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La Guilde des magiciens de Trudi Canavan

La Trilogie du Magicien Noir Tome 1

dabYo dans Critiques, Livres le 2 mai 2016, avec aucun commentaire
Critiques

En 2007 débarquait en France le premier bouquin d’un univers qu’on reverrait presque chaque année sur les étagères de tout libraire qui se respecte. Je doute que vous l’ayez raté tant ses couvertures sont visuelles et caractéristiques: un fond beige avec un magnifique magicien dessus. Les livres de Trudi Canavan font partie de notre environnement depuis, à chaque fois somptueusement édité par Bragelonne avec une couverture rigide et cette belle illustration. A l’époque j’avais raté le premier wagon de La Trilogie du Magicien Noir, presque 10 ans plus tard le premier tome de cet arc débarque enfin en édition poche chez Milady. Comme il s’agit du premier dans l’univers de Kyralie, c’est l’occasion d’embarquer à mon tour dans cette série qui compte déjà quatre trilogies publiées en France. Synopsis.

La Guilde des magiciens de Trudi Canavan - Trilogie du Magicien Noir Tome 1

Les inégalités sont criantes dans la ville où vit Sonea, pendant que les nobles et seigneurs de la haute vivent tranquillement à l’intérieur des murs, les bouseux comme elle triment pour survivre et vivent presque comme de bêtes. Pour couronner le tout, chaque année le Roi ordonne la Purge, un jour où la Guilde des magiciens débarque enfin chez les pauvres, non pour les soigner et les aider mais pour les chasser de leurs taudis. Évidemment ce sont les plus faibles qui trinquent les premiers. Alors qu’elle manifeste de manière musclée contre la prochaine Purge avec ses amis, un miracle se produit: elle arrive à toucher un magicien avec sa pierre qui a traversé son bouclier magique. Aurait-elle aussi des pouvoirs ?

Trudi Canavan

Trudi Canavan

Bon on pouvait difficilement vous le cacher, avec un titre comme La Guilde des magiciens, on se retrouve forcément avec quelques magiciens dans les personnages principaux et un roman qui tend évidemment vers la Fantasy. On découvre Imardin, géante ville dans laquelle vivent roi, magiciens, nobliaux mais aussi pauvres et pouilleux. Sonea fait partie de ces derniers ce qui lui a donné un tempérament et un caractère fort en chocolat. C’est pas plus mal puisque c’est elle qui va nous servir d’héroïne pour ce premier tome.

Celle-ci a découvert malgré elle et dans des circonstances relativement peu favorables qu’elle possédait des pouvoirs magiques. On se doute tout de suite que comme souvent dans les trilogies du genre, nous allons donc nous retrouver avec un premier tome relativement initiatique où le héros découvre avec le lecteur son univers et va sans doute avoir un mentor pour l’aider à le faire. Là dessus on ne peut pas dire que ce premier tome de La Trilogie du Magicien Noir soit franchement original, ça non. La question reste entière, va il le faire avec un certain intérêt sans trop tomber dans les clichés ?

Et là, aussi étonnant que ça puisse paraître compte tenu du postulat de base, c’est bien le cas. La Guilde des magiciens se lit rapidement et gagne tout de même l’intérêt de son lecteur. J’ai beau avoir lu un paquet de romans du genre, je n’ai pas été exaspéré par le déroulement des évènements, ce qui est un très bon point. Non, on n’évite pas quelques clichés et stéréotypes, l’originalité est tout relative et assez modeste, mais ça reste agréable. Sonea est plutôt bien écrite avec un comportement très crédible compte tenu de son âge et de ses origines, ce qui est plutôt agréable. Elle n’est pas là à boire les paroles de tout un chacun comme la vérité et ça c’est un point très positif et relativement neuf par rapport à d’autres. Ce côté est peut être un peu trop utilisé sur les quatre cents pages du roman, mais on le pardonnera.

La Guilde des magiciens de Trudi Canavan - Trilogie du Magicien Noir Tome 1

La couverture originelle chez Bragelonne

A côté d’elle on va suivre d’autres personnage, du petit voleur au mage expérimenté à qui on ne la fait plus. Leur développement est progressif à mesure de les suivre sur les chapitres, étant donné que leurs actions influent sur chacun. Cela permet une alternance des points de vue sympathique, d’autant qu’on va pouvoir suivre la proie et le chasseur à plusieurs reprises dans le roman. C’est un développement intéressant et différent de d’habitude pour les indispensables qui pro quoi nécessaires aux intrigues.

La Guilde des magiciens de Trudi Canavan - Trilogie du Magicien Noir Tome 1On est pas non plus dans le complot sur de nombreux tomes et cela reste de la Fantasy habituelle puisque tout va se recouper pour se terminer en fin de tome. Celle-ci n’est d’ailleurs pas vraiment exceptionnelle, et c’est peut être là où La Guilde des magiciens pêche le plus. Au final, il s’agit surtout d’une introduction, une introduction très bien écrite et fluide à la lecture, dont la traduction a été faite par Justine Niogret. Mais une introduction un peu longuette peut être, on ne s’ennuie pas mais il n’y a pas non plus le petit plus qui en ferait un livre mémorable. Plus équilibré que le premier tome de l’Assassin Royal en somme, mais plus oubliable aussi. Il n’y a rien dans le livre qui nous fera vibrer et c’est bien dommage car il ne suffit pas qu’un livre soit agréable à lire pour qu’il en devienne bien.

La Guilde des magiciens de Trudi Canavan se lit donc très facilement et tient son lecteur. On passe un bon moment à découvrir cet univers, et la plume de l’auteur australienne n’y est pas pour rien. Tout est facile d’accès, de compréhension, c’est très bien écrit en somme. De plus, les travers des tomes d’introduction sont quasiment tous évités et on ne roulera pas des yeux. Mais voilà, la copie est presque trop parfaite et plus d’enjeux sur ce premier tome lui aurait permis d’être plus qu’une longue introduction. A voir si la relance de la fin pour réellement démarrer l’intrigue de La Trilogie du Magicien Noir arrivera ou non à porter ses fruits dans le prochain épisode.


Volée Noire, Meg Corbyn Tome 2, de Anne Bishop

Serafina dans Critiques, Livres le 29 avril 2016, avec aucun commentaire
Critiques

Le premier tome de Meg Corbyn avait été un de mes coups de cœurs, prouvant par la même occasion que bien que le marché de la Bit-Lit soit saturé, il était encore possible de trouver de bonnes sagas originales. Du coup, le deuxième tome était un peu attendu de pied ferme. Serait-il à la hauteur ? Synopsis !

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Pour rappel, l’univers mis en place est le suivant. Le continent de Thaisia (équivalent à l’Amérique pour nous) est un territoire qui était occupé par les Autres (Loups-garous, vampires, coyotes-garous, etc. etc.) lorsque les colons sont arrivés. Sauf que les Autres ont lutté contre les humains et ont gagné. Aujourd’hui, la majorité du territoire appartient uniquement aux Autres avec des enclaves où vivent des humains. Lakeside, est une de ses villes et au cœur de celle-ci se trouve un enclos où vivent des AutresMeg vit désormais dans l’enclos de Lakeside au bureau de liaison entre les humains et les créatures fantastiques. Plusieurs villes de Thaisia sont touchées par des épidémies liées à la drogue qui rendent vulnérables les Autres. Pour le moment, rien n’est encore arrivé à Lakeside, mais le danger rôde.

meg-corbyn,-tome-2---volee-noire-379061Si le premier tome se centrait surtout autour de Meg et de son adaptation, celui-ci est plus politique puisqu’on assiste à la montée de groupuscules comme le HAT, Humains Avant Tout, qui souhaite prendre le dessus sur les Autres. Sur ce fond de climat politique délétère, les personnages évoluent et ce tome laisse une grande place aux amis humains de Meg ainsi qu’aux deux policiers déjà croisés dans le tome précédent. Anne Bishop montre ici qu’il est encore possible, en 2014, après la déferlante bit-lit, de construire un univers original, solide et qui mélange des problématiques de notre civilisation avec un vernis fantastique. Ici, évidemment, on pense de base au peuple natif-américain avec la notion de réserve, mais ici on peut aussi voir l’extrémisme qui monte.

Et c’est souvent là, la force de la bit-lit. Prendre des créatures surnaturelles, mais traiter de problèmes qui pourraient nous toucher. C’est ce que fait Patricia Briggs souvent, mais c’est le cas ici aussi, c’est pour cela que Meg Corbyn est une saga aussi passionnante. Le personnage de Meg en elle même, prophétesse du sang, ressentant le besoin de se couper jusqu’à sa mort afin d’énoncer des prophéties, est une des héroïnes de bit-lit les plus marquantes. En effet, bien que faible physiquement, et pas forcément aidée socialement, elle est tragique mais aussi attachante car elle est naïve et en connait aussi peu que nous sur le monde, du coup elle est un peu nos yeux dans cette histoire.

Volee Noire, Meg Corbyn Tome 3, de Anne BishopL’intrigue, contrairement à d’autres sagas, est bien menée, avec des indices par-ci par-là et une progression logique, exempte de Deus Ex Machina. L’aspect psychologique des personnages est bien développé, sans pour autant tomber dans le sentimentalisme. On sent évidemment les prémices d’une histoire d’amour, on est dans de la bit-lit quand même, mais rien qui ne prenne le pas sur l’histoire en elle même. L’univers est passionnant, avec de nombreuses créatures surnaturelles qui sortent des habituels vampires, loups garous et fae. On trouve notamment des ours-garous ou encore des corbeaux qui sont clairement mes créatures préférées car très drôles avec leur obsession de l’or.

Vous l’aurez compris, ce deuxième tome confirme le statut de la saga de Meg Corbyn. Elle rejoint mes sagas préférées du genre, aux cotés de Patricia Briggs. Je suis très curieuse de voir la suite. Le troisième tome est déjà sorti chez Bragelonne, donc je ne vais à priori pas tarder à m’y mettre.


Il n’y a pas qu’au Hellfest que l’on peut découvrir de très bons groupes, parfois ça arrive tout près de chez vous dans un petit festival régional. C’est ce qu’il s’est passé quand Fleshgod Apocalypse est passé au M-Fest 2015 en Touraine près de chez nous. Le Death Metal n’est généralement pas ma tasse mais quand c’est mélangé à des aspects de Symphonique, là je signe tout de suite. Ces italiens sont chez Nuclear Blast depuis leur album de 2013 et leur dernier opus vient tout juste de sortir, King, qu’ils viendront donc défendre au prochain Hellfest 2016.

Il assez difficile de situer Fleshgod Apocalypse dans le paysage musical du Death Metal, leur musique ayant une forte connotation gothique qui ne va du tout à cette scène. Le plus proche et connu étant sans doute les grecs de Septicflesh qui nous servent eux aussi du death grandiloquent. Les deux groupes partagent une musique très martiale, mais quand les grecs donnent l’impression de lever des armées de terreurs, Fleshgod Apocalypse nous offrent plutôt une fenêtre sur un mélange entre la brutalité du metal et le romantisme des cours européennes du XVIIème siècle. Un XVIIIème siècle où les créatures de la nuit vivent dans la luxure et à l’insu des humains. Si la série d’Anne Rice avait une bande son Metal, elle serait surement faite par Fleshgod Apocalypse.

Une voix de soprano qui fait irruption de temps à autre, des gros riffs de guitare martiaux et répétitifs, avec de temps à autre quelques ponts au piano accompagné par des violons. Voilà sans doute la recette du groupe italien qui nous la sert avec une maîtrise rarement égalé. Tout comme pour Septicflesh on ne peut qu’être en admiration devant l’équilibrage de ces éléments.

Sur scène aussi cette ambiance est présente, les membres du groupes étant maquillés tout en blanc avec les chemises à jabots qui vont bien. Une retranscription de leur imagerie très réussie qui donne une superbe ambiance à leurs concerts. Ils nous en avaient clairement mis plein la vue dans la salle du M-Fest et on ne peut que les attendre avec impatience sous la Temple.


Couverture aux tons très girly, une phrase catchy sur l’amour, l’amitié et l’annihilation de l’espèce humaine, Toute résistance serait futile de Jenny T. Colgan est pourtant bien un roman d’Imaginaire aux éditions Milady et non Romance ou Bit-Lit. Publié en ce début d’année avec une traduction de Emmanuelle Casse-Castric, il a donc réussi à susciter mon intérêt, surtout avec cette phrase d’attaque qui a tout du loufoque et de l’humour dérangé que j’aime. Alors, bonne idée ou les couleurs et les thématiques auraient-elles du me tenir à l’écart ? Synopsis.

Toute resistance serait futile Jenny T Colgan

Connie a obtenu ce qu’elle pensait être le poste du siècle quand on est docteur en mathématiques: un bon salaire, pas d’enseignement à faire et carte blanche sur les recherches. Elle aurait du flairer le piège ! La voilà elle et d’autres pontes des mathématiques enfermés dans une pièce avec des séquences incompréhensibles à déchiffrer. Une bande de matheux tous plus bizarres les uns que les autres, et elle les connait tous de salons, séminaires et autres passages sur les mêmes bancs d’école. Sauf ce Luke qui les ferait presque tous passer pour des gens normaux.

Bon bon, si j’ai précisé dans l’introduction que ce roman était publié en Imaginaire et non dans une rubrique Romance, vous vous doutez bien que ce n’est pas pour rien. Il y a plusieurs éléments pour mettre le lecteur sur la piste, par les couleurs choisies, la phrase d’accroche ou encore les œuvres des auteurs qui conseillent le bouquin sur le quatrième de couverture. Mais rien n’y fait, je suis obstiné et peut être que je n’aurais pas du. Arrêtons nous tout de suite, je ne suis pas allergique à la romance dans l’imaginaire bien loin de là, je peux même être une vraie fleur bleue. Mais voilà, la sauce n’a ici pas pris.

Jenny T Colgan

Jenny T. Colgan

Ça part pourtant très bien, car le style de Jenny T. Colgan est plutôt très facile d’accès et vient dépoussiérer quelques clichés dès le début de la lecture. Le sexisme dans les sciences et la société elle même est très bien abordé, il vient donner un poids d’autant plus intéressant à la première partie du bouquin qui est vraiment centrée sur les sciences et le monde scientifique d’une manière générale. Là dessus c’est non seulement éducatif mais aussi très drôle, avec des personnages certes clichés mais bien construits et rigolos. Je ne suis pas matheux certes, mais j’ai vécu dans des milieux plus ou moins similaires et les travers des personnages font très réalistes, malheureusement pour l’héroïne. Cette dernière est par ailleurs plutôt bien construite et évite les clichés du genre. On est donc plutôt loin d’un stéréotype à la gothique de NCIS mais face à quelque chose de bien plus tangible et réaliste.

La première partie du roman est vraiment intéressante et amusante, j’ai beaucoup apprécié ma lecture. Le problème c’est ce qui va suivre dans le deuxième pan du roman et comment on va arriver à ce qui justifie la phrase d’accroche. Car après une bonne introduction, les éléments s’enchaînent très très vite sans pour autant que les bases posées en début de roman soient assez solides pour les rendre crédibles. On se retrouve alors avec un simili Thriller basé sur une histoire d’amour et d’annihilation de l’espèce humaine (pas vraiment mais évitons les spoils) qui ne sont mais alors pas du tout bien amenés.

En effet, même si on sent bien que l’auteur construit la relation entre les deux personnages tout au long du roman, celle-ci reste très superficielle et peu crédible. C’est assez courant dans ces livres ou en quelques pages une pseudo relation existe au point de faire faire n’importe quoi à notre héros ou héroïne. Et pour le coup, on peut vraiment dire que c’est du n’importe quoi, ce qui rend le tout d’autant moins crédible.

Toute resistance serait futile Jenny T ColganAlors bon, ça ne veut pas dire que c’est mal écrit ou incompréhensible, juste que la sauce ne prend pas et comme celle-ci est principalement basée sur une romance assez superficielle, j’ai vraiment eu du mal à me motiver pour lire la suite. Peut être n’étais-je tout simplement pas la cible, il faut dire qu’avec une couverture aussi genrée, j’aurai peut être du m’arrêter aux stéréotypes. Non pas parce qu’il s’adresserait plus aux femmes qu’aux hommes, mais simplement parce qu’il me semble être là face à un roman de type Romance et avoir une grande partie des défauts inhérents au genre.

Au final je n’ai donc pas réussi à apprécier complètement ma lecture de Toute résistance serait futile de Jenny T. Colgan. Des notes d’humour vraiment sympa, un style qui se lit très bien avec d’excellents apartés, une introduction au monde des mathématiques bien foutue, le livre ne manque pas de qualités. Mais sur son ensemble il est plombé par une intrigue qui n’arrive pas vraiment à décoller, basée sur une histoire d’amour assez légère. Dommage.


Bienvenue à Night Vale est un roman pour le moins original. Il fait en effet suite à un podcast (a priori populaire) de la radio communautaire de la ville fictive de Night Vale et est édité depuis ce printemps chez Bragelonne avec une tranche violette ce qui est une raison suffisante pour me convaincre. Synopsis ?

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Night Vale est une ville perdue dans le desert, où les théories du complot sont réelles. Jackie Fierro tiens le Mont-de-piété depuis des années, même si elle n’a que 19 ans cela fait de toute manière bien des années qu’elle a 19 ans. Un jour, un homme avec un costume en daim vient mettre en gage un papier. Un papier où est écrit « KING CITY », comme ça. Elle n’arrive pas a se débarasser de ce bout de papier, il lui revient toujours dans les mains et l’obsède. Elle décide donc de partir à la recherche de cette fameuse ville.

Il faut savoir que je ne connaissais absolument pas le podcast, et n’avait jamais entendu parler de Night Vale auparavant. Bien que le podcast ai plus de 4 ans maintenant, je n’en avais jamais entendu parler. Il se trouve que cette ville imaginaire n’est pas comme les autres. Tout y est étrange, tellement que l’improbable devient acceptable et qu’il faut s’attendre à tout : une femme qui met ses larmes en gages, une cheffe d’équipe qui est visitée par une tarentule, une éternelle adolescente et des anges tous appelés Erika. Je pourrais continuer et pendant longtemps mais la réalité c’est que Night Vale est absurde et voilà. Après 10 pages je me suis rendue compte qu’entre les divagations des auteurs, l’absurdité et le non sens, on était au final très proche de ce pourrait faire un Terry Pratchett. La traduction est bonne et fluide, on ne perd rien de la légèreté présente dans la VO.

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Ce n’est ni aussi hilarant ni aussi fin mais tout de même nous sommes dans le même genre d’univers, où il ne faut pas chercher à coller les morceaux de manière a faire une photo uniforme. Une fois cela accepté, le roman sait être très drôle si vous êtes friand de l’humour absurde. C’est mon cas, de ce fait, je suis plutôt bon public et tolérante à n’importe quelle pirouette. Cependant, le style est assez lourd, et là où je comprend qu’il est nécessaire parfois de répéter des choses pour faire comprendre leur non-sens, j’ai trouvé qu’il y avait trop de répétitions, qui au final alourdissaient plus le texte qu’autre chose. La même scène est rejouée de nombreuses fois et le comique de répétition ne marque pas très bien sur moi.

Si comme moi, vous ne connaissez pas l’histoire audio, ne vous inquietez pas, ce livre est tout à fait accessible aux novices. A priori, les deux héroines du livres sont des nouveaux personnages créées uniquement pour le roman. Evidemment, certains détails vous passeront peut être pas dessus la tête mais rien de gênant à déplorer.

L’histoire n’est pas le truc le plus important dans ce livre, c’est plutôt la ville de Night Vale et ses bizarreries, cependant, il y’a tout de même un plot, vous vous en doutez. Il reste cependant assez léger et résolu de manière assez pirouettée, les intuitions des personnages sont souvent les bonnes, ils savent où aller, mais au final, ce n’est pas génant pour un roman qui est avant tout un roman d’humour.

Dans l’ensemble j’ai aimé cette plongée dans l’univers de Night Vale. Si ce n’est pas mon roman de l’année, le monde décrit et la ville ont su me charmer et je lirais volontiers d’autres romans se déroulant là-bas. L’humour y est absurde, il faut le savoir, ce qui peut en rebuter mais moi me fait plutôt plaisir, et surtout celui-ci est bien dosé. Vous l’aurez compris, si vous aimez le violet et le non-sens, je ne peux que vous le conseiller !


Je ne sais plus bien pourquoi je me suis mis à écouter Mantar, mais le groupe a été associé de près ou de loin à Kvelertak et il s’est donc retrouvé sur mon lecteur. Mantar est un groupe allemand programmé sur la Warzone de ce Hellfest 2016, avec un côté Punk bien lourd puisque c’est un mélange au Black et au Doom Metal avec tout ce qui caractérise la haine du premier et le pachydermisme du second. Un duo de punks qui font du Doom et qui sont associés (à tort ou à raison) à Kvelertak, voilà qui ne peut que me plaire.

Lourde la musique de White Nights l’est carrément, le tempo est lent à souhait avec une batterie à la caisse lente, répétitive et appuyée. La voix du chanteur et guitariste Hanno Klärhardt a l’air de sortir des tréfonds de l’enfer, le son de la guitare est crade et à la connotation très Black Metal. Et j’aime, évidemment, ce côté crade tout en étant horriblement rythmique grâce aux influences Punk. Le son du titre donne vraiment l’impression de venir tout droit d’une cave de gamins de la Norvège, la haine du chant est palpable, la froideur de la musique et de ses nappes aussi. Bien loin des aspects joyeux de Kvelertak et on pourra guère les comparer au final.

Mantar Metal BandLeur premier album Death by Burning est sorti chez Svart Records en 2014 et vaut clairement le détour. La musique est vraiment très brute, grasse et parfois proche de l’inaudible, il faut aimer mais j’avoue espérer que le prochain album sera un peu mieux poli. Celui ci est prévu pour mi avril 2016, les premiers extraits sont déjà disponibles (ici, ici et , avec des extraits de chaque titre), il sortira chez Nuclear Blast. Le son reste brut bien qu’un peu plus clair.

Mais voilà, on se demande quand même comment le groupe a pu atterrir sur la Warzone tant le casting semble complètement correspondre à une matinée sous la Valley voire Temple un petit dimanche vers 13h. Mystère. Avec Mantar, Kvelertak et Converge, il semblerait que cette année s’annonce comme être la plus warzonnée de tous nos Hellfest.


Thank You, Goodnight de Andy Abramowitz

Serafina dans Critiques, Livres le 9 avril 2016, avec aucun commentaire
Critiques

Thank You, Goodnight de Andy Abramowitz est un roman paru fin 2015 chez Milady dans leur collection Littérature consacrée à ce qu’on peut appeler la littérature « blanche », celle qui n’est pas de genre. En effet, vous ne le savez peut être pas mais Milady s’est élargi et ne fait pas que de l’imaginaire ou de la romance. Thank You, Goodnight est donc un roman contemporain qui comme sa couverture l’indique porte sur l’univers de la musique. Synopsis ?

Thank You Goodnight de Andy Abramowitz

Teddy Tremble a été chanteur dans un groupe de Hard FM des années 80. Aujourd’hui, tout cela est derrière lui, après un deuxième album floppé il a repris le chemin de son père et est devenu avocat. Mais voilà, l’âge et les regrets le rattrapent et il décide de réunir le groupe pour un dernier jet.

Thank You, Goodnight est donc un roman de littérature contemporaine sur l’âge qui passe, sur les occasions manquées et pour cela, il m’a fait penser à Retour à Little Wing de Nickolas Butler que j’avais adoré et qui avait aussi une rockstar parmi ses protagonistes. Bien que publié chez Milady, il ne s’agit pas du tout de romance, ou en tout cas c’est au 15ème plan, ce qui a pu décevoir une partie du public de la maison d’après les critiques que j’ai pu lire.

Moi par contre, j’ai adoré cette histoire. Déjà parce que le bouquin est très réaliste, rien n’est trop tiré par les cheveux et cette histoire se suit avec plaisir. Le monde de la musique est relativement bien rendu avec ses caractères hauts en couleurs, que cela soit l’agent ou le producteur, les personnages secondaires sont au rendez vous. Bien sûr les héros sont les membres du groupe, et j’ai beaucoup aimé comme l’auteur réussi à amener un groupe de 4 personnes très différentes mais qui fonctionne bien. La bassiste un peu effacée, le gratteux totalement à la ramasse et bien sur le chanteur et ses problèmes existentiels.

Thank You Goodnight de Andy AbramowitzLe style de Andy Abramowitz est agréable et c’est une lecture qui sait rendre légers des thèmes pourtant assez lourds : la vacuité de nos vies, la maladie, les mariages ratés, les deuils qui ne se font pas… Cette légèreté doit bien sûr beaucoup à Teddy notre héros, qui sait être réaliste sur lui même, cynique mais aussi très drôle quand il regarde avec objectivité la bande que forment les membres de son groupe. J’ai ri à de nombreuses reprises pendant ma lecture et je me suis attachée aux personnages par ce biais, surtout à Teddy et à son guitariste. Teddy a beau avoir été un chanteur sur le devant de la scène, il n’en reste pas moins un personnage attachant car aillant beaucoup de failles et cela le rend très humain.

Bien que la musique prenne un part importante du roman -c’est elle qui est à l’origine de l’histoire-, ce que nous raconte l’auteur est bien plus profond que cela et pourrait tout à fait se dérouler dans un autre type de milieu. C’est une histoire sur savoir ce qu’on laissera derrière nous une fois que nous aurons quitté ce monde, sur la perte aussi et les épreuves de la vie. J’ai beaucoup ri mais j’ai aussi été souvent émue.

Thank You, Goodnight de Andy Abramowitz est donc une excellente surprise, que je n’attendais pas chez cet Milady, et qui choisi là une très bonne traduction -réalisée par Wanda Morella-. Je le conseillerai à tous, que vous aimiez ou non le monde de la musique, c’est un roman assez marquant et bien écrit, qui vaut la peine d’être lu.

 


Nombreux étaient les jeux vidéo dont je rêvais et que je n’ai jamais pu approcher, et chez Nintendo c’est sans doute la série des Fire Emblem qui me faisait le plus rêver. Série culte du Tactical RPG bien japonais, elle a mis longtemps à arriver en occident, avec un succès qui est resté pendant longtemps assez restreint. Jusqu’à la sortie de Fire Emblem Awakening en 2013 sur Nintendo 3DS, dernière tentative qui finira par réussir avec des ventes tout à fait raisonnables. La suite Fire Emblem Fates débarque dans quelques mois chez nous et à force de mettre des grosses tatanes avec les personnages qui en sont issus dans Super Smash Bros pour Wii U et 3DS, il était temps que je réalise mon rêve de gosse.

Fire Emblem Awakening

Vous incarnez un personnage qui a perdu sa mémoire (ahem…) mais se retrouve être un excellent stratège. Ça tombe bien car celui qui vous a retrouvé inconscient au bord d’une route s’appelle Chrom et c’est le prince d’Ylisse. Comme il a un grand cœur et que c’est un gentil, il vous fait presque directement confiance, faut dire que vous avez l’air vraiment innocent. Ça c’est l’astuce de Fire Emblem Awakening pour justifier vos interactions avec l’armée du prince et pourquoi c’est à vous qu’il reviendra de dicter le mouvement de tous les soldats qui l’accompagnent. En effet, on peut résumer le jeu à des dialogues, un gestionnaire des unités de votre armées et de leurs objets, une carte qui vous permet de choisir la bataille à disputer, et le mode bataille donc. Assez simple à comprendre, très vite addictif.

Fire Emblem Awakening Systeme CombatPlongeons nous d’abord dans ce mode combat qui est le nerf de la guerre si je puis me permettre. Les unités sont réparties sur une grille de cases avec vue de haut pour le joueur, les déplacements se font de case en case (pas de diagonales). Joué au tour par tour (votre armée, puis l’armée ennemie, puis enfin d’éventuels alliés), chacun de vos soldats possède un nombre de pas qui vous permet de le déplacer sur l’échiquier pour aller attaquer un ennemis ou interagir avec différents éléments spéciaux de la carte. S’ensuit alors une petite animation qui va déterminer l’issue de l’action, souvent un combat entre deux unités qui dépendra des statistiques de chacun et des armes utilisées.

Chaque unité porte jusqu’à cinq armes différentes qui correspondent chacune à un type d’arme et qui ont des forces et des faiblesses. La lance bat l’épée, l’épée bat la hache, la hache bat la lance, bref. A cela s’ajoutent d’autres caractéristiques comme les unités montées (cheval, dragon ou licorne) qui vont permettre d’avoir des effets kiss cool et d’essayer d’être le plus efficace contre les ennemis tout en limitant les risques. Cela rend les déplacements des unités et la gestion de leur équipement très intéressante, certaines seront intéressantes à jouer contre des ennemis mais risquent d’en pâtir lorsque ce sera à l’armée ennemie de jouer.

On retrouve quatre niveaux de difficulté, de normal à Lunatique+, et on peut dire que le challenge est au rendez-vous. Car contrairement à de nombreux RPG, la série Fire Emblem s’est fait une réputation en ne pardonnant pas la mort d’une unité au combat. Si l’un de vos personnages meurt, il ne reviendra jamais. Et ça, ça change tout. On est très vite sur le fil du rasoir et jouer sans réfléchir vous ramène à l’inévitable: vous allez perdre une unité. Et redémarrer la console sans sauvegarder puis tout recommencer.

Fire Emblem Awakening Combats AnimesCar il faut bien le dire, en dehors de l’aspect tactique des combats, Fire Emblem Awakening joue énormément sur notre attachement aux personnages de l’armée. Pousser le joueur à prendre soin de son armée et à essayer de recruter les différents protagonistes disponibles dans le titre est une des recettes principal du titre. Les personnages interagissent entre eux en s’entraidant sur le champ de bataille, ce qui se matérialise par la suite en des dialogues directs et souvent très loufoques. Cela s’appelle le support et nous permet de découvrir leurs personnalités de manière complètement séparée du scénario principal. Des dialogues à la demande en gros, qui permettent de s’attacher un peu plus aux personnages.

Graphiquement Fire Emblem Awakening est un savant mélange entre de la 3D plutôt jolie pour de la Nintendo 3DS mais qui reste très basiques, et dialogues entre les personnages supportés par des illustrations typées anime japonais. Malgré ses limitations en terme de possibilités graphiques avec des modèles de personnages limités, les versions dessinées des personnages leur donnent une profondeur bien meilleure. Le chara-design est japonais à souhait, œuvre de Yusuke Kozaki à qui l’on doit aussi l’esthétique des personnages de No More Heroes et c’est franchement réussi ! Un point supplémentaire donc pour pousser le joueur à s’attacher aux personnages, et l’empêcher de sacrifier ses unités sur le champ de bataille.

Fire Emblem Awakening Lucina Cinematique

C’est ainsi qu’on démarre notre aventure avec la customisation du personnage que l’on incarnera tout au long de l’histoire, et auquel les autres personnages vont directement s’adresser. Homme ou femme, trois apparences différentes pour chaque sexe, couleur de cheveux puis faciès et yeux, il y a de quoi faire un peu de variations même si on est bien loin de la customisation de jeux faits entièrement en 3D. Lorsque deux personnages se rapprochent, ils finissent par se marier ce qui va potentiellement débloquer un nouveau personnage à recruter dans son armée: leur enfant. Des possibilités qui ne sont pas sans faire penser à la collectionnite des japonais jamais aussi bien exprimée que par Pokémon. Cet aspect là m’a clairement complètement conquis, et son application dans Fire Emblem m’a empli d’une frustration tout aussi grande que lorsque vous sauvegardiez par erreur après avoir tué Electhor sans l’avoir attrapé.

Avec les différents niveaux de difficultés et la longueur des batailles, la durée de vie du titre est énorme du moment que vous accrochez au principe. Il faudra cependant s’armer de courage pour continuer, tellement les batailles peuvent trainer en longueur. Le fait d’avoir à recommencer dès qu’une unité tombe au combat risque d’en démoraliser plus d’un, un mode permet de le désactiver mais je pense que c’est aussi abandonner l’un des charmes du titre. Dommage que le scénario soit si stéréotypé, car il y avait de bons ingrédients et on prendra tout de même plaisir à le découvrir avec quelques cinématiques très bien réalisées.

fire emblem characters

N’ayant joué aux autres épisodes de la série, je ne saurai dire comment il se situe mais Fire Emblem Awakening est en tout cas un très bon titre, bien balancé et qui ne pourra que plaire aux amateurs de Tactical RPG qui y ont sans doute déjà joué. Le fait est qu’avec ses aspects annexes bien réussis et sa collectionnite, quiconque jouant à Pokémon et n’ayant pas peur de passer du temps à réfléchir sur sa stratégie pourra qu’apprécier ce titre vraiment réussi. Vivement Fates !


Les Évangiles Écarlates de Clive Barker

dabYo dans Critiques, Livres le 21 mars 2016, avec aucun commentaire
Critiques

Après plusieurs années d’absence sur les rayons des nouveautés Horreur, l’auteur anglais Clive Barker est enfin de retour avec du vilain, Les Évangiles Écarlates. Je n’avais jusqu’alors jamais rien lu de cette pointure du Splatterpunk bien dégueu à qui l’on doit notamment les films Hellraiser sortis tout au long de ses dix dernières années, bien qu’il n’y participe plus depuis un petit moment maintenant. C’était donc l’occasion de s’y mettre, d’autant que ce nouvel opus vient ressortir de ses tiroirs deux figures de proue, Pinhead et Harry d’Amour. C’est sorti dans une très belle édition chez Bragelonne en ce début d’année. Synopsis.

Les Evangiles Ecarlates de Clive Barker

Harry d’Amour a un sixième sens lorsqu’il s’agit de détecter le danger aux alentours, enfin, pour être exact il a toute une série de tatouages qui le piquent suivant ce qui pourrait bien lui arriver. Petit esprit malveillant trainant par là ou bien danger de mort, les sensations sont différentes et ne se ressemblent pas. Mais il semblerait bien que cette mission qu’un fantôme lui a demandé d’accomplir est sans risque: maintenant qu’il est mort, ce modèle de la famille américaine souhaite qu’on supprime toutes les traces de sa seconde maison pour que sa femme ne découvre jamais ses penchants peu avouables. Mais bon, que serait une enquête du bon vieux Harry si tout allait d’après le plan ?

De Clive Barker je ne connaissais pas grand chose si ce n’est quelques nouvelles lues ça ou là, et des aperçus des Hellraiser, bref pas grand chose qui puisse donc me faire passer pour un connaisseur. C’est donc après ma lecture que j’ai découvert que les personnages Pinhead et Harry sont en fait des grandes figures de son monde dans lequel se déroulent de nombreuses de ses histoires. Le bon côté c’est que malgré ce retour aux sources de Clive Barker et le fait qu’il soit venu ici sortir de son tiroir deux personnages qu’il a façonné il y a plus de vingt ans, à aucun moment je ne me suis senti perdu ou laissé sur le quai d’un train partant sans moi.

Evangiles Ecarlates Bragelonne edition specialePour ne pas perdre ses primos lecteurs l’auteur nous livre d’abord des chapitres d’introduction qui n’en ont pas vraiment l’air sur le moment et qui sont vraiment passionnants. On y découvre d’abord Pinhead le cénobite donc, un être venu des enfers à la peau complètement écorchée, au corps clouté de long en large et qui est vraiment très dérangeant. Ces êtres sont des adorateurs du gore et on peut dire qu’ils sont bien là pour nous mettre mal à l’aise. Ça commence dès le premier chapitre avec quelques passages à pentester vos tripes, histoire de voir si vous avez ce qu’il faut pour continuer la lecture. Chacune de ses interventions vous faisant craindre de lire la prochaine ligne, tant cet être est révulsant et imprévisible.

A côté de ça, on retrouve donc Harry d’Amour qui est théoriquement le héros de notre roman. Avec un passé décousu et fait de drames, il mène une lutte contre les créatures des enfers et s’est donc fait une petite réputation chez eux. Armé de beaucoup de bon sens et de ses tatouages qui l’avertissent de ce qui l’entoure, on peut dire qu’il compte beaucoup sur sa bonne étoile. Sans vraiment entrer dans ses traits de personnalité, on s’attache assez vite à lui bien que je ne l’imaginais pas du tout de la même manière que son apparence officielle. Qu’à cela ne tienne, il est là pour donner la réplique au cénobite et il le fait plutôt avec brio.

En fait Les Évangiles Écarlates se transforme au fil des pages en roadtrip en enfer avec toutes les horreurs que cela peut évoquer. Harry et Pinhead se suivent l’un l’autre et s’attaquent aux profondeurs et aux sources de ce qui défini l’enfer, dans le but ultime d’aller chercher Lucifer lui même. C’est donc une sortie de surenchère et course poursuite franchement bien réussie et on se sent vraiment transporté dans l’ambiance. Maintenant finalement l’aspect horrifique est là plus comme une sorte de couche à la Disney et je suis perplexe sur cet aspect là, trouvant parfois cela too much sans vraiment de raison.

Les Evangiles Ecarlates de Clive BarkerA côté de ces deux personnages on retrouve quelques acolytes, que ce soit des relations plus ou moins fréquentables pour Harry ou les créatures souvent très sordides que le cénobite décide d’épargner. Mais on ne s’y attache pas vraiment, ceux ci sont plutôt là pour faire avancer le roman. Côté narration d’ailleurs, c’est plutôt bien écrit mais il y a tout de même un petit passage à vide en milieu de roman où le rythme effréné des débuts fait place à un lent démarrage de moteur diésel. Heureusement, on le moteur fini bien par s’y mettre et l’on part à la découverte des enfers.

Je ne pourrais pas me prononcer pour les amateurs de l’auteur, mais Les Évangiles Écarlates de Clive Barker me semble en tout cas être une très bonne occasion de découvrir ses écrits et son univers bien particulier. Avec deux personnages qui se donnent très bien la réplique, c’est une virée macabre prenante qui nous emmènent dans les profondeurs des enfers. Et puis il y a cette belle édition brochée de Bragelonne.


A force vous commencez à le savoir, je suis une grande fane des romans de Patricia Briggs et notamment de la saga Alpha & Omega, spin-off de la série Mercy Thompson. Le quatrième tome est paru en 2015 dans sa version originale et au début de l’année chez nous aux éditions Milady, servi par une couverture de Daniel Dos Santos comme toujours. Synopsis ?

Entre Chien et Loup, Alpha & Omega Tome 4, de Patricia Briggs

Après les événements des tomes précédents, la vie a repris son cours pour Anna et Charles. L’anniversaire de celle-ci approche et Charles a décidé de lui offrir un cheval. Ils partent donc tous les deux pour l’Arizona, une occasion pour Charles de revoir un vieil ami Joseph. Malheureusement, tout ne se passe pas comme prévu et nos deux héros se rendent rapidement compte qu’un dangereux Fae sévit dans le coin.

Là où les précédents tomes étaient assez axés sur le coté politique de la meute, en lien direct avec le Marrok (le chef de tous les loups américains), ici nous sommes plutôt face à une histoire indépendante qui pourrait être taxée de filler si elle ne permettait pas de développer le personnage de Charles et son passé dont on ignore beaucoup de choses. La thématique des loups qui ont une durée de vie à rallonge par rapport à celle des humains qui passent de manière si éphémère sur la terre est aussi abordée, ainsi que la tentation de changer ses proches pour les garder auprès de soi. Mais tout comme les vampires d’Anne Rice, ils savent à force que changer quelqu’un contre son gré n’est pas une solution sur le long terme.

Évidemment, l’écriture est très agréable et comme toujours Patricia Briggs réussit très rapidement à donner du relief à des personnages secondaires auxquels on s’attache rapidement. Je pense notamment au personnage de Chelsea que j’espère nous reverrons. On découvre aussi une nouvelle meute, celle de Hosteen, indien Navajo et éleveur de chevaux. J’ai apprécié cette meute très différente de celle d’où vient Anna ou de celle que côtoie Mercy : on a une meute très campagnarde, qui ne se mêle guère que de ses affaires et semble vivre plutôt paisiblement.

Entre Chien et Loup, Alpha & Omega Tome 4, de Patricia BriggsNous retrouvons l’agent Leslie Fischer découverte au tome précédent. Cette humaine, enquêtrice au FBI semble être un personnage récurrent et je ne peux qu’apprécier. Le rythme est bien mené, l’enquête sur le Fae a une place importante mais ce n’est pas tout et les retournements de situation sont amenés de manière crédible, sans que cela fasse Deus Ex Machina. On ressent bien l’urgence et l’horreur de la situation. Les éléments placés au fur et à mesure du livre prennent leur importance dans le dénouement final mené tambour battant.

Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé ce quatrième tome. Cela confirme la position de la série et il n’y a aucun doute que je lirais le 5 à sa sortie. L’univers est passionnant et il y a encore beaucoup à voir. C’est aussi plaisant de lire de la Bit-Lit qui n’a pas besoin de foutre 40 pages de romances par tome, et ça, ça me plait. C’est vraiment une série que je recommande, même si vous n’êtes pas à jour dans les Mercy Thompson. Il y a quelques références aux derniers tomes des aventures de la Coyote, mais rien de réellement gênant pour la compréhension globale de l’histoire.