Tom Waits

aka oni dans Coup de Coeur, Musique le 20 mars 2009, avec aucun commentaire

Une voix trempée dans un fût de Bourbon, séchée et fumée pendant quelques mois, puis sortie et renversée par une voiture.

C’est ainsi qu’un journaliste décrivit un jour la voix de Tom Waits (né en 1949). Pour fidèle qu’elle soit, cette métaphore n’évoquera probablement rien à celui qui n’a pas écouté de Tom Waits. Pour ma part, je tenterai d’éviter les métaphores douteuses ; on pourrait certes tenter de lui accoler des adjectifs comme volcanique, rocailleuse, et autres, mais le mieux reste de l’écouter.

Une voix unique et extraordinaire, vous l’aurez compris ; pas de celles qui peuvent couvrir huit-cents octaves comme celle de Freddy Mercury, mais de celles qui semblent détruites par des années de whisky, de tabac et de coups durs. Une voix de bluesman. Bien que Tom Waits soit classé dans le rayon « Pop-Rock » dans la plupart des médiathèques et magasins, il s’agit pour moi de blues pur et dur (amateur de guitare électrique et de rythmes survitaminés… Allez vous réécouter un Led Zeppelin.)

À cette voix hors du commun s’ajoutent des mélodies redoutablement efficaces et recherchées (Down Town, Midnight Lullaby), des textes originaux, cyniques et amusants, des chansons entraînantes (Romeo Is Bleeding), ou très touchantes, de ces chansons qui vous collent un vague-à-l’âme d’enfer (Red Shoes, Tom Traubert’s Blues)… Du blues, quoi. Des grognements presque animaux sur certaines chansons, jouissifs (Romeo Is Bleeding), des chansons mélancoliques (Invitation To The Blues), parfois un peu plus énervées (enfin ça reste du blues, Down Town par exemple), et je pourrais continuer longtemps ainsi tant ses chansons éveillent des sentiments variés. Absolument exceptionnel. L’atmosphère générale est celle d’un bar enfumé de New-Orleans ou autre, tard le soir – image qui a inspiré plusieurs de ses chansons (une de ses chansons est d’ailleurs un long morceau instrumental avec les discussions des consommateurs du bar en fond, et a été enregistrée dans ces conditions) –, un whisky à la main et une clope dans l’autre. Ouah, j’en deviendrais presque lyrique, mieux vaut s’arrêter là avant que ça ne devienne grotesque.

Tom Waits

Tom Waits est donc de ces artistes globalement inconnus, quoique légendaires chez les amateurs, et qui a inspiré un nombre incroyable de reprises (même les Ramones l’ont repris, alors c’est dire.) Pour les anecdotes, on signalera qu’il n’a jamais voulu que ses chansons soient utilisées pour la pub, et qu’il a mené certains procès pour cela ; et qu’il a régulièrement joué au cinéma (par exemple dans le Dracula de Coppola), et composé des musiques pour des films.

Bien sûr, il a composé une des chansons les meilleures au monde (okay, c’est subjectif), dont l’introduction éveillera forcément un souvenir chez vous, et dont le rythme simple et génial plaira à tout le monde, amateur de blues ou non : Ice-Cream Man.

Pour une bonne introduction à Tom Waits, je conseillerais l’album Closing Time (son premier album, 1973), puisqu’il contient Ice-Cream Man et Midnight Lullaby, mais il n’y a de toutes manières pas de canard boiteux dans sa discographie ; attention tout de même aux albums postérieurs à sa période « Asylum » (sa maison de disque), les albums suivant étant beaucoup plus expérimentaux que blues.


Gran Torino de Clint Eastwood

Serafina dans Critiques, Films le 19 mars 2009, avec 4 commentaires
Critiques

Gran Torino est un film américain de Clint Eastwood avec Clint Eastwood, sorti en 2009. Il nous raconte l’histoire de Walt Kowalski, un vétéran de la guerre de corée, bougon, raciste, au franc parler mémorable, qui vit dans un quatier envahi par les hmmongs (tribu contre laquelle il s’est justement battu lors de la guerre). Et le jour où il sauve (un peu malgré lui) son voisin Thao d’un gang, il découvre qu’il a peut être plus en commun avec les hmmongs qu’avec sa propre famille.

Gran Torino de Clint Eastwood

Dit comme cela, ca ne donne pas très envie, je dois l’avouer. Et si le film n’avait pas eu un tel buzz (des affiches partout à Paris, notamment) et que les critiques n’avaient pas été aussi bonne, nous ne serions probablement pas allés au cinéma pour le voir. Et nous aurions eu grand tort. Car autant vous le dire tout de go, ce film est juste excellent.

Tout d’abord, parlons de celui qu’il faut immanquablement évoquer : Clint Eastwood. A 78 ans, il s’offre le grand rôle du film. Et il est clair qu’il l’a écrit pour lui: ça lui colle juste comme un gant. Un inspecteur Harry, vieilli, assagi aussi par certains cotés, désanchanté aussi. On retrouve là les grands themes chers au  Monsieur: la famille, la vieillesse, la vengeance aussi. Le tout avec son légendaire franc parler, son argot, sa voix eraillée. Oui parce que je vous conseille clairement la VO sous titrée. La voix originale est bien mieux que celles qu’ils lui ont collé en français. Eastwood est un de ces rares acteurs a pouvoir, à 78 ans, sortir une carabine en lancant un « dégage de ma pelouse » sans avoir l’air ridicule. Quand on pense que Harrison Ford, 10 ans de moins, n’a pas réussi à convaincre autant avec son retour de fouet.

Gran Torino de Clint Eastwood

Eastwood est un grand acteur. Mais c’est aussi un grand réalisateur. Vous le savez, il existe des sortes de règles du cadrage. Certains les ont innées, d’autres les apprennent. Je ne sais pas comment fonctionne Eastwood (même si au vu des articles, je pense qu’il s’agit là d’inné). Mais tous les plans du film sont excellents, c’est bien cadré, c’est bien filmé, il n’y a rien à reprocher, pas d’accroc, pas de scènes enigmatique. C’est propre et c’est carré.

A coté, les autres acteurs sont bons, mais ne se démarquent pas réellement, à l’exception de Sue, la jeune voisine hmmong. Il faut dire que pour ce film, Eastwood ne voulait que des acteurs réellement hmmong, et que ceci fut apparement difficile à trouver. Pourtant ils sont loin de s’en sortir mal, au contraire. Sue est assez attachante, dans son rîle de jeune fille qui n’a pas froid au yeux et qui finira par faire sortir Kowalski de ses retranchements.

Gran Torino de Clint Eastwood

C’est peut etre pour cette raison que la fin est aussi touchante. Il est difficile, quand on regarde un tel film et qu’on connait la filmographie d’Eastwood, de ne pas faire certains rapprochements. Comme je l’ai dit précédemment, Kowalski n’est pas sans rappeler un certain Dirty Harry. Quand au final, eh bien si vous connaissez Impitoyable (Unforgiven en VO), il vous sera dur de ne pas voir là le même schéma. Car en effet, la scène finale est préparée de maniere très similaire. Eastwood a vieilli, et c’est probablement sur cette scène là qu’on voit le mieux cette évolution. A 20 ans près, il nous sortait une fin diamétralement opposée. Je ne saurais vous dire « celle ci est mieux que l’autre ». Mais ce que je sais, c’est que la scene finale d’Impitoyable m’a toujours étonnament émue. Je la trouve juste majestrale. (mais j’en connais un qui n’est pas de cet avis).

Le final de Gran Torino est tout aussi magistral,  si ce n’est plus. Le plan final est l’un des plus efficaces du film. Il ne montre rien, ou presque, mais on comprend tout. Et c’est le moment le plus émouvant du film.

Je ne sais même pas quoi reprocher au film. Je suis en train de vous produire, contrairement à mes habitudes un pur encensement, une critique unanimement favorable. Mais le film le mérite. Et allez le voir, vous ne serez pas déçus. Peu importe vos préjugés, sur l’histoire, sur le réalisateur. Le film surprend, étonne, et surtout il réussit le tour de force de mériter les critiques toutes plus flatteuses de la presse.


Ce week end, nous sommes allés dans une ville de renommée mondiale (Romorantin Lanthenay, 20 000 habs ?) pour assister à la finale du tremplin organisé par la MJC, mais surtout, le groupe Kells dont nous vous parlions déjà pour leur clip, la Sphère. Sauf que non, en fait, cette chronique n’a strictement rien à voir avec ce concert. Du moins, pas totalement. Car, pour y aller, nous devions passer par la case voiture.

Et c’est comme ça que Dragula de Rob Zombie, artiste, cinéaste, mais surtout gros déjanté, m’est revenu dans les oreilles grâce à notre superbe autoradio. Rythmée, excitante, surtout au volant, ce morceau que l’on devrait théoriquement classé dans le Rock Industriel est tout simplement jouissif. Le genre de titre qui vous fait suivre le rythme avec l’accélérateur et dont vous ne demandez que la réécoute par la suite. Heureusement pour nous, la totalité de de son Hellbilly Deluxe est de cet acabit. Moi, je vais m’écouter son dernier album, et vous, je vous laisse apprécier ses talents de cinéastes, mais en clip.


Meilleure qualité ici.


Je suis une légende de Richard Matheson

dabYo dans Critiques, Livres le 13 mars 2009, avec 22 commentaires
Critiques

Je suis une légende est un livre de Richard Matheson paru en 1954 qui a été récemment popularisé par son adaptation au cinéma avec dans le rôle du héros la super star américaine Will Smith. Comme j’ai bien aimé ce film, forcément lorsque j’ai vu à quel point l’une de ses nouvelles, Derrière l’écran, était bonne, j’ai tout de suite voulu me pencher sur le livre qui n’a en fait pas grand chose à voir avec son adaptation. Synopsis.

Couverture originale de Je suis une Légende de Matheson

On pourra reprocher autant que l'on veut le manque de fidélité de l'adaptation cinématographique, ce sont les éditeurs de livres qui associent directement le film au livre en en changeant la couverture initiale (ici) pour y mettre Will Smith... Marrant, une couverture avec un homme de peau noire pour un livre avec un héros de peau blanche.

Robert Neville est le dernier humain encore vivant dans la mégalopole de New York qui, comme tout le pays et le monde entier d’après lui, a été la victime d’une pandémie d’origine virale. Cette maladie transforme les humains en vampires, âmes errantes la nuit dans une quête sans fin de sang. En quête de son sang pour être exact. Ils sont effectivement, chaque nuit, des centaines à tourner autour de sa maison barricadée dans l’espoir de pouvoir s’emparer de lui pour lui trancher la jugulaire. Bien que découragé, Neville garde au fond de lui l’infime espoir qu’il reste d’autres humains comme lui, et il commence alors une quête pour comprendre d’où vient la maladie, et comment la combattre, voir la guérir.

Autant le dire tout de suite, on est très loin de la maison et du laboratoire super sophistiqués qui sont utilisés par Will Smith. D’ailleurs, le héros est d’origine nordique, aux cheveux blonds et aux yeux bleus. Mais on ne reprochera pas à Will Smith de ne pas s’être teint pour l’occasion, pas dit que cela aurait marché. Lorsqu’on lit Je suis une légende après avoir vu le film, il faut d’abord faire abstraction totale de ce que le film nous a enseigné. En effet, si l’on devait admettre qu’il s’agisse là de la même histoire, le livre commencerait bien deux ou trois ans avant les faits du film. De plus, à aucun moment le film ne laisse supposer que les monstres qui peuplent la nuit sont des vampires.

Couverture anglaise de Je suis une Légende de Matheson

Alors que la maladie transforme entièrement les humains dans le film, ce sont souvent ses anciennes connaissances auxquelles Neville doit faire face. Son voisin, celui avec lequel il allait au travail tous les jours, est un habitué, sa femme aussi...

Notre héros est donc seul, dans une maison qu’il rafistole pendant la journée et qu’il protège avec des gousses d’aïl attachés les unes aux autres sur des petites ficelles. Sans utiliser la narration à la première personne, Matheson nous plonge littéralement dans la peau du personnage. Avec lui, nous sommes seul, sans espoir et totalement désarmé. Avec lui, nous recommençons sans cesse à refaire des chapelets de gousses d’aïl, nous suspendons des miroirs, nous consolidons ce qu’ils ont détruit pendant la nuit, puis nous nous saoulons pour oublier.

Alors forcement, lorsqu’on aperçoit avec lui un chien qui se balade de jour, on ne peut qu’avoir un bon d’espoir. Et comme jamais, l’apprivoiser deviendra une source de suspens énorme pour le lecteur. Je ne pensais pas un jour autant apprécier des passages où la vie du héros n’est consacré qu’à une et unique chose: la séduction puis l’adoption d’un chien. En temps normal, ce genre de passages m’auraient horripilé.

Will Smith dans Je suis une Légende

Dans le film, le héros est très loin d'être la victime des mêmes réflexions qu'a Neville... Il faut dire que ses ennemis ne sont que des inconnus dont toute humanité a disparue.

On ne peut donc que féliciter Matheson qui arrive à nous plonger complètement dans l’atmosphère si particulier de cet univers quasi post-apocalyptique. Science Fiction oblige, le titre laisse songeur sur de nombreuses choses. D’abord sur l’effet que pourrait avoir une épidémie dans un monde où la densité et où les va et vient sont si nombreux, mais aussi sur la société en elle même. Et c’est sur ce point là que l’adaptation au cinéma du livre est la plus dérangeante car la philosophie portée par l’écran et celle du livre sont en totale opposition. Ceci dit, vous expliquer pourquoi sans gâcher la lecture ou la vue du film est impossible. Est ce là une raison pour laquelle les fans ont tant décrié la dite adaptation ? Hm, oui, sans doute. Est ce justifié ? Non je ne pense pas.

En somme, que vous aimiez ou non la Science Fiction, vous pouvez vous jetter sur ce livre qui est vraiment très agréable à lire. Je ne peux que vous conseiller de voir aussi le film, et de le prendre comme un film inspiré par et non une adaptation à part entière. Et contrairement à la Horde du Contrevent d’Alain Damasio, vous n’avez pas besoin de connaissances scientifiques pour aprécier !


Hermann Hesse est de ces auteurs à la personnalité particulière. Né dans une famille ultra stricte et puritaine, ayant reçu une éducation des plus sévères, et pourtant doté d’une nature de rebelle et de solitaire, il vivra une enfance difficile, entre fugues et maisons de redressement, qui ne parviendront pas à briser sa personnalité. Il se tournera vers des activités plus mentales après être resté quelques mois dans une usine.

Peintre, essayiste, romancier, poète, touche-à-tout, il vécut une vie globalement solitaire, faite de méditations, même s’il passa une bonne partie de sa vie marié. Écrivain reconnu, il fut pourtant largement décrié en 1914, lorsqu’il se prononça ouvertement contre le patriotisme fou et le nationalisme à tout va, et devint la cible des journaux allemands ; il fut également interdit sous le régime nazi, alors qu’il protestait en faveur des écrivains persécutés, qu’ils soient juifs ou non.

Hesse Hermann

Le loup des Steppes, en langue originale Steppenwolf, fut aussi interdit par les nazis. Bien qu’il s’agisse d’un chef-d’œuvre reconnu, qui a profondément influencé bien des auteurs et marqué la littérature allemande (pour l’anecdote, c’est à ce livre que le groupe de Rock éponyme doit son nom), il ne plaira pas à tout le monde, loin de là. Steppenwolf est avant tout un livre d’introspection, de profonde recherche du soi. Vous qui cherchez récits de bardes et batailles épiques, ou encore sordides enquêtes ou bien récits de Science-Fiction, passez votre chemin !

L’œuvre est racontée à la première personne, par les yeux d’Harry Haller, évident alter-ego de Hesse (on dit que les gens intelligents, lorsqu’ils prennent un pseudonyme, gardent leurs initiales…). L’histoire est simple, sans scénario alambiqué : cet homme, Harry, est un solitaire bourru, dégoûté de la société et de la tournure qu’elle prend, réfugié dans ses livres et sa musique classique – les noms de Goethe et de Mozart sont bien souvent cités –, alcoolique, fantôme des bars le soir venu. Déchiré profondément par une quasi-schizophrénie, entre lui, Harry Haller, l’homme érudit et versé dans la littérature, et celui qu’il nomme le « Loup des Steppes », sa facette sombre, désespérée, agressive, violente, sauvage, indisciplinée (on y reconnaîtra la facette rebelle que l’éducation de Hesse n’a pas réussi à briser). Il n’est pas ici d’histoire à la Dr. Jekyll et Mr. Hyde (très bon bouquin aussi, en passant), sa schizophrénie n’est pas vraiment réelle, mais elle est intensément vécue.

Hesse Hermann

La première partie du livre présente l’homme solitaire et souffrant de cette déchirure, de ce combat permanent des deux aspects de son âme. Une magnifique introspection, une épopée psychanalytique – oui, ça ne plaira pas à tout le monde, encore une fois –, avec en filigrane de mélancoliques descriptions des rues de la ville nocturne. Le roman bascule lorsque, déchiré à n’en plus pouvoir, brisé, Harry finit par échouer dans une boîte de Jazz (roman écrit en 1927), malgré son dégoût de l’atmosphère ambiante, tant est grande sa certitude qu’il se suicidera à peine rentré, et tant est grande sa crainte de la mort. Il rencontre alors Hermine, étrange personnage féminin, (à mon avis, il s’agit ici de la partie qui rentre dans la fiction, et la première partie était plus ou moins autobiographique), qui l’entraînera dans un autre mode de vie, fait de danses, de soirées, pour lui réapprendre à vivre et dépasser sa vision limitée de la dualité de son âme. Foin de mièvrerie néanmoins ; à partir de là, les quelques traces d’actions disparaissent presque complètement, ne restent que les introspections et la lente transformation d’Harry, toujours splendidement décrites. Le livre finit de manière particulièrement étrange, fleurant avec le Fantastique, ou plutôt y entrant carrément, livrant des réponses implicites sur l’identité de la mystérieuse Hermine, et encore plus de questions sur le futur d’Harry, le vieux Loup des Steppes auquel on finit par s’attacher.

Au final, ce livre laisse un goût étrange, une remise en cause de soi, pour le moins ; pas de réel goût d’inachevé néanmoins, comme en engendrent parfois les fins ouvertes. Le style du livre est assez simple malgré la complexité du sujet traité, les phrases ne sont pas inutilement lourdes, tout en étant assez riches. On se laisse assez facilement absorber par le style d’écriture de l’auteur, qui n’est pas d’une originalité extrême, mais agréable, bien mené, et qui transcrit parfaitement les pensées et les sentiments de Haller.

« Je croyais que tu avais mieux appris à jouer. Allons, ce n’est pas irréparable. » (Hermann Hesse, Le Loup Des Steppes)


Constantine de Francis Lawrence

dabYo dans Critiques, Films le 11 mars 2009, avec 8 commentaires
Critiques

Constantine est un film qui fait peur. Non pas dans le sens propre du terme, mais tout simplement parce qu’il fait parti de ces navets à haut budget que vous préféreriez ne jamais croiser à l’écran. Manque de pot pour nous, nous adorons voir ces daubes, c’est donc avec plaisir que l’on a pu le regarder en mangeant une bonne pizza alsacienne. Vous savez, celle avec plein de crème fraîche et de lardons. Miam.

Constantine avec Keanu Reeves

Constantine, de prénom John pour être exact, est ce que l’on peut appeler un exorciste. Mais un vrai, pas un de pacotille hein. Lui, les démons il connaît, même que depuis qu’il a fait un saut en enfer, il adore les y envoyer. Sauf que voilà, à s’en fumer une entre chaque exorcisation (ça se dit ?), il a choppé le cancer, et comme il est un ancien suicidé, il ne peut pas espérer que les portes du paradis s’ouvrent à lui. Bref, en fait, ça, on s’en fou carrément, et c’est vraiment pas l’intrigue principale, car il n’y en a pas vraiment. Ah si, le fils du diable veut faire du monde des humains son repaire. Bouh, ça fait peur.

En fait, Constantine semble être l’adaptation, plutôt inexacte, de De bons présages de Terry Pratchett et Neil Gaiman, un livre que je vous avais présenté il y a de ça à peine quelques semaines. Certes, le scénario n’a pas grand chose à voir, mais le principe et l’univers sont les mêmes: autour du monde des vivants gravitent les repaires de Dieu et du Diable, et les anges ou démons y influent tout en respectant certaines règles. Ici, il s’agit de ne jamais s’intégrer au sens propre dans le monde humain. Sauf que le fils du diable, en cachette, tente de se taper l’incruste. Bref, ça n’a rien à voir avec le livre mais les similitudes sont tout de même choquantes, surtout lorsqu’on vient de le lire. Connaissons Terry Pratchett nous nous sommes demandés si il ne s’agissait pas là d’une carricature de la part des deux anglais, mais non, Constantine est sorti quelques années plus tard.

On oublie, cela dit, le côté décalé pour entrer dans un film qui se veut très noir. Les personnages ont tous l’air déprimé et le film tente de donner une impression de morne et tragique. La façon de filmer, plutôt réussite, augmente cette impression en filmant chaque scène depuis des angles auxquels on ne s’attendait pas, un peu comme si son seul but était de nous prendre à contrepied. L’effet n’est pas mauvais, et contrairement à ce que l’on peut penser au début, on ne fini pas par vomir, au contraire. Le tout donne un dynamisme à des scènes qui ne le sont pas vraiment.

Extrait de Constantine

Coucou, je suis le réalisateur de Constantine et je viens d'apprendre que l'on peut découper des personnages pour les coller sur un bitmap sans que ça se voit !

Keanu Reeves oblige, on se croirait tout de même un peu dans Matrix, avec un acteur qui semble jouer une fois de plus le rôle de Neo, le chapelet en plus. Exit les gros flingues et le sabre, on parle maintenant de crucifix et d’armes qui tirent des balles en or. Bref, voir l’acteur commencer avec des armes à feu pour finir avec son crucifix à prononcer les paroles de Notre Père, ça vaut quand même son paquet de cacahuètes. Mention spéciale à l’arme ultime du film: la chaise. Le pire, c’est qu’on nous en parle au moins trois ou quatre fois avant de découvrir ses capacités très spéciales…

Est ce donc un bon ou un mauvais navet ? Honnêtement, je m’attendais à un film bien moins bon. Bon est un grand mot, mais Constantine n’est pas le navet annoncé. Certes, le film est totalement plat, et je ne me rappelle presque plus de ce que j’ai vu à peine une semaine plus tard, mais il n’empêche que nous sommes loin des mauvaises productions hollywoodiennes habituelles. Et puis, entre un Matrix 2 et ce Constantine, je ne saurai pas lequel choisir. C’est quand même une bouse, hein.


La horde du contrevent de Alain Damasio

Serafina dans Critiques, Livres le 10 mars 2009, avec 23 commentaires
Critiques

La horde du contrevent est un roman de Science Fiction, écrit par un français : Alain Damasio. Il a été édité pour la première fois en 2004 et a gagné en 2006 le Grand Prix de l’Imaginaire. C’est entre autre pour cette raison que je désirais lire ce livre. Depuis longtemps, je n’en entend que du bien. Et finalement je l’ai eu pour Noël, merci dabYo <3

La Horde du Contrevent

La horde est un livre très particulier. Il s’agit d’un univers à part entière. Il retrace l’histoire de la 34ème horde, celle du 9ème Golgoth. Dans un monde balayé par les vents, une petite troupe, partie de l’extrême aval remonte la terre, à la recherche de l’extrême amont, la source des vents. Ce qu’il y a la bas ? On ne sais pas, paradis sauvage, calme des tropiques, cela change suivant les personnages. Car oui le roman est totalement narré à la première personne. A 23 premières personnes pour être exacte. Chaque paragraphe commence par un sigle qui identifie la personne qui prend la parole. Heureusement pour nous, un marque page avec les correspondances sigle/personnage est là pour nous sauver, car au départ c’est un peu difficile.

Cette manière de narrer, assez spéciale, nous propulse directement au cœur de la horde. Nous voyons tous les points de vue, tour à tour, nous sommes vraiment avec eux. Car cette vingtaine d’humains ne forme qu’un tout, une horde, malgré tout soudée et unie. Leurs conditions de vie sont difficiles, et on souffre avec eux.

Vocabulaire de la Horde du Contrevent

Damasio développe au cours du roman, de 700 pages en version poche, un véritable univers centré autour du vent. Le vocabulaire est revu en conséquence, nos expressions usuelles (du type : oh mon dieu) sont corrigées pour entrer dans ce monde dominé par le vent (oh mon vent, du coup). On peut déjà à ce niveau la saluer le talent de Damasio. Mais ce n’est pas tout. Chaque membre de la horde a son style de langage, ses expressions. Sov, le scribe, aux figures de styles un brin ampoulées mais très littéraires, Golgoth très animal, Caracole… Caracole.

S’il ne fallait en retenir qu’un, ce serait lui. Troubadour, énigme, vif, enlevé, Caracole illumine le roman. C’est l’occasion pour Damasio de démontrer, s’il en était besoin, sa connaissance de la grammaire. Des calembours à la joute verbale totalement axée sur des bizarreries grammaticales (palindromes, etc), Damasio manie la langue française comme bien peu en sont capables. Certains jouent avec les nombres, il joue avec la grammaire. Sur ce point il n’y a rien à redire, c’est génial, d’un bout à l’autre.

Et si il ne jouait qu’avec la grammaire… Damasio semble avoir une solide culture scientifique. Sa horde est composée de quelques scientifiques qui, au fur et à mesure, vont nous apprendre la science de ce monde. Et là, il faut s’accrocher. D’une part car des concepts, comme celui de l’entropie par exemple, sont très présents et très peu expliqués. Vous êtes supposés le connaître avant. De même, quelques notions de physique quantique seront bienvenues. Oh ce n’est pas nécessaire. Mais sans cela vous risquez d’être un peu perdu lors des pages entières d’explications sur la topologie du vent. Et bien sûr, vous pouvez chercher sur Wikipedia, mais on n’assimile pas des concepts de physique en claquant des doigts.

Image de la Horde du Contrevent

Il n’y a pas dire, il est très rare de voir un roman de Science Fiction récent de cet acabit, surtout chez un français. C’est probablement l’un des meilleurs livres que j’ai pu lire depuis très très longtemps. La fin est prévisible, mine de rien, mais on en reste quand même sur le cul.

Si vous aimez la SF, lisez. Si vous n’aimez pas la SF, lisez quand même. Car on est loin du stéréotype vaisseaux spaciaux et pistolasers. La horde est un roman initiatique et accessible du moment que vous retrouver dans un monde inconnu ne vous gène pas.


La Vague (Die Welle) de Dennis Gansel

Serafina dans Critiques, Films le 9 mars 2009, avec 8 commentaires
Critiques

La Vague (Die Welle) est un film allemand de Dennis Gansel sorti en 2008 en contrée germanique, et le 4 mars 2009 en France. Ce film s’inspire d’une expérience qui aurait été menée en 1976 par un professeur d’histoire en Californie : La troisième vague. Les avis divergent sur cette expérience, et je vous renvoie pour cela à l’article Wikipédia qui est assez bien fait.  Il ne sera pas question ici de savoir si oui ou non la Troisieme vague a existé.

Affiche de La Vague (Die Welle)

Le film se passe donc dans un lycée allemand, appelé Gymnasium, le niveau supérieure de l’académie allemande. Pour rappel, les jeunes allemands ne sont pas orientés après la 3ème mais dès la 6ème dans trois types d’écoles différentes et de niveau différent. Le lycée organise pendant une semaine un gand projet. Les élèves doivent choisir leur cours. Les cours sont axés sur des méthodes de gouvernement spéciales : Anarchie, Autocratie… Nous allons suivre le cours d’Autocratie, donné par le Pr Rainer Wenger. Sauf que faire un cours sur l’Autocratie en Allemagne… On sait tous sur quoi cela dérive. La jeunesse allemande semble en avoir marre de se faire rabacher depuis leur naissance les erreurs de leur pays 50 ans plus tôt. Et ils le font rapidement savoir à Wenger. Celui ci, décide alors d’employer une méthode plus originale : la vague.

Il commence par prôner la discipline, l’ordre, et bientôt l’uniforme, le salut particulier… Vous l’aurez compris, le film nous montre peu a peu comme il est facile de manipuler des gens. Et comme il est aisé de se laisser enrôler dans un mouvement fascisant. Alors oui cela paraît très moraliste comme cela. Ca l’est après tout. L’expérience menée en californie l’était aussi. Heureusement le film ne s’arrête pas à cela. La réalisation tout d’abord est bonne. On sent parfaitement la montée en puissance et l’on voit peu à peu la situation échapper aux mains du professeur, ou même à celles des élèves. La vague prend peu à peu de l’ampleur, et on commence à se demander comment tout cela va finir.

Extrait de la Vague (Die Welle)

La bande annonce est étonnament sympathique, très rock. Et ça colle vachement bien. Les acteurs jouent bien. J’ai vu le film en VO sous titrée (vivant avec un allemand, je n’ai pas trop eu le choix), donc je ne sais pas ce que vaut le doublage francais. Et oui, il semblerait que l’Allemagne sache tourner autre chose que Derrick ! Ces acteurs d’ailleurs, adolescents pour la plupart comme leurs personnages, sont aussi une bonne démonstration de ce que sont les jeunes allemands d’aujourd’hui, handicapés par un passé qu’il n’ont pas connu.

La dépréciation de leur pays à ce propos ne semble pas être facile à vivre. Ceci dit, ce point là, est probablement celui qui pose le plus de doutes sur la cohérence du film. Comment, dans un pays comme l’Allemagne, qui n’a toujours pas digeré son vécu, une telle expérience pourrait-elle prendre dans un lycée sans que quiconque ne tique ? Pas même les parents d’élèves ? Que les jeunes en aient marre et du coup oublient les leçon, oui. Mais les autres ?

Mais, d’un autre coté, je ne vois pas comment un autre pays que l’Allemagne aurait pu être mieux placé pour tourner ça.

Logo de la Vague (Die Welle)

Bon, la fin est leur seul réel point noir pour moi, il n’y avait pas besoin de terminer comme cela. Je ne vais pas vous spoiler, mais j’ai l’impression que le film n’avais pas besoin de ce drama pour finir en beauté. Non, vraiment pas.

Au final, un bon film, qui aurait probablement pu être meilleur, mais qui est quand même fort agréable à regarder. On se laisse prendre par la vague. Et je ne saurais que vous le conseiller.


La malédiction de l’achat pour jolie couverture vous connaissez ? Mais si, Serafina vous en parlait il y a peu dans sa critique de Witchling de Yasmine Galenorn, et je ne peux que lui donner raison à la fin de ma lecture. Rhapsody, première partie est un livre qui me faisait envie depuis de nombreux mois quand ma fiancée me l’a offert à Noël. Et pour cause, les couvertures des deux volumes édités chez J’ai Lu sont superbes. Vous avez compris où je veux en venir hein ?

Rhapsody, Première Partie de la Symphonie des Siècles

Pourtant, de nombreux signes avant-coureurs auraient dû me mettre la puce à l’oreille: le titre est annoncé comme un Best Seller, au même titre que l’Epée de Vérité par exemple. Il est édité chez France Loisir, et surtout, sa couverture me plaît. Mais bon, généralement un vrai Best Seller navet on en entend parler avant de l’acheter. Un peu comme Twilight quoi. Sauf que là, non, rien, donc théoriquement, je n’avais pas de raison pour ne pas fondre sur ce livre.

Théoriquement, car s’il y a bien quelque chose que je dois vous dire après la lecture de ce premier tome de la trilogie en six volumes (vive la France), c’est que la Symphonie des Siècles a tout l’air d’une série à oublier après lecture. Elizabeth Haydon, qui n’a pas un style désagréable à la lecture, est tout bonnement entrain de suivre, à la lettre, une liste que l’on pourrait appeler « liste des stéréotypes nécessaires à un best-seller de Fantasy mais vraiment pourris« . Par là j’entends donc une Mary-Sue, un Gary-Stu, des pouvoirs élémentaires, des prophécies et de longues descriptions. Vous secouez le tout et obtenez la Symphonie des Siècles, une pure soupe qui en ferait presque frémir d’envie Britney Spears.

Comme Légende de David Gemmell, on est obligé d’admettre que le titre a quelques aspects prometteurs. Comme je l’ai déjà dit, le style de madame Haydon est vraiment loin d’être mauvais. Certains passages du livre sont presque prenants, mais ils sont malheureusement entourés de deux cents pages de Mary-Sue en puissance. Oui vous savez, la fille que personne connaît, qui est super belle et que tout le monde veut voir, puis qui va être acceptée à un endroit hyper hype pour qu’on lui apprenne les arcanes secrètes du monde tout spécialement pour elle.

Rhapsody, première partie, La Symphonie des Siècles

Dit comme ça, ça parraît surnaturel hein ? Et pourtant, c’est exactement ce qu’il se passe dans ce premier tome de Rhapsody. Vous ajoutez à cela que les héros correspondent parfaitement à une ou deux prophécies qui va sauver le monde, et vous tombez sur le stéréotype même de la bouse Fanfiction Naruto. Ah oui, j’oubliais de dire que l’héroïne est accompagné d’un gros troll qui n’aime que se battre et qui la prend en affection, ainsi que d’un type ultra darkinou aux pouvoirs surnaturels et qui la prend pour de la merde. Bon, ils vont avoir des pouvoirs élémentaires super géniaux et tout, mais ça je vous l’ai déjà dit. Ah, je vous ai spoilé ? Pas d’inquiètude, on le sent venir à 400 pages !

Hey, mais c’est que j’ai parlé d’un Gary-Tsu nan ? Vous pensiez que c’était un de ses deux acolytes ? Et bien non, raté ! Il n’apparaît que dans le début du titre, où il ne se demande même pas pourquoi en ouvrant les yeux il se retrouve dans un endroit qu’il n’avait jamais vu, qui ne parle que peu sa langue, et surtout, dans lequel il finira par coucher avec une fille, son âme soeur dont il est tout de suite éperduement amoureux, juste avant de revenir dans le monde normal et d’avoir le coeur brisé. Aoutch, ma phrase est longue vous trouvez pas ? Bah elle reflète bien la qualtié du livre, c’est toujours ça.

Bref, Rhapsody, première partie, premier tome de la Symphonie des Siècles est donc un pure navet à éviter. Malheureusement pour moi, j’avais vu la suite chez l’un des bouquinistes Fantasy de Paris pour 3€ état neuf avant de le lire. Il va donc falloir que je me le farcisse. Maudites couvertures !


Ma vie de Geisha de Mineko Iwasaki

Serafina dans Critiques, Livres le 7 mars 2009, avec 7 commentaires
Critiques

Ma vie de Geisha est un roman autobiographie (du moins, vendu comme tel) d’une des dernières grandes Geisha (ou Geiko comme elles disent). Mineko Iwasaki n’est autre que celle qui a inspiré le livre Geisha de Arthur Golden. Sauf qu’apparement, ce que Golden a écrit ne plu pas tellement à Mineko, ils sont en instance de procès, en grande partie parce-que l’héroïne de Golden -directement inspirée de Mineko- se voit « prostituée ».

Ma vie de Geisha de Mineko Iwasaki

Enfin, peu importe. Toujours est-il qu’il ne faut pas faire la confusion entre les deux, le livre de Golden est une fiction, tandis que nous sommes ici face à une biographie. De sa naissance (en 1949) à son retirement de la vie de Geiko  (à 29 ans) nous suivont son parcours, de son enfance avec sa famille à sa consécration. Elle est entrée à 5 ans à l’okiya Iwasaki, ou elle est devenue l’atototi (en gros l’héritière). C’est pour cette raison que son nom de famille est devenu celui de l’okiya. Un okiya est ce qu’on pourrai appeler banalement, une maison de Geisha. C’est là que vivent les geisha non indépendantes, les apprenties, et évidemment, les bonnes. La vie de Mineko va donc se partager entre l’apprentissage du métier de Geiko, notamment celui de la danse, et l’apprentissage de la vie dans l’okiya, qu’elle pensait être probablement amenée à gérer à la mort de la Mère (c’est ainsi qu’on nomme la chef de l’okiya).

Le livre est assez court, trop probablement. En effet, malheureusement, de nombreuses choses sont survolées. Beaucoup d’étapes de la vie de Geisha sont evoquées, mais on pénètre réellement dans très peu d’entre elles. Ce qui est assez dommage, car si vous n’avez pas de réelles connaissances dans le domaine, il est difficile de saisir toutes les nuances. Il aurait probablement été intéressant de plus détailler et mieux expliquer les enjeux.

De même on s’attache difficilement aux personnages, les personnalités ne sont que peu developpées et souvent stéréotypées (Yaeko la méchante, Oima la gentille, etc etc). Du coup on n’entre pas dans le livre, on le lit, mais on reste toujours dehors. C’est dommage. Ensuite certains évènements, supposément importants sont traités très rapidement. Par exemple on sait que Mineko a essayé par de nombreux moyens de moderniser la societé des geiko et par là les libérer de nombreuses contraintes. Cela aurait été intéressant de savoir comme elle s’y est prise, quel a été l’acceuil, etc. Mais non, c’est evoqué en deux lignes. On ne sait ni comment, ni pourquoi. Du coup son engagement paraît bien mince.

Une petite remarque en passant. Dans le livre, Mineko clame que les Geisha n’ont jamais eu de relations sexuelles contre de l’argent. Ceci dit, il ne faut pas oublier que Mineko était une Geisha moderne, dans l’après-guerre. Des Geisha plus agées, comme Suzumi née en 1896 dont l’histoire fut racontée par Inoue Yuki dans le livre Mémoires d’une Geisha en 1980 font état d’une tout autre opinion. Il serait erroné de voir dans toute l’histoire des Geisha seulement de jolies danseuses et musiciennes. Les temps ont changés, et heureusement, mais il ne faudrait pas non plus se voiler la face.