The Classical Conspiracy par Epica

Serafina dans Critiques, Musique le 31 mai 2009, avec 11 commentaires
Critiques

Epica est un groupe de Métal Symphonique fondé en 2002 par Mark Jansen (ex After Forever). Depuis le groupe a pu s’imposer et est reconnu comme l’un des meilleurs de la scène Sympho, scène qui a tendance à tourner en rond depuis quelques années. En trois albums ils ont réussi à se renouveler tout en gardant un son « Epica », reconnaissable et efficace. Mais il leur manquait un live. Et en plus, vu que nous parlons d’un groupe de Métal Symphonique, quoi de mieux qu’un live avec un orchestre. Oui c’est la mode dans le genre, et il faut dire qu’il s’y prête bien. Epica en version studio incluant déjà des chœurs et des violons, l’orchestre était l’évolution logique. Miskolc leur en a donné l’occasion.

The classical conspiracy

Miskolc c’est une petite ville en Hongrie qui chaque année organise un concert de métal classique, enfin, plutôt un Opera Festival. En 2007 ils ont accueillis Therion (qui sort l’album la semaine prochaine) et en 2008 Epica. Alors il faut tout de même préciser que c’est une occasion relativement spéciale. Comme son nom l’indique, le public est en grande partie la pour de l’opéra et non pour du métal. Pour cette raison, pour ne pas trop effrayer le public, le groupe a été restreint au minimum syndical de grunts.

Donc sous cette très jolie pochette se trouvent deux CD. La partie Classical et la partie Conspiracy si on veut (sauf que 4 morceaux de la Conspiracy sont sur le premier CD, pour des raisons matérielles je suppose). Epica a donc repris 13 morceaux « classiques », en tout cas, tout sauf Métal. Vous n’en aurez que 12 sur le CD pour la bonne raison que le groupe n’a pas eu les autorisations pour diffuser leur reprise de O fortuna. On se rabattra sur les bootlegs. Vous retrouverez donc du Verdi, du Dvorak, du Vivaldi, etc. Bon on trouve aussi Pirates de Caraïbes et Star Wars, allez comprendre.

En soit, reprendre des classiques, pourquoi pas après tout. Sauf qu’au final, Epica n’y apporte pas grand chose. On entend certes la batterie qui est la seule à se détacher, mais à part ça, ces morceaux sont déjà connus et ne sont pas réellement personnalisés. Ce qui me fait m’interroger sur l’utilité de cette partie. A moins que vous ne connaissiez pas du tout le classique, il y a peu de chances que vous l’écoutiez souvent. Simone Simons ne chante que sur quelques titres, et si c’est l’occasion de prouver (si besoin était) qu’elle a une sacré voix, elle est quand même très loin d’une chanteuse lyrique « professionnelle ».

Au final il n’y a pas grand chose à dire de cette partie, qui ne me marquera probablement pas. Des groupes de métal qui reprennent des classiques, ce n’est pas spécialement original mais surtout certains groupes ont pu placer la barre très haut. On pense à Apocalyptica ou Therion, pour ne citer qu’eux. Malheureusement pour Epica, je trouve leurs personnalisations assez ‘fades’. Passons donc à la partie qui nous intéresse le plus je suppose.

Simone Simmons - The Classical Conspiracy

La partie Epica contient donc 16 chansons provenant de leurs trois albums. A cause de la particularité du festival, certaines chansons ont été occultées (The Obsessive Devotion) pour grunts trop présents, d’autres ont été modifiées telle Living a Lie totalement chantée par Simone. Bon que dire. Je ne sais pas trop par où commencer. Si vous me connaissez vous savez a quel point j’aime Epica. Et bien quand vous aimez un groupe, quand c’est votre groupe n° 2 sur votre top-liste, si il y a bien un exercice difficile, c’est d’écrire une critique négative.

Car oui, si la première partie ne m’a pas gênée, je ne l’ai pas spécialement aimée non plus. Ça va, mais sans plus. Le problème c’est la deuxième partie. Les compositions sont jouées de manière très propres, comme sur CD. Trop propres justement. Mince ils ont 20 choristes et 40 musicos derrière et il n’y a quasiment aucun réarrangement. C’est un peu dommage, car du coup, je ne comprend pas trop l’intérêt de faire un live avec 60 personnes si c’est pour que l’orchestre s’entende à peine… Les chœurs sont très discrets, il n’y a aucune intégration réelle de l’orchestre. Ils jouent comme si ils étaient avec leur orchestre de session (soit quoi 6 personnes….). Là où Within Temptation avec Black Symphoniy avait réussi à transcender des morceaux très très moyens par une orchestration niquel et des arrangements ultra efficaces, Epica malgré un meilleur matériel de base ne réussit pas à exploiter toute la puissance de l’orchestre.

Prenons Safeguard to paradise, une très jolie ballade sur leur album, seulement jouée au piano. On aurait pu penser à un renfort de violons et autres trucs bien larmoyants pour appuyer la puissance des paroles de cette chanson (qui est probablement l’une des plus tristes d’Epica). Bah non. On garde le piano tout seul. Ca fait un peu cheap. Bon certaines chansons rendent très bien, mais elles manquent de puissances et quand on voit ce qu’a pu donner Within Temptation à coté, on se dit que Epica a bien du chemin à faire.
Est-ce une question de post-production ? Je ne sais pas.

Simone Simmons - Classical conspiracy

Et je ne parlerais pas du chant. Simone a progressé oui. Qu’elle chante différemment les morceaux du premier album qui a près de 6 ans maintenant, je le conçois tout à fait. Elle était très jeune et peu expérimentée à l’époque. Qu’elle ne soit pas capable de chanter correctement Chasing the Dragon, je ne le conçois pas. Entre les souffles qui lâchent, les notes à la mauvaise hauteur, Chasing the Dragon et d’autres « ballades » sont joyeusement massacrées comparées à la version studio et perdent toute leur intensité.

On évitera de mentionner les lignes de chant pas du tout maitrisées sur les morceaux adaptés genre Living a Lie, à la limite, ils peuvent s’expliquer par le manque de temps. Par contre les tics de voix , les notes non tenues sur des morceaux fréquemment joués… J’ai du mal. Sans parler que certaines parties ont, parait-il, dûes être retapées en studio. Pour quelles raisons ? Ce n’est pas officiel, mais suffisamment de bootlegs circulent sur la toile pour que vous vous en fassiez une idée

Au final… Je suis assez amèrement déçue. J’en attendais plus d’Epica. L’orchestre n’est pas exploité à son maximum, le chant alterne entre très bon et très mauvais, les compos sont « propres » mais cela s’arrête là. On peut d’ailleurs regretter l’absence de DVD, mais bon, 15 euros pour deux CD et un digipack très joli, ça va. Bref, ca m’apprendra. Le CD-DVD de Therion à Miskolc sort dans moins d’une semaine. Espérons que Therion soit lui à la hauteur de mes espérances.

Enfin, l’album n’est pas sur Deezer, donc pour vous faire une idée je ne peux que vous proposer leur myspace.


Y a des jours comme ça où on tombe sur des perles sans vraiment le savoir. Ca fait un moment qu’on avait remarqué que l’introduction de Knights of Cydonia du groupe anglais Muse nous faisait étrangement penser aux Westerns, notamment Le Bon, la Brute et le Truand à cause de sa B.O. Sauf qu’on n’avait jamais poussé le vice jusqu’à aller voir le clip, se contentant de la jouer tranquillement dans le mode coop de Guitar Hero 3. Mais voilà, on aurait mieux faut de le voir. Et vous aussi du coup.

Des clips aussi géniaux que celui ci de Muse, il n’y en a pas tous les jours. Des clips qui présente autant de clins d’oeil à une très bonne culture cinématographique, voir de Science Fiction non plus. Quoi ? Vous n’avez pas remarqué ? Il y a pourtant… (du moins à notre humble avis)

– Matrix, avec de nombreuses expressions de Neo, notamment le combat où l’entre dans le salon…
– Star Wars, avec non seulement les hologrammes, mais aussi les robots, le côté désert, et le même salon…
– Blade Runner, avec la licorne, qui apparaît dans certaines des fins de ce film de Science Fiction.
– Lucky Luke, qui apparaît rapidement à la fin du clip.
– La trilogie du dollar, avec des reprises de décors, de nombreuses scènes.
– Retour vers le futur, avec notamment l’arrivée d’une voiture.

Hmm, du moins, c’est ce que nous avons déduis. Peut être est ce faux, peut être juste. En tout cas figurez vous qu’il y a plus de quinze clins d’oeil, et un petit concours pour les retrouver sur le site Knights of Cydonia. Sympa non ? Bon hein, le concours est bien entendu terminé depuis belle lurette…

Et sinon, vous avez trouvez lesquels vous ?


Ca faisait un petit moment que nous n’avions pas parlé de mangas ici. Il faut dire que ces derniers temps pour ma part j’ai un peu décroché du manga. La plupart des séries que je suivais depuis des années se sont terminées et à part Naruto et Detroit Metal City (dont on vous parlera prochainement), je ne suivais plus rien. Trop de choix, ça joue aussi, je ne savais pas vers quoi me tourner. Et puis Tonkam a sorti Sugar Princess une histoire réalisée par l’auteur de Parmis Eux, série que j’avais adoré.

Donc, c’est une série Shojo et les deux tomes sont sortis en même temps chez Tonkam. Ils racontent l’histoire d’une jeune fille, Maya Kurinoki, qui un jour réussit par hasard (ou presque) un double axel sous les yeux d’un entraîneur professionnel, qui décide d’en faire la nouvelle star du patinage artistique.

SugarPrincess_01_1.jpg

Oui du patinage artistique. Là je sens la lueur de moquerie dans vos yeux. Ne mentez pas, j’ai bien vu la tête de dabYo quand je lui ai dit que c’était un manga de patins. Mais le passé nous a montré que même le Go pouvait être intéressant en manga, alors ce sport ou on saute sur glace avec des tenues à paillettes… pourquoi pas? Bon je dois aussi vous avouer que quand j’étais plus jeune, j’adorais regarder le patinage artistique à la télé. Voilà vous pouvez pouffer et essayer de caser mon coté goth avec celui qui regarde du patinage. On a tous des cotés qu’il vaudrait mieux taire. Toujours est-il que forcément, la sauce a pris plus vite. En plus entre chaque chapitre l’auteur a dessiné des patineurs qu’elle aime bien, on sent que elle aussi a regardé le patin à la télé… Et bonus pour les chauvin, il y a même des français dans ses préférés (en fait le couple Anissina – Peizerat). Oui ça n’a aucun intérêt, mais ça m’a fait sourire.

Donc et l’histoire ? Bah écoutez, c’est mièvre, c’est Shojo, c’est culcul la praline, les ficelles sont grosses. Bref ça ne vole pas spécialement haut dit comme ça. L’héroïne qui réussit du premier coup un double axel sans avoir patiné, qui se retrouve à patiner en couple avec un super bishi super froid, c’est classique. Mais c’est efficace. Car malgré tout c’est bien géré, c’est prenant. On sourit devant les péripéties de l’héroïne qui essaie tant bien que mal de concilier patin et école, et qui essaie d’être reconnue par son « partenaire » Shun (le bishi si vous n’avez pas suivi). L’humour est évidemment très présent que cela soit par la froideur ultra feinte du partenaire ou par la famille de l’héroïne et son chat.

Le design ne casse pas des briques, mais au moins on n’a pas l’impression d’avoir les mêmes personnages que dans Parmis Eux. Bien entendu le thème est le sport, et on sent réellement que l’auteur a l’air d’aimer le patinage artistique. Le trait est, comme dans sa précédente série, très épuré, très net aussi, il y a relativement peu de trames et les lignes sont harmonieuses. Le dessin est léger, donnant une atmosphère fraîche au manga. C’est pas prise de tête, c’est mignon et ça vous emporte sur la glace. On déplorera peut être l’absence d’un réel lexique expliquant les différences entre les sauts, car nul doute que pour un néophyte entre double axel et double piqué la différence soit assez obscure. Mais c’est vraiment du détail.

SugarPrincess_02_1.jpg

Le vrai hic, vient encore une fois que la maison d’édition. Oui parce que Tonkam semble en être réduit à racler les fonds de tiroirs, apres la ré-réédition des Clamp, la parution des œuvres de jeunesse comme Les Contes Cruels de Kaori Yuki, voici qu’il nous balance des séries abandonnées ! En gros, Sugar Princess, il n’y a que deux volumes. Non pas parce que l’histoire est finie, mais parce que l’auteur l’a abandonnée. Evidemment Tonkam ne dit rien là dessus et se contente de réponses « vagues » sur son forum. On peut quand même se poser des questions sur l’intégrité de la maison et surtout sur le respect envers les lecteurs !

Publier une série abandonnée, à la limite, ok. Mais pourquoi ne pas le préciser ? Pourquoi la présenter comme une série « terminée » ? Bref, ce n’est pas la première fois (on pense aux Descendants des Ténèbres, série abandonnée aussi pour laquelle Tonkam n’a même pas pris soin d’informer les lecteurs sur le dernier tome !) et je commence à avoir une très mauvaise image de cette maison.
Enfin, cela ne gâche pas le plaisir de la lecture de ce manga qui vous mettra je n’en doute pas le sourire aux lèvres.


On recommence avec les bons plans de chez if is Dead. Aujourd’hui, pas de soldes, mais des sites de vente privée. Il y en a pas mal sur la toile, et si vous ne connaissez pas le principe c’est le suivant : toutes les semaines, voir tous les jours, des produits (généralement de grande marque) sont mis en vente à des prix réellement cassés. Le nombre de produit est évidemment limité et c’est du premier arrivé premier servi. Tout n’est pas intéressant loin de là mais il peut arriver de tomber sur de très bonnes affaires.

Ces sites fonctionnent sur le principe de parrainage: il vous faut un parrain pour pouvoir y accéder. Dans les deux sites, le parrain gagne un bon d’achat grâce au niveau filleuil (8€ sur Ventre-Privée et 7€ sur Vente du Diable).

Vente-Privée

Cafetière à Piston BodumVente-Privée est le plus célèbre probablement. Les produits sont divers et variés. C’est ainsi qu’après avoir commandé une cafetière à piston de la marque Bodum le mois dernier, j’ai commandé ce matin un ensemble de matériel de dessin. Niveau prix, difficile de se plaindre. Par exemple, la cafetière coûte dans le commerce 70 euros. Nous l’avons payée 32 euros. De même ce matin, j’ai succombé à la tentation d’une mallette complète de peinture acrylique : 28 euros au lieu de 70. Bon, j’ai pas pris que ça, mais je vais pas vous faire la liste. Je vous donne ces deux exemples, mais vous trouverez aussi du maquillage Chanel ou encore des fringues Quicksilver. Bref, de tout. Il y a même des livres, parfois.

Les délais de livraison sont relativement longs, c’est normal. En effet, lors de la vente les produits ne sont pas encore dans leurs entrepôts. Il faut compter au minimum un mois. C’est la contrepartie.

Enfin, niveau design,  C’est rose, c’est clair, je trouve le site agréable à visiter et vous pouvez être prévenu par mail des ventes. Attention par contre, certains produits partent très très vite. Le coffret aquarelle de chez Lefranc Bourgeois mis en vente à 7h était déjà épuisé a 11h !

Aller sur le site de Vente Privée

Vente du Diable

Vente du Diable

Un peu moins connu mais beaucoup plus spécialisé. En effet, sur Vente du Diable vous ne trouverez que du high-tech ou tendance. Baladeurs MP3, écrans plats, appareils photos, c’est le genre de produits que vous trouverez principalement, à des prix défiants toute concurrence, on pense notamment à Fred qui a acheté un Canon 1000D à 200 euros (contre 450€ dans le commerce, bon d’un autre côté il a plein de filleuls le bougre) . Le truc c’est que du coup je ne sais pas trop comment ça marche niveau garantie. Parce que bon, ce genre de produits, j’ai du mal à les acheter en ligne en partie à cause du service après vente qui est souvent plus mauvais… Au moins quand j’achète à Darty je sais que je peux aller gueuler en magasin.  Et il y a quand même plus de risque d’avoir a faire recours au service après-vente pour un baladeur que pour une mallette de peinture !

Ceci dit, les prix sont la aussi intéressants, et on note aussi le principe de produit du jour. Par jour un produit est mis en avant, aujourd’hui par exemple c’est le baladeur MP3 Archos GMINIXS100 4Go Noir à 39 euros au lieu de 75 euros. Ce qui peut être intéressant. Là aussi il est bien sur possible de recevoir par mail des alertes pour les ventes à venir.

Personnellement je suis pour le moment trop couarde pour avoir passé commande chez eux mais j’en ai eu des bons retours.

Aller sur le site de Vente du Diable

Si vous cherchez un parrain Vente-Privée / Vente du Diable

Voila, je vous invite donc à y jeter un œil si vous ne connaissez pas déjà. Si vous n’avez pas de parrain, je peux bien sûr vous parrainer, il vous suffira d’indiquer cet e-mail à votre inscription :

serasan[@]gmail.com


Poèmes choisis de William Butler Yeats

Serafina dans Critiques, Livres le 24 mai 2009, avec 6 commentaires
Critiques

Eh bien nous allons illustrer ici un nouveau type de littérature, vu que comme le titre le laisse entendre, je vais vous parler d’un recueil de Poésie. Alors disons le tout de suite, moi et la poésie, ça va vraiment pas ensemble. Je n’ai jamais su apprécier la poésie, et les études au lycée m’en ont totalement dégouttée. Mais voilà, il me fallait un auteur en Y pour mon challenge ABC. Yeats s’est donc imposé.

Yeats est un poète Irlandais né en 1865 et mort en 1939. Il est apparemment très célèbre puisqu’il a reçu le prix Nobel de la littérature en 1923. Ces premiers poèmes sont marqués par le courant romantique, mais il évoluera vers un style plus moderne basé en partie sur le monde dans lequel il vivait.

Portrait de Yeats William Butler par John Singer Sargent

L’édition que j’ai lu est une ancienne édition bilingue de poèmes choisis retraçant toutes les périodes de sa vie. Les poèmes sont extraits de la plupart de ses recueils permettant de ce fait d’avoir une vue d’ensemble de l’œuvre du poète. Un petit mot sur la version anglaise. J’ai l’habitude de lire de l’anglais de manière relativement courante, et j’ai lu Shakespeare en anglais. Je pensais donc lire majoritairement en anglais. Mais au final, cela s’est avéré dur, le niveau de langue est haut et comme de plus certaines métaphores sont parfois difficiles à comprendre même en français alors en anglais… Bon, peu importe, je les ai lus en français, même si je trouve cela moins charmant (j’aime lire l’anglais, je trouve ça tellement plus chantant…).

Je ne connais rien à la poésie, donc n’attendez pas de moi que je vous parle des pieds que comporte les vers ou quoique ce soit dans le genre. Je suis sortie du lycée depuis bien trop longtemps pour cela.

Le livre commence avec un loooong poème nommé les Errances d’Usheen (orthographié aussi Oisin). Il consiste majoritairement en un dialogue entre Usheen et St Patrick. Usheen est païen et a séjourné au pays des fée. Il raconte donc ses aventures. Ce poème m’a fait énormément penser à Peer Gynt de Ibsen. Les péripéties de Usheen ne sont pas sans rappeler celles de Peer. Sauf que à la différence d’Ibsen, Yeats m’a rapidement perdue, je ne suis pas certaine d’avoir totalement compris ce qu’il se passait par moment, et cela m’a laissé relativement perplexe. J’ai eu du mal à le finir, je trouve le poème inutilement long, et l’histoire bourrée de rebondissement totalement inutiles.

Ceci dit, c’est une œuvre majeure de Yeats et elle n’est pas sans avoir inspiré bon nombre de livres. Je pense notamment à tout une fange de l’Héroic-Fantasy, notamment à Elric de Moorcock qui au final est relativement proche de Usheen. Et comme ce poème est de toute manière tombé dans le domaine public, je vous propose d’y jeter un coup d’œil : The wanderings of Oisin.

Suivent des poèmes plus courts, tout d’abord datant de la jeunesse. Là c’est beaucoup mieux. C’est relativement court déjà (ouf). C’est peuplée de fées, de folklore et au final relativement inspirant, même pour moi qui ne suis pas spécialement passionnée de féerie. En tout cas, nul doute que cela pourrait plaire à la plupart des fans de Fantasy. C’est bien écrit, c’est très agréable à lire. Je préfère définitivement les poèmes courts. Surtout quand ils sont emprunts de magie et de folklore. On est emmené dans l’Irlande des fées et des lutins. Au final je garde une bonne impression des poésies qu’il a pu réaliser à l’époque.

Et puis, les gens changent. Yeats a abandonné les fées et les lutins pour parler de ce qui se passait en Irlande à l’époque. En cette période de troubles et de guerres, Yeats est nationaliste et nous conte les batailles et la lutte épique pour l’indépendance. Le hic c’est que déjà je ne connais rien du tout à l’histoire Irlandaise. Il y a des notes évidemment, mais pas suffisamment explicites pour que je puisse tout comprendre. Et puis c’est quand même moins magique. Je ne doute pas que les poèmes soient intéressants, ceci dit ils font chacun référence à des épisodes spécifiques de la lutte pour l’indépendance, ce qui les rend souvent difficile à comprendre pour la néophyte que je suis. Il est probablement nécessaire de les lire en parallèle d’une histoire de l’Irlande, mais c’est vite lourd.

Au final j’ai eu relativement pas mal de difficultés pour terminer ce receuil. Les poèmes de la fin de sa vie surtout sont assez hermétiques et ont perdu la magie des premiers. Je n’en garderais pas un souvenir impérissable.


Ca y est. Les éditeurs ont enfin compris que les couvertures étaient importantes pour vendre des livres de Fantasy. Forcément, quand on voit qu’une maison d’édition comme Bragelonne, qui est arrivée il y a moins de 10 ans et qui ne possède réellement aucun des vrais classiques du genre Science Fiction / Fantasy, arrive peu à peu à prendre totalement d’assault les rayons des libraires, on se dit qu’il y a quelque chose derrière tout ça. Des bons livres ? Ma foi peut être… Hey, mais si c’était aussi leurs jolies couvertures ?

Couverture des chants de la Walkyrie d'Edouard Brasey

Couverture typique de l'éditeur qui ne sait pas mettre en valeur ses livres: une jolie illustration sans aucun contraste, sur lequel on met un gros bandeau blanc moche avec un titre qui utilise une police moche et une couleur moche. Bref, ça n'attirera jamais votre oeil.

Si J’ai Lu, Pocket ou même parfois Le Livre de Poche l’ont enfin compris et proposent de jolies couvertures, les éditions Pygmalion et Belfort, qui publient de la SF/Fantasy en grande édition et qui sont donc en confrontation directe avec Bragelonne viennent tout juste de le faire. Les éditions Belfort, avec notamment La Malédiction de l’Anneau a commencé un réel travail derrière le lancement de sa série. Ils ont par exemple fait l’effort de créer un site internet entièrement réservé à la série, mais ont aussi participé à l’opération Masse Critique de Babelio, ce qui m’a permis non seulement de faire la critique des Chants de la Walkyrie, mais de repérer la sortie du deuxième tome dans les librairies: Le Someil du Dragon.

Non, je ne compte pas l’acheter, d’abord parce que j’ai d’autres livres à lire, mais surtout parce que je suis choqué des pratiques des éditions Belfort, qui ont enfin compris le business-model de Bragelonne:

Couverture du Sommeil du Dragon d'Edouard Brasey

Ah bah oui, mais pour le tome 2, on s'est rendu compte que le bandeau c'était moche, qu'il fallait peut être mettre du contraste, que la police était moche et que le rose fushia c'était pas terrible.

Ok, et là on va diviser le public de lecteurs en deux catégories. Ceux qui n’ont rien à foutre de la couverture et les maniaques comme moi.

Nouvelle couverture des Chants de la WalkyrieSauf que moi, je fais parti des maniaques, et si j’avais acheté le premier tome au prix fort de 20€ il y a moins de 6 mois, un livre neuf qui vient tout juste d’être publié, j’exigerai au moins qu’il y ait une continuité dans les éditions. Je veux bien que le packaging change entre le Trône de Fer 1 et le 12, mais y a quand même des limites. Rien que pour ça je n’achèterai pas le deuxième tome, et toc.

Bref, le plus marrant dans l’affaire, c’est que si vous voulez acheter aujourd’hui les Chants de la Walkyrie, vous aurez l’ancienne édition avec dessus une jaquette en papier qui représente la future édition… qui ne doit pas encore être imprimé. Je n’ai malheureusement pas pu vous trouver l’image sur internet hormis cette petite miniature à droite.

Bref, à la prochaine pour Bragelonne Contre Attaque.


Ernest Hemingway, né en 1899 et mort par sa main en 1961 pour échapper à l’impuissance et à la folie naissante, est un des auteurs américains les plus connus. Fils d’une famille nombreuse, pratiquant la chasse très jeune, c’est vers le journalisme qu’il décide de s’orienter en 1917. Ça tombe plutôt bien, il y a comme un conflit de l’autre côté de l’Atlantique. Hemingway parvient à s’engager en 1918. Rapidement blessé, hospitalisé, il survivra au conflit. Plus tard, il s’engage comme journaliste dans la seconde guerre mondiale, aux côtés des Républicains, en Espagne. Il voyagea énormément dans sa vie, créant un peu la figure de l’écrivain aventurier, baroudeur. Écrivain reconnu, il obtiendra le prix Nobel de littérature en 1954. Il mit fin à sa vie en 1961.

Affiche du film Pour qui sonne le glas

A peine quelques années après sa sortie, Pour qui sonne le glas était adapté au cinéma.

Tout comme Bukowski, tout comme Céline, Hemingway est un de ces auteurs qui a crée un véritable style. Toutefois plus facile d’approche que celui de Céline, il se caractérise par un style extrêmement dépouillé. Si certains émettent l’hypothèse que ce sont les carnages de l’Espagne franquiste qui l’ont amené à ce style, je n’en suis personnellement pas persuadé, vu que Le Soleil se Lève aussi est un parfait exemple de ce style et a été écrit en 1926. Il est possible que ce soit la première guerre mondiale qui lui ait en fait inspiré ce style, mais au fond, peu importe. Il en parle en disant, peu ou prou (je cite de mémoire) « n’écris que si ton personnage fait quelque chose. S’il ne se passe rien, il n’y a pas besoin d’écrire. » Le style d’Hemingway est donc extrêmement dépouillé, sec, tranchant. Pas une phrase dont il n’y ait pas besoin. L’auteur ne se perd pas en longues descriptions, en introspections poussées. Le meilleur représentant de ce style que j’aie lu jusqu’ici est Le Soleil Se Lève Aussi, un livre excellent que je vous conseille vivement, à la fois pudique et sec comme un coup de trique. Mais ce n’est pas de celui-ci que je vais vous parler ici.

Pour Qui Sonne le Glas (For Whom The Bell Tolls) est un livre qu’Hemingway a écrit en 1940. Il n’est pas vraiment autobiographique mais s’inspire fortement de ce que l’auteur a vécu lorsqu’il était journaliste en Espagne, lors de la lutte contre les franquistes. L’histoire est celle de Robert Jordan, ou Roberto, instituteur américain engagé dans la lutte contre les franquistes. Comme toujours chez l’auteur, c’est par des allusions subtiles, des souvenirs, des sous-entendus ou des discussions que l’on découvre le passé des personnages. Mais on en apprend toujours peu sur Robert Jordan, sinon qu’il est vétéran de la guérilla espagnole. Ce dernier s’est vu donner l’ordre de faire sauter un pont stratégique lors d’une attaque massive des Républicains, pour éviter les renforts. On sent parfaitement qu’Hemingway a vécu de l’intérieur ce genre de choses, par l’organisation chaotique de la guérilla, la mission presque impossible qui lui est confiée… Il rejoint donc l’endroit en question et prend contact avec les guérilleros des environs.

Pour qui sonne le glas de Ernest HemingwayTous sont des personnages particuliers, fouillés, possédant une personnalité vraie et attachante, du chef de bande las des combats, brute intelligente ne se battant plus que pour son bout de montagne, à sa femme, Pilar, la matrone forte comme un roc, soutenant Jordan jusqu’au bout. Le tout en passant par Maria, la jeune femme violée par les franquistes et recueillie par le groupe lors d’une attaque contre ceux-ci. Cette dernière est bien sûr le prétexte à une histoire d’amour qui, à mon sens, est un peu trop développée, mais toujours bien écrite, et donnant encore plus de tragique au destin probable de Robert Jordan, qui n’a que trois jours pour accomplir sa mission.

Le contexte est prétexte à de nombreuses réflexions et souvenirs des personnages, où l’on découvre toute l’admiration qu’Hemingway voue au peuple espagnol et, entre autres, à la corrida, goût qui fera froncer les sourcils de certains, mais admirablement justifié par de longs passages poétiques. En filigrane, le fantôme d’un précédent agent de la république, venu mener le même type d’opérations quelques temps plus tôt, et dont on finit par apprendre que c’est Jordan lui-même qui a été forcé de l’achever, revient régulièrement. On s’attache énormément aux personnages, contrastés et pas manichéens pour deux sous, témoin les atrocités commises lors de certaines actions…

Pour moi, c’est la vraie force du livre, au-delà des passages poétiques et mélancoliques sur les paysages, l’Espagne, les souvenirs de guerre ou du Montana originel de Jordan, au-delà du style irréprochable du livre, qui vous fait le dévorer sans le lâcher, car il n’y a pas un mot de trop ; au-delà de tout cela, ce sont les personnages qui font de ce livre un vrai chef-d’œuvre, et on voit l’histoire évoluer peu à peu, les incidents s’enchaînant, la vérité se faisant sur le contexte de l’attaque, et le destin inexorable de Robert Jordan arrive. On le sait, il n’y a aucune surprise, dès le début du livre ; et le personnage le sait aussi, comme tous les autres le savent – ce qui fait des trois jours passés dans les montagnes avec Maria trois jours très précieux –, mais contrairement aux livres où l’on connaît la fin d’avance, on ne veut pas y arriver, tout comme Jordan souhaiterait voir ces trois jours un peu plus longs ; et jusqu’à la dernière ligne, on espère, presque stupidement, s’être trompé.

La fin, pudique et sèche à la fois, clôt magnifiquement ce livre que je ne saurais trop vous conseiller ; à mon humble avis, il s’agit d’un livre du niveau de Voyage Au Bout de la Nuit, un livre « sans-faute », qu’il faut avoir lu dans sa vie.

Ernest Hemingway

D’Hemingway, le livre que j’ai mentionné au début de ce texte, Le Soleil se Lève Aussi, est une petite perle dans son genre, et constitue également une bonne introduction à son style. Paris Est Une Fête, en revanche, franchement autobiographique, n’est à conseiller qu’à celui qui s’intéresserait vraiment à Hemingway, car le livre (posthume) raconte quelques années passées à Paris. Très poétique, on y lit tout l’amour de l’auteur pour cette ville, mais il ne s’agit probablement pas de la meilleure introduction à son univers. En revanche, c’est par ce dernier livre que j’ai appris l’existence d’un autre très grand écrivain américain, Scott Fitzgerald, qui fera l’objet d’un prochain article.


Nouvelle affiche de New Moon: trop sex !

dabYo dans Actualités, Films le 19 mai 2009, avec 18 commentaires
Actualités

Ah décidément, qu’est ce que j’aime écrire des articles sur Twilight ! Je voulais vous faire part de ma lecture de la biographie Robert Pattinson, l’un des plus grands acteurs de cette décenie -d’après la biographie nldr-, mais Seraf’ m’en a empêché, pensant que cela ne correspondait pas avec notre ligne éditoriale. Tant pis pour vous. En tout cas, ça ne m’empêchera pas de vous présenter la dernière affiche du second film de la série: New Moon ! On est pas encore au niveau d’une relation sexuelle entre Bella et Edward (vive Google), mais presque… Attention, c’est h0t.

Affiche de Twilight 2: New Moon

Fiou, j’en ai des sueurs. Les mauvaises langues diront que c’est parce que je suis au soleil depuis quatre bonnes heures devant mon ordinateur avec un gros pull, mais non. Pendant que les chats sont partis aller voir une bonne adaptation cinématographique pour un bon livre, les souris dansent et bavent sur la nouvelle affiche. Pourquoi j’en parle ? Tout simplement parce que j’étais tranquillement sur Twitter quand d’un coup, que vois-je ? New Moon parmi les Trending Topics ! Ni une ni deux, je clique, et je peux y constater l’effroyable vérité: le temps que je clique sur un lien vers cette affiche, et que je la regarde, ce dernier a été reTwitté plus de quatre cents fois avec des commentaires comme dude!!!New moon’s poster is HOTTTTT!!!!!!!!! ou bien cant wait for new moon! i have all the behind the scenes secrets! and what parts of the book will and wont me in it!

Arf, ça y’est, on a perdu plus des trois quart de nos lecteurs. Merde alors, je savais que c’était dûr pourtant. Bref, tout ça pour dire qu’on va encore nous servir du Twilight en cette fin d’année, je pensais qu’ils prendraient au moins deux ans pour faire le second film, histoire qu’il soit bon quoi. Mais non.

Sinon, elle est vraiment sexy cette affiche ?


Millenium, le film de Niels Arden Oplev

Serafina dans Critiques, Films le 18 mai 2009, avec 11 commentaires
Critiques

J’ai pu lire il y a quelque temps le premier tome de la série Millénium. Juste à temps pour pouvoir voir le film quoi. Ce dernier est a l’origine un téléfilm produit par une chaîne suédoise (entre autres), il dure 2h30 et a été réalisé par Niels Arden Oplev (à vos souhaits) et à pour têtes d’affiches: Michael Nyqvist, Noomi Rapace, Lena Endre. Bref que des noms qui fleurent bon le fjord. Et avec des noms pareils, on est en droit de s’attendre à une adaptation très fidèle et non policée, ce qui est habituel pour faire rentrer les revenus dans les salles et engraisser les producteurs hollywoodiens. Oui j’exagère je sais, mais l’idée est là. C’est une adaptation suédoise, d’un bouquin suédois qui se passe en Suède. Ouf.

Je ne vous ferais pas l’affront de vous rappeler les bases de l’histoire, vous êtes je n’en doute pas, de fidèles lecteurs et si vous ne l’êtes pas je vous renvoie à ma critique des hommes qui n’aimaient pas les femmes, car évidemment les bases sont les mêmes, et pas seulement à vrai dire.

Millénium le film

Bon, ça fait un peu serie télé française là...

Il est difficile de voir une adaptation sans avoir à l’esprit le livre originel. Surtout quand la lecture est très récente, il est alors encore plus ardu de faire abstraction. Et puis il est des adaptations qu’on attend au tournant, et où les fans passent leur temps à chipoter sur « mais non Hermione elle s’habille pas en rose« , « mais non machin…« . Ce n’est pas le cas ici. C’est une des adaptations les plus fidèles que j’ai pu voir. Bien entendu certaines scènes sont coupées, d’autres changent d’ordre, mais ça sert vraiment bien le film et le livre est très bien respecté.

Et surtout il n’est pas aseptisé, ce qui aurait probablement été le cas dans une production américaine ou même française. En effet, certaines scènes sont dures, violentes mais il n’y a pas de voyeurisme, comme dans le livre quoi. Ces scènes justifient amplement l’interdiction aux moins de 12 ans, même si personnellement j’aurais plutôt mis moins de 16. J’aurais vu les scènes en question à 12 ans je pense que j’aurais été clairement traumatisée.

Mais bon, ces scènes ne sont pas gratuites, et il ne faudrait pas se méprendre sur Millénium. C’est un thriller très immersif. Les beaux paysages suédois nous plongent immédiatement au cœur de Hededstat, et les passages se déroulants dans la Suède civilisée sont aussi relativement bien foutus. Ils sont d’ailleurs quasiment tous en pleine nuit. Eh oui ça tombe tôt la nuit là bas. A ce propos le contraste entre les parties se déroulant en ville et celles dans la nature à Hededstat est saisissant. L’île apparaît comme un véritable havre de paix, pourtant, à un endroit comme à l’autre, la violence et l’horreur sont présentes.

Quant aux acteurs, ils sont vraiment bons. Évidemment, la palme revient à Noomi Rapace, qui incarne ici une Lisbeth Salander plus vraie que nature, totalement convaincante. La hackeuse punkette est celle qui en impose le plus à l’écran. Et surtout le personnage est bien traité, à cet effet une scène du tome 2 serait introduite ici, et je ne peux qu’approuver ce choix car le personnage en sort encore plus intéressant. De même, elle ne perd pas son coté non-politiquement-correct. Blomkvist (Michael Nyqvist) aussi est bon, il a un petit air du dernier James Bond mêlé à un inspecteur de PJ, vous savez la série sur France 2. Il est convaincant, mais éclipsé par la prestance de Lisbeth. Ceci dit, dabYo n’étant pas d’accord avec moi, il est aussi possible que je sois influencé par mon fanatisme pour Lisbeth.

Millenium le film

En bonus : l'autopsie d'un mac !

Bon, bon, je parle je parle, mais le principal, je l’oublie. Car Millénium c’est avant tout une enquête. Si elle est relativement simplifiée pour tenir en 2h30, elle reste suffisamment tordue pour que vous ne vous ennuyiez pas. De plus, même si vous n’avez pas lu le bouquin, vous pourrez tout à fait suivre, et comprendre ce que font les héros. Certes, parfois les textes affichés en suédois ne sont pas traduits, ce qui est un peu gênant. De même quand les héros se servent de Photoshop, nous nous reconnaissons parce que Photoshop, on l’utilise à longueur de journée, mais je pense que pour le grand public, traduire ça aurait aidé (mettre Contraste à la place de Kontrastirien par exemple). Bon ce n’est pas handicapant, mais un peu gênant tout de même. En tout cas, dabYo n’avait pas lu et a tout a fait pu suivre l’évolution de l’enquête.

Le film est relativement dynamique, même si il s’essouffle un peu sur la fin. Et encore, ils ont vachement charcuté l’espèce d’épilogue qui clôt Les hommes qui n’aimaient pas les femmes. Ce n’est pas un mal, car une fois l’enquête résolue, il n’est pas facile de passer à une autre aventure…

Au final, un vraiment bon film, que je vous conseille, que vous ayez ou pas lu Millénium. Pour un téléfilm, c’est bien meilleur que bon nombre de soit disant films…


Passage du vent par Harry Bellet

Serafina dans Critiques, Livres le 15 mai 2009, avec 3 commentaires
Critiques

Passage du Vent est un polar qui nous a été offert par les éditions Laffont par l’intermédiaire de Blog-o-Book. Site listant les critiques des différents blogs littéraires et que nous remercions ! Le roman, sorti au mois dernier, est sous titré une enquête de Sam Adams et fait donc partie de la série entamée par Harry Bellet autour de ce personnage..  Il compte à peu près 300 pages, écrites très gros et avec pas mal de pages blanches (entre chapitres), autant dire qu’il se lit très/trop vite. Harry Bellet est journaliste au Monde et historien de l’art. Ces deux points sont notables car ils se ressentent énormément dans le bouquin.

Sam Adams est un ancien soldat des forces françaises, depuis lors il est devenu assureur spécialisé dans l’art et détective. Et il doit aussi faire des trucs assez dangereux, car au début du bouquin il est enfermé à Guantanamo. Faut dire qu’il contrarie pas mal le maire de New York, qui est une vraie crapule. Sur fond d’art moderne, le bouquin suit en parallèle de nombreux personnages: Sam, une fliquette, une russe et son garde du corps, le maire, et j’en passe et des meilleurs. Tous les personnages ou presque sont liés, et pour cause la plupart sont des personnages récurrents de la série et nous en sommes au troisième tome. Ouais au trois. Alors on a vraiment l’impression d’être balancé en plein milieu d’une série. Pendant les 100 premières pages c’est un peu la misère pour comprendre ce qu’il a bien pu se passer et quels sont les liens entre les personnages.

Je ne sais pas si c’est une caractéristique inhérente au genre ou pas ceci dit. Car par exemple dans les Connelly qu’a pu lire dabYo, certains éléments sont rappelés d’un bouquin à l’autre, parce qu’on n’est pas obligé de les lire dans l’ordre. Ici, j’ai quand même été très perdue. Il y a beaucoup d’informations en peu de pages et pour tout retenir ce n’est pas facile, de plus les deux premiers tomes sont quand même énormément spoilés, ce qui ne me donne pas spécialement envie de les lire maintenant que je connais les détails des dénouements.

Passage du vent de Henri Bellet

A part cela, il faut aussi savoir que ce n’est pas une enquête de Sam Adams contrairement à ce qui est écrit sur la couverture. Ce n’est pas une enquête tout court. C’est plutôt comment on fait pour sortir Sam de Guantanamo. Un peu surprenant et trompeur sur la marchandise aussi du coup. Parce que du coup on attend l’enquête, et on arrive à la page 250 et la on se dit qu’il n’y en aura pas. Ce sont plutôt les actions entreprises par les proches de Sam pour le recourir qui nous sont narrées. On a presque l’impression d’être dans un filler Naruto, une sorte d’interlude entre deux enquêtes. Bon il y a un petit peu d’action à la toute fin, mais ce n’est vraiment pas ce qu’on aurait pu attendre avec un tel sous-titre. Un brin frustrant.

Bon hormis tout cela, le style est réellement agréable. Le principe des narrations croisées est certes classique, mais diablement efficace. Au final , le livre marche parce que je n’avais qu’une envie c’est lire la suite de Machin, même si entre temps je me tape 6 autres points de vue. Vous savez le même principe que pour un certain Trône de Fer.

Par contre j’ai trouvé les personnages relativement peu développés pour certains. Mais d’un autre coté, peut-être le sont-il plus dans les précédents tomes. De plus comme je l’ai dit, il y a très peu de contenu au final avec ces pages blanches et cette police, donc forcément niveau développement j’ai connu mieux. Quant aux autres personnages, ils sont vraiment trop stéréotypés. On a droit au Russe taciturne, excellent guerrier qui aime écouter des symphonies de Mozart en astiquant son Ak47. Et surtout, le méchant, il est vraiment méchant, mirez un peu : il n’aime pas les français et il étrangle des chatons !! On atteint des sommets là.

Par contre on voit que l’auteur est très bien documenté. Tout d’abord sur Guantanamo (sans doute le coté journaliste): les interrogatoires sont réalistes (et il cite ses sources, généralement des personnes l’ayant subi) et le camp est très bien décrit. De même, tout ce beau monde baigne dans l’art moderne, que cela soit la Russe, le Maire, ou même Sam (assureur d’art je vous le rappelle). Les références sont donc nombreuses, même si je ne les remarque pas vraiment étant donné que je n’y connais rien du tout.

Bref, pour être honnête j’ai eu l’impression de lire du vide quand même. On attend une enquête qui n’arrive jamais, il n’y a que peu d’action dans le fond, les personnages ne sont pas très fouillés dans ce tome, et il est relativement difficile de rentrer dedans si on n’a pas lu les précédents. De plus il n’y a réellement pas beaucoup de contenu… Ce n’est pas un mauvais livre je pense, mais il est vraiment léger.