Millenium 1 de Stieg Larsson

Serafina dans Critiques, Livres le 30 avril 2009, avec 9 commentaires
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Millenium, vous n’avez probablement pas pu y couper à moins que vous ne viviez dans un bunker. Millenium c’est une trilogie de romans policiers (voir de Polar, mais je ne suis pas sûre de pouvoir faire une distinction claire entre ces deux termes) édités chez Acte-Sud et avec une très jolie couverture, qui a pour couleurs principales noir et rouge. Tiens comme Twilight. Mais bon, j’ai décidé d’arrêter d’acheter des bouquins pour leurs couvertures… Sauf quand ils sont en occase. J’ai donc dégoté le premier tome en seconde main à Aix-en-Provence, et je l’ai rapidement commencé, sans trop d’aprioris.

Alors Millenium c’est un petit journal d’investigation économique, un peu comme un canard enchainé mais surtout centré sur l’économie. Un de ces principaux actionnaires Mikael Blomkvist se retrouve mêlé a une sale affaire de diffamation, finit en procès, et par la même perd toute la crédibilité nécessaire à son job. C’est la qu’une offre en or se présente. Un vieux monsieur : Henrik Vanger, l’engage pour enquêter sur une affaire criminelle vieille de 40 ans. C’est le début de l’histoire.

En parallèle, on suit Lisbeth Salander, une jeune femme mentalement perturbée (pouvant souffrir du syndrome d’asperger, une forme particulière d’autisme enfin, l’appartenance de Asperger à l’autisme est un sujet controversé, mais nous n’en parlerons pas ici), fouille-merde et hackeuse de génie.

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Le clan Vanger a tout d’un clan de série télévisée de l’été. Grande famille richissime, son histoire regorge de coins sombres, de secrets de polichinelles et de non-dits. Mikael va devoir démêler tout cela s’il veut mener à bien ce pour quoi il a été engagé. Chacun des personnages (et ils sont nombreux) à sa propre personnalité, est suffisamment fouillé et on se laisse très rapidement prendre. C’est un peu un cluedo géant où les pièces s’imbriquent peu à peu. Pour nous aider le livre nous fournit des cartes ou bien une liste des noms, bref on est vraiment pris dans l’enquête, on progresse en même temps que Mikael. Et on fait aussi des hypothèses, et on cherche.

On est rapidement immergé, et aussi dépaysé. Le roman se passe en Suède (l’auteur était lui même suédois). On est peut être un peu perdu au niveau des coutumes (c’est quoi ces gens qui dinent à 17h..) mais au final c’est assez grisant. La suède (et dans notre cas une petite ile au nord du pays, étant donné que l’affaire en question est un huis-clos)est véritablement un personnage du roman. Ce pays un peu obscur ou il gèle a pierre fendre est au centre de l’intrigue et bien évidemment de la vie des personnages.

A ce propos, ma préférence va immédiatement à Lisbeth. Il faut dire que c’est un personnage singulier. De part ses problèmes mentaux elle ne réagit pas du tout comme un humain habituel. De ce fait elle prend régulièrement le lecteur à contrepied. La ou une femme irait normalement prévenir la police, Lisbeth ne considérera même pas cette possibilité, et ira faire justice elle même. Du coup elle n’a pas le même sens moral que la plupart des héros et apporte un certain cachet au livre en amenant des dénouements parfois surprenants.

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Stieg Larsson

Le titre de ce premier tome « Les hommes qui n’aimaient pas les femmes » peut laisser perplexe. On le comprend ceci dit au fur et a mesure qu’on avance dans le roman. Les débuts de chapitres comprennent une ou deux phrases en italiques sur des statistiques suédoises. Le pourcentage de viols, de femmes qui subissent des violences. Tout ceci concours à considérer Millenium en partie comme une critique de la societé suedoise. Je ne la connais pas assez pour juger néanmoins la veracité de ces affirmations, mais elles aident a ancrer le livre dans la réalité.

L’écriture est fluide et discrète. L’auteur pour une fois a une relative pudeur. Y compris pour ce qui est des scènes très difficiles (il y’en a quelques unes) il n’y a aucun voyeurisme. C’est à noter car c’est un peu le contraire de la tendance actuelle. Larsson préfère se concentrer sur son intrigue et sur les personnages qu’il développe plutôt que sur le gore gratuit. Et ca, c’est bien. Ca fait du bien surtout, car je commence à avoir soupé des thriellers qui foisonnent de scènes dures de manière totalement gratuites.

Au final, ce tome a une fin en soit (je vous le dit, car moi je ne le savais pas) le dénouement est relativement surprenant mais se tient. Bon les passages âpres la résolution de l’enquête je m’en serais passée, mais d’un autre coté cela permet de préparer gentiment le terrain pour le tome 2.

A noter que ce premier tome sort en adaptation cinématographique le 19 Mai.


Bon, il nous est arrivé de nous plaindre des livres que nous offraient nos familles respectives. Il va aujourd’hui me falloir démentir cette assertion car je vais vous parler d’un livre que m’a offert ma belle-mere. Il s’agit d’un très beau livre de chez Seuil, relié avec la couverture toute douce comportant une vingtaine de contes chamaniques des quatre coins du globe ainsi que de nombreuses illustrations.

Bon, ce n’est pas réellement le genre de livre que j’ai l’habitude de lire, loin de la. Ceci dit j’ai toujours apprécié les contes du monde. Peut être même plus que nos contes traditionnels européens. Je me souviens du gros livre de contes que j’avais petite et ou mes préférés étaient les contes amérindiens. Bref, peut importe. Donc ce livre est très beau, mais relativement petit  et ne fait que 200 pages. C’est plus un livre – objet à offrir ou à se faire offrir. Ca fait très joli dans la collection ceci dit.

Petit aparté sur les chaman : il s’agit globablement de l’intercesseur entre le monde des esprits et des hommes. Les chamans ont existés (et existent) dans de nombreuses régions du monde : de la sibérie a l’amazonie, la culture chamane est là. De tous temps les hommes ont eu recours aux savoirs-faire du chaman.

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Contes des sages Chamanes

Ces contes nous emmènent dans les tribus parfois primitives du monde entier. Quand les hommes parlaient à la Nature et quand les chaman chevauchaient le tambour. Tous sont emprunts de magie et de mysticisme. La communion avec la nature est très présente . Les mythes sur la fondation du monde sont relativement originaux et en tout cas plein d’esprit.  On lit ses contes avec plaisir. C’est aussi le moyen de découvrir des modes de pensée inconnus et de voir comment ses tribus acceptaient les aléas de la vie. La mort ou la maladie sont traitées de manière naturelles, sans être cachés comme cela peut l’être dans les civilisations européennes.

A ce niveau on remarquera quand même d’étranges similitudes entre les ficelles scénaristiques des contes du monde et ceux qu’on a l’habitude de connaitre (ceux de Grimm par exemple) qui témoignent probablement d’une inspiration mutuelle, a moins que vous ne soyez adepte d’une théorie à propos de la mémoire commune, mais nous n’en sommes pas la.

Au niveau des points négatifs, on pourra reprocher au livre de ne pas nous indiquer d’où proviennent les contes. Enfin, certes y’a écrit par exemple ‘Conte Kyouste’ mais d’où est ce que je sais ou se trouve la Kyoustie moi ? Des informations la dessus auraient été bienvenues. De même qu’une rapide présentation de la tribu ou autre. Par contre les sources elles sont citées de manière détaillées dans la bibliographie, ce qui est un bon point.

Enfin au final il s’agit d’une lecture tres agréable, mystique par moment, mais passionnante. On regrette un peu la taille du livre, il se dévore en quelques heures. Mais c’est le genre de livre à relire. Comme quoi nous avons été mauvaise langue ;p


Quoi ? Des nouvelles d‘Evanescence ? Le groupe ne serait pas mort ? Pire un live ? WTF ?

Eh bien, oui, un nouveau live d’Evanescence est apparu il y’a un peu moins d’une dizaine de jours. Vous n’étiez pas au courant ? Moi non plus. Et pour cause. Le concert en question date de … 1999.

Ahem, oui ça choque un peu. Amy Lee et Ben Moody se produisaient, accompagnés d’une choriste à Vino’s (un bar apparement). Apparu sur Ebay us il y’a une dizaine de jours il a rapidement été posté sur le net. Et comme la politique du groupe Evanescence a toujours été favorable au donwload des anciens titres, nous allons vous proposer ici d’y jeter une oreille. Il s’agit donc de la formation originelle du groupe , ils sont ici agés de 17 à 18 ans, ils tenaient déja une bonne heure de show.

Et surtout Amy Lee chantait juste. Oui c’est à préciser car pour la plupart des lives qu’on a pu entendre depuis, c’était un peu catastrophique. Alors certes du coup elle ne bouge pas des masses, mais quel plaisir pour la fan qui someille d’entendre des titres très rares en live avec cette justesse.

Entre autre on notera Lies, Solitude , Where will you go ou encre Give unto me, qui font à mon humble avis parti des meilleurs morceaux d’Evanescence et qui ont été totalement zappés par la suite. Et encore mieux : une chanson totalement inédite, jamais entendue a ce jour, qui n’est cependant pas sans rappeler Missing, et c’est elle que je vous propose de visionner ici :

…Je serais tentée de vous dire a quel point ce bootleg moisi me fait plaisir, mais vous vous moqueriez de moi. Sachez cependant que Origin est un album qui compte énormement pour moi et que j’ai du écouter en boucle des centaines de fois. Et rien que parce qu’ils ont fait Origin je resterais une grande fan. Mais bon hein, je suis supposément sur un blog serieux ici (Kyyyaaa >3< quand meme na ;p).

Vidéos Youtube :

01 – Intro
02 – Whisper
03 – Imaginary
04 – Where will you go
05 – Unknow song
06 – Exodus
07 – Give unto me
08 – Don’t fear the reaper [reprise de Blue Oyster Cult]
09 – Understanding
10 – Lies
11 – Solitude

On remercie très fort Evthreads.


La Compagnie de la Foudre de Stan Nicholls

dabYo dans Critiques, Livres le 24 avril 2009, avec 8 commentaires
Critiques

La Compagnie de la Foudre de Stan Nicholls faisait parti des titres que je voulais lire depuis que les éditions Milady ont envahi les étagères des libraires. La raison était très simple: j’avais le secret espoir qu’en étant du côté typé méchant, je pourrais lire un livre plutôt original et qui bouleverserai certains des clichés de la Fantasy. Synopsis.

La Compagnie de la Foudre, Orcs 1 de Stan Nicholls

Stryke est un orc, un vrai, il aime tuer ses adversaires, et se battre. C’est un soldat né, plutôt doué, et qui s’est retrouvé assez rapidemment propulsé au grade de lieutenant de sa propre escouade, les Renards. Alors qu’ils sont entrain de mener à bien une mission secrète pour leur commanditrice, la compagnie Orcs est la cible d’une razzia totalement inattendue. En se faisant surprendre de cette manière, la mission devient un échec et une mort certaine les attend à la maison: la reine n’aime pas que l’on échoue…

Pour être honnête, le livre commence vraiment bien, et m’a bien fait croire pendant une centaine de pages que je n’étais pas -une fois de plus- face à un livre qui essaie de mélanger toutes les recettes pour faire de la bonne Fantasy. Je dirai même que les quelques premières pages sont presques excellentes. Les orcs sont décrits comme des êtres ne vivant que pour se battre et massacrer les ennemis, et ça change des humains caractéristiquement bons et loyaux blablabla. Bien sûr, il y a des exceptions, mais celles ci sont elles aussi généralement peu variées. En fait, j’esperais voir ici un livre où, grâce à des conventions nouvelles, l’auteur se permettrait des passages différents. J’ai par exemple bien aimer voir des orcs parler des frèles humains qu’ils massacraient, et dont ils trouvaient les visages horriblement moches.

Malheureusement mon engouement pour la Compagnie de la Foudre, premier tome de la série Orcs, est vite retombé. On voit petit à petit arriver la trame principale d’une quête très typée Heroic Fantasy, et le côté que j’aimais bien aux orcs fini peu à peu par disparaître. Alors qu’ils étaient des brutes sanguinaires tuant femmes et enfants au tout début, ils deviennent petit à petit des créatures au grand coeur. Bizarre comme retournement de situation non ? Et voilà nos orcs partis, seuls contre tous, pour sauver l’ensemble des races, essayant par la même de protéger des régions entières d’un mystérieux poison, voir même de combattre le racisme.

La Compagnie de la Foudre, Orcs 1 de Stan Nicholls

Bref, on est donc bien loin de ce que la série nous laisser miroiter, et bien qu’il soit intéressant que pour une fois la série montre la bétise humaine et non celle des orcs dirigés par un Sauron-like, il faut avouer que l’intérêt de la Compagnie de la Foudre n’est pas très grand. Les passages sont bien trop stéréotypés, on ne parlera même pas des dialogues qui sont proches du risible, et les récits de combats trop frustrants. A chaque fois, on se retrouve avec un orc théoriquement en danger, qui n’a pas le dessus mais qui fini, bien entendu, par couper son adversaire en deux. En soit, la ficelle est très souvent utilisée dans la littérature. Mais de là à le faire pendant cinq pages toutes les trente, hm…

Enfin, ça m’apprendra. Après tout, il était bien écrit derrière le bouquin que David Gemmell l’a adoré et que le tout est bourré d’action. On ne peut pas dire qu’ils nous ait trompé sur la marchandise: c’est effectivement bourré d’action, pathétique certes, mais d’action quand même, et le titre est à la hauteur de Légende: prévisible et attendu du début jusqu’à la fin. Dommage, car le style de Nicholls est plutôt sympa, et que le principe était très intéressant. De même, certains personnages, notamment la reine, étaient partis du bon pied. Mais pour chacun d’eux, Nicholls fini dans le répétitif qui lasse et qui est stéréotypé à souhait. Et pour cela, aucun personnage n’y échappe, ni même la reine.

Au final, le pire reste quand même l’incohérence au niveau du caractère des personnages. L’auteur inciste au début du livre sur le côté très impulsif des orcs. Un lieutenant doit se faire respecter et cela passe souvent par la force. Si le lieutenant demande des choses impossibles, l’unité se rebelle quitte à le mettre sur la touche, le tuer quoi. Or, toutes les péripéties qui vont être vécues par notre unité ne pourraient l’être si on prend en compte ce postulat. C’est comme si j’étais le chef d’un groupe, que pour lui plaire je dois faire ce que la majorité veut, et que du jour au lendemain je leur demande de se suicider. Le feront ils ? Hm, non.

Bon alors que retenir sur tout ça ? Honêtement, pas grand chose. Le livre m’a plus passionné parce que j’attendais qu’il devienne bien que par sa qualité intrinsèque. A dire vrai, il n’y en a pas du tout. Si vous n’êtes pas fans de ce type de Fantasy, passez votre chemin. A moins d’avoir vraiment rien d’autre à lire, passez de nouveau votre chemin, car la série Orcs ne mérite vraiment pas que l’on s’y attarde… Une bouse de plus pour Milady ?


Lunatic Café de Laurell K. Hamilton

Serafina dans Critiques, Livres le 21 avril 2009, avec 5 commentaires
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Lunatic Café est le quatrième tome de la série des Anita Blake. Si vous suivez ce blog un minimum vous devez déjà savoir que j’ai lu les trois premiers livres et que j’ai pas mal aimé. Bon, donc logiquement vous vous attendez à une énième critique positive ayant pour but de vous faire lire cette série.

Eh bien, oubliez vos aprioris.

Lunatic Café, Anita Blake, de Laurell K. Hamilton

Vous aimiez les enquêtes d’Anita ? La description du monde ? Le fait qu’on apprenne de plus en plus sur le background des divers personnages? Vous allez être déçus.

L’enquête, si on peut oser appeler ca comme cela, intervient pendant 100 pages sur à peu prés 500. Anita n’utilise pas non plus ses pouvoirs de réanimatrice, et elle ne bute pas de vampires. Alors me direz vous à quoi servent les autres pages ? Peut être à en apprendre plus sur les loups garous ? Dans le mille ! Nos pauvres petits loupiots sont mal vus par la société. En fait dans Anita Blake la lycanthropie est une métaphore du sida en quelque sorte. Les gens ont peur de la contagion et des idées reçues circulent ce qui handicape gravement la vie sociale et professionnelle des malades.

Il faut réussir à intégrer les loups garous à la société. Pour cela Raina, la femelle alpha a eu une idée du tonnerre ! Elle a trouvé un moyen génial pour rendre populaire les lycanthropes. (qui sont dans le livre des loups, panthères, voir même cygnes… D’ailleurs à ce niveau l’appellation est totalement abusée car Lycanthrope vient du grec, et veut directement dire homme-loup alors l’employer pour des panthères… Bref passons). Il s’agit de les faire tourner dans des films pornos aux tendances zoophiles !!!!! Je pense que le nombre de points d’exclamation vous donne une bonne idée de comment j’ai pris le tournant scénaristique.

Lunatic Café, Anita Blake, de Laurell K. Hamilton

Bon on ajoute à cela qu’un des pornos dégénère en snuff movie évidemment, et c’est l’occasion d’avoir droit à des interrogations aussi passionnantes que « Richard a-t-il couché avec Raina ? » , « Est ce que Jean-Claude est un bon coup? ». Et puis manquerait plus que nos trois compères (Anita , Richard, Jean-Claude) découvrent que si ils forniquent tous ensemble, ils seront plus puissants. On se demande un peu où on est tombée et où est passé ce qui faisait le charme des précédents.

Bon je suis mauvaise langue. Une bonne partie du bouquin est consacrée à la relation entre Anita et Richard, comment elle a du mal avec la lycanthropie de son copain, comment il a du mal avec la rudesse de sa copine. Et puis bon au moins on échappe aux scènes de cul car Anita comme Edward de Twilight ne veut pas de sexe avant le mariage ;p Ceci dit, je ne suis pas spécialement fane des bouquins de romance. Enfin, si, parfois, j’ai adoré Orgueil et Préjugés, mais ce n’est pas pareil. Là je trouve cela assez plat, et ce n’est pas ce que je recherchais dans le bouquin.

Au final ce tome 4 fut une grosse déception. Je lirais le tome 5, Le Squelette Sanglant, histoire de voir, mais je suis très sceptique.


Angemort de Sire Cédric

Serafina dans Critiques, Livres le 20 avril 2009, avec 5 commentaires
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Sire Cédric est un auteur dont j’ai entendu énormément de bien, majoritairement dans le milieu gothique. On m’avait chaudement recommandé ses bouquins en me disant « Tu aimes Poppy Z. Brite ? Tu devrais aimer aussi ce qu’il fait ». Bon ok. Le truc c’est que ses premiers romans ont été édités chez Nuits d’Avril et que la maison d’édition en question …. a été placée en liquidation judiciaire l’an dernier. Autant vous dire que trouver un de ces bouquins s’annonçait difficile. Et puis à Paris, chez Gilbert Jeune (un des bouquinistes parisiens de Fantasy/Science Fiction dont dabYo vous avait causé) j’ai trouvé Angemort.

Angemort est son premier roman, sorti en 2006. A noter qu’il a obtenu le Prix Merlin en 2007.  Il met en scène Cheverny, un esthète, très riche, et collectionneur macabre. Il vit dans les catacombes avec sa servante Jad, médium à ses heures, où il collectionne les squelettes. Jusqu’au jour où il acquiert une superbe peau d’une jeune fille décapitée. Ce qu’il ne sait pas c’est que cette peau n’est pas seulement jolie: des êtres malfaisants la recherchent à tout prix !

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Bon dit comme cela, le scénar ne donne peut être pas envie. Mais à vrai dire, le réel attrait du livre, plus que son histoire, est son ambiance, et l’expérience de lecture qui en découle. Car l’auteur arrive très rapidement à installer une ambiance. Pas de descriptions pompeuses, mais on visualise très vite et très bien. Il ne m’a pas fallu longtemps pour voir distinctement Jad, Cheverny ou les autres. Bon bien évidemment, on baigne un peu dans le visuel qu’on pourrait qualifier de gothique ou de fétichisme. Latex, résilles, voir même cagoule de cuir seront au programme. Et là dessus l’illustration de couverture (représentant Jad) est très bien faite, car elle annonce parfaitement la couleur. Les différents lieux sont très bien retranscrits, et on se croirait réellement dans les catacombes.

Le rythme est intense, peut être un peu trop, car on a parfois l’impression que tout va trop vite et qu’il aurait gagné à plus se développer, certaines idées étant réellement intéressantes. Je pense ici aux pouvoirs de Jad. Ceci dit, on est rapidement happé et les 230 pages se lisent très très vite. Le style est prenant, bien que dépouillé.  Certains passages sont très gros, limite ridicules. Est-ce volontaire (afin de se moquer du genre, ou d’exagérer le coté Série B qui pointe son nez de temps à autre) ou non, je n’en sais rien. Cela ne m’a pas dérangée outre mesure. En fait on est dans une histoire tellement délirante qu’un peu plus ou moins, on n’est pas réellement à cela près.

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Sire Cédric

Sire Cédric pourrait ici s’inscrire dans le courant Splatterpunk. Pas étonnant qu’il cite Clive Barker comme un de ces auteurs préférés. Son style est très direct, et sans fausse pudeur. Ce qui doit être dit est dit, que ce soit gore ou non, peu importe. On est donc, comme dans un livre de Brite, bousculé et prit aux tripes par ces scènes de violences, de sexe ou même des deux ensemble (ah oui, les démons vous savez c’est pas des tendres). Pour cette raison je ne conseillerait pas ce livre aux âmes sensibles et il peut être difficile à lire si vous n’en avez pas l’habitude (moins qu’un Corps Exquis quand même).

Un auteur que je ne serais que vous conseiller, en plus il est français ce qui ne gache rien. Aucun risque de tomber sur une traduction mauvaise ou ratée, et puis c’est quand même rare les bons auteurs francais ! A noter qu’il vient de sortir L’enfant des cimetierres chez le Pré aux Clercs, trouvable dans toute bonne librairie. Je viens de le recevoir il y’a quelques jours, donc je vous en parlerai bientôt.


L’appel de la Lune de Patricia Briggs

dabYo dans Critiques, Livres le 17 avril 2009, avec 8 commentaires
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Alors que Serafina se fait les fondamentaux de la Bit-Lit avec Anita Blake, c’est à mon tour de vous présenter l’un des pilliers du genre: Mercy Thompson. Enfin, pillier, c’est vite dit. La série de Patricia Briggs s’est tout simplement propulsée sur le devant de la scène grâce à ses qualités que l’on peut nier. Mais avant tout, je pense qu’un synopsis est désirable.

Mercy Thompson, L'appel de la Lune de Patricia Briggs

Mercy Thompson, de son vrai prénom Mercedes, est réparatrice de voitures allemandes aux Etats Unis. Elle est notamment spécialisée dans l’entretien des Wolkswagens. Seulement voilà, si cela s’arrêtait là, le récit risquerait de ne pas être intéressant. C’est pour cela, qu’à coté, elle peut se transformer en coyotte, côtoit des loups-garous et répare de temps à autre le van d’un vampire nommé Stefan. Excitant non ? Ouais, nous sommes bien dans la Bit-Lit, avec un univers que nous connaissons bien dans lequel se baladent toutes sortes de races, en passant par les habituels Vampires et Loups Garous.

Autant le dire tout de suite, ce premier tome est une sorte d’introduction à l’univers et à de nombreux passages, notre héroïne va nous expliquer comment ces races interagissent entre elles et comment elles font pour rester dans l’ombre du savoir humain. Vous vous demandez ce qu’est un alpha ? Pourquoi les vampires sont considérés comme la Mafia surnaturelle ? Et bien, toutes ses questions trouveront leur réponse au bon milieu des trois cents pages que comptent le roman. Bien entendu, il y a pas que cela, et le tout sera dévoilà au fur et à mesure de l’enquête que va mener, malgré elle, Mercy.

En effet, il semblerait que Patricia Briggs ait directement repompé le principe qui a fait le succès d’Anita Blake, avec pour chaque tome une sorte de petite enquête, qui tantôt sera basée sur un meurtre, tantôt sur l’agression de tel leader Loup Garou. Contrairement à Laurell K. Hamilton, il faut avouer que Patricia Briggs cache d’une manière plus efficace les indices. Malheureusement, ce n’est pas étonnant vu le final et le retournement de l’énigme sera vraiment des plus décevant. Je n’avais jamais lu jusqu’à présent des motifs aussi pathétiques pour un personnage qui est supposément le gros méchant du tome. Mais passons sur cela.

Mercy Thompson, L'appel de la Lune de Patricia Briggs

Le style de l’auteur chouchou du New York Times est vraiment agréable à lire, et à aucun moment il n’entrâve la lecture, et ce malgré les nombreuses coquilles qu’ont laissé les correcteurs de chez Milady. A vrai dire, c’est une vraie plaie: je n’avais jamais lu un livre avec autant de fautes, et de phrases qui parfois ne se terminent même pas. Bizarre non ? En tout cas, la chose ne viens assurement pas de l’impression, puisqu’il n’y avait pas de place prévue pour la suite… Bref, décidement, entre Anita Blake dont il manque carrément un passage, et cet Appel de la Lune où il manque des morceaux de phrases, on se demande si Milady ne prend pas ses travaux d’édition un peu à la légère. On va me dire que moi aussi je fais des fautes, mais je ne suis pas payé pour être bloggeur.

L’appel de la Lune n’est pas qu’une simple enquête, mais comme je l’ai dit, une vraie introduction à un univers qui semble être plein de promesses. Les différentes relations entre les races, les enjeux politiques, etc, sont très bien développés tout au long du livre. Aucun à priori n’est gardé, et c’est avec un réel plaisir que j’ai pu découvrir le monde des Loups Garous dans ce premier tome. Contrairement à Witchling, ou à la suite des aventures d’Anita Blake, à aucun moment l’héroïne finit par se demander avec lequel des gros mâles elle préfererait coucher. Un bon point pour une littérature destinée aux filles et qui semble finalement souvent avoir ce genre de considérations comme seul but.

A dire vrai, hormis la crédibilité des plans du gros méchant, L’appel de la Lune ne souffre d’aucun défaut. Et ça en fait là son principal problème: j’ai vraiment eu l’impression de lire la copie parfaite d’un premier de la classe. Style parfait, histoire parfaite, tout juste ce qu’il faut pour que le lecteur s’identifie presque à l’héroïne et qu’il se sente proche d’elle. Mais voilà, après coup, ça ne colle pas. L’héroïne, ni trop forte, ni trop faible, se retrouve tout de même à chaque fois emporter dans tout et fini inexhorablement par être indispensable à tout le monde. Patricia Briggs a semble t’il utilisé tous les principes qui font un bon héros, les a superbement bien utilisés, mais je n’arrive pas à apprécier. C’est tellement cohérent et probable que ça en devient frustrant. Aucun des loups garou ne veut de l’héroïne pour l’opération-super-top-secrète ? Que nenni, on sait parfaitement qu’elle y ira quand même dans deux pages et qu’elle sauvera tout le monde.

Ce dernier paragraphe est totalement subjectif, on est bien loin des défauts que présente Rhapsody, la Symphonie des Sicèles, qui présente les mêmes symptomes mais d’une façon totalement exaspérante. Non, nous sommes ici face à un très bon livre qui a tout pour cartonner. Que j’ai beaucoup apprécié, mais qui fait bien trop propre pour que j’en garde un souvenir inoubliable à final.

Idéal pour débuter la Bit-Lit, en tout cas. Je lirai la suite lorsqu’elle sortira dans deux mois, nommée Le Lien du Sang.


Le Cirque des Damnés de Laurell K. Hamilton

Serafina dans Critiques, Livres le 15 avril 2009, avec 4 commentaires
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Le Cirque des Damnés est le troisième tome des aventures de Anita Blake, réanimatrice et chasseuse de vampires à ses heures.Nous retrouvons donc les personnages habituels, dans le même monde que pour les précédents. Ici notre Anita va se retrouver aux prises avec une horde de vampires renegats. A coté de ça, un de ses potes chasseurs de prime a bien l’intention de lui soutirer le nom du maitre vampire de la ville. Sinon tout va bien.

Le Cirque des Damnés de Laurell K. Hamilton

Pour une fois, j’ai trouvé les premieres pages assez dures a lire. Peut etre parce que je sais que la série est supposée se dégrader dans les tomes suivants (elle deviendrait trop axée « sexe »). Toujours est il que le jeu de séduction supposément torride entre Anita et Jean Claude m’a un peu porté sur les nerfs. Sans compter qu’il s’agit aussi là d’introduire un futur prétendant pour la Anita en la personne de Richard qu’on nous décrit évidemment comme super musclé, tout ca. Bref, le début est chiant. Je lis pas ca pour lire de la romance.

Heureusement pour nous, ca s’emballe rapidement. Les meutres finissent par monopoliser l’attention d’Anita. L’arrivée de Lawrence un jeune réanimateur, optimiste comme le sont les innocents, et candide comme le sont les jeunes, va permettre de donner un nouveau souffle au boulot d’Anita. Cette dernière va devoir lui faire comprendre que non, tout n’est pas rose et que le boulot de réanimateur, c’est sale et dangereux. Le petiot ne se departissant pas de son optimisme (ou presque) apporte un peu de fraicheur dans cet univers sombre où les poulets s’égorgent toutes les nuits. Peut être aussi là un moyen de faire évoluer le personnage désabusé qu’est la réanimatrice.

Un autre personnage prend de l’importance: Edward (non pas le  moche de Twilight, je vous rassure) autre chasseur de vampire, surnommé amicalement « La Mort ». Avec une morale toute à lui, capable de trahir les personnes avec qui il a combattu pendant des années, mais incapable de tirer dans le dos de quelqu’un, l’éxécuteur semble prendre plaisir à son métier, et ne pas être heureux sans défi (sanglant si possible). Un personnage à la fois droit et parfaitement salaud. Qui a des principes mais pas les mêmes que tout le monde. Bref, il ne m’en fallait pas plus pour l’adorer je crois.

Le Cirque des Damnés de Laurell K. Hamilton

Cette fois ci, contrairement au précedent tome, Le Cadavre Rieur, on n’en apprend pas plus sur le passé d’Anita. Par conter les lycantropes sont réellement introduits, et au vu de la fin, nul doute qu’ils vont prendre une sacré importance. A noter d’ailleurs que la Bit-Lit semble être assez pro-lycantrope, et anti-vampire. Les vampires sont décrits comme des cadavres abjects sous leurs dehors de top model, alors que les pauvres loups-garous ne sont que des victimes. Bon, pourquoi pas. Je préfère quand même les vampires, mais dans le livre il font un peu pathétiques… Beaux, sûrs d’eux, mais il leur manque un petit quelque chose pour que j’accroche.

Là encore, le roman est clairement ancré dans son époque. Anita qui recherche une cabine téléphonique, ça fait un peu bizarre quand meme. Car il n’est quasiment fait aucune mention de l’année à laquelle nous nous trouvons. Il est donc naturel que nous imaginions Anita en 2009. Jusqu’à ce qu’un petit détail nous rappelle que le livre a été écrit en 1995 (par là). L’époque des cabines téléphoniques et de la peur du Sida.

A ce propos, on apprend aussi que les trois permiers livres se déroulent dans un intervalle de 6 mois. Ca fait un peu court pour être crédible non ? Enfin, Milady vient de sortir le Tome 4, Lunatic Café, que je vais aller lire.


Les Trois Royaumes de John Woo

aka oni dans Critiques, Films le 13 avril 2009, avec 9 commentaires
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Aux alentours du troisième siècle après Jésus-Christ, la Chine antique est en proie au soulèvement populaire, ce qu’on appelera la révolte des Turbans Jaunes. Plusieurs chefs de guerre sont envoyés mater l’insurrection, et ainsi se dégagèrent les futurs héros qui gouverneraient le pays.

Affiche des Trois Royaumes de John Woo

Rassurez-vous, j’arrête ici la leçon d’histoire. Toujours est-il que durant cette période agitée de la Chine antique, il y eut de très nombreux héros, politiques, militaires et stratégiques, un fourmillement de talents assez incroyable. C’est pourquoi aujourd’hui, cette période est « populaire » en Chine, et c’est aussi pourquoi Koei édite régulièrement de nouveaux opus de sa série phare se rapportant à cette période, le Beat Them All Dynasty Warriors. Normal qu’on ait donc fini par en tirer un film. Enfin, remarquez que ce n’est pas le premier, mais là, c’est John Woo qui s’y colle, et ça donne du bon.

Premièrement, sachez que ce film est la version courte, 2h30. Oui, la version longue fait plus de cinq heures. Il faut, honnêtement, au moins ça pour couvrir cette période de guerres. La version européenne ne se focalise donc que sur une seule bataille, peut-être la plus importante, en tout cas une des plus fameuses de l’époque, la bataille de Chi Bi [T’Che Pi], fidèlement mais stupidement traduite par « Bataille de la Falaise Rouge », ce qui enlève du charme, tout de même. Bref. On sent que c’est la version tronquée vu qu’en termes de départ sur les chapeaux de roue, on fait pas mieux. Les personnages ayant été introduits dans la partie précédente… Enfin bon, on entre tout de suite dans le vif du sujet, il n’est pas ici question de reconstitution historique totalement fidèle, mais plus d’un film de combats justement dans l’esprit de Dynasty Warriors. Combats épiques et scènes d’actions joliment tournées au rendez-vous, donc. Les fameux ralentis de John Woo et les plans impeccablement tournés ne peuvent que plaire ; du point de vue purement cinématographique, c’est une réussite. Malgré le fait que l’on ait raté le début (et que l’on ratera la fin), on rentre plutôt facilement dans l’histoire, bien narrée, et à un rythme d’enfer, il faut bien le dire, car pour ceux qui ont lu le livre, quand cent pages passent en dix minutes, c’est un peu rageant, mais durée oblige…

Les Trois Royaumes de John Woo

Pour ceux qui ont lu le livre, justement, ce seront les libertés prises avec l’histoire qui dérangeront, parce que là, Woo ne fait pas dans la demi-mesure. La bataille est narrée d’un point de vue ultra manichéen, le méchant-bête contre les gentils-malins, et c’est franchement énervant. Ajoutons par-dessus une simplification énervante de certains aspects – des personnages très importants occultés, comme Pang Töng par exemple – et la légendaire stratégie qui fut employée pour vaincre T’sao T’sao (et pas Cao Cao comme dans le jeu…), qui paraîtra brillante bien qu’un peu simpliste aux néophytes, fut en réalité beaucoup, beaucoup plus complexe et beaucoup, beaucoup plus intelligente. On regrettera aussi le passage ultra rapide sur la manière dont le stratège Zhuge Liang (appelé par son nom taoïste Kong Ming dans le film) convainc le roi du royaume du Wu de partir en guerre, car c’est l’occasion de découvrir l’incroyable rhétorique de ce personnage dans le livre. Pas dans le film…

Parmi les pièces d’histoire changées du film, plus que tout cela et quelques autres éléments, on retiendra surtout l’amitié artificielle que John Woo fait naître entre les deux stratèges, qui vont jusqu’à se jurer une amitié éternelle après la bataille. Sans vouloir faire la fine bouche, l’un d’entre eux a quand même envoyé un assassin régler son compte au second après la bataille… Ce n’est pas exactement la même chose.

Les Trois Royaumes de John Woo

Malgré ces libertés prises avec l’Histoire, et peut-être un peu aussi grâce à elle, j’attends avec impatience la sortie en DVD de la version complète… Parce que malgré tout, le film reste très bon. Le jeu des acteurs est plutôt convaincant, les décors sont splendides et les effets spéciaux pour la flotte de T’sao T’sao est très impressionnant. Le doublage… Heu, allez voir la V.O., elle est très bien. La V.F., regardez simplement le trailer et cela vous convaincra que la France est décidément nulle à chialer pour doubler les films…

Enfin, on signalera que la sortie du film a été l’occasion d’une réédition complète du livre, le grand classique Histoire des Trois Royaumes par Luo Kwan-Tchong, un des quatre grands classiques de la littérature chinoise, ce qui est un excellent à-côté du film, vu que le bouquin était épuisé et que me le procurer il y a quelques années a tenu de l’exploit… Enfin bref, ça permettra en plus à tout le monde de connaître le déroulement réel des événements en plus de lire un vrai bon bouquin.

En conclusion, un avis plutôt positif, vous l’aurez compris, et vous auriez tort de passer à côté d’une bonne pièce de cinéma comme celle-ci.


L’inspecteur Harry de Don Siegel

dabYo dans Critiques, Films le 11 avril 2009, avec 2 commentaires
Critiques

Après avoir fait quelques uns des classiques de la carrière de réalisateur de Clint Eastwood, en passant par Impitoyable, Gran Torino et Million Dollar Baby, il fallait bien que je passe tôt ou tard par la case Inspecteur Harry. Car oui, une fois de plus, c’est un des classiques que je n’avais jamais vu jusqu’à présent. Est ce que contrairement à Impitoyable, j’ai cette fois bien aimé la performance de Clint ? Hmm.

Dirty Harry: Clint Eastwood

Dirty Harry, de son surnom en version original, est un inspecteur de la police de San Francisco dont les pratiques sont quelques peu « hors normes » pour l’époque. Il ressemble en quelques sortes aux héros que présente Michael Connelly dans ses romans, et ce n’est donc pas surprenant que l’auteur soit suivi avec attrait par Clint Eastwood. Bref, je m’égare. Harry, et San Francisco tout entier, fait face à l’arrivée d’un tueur en série fou, le Scorpion, qui tuera chaque jour un citoyen jusqu’à ce que cent milles dollars lui soient fournis. Hm.

Autant le dire tout de suite, si, replacé dans son époque, Dirty Harry a une très certaine classe, on n’est loin du compte avec notre méchant. Stéréotypé à mort, mais d’une mauvaise façon, ce psychopathe de bac à sable vous fera plus rire que pleurer, et on se demande vraiment à chaque fois qu’on le voit pourquoi un type ne va pas simplement lui enfoncer son poing dans la gueule. Mais bon, il faut peut être se replacer dans l’époque pour pouvoir l’apprécier, comme une grande partie du film.

Dirty Harry: Clint Eastwood

Soyons honnête, les bonus ont beau dire, l’Inspecteur Harry a tout de même sacrément vieilli et nous montre à quel point le film est plus proche des anciens Western que de ce que donneront ses enfants. Avec des scènes très statiques et des échanges de tir qui ne font jamais mouche, on ne peut pas dire qu’on se rapproche de la crème de l’action. Certes, aujourd’hui aussi les acteurs doivent échanger des chargeurs en pagaille avant de tuer quoi que ce soit, mais bon. De même, l’intrigue, ou plutôt son absence, ne laisse place à aucun suspens. On sait ce qu’il va se passer à l’avance, on se demande juste lorsque cela va -enfin- se passer. Je parlerai d’ailleurs plus facilement de Tension que de Suspens.

Cela dit, ce n’est pas parce que le film a vieilli qu’il en est devenu mauvais, et la réalisation reste tout de même excellente. Le jeu d’acteur de Clint Eastwood est vraiment bon, et la classe qu’il donne à son personnage mémorable. Pas étonnant qu’aux États Unis ses répliques soient devenues aussi cultes que celles d’un Dark Vador. Malheureusement, il faut avouer que le doublage français est vraiment mauvais, et qu’il cassent quasiment toute la qualité des répliques. Le côté qui va nous faire plaisir en somme.

Scorpio dans Dirty Harry

J’avoue que je ne peux m’empêcher de préciser que je n’aime ce film que par ce que je le replace dans son contexte. Contrairement à un Dictateur de Chaplin, je ne peux pas l’apprécier sans ça. Il a la classe, mais il n’en a pas assez pour ne pas vieillir. Il est à la fois trop éloigné et à la fois trop proche des films d’actions / policier / etc que l’on peut aujourd’hui voir. Je lui accorde bien entendu d’avoir créé le genre, de l’avoir révolutionner, mais contrairement à un livre par exemple, un vieux film qui révolutionne un genre ne pourra pas en rester indéfiniment le meilleur.

Alors est ce que je suis blasé, ou est ce que c’est vous qui avez gardé une pointe de nostalgie pour un long métrage vu alors que vous êtiez bien trop jeune pour être objectif ? Ma foi, je ne sais pas. En tout cas, on est bien loin du mauvais film, mais tout aussi loin d’un excellent Gran Torino.