Plaisirs Coupables de Laurel K. Hamilton

Serafina dans Critiques, Livres le 30 mars 2009, avec 4 commentaires
Critiques

Plaisirs Coupables est la première histoire de la série des Anita Blake, Tueuse de Vampires. Il s’agit là d’une série entamée en 1993, comportant une bonne quinzaine de volumes en langue anglo-saxonne. Mais ce premier tome est surtout la naissance de ce qu’on appelle la Bit-Lit, ou plutôt de l’Urban Fantasy si vous préferez. Les vampires existent, ils sont reconnus et vivent au milieu des humains. Un chémin qui est repris de nos jours dans des romans comme Witchling ou encore Mercy Thompson. Si cet état des lieux est devenu fréquent voir même bateau, Laurell K. Hamilton était la première à instaurer cet univers. Souvent copiée par la suite, nous allons voir si sa série a été ou non égalé depuis.

Plaisirs Coupable, Anita Black, de Laurell K. Hamilton

La couverture de Plaisirs Coupables est bien plus suggestive que Witchling... et pourtant, il n'en est rien !

La publication en France a d’abord été sous l’égide de Fleuve Noir, puis de Pocket (ou l’inverse) . Ces derniers ont abandonné vers le 10ème volume et ont récemment cédé les droits à Bragelonne. C’est donc ainsi que Milady publie en poche les premiers volumes et que Bragelonne sortira le tome 10 fin 2009. En attendant les trois premiers tomes sont donc disponibles en un seul coup en ce mois de mars.

Anita Blake était une série qui me tentait. Mais quand j’ai vu la couverture (voir ci-dessus) et le titre, sachant que je venais de lire Witchling, cela m’a un peu refroidie. Il m’aura fallu attendre la critique de Thalia pour changer d’avis et me faire acheter le premier tome.

Donc Anita Blake est officiellement une réanimatrice, elle releve les morts (sous forme de zombie) afin d’élucider des meurtres ou des testaments. Le soir venu elle est aussi chasseuse de vampires. Elle a un franc parler certain, elle est sérieuse et sait se battre. En fait, il est difficile de ne pas faire le rapprochement entre une autre jolie tueuse de vampires qui n’avait pas sa langue dans sa poche. Brune aussi. Oui je reste malgré le temps une fane de Faith, et alors ? Bref Anita, elle a la classe et pis c’est tout. Contrairement à mes craintes elle ne pense pas avec son fessier et elle n’a pas pour principale préocuppation de mettre en valeur ses seins (qui ne sont même pas évoqués !). Ca change vraiment de Witchling.

Plaisirs Coupables, Anita Black, de Laurel K. Hamilton

Dans ce premier tome, elle se fait mechamment recruter par des vampires (créatures qu’elle déteste) pour élucider des meurtres… de vampires. Nous sommes dont face à une enquête policière. Mais une mauvaise enquête. Parce que, bien que je ne sois pas spécialement douée, j’ai pu trouver le coupable 140 pages avant l’héroïne. Mauvaise traduction ou pas, je n’en sais rien. Toujours est-t’il que j’avais raison, et bon, c’est assez pitoyable de la voir s’enfoncer dans des fausses pistes pour remplir encore 100 pages alors qu’on a déja éventé l’intrigue.

Pour le reste, j’ai basiquement l’impression de me retrouver face à un pilote de série T.V. On pose les bases de l’univers, sans trop développer les backgrounds, en se concentrant sur une intrigue en one-shot. Histoire de captiver le lecteur quoi. On découvre pas mal de personnages, mais très peu sont fouillés. D’ailleurs il y en a pas mal qui crevent, donc de toute manière. Nul doute que l’univers et les personnages seront développés dans la suite et qu’on en apprendra un peu plus sur les réanimateurs et compagnie.

Du coup, Milady a bien fait de sortir les trois tomes d’un coup, car j’ai l’impression qu’Anita Blake est une série que je vais suivre. Ce n’est pas le bouquin du siècle, non. Mais c’est vachement agréable à lire.

A noter qu’un comic est sorti de cette série… et qui sait peut-être que nous en parlerons dans un prochain article. En attendant, vous pouvez d’ores et déjà lire ma critique du deuxième tome: Le Cadavre Rieur.


Ames Perdues de Poppy Z. Brite

dabYo dans Critiques, Livres le 29 mars 2009, avec 7 commentaires
Critiques

Poppy Z. Brite fait parti de ces auteurs que beaucoup évitent de mettre dans leur liste de préférences: tout le monde ne peut pas se dire fan des scènes gores qu’elle peut écrire, ça et là. Et pourtant, ce n’est pas la seule chose qu’elle a écrit, avec entre autre son dernier roman, Alcool, ou même cet Âmes Perdues, un livre soft dont je viens tout juste de finir la lecture. Synopsis.

Ames Perdues de Poppy Z. Brite

Nothing est un jeune adolescent complètement paumé et en mal d’être depuis des années. Fumer, boire et coucher avec n’importe qui ne lui permet plus de l’oublier, et il n’a pas l’impression de vivre, mais de sur vivre. C’est ainsi que, fort d’une lettre le reconnaissant comme un être abandonné à ses parents adoptifs, il part en bus en quête de ses origines. Sa destination ? Missing Miles, la ville où habitent Steve et Ghost, deux musiciens dont les paroles enregistrées sur une cassette l’ont grandement touché. Avant d’y arriver, il va néanmoins faire quelques rencontres fort peu recommandables.

Autant être clair, il n’y a pas d’intrigue principale dans ce roman et c’est la vie de tous les jours de plusieurs personnages que nous allons suivre, tous en même temps. Le style de narration pourrait donc être apparenté à un Trône de Fer. Contrairement à ce que peut sous entendre mon synopsis, il n’y a pas non plus de héros, ce sont justes des humains, ou presque, qui ont pour seul point commun d’être des âmes perdues. Poppy Z. Brite n’est pas gore dans ce roman, mais crue et cruelle sans aucun doute. Les faits sont décrits entièrement et elle ne ménage aucun de ses personnages. Ceci dit, on reste bien loin de ce qu’un Corps Exquis, et si vous recherchez les mêmes sensations que pour ce dernier, Âmes Perdues n’est peut être pas fait pour vous. Bien qu’il n’en soit pas moins bon pour autant.

Ames Perdues de Poppy Z. Brite

Le récit de la vie des différents personnages est poignant, vous ne pouvez pas vous empêcher d’y repenser par la suite. Bien entendu, et vous vous en doutez tout de suite, les personnages finiront tôt ou tard par se rencontrer et par partager la même histoire. Une histoire très souvent triste, voir déprimante, car Brite joue avec nous et utilise de nombreuses ficelles scénariques pour engendrer la frustration du lecteur. Nous sommes spectateur, nous voyons les choses s’effriter peu à peu et nous ne pouvons rien faire, condamnés à se demander jusqu’où ira-t’elle et à quel point auto détruira-t’elle ses personnages. Jusqu’à quel point sera-t’elle sadique avec eux ?

S’ajoute à cet aspect hautement addictif la plume de l’auteur, qui il faut l’avouer est très bonne. Il n’y a quasiment jamais de mauvaise tournure, il n’y a aucune incompréhension. Alors certes, cela vient aussi du traducteur et à ce niveau là je trouve qu’on peut saluer son travail, car le livre est très agréable à lire. L’ambiance des années 80 est très bien retranscrite, les débuts du mouvement gothique aussi. On aurait qu’une envie, écouter le son des Lost Souls? pour pouvoir en faire la critique sur if is Dead. Il était d’ailleurs amusant de voir que Nothing écoute du Tom Waits, dont aka oni vous parlait il y a peu. Et comme je l’ai dit plus tôt, les personnages deviennent vraiment attachants, les rapports humains aussi.

Ames Perdues de Poppy Z. Brite

Le livre touche à l’ésotérisme et au thème des vampires, qui finalement est bien intégré. On ne s’occupe pas ici d’expliquer d’où viennent les vampires, ou pourquoi ils existent. Il ne s’agit pas d’une quête des racines, comme peut parfois le faire Anne Rice dans ses Chroniques des Vampires. Non, les vampires sont là, la magie existe, et c’est comme ça. Ce sont des postulats faciles à accepter, et bien que Brite ne respecte que très peu les stéréotypes du vampirisme, cela ne choque à aucun moment. Les vampires boivent de l’alcool dans des fourgonnettes et peuvent se balader de jours comme de nuit ? Bwé, après tout, pourquoi pas ?

A noter que Steve et Ghost sont deux personnages que vous pouvez retrouver dans une ou deux nouvelles de son recueil Les Contes de la Fée Verte.


Téléphone vous connaissez ? Nan, pas l’ancêtre du portable, mais bien le groupe. C’est fou comme lorsqu’on réécoute ce groupe, on sent l’aspect vieillot du truc. Enfin bref, le Kyo de l’époque n’est pas prêt de revenir. A moins qu’il vienne de Laval avec Archimède ?

Archimède est donc un groupe de Rock Français pur souche. A la première école j’ai vraiment eu l’impression de voir là un remake des vieux tubes de Téléphone. Alors oui, je sais que ce groupe n’est vraiment pas la référence Rock française, mais il n’en reste pas moins celui qui a le plus marqué le Rock Français, et le plus connu par chez nous en général.

A première vue, le morceau ne convaint vraiment pas, mais il faut dire qu’il n’est pas là pour convaincre une oreille attentive, mais simplement un auditeur banal. Et là dessus, il faut dire que le morceau marche plutôt bien. Le refrain reste dans la tête, et le clip est plutôt pas mal non ? Je vous invite à écouter leurs deux autres morceaux sur leur myspace qui sont vraiment meilleurs.

N’empêche que je crois que je vais les suivre, et vous ? A moins que vous ne préfériez les B.B. Brunes ? Arg !


Disons-le tout de suite, il s’agit ici d’une des œuvres les plus marquantes de la littérature, et pas du tout d’un bon bouquin plus ou moins confidentiel, car c’est un classique très connu. Louis-Ferdinand Destouches, ou Louis-Ferdinand Céline, ou encore Céline pour reprendre son nom de plume, est un médecin et écrivain français né en 1894. Son enfance ne revêt que peu d’intérêt, et il n’est pas réellement nécessaire de s’étendre sur ses dérives antisémites et collaboratrices pour parler de son premier livre, qui ne contient heureusement aucune allusion à ses penchants postérieurs. Néanmoins, le fait qu’il ait été médecin joue grandement dans la construction du livre. En ce qui concerne sa personnalité et sa vie, complexes toutes deux, autant se référer à Wikipédia.

Céline

Voyage Au Bout De La Nuit n’est pas autobiographique, mais presque, pourrait-on ajouter. Le personnage principal, Ferdinand Bardamu, est un médecin lui aussi, et est l’archétype du antihéros. Contrairement à ce que l’on a entendu généralement sur ce livre, il ne traite pas que de la première guerre mondiale. L’aventure de Bardamu s’étend sur bien plus que la période de la guerre, puisqu’à l’instar de Céline, il visitera l’Afrique, l’Amérique, avant de revenir en France.

Céline créa un style littéraire extrêmement particulier, que Voyage au bout de la nuit reflète parfaitement. Comme tous les styles très particuliers, on adore ou on déteste. Celui-ci se caractérise par un langage assez parlé, des phrases saccadées auxquelles manquent régulièrement des virgules, des fautes de syntaxe (« malgré que, à cause que »), quelques mots de vieil argot également ; un style que j’ai trouvé vraiment prenant – et que d’autres ont exécré. Toujours est-il qu’il s’agit d’un style vraiment unique.

L’œuvre raconte donc l’histoire de Bardamu, depuis son engagement volontaire dans l’armée (comme l’auteur), jusqu’à sa vie en tant que directeur d’asile, en passant par l’Afrique coloniale, l’Amérique fordiste et les banlieues crasseuses de Paris. Le ton général est le dégoût des hommes, du monde, de la pourriture, de la société. Pour être honnête, je n’ai pas souvenir de beaucoup d’auteurs capables de décrire de manière aussi variée que Céline la misère, la crasse, la boue humaines, le répugnant du monde. Depuis sa description (légendaire) de la guerre, « cet abattoir international de la folie », de l’Afrique coloniale, au climat étouffant et maladif, pouilleux, suant, humide (le terme usité par Céline étant « nègre », on pourra s’en trouver dérangé, néanmoins, sa description des coloniaux laisse bien entendre son opposition au colonialisme, et on finit par passer sur le mot) ; à l’Amérique où la misère n’est plus chaude et lourde, mais métallique et impersonnelle, glacée, presque folle (Céline y dénonce au passage le fordisme et le capitalisme à tout va), à la banlieue parisienne, Rancy.

Quoique ses descriptions sur chacun des passages précités sur la pourriture humaine et sur la misère soient uniques, c’est pour moi dans cette dernière partie que Céline se lâche totalement. On voit, on sent presque la banlieue industrielle immonde, au ciel jauni par la pollution, dans les vieux appartements déglingués, les « cages à lapin », et la mesquinerie, le mépris, la crasse des voisins, détestant par exemple Bardamu simplement parce qu’il ne sait pas se faire payer ses consultations…

Voyage au bout de la Nuit de Céline

Tout le livre fourmille de scènes « chocs » ; parmi toutes celles-là, on retiendra encore en particulier celles de Rancy, par exemple lorsqu’une jeune fille, ayant raté son avortement, se vide littéralement de son sang dans un appartement sordide, et où sa mère hurle que sa famille sera déshonorée si elle va à l’hôpital. Bardamu contemple, passif, ouvrant à peine la bouche…

L’antihéros est bien trop passif pour qu’on se prenne d’affection pour lui. Lâche, certes, inactif, contemplatif des évènements. Mais bien plus authentique que tous. Et assumant parfaitement sa lâcheté. Ses fuites. Et en fin de compte, plus « propre » que la galerie impressionnante de tordus que dresse Céline. L’officier maigrelet et désintéressé au plus haut point de la vie de ses hommes, ses compagnons de voyage pour l’Afrique développant une haine mortelle pour lui par désœuvrement, le directeur de la compagnie raciste et nauséabond, la population de banlieue dont la dégueulasserie humaine, sur tous les plans, flanque le vertige, et bien sûr Robinson, personnage récurrent du livre, que Bardamu retrouvera toujours au gré de ses voyages…

Entre toutes ces péripéties, ce voyage dans l’immonde, des réflexions, nombreuses, sur l’humanité, la vie, le monde… Ce ne sont pas des parties lourdes, au contraire, le style reste le même et les réflexions lucides et tristes de Bardamu frappent ; et fort. En fait, le nombre de citations, de réflexions, de vérités frappantes de Voyage Au Bout De La Nuit est proprement hallucinant. Une vraie mine d’or, comme on en voit peu.

On ne sort pas indemne d’une lecture de Voyage Au Bout de La Nuit, même si l’on est relativement insensible à ce qu’on lit. Le bouquin est trop riche pour qu’on le referme simplement et qu’on passe à un autre bouquin (la fin est par ailleurs à la hauteur du livre). Ses 630 et quelques pages sont en fin de compte rapidement dévorées, car ce livre happe littéralement. C’est sans aucun doute un de ces livres qu’il faut absolument avoir lu dans sa vie. Un classique parmi les classiques.

L’amour c’est l’infini mis à la portée des caniches et j’ai ma dignité moi ! (Céline, Voyage au bout de la nuit)


Clip Spellbound de Lacuna Coil

Serafina dans Actualité, Musique le 26 mars 2009, avec 3 commentaires

Lacuna Coil, je ne sais pas si vous connaissez. Il s’agit basiquement d’un groupe de Metal italien. Rare hein ? Produisant du Metal Atmosphérique à leur origine, ayant potentiellement inspiré Evanescence, ils sont aujourd’hui passés à un Néo-Metal à chanteuse. Un peu le comble, quand on les voit promus comme les « nouveaux Evanescence » alors qu’ils ont 10 ans de carrière de plus dans les pattes.

Toujours est il que leur prochain album sort le 20 avril et que le premier single, Spellbound, est déjà sur le myspace officiel du groupe depuis quelque temps. En voici le clip, apparemment tout neuf, vu qu’il a été twitté il y a seulement quelques heures.

Musicalement, exit la basse à la Korn. Par contre, j’ai l’impression que le chant du monsieur est bien plus mis en avant, Cristina Scabbia (la chanteuse si vous n’auriez pas deviné) n’apparaissant que pour le refrain. Est ce là l’orientation du nouvel album ? En tout cas, bizarrement, alors que la chanteuse est très populaire pour son physique, le groupe ne semble pas réellement essayer d’en tirer parti. On ne pourra pas dire que c’est le cas des autres groupes Female Fronted

Enfin, je vous laisse regarder :

Alors bon, ça casse réellement pas quatre patte à un canard niveau visuel. Je suis pas sûre d’avoir compris le sens du clip d’ailleurs, c’est qui ces gens ? Et puis les caméras embarquées s’intègrent assez mal. Vous en pensez quoi vous ? Lacuna Coil vous connaissez ? Aimez (aimiez) ?


Quand on est un garçon, il arrive souvent que l’on fasse une totale abstraction de certains contes de Disney, comme peuvent l’être la Belle au bois dormant, Cendrillon, Alice au pays des merveilles… Bref, tous ces contes qui ont été médiatisés par Disney et qui ont une connotation très fille. C’est comme cela qu’à bientôt 20 ans, je n’avais toujours pas la moindre idée de ce qu’était le Pays des Merveilles dans lequel s’est un jour retrouvée, par hasard, Alice. Et quelle claque.

Alice au Pays des Merveilles de Lewis Carroll

Je ne sais pas à quel point l’adaptation qu’en a fait Disney est fidèle, si elle l’est, mais je ne m’attendais pas à ça lorsque j’ai ouvert pour la première fois ce grand classique de Lewis Carroll. D’ailleurs, je n’ai aucune idée de comment aborder sa critique, tellement ce livre bizarre m’a plu.

Un synopsis n’aurait aucun intérêt, la base de l’histoire est connue de tous et le reste n’est qu’une suite agréable de non sens, de quiproquo et de n’importe quoi. On dit souvent que Lewis Carroll est le père de l’humour anglais, et aujourd’hui je comprends bien pourquoi. Un siècle avant Douglas Adams, Terry Pratchett ou encore Neil Gaiman, Lewis Carroll écrivait déjà quelque chose de plus loufoque que Pratchett, de plus merveilleux que Gaiman et avec encore moins de sens qu’Adams. Une référence pour quiconque aime un de ces auteurs ou tout simplement les Monty Python.

Il faut l’avouer, pour les autres, l’appréciation du livre pourra être bien différente. Le style de l’auteur est très agréable à lire, dans sa version française du moins, et les jeux de mots et quiproquo sont très bien illustrés. Seulement, si vous avez l’habitude de lire pour un scénario, une histoire, un monde cohérent, il vaudra mieux ici passer votre chemin. Bien que la relative longueur de la lecture (entre une heure et deux heures) pourra peut être vous tenter. Non sens ne veut pas dire pour autant non intérêt, l’univers dans lequel nous embarque Carroll est vraiment intéressant et vivant. Avec Alice, nous découvrons littéralement cet endroit loufoque où rien n’est impossible.

Alice au Pays des Merveilles de Lewis Carroll

En parlant d’Alice, puisqu’elle est l’héroïne de ce conte, il faut avouer qu’on finit par s’attacher grandement à elle. Le fait qu’elle se parle toute seule, et qu’elle débatte souvent avec elle même est vraiment bien retranscrit et agréable à lire. A la fin j’aimais vraiment le personnage. Et les autres, qui peuplent le monde des merveilles, sont eux aussi géniaux et attachants. Le chapelier fou est tout bonnement excellent, le chat qui sourit aussi d’ailleurs. De même, pour l’amateur de débat « est ce que les gifs sont animés quand on ne les regarde pas ? » que je suis, il faut avouer que la plupart des passages du livre me sont directement dédiés. Au fait, saviez vous que les chats étaient fous ?

Bref, vous l’aurez compris, je ne trouve pas grand chose à reprocher à ce livre, et d’ailleurs je ne vois pas ce que je pourrais lui reprocher. Je m’étonne juste qu’il soit publié en conte pour enfant, vu à quel point il est loufoque et doit être difficile à lire lorsque l’on est enfant. D’autant que les jeux de mots anglais ne pouvant être retranscrit complètement, les annexes permettent de les lire en version originale, et une connaissance de la langue anglais est quasi nécessaire pour apprécier pleinement l’œuvre.

Un livre idéal à lire lorsqu’on veut quelque chose de court, qui ne prend pas la tête et qui est amusant à lire.


La Machine à explorer le Temps de H.G. Wells

Serafina dans Critiques, Livres le 24 mars 2009, avec 3 commentaires
Critiques

La Machine à explorer le Temps fait partie de ces classiques de la Science Fiction, ou plutôt comme nous le verons d’Anticipation. Il m’est difficile de vous donner sa date exacte de parution, car il a existé plusieurs versions de ce roman. H.G. Wells en a écrit l’ébauche en 1888 et la version finale en 1924. Apparement en France, la seule version disponible serait celle de 1895. En tout cas, je parle ici de la version éditée chez Folio SF.

La Machine à Explorer le Temps de H.G. Wells

L’histoire se passe donc dans la fin de l’ère victorienne, à Londres. Un scientifique a pour habitude de réunir des amis dans son salon. Un soir il leur explique l’existence de la quatrième dimension: le Temps. Et partant du principe que nous pouvons nous mouvoir dans les trois autres dimensions, leur explique qu’il est donc possible de se mouvoir dans le Temps. Et il leur fait donc la révélation: il a une machine à explorer le Temps. Une semaine plus tard, il réunit à nouveau ses amis, et leur déclame revenir du futur. Le gros de la nouvelle consiste en son récit d’avantures en l’an 802701. Oui oui, vous avez bien lu, 802 milles.

Vous n’êtes pas sans savoir qu’en France le terme Science Fiction est assez récent. On lui a longtemps préféré celui, plus restreint, d’Anticipation. Et H.G. Wells nous en montre ici un parfait exemple. Le voyage dans le futur n’est au final qu’une excuse pour dénoncer les abus qu’il constatait à l’époque où il écrivait ces quelques lignes, et pour nous pondre une sorte d’étude sociologique.

Il faut pour cela remettre les choses dans leur contexte. Au XIXème siècle, les inégalités sociales étaient très très marquées, on commençait à construire sous terre (le métro est mentionné par exemple), l’industrialisation était croissante. Wells nous montre donc ce qui risque d’arriver si rien ne change : un peuple oisif, analphabete, qui oublie tout son passé, un autre peuple totalement soutterain et revenu quasiment à l’état sauvage. Ah, exploitation capitaliste quand tu nous tiens. Il est d’ailleurs difficile de ne pas voir que Wells est clairement à gauche.

La Machine à Explorer le Temps de H.G. Wells

Le héros, en étudiant le peuple oisif, appelés les Elois, nous met en garde contre les travers de la societé victorienne. On pourrait évidemment croire cela totalement dépassé, car depuis bien des choses ont changé. Notamment au niveau des connaissances scientifiques, mais il ne faut pas en tenir rigueur au bouquin, et se rappeler un peu la fin du siècle où il a été écrit. Nous sommes en pleine période de révolutions : révolution industrielles mais aussi scientifiques. La thèse de Darwin n’a qu’une trentaine d’années, on commence à parler de la 4ème dimension, les théories les plus folles peuvent donc pulluler. Comme dirait mon professeur d’Intelligence Artificielle : « à l’époque y avait ni télé ni ciné, alors les mecs ils cherchaient ».

Ceci dit, le livre reste très très intéressant, surtout pour sa cohérence une fois le postulat de base admis. Les choses sont très bien amenées, et les études sur les modes de vies des peuples sont réellement prenantes. On est face à de la grande Science Fiction, celle qui veut nous faire réflechir. A comparer probablement à Dune, Je suis une Légende ou encore Fondation. Des monuments dans tout les cas, qu’il faut lire, que vous aimiez ou non le genre SF à l’origine.


La pub est un secteur ou il faut un constant renouvellement. C’est pour cela qu’après plusieurs années à lancer de nouvelles danettes suite aux votes des consommateurs, Danette a décidé de faire évoluer sa formule. Cette année encore, un nouveau parfum va sortir, je ne vous surprend probablement pas. Mais Danette va plus loin, puisque sa campagne est organisée comme une parodie d’un show de real-TV !

Après de drastiques castings, ou se sont produits de nombreuses casseroles, le jury a choisi deux finalistes. Comme dans un certain programme télé que je ne citerais pas, les casseroles sont évidemment les moments les plus interessants et c’est pour cela que nous avons donc droit a une vidéo exclusive !

Y’a pas a dire, y’a du bon ! Saveur poireau hmmm…

A la suite de quoi, les deux finalistes ont été révélées, il s’agit de danette choco noisette et danette cappucino. Les deux seront donc dès le 1er avril commercialisées. Et le public pourra voter pour sa préferée sur le site : nouvelles danette. Mais ce n’est pas tout ! Comme je vous le disait il s’agit d’une campagne basée sur le principe Real-TV. Les spectateurs pourront donc sur ce même site web découvrir la vie des deux danettes, enfermées dans un loft, pardon un frigo. Des petites vidéos sont prévues régulièrement.

Ce qu’on peut dire, c’est que danette ne fait pas les choses a moitié. L’idée de la campagne télé des plutot bien trouvée, et originale. J’apprecie les idées tordues et les parfums improbables (cf. vidéo)  Et même si je ne suis pas spécialement fan de la crème en question, je trouve cela sympa.  Je ne doute pas que Serafina va vouloir gouter la miss cappuccino par contre…

Article sponsorisé


Kells dont nous avions publié le clip La Sphère fait partie des rares groupes à venir nous voir de temps en temps dans notre région reculée qu’est le Centre. Alors forcément, vu que nous aprécions relativelement bien leur musique, nous allons à chaque fois les voir. Je vous rassure, ils ne font pas là une oeuvre de charité, mais il faut dire qu’il y’a un noyau dur de leur fan-club basé à Romorantin.

Kells est donc un petit groupe de Metal Symphonique français, avec une chanteuse, et qui tire un peu sur le Néo Metal de temps en temps. Ils viennent tout juste de sortir leur second album, Lueurs dont Serafina vous parlera prochainement, et nous les retrouvons donc logiquement en pleine tournée promotionnelle. Si il y a bien quelque chose sur lequel on peut les louer, c’est leur proximité avec le public. A chaque fois que nous sommes allés les voir, nous avons pu converser rapidemment avec la chanteuse ou le batteur. Bon, on ne reprochera pas à ce dernier de m’avoir confié qu’il n’avait pas eu le temps d’écouter ma démo et qu’il était désolé… Ahem, j’ai jamais eu de groupe, et encore moins une démo à lui faire écouter. Toujours est-il que les membres du groupes sont très abordables et accessibles.

Viriginie de Kells à la Pyramide (Romorantin)

Bref, après la finale du tremplin de la MJC de la ville (composée de trois groupes amateurs de la région), c’est donc sur une intro instrumentale passée en sample que les quatre membres du groupe prennent place sur la scène, devant deux centaines de personnes. La chanteuse qui nous avait habitué à de très belles robes gothico-victoriennes s’en est débarassée pour un habit qui fait penser à une abeille: mini tutu, colants noirs et deux sortes de boules pour coiffure. De moins bon goût, c’est sûr. L’effet « je tourne dans tous les sens en chantant » en prend tout de suite un coup niveau classe, et nous fait immanquablement penser à l’effet Parkison de Sharon (Within Temptation). Le guitariste, le bassiste et le batteur sont ce qu’il y a de plus banal dans un groupe du genre, et ce n’est pas leur jeu de scène qui en démentira. Sur scène c’est la chanteuse qui porte clairement le groupe.

Kells enchaîne ensuite la plupart de ses morceaux connus, que je ne connais bien évidemment pas vraiment puisque je n’écoute pas leur CD, mais qui finissent par m’entrer dans la tête. En effet, c’est bien la troisième fois que nous les voyons (et dans les trois cas, à Romorantin). Et ceci, dans un son assez déplorable. Je ne sais pas réellement ce qu’a fait l’organisation de la Pyramide, mais le son de la grosse caisse grésillait affreusement. Et apparement, il n’y avais pas de micro de rechange (celui du chanteur de Kosmos avait déjà rendu l’âme la demi heure précédente). Une honte quand même pour une salle de spectacle qui se veut professionnelle.

Virginie de Kells en concert

Enfin, comme on dit « Show must go on » et le groupe fera avec. Malgré un nouvel album je n’ai pas eu la réelle impression d’un renouveau des morceaux. Pire, j’ai cru qu’ils avaient joué deux fois le même morceau, alors qu’apparement, la set list ne fait pas état de répétition. Manque d’inspiration ? Peut être. Le groupe a du mal à renouveller ses chansons, et à moins d’être connaisseur on a tout de même la mauvaise impression d’écouter toujours le même morceau. Les structures se ressemblent, la voix de Virginie, bien qu’agréable, n’est pas transcendante, bref. Ceci dit, le groupe reste très agréable à voir en live.

L’acceuil du public fut mitigé, entre très bon et très mauvais. La Pyramide est une salle qui propose des gradins. Et du coup, le tiers du public est resté assis, avec l’air de se faire royalement *****. Alors certes il y en avait qui n’étaient venus que pour les premières parties, mais pour en connaître certains, ce n’était pas le cas de tous. A l’inverse, l’autre partie, celle debout, était déja toute conquise avant même le début du concert. Comme on le disait, il y a une bonne base de fans à Romo.

Patrick de Kells en concert

Je passerai sur les clins d’oeil au Fan Club, les Kells Crusaders, qui bien que sympathiques pour les personnes visées, faisaient plutôt sourire. On a vu plus classe qu’un gang arborant des épées en mousse comme symbole et snobbant toutes les autres représentations de la soirée pour boire un verre au bar du complexe.

Bref, concert sympathique, nous n’hésiterons pas à retourner les voir lors de leur prochain passage.


Les contes cruels de Kaori Yuki

Serafina dans Critiques, Livres le 22 mars 2009, avec aucun commentaire
Critiques

Kaori Yuki est une dessinatrice de manga que j’apprecie tout particulièrement. La dame a un style graphique absolument icomparable, qui baigne régulièrement dans une ambiance très gothique. Ces derniers temps, Tonkam a décidé de sortir l’intégrale des oeuvres de Yuki. On a donc eu droit au très beau Ludwyg Revolution (mais très creux), à BloodHound ou encore Boy’s next door. Des histoires courtes mais jolies et généralement agréables.

C’est donc avec tout plein de bonne intentions qu’une personne anonYme qui ne souhaite pas être citée vu la critique qui suit, m’a offert le dernier paru : Les contes cruels.

Contes Cruels de Kaori Yuki

La couverture laisse présager de très beaux dessins...

Avec un titre pareil, et connaissant l’auteur, on peut s’attendre au meilleur. En effet, les reprises de contes enfantins en version gore, c’est son trip. Eh bien oui, mais non. Tonkam semblant être à cours d’histoires à publier nous sort un receuil datant de 1992. Soit avant même le tout premier Comte Cain (la première réelle série de Kaori Yuki, qui marque le vrai début de sa carrière). Il comporte quatre petites histoires réalisées au début des années 90.

Alors là du coup, l’une de mes principales raisons pour apprécier Kaori Yuki (à savoir son style graphique) en prend un sacré coup. Parce que c’est rudement moche. Ce n’est pas réellement qu’elle ne savait pas dessiner à l’époque au contraire. On voit à ses mains, ses poses qu’elle a du niveau déja. Mais voila, le manga fait son temps. Les grands yeux, les habits moches, le style en lui même est typiquement celui du début des années 90 dans le shojo, et là j’ai réellement du mal à apprecier. On a l’impression de lire un Ranma 1/2, l’histoire en moins.

Contes Cruels de Kaori Yuki Scan

Voici plus ou moins le niveau de dessin de Contes Cruels, du Ranma 1/2 en puissance, en gros

De plus on ne retrouve pas réellement le style Kaori Yuki dans le scénario. On est loin des ambiances gothiques d’un God Child. Seul la première histoire ressemble à un conte cruel et augure un peu de ce que deviendra Comte Cain. Les autres histoires sont des histoires bien plus modernes : une jeune fille qui aide la police à trouver un serial killer, la fille d’un maire devenue garçon manqué et voleuse à la tire qui veut piquer un collier, etc. On se croirait presque dans du Nicky Larson !

Au final, ce n’est pas réellement mauvais, non, parce que pour une fois on n’a pas droit aux trips alambiqués sur les relations incestueuses. Les histoires (sauf Blanche) sont linéaires, claires et compréhensibles. Mais voilà…

Ludwyg Revolution de Kaori Yuki

Et ici le niveau de dessin auquel l'auteur nous a habitué désormais.

D’une part on se sent un peu arnaqué par Tonkam qui semble surfer sur la popularité de Kaori Yuki pour nous refourguer d’obscurs receuils publiés il y a 20 ans et se faire plein de tunes dessus. On se sent un peu déçu, car si le manga prédit un peu ce que deviendra le style de la mangaka, on n’y retrouve pas ce pourquoi on l’aime.

Et puis aussi : le style, et les histoires ont vraiment mal veillis. Cela porte trop les stigmates de l’époque où cela a été déssiné et c’est assez dérangeant. Je ne vous le conseillerais pas en tout cas, à moins que vous ne soyez un fan absolu de Yuki (et encore…). Au contraire, si vous ne connaissez que peu, cela aurait même le risque de vous dégouter défintivement de l’auteur. Tournez vous plutôt vers Vampire Host, ou meme Boys Next Door si vous recherchez des histoires courtes.