• Année:2010
  • Auteur:Williams Walter Jon
  • Editeur:l'Atalante
  • Genre:Thriller, Thriller Informatique
  • Titre:Ce n'est pas un jeu
  • Titre V.O.:This is not a game
  • Traducteur:Brèque Jean-Daniel

Ceci n’est pas un jeu est un roman de Walter Jon Williams, paru en 2009 sous le titre This is not a game. Il vient de sortir en français, aux éditions l’Atalante, traduit par Jean-Daniel Brèque. Le livre se présente sous une jolie couverture brillante avec une magnifique illustration de Frédéric Perrin. Il s’agit d’un Thriller un brin futuriste et pourrait être qualifié de Thriller Informatique. Synopsis ?

Ceci n'est pas un jeu de Walter Jon Williams

Dagmar travaille dans le domaine des ARG, pour jeux à réalité alternée (Alternative Reality Game), des jeux multimédia qui entretiennent une barrière très floue entre la réalité et le jeu. Si vous ne connaissez pas, je vous renvoie à la page Wikipédia sur les ARG. Dagmar est donc chargée de créer des scénarios pour ces jeux. Mais quand la frontière entre le jeu et la réalité devient inexistante, quand Dagmar se trouve mêlée à des meurtres et quand le monde semble en danger, que faire ?

Voila pour le synopsis. Le roman est un thriller, cela a tendance à être péjoratif dans ma bouche, mais pas ici. Nous avons en effet affaire à des chapitres très courts comme le veut le genre, mais un seul point de vue, pas de gore gratuit, ni de sexe gratuit. Bref, un Thriller qui reprend les codes à sa manière sans être un énième copier-coller du schéma à la mode. Les personnages sont plutôt hauts en couleurs, hormis l’héroïne qui apparaît assez fade. Je n’ai pas réussi à m’attacher à elle plus que cela. Mais certains des personnages secondaires, notamment des joueurs sont vraiment sympas.

Walter Jon Williams

Walter Jon Williams

L’idée est bonne, le scénario est plutôt haletant. L’univers des ARG est un univers évidemment passionnant et permet de nombreux retournements  de situations et des dénouements originaux. Cela offre beaucoup de possibilités et l’auteur en profite bien. Je n’avais jamais lu de Thriller dans cet univers, je ne sais donc pas si je peux parler d’originalité, mais en tout cas, j’ai aimé l’univers et le concept.  Je regretterais seulement le fait que la communauté de joueurs n’ai pas été exploitée à fond, j’aurais préféré une immersion du jeu dans la vrai vie plus importante. Le rythme est soutenu, et on ne s’ennuie pas un seul instant.

Un des points discutable, c’est la date à laquelle se passe  ce roman. En effet, certaines technologies apparaissent comme beaucoup plus avancées que la notre (turbines pour téléphone, abonnement internet à l’échelle mondiale) mais à coté, niveau informatique, on utilise toujours les mêmes choses (Google, l’HTML…). Ce point m’a vraiment semblé bizarre car on sait à quel point les technologies de l’information évoluent vite !

Mais ce n’est rien comparé au vrai point noir. Un point noir qui consiste plus en l’identité de la lectrice qu’autre chose à vrai dire. J’ai une formation d’informaticienne.  Et là, forcément, j’ai un regard très critique sur ce que le roman nous sort. Les dialogues entre programmeurs à propos de leurs programmes ne sont absolument pas naturels, ça sonne faux. Est-ce à cause de la traduction ? Je ne sais pas, mais dans tous les cas, ça choque l’oreille de l’informaticienne que je suis. Mais si il n’y avait que ça ! Mais non: ils programment en HTML. A aucun autre moment on ne mentionne un autre langage. Sauf que voilà, si vous ne le saviez pas, on ne peut pas programmer en HTML. C’est un langage de mise en forme de documents, et rien d’autre. Alors quand un nouveau programmeur demande des logiciels dernier cri pour bosser, on lui file quoi ? Un éditeur HTML et un client FTP ! Des technologies vieilles de plusieurs années déjà… Ça donne à peine l’impression que l’auteur n’y connaît absolument rien et a sauté sur les premiers termes trouvés sur Internet. En tout cas, il y a un gros problème de documentation à ce niveau. Je ne citerais évidemment pas la réplique « Le HTML est sensible à la casse » parce qu’on atteint des niveaux de honte absolument innommables.

Ceci n'est pas un jeu de Walter Jon WilliamsCe manque flagrant de documentation rend impossible l’immersion, et dérange plus qu’autre chose. Je dirais même que cela m’a passablement agacée. Le roman est bourré de références sympas de la sous-culture geek (Dune, Minus et Cortex, Star Wars, etc) ce qui aurait pu être plaisant. Cependant, les approximations et les erreurs aberrantes sur l’informatique donnent un arrière goût de superficiel et de vide.

Bref, si vous êtes informaticien, je ne vous recommande pas ce livre car il vous agacera probablement. Sinon, c’est sans le moindre doute une lecture très agréable que nous fourni Williams, un Thriller de bonne facture, dans un contexte passionnant et réaliste qui devrait vous plaire, surtout si vous aimez le monde du jeu.


  • Année:2010
  • Auteur:Weber David
  • Editeur:L'Atalante
  • Genre:Science-Fiction, Space Opera
  • Série:L'Univers de Honor Harrington
  • Titre:L'Ombre de Saganami
  • Titre V.O.:The Shadow Of Saganami
  • Traducteur:Pagel Michel

Une des particularité de la Science-Fiction et de la Fantasy, c’est la longueur des cycles et le nombre d’univers qui s’étendent sur de nombreux bouquins. C’est bien souvent le cas pour les Space Opera, le nombre de tomes permettant à l’auteur de bien préciser son monde, les technologies utilisées, etc. L’univers de Honor Harrington n’échappe pas à la règle, cette série Space Opera écrite par David Weber contient déjà une vingtaine de romans traduits en Français. C’est au premier tome de L’Ombre de Saganami qu’on s’intéresse ce coup ci, un joli livre de cinq cents pages dans l’univers de l’écrivain. Synopsis ?

L'Ombre de Saganami, Honor Harrington, de David Weber

Le commandant Terekov vient tout juste de reprendre sa carrière militaire et se voit placer sur un tout nouveau vaisseaux, à la pointe de la technologie du Royaume de Manticore. Sa mission ? Avec son équipage, assurer la sécurité dans l’amas du Talbot, une région qui a récemment demander au royaume de l’annexer, de sa propre volonté, suite à un référendum. A priori, une mission facile, dans laquelle cinq bleus vont pouvoir réussir leur première affectation. Sauf que voilà, les enjeux de cette annexion ne sont pas ceux que l’on pense, et certaines grosses entreprises galactiques sont bien décider à la faire échouer.

Eh bien, cela en fait des informations à expliquer et donner. Commençons par le début, et parlons un peu de l’univers de Honor Harington. Autant vous dire que je ne le connaissais pas du tout jusqu’à maintenant, et que l’Ombre de Saganami n’est pas du tout son premier tome. En fait, il semblerait bel et bien que l’univers puisse être abordé depuis n’importe quel tome, ce qui est effectivement une très bonne chose: on quitte ici l’univers des séries à rallonge où il faut lire une vingtaine de tomes pour voir la fin de son histoire. C’est un univers de Space Opera, très orienté Hard-SF, dans le sens où toutes les technologies sont présentées, avec en surplus une couche de manigances politiques et une narration à plusieurs points de vue.

Par de nombreux aspects, l’Univers d’Honor Harrington pourrait être qualifié de Trône de Fer de la S.F., à la différence prêt que les tomes sont indépendants et que l’on ne suit pas la destiné de héros, mais plutôt d’ensemble d’individus, au sens de société, un peu comme dans Fondation. J’ai parlé du Royaume de Manticore, qui est un royaume qui s’étend sur de nombreuses planètes à travers l’univers. Nous nous trouvons en fait des milliers d’années après notre propre ère, on parle bien entendu de temps T, pour faire référence à la Terre, et notre planète est nommée la Vielle Terre. Bref, c’est du pur et dure.

L'Ombre de Saganami, Honor Harrington, de David Weber

Le style d’écriture de David Weber est très fluide, mais aussi très descriptif. On va avoir droit à de nombreux détails sur les technologies, mais aussi sur les mouvements militaires de nos héros. Car nous en suivons plusieurs, que ce soit le capitaine de la frégate, ou bien les cinq bleus qui viennent de rejoindre son équipage. On a ainsi droit à une belle incursion dans le monde militaire de cet univers, avec la hiérarchie en place, mais aussi le pointillisme de l’auteur au niveau du réalisme des ordres. Tout est décrit comme ça devrait l’être, et il arrive même parfois que l’on ait droit aux angles utilisés pour balancer des missiles ou bien pour faire une manœuvre.

Autant dire que si l’on ne peut pas supporter les descriptions, la lecture va être dure, et ces descriptions nous perdent un peu au début. Entre toutes les forces en présence, l’univers que l’on ne connaît pas, et le nombre de détails hallucinant, il est parfois dur de suivre. Mais voilà, passé les cinquante premières pages on se prend au jeu et on a envie de savoir la suite des aventures des quelques personnages que l’on a entrevue. Car il faut bien le dire, L’Ombre de Saganami est un roman prenant. Le fait de suivre des points de vue qui ne sont pas du côté gentil est d’autant plus prenant.

L'Ombre de Saganami, Honor Harrington, de David WeberLes intrigues politiques mises en place dans ce tome par David Weber sont très intéressantes et laissent entrevoir de nombreuses possibilités pour la suite. Elles sont réalistes, ce qui est plutôt agréable. Les personnages sont quelques fois un peu laissés pour compte, à cause de leur trop grand nombre, mais on est loin du syndrome La Couronne des Sept Royaumes par exemple, où tous semblaient avoir la même psychologie. Non, à chaque personnage, l’auteur prend le temps d’une courte introduction qui donne tout de suite le La. On a réellement l’impression de cerner rapidement le personnage, presque de le connaître.

Il est alors d’autant plus décevant de constater que le personnage n’avait été introduit que pour l’intrigue politique. Mais bon, ce sont des choses nécessaires et qui arrivent souvent. En tout cas, malgré le fait d’être envoyé directement sur le front dans une série que je ne connaissais pas, j’ai tout simplement dévoré ce premier tome, et je me suis déjà jetté sur la suite.

Du coup, si vous n’avez encore jamais tenté d’univers de Science Fiction, ou bien que c’est votre genre de prédilection, je ne peux que vous le conseiller. Je vous donne d’ores et déjà rendez vous pour la critique de la suite, hé !


  • Année:2009
  • Auteur:Noël Alyson
  • Editeur:Michel Lafon
  • Genre:Bit-Lit, Romance, Jeunesse
  • Série:Eternels
  • Titre:Evermore
  • Titre V.O.:Evermore
  • Tome:1
  • Traducteur:Boischot Laurence, Cohen Sylvie

Evermore est le premier tome de la saga Eternels écrite par Alyson Noël. Ce tome a été publié pour la première fois en février 2009 en langue anglaise et est arrivé chez nous il n’y a pas si longtemps. Le titre est destiné aux adolescentes, et s’inscrit dans le courant popularisé par Twilight, cela se voit même à la couverture. Mais avant de laisser nos préjugés parler, synopsis !

Evermore, Eternels Tome 1, de Alyson Noël

Ever est une lycéenne  de 16 ans. Suite à un terrible accident de voiture, elle entend les pensée des gens, voit les morts et les auras. Tout un programme. Autant dire que la jeune fille a bien du mal à trouver le calme, se réfugiant derrière son iPod et des capuches. Mais tout change quand elle rencontre Damen, dont elle ne peut pas lire les pensées.

Bon, ok, difficile de ne pas faire le parallèle avec Twilight. On va le faire une bonne fois pour toute. Au début on suit le même schéma que celui de Fascination de Stephenie Meyer. Une fille mal dans sa peau, qui rencontre un beau gosse mystérieux, une histoire de télépathie, un contexte scolaire, et des amourettes de jeunesse. Oui, même schéma. Autant le dire tout de suite, il sera impossible de ne pas y penser dans la première partie du roman. Cependant, je vous le dis tout de suite, le roman prend à la fin une direction totalement différente, qui laisse présager du bon pour la suite.

Alyson Noël, Eternels

Alyson Noël

Ce tome est en effet un tome d’introduction, il sert à poser les personnages et le contexte. Malheureusement le début est un peu douloureux. On a l’impression que l’auteur a plein plein d’idées et ne réussit pas trop à les caser. L’héroïne qui lit les pensées, voit les morts, voit les auras, fait des rêves prémonitoires, c’était peut être un peu too much, surtout que sa capacité à voir les auras par exemple n’est pas du tout exploitée. Plus le roman avance, plus on se concentre réellement sur l’origine de ses pouvoirs, presque comme si la lecture des auras passait à la trappe. Les concepts évoqués sont plutôt intéressants, et les révélations de la fin m’ont plutôt plu. Il semblerait que l’auteur ait réussi à trouver sa ligne directrice, malgré un début qui s’éparpillait un peu.

Du coup avec sa tonne de pouvoirs, Ever joue plutôt bien le rôle de l’adolescente un peu perdue, effacée et qui se sent différente. Bref, idéale pour que quiconque ayant eu 15 ans (ou les ayant prochainement) puisse se reconnaître. Bon, malgré tout, certaines de ses réactions me restent absolument incompréhensible. Mais bon, peut être que je suis trop vieille.  Malheureusement comme souvent dans le genre, Damen le beau gosse est un peu sans saveur. Prince charmant parfait, mystérieux à souhait, il n’a pas assez de consistance pour pouvoir réellement faire date. Cependant, contrairement au roman évoqué plus haut, la pléthore de personnages secondaires vaut le coup. Que cela soit Haven la gothique en quête d’identité ou Miles l’homosexuel assumé, les personnages sont réalistes, un peu caricaturaux, mais tout à fait plausibles. Bref des gens qu’on pourrait réellement croiser au lycée et qui du coup relèvent la sauce avec humour.

Evermore, Eternels Tome 1, de Alyson NoëlLa relation entre Damen et Ever met beaucoup de temps à s’installer, et plusieurs fois le même schéma se répète (Damen fait un premier pas, Ever est contente, puis un truc bizarre arrive, Damen se barre/disparaît, Ever doute et pense qu’il ne l’aime pas). Bon, ok, une fois, mais au delà, on commence quand même à tourner en rond. Le coté Je t’aime moi non plus est un peu longuet.

Il n’y a pas énormement d’action dans ce tome, soyez prévenus. Il se lit bien, très bien meme, un peu vite certes. Le style est assez simpliste et passe partout. Ca se mange sans faim comme on dirait. Il est un peu difficile de juger sur ce premier tome, qui n’est pas désagréable pour autant. J’ai l’impression que cela va mieux se mettre en place dans le deuxième tome, qui vient de sortir en France. Cette série de Alyson Noël se révèle donc être à suivre, bien que j’ai préféré le Secret du Vampire de L.J. Smith, premier tome de la série Night World.


  • Année:2008
  • Auteur:Alcide Dario
  • Genre:Heroic Fantasy
  • Série:Farence
  • Titre:Farence: La Légende
  • Tome:1

Il y a des livres qui arrivent dans nos mains par des voies insoupçonnées. C’est le cas de Farence: La Légende, un titre écrit et auto-édité par Dario Alcide, un écrivain amateur et scénariste. Nous l’avions rencontré sur son stand à la convention Paris Manga, et y avions échangé nos adresses e-mail. C’est ainsi que six mois plus tard, j’ai fini par avoir entre mes mains son premier tome de sa saga Farance. Un livre de très belle facture pour un roman auto-édité, avec une couverture de Giuseppe Severino et le tout pour un prix très abordable. Bien moins cher que les livres de ce format dans le commerce. Synopsis voulez vous ?

Farence: La Légende de Dario Alcide

Bien des années après notre époque, alors que l’humanité avait colonisé la majeur partie de notre univers, la planète Nimir hébergeait un peuple pacifique qui vivait des jours heureux. Mais leur bonheur pris fin lorsque Cerk, un être mystérieux et semble-t’il sanguinaire, décide de s’attaquer à ce peuple et transforme leur planète en un vrai enfer. Seul face à l’ennemi, le prince Farence aux pouvoirs extraordinaires. Malheureusement, ce dernier fut vaincu et son âme scellée dans deux nouveaux nés, eux même renvoyés vers une planète inconnue pour éviter qu’ils puissent formenter une rébellion.

Vous vous en doutez tout de suite, c’est le destin de ces deux jeunes nourrissons que nous allons suivre. Nous les retrouvons au début de notre récit alors qu’ils atteignent l’age adulte, et qu’ils vont être mis au courant. Bref, si l’histoire a un côté très Fantasy, on ne peut pas ignorer le côté Science Fiction pour autant. Ère de la colonisation de l’univers, des voyages galactiques, des planètes et des différentes races d’hommes, tout y est pour que l’on puisse parler d’un Space Opera. A l’exception près qu’il n’y aura pas de réel voyage entre planètes (juste un petit transfert) et que les éléments clé du Space Opera (une guerre qui s’étend sur plusieurs planète, par exemple) ne sont pas du tout présent. Au final, Farence: La légende se classe dans la Fantasy, avec les différentes races vivantes et bien entendu une lutte entre le Bien et le Mal qui va se profiler.

Le style d’écriture de Dario Alcide est plutôt simple et direct. Bien qu’il y ait des descriptions il reste limpide et ne fait pas dans les fioritures. On fini par s’y habituer mais je dois avouer avoir eu du mal au début. Le côté épuré choque, comme si ce n’était pas juste simple mais trop simple. Il manque quelque chose qui ne permet pas à l’auteur de donner assez de vie à ses personnages et ses environnements. Tout du moins au début, puisque les pages aidant, on fini tout de même par s’habituer et s’attacher aux éléments. A noter quelques petites erreurs au niveau de la narration en elle même, qui ne m’ont pas permis de tout comprendre sans relecture.

Farence: La Légende de Dario Alcide

Le réel problème du livre est le défilement des événements et du scénario d’une manière générale. L’auteur nous présente un univers vaste et intéressant, qui pourrait presque être qualifié de mature. L’introduction nous laisse entrevoir des dizaines de planètes, de races, toutes à découvrir. Malheureusement, l’aperçu que l’on en aura pendant les trois cents pages sera somme tout très petit, ce qui donne un arrière goût de frustration. Pourquoi nous laisser entrevoir tant pour nous faire découvrir si peu ? D’autant plus que les caractéristiques présentées, l’épopée de la colonisation humaine par exemple, ne sont exploitées à aucun moment pendant le récit. C’est dommage, car cela donne au début de notre histoire un côté hors sujet.

De même, on restera avec une petite déception au niveau de la légende. Sans spoiler, je ne puis vous expliquer pourquoi, mais cette légende, cette réincarnation, laisse un goût d’inutilité, comme si elle n’était pas assez exploité et qu’elle ne changeait finalement pas grand chose. C’est vraiment dommage car là encore, le récit et l’univers présentés recèlent de qualités qui ne sont pas du tout utilisées.

S’il y a bien un côté du récit qui est lui, exploité, voir sur-exploité, c’est l’action. Comme je l’ai dit, le déroulement de notre histoire m’a quelque peu gêné, notamment par sa concentration autour du combat, et des affrontements en général. On a droit ici à un schéma au niveau du scénario qui est excellent pour les jeux vidéo, mais que je trouve bien moins intéressant pour les livres, celui de l’affrontement, de la phase d’entraînement, puis du nouvel affrontement, avec des ennemis récurrents bien entendu, de plus en plus puissants.

Farence: La Légende de Dario AlcideNos héros sont dans une quête sans fin de pouvoir, de puissance, de techniques de combat, ce qui fait finalement plus penser à un jeu vidéo comme je le disais, ou même à un manga. J’ai trouvé que cela rendait le déroulement des choses linéaire. Le fait que les combats ne soient que retranscris par l’écrit, sabre un peu leur suspens. A aucun moment je n’ai suspecté la possibilité pour les héros de mourir, et l’enchaînement de nombreux combats ne fait que renforcer cette opinion. Bon, bien entendu, ce genre de sentiment fini fatalement par donner une petite surprise, ce qui est loin d’être déplaisant !

Bref, c’est légèrement frustré que j’ai terminé Farence: La Légende, en espérant que l’auteur exploite toutes les capacités de son univers Farence pour la suite ! On a donc affaire ici à un livre qui plaira avant tout aux mordus d’action, si vous avez rêvé de tomber sur un livre de la trempe d’un Saint Seya, Dragon Ball, ou plus récemment d’un Bleach, alors c’est le livre qu’il vous faut. Sinon, il sera difficile de passer outre cette utilisation de l’action. Vous pouvez vous le procurer via Amazon ou bien les librairies partenaires de l’auteur. Enfin, je vous conseille de faire un petit saut sur le site de son auteur, Farence Corp.


Sid et Nancy de Alex Cox

Serafina dans Critiques, Films le 11 mars 2010, avec 7 commentaires
  • Année:1985
  • Genre:Biopic
  • Réalisateur:Cox Alex
  • Titre:Sid et Nancy
  • Titre V.O.:Sid and Nanct

Il y a des moments où les mots nous manquent. Où l’on est allé tellement loin dans le désespoir que la langue française semble manquer de qualificatifs pour décrire ce qu’on a vécu. Ici, les rédacteurs risquent leur santé (mentale) pour vous, public. Pour vous faire parfois découvrir des perles, parfois pour vous prévenir, vous mettre en garde et préserver votre santé mentale. En gros, on se sacrifie pour vous, c’est-y pas beau l’abnégation du bloggeur ?

Sid et Nancy - Le film

L'original

Un mardi soir, pluvieux, vos rédacteurs préférés ont décidé de regarder un film. J’ai proposé le film Sid et Nancy, un film réalisé par Alex Cox en 1986 sur la vie de Sid Vicious, le bassiste des Sex Pistols. Je ne vous ferais pas l’affront de vous présenter Vicious, toute manière il n’y a rien d’autre à en dire que c’était un bassiste punk, drogué, qui est devenu un symbole du Punk, et enfin qu’il a inspiré Ren du manga Nana. En plus il est bassiste, et moi aussi. Oui c’est un peu la loose comme motivations, mais au vu du film, on a presque honte pour Sid et Ren.

Donc, par ou commencer ? Ce film est un néant absolu, une succession de scènes sans intérêt, rallongées afin de tenir le temps minimal, à l’esthétique miteuse des années 80, qui saute du coq à l’ane, doublé avec les pieds et j’en passe et des meilleurs. J’aurais de quoi en faire des tonnes dans le genre, mais on va peut être essayer de structurer cela.

Bon, Gary Oldman joue très bien le shooté, totalement déconnecté de la réalité. Alors certes, ses cheveux tiennent très bien en l’air (merci le gel !) et il ressemble plutôt à l’original, physiquement, pour le reste, je ne peux pas juger. Le problème c’est qu’un drogué, vu de l’extérieur, ça n’est pas très drôle. On est très loin du trip que pouvait procurer un Las Vegas parano. Là où Johnny Depp se voyait tendre ses clés par un requin et entouré par des poulpes Oldman se voit debout sous les poubelles. Hmmm, métaphore de l’intérêt du film ? Le reste du temps, il est atone, et ne sert à rien. Il donne l’impression d’être baladé. Il ne prend que très peu de décisions de lui même, enfin, outre les  décisions genre  « sur quelle veine je me pique aujourd’hui ? ». C’est Nancy qui mène, ou bien d’autre gens, on sait pas trop qui et de toute manière on ne cherche plus à le savoir passé la première demi-heure.

Sid et Nancy - Le film

La copie (doublée par le Club Dorothée)

Du coup, c’est pas génial comme personnage principal pour un film. Cloe Web quant à elle joue très bien la femelle du porc camée à l’héro’. Elle sait très bien chialer, crier, et faire couler son mascara. Ses scènes sont miteuses, caricaturées (évidemment, un couple ça se dispute sur la vaisselle, évidemment…), en soit, elle joue bien son rôle. Le seul problème c’est que son rôle est naze. Mais vraiment.

Les autres, sont justes ridicules, du mec qui joue le chanteur des Sex Pistols à la domina SM, il n’y a rien à en redire, tellement on touche le fond. Comme du scénario à vrai dire. Sid et Nancy se rencontrent, se shootent, s’engueulent, et crèvent. Point, je vous ai spoilé, mais c’est pour votre bien. Le truc, c’est que non seulement le film est très bof, mais qu’on n’apprend rien sur les Sex Pistols, qu’on n’apprend rien sur Sid, et qu’on s’ennuie ferme pendant 1h30. D’où qu’il vient, comment il est devenu bassiste, ce qui l’a conduit à la déchéance… Eh bien on n’en sait rien. Je ne parle évidemment pas de l’aseptisation du contexte, et en somme, de la disparition de tout ce qui a provoqué la naissance du Punk.

Sid et Nancy - Le filmLa première partie a certes un semblant de sens, les concerts, la rencontre, le début de l’histoire d’amour, jusqu’au départ de Sid du groupe. La c’est l’enchaînement de non sens. On fait chanter My way à Oldman sur des marches lumineuses, on met un chat dans la chambre, on fait tomber des billets, on ressort les acteurs, on les fait s’embrasser sous un flot continu d’ordures, on repasse une image du chat, on fait pleurer Nancy, on fait tomber des billets, on remontre le chat.

Évidemment, tout cela avec un doublage digne de Nicky Larson, à l’époque du Club Dorothé. Et je suis sure que vous savez de quoi je veux parler.

Le pire, c’est qu’on ne peut que ressortir désespéré par ce visionnage. Car Sid et Nancy c’est quand meme un couple mythique , un couple auto-destructeur, et tragique, donc, tout ce qu’il faut pour faire un bon film… Mais non.


  • Auteur:Jean-Chirstian Petitfils
  • Editeur:Editions Perrin

L’affaire des poisons est un livre historique rédigé par Jean-Christian Petitfils édité par les éditions Perrin, historien. Cet auteur a déjà publié plusieurs livres sont un sur l’assassinat de Henri IV. J’ai reçu ce livre grâce a l’opération Masse Critique. L’affaire des poisons est un fait divers que j’affectionne beaucoup (j’ai toujours été passionnée par la sorcellerie, alors vous comprenez…) alors quand je l’ai vu dans la liste, je n’ai pas hésité une seule seconde. Ce livre porte donc sur l’affaire des poisons, normalement, c’est connu comme histoire, mais vu qu’un de mes camarades de classe, que je ne citerais pas, a cru que je lisais un roman, je vous fais un résumé (je ne peut pas appeler ca un synopsis).

L'affaire des poisons de Jean-Christian Petitfils

1679, nous sommes en plein faste du règne du roi Louis XIV. Mais sous les belles parures et les beaux châteaux, éclate une affaire policière aux ramifications effarantes. On découvre un commerce de poisons (de poudres de successions) mais aussi d’ensorcellement, de messes noires (ces messes à l’envers pratiquées sur le corps nu d’une femme), d’avortements, de sacrifices humains, bref, la totale. Les accusés sont en premier lieu des personnes du peuple, mais bientot elles citent les noms qui fâchent. Notamment celui de Mme de Montespan la maitresse en titre du roi.

Le roman se partage en deux parties (enfin, trois si on compte les annexes). La première est une exposition de l’affaire, de manière plutôt chronologique, la deuxième partie fait la part belle aux analyses et aux thèses soutenues dans le milieu historique.

La première partie ne m’a pas appris énormément de choses, étant donné que je me suis intéressée depuis longtemps à cette affaire et que je la connaissais plutôt bien. Elle est en tout cas exposée de manière simple et compréhensive. Si vous ne connaissez pas, c’est la manière idéale d’aborder cette trouble période historique. Il faut dire que l’affaire dura trois bonnes années et créa un climat de suspicion dans le royaume.

Le récit est parsemé d’extrait de sources d’époques, et l’auteur expose les faits tout en émettant les réserves qu’il faut. On sent l’importance de l’affaire monter petit a petit, passant de simple affaire d’empoisonnement à affaire d’État. Les différents protagonistes de l’histoire sont présentés a leur tour, leurs origines. On notera notamment le rôle important de La Reynie le premier des inspecteurs de police si on peut dire. Obstiné et pas dupe, le monsieur a laissé de nombreuses sources permettant aux historiens aujourd’hui de reconstituer correctement le déroulement de laffaire des Poisons.

L'affaire des poisons - Mme de Montespan

Mme de Montespan

Cette affaire mets aussi en exergue les us et coutume de l’époque. Si vous ne connaissez pas bien l’époque, nul doute que vous apprendrez des éléments intéressants sur cette époque historique. Le livre est accessible à tous, que vous soyez novice ou que vous ayez déjà une culture dans l’affaire, personne ne sera lésé. Il est évidemment passionnant de voir les trafics qui se déroulaient mais aussi les machinations et l’imagination des gens de l’époque, certes très chrétiens mais un christianisme somme toute très proche du paganisme.

L’auteur s’intéresse ensuite de manière objective à l’affaire. Il relève les erreurs qui ont rendu cette affaire si difficile à éclaircir, notamment la disparition prématurée d’une accusée d’importance, la Voisin. Entre cela, le fait que La Reynie soit passé à coté de certains éléments toute la lumière ne fut pas faite à l’époque, et la relecture par les historiens de notre siècle (ou de celui d’avant d’ailleurs) ont permis d’innocenter quelques personnes.L'affaire des poisons de Jean-Christian Petitfils

L’auteur reprend des thèses soutenues par des confrères, notamment certains défenseurs de la Montespan, il les analyse, et montre quels points sont faibles et quels points sont en effet fort troublants. Ceci dit, il ne statue pas, c’est à nous de faire notre opinion si on le veut. Il avance dans le tout dernier chapitre, après être revenu sur la mort de Mlle de Fontanges, une hypothèse plausible selon lui qui expliquerait plusieurs zones d’ombres. J’ai trouvé cette partie absolument passionnante. L’auteur fait preuve de recul et a fait un travail titanesque pour retrouver des notes parfois bien antérieures à l’affaire des poisons elle même.

On notera à la fin aussi une chronologie bien utile pour se repérer entre toutes ses dates, ainsi qu’une rapide biographie des personnages impliqués dans l’affaire, ainsi que de nombreuses notes et une bibliographie complète.

J’ai trouvé cette lecture tout a fait palpitante et la fin absolument passionnante. Petitfils rend palpitante cette enquête et ses parts d’ombres. Il a un style agréable et neutre comme il se doit dans ce genre de livres. Je vous le conseille que vous connaissiez ou non cette affaire. Je me procurerais peut être son ouvrage sur l’assassinat de Henri IV, qui ce coup ci est une affaire que je ne connais que partiellement.


L’ange blond est un roman de Laurent Poujois paru le mois dernier aux éditions Mnémos. Il s’agit du premier roman « adulte » de l’auteur, qui auparavant a déjà publié deux romans jeunesse. Le roman est une uchronie. Introduit par une bien jolie couverture de Julien Delval, nous voici partis pour 300 pages en compagnie de son héroïne, Aurore Lefevre, dite L’ange Blond. Synopsis ?

L'ange Blond de Laurent Poujois

Latouche Tréville n’est pas mort à Toulon. Du coup, Napoléon ne s’est pas pris les raclées que nous connaissons. 200 ans plus tard, on s’apprête a célébrer le bicentenaire de l’empire. Le pétrole n’a jamais pris, la technologie a évolué différemment. Aurore est une ancienne légionnaire. Éducatrice de biones, maitre orchestre, elle est aussi adepte de sports extrêmes, dont elle diffuse les vidéos de manière pirate sur la toile. Rebelle, la jeune femme est pourtant recrutée pour infiltrer la fête du bicentenaire et éviter un attentat visant l’impératrice.

Poujois mets en place une histoire palpitante servie par une plume très cinématographique. Les scènes sont très visuelles, l’action (au présent, d’ailleurs, alors que le reste est au passé) est explicite, aucun mal pour se représenter la scène. Les descriptions sont pertinentes, et cela va a 100 a l’heure. Aurore n’a qu’une semaine, mais quelle semaine. Le style est fluide et maitrisé. La spontanéité d’Aurore se retrouve dans la narration, et le livre est vraiment agréable à lire. Le découpage en courts chapitres renforce cette impression de rapidité.

Associons à cela des personnages hauts en couleurs. Aurore évidemment, en premier lieu, impertinente, rebelle et surtout indépendante, la blonde est ici une véritable James Bond version fille. J’avoue qu’avec une héroïne qu’on disait très jolie, j’avais un peu peur de tomber dans du fan-service et des galipettes a tout va. Et bien non. Notre héroïne est pleine de ressource, c’est une femme d’action, elle a beau être blonde, elle ne s’en laisse pas compter. Pour tout vous dire, elle change de ses héroïnes de bit-lit que j’ai pu croiser dernièrement. Ça fait du bien de voir une héroïne qui n’a rien à envier à l’autre sexe ! J’ai aussi adoré le personnage d’Emilien, un expert de la toile, pirate sur les bords et qui a une particularité qui fait de lui un personnage original et attachant (je ne vous en dirais pas plus).

L'ange Blond de Laurent Poujois

Nous avons donc une bonne histoire, un bon style des personnages charismatiques, mais qu’en est-il de l’univers ? Car oui, quand même, l’univers est important. Et bien la, c’est du génial sur toute la ligne. L’univers est riche, foisonnant et très développé. Chaque chapitre est introduit par des extraits d’encyclopédie ou d’article pour nous permettre de mieux appréhender ce monde. Que cela soit au niveau technologique ou politique, rien n’est laissé au hasard. Les dirigeables donnent un coté un petit peu Steam qui n’est pas du tout pour me déplaire.

L'ange Blond de Laurent PoujoisJ’avoue avoir tout particulièrement été sous le charme des biones. Ces entités peuvent servir à tout, il y’a des biones d’espionnage, des biones de regie, etc. Aurore est spécialisée dans l’éducation des biones difficile (oui parce qu’ils sont conscients si on peut dire), du coup, elle en a toute une panoplie. Sur le coup, je me suis dit que moi aussi je voudrais bien des biones, ca a l’air génial. De même, les orchestrations d’Aurore sont juste des petites merveilles de narration, ca donne vraiment envie d’y être, d’en faire. Bref, l’univers technologique m’a totalement conquis, à la fois rétro et futuriste, c’est du grand art, et Poujois n’a rien a envier aux plus grands.

L’univers politique et linguistique est aussi très développé. Le monde est majoritairement régit par des empires, et l’Angleterre est le pays « hais ». Du coup, aucun anglicisme dans le roman (ou alors seulement sarcastique). Par contre, beaucoup d’allemand. Parfois traduit, parfois pas. Bon, on comprend dans l’ensemble évidemment, car c’est des phrases assez basiques.

Une suite serait déjà en préparation, et j’avoue que j’ai vraiment hâte et que je suivrais cette série et cet auteur avec attention. L’auteur est un peu touche à tout (sports extrêmes, jeux vidéos, courts métrages) mais ce coté dispersé lui permet de livrer ici un livre d’un niveau très élevé, qui ravira tous les fans de Blade Runner ou d’Uchronies napoléoniennes ! Un univers indéniablement riche, qui méritera plus de tome est le gros point fort de se roman.  Si vous appréciez la SF, n’hésitez pas a jeter un œil à ce roman, qui devrait vous plaire. Ma première grosse claque de l’année, et encore une fois, c’est un français !


  • Auteur:Ambre Dubois
  • Editeur:Editions du Petit Caveau
  • Genre:Fantastique
  • Titre:Le sang d'Hecate
  • Tome:2

Le sang d’Hécate de Ambre Dubois est le deuxième tome de la série des Soupirs de Londres qui a été commencée par le très bon Manoir des Immortels. La encore illustrée par Anne Claire Payet, qui heureusement a fait bien des progrès, le livre se compose d’à peu près 300 pages. Après un premier tome qui frappait très fort, il faut dire que j’attendais cette suite avec impatience.  Synopsis ?

Le sang d'Hecate de Ambre Dubois

L’histoire prend place peu après que nous l’ayons laissée. Au musée de Londres, une statuette a été dérobée. Le prince de Londres lance Stella sur l’enquête. En parallèle, la communauté vampirique de Londres reçoit la visite d’un émissaire de la communauté de Paris : Surach. Ce dernier vient directement suite à l’affaire traitée dans le premier tome. Deux intrigues, qui comme vous vous en doutez vont s’entremêler.

Si le premier tome avait déjà un style très agréable, il est clair que Ambre Dubois s’est encore améliorée. La lecture est fluide, les dialogues font naturels, les réparties fusent, les descriptions sont bien rendues, jamais ennuyeuses, et elle arrive très bien a retranscrire les états d’âmes des personnages. Sa manière de mener l’intrigue est toujours aussi agréable, avec de petits indices disséminés ici et la, qui s’emboitent bien a la fin, permettant de rendre crédibles les retournements de situations.

On retrouve avec plaisir les personnages et l’ambiance qui avaient fait le succès du premier tome. Le Londres Victorien est toujours aussi bien retranscrit. On se promène avec plaisir dans les ruelles pavées, on admire les toilettes. Y’a pas a dire, c’est très immersif. De plus le roman se place dans un contexte historique (le jubilé de la reine pour être exact) ce qui contribue à son réalisme. On note aussi plusieurs clins d’oeils aux romans de l’époque, je ne vous dirais pas lesquels pour ne rien vous gâcher. J’ai aussi apprécié les nombreuses références à la société occulte londonienne, car cette époque est aussi celle ou le mystique est en vogue.

Le sang d'Hecate de Ambre Dubois

Au niveau des personnages, on se centre surtout sur Stella, Drake et Rodrigue le prince de Londres. Celeste et Corwin faisant plutôt figure de figurants (haha). Les personnages évoluent, on apprend peu a peu de nouvelles choses sur Stella, l’héroïne, même si on reste un peu sur notre faim. Ce ne sont que des bribes qui nous sont dévoilée, j’espère qu’on connaitra vraiment son passé dans les prochains tomes. Malheureusement, cette évolution ne va pas que dans le bon sens. On pouvait prévoir un triangle amoureux, bon, bah, on tombe dedans. Je déteste cela, surtout quand c’est cliché a souhait. La relation Drake/Stella est un love/hate qui n’en fini pas. Une scène, ok, mais plusieurs, ca devient lourd, surtout qu’elles se déroulent toujours pareil et que ca stagne.

L’intrigue est plutôt bien menée, jusqu’à un certain point. Les fausses pistes abondent, et notre Stella ne sait plus trop ou donner de la tête. Bon, on devine certains éléments bien avant elle, il n’y a rien de plus frustrant que de la voir foncer tête baissée sur une fausse piste. Mais bon, dans l’ensemble la majorité des retournements de situations sont amenés de manière cohérente. On notera cependant un rythme inégal, la partie du milieu étant plutôt composée d’errances qui ne font pas avancer l’histoire.

Le sang d'Hecate de Ambre DuboisMais bon, la n’est pas le principal problème. Non. C’est à la fin que le bat blesse (je n’ai aucune idée de l’origine de cette expression. Est ce Bat ? Bas ?). Tout se résout en dix pages par une pirouette absolument aberrante. J’ai eu l’impression que l’auteur ne savait plus comment finir, alors pof, on fait apparaitre un personnage de nul part et pof, magie, tout est résolu. Non. On ne fait pas  un bouquin aussi bien pour le finir comme cela. Non. Ça casse la crédibilité, ça casse la montée en puissance du bouquin, ça casse tout en faite.

Je suis vraiment décue, car on sait l’auteur capable de mieux. Il était certes difficile d’enchainer après un si bon cru que celui qu’était le Manoir des Immortels, mais cette fin m’a pas mal gâché la lecture. C’est dommage, car le reste est plutôt bon.  Enfin, la suite est déjà prévue, et je la lirais évidemment, car il y’a beaucoup de bons éléments qui méritent qu’on passe outre cette fin douteuse pour pouvoir continuer a suivre les aventures de Stella.


Opheliac de Emilie Autumn

Serafina dans Critiques, Musique le 1 mars 2010, avec 2 commentaires
  • Année:2006
  • Groupe:Autumn Emilie
  • Genre:Violindustrial
  • Titre:Opheliac

Emilie Autumn est une artiste que nous aimons beaucoup et que nous connaissons depuis un sacré bout de temps désormais. Le seul problème, c’est qu’elle est indépendante, avec tout ce que cela implique, notamment la quasi-impossibilité de trouver ses albums dans les réseaux de distribution habituels. Or, si il y a bien quelque chose que l’on apprécie, c’est d’acheter un CD, et non de le commander. C’est donc avec une grande satisfaction que nous avons fini par découvrir Opheliac, sa pièce maîtresse et son seul réel album qui ne soit pas un ensemble de morceaux de classique, dans les rayons d’un Saturn situé à … Stuttgart, en Allemagne donc. Il aura fallu traverser le Rhin pour pouvoir l’apprécier dans notre lecteur CD.

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Mais avant de parler d’Opheliac, il faut savoir que sa compositrice est une jeune violoniste de trente ans qui outre sa carrière solo, a joué pour Courtney Love ou bien tout récemment pour OTEP. Elle est styliste et possède sa propre ligne de vêtement, très inspirée de l’époque victorienne, ainsi qu’un label indépendant, Traitor Reccord. D’après elle, elle fait du Violindustrial, ce qui vous fera tout de suite comprendre que ce n’est pas des classiques de violon que contient Opheliac mais plutôt de la musique industrielle, très électro. Du coup, sachant qu’elle est styliste il n’est pas étonnant de voir un sacré travail au niveau de la présentation de l’album ainsi que de la musique. Un sacré travail même.

Emilie Autumn

C’est donc un très joli CD que l’on peut trouver, avec un booklet fourni et contenant, en plus des paroles, de nombreuses photos de la demoiselle dans des robes qu’elle qualifie souvent de Victorianindustrial. Bref, de très jolis habits qui lui donnent un aspect très décalé, qui, pour ceux qui connaissent, fera penser à la demoiselle du Joker dans Batman, hm. Ce côté décalé est d’autant plus présent avec un CD arborant fièrement une texture rayée. A ceci est ajouté un deuxième CD contenant des bonus de classiques, joués au violon, et agréables à l’écoute.

Il est difficile de qualifier la musique que l’on peut ensuite y écouter. Folle, envoutante, seraient les mots, mais il est difficile d’imaginer une musique folle. Utilisant à de nombreux moments les boites à rythmes, sur lesquels sont placés des morceaux de violons, de clavecin et des petits samples, Emilie Autumn accompagne le tout de sa voix, tantôt toute basse, tantôt criante, bref. Au sujet de sa voix, bien que la demoiselle ai appris le chant classique, je qualifierais plutôt sa voix de punk, c’est a dire qu’elle fait un peu n’importe quoi avec. Sur-saturée, doublée, criarde, nasillarde, tout y passe. On aime ou on déteste. Moi j’adore, pour la simple et bonne raison que cela colle totalement, elle ne fait pas que chanter, elle vit ses chansons. Son univers est complètement barré, et très torturé. On passe d’un extrême à l’autre, bref, amis de l’asile bonjour (à noter qu’elle a d’ailleurs tout un univers la dessus, décrivant ses morceaux comme se déroulant dans un asile victorien).

Les paroles sont torturées, sombres. Je pourrais vous dire que l’on passe de la dépression, a l’automutilation, au suicide en passant par l’abus sexuel et tant d’autres, mais je ne suis pas sure que cela vous donnerais très envie, si ? Ceci dit, les paroles sont très fortes je pense notamment a celles de Thank god I’m Pretty ou encore I want my innocence back. Mais outre le fait de bien écrire, Emilie Autumn est aussi une très bonne musicienne, au détour de la musique plus industrielle on découvre de superbes morceaux de violons ou de clavecins qui n’ont pas a rougir. Elle a de la formation classique et cela s’entend.

Emilie Autumn Opheliac

L’ambiance du disque est véritablement particulière et proche des montagnes russes, on passe de morceaux très drôles (The art of suicide, Thank God I’m Pretty) à des morceaux beaucoup plus lourds (Gothic lolita en tete !). Le deuxième disque est plus calme, comprenant notamment trois déclamations de poèmes, aux textes cependant tout aussi interessants.

Enfin, encore un sujet musique ou il m’est bien difficile de vous décrire réellement. Et sachez que cet article a été commencé par dabYo en septembre 2009 alors bon, c’est de l’accouchement dans la douleur. Pourquoi m’être motivée a le finir ? Parce que mercredi 3 mars, c’est l’unique passage de la tournée Européene d’Emilie dans notre beau pays, au cabaret sauvage, et que nous y serons. J’espère profiter de cette occasion pour acheter son livre , donc on vous reparlera d’elle !

En attendant vous pouvez découvrir, si vous ne la connaissiez pas encore, son myspace.


Les Dieux eux-mêmes de Isaac Asimov

illman dans Critiques, Livres le 27 février 2010, avec 2 commentaires
  • Année:1972
  • Auteur:Isaac Asimov
  • Editeur:Folio SF
  • Genre:Science-Fiction
  • Titre:Les Dieux eux-mêmes
  • Titre V.O.:The Gods themselves
  • Traducteur:Fillion Jane
Cet article est écrit par illman, étudiant en informatique de 23 ans. "Star de rock" à ses heures perdues, il profite d'if is Dead pour vous donner quelques conseils.

Ses avis et conseils peuvent donc être différents des articles habituels qui sont postés sur notre blog.

Les dieux eux-mêmes a été écrit par Isaac Asimov en 1972. Il renouait alors avec son style fétiche, la Science-Fiction. Je pense qu’il n’est nul besoin de présenter cet auteur, dans le cas contraire, wikipédia est et je vous conseille vivement de lire au moins un des ses ouvrages, Fondation ou Les Robots par exemple. L’origine de ce livre est un pari fait avec Robert Silverberg, un autre auteur du genre avec lequel il a d’ailleurs co-écrit des romans. C’est un livre indépendant, il ne fait partie d’aucun cycle, donc pas de pré-requis de lecture. Un petit synopsis s’impose.

Les Dieux eux-mêmes de Isaac Asimov

Par un heureux (?!) hasard de circonstance, un radiochimiste, Hallam, est témoin du changement d’un morceau de métal banal, le tungstène, en un plutonium totalement improbable,en tout cas dans notre univers, le plutonium 186. De cette découverte découlera la création de la pompe à électrons, une ressource d’énergie inépuisable et non-polluante. Un jeune scientifique affecté à une de ces pompes va vouloir en raconter l’histoire. Mais durant ses recherches, il va lever des points d’ombre: la pompe est-elle réellement sans danger ?

Nous suivrons aussi le destin d’autres personnages, avec notamment la rencontre d’une race extraterrestre, remarquablement détaillé, un vrai monde à part bien cohérent. Je n’en dirais pas plus sur l’intrigue les concernant, c’est une merveille à découvrir. On suivra un scientifique, Denison, dans son exil sur la lune. Il ira se mêler à la communauté scientifique lunaire et découvrira leurs mœurs, bien différente de celles en cours sur Terre. Son objectif, découvrir si la pompe est dangereuse.

« Contre la stupidité… Les dieux eux-mêmes… luttent en vain« 

Les Dieux eux-mêmes de Isaac AsimovLe grand thème du livre dans une simple citation, chaque partie de la phrase représentant une partie du récit. Pourrions nous renoncer à une invention qui nous est bénéfique ? Resterions nous aveugles à ses dangers à cause de cela ? Ce roman est une lutte contre la bêtise et l’entêtement mâtiné d’un exquis nappage de Science-Fiction. Je vous le dis tout de suite, ce n’est pas pour rien si cet ouvrage a remporté le prix Nebula (1972), le prix Hugo du meilleur roman et le prix Locus (1973).  Un thème fort, un univers cohérent, des personnages qui sonnent vrais (même les E.T.) et une imagination débordante de l’auteur, voilà ce que vous trouverez dans cet ouvrage.

Le vocabulaire scientifique est beaucoup employé mais ce n’est pas gênant. Comme souvent chez Asimov, il y a vulgarisation du propos scientifique et les concepts sont plutôt amenés en douceur. Et puis bon, ne pas comprendre en détails ne dérange pas pour l’histoire du moment qu’on en a compris les grandes lignes, notamment sur le fonctionnement de la pompe.

J’ai beaucoup aimé le découpage de l’histoire en trois parties, suivant le destin de personnages aux caractères bien différents. Au risque de me répéter, je tiens à re-souligner une nouvelle fois le talent d’Isaac Asimov. La deuxième partie de son roman traitant d’une race extraterrestre qu’il a créé de toutes pièces est à mille lieux de toutes celles que j’ai rencontré dans d’autres romans de Sci-Fi. Je dirais même que c’est un vent de fraîcheur et d’originalité qui nous balaye en suivant les péripéties de nos E.T. Mais voilà, un problème se pose, c’est aussi dans cette partie que l’on rencontre…

The Gods themselves, Isaac Asimov

… le point noir du livre,  l’omniprésence du sexe. Parait-il qu’Asimov avait été critiqué parce qu’il n’introduisait pas d’aliens et de sexe dans ses histoires. Pour le coup, sur ce roman l’auteur s’est lâché. Il y a des aliens, du sexe, et du sexe entre aliens… A certains moment la deuxième partie fait un peu trop Fornic’land chez les E.T. Une petite vengeance de l’auteur peut-être… Pour chipoter, je pourrais aussi dire que la première partie est un peu longuette avec ses explications scientifiques mais ce serait seulement pour ne pas passer pour un bisounours incapable de donner des points négatifs dans ses critiques (pourtant c’est cool un ours).

Il serait cependant dommage de s’arrêter à ces détails. Les dieux eux-mêmes est un excellent livre et je vous le conseille fortement, que vous soyez fan de S.F. ou non. Et d’autant plus si vous n’avez jamais gouté aux titres de l’auteur.



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