me l’a fait penser, car il faut d’abord préciser qu’il y a deux niveaux de récit dans notre livre. Le premier, est le présent, c’est celui où évolue Kote, l’aubergiste d’une petite bourgade perdue. Le second niveau, c’est bien entendu le récit de ses aventures, du temps où il était connu sous le nom de Kvothe. Le temps où il a écrit tant d’exploits dans les légendes. Sauf que voilà, les deux récits ne sont pas du tout du même niveau. Les personnages du présent sont totalement inintéressants, que ce soit celui joué par le héros, que ce soit celui joué par son apprenti, ou même celui joué par l’interviewer. Ils sont tous nuls, stéréotypés à souhait, avec des dialogues affreusement mauvais. « oh Reishi c’est trop affreux ce qu’il t’est arrivé !« . Ils sont tellement nuls qu’il casse toute la magie créée par le récit du héros. Dès qu’on lit des lignes de ce que l’on pourrait appeler le présent, on a qu’une envie, retourner dans le passé. Normalement, on devrait en avoir l’envie parce qu’on souhaite connaître la suite. C’est ici le cas, bien entendu, mais on en a aussi, et surtout, envie, pour ne plus avoir à lire ces phrases niaises. Toute la magie s’effondre, et j’avoue que les clinquantes premières pages du récit sont du même niveau que celles de Rhapsody: soporifiques, stéréotypées, et niaises à souhait.

C’est gros, c’est mauvais, et pourtant il y aurait quelques éléments intéressants. Par exemple, il arrive que Kote arrête temporairement son récit pour servir un verre à des nouveaux arrivants dans l’auberge. C’est alors le moment d’écouter ces paysans parler du mauvais temps, de supersticion, et de Kvothe. Il arrive alors souvent qu’on entende tout d’abord le récit réel, celui que le héros a traversé, et ensuite, ce que les légendes ont gardé de la vérité: pas grand chose. C’est vraiment là le seul intérêt, car hormis ça, même si on a l’impression que l’auteur essaye d’en faire une sorte d’intrigue, ou de psychothérapie, c’est vraiment mauvais. Mais heureusement, cela ne couvre pas une grande partie du livre, il est donc temps de s’arrêter sur la vraie partie: le passé.

Le Nom du Vent de Patrick Rothfuss version Allemande

Couverture allemande du Nom du Vent, à noter que c'est quasiment la même posture... Alors que ça ne ressemble pas un brin à la couverture anglosaxonne.

Quand je compare Le Nom du Vent aux deux séries sus-citées, ce n’est en aucun cas pour dire qu’elle est meilleure ou moins bien. Mieux même, alors que ces deux mastodontes existent déjà, elle risque bien d’arriver à se faire une place dans le paysage de la Fantasy, car je dois vous le dire tout de suite: Patrick Rothfuss manie la plume avec un certain talent. Son imagination semble débordante, mais surtout, le plus important, c’est qu’il arrive à nous le retranscrire de manière intelligente. Il rend son monde vivant et nous y envoie avec des dizaines de détails qui ne font pas mouche: quoi de plus normal que d’apprendre les chansons d’un monde lorsque notre héros fait partie d’une troupe d’itinérants ? Et c’est ainsi qu’on est plongé, à travers la musique, à travers les chants, dans un monde qui regorge de légendes, de pouvoirs, etc.

Alors que l’on découvre sur le tas le monde des sorciers d’Harry, celui de Kvothe est amené en douceur, il prend vie peu à peu, les possibilités que la magie y offre nous sont montrées petit à petit, et leurs règles sont clairement définies dès le début. Pas de surprise désagréable lorsque le héros se sort d’un mauvais coup avec des possibilités farfelues, non, la magie respecte les devoirs qu’une magie doit respecter en Fantasy. Le sympathisme, et la magie des noms, comme elles sont appelées dans le livre, sont cohérentes et presque crédibles. On la ressent dès qu’elle apparaît, et comme le héros, on a envie de découvrir comment celle ci s’utilise. On est émerveillé de leurs capacités, mais elles sont tellement crédibles que ça ne nous choque à aucun moment.

Patrick Rothfuss

Patrick Rothfuss

Bien entendu, il n’y a pas que cela dans cette histoire, et il faut avouer que l’on fini vite par s’attacher au héros, et que les évènements qu’il traverse ne peut que nous y encourager. Comme je le disais, le livre réunie les éléments nécessaires à la bonne Fantasy, et il y a donc le lot de trahisons et de déceptions, de coups du sort, de rivalité, d’amitié, etc. Les personnages secondaires sont assez vivants, mais bien en retrait par rapport au héros du livre. On se prend d’affection pour certains, bien que la seule qui ressorte réellement du lot des inconnus soit Denna. Les professeurs sont bien décrits, mais moins vivants que ceux que l’on peut retrouver dans les autres mastodontes du genre.

Le récit du passé est donc parfait, c’est exactement ce qu’on peut attendre d’un livre du genre, et si la suite est au même niveau, il n’est pas à douter à un seul moment que la tête rouquine de Kvothe fera parti de celles que l’on verra souvent. Si Fitz est très connu dans le monde de la Fantasy, notamment pour adolescents, il n’est pas à douter qu’il a du soucis à se faire, car le héros du Nom du Vent est taillé pour le remplacer.

Bref, quand vous commencerez le livre, gardez bien une chose en tête: le début ne vaut rien, mais le milieu et la fin font du livre, de loin, l’un des meilleurs titres de Fantasy de l’année ! Rothfuss, pour son premier roman, met la barre très haute ! Seul problème, la suite n’est pas prévue avant fin 2010 dans la langue de Shakespeare, du coup, on est pas prêt de l’avoir par chez nous. A noter que la version brochée, à 20 euros, sortira bientôt chez les libraires.


Battlestar Galactica est le remake par la chaîne Sci-Fi d’une série de quelques épisodes diffusée dans la fin des années 70 et racontant l’histoire d’un vaisseau, le Battlestar Galactica. Vous vous en doutez donc, il s’agit ici là de Science Fiction qui se passe dans les étoiles, très Space Opera, et qui méritait donc qu’on prenne le temps de la regarder. Le problème avec la Science Fiction dans le monde du cinéma, c’est que si les effets sont mal faits, les films ou séries qui la mettent en avant peuvent tout de suite s’avérer kitch et pathétique. Il manquerait plus que le scénario ne casse pas trois pattes à un scolopendre et vous obtenez une vraie daube. Synopsis.

Battlestar Galactica Saison 1

L’humanité a longtemps été en guerre contre les cylons, les robots qu’elle a créés et qui se sont rebellés contre elle. A cette époque, seul les Battlestars pouvaient rivaliser avec les ennemis, ces vaisseaux d’ancienne génération qui étaient dépourvus de réseau et qui donc ne pouvaient pas être contaminés par les virus ennemis. Et un jour, la guerre s’est arrêtée, et les cylons ont disparus de la galaxie. Bien entendu, la série commence donc à leur retour flamboyant, où ils vont se servir de l’affaiblissement militaire humain pour quasiment éradiquer toute leur race. Quasiment, car à bord du Battlestar Galactica ainsi qu’à celui de quelques vaisseaux civils rescapés, 54000 humains tentent de leur échapper et de perpétuer l’humanité.

Alors déjà, soyons direct : la série n’est pas kitch. Au contraire, les effets sont magnifiquement bien faits, que ce soit lors des batailles de vaisseaux spatiaux, ou bien les cylons tout simplement. Ces derniers sont majoritairement de deux types différents, les humanoïdes d’un côté, qui sont des copies de l’homme, et les centurions, des machines sans conscience qui ont de quoi vous glacer le sang. Toute la flore cylon, que l’on pourrait appeler unités dans un STR, est vraiment bien faite. Pas uniquement les centurions ou les humanoïdes, mais aussi leurs vaisseaux, leurs mœurs, leurs spécificités, etc.

Centurion Cylon Battlestar Galactica

Comme je l’ai dit, les cylons peuvent prendre forme humaine et c’est là une des clefs du scénario original et excellent de la série. Du fait de leur ressemblance avec les humains, ils peuvent ainsi se mêler à la foule et… faire partie des 54000 survivants ! C’est donc dans une ambiance très tendue que vont devoir survivre les humains, d’autant que certains sont cylons, mais sans le savoir. Les cylons à bord n’ont de toute façon rien à perdre : une fois tués, ils seront automatiquement téléchargés dans un nouveau corps. Car il n’existe que douze modèles de cylons différents, on peut donc aisément reconnaître un cylon dès lors qu’on a déjà vu l’apparence du modèle.

La série nous présente une pléthore de personnages auxquels on va très vite s’attacher. On les voit lutter pour la survie de leur espèce, où tout problème relève du danger de vie ou de mort. Où trouver des réserves d’eau dans la galaxie ? Comment s’approvisionner en carburant ? De nombreuses questions auxquelles il faudra trouver une réponse, tout en sachant qu’à n’importe quel instant les cylons peuvent débarquer pour attaquer la flotte des survivants. Soyons honnête, on ne peut pas dire que la série soit des plus réalistes sur ce point là, vu qu’il est rare qu’elle y revienne, comme si l’eau était approvisionnée entre les épisodes. Mais le fait même d’y avoir pensé et d’y consacrer un épisode est digne d’intérêt. Il en sera de même pour de nombreux problèmes que va subir la flotte, en illustrant par exemple les tensions politiques, etc.

La série utilise toutes les ficelles de la Science Fiction qu’a établi Asimov, et qu’a démocratisé Star Wars. Les sauts dans l’hyper-espace, les radars pour détecter les vaisseaux, les batailles entre petits vaisseaux, les batailles entre plus gros vaisseaux, les plans stratégiques, on a droit à du Space Opera de grande envergure, mené à chaque fois par de forte tête et des personnages charismatiques. C’est vraiment très agréable à regarder, on en prend plein les yeux et on en redemande.

Battlestar Galactica Saison 2

A cela il faut ajouter cependant un côté très religieux qui peut paraître assez étonnant dans une œuvre de Science Fiction. Car généralement, la religion est utilisée dans le genre pour montrer à quel point l’obscurantisme a nui à la civilisation du futur. Ici c’est l’inverse, la religion est utilisée, mais elle est en plus justifiée… et réelle ! C’est assez déroutant et difficile à expliquer, mais ça donne à cette série futuriste un aspect mystique qui est plutôt agréable. Le seul point noir pourrait être son côté immoral, car il faut avouer que de nombreuses atrocités sont présentées sans jamais de réelle condamnation. Les cylons font d’affreuses choses, assez déroutantes, dégoutantes, mais les humains tout autant. Il n’y a quasiment plus réellement de bon côté, bien qu’on soit forcement enclin à supporter l’humanité.

Gaius Baltar de Battlestar Galactica

Gaius Baltar

La première saison de la série se compose d’une douzaine d’épisodes, et constitue un quasi sans faute. Il n’y a aucun épisode en trop, et des épisodes tout bonnement géniaux. On pensera notamment au docteur Gaius Baltar, joué par James Callis, qui représente à lui seul l’un des plus gros points forts de la série.

Du moins de mon point de vue, mes congénères mâles seront sûrement plus intéressés par deux des cylons féminins, Tricia Helfer et Grace Park, qui en plus d’avoir en commun le fait de jouer dans la série, semblent être souvent prises en photo pour des magasins pour homme. Ouais, j’ai trouvé ces photos en cherchant des images pour l’article.

Du coup, grâce entre autres à ces charmes, la série a très vite eu un succès fulgurant, et Sci-Fi a décidé de faire un peu trop de zèle pour la seconde, qui compte une vingtaine d’épisodes, il est juste dommage que certain fassent beaucoup trop remplissage, un peu trop hors sujet. Ils ne sont pas mauvais, mais on ne retrouve pas la même fougue qu’au début de la saison, qui est excellent, ni la même fougue qu’à la fin de la saison, qui est encore plus qu’excellent.

Car il faut le dire tout de suite, après une première saison excellente, une seconde plutôt bonne, la troisième que nous sommes actuellement entrain de voir est encore plus prenante. A n’en pas douter que Battlestar Galactica qui s’est terminée il y a quelques mois déjà soit la série de Science Fiction qu’il faille voir. Si ce n’est pas encore le cas, il est encore temps de le faire ! Dommage que le doublage français soit si mauvais…


La Loi du Désert de Franck Ferric

Serafina dans Critiques, Livres le 18 septembre 2009, avec 1 commentaire
Critiques

La loi du désert vient de paraître aux éditions du Riez. Il s’agit d’ailleurs de leur première parution. C’est un roman français de Science Fiction (ou d’Anticipation, ici en tout cas le terme n’est pas usurpé). Écrit par Franck Ferric, diplômé en histoire et surtout né à Bourges, une ville tout près de chez nous, ce livre arbore une très jolie couverture où se mêle paysages désertiques et technologie. C’est donc avec enthousiasme que je me suis mis à la lecture de ce roman de trois cents pages. Synopsis.

La Loi du Désert de Franck Ferric

Dans un futur plus ou moins proche, la planète a été en grande partie recouverte par le désert. Le gros de la technologie a disparu, ou s’est perdu au fur et à mesure. Des villes-état se sont érigées, où des centaines de malheureux s’entassent dans des bidonvilles qui feront penser à ce que certains pays connaissent actuellement. Au dehors, la menace des Blafards, créatures pales et effrayantes, est très présente. Mathian est en train de faire son service militaire, et dézingue du blafard tant que faire se peut. Il a laissé à la ville son petit frère, sa sœur et leur mèren tous trois habitants des bidonvilles. Sauf que le petit frère, Raul, se retrouve embringué dans un mauvais coup, qui va lui amener de gros ennuis.

Ça c’est le postulat de base. Bien évidemment, vous vous en doutez, cela ne va pas s’arrêter là. A travers les aventures des deux frères, on va parcourir le monde. Le roman étant comparé à un road movie dans le résumé, je ne peux qu’approuver. Le désert et ses codes, les villes et ses lois, tout ceci, on va le voir au travers des deux héros. Évidemment, ce sont des gens du peuple, donc ne croyez pas trouver des intrigues politiques ou des grandes destinées, loin de là. Si par exemple, la ville nous est décrite comme « totalitaire » par Raul, nous n’en avons aucune preuve, et le roman d’ailleurs n’est pas tranché la dessus. C’est la vie au niveau des gens comme vous et moi. C’est aussi pour cela qu’il est si facile de s’attacher aux personnages, ils n’ont rien de fabuleux, ils ne sont pas des quelconques élus, non, ce sont juste des gars, qui la plupart du temps, ce sont trouvés au mauvais endroit au mauvais moment. C’est crédible, et contrairement à d’autres bouquins, vous ne serez pas farcis de prophéties et autres. Par contre, comme bon nombre de Road Movie, on pourra voir là un semblant de récit d’initiation, mais qui fait fi des clichés. Les deux frères ont des personnalités très différentes et leurs réactions seront parfois surprenantes. Les personnages sont tous développés, leur psychologie est fouillée.

Franck Ferric

Franck Ferric

L’ambiance du livre est très variée. Le début, où l’on suit Matthian pendant son service ferait presque penser à du Gears of War, tellement c’est épique, jouissif, des blafards qui sortent des puits, les grosses armes, les pauvres gars qui sont pris là, cette ambiance limite apocalyptique. C’est très immersif et rapidement addictif. Et puis petit à petit cela se calme, pour arriver à un rythme de fin relativement lent, et une ambiance plus contemplative et mélancolique.  La progression est toute en douceur, et on se retrouve à se demander comment on en est arrivé là, tellement ça coule de source. Que de chemin parcouru en ces quelques centaines de pages, au propre et au figuré. Le final est surprenant, inattendu, cohérent évidemment, et donne un tout autre éclairage au roman, et une profondeur qu’on n’aurait peut être pas soupçonné au premier abord.

Le style de l’auteur concours évidemment à cette immersion. Le livre est écrit au présent, ce qui est assez rare pour le noter. Cela passe très bien, tant et si bien que je ne me suis rendue compte que c’était au présent que vers la 100ème page.La construction est agréable, le vocabulaire maîtrise, rien à redire.  Le roman bien que classé Anticipation est tout à fait abordable pour un lecteur qui n’a pas l’habitude d’en lire, pas de boulons, pas de destinées de l’univers, peu de présence scientifique. Le folklore est effleuré, mais présent, les Blafards se révèlent plus intéressants que des locustes, et constituent un autre point très fort du roman, sans vous en dire plus.

Pour toutes ces raisons, La loi du Désert fait partie sans conteste des meilleurs livres que j’ai lu cette année. Pour un premier roman, les édition du Riez promettent énormement. Je ne peux donc que vous inviter à le lire. Ici encore, assez difficile à trouver dans le commerce, mais cette page pourrait vous aider.


Je ne sais pas vous, mais nous, nous adorons flâner dans les rayons de livres. Que ce soit dans les supermarchés culturels, ou dans les librairies plus spécialisées. On préfère bien entendu ces dernières, ça va de soit. Dans les deux cas, on y fait parfois des découvertes assez déroutantes d’ailleurs. Et c’est quand même mieux que les étalages fouillis des bouquinistes ou que les pages de sites internet. Et puis, le plaisir d’acheter un livre neuf, ça n’a pas de prix. Enfin, si, mais bon.

Wittwer à Stuttgart

Bref, il est donc logique qu’en passant par l’Allemagne, nous en ayons profité pour faire un saut dans une grande librairie de Stuttgart, Wittwer, qui possède cinq étages en plein centre ville et un rayon de FantasySF assez fourni. D’ailleurs, ces rayons sont ils les mêmes que chez nous ?

P8230096.JPG Et bien, au premier abord, oui. On retrouve bien une distinction Adulte / Enfant, avec la présence de certaines séries sur les deux étalages. Côté adulte, on retrouve le rayon Fantasy, puis Science Fiction et… Vampire ! Ce rayon se retrouve entre la Fantasy classique et… les romans érotiques ou typés Harlequin. On peut donc dire que la Bit-Lit y est bien placée et qu’elle doit vraiment être populaires auprès des allemandes… et se demander si c’est réellement la bonne place pour les oeuvres de H.P. Lovecraft, non ? En tout cas, ce rayon regroupe vraiment tout ce qu’on peut trouver sur les vampires, et il est loin d’être si petit, une bonne centaine d’ouvrages, allant de la Communauté du Sud de Charlaine Harris, à Pandora de Anne Rice, en passant bien entendu par Twilight de Stephenie Meyer. Il s’aggissait avant tout de la nouvelle littérature axée vampires, pas du Vampyre de Polidori ou de Carmilla. Il est donc d’autant plus étonnant que Lovecraft y soit.

Hormis ce rayon inattendu, les séries publiées en Allemagne sont relativement proches de celles que l’on peut retrouver en France, on a même pu y voir quelques auteurs français, comme Grimbert ou Bordage. Robin Hobb, l’auteur qui se vend le mieux en France, semblait totalement absente des rayons, étonnant. L’autre chose déroutante, c’est la quasi absence de livres de poche. Il ne semble pas exister comme en France de format poche pour la SFF et l’on se retrouve avec une multitude de formats différents, mais aucun qui puisse être qualifié d’économique.

P8230132.JPG Bien sûr, les livres ne sont finalement en moyenne pas plus cher qu’en France, mais on ne peut pas y acheter uniquement des livres à moins de dix euros. En compensation, les grandes éditions sont moins chères, ne dépassant rarement la quinzaine d’euros. Bien loin des Bragelonne donc.

Côté couvertures, c’est grosso modo comme en France. Alors qu’ici on repompe l’Américaine, ici on en refait une avec un dessinateur du pays. Bref, on se retrouve donc avec du très beau, et du beaucoup plus moche. La palme pour les éditions du Trône de Fer qui font plus penser aux Conan le Barbare des années 70 qu’aux beaux livres que nous possédons en France. J’espère tout de même que cette série a autant de succès qu’ici ! On s’excuse dès maintenant de la mauvaise qualité des photos. Bonne visite !