Dernièrement sur if is Dead:

The Wake de Scott Snyder et Sean Murphy

dabYo dans Comic, Critiques, Livres le 27 février 2015, avec aucun commentaire
Critiques

Mon amour pour les oeuvres de Scott Snyder est acquis depuis que j’ai découvert American Vampire. Son scénario est de qualité et il est généralement entouré d’artistes de talent, ce qui donnait donc un certain crédit à The Wake, un oneshot sorti en fin d’année dernière chez Urban Comics. Il s’agit une fois de plus de la traduction d’un des comics de Vertigo, dont le scénario est de Scott Snyder, les dessins d’un certain Sean Murphy qui avait collaboré sur American Vampire Legacy et les couleurs de Matt Hollingsworth. Synopsis ?

The Wake de Scott Snyder et Sean Murphy

XXIIème siècle, les océans sont montés et la terre se fait de plus en plus rare pour les hommes. Ces derniers ont du s’adapter, vivre au dessus de l’eau et abandonner leurs maisons traditionnelles. Pour couronner le tout, les humains ne sont plus les maîtres sur la planète Terre, qui a été soudainement envahie par les Sirois

Il est difficile de faire un synopsis propre de The Wake car ce dernier est divisé en deux parties bien distinctes, séparées par plus de deux siècles dans la chronologie de cet univers. Nous allons en effet d’abord commencer par quelques pages du futur pour ensuite faire un flashback vers notre ère, et découvrir l’origine de cette apocalypse des océans qu’a connu la Terre de The Wake. Deux catégories bien séparées donc, et on va s’apercevoir que malheureusement leur intérêt est loin d’être identique.



Pour la première partie nous retrouvons une femme scientifique, Lee Archer, qui étudie les baleines et les sons qu’elles émettent pour communiquer. Un domaine dont je ne connais pas grand chose mais qui a l’air d’être assez bien exploité, la jeune femme étant vite réquisitionné par les services secrets pour aller enquêter sur quelque chose d’intrigant…

Cette première partie bien que relativement classique et stéréotypée se trouve être vraiment excellente. Le scénario est bien écrit, les personnages sont prévisibles mais bien foutus, tout va très vite et a un vrai intérêt. De plus, il y a un côté enquête à huit-clos et intrigue horrifique qui est excellente. On passe un très bon moment sur cette première phase et du coup, on attend beaucoup de la suite et de ce que ce comics va bien pouvoir donner.

Malheureusement, la seconde partie est loin d’être à la hauteur. En fait, on va malheureusement comprendre assez vite pourquoi il s’agit d’un oneshot: c’est comme si Scott Snyder n’avait pas trouvé d’issue possible à son scénario de départ et l’avait terminé en what the fuck total. On va avoir droit à une sorte de soufflé énorme et frustrant. Quel dommage car il y avait vraiment les éléments nécessaires à une bonne série.

The Wake de Scott Snyder et Sean MurphyEn dehors de ces aspects scénaristiques, on retrouve les dessins de Sean Murphy qui sont de toute beauté. Les fonds marins sont peu détaillés certes, souvent il ne s’agit que d’un fond de couleurs, mais les structures et les bâtiments sont très réalistes, ils immergent tout de suite dans l’ambiance et ce quelque soit l’époque. C’est sur les personnages et les Sirois que son talent se ressent le plus, les expressions des personnages sont superbes, les ennemis sont tout bonnement terrifiants.

Du coup, je suis bien en mal d’émettre un avis final sur The Wake. Les dessins de Sean Murphy sont de toute beauté, la première partie du comic est excellente. Elle promet un scénario peu original certes mais si bien mis en place, qu’on en attend beaucoup. Et puis vient l’énorme déception, le sentiment d’avoir lu une histoire géniale qui se termine n’importe comment. Tristesse.


Yellowstone de Ludovic Albar

dabYo dans Critiques, Livres le 25 février 2015, avec aucun commentaire
Critiques

Après le lancement de sa collection poche en 2013, les éditions Mnémos en ont démarré  l’année dernière une autre consacrée aux Thrillers cette fois. Une incursion dans un genre qui semble totalement différent donc, mais qui peut parfois avoir un certain lien avec l’imaginaire par la Science-Fiction comme l’avait si bien fait un autre titre de l’éditeur, Rien ne nous survivra, le pire est avenir. Parmi les titres de la collection, on retrouvait en octobre Yellowstone de Ludovic Albar, un Thriller futuriste, un brin post-Apocalyptique et annoncé comme étant écrit avec les tripes. Synopsis.

Yellowstone de L Albar

En fourrant son nez et investiguant où il ne fallait pas mettre les pieds, Frank Malissol a fini par attirer la malveillance de sa hiérarchie. On lui a alors offert un deal: la prison à vie ou une mission sous couverture, top secrète, où il devrait certes se faire passer pour un autre mais aurait tout de même une certaine liberté. Le choix ne fut pas long à faire, et le voilà de retour sur Terre pour intégrer le Département de contrôle des Zones de Paris qui semble avoir été miné par la montée du fascisme.

La première chose qui m’a frappé avec Yellowstone, c’est le ton agressif et mystérieux de sa narration. C’est conté à la première personne par Frank Malissol, qui s’adresse directement au lecteur sans franchement faire cas de ce qu’il va bien pouvoir comprendre. On a ainsi des références permanentes que, l’on s’en doute au début, devraient être comprises au fil de notre progression dans l’histoire. C’est du moins ce que je pensais en lisant les premières lignes du roman.

Le problème, c’est que plus de deux cents pages plus tard, cette désagréable impression de ne pas tout à fait saisir ce dont le héros parle continue de se faire ressentir. Je n’ai jamais eu le sentiment de maîtriser ma lecture tout au long des pages, je me suis donc retrouvé à lire près de 500 pages dans un flou permanent, comprenant l’histoire et ce que notre héros nous racontait certes, mais sans réussir à en distinguer les contours pour autant, en voir l’intérêt. Bref, j’avais comme l’impression d’être dans le coton du début jusqu’à la fin.

Et c’est là où le bât blesse car on est face à un Thriller, certes, mais cela n’exclue pas le fait de pouvoir distinguer ce qu’il se passe, d’apprécier l’histoire au moins après coup. On a pas l’occasion de le faire ni sur le moment, ni par la suite, ce qui fait qu’on lit mais sans réel intérêt, sans vraiment sentir la pression qu’essaie de mettre en place Ludovic Albar. Et dans le genre, alors qu’il dépeint un univers où le héros semble être en danger permanent, tout proche de l’apocalypse totale de l’humanité, et bien ça pêche clairement.

Yellowstone de L AlbarLes thématiques abordées par le livre sont quant à elles plutôt intéressantes, on est clairement dans le domaine de l’Anticipation. C’est un univers noir que nous dépeint l’auteur: une Europe à deux doigts du fascisme, où les tensions ethniques sont à leur paroxysme, avec une nouvelle guère mondiale qui est risque d’éclater à tout moment. Il y a de très nombreux liens avec l’année 2015 de notre pays et de l’Europe en elle même. Montée du Front Nationale, peur du terrorisme, de l’Europe, doutes… on peut dire que 6 mois après sa sortie, le livre est encore mieux placé dans son temps.

Malheureusement, ça ne suffit pas pour gommer le défaut précédent, qui est pour moi absolument catastrophique vis à vis du plaisir de lecture. On rajoute à cela des personnages principaux et secondaires assez ternes et sans réelles personnalités, auxquels on ne va pas réussir à s’accrocher. Frank Malissol est assez creux comme personnage, transparent, on ne s’y attache pas du tout… Des personnages et un roman qui se lit mais dont on ne retiendra pas de grand chose.

Vous l’aurez compris, je n’ai pas réussi à apprécier ma lecture de Yellowstone de Ludovic Albar. Une thématique intéressante, une histoire qui fait vraiment écho à l’actualité et qui est encrée dans son temps, bref côté thématique on est devant de la très bonne Anticipation. Mais l’aspect histoire, les personnages et la narration manquent de précision pour vraiment captiver le lecteur. Dommage !


C’est Lundi que lisez vous ? #159

Chaque semaine partageons nos lectures du moment

dabYo dans Actualités, Livres le 23 février 2015, avec aucun commentaire
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine. if is Dead vous propose donc de nous retrouver pour les partager chaque semaine.

dabYo

Montres EnchantéesJe continue ma lecture de Montres Enchantées, le recueil de nouvelles Steampunk et horloger des éditions du Chat Noir. Je suis plutôt épaté de la qualité générale des nouvelles et pour le moment, à part un petit incident de route avec une nouvelle trop longue et qui m’a laissé de marbre, c’est vraiment du très bon. J’ai beaucoup aimé celle de Fabien Clavel.

Dans un tout autre registre, j’ai commencé la lecture du comic The Wake de Scott Snyder l’auteur d’American Vampire et dessiné par Sean Murphy. C’est très bien écrit, très prenant, avec de très beaux graphismes. Disponible depuis la fin de l’année dernière, j’aime beaucoup et regrette déjà qu’il s’agisse d’un oneshot.

Serafina

La Pelote d'épingles de Cécile G. CortesJ’ai terminé le Tome 2 de Kushiel de Jacqueline Carey. Je suis encore une fois assez désemparée d’avoir passé aussi longtemps avec ce livre dans ma bibliothèque sans l’avoir lu, tellement il est bien. Phèdre et Joscelin sont des personnages très attachants et le livre se lit avec plaisir. On ne voit pas les 900 pages passer.

J’ai ensuite commencé La Pelote d’épingles de Cécile G. Cortes, une parution des éditions du Chat Noir. C’est tout rose donc j’avais un peu peur, mais j’ai suivi les conseils avisés qui m’ont été prodigués et j’ai tenté. C’est une histoire plutôt marrante, pas trop axée romance mais plutôt désanchantement et révision des contes de fées.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Affiche du Hellfest 2015Les 19, 20 et 21 Juin 2015 se tiendra en terres clissonaises la nouvelle édition du plus grand festival français consacré au Metal, le Hellfest 2015.

L'équipe s'y rendant comme à son habitude pour avoir sa dose annuelle de concerts en plein air, nous vous proposons chaque dimanche de la semaine jusqu'aux jours J de découvrir l'un des groupes de l'affiche que nous comptons aller voir, à travers un clip ou une vidéo. Vous pouvez aussi consulter l'affiche du Hellfest 2015. C'est notre Highway to Hellfest 2015.

Motionless In White avait tout du groupe que nous n’aurions jamais dû écouter. D’abord un nom bien pourri qui donne tout sauf envie de l’écouter, ensuite une présentation sur le site du Hellfest qui parle de Metalcore, un genre que l’on aime vraiment pas. Sauf que voilà, ils ont un look pseudo gothique à la Deathstars, ce qui faisait au moins une raison d’y jeter une oreille avant de les barrer sur le running order.

Officiellement Motionless In White est un groupe américain qui mélange un Metalcore assez discret avec surtout du Gothic Metal qui a tout de l’Indus, mais il faut bien avouer que ça ressemble et ça sonne un peu comme du Deathstars pour adolescents. Bref, c’est assez efficace et sympathique à écouter, ce qui en fait du coup un groupe sympathique à aller voir en cas de vide lors du prochain Hellfest. On comprendra vite pourquoi le groupe tourne avec Lacuna Coil en Europe, et il faut dire que cela prend tout son sens à l’écoute de Reincarnate.

Musicalement parlant, le titre éponyme de leur troisième album est assez représentatif d’une sorte de mélange de HIM, Lacuna Coil et My Chemical Romance qu’on aurait passé au mixeur. Le clip est quant à lui très bien réalisé avec des effets goths en veux tu en voilà, tout en restant très soft et assez gothic romance… Quelqu’un a parlé de Love Metal ?

Motionless In White passera sur la MainStage02 le samedi, une scène qui contiendra son lot de Gothic avec le sacro-saint Marilyn Manson en clôture.


Imitation Game de Morten Tyldum

dabYo dans Critiques, Films le 20 février 2015, avec aucun commentaire
Critiques

Alors que le projecteur médiatique est braqué sur Cinquante nuances de Grey, c’est un autre film qui a eu toute notre attention en ce mois de février 2015: Imitation Game de Morten Tyldum. Il s’agit d’un Biopic sur Alan Turing, émérite mathématicien et cryptologue britannique que l’on considère comme étant le fondateur de l’informatique. Du coup, forcément, on était vachement intéressés. Synopsis.

Imitation Game de Morten Tyldum

Londres 1939, le Royaume Uni est entrain de perdre la guerre qui l’oppose à l’Allemagne nazi. Ces derniers ont une supériorité militaire indéniable, s’échangeant des messages radios à tout que les anglais peuvent écouter sans problème mais restent dans l’incapacité de les comprendre: ils sont chiffrés. Pour essayer de retourner le cours de la guerre, un projet à Bletchley Park est mis en place, celui de casser la machine Enigma qu’utilisent les allemands pour chiffrer ces messages. Si les anglais y parvenaient, ils pourrait alors comprendre tous les échanges allemands, prévoir leurs mouvements, et les contrer. Le jeune universitaire Alan Turing postule pour intégrer ce programme militaire top secret…

Avec un tel sujet, forcément, on était assez dubitatif sur ce qu’un film hollywoodien allait bien pouvoir donner. Car l’histoire que devait suivre ce Biopic est celui d’un cassage de chiffrement, de la crypto, des mathématiques, bref, des choses qui demandent de la matière grise et du temps, et qui n’ont rien à voir avec de l’action. Alors comment allait on bien pouvoir rendre tout cela dynamique ? En général, on y met du romantisme, des problèmes de personnes…

Imitation Game de Morten Tyldum

Pour cela, Morten Tyldum va un peu s’arranger avec l’histoire, d’abord en faisant d’Alan un autiste/asperger qui a tout du Sherlock Holmes de la BBC. Cela tombait bien puisque c’est Benedict Cumberbatch qui joue les deux, et qui fait ce genre de personnage avec un certain talent. Cet aspect de la personnalité de l’Alan du film, qui semble tout de même être un peu forcé par rapport à la réalité, va permettre la mise en place de comique de répétition sur son aspect déficient en relations sociales, forcément. Évidemment, c’est assez drôle et il y aura quelques reparties du personnage très bien placées, qui feront rire aux éclats. On rajoute une certaine animosité avec ses collègues et on a un élément supplémentaire pour rajouter du rythme et mettre quelques moments de doutes.

Pour donner la réplique à Alan on retrouve une autre actrice qui semble être faite pour jouer les personnalités peu à l’aise socialement: Keira Knightley. Après son apparition dans Freud, la voilà de nouveau à jouer ce type de rôle de femme mal dans sa peau. Et si la bande d’annonce faisait penser à une romance hollywoodienne, on en est loin et cela passe très bien.

Imitation Game de Morten Tyldum

En fait, Imitation Game est une très bonne surprise dans la mesure où il a réussi le tour de force de ne pas nous décevoir. Ce n’est peut être pas un film à la hauteur de la réussite du projet Bletchley Park, certes, mais c’est tout de même un bon film, rythmé, avec de bons acteurs et qui met à l’honneur les hommes de l’ombre de la seconde guerre mondiale et les débuts de l’informatique. Certes, il y a quelques lacunes propres aux films du genre, et on regrettera notamment l’aspect superficiel des interventions de l’armée. Mais diantre, c’était quand même bon.

Le film ne se contentera pas de nous raconter l’histoire du cassage d’Enigma, mais va entremêler les histoires pour nous compter aussi l’histoire -et la fin tragique- d’Alan Turing. Et là dessus, il faut avouer que lorsqu’on est pas prêt, qu’on n’en connait pas la réalité, on risque d’être choqué et estomaqué. C’est bien que le sujet n’ait pas été passé sous silence, qu’on y ait quand même vu comment a pu finir sa vie, et comment des gens normaux, des gens qui faisaient partie du camp des vainqueurs, du camp des gentils, pouvaient traiter les homosexuels sans se poser la moindre question.

Benedict Cumberbatch dans Imitation Game

Imitation Game n’est pas le film du siècle, mais il est loin de la catastrophe qu’on aurait pu redouter et vous fera passer un très bon moment au cinéma. Si vous touchez à l’informatique et que vous ne connaissez pas la vie d’Alan Turing, c’est un must en attendant d’aller en lire une biographie. Et pour les autres, c’est l’occasion de découvrir un pan de la seconde guerre mondiale qui est encore trop méconnu car sorti du secret défense il y a moins de 20 ans…


En 2010 débarquait aux éditions Kana le manga Bakuman, dernière création des deux illustres mangakas Tsugumi Ōba et Takeshi Obata, auteurs de Death Note. Serafina ne tarissait pas d’éloges à son propos lors de la chronique du premier tome. C’est quasiment à la même époque qu’au Japon commençait la diffusion de son adaptation en anime par Kenichi Kasai et Noriaki Akitaya du studio J.C. Staff. Ça tombe bien, car c’est un manga qui parle de créateurs de mangas qui veulent être adaptés en anime… Vous avez tout suivi ? Non ? Synopsis.

Bakuman Anime

Alors que Moritaka Mashiro ne sait pas trop quoi faire de sa vie après sa troisième année de collège, le premier de la classe Akito Takagi lui propose un pari fou: devenir mangakas ! Ce dernier ne sait pas dessiner, mais il a vu tout le talent de Mashiro alors qu’il dessinait son amour de toujours, Miho Azuki qu’il aime en secret sans avoir jamais osé lui parler. Et c’est dans un élan totalement asocial que les trois vont se promettre de réaliser leurs rêves -Miho rêvant d’être doubleuse pour animes-.

Bakuman Anime

L’anime est rythmé par l’attente du résultat des comités éditoriaux

Nous allons donc suivre deux gamins qui rêvent de devenir des mangakas, d’être publiés dans un hebdomadaire du genre pour atteindre le Graal: être adapté en anime afin que Miho puisse y doubler l’héroïne. En fait, Bakuman est l’histoire de gamins qui ont des rêves et qui vont se confronter au monde des adultes pour tenter de les atteindre. Bien entendu, rassurez vous, nous ne sommes pas face à un scénario qui va les voir s’écraser lamentablement devant l’establishment et l’âge adulte, mais contrairement à ce qu’on pourrait redouter pour une histoire de manga, celle-ci est relativement réaliste et dure.

Je n’avais pas lu le manga avant de commencer son adaptation en anime, aussi n’en ferais je pas de comparaison. Cette anime est en tout cas très bien construit autour de son histoire, qu’on comprendra aisément et suivra avec intérêt. L’histoire est vraiment très dense, d’une manière générale, contrairement à l’adaptation de pas mal de Shônen, celle-ci ne va pas être étirée en long et en large pour augmenter le nombre d’épisodes. C’est même presque le contraire, on regrettera que certains aspects de l’aventure de Mashiro et Takagi ne soit pas plus fouillée et détaillée lors d’épisodes.

L’histoire est donc riche et va nous permettre de découvrir le monde de l’édition de manga au Japon. Je ne sais pas à quel point cette découverte correspond à la réalité, mais je suppose qu’on peut faire confiance à deux mangakas pour bien parler de leur métier. C’est en tout cas sur ce point complètement passionnant et cela ouvre le spectateur à des pans qu’il n’aurait jamais soupçonné sur ce monde obscur. Pourquoi parfois les mangas évoluent bizarrement, à quel point les lecteurs ont tout pouvoir sur l’histoire des mangas au Japon, etc. Ce sont des éléments complètement passionnants et il faut bien avouer que le manga et l’anime arrivent au tour de force de rendre la création de manga dynamique et super intéressante.

Découpé en trois saisons, Bakuman est donc complètement addictif et nous l’avons terminé en une seule traite. Je l’ai dit déjà, l’histoire est vraiment passionnante et donne envie de connaître la suite pour les quatre personnages principaux, mais pas seulement. Car un Shônen c’est aussi un rival et malgré le thème, le manga respecte bien cette règle avec sans doute l’un des meilleurs rivaux que j’ai pu voir, Eiji Niizuma. Vous vous en doutez, il s’agit là aussi d’un mangaka, et nous allons en suivre un petit paquet, de mangakas. Tous veulent atteindre le succès et voir leur série gagner le gros lot, et c’est sans aucun doute l’une des ficelles que les auteurs ont utilisé pour rendre cette série si addictive.

Bien animée d’une manière générale, la série n’est pas non plus un cador du genre et ce n’est clairement pas de ce côté là que l’on va lui trouver le plus de points forts. Le dessin est assez dynamique cela dit et ce malgré la thématique qui n’est pas très dynamique elle, encore une fois. C’est donc là aussi un bon point. On rajoutera aussi que, vu qu’il s’agit d’un manga sur les mangas, l’anime va aussi nous faire découvrir des animes fictifs… Vous suivez ? Ce sera notamment l’occasion de découvrir d’autres univers où l’on ressent bien que les dessinateurs se sont bien fait plaisir, un régal.

Niizuma Eiji

Bakuman c’est donc trois saisons presque trop courtes qui vont vous faire découvrir l’univers du manga au Japon. Comment sont créées les histoires qui ont bercé votre enfance -tout du moins la notre- et dans quelles conditions ? Un rythme soutenu tout au long des épisodes, des personnages attachants et des adversaires charismatiques, quand on est lecteur de manga il n’y a aucune raison de ne pas se jeter dessus, en anime ou en manga, évidemment.


C’est Lundi que lisez vous ? #158

Chaque semaine partageons nos lectures du moment

dabYo dans Actualités, Livres le 16 février 2015, avec 1 commentaire
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine. if is Dead vous propose donc de nous retrouver pour les partager chaque semaine.

dabYo

Montres EnchantéesÇa y est j’ai enfin fini Yellowstone de L. Albar, un Thriller futuriste, post apocalyptique et surtout… beaucoup trop long. Vraiment je ne peux pas dire que j’ai été convaincu par ce roman qualifié de « coup de poing ». Il y a quelque chose de vraiment désagréable avec les romans de ce genre qui mises en trop grande partie sur la difficulté de compréhension et des phrases rapides pour donner du soit disant rythme.

Sauf qu’ici il y en a tout du long et ce sans qu’on comprenne réellement où l’auteur souhaite en venir. Au final, j’ai l’impression d’avoir attendu le côté Thriller bien trop longtemps, je n’ai pas l’impression d’avoir été face à une histoire mais une simple succession d’évènements sans qu’il y ait suffisamment de liant entre eux pour y donner un intérêt de lecture. C’est dommage.

Du coup je viens de commencer le recueil de nouvelles Montres enchantées des éditions du Chat Noir. C’est plus terre à terre, avec une narration moins grandiloquente mais du coup, qu’est ce que c’est bien !

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


HtH15: Élan de Nightwish

dabYo dans Actualité, Musique le 15 février 2015, avec aucun commentaire

Affiche du Hellfest 2015Les 19, 20 et 21 Juin 2015 se tiendra en terres clissonaises la nouvelle édition du plus grand festival français consacré au Metal, le Hellfest 2015.

L'équipe s'y rendant comme à son habitude pour avoir sa dose annuelle de concerts en plein air, nous vous proposons chaque dimanche de la semaine jusqu'aux jours J de découvrir l'un des groupes de l'affiche que nous comptons aller voir, à travers un clip ou une vidéo. Vous pouvez aussi consulter l'affiche du Hellfest 2015. C'est notre Highway to Hellfest 2015.

Parfois c’est quand on arrête d’y croire que les choses se produisent, et c’est un peu ce qui s’est passé avec l’annonce de la participation de Nightwish au Hellfest 2015. Cela faisait des années que Serafina espérait les y voir, et c’est enfin arrivé. Groupe phare du Metal Symphonique c’était aussi le plus gros manquant de cette scène à n’être jamais passé en terre clissonaise. Mais les voilà venus pour défendre leur nouvel album Endless Forms Most Beautiful qui sortira en mars prochain.

Élan en est le premier extrait, une sorte de single pop comme les groupes du genre ont l’habitude de faire pour pouvoir atteindre une cible plus vaste et moins branchée Metal. On ne peut pas vraiment dire que le titre restera dans les annales, c’est certes bien écrit avec une petite balade entêtante, mais tellement fade qu’il sera sans doute vite oublié et on l’espère, peu représentatif de l’album à venir.

Endless Forms Most Beautiful sera le premier album du groupe avec sa nouvelle chanteuse Floor Jansen, une chanteuse à la voix puissante qui on l’espère sera mieux exploitée qu’avec cette petite balade sans trop de savoir. Côté réalisation, beaucoup d’effets spéciaux et un certain budget, des passages beaux comme celui du cabaret, mais pourquoi jouer devant une forêt étoilée, pourquoi ?

Nightwish headlinera la MainStage02 du dimanche et clôturera peut être le Hellfest 2015. On y retrouvera aussi leurs homologues hollandais Epica un peu plus tôt.


Cinquante nuances de Grey de Sam Taylor-Wood

Ceci n'est pas un film sur le BDSM

Malicia dans Critiques, Films le 14 février 2015, avec aucun commentaire
Critiques

Cinquante nuances de Grey, réalisé par Sam Taylor-Wood, fait partie des films de 2015 très attendus puisqu’il adapte un des derniers gros hits de la littérature pour adulte. Je l’attendais moi-même au tournant… Une bonne raison (ou pas) de courir le voir dès sa sortie en salles… Bref, ce soir, je vous dévoile tout !

Cinquante nuances de Grey de Sam Taylor-Wood

Cinquante nuances de Grey est l’adaptation éponyme du roman de E.L. James qui n’en finit pas de faire le bonheur des libraires et de leur rayon « porno chic ». Ou plus précisément, le film est l’adaptation du tome 1, il y en aura sûrement deux autres. Dans Cinquante nuances de Grey, Anastasia Steele, étudiante en littérature, rencontre le richissime Christian Grey lors d’une interview dans le cadre de ses études. Très vite, Anastasia craque sur Christian… qui lui révèle avoir des goûts « très particuliers ». Soit un goût prononcé pour le SM, en tant que dominant. C’est le début d’une initiation à l’univers du SM pour Anastasia… mais aussi celui d’une relation conflictuelle entre Christian et Anastasia.

Je vous le dis tout de suite, j’avais cordialement détesté le livre de E.L. James. Entre les « putain » toutes les trois lignes, les « ma déesse intérieure« , les « Oh Christian est un dieu du sexe« , c’était nunuche à souhait. Et ne parlons pas de la représentation du sado-maso donnée… Le livre a certes trouvé son public mais c’est pour moi une imposture.

Cinquante nuances de Grey de Sam Taylor-Wood

Mais comme on ne parle pas du livre ici, parlons du film. Si au début, je regardais ça d’un œil sceptique, j’avoue m’être vite laissée prendre dans l’histoire. Dans les faits, le livre est bien adapté mais dans la forme, le film propose une version édulcorée… et c’est justement ce qui fait que je l’ai aimé. Dans le livre, j’avais l’impression de retrouver un mauvais bouquin érotique qui prétend être une histoire romantique et une représentation du SM, et qui n’est ni l’un ni l’autre. Dans le film, oui, je peux le dire, j’ai vu d’abord une histoire d’amour. Clairement, Anastasia et Christian sont quasi omniprésents à l’écran, les autres personnages ne sont que des figurants avec très peu de profondeur. Et sur tout le film, on voit davantage des échanges, des moments à deux que des scènes de sexe (qui font en tout 20 minutes sur le film à priori).

Cinquante nuances de Grey de Sam Taylor-Wood photo 3Et le SM alors ? Pour moi, dans le film, on ne retrouve pas du BDSM, mais une nuance de BDSM (vous remarquerez l’effort pour ce jeu de mots). Christian Grey est clairement quelqu’un qui a des problèmes, des blessures, des difficultés à gérer son passé et le SM représente pour lui un exutoire. Certaines personnes reproduisent dans le SM des traumatismes, ce n’est pas sain, mais ça existe. On ressent très bien cette contradiction dans la dernière scène SM du film, c’est la seule qui m’a mise mal à l’aise pour cette raison. La violence avait pris le pas sur le plaisir. A l’inverse, tous les pratiquants SM n’ont pas eu une enfance compliquée, un passé tumultueux. Et justement, cela n’est pas présent dans le film comme la représentation d’une pratique, mais comme une partie de Christian Grey. Attention, je ne dis pas que j’approuve tout ce qui est montré. A plusieurs moments, Grey va carrément au delà du cadre et agit de manière inacceptable à cause de ses névroses. Mais justement, c’est pour ça que selon moi, il faut voir ça comme « Le SM selon Christian Grey » et non pas comme « LE SM, toute la vérité« .  De manière générale, le sexe est bien moins présent dans le film que dans le livre et les scènes sont réalisées sans vulgarité et c’est tant mieux.

Et les acteurs ? Alors là, j’ai deux avis contraires. Du côté de Anastasia, nous retrouvons une Dakota Johnson… excellente. Très vraie, drôle là où la Anastasia du roman me faisait vomir, joyeuse, humaine, expressive, touchante. Vraiment, je pensais la détester et je l’ai adorée. Par contre, dans le rôle de Christian Grey, nous retrouvons Jamie Dornan… et là, je n’accroche pas. Je l’avais pourtant aimé dans Once Upon A Time mais ici, ça ne prend pas. Je l’ai trouvé rigide, manquant de charisme, maladroit dans ses postures, ce qui crée un certain décalage entre certaines phrases qu’il dit (censées être super excitantes) et l’effet que ça produit (des rires dans la salle). Bon, quand on pense qu’à la base, E.L. James voulait Robert Pattinson, ceci explique peut-être cela… mais c’est quand même vachement dommage.

Cinquante nuances de Grey de Sam Taylor-Wood

Alors bon, je suis bon public et il y a un paquet de choses que je pourrais pointer (dont les nombreux clichés du genre) mais je l’avoue, j’ai passé un bon moment, d’autant plus que la bande son est aussi canon. Donc si vous allez voir Cinquantes Nuances de Grey, mes deux conseils seraient : oubliez le livre dont il est adapté, n’y allez pas en pensant voir un film sur le SM.


Agnus Dei, Requiem pour Sascha Tome 3, de Alice Scarling

Serafina dans Critiques, Livres le 13 février 2015, avec 1 commentaire
Critiques

En ce début d’année sortait Agnus Dei, le tome 3 de Requiem pour Sacha, la série de Bit-Lit créée par Alice Scarling dont j’avais dévoré les deux premiers tomes, Dies Irae et Lacrimosa. Je n’ai évidemment pas tardé à le lire et je l’ai terminé tout aussi rapidement, synopsis  – garanti sans spoiler – ?

Agnus Dei, Requiem pour Sascha Tome 3, de Alice Scarling

L’apocalypse approche, et notre Sacha se retrouve en première ligne. D’elle dépendra probablement l’avenir du monde, sauf que la demoiselle n’a plus vraiment la force de se battre après tout ce par quoi elle est passée.

Retour sur terre pour ce tome final. On retrouve avec plaisir tous les éléments qui font la qualité des premiers tomes : une histoire qui ne perd pas de temps, un style direct et plein d’humour ainsi qu’un ancrage fort dans son époque. Ce roman ne fait que 370 pages, pourtant il s’en passe des choses. Mais pas d’atermoiement plus long que nécessaire, du coup on ne s’ennuie pas une seconde et on dévore les pages notamment grâce aux nombreux dialogues. Bien que la grosse partie du roman consiste en un huis-clos assez glauque, on ne manque pas d’action. La cadence monte crescendo, jusqu’au final.

Alice Scarling

Alice Scarling

Encore une fois, Alice Scarling nous démontre sa capacité à donner corps à ses personnages en très peu de temps. Je pense notamment à Kevin, qui acquiert une personnalité et une profondeur en deux minutes. C’est vraiment un des points fort de l’auteur, ses personnages font vrais, crédibles, et on les cerne tout de suite, sans tomber dans le stéréotype pour autant.

De retour sur terre, nous retrouvons aussi de nouvelles références à notre monde. J’ai particulièrement apprécié le fait que les références sonnent juste sous la plume d’Alice Scarling. On n’a pas l’impression qu’elle fait du name-dropping, non. Quand son magicien rage parce qu’il était en plein raid sur WoW, c’est normal, tout comme le mépris de Kévin pour les vanilles qui fait naturel et pas du tout je-surfe-sur-fifty-shades. L’action se déroule à nouveau à Paris, nous retrouvons donc avec plaisir les rues pavées de la capitale.

Finir une série, ce n’est pas aisé. Surtout pas quand la série se déroule sur les chapeaux de roues depuis le début et qu’on aborde des problèmes genre qui peuvent détruire l’humanité.

Agnus Dei, Requiem pour Sascha Tome 3, de Alice ScarlingPourtant, Alice Scarling réussit plutôt bien. Le chapitre final est un peu beaucoup abrupt mais ça me fait penser à la fin de Buffy : pas d’apitoiement, pas d’épilogue happy end tout en fermant la porte doucement mais pas à clé non plus. L’histoire est close, mais nous laisse imaginer pas mal de choses. La série réussit à s’arrêter au bon moment, en conservant l’énergie des débuts.

Savoir une série finie est un argument pour la commencer, on sait à quoi on s’engage, contrairement à d’autres séries du genre encore en cours. Vous n’avez donc aucune excuse pour ne pas rencontrer Sascha et ses potes. De la Bit-Lit enlevée, bien écrite et très drôle, vraiment, j’espère revoir des livres de l’auteur prochainement, car je ne les ferais pas attendre longtemps !