Depuis quelques temps, passe sur France 2 une nouvelle série télévisée: Minuit le Soir. Vu qu’elle passe en troisième partie de soirée, il est probable que vous n’en ayez pas entendu parler. D’autant qu’il ne s’agit pas d’une énième superproduction américaine, mais d’une série télévisée canadienne. Elle a été diffusée là-bas entre 2005 et 2007 et n’est apparue sur nos chaînes hertziennes que depuis début Juillet. Elle se compose de trois saisons d’une douzaine d’épisodes chacune.

L’histoire de la série est celle de trois amis, videurs de bars : Louis, Marc, et Gaëtan. Tous trois sont de la « vieille école », en d’autres termes, ils n’hésitent pas à recourir à des méthodes discutables pour garder le bar en paix. Ils adorent leur job et le font bien. Mais comme toute chose a une fin et qu’il faut bien une intrigue à la série, leur vieux patron vend le bar à une jeune entrepreneuse, Fanny. Celle-ci entend bien changer les choses, à commencer par le nom du bar, et les videurs aussi, en passant. Pour elle, ce sont des dinosaures de l’ancienne école, violents et incultes, qui n’ont pas leur place dans la nouvelle atmosphère résolument moderne de son bar. Dès lors, comme vous vous en doutez, Marc et ses collègues vont tenter de retrouver leur job, animés par la passion qu’ils en ont. Ce n’est pas du spoil de vous dire qu’ils le récupèrent, car cela se fait en un ou deux épisodes. La plus grande partie de la saison est à la fois la présentation des personnages et leurs efforts pour s’adapter à leur nouvel environnement.
À partir de ce synopsis pas particulièrement riche en rebondissements, la série introduit des personnages très complexes, au background vraiment fouillé. Il y a Marc, le plus jeune, un peu trop seul, qui voit un psy-homme de ménage, occasion pour des scènes décalées ; Louis, un peu trop gros, un peu trop simplet, qui ne peut s’engager dans des relations pour certaines raisons que je ne vous dévoilerai pas ; Gaëtan, un peu trop vieux, analphabète ; et Fanny, dont l’émancipation est entravée par sa famille étouffante. Tout ce monde gravite autour du bar, la nuit, où les nouveaux videurs engagés par Fanny, jeunots arrogants et trop bien faits, drogués et méprisants, accentuent le contraste entre les « anciens » et le nouveau monde auquel ils doivent s’adapter, ce à quoi vient s’ajouter un début d’histoire entre Marc et Fanny. Les personnages sont donc un point fort de la série, et particulièrement bien joués, aucun acteur n’étant à contre-courant.
L’autre point fort de la série est la musique. Le thème du générique, qui revient lors de longues séquences sans dialogues ni bruit d’ambiance, est extrêmement accrocheur et bien adapté à l’atmosphère assez sombre de la série, puisqu’elle se déroule majoritairement la nuit, métier de videur oblige. Les scènes sont toutes bien tournées, en particulier les séquences dont je viens de parler. Enfin, une certaine ironie, un humour un peu grinçant, se mêlent à certaines scènes, tandis que ce sont le désespoir et une lassitude un peu écœurée qui teintent les autres.

La série est canadienne, et à l’origine était donc entièrement tournée en canadien. Cependant, France 2 a insisté pour que la série soit entièrement doublée en français. Franchement, vu l’heure de passage de la série, c’est un peu ridicule, d’autant que j’ai lu que la série perdait beaucoup, vu que l’argot canadien et certaines expressions sont passées à la trappe. Néanmoins, si je ne l’avais pas su, je ne l’aurais pas remarqué, car la série est très bien doublée, et ça mérite d’être signalé.
La série passant les dimanche soir, à minuit (qu’ils sont amusants à France Télévision…), il faut tout de même le vouloir pour le regarder. Cependant, je ne peux que vous conseiller d’être fatigué le lundi matin, parce que cette série vaut vraiment le coup. Au passage, elle a été récompensée de 17 prix gémeaux (récompenses canadiennes), entre autres, ce qui est plutôt honorable.

Le traitement de la magie est très rationnel et nuancé. En effet, vous ne verrez pas de combat de mages, de sorts méga tops de la mort qui tue. Non, déja la magie est mal vue, ensuite elle exige une contrepartie. Et même si elle fait partie de l’héroïne, cette dernière n’a pas encore non plus atteint un niveau lui permettant de faire des trucs de fou. La magie est du coup bien plus crédible que dans bon nombres de bouquins. Ce n’est qu’une composante du monde, au même titre que les relations mondaines par exemple.


Et apparemment c’est en gros les filles comme moi que vise 











