Dernièrement sur if is Dead:

Je vous l’avais dit, j’avais été plutôt séduite par le premier tome de la Tétralogie des Origines. Sans être non plus un coup de coeur absolu, ce premier tome mélangeait habilement nazisme, aliens et ambiance Lovecraftienne. Du coup, j’ai rapidement entamé le tome 2 au nombre de pages bien plus conséquent. Alors essai confirmé ou non ? (Cette chronique est garantie sans spoilers).

Nous retrouvons dans ce deuxième tome ce qui faisait le premier. C’est à dire dans un premier temps une trame narrative qui use et abuse des flash backs, flash forwards, nous demandant de bien regarder en haut du chapitre dans quel endroit et quelle époque nous nous trouvons. Après avoir été gênée par ce procédé dans le premier tome, j’y étais préparée, et faisais presque une pause avant chaque nouveau point de vue pour analyser ou et quand j’étais. Les entremelements de l’histoire sont la marque de fabrique de cette série, et il faut les enquiller. J’ai été moins gênée, mais du coup ma lecture s’en est trouvée ralentie (et sur un aussi gros tome, cela se voit).

Les flash backs sont encore plus exploités ici et de manière interessante. En effet, a un moment du récit, pour mettre en emphase l’action, on a carrément des alternances sur la même page de flash back se déroulant genre une heure avant ! C’est assez inédit dans un roman de SFFF et j’ai trouvé le procédé intelligent. Cela complique la lecture, mais cette alternance rapide permet de retranscrire l’action et le suspens d’une manière inédite. De même, nous alternons entre récit, extraits de reports, extraits de journaux. Les sources formant le récit sont nombreuses et se mélangent de manière harmonieuse.

L’action s’est déportée. Nous ne sommes plus au milieu des terres irakiennes ni en Afrique du Nord d’ailleurs, la majorité du roman se passe en Angleterre. L’ambiance du récit est donc changée. Exit le coté archéologue à la Indy et bonjour les agents doubles du Royaume Uni, les côtes ventées et les landes. Les héros changent et autant j’avais pu m’attacher à Saxhauser autant j’ai eu beaucoup plus de mal avec le trio qui occupe la majeure partie du récit. Les deux allemands m’ont semblés indisociables tandis que Maud l’anglaise était un cliché ambulant.

L’ambiance quand à elle change. Si le tome 1 était assez contemplatif, un roman de SFFF saupoudré de guerre, ici c’est l’inverse, c’est un roman de guerre saupoudré d’imaginaire. Le ressenti et le rythme est donc totalement différent. N’étant que le tome 2 de la sage, ce roman est je suppose une sorte d’articulation entre la présentation du contexte qu’était le tome 1 et l’histoire en elle même. D’un point de vue temporalité, le tome 2 s’étale sur deux mois environ et se termine donc en octobre 1939. Autant dire que nous n’avons pas beaucoup avancé dans l’Histoire.

Au final, j’ai beaucoup aimé ce roman, car j’aime les récits de guerre, et le coté historique est extrêmement bien travaillé. Je n’ai pas retrouvé l’ambiance Lovecraftienne du premier tome, mais j’y ai gagné une ambiance espionnage que j’apprécie. Cela reste un roman demandant une certaine implication, puisqu’il faut constamment être alerte et savoir ou et quand on se situe. Ce n’est pas un coup de coeur absolu, mais bien une bonne lecture, interessante, complexe et rythmée. Je ne saurais que vous la conseiller si vous aimez, globalement, les uchronies se passant pendant la seconde guerre mondiale.

 


Tokyo Vice de Jake Adelstein

Serafina dans Critiques, Livres le 8 avril 2018, avec aucun commentaire
Critiques

Tokyo Vice est un roman que j’avais acheté car il traite d’un sujet qui m’interesse fort : le Japon, et plus précisément la mafia Japonaise. Sachant qu’en plus il bénéficiait d’excellentes critiques, je l’avais acheté, mis dans ma pal, et finalement un an plus tard, je l’ai lu. Synopsis ?

Jake Adelstein est américain. Etudiant au Japon, il réussi a décrocher un poste au Yomiuri un des journaux nationaux au japon, et un poste de journaliste écrivant en Japonais. Chose inédite à l’époque. Après avoir couvert les sports et autres rubriques peu prestigieuses, le voici aux affaires de moeurs et il est loin de s’attendre à ce qu’il va découvrir sur le crime organisé au Japon.

Paru en francais aux éditions Marchialy en 2016, ce roman est inspiré de faits réels. En effet Jake Adelstein a réellement bossé au japon, comme journaliste, il a  fini par s’interesser de si prêt à la mafia que sa tete a fini mise à prix, mais il a bien sur modifié les histoires et les protagonistes dans un soucis de protection des sources. A quel point est-ce la vérité, à quel point est-ce de la fiction, la frontière est très mince et chacun se fera son avis.

C’est un roman extrémement interessant puisque s’interessant a un coté peu mis en avant du Japon. En effet, les Yakusas sont toujours puissants au Japon, et sous le couvert de la société bien proprette que nous présente le pays du soleil levant, les quartiers chauds sont comme partout le terrain de jeu de malfrats. Exploitation humaine, traite des blanches, commerce de drogue, blanchiment d’argent, le Japon n’est pas plus à l’abri qu’un autre pays.

Milieu très fermé et encore plus aux étrangers, il est rare de pouvoir avoir le témoignage de quelqu’un ayant cotoyé de prêt le sordide commerce de la mafia. C’est le cas d’Adelstein et cela se ressent a chaque page. Cette semi-autobiographie est donc très convaincante. La société japonaise, le travail au japon, le fonctionnement des journaux, tout est très interessant. Je ne dirais cependant pas que j’ai été surprise par ce qu’il se passe derrière les clubs de Roppongi ou de Kabuki-cho. Dejà car il suffit d’y passer la nuit et de voir les rabatteurs pour savoir additionner 2 et 2 mais aussi car j’ai déjà lu et vu Ikebukuro West Gate Park.

Et c’est peut être là que le bat blesse. Car le roman est marketé comme « Le japon tel que vous ne l’avez jamais vu » mais au final, tout ce qui est décrit à l’exception d’une certaine affaire est très banal. Glauque, sordide, déplorable mais banal. De plus, le roman s’étale tout de même sur une vingtaine d’années, pendant lesquels Jake a couvert de nombreux cas, donc ceux ci sont assez rapidement expédiés, il n’y a pas une seule enquête qui nous tienne en haleine pendant tout le roman. Les personnages foncément passent, changent, et au final, difficile d’accrocher. Des répétitions, une partie centrale qui s’étire en longueur, j’ai a plusieurs reprises décroché du livre qui n’a pas réussi à me tenir en haleine.

A mi-chemin entre le documentaire et la fiction, ce roman n’est ni assez sourcé pour etre l’un ni assez captivant pour être l’autre. Il a le mérite de proposer un autre regard interessant mais non inédit. De ce fait, je n’ai pas été conquise plus qu’autre chose. Je suis assez mitigée, mais je pense qu’il peut être interessant à lire.

 


Swastika Night de Katharine Burdekin

Serafina dans Critiques, Livres le 12 mars 2018, avec 1 commentaire
Critiques

Swastika Night est un roman écrit en 1937 par Katharine Burdekin, écrivaine anglaise sous le pseudonyme de Murray Constantine. Ce court roman est un roman d’anticipation connu pour son analyse très critique de la situation de l’Europe de l’époque et pour son ton résolument féministe. Il est réédité depuis peu aux éditions Pocket. Synopsis ?

Cela fait 700 ans que l’Allemagne Nazie reigne sur le monde, ou du moins sur une bonne partie de celui-ci. Le peuple allemand voue un culte à Adolf Hitler et le Nazisme est devenu une religion. Les autres peuples d’Europe sont méprisés et exploités, et quant aux femmes, elles ne sont plus qu’un bétail reproducteur. L’histoire a été totalement réécrite, et les événements d’avant la seconde guerre ont été passés sous silence. Du moins c’est ce que l’ont croit. Car Alfred , un Anglais, race méprisée, va découvrir auprès du Chevalier von Hess que le passé est bien différent de celui décrit dans la Bible d’Hitler.

Au vu du synopsis, vous pourriez penser qu’il s’agit d’une Uchronie (un sous genre de la science fiction consistant a changer un élément du passé et d’en décrire les conséquences). Cependant, il n’en est rien. Regardez la date de parution. Il s’agit uniquement d’un roman d’Anticipation, et je pense qu’il est important de garder cela en tête en lisant cette oeuvre. Déjà car forcément, de nombreux éléments de la seconde guerre mondiale ne sont pas mentionnés ce qui est normal, puisqu’ils n’étaient pas arrivés. Cela explique aussi le coté pamphlet et engagé. En 1936, il n’était pas encore communément admis que le Nazisme était mal.

Nous sommes donc devant un roman interessant historiquement, mais qui est surtout là pour passer un message. Les personnages sont réduits à leurs simples caractéristiques : le simplet, l’érudit et celui qui est en marge avec un regard neuf. Difficile de s’attacher à eux donc, puisqu’ils ne sont pas là pour cela. L’auteure attire tout particulièrement le regard sur le fait que les femmes sont les premières à perdre des droits en temps de guerre et qu’elles sont souvent les victimes toutes désignées.

Tout comme un Voltaire écrivant Candide, le gros de l’histoire est composé de dialogues et d’échanges rhétoriques entre Alfred un anglais et un chevalier Allemand. Ces échanges sont là pour mettre en avant les dangers du nazisme et du culte de la personnalité. Ce dialogue entre Alfred et le Chevalier est d’un niveau soutenu et est parfois difficile à suivre, voir carrément barbant, d’autant que moi, en 2018 je n’ai plus besoin d’être convaincue du mal qu’est le nazisme. De ce fait, je dois avouer que j’ai régulièrement décroché et que j’ai du me forcer à terminer le livre. Bien que assez court, puisqu’il fait moins de 300 pages, j’ai mis assez longtemps à le terminer.

Au final, je suis contente d’avoir lu ce livre pour avoir pu avoir une vision de ce qui pouvait être pensé avant la seconde guerre mondiale, et de l’importance qu’ont les artistes pour alerter la population. Le roman est bien construit, dans la tradition des contes philosophiques. Les personnages ne sont pas particulièrement attachants et le rythme devient rapidement lourd. Vous l’aurez compris, difficile de vous conseiller ce roman, même si il est instructif d’un point de vue historique.


Route 666 de Roger Zelazny

Serafina dans Critiques, Livres le 20 février 2018, avec aucun commentaire
Critiques

Route 666 est un court roman de Roger Zelazny dont vous connaissez probablement le nom pour sa saga des princes d’Ambre. Aussi appelé Les Culbuteurs de l’Enfer lors des premières traductions FR dans les années 70 (et Damnation Alley en VO), ce roman est une des inspirations derrière Mad Max, récemment réédité aux éditions Helios avec une traduction de Thomas Bauduret et une magnifique illustration de Darkeen. Synopsis ?

Hell Tanner est un criminel, un Hell’s Angel sans foi ni loi dans une Amérique dévastée par la guerre atomique, où les compteurs Geiger s’affolent. La personne idéale donc pour accepter un deal consistant à traverser les Etats Unis le long de la route (6)66 à la tête d’un convoi blindé pour apporter à Boston un remède qui sauvera la ville.

Ce roman d’une centaine de page est un roman qu’il est difficile de lâcher ne serait-ce que par sa construction. Pas de chapitres, pas de saut de ligne, tout est condensé, donnant en quelque sorte un sentiment d’urgence à cette fuite en avant le long de la route 666. Si vous avez déjà lu Zelazny, vous connaissez sa plume. Simple mais jamais simpliste, allant à l’essentiel, épurée mais pourtant capable de nous transporter dans n’importe quel univers en quelques phrases. Et c’est le cas ici. La Californie où commence l’action est dévastée, les alentours ne sont que tempêtes, animaux mutés et autres chauves souris mortelles de la taille d’un petit avion. Du désert, des gros véhicules blindés et anti-radiations, de la poussière, des compteurs Geiger et un héros bourrin qui ne prend pas de pinces mais qui a un certain code de conduite. Evidemment, depuis on a vu Mad Max, et d’autres road trips post apocalyptiques, alors notre cerveau est prêt et nous emmène directement sur cette route 666 poussiéreuse. En quelques mots, nous sommes dedans, nous roulons à tombeau ouvert.

Tenant plus de la novella que du long roman, les personnages secondaires vont et viennent, sans forcément d’autre intérêt que servir l’histoire et sans trop de développement. Nous suivons surtout Hell, et la vraie héroïne : la route. Road-book par essence, le héros ici c’est le chemin, c’est cette route qui fera évoluer Hell, qui mettra parfois à mal ses principes mais qui lui permettra aussi de se révéler, car de prime abord il est peu attachant et puis on finit par apprécier ce protagoniste et son sens de l’honneur. Après une longue route, sur la fin, le roman se transforme peu à peu en essai, parfois à la limite de l’essai philosophique, un poil trippé, et ce petit passage avant la conclusion de l’histoire, sorte d’intermède et de morale m’a un peu vu décrocher.

C’est un roman court mais que j’ai beaucoup apprécié et que je ne peux que vous recommander si vous aimez les univers post-apocalyptiques, les courses en avant et le style très particulier de Roger Zelazny. Longtemps introuvable, le roman est désormais disponible dans toutes les librairies, c’est l’occasion de le découvrir et de voir que Zelazny a été un auteur prolifique bien au delà de son cycle d’Ambre et une pierre angulaire des littératures de l’imaginaire d’aujourd’hui.

 


Les légions de poussière de Brandon Sanderson

Serafina dans Critiques, Livres le 26 janvier 2018, avec aucun commentaire
Critiques

Vous commencez à le savoir ici, j’aime beaucoup Brandon Sanderson. Cet auteur est devenu un de mes préférés suite à la lecture de la saga Les Archives de Roshar que j’ai adorée. Du coup, j’étais très enthousiaste à l’idée de découvrir sa nouvelle production sortie aux éditions Pocket : Les Légions de Poussière. Un roman en one shot, qui peut se lire indépendamment de ses autres saga. Synopsis ?

Joel est un élève de l’académie Armedius, une académie qui forme les personnes « normales » mais aussi les Rithmaticiens, des personnes capable d’animer leurs dessins à la craie et notamment d’utiliser ceux-ci pour défendre le pays. Atout majeur de la civilisation américaine, une fois la formation accomplie ils partent au front, à Nebrask où ils affrontent des crayons sauvages à coup de craie. Joël n’a aucun pouvoir mais est passionné par cette discipline complexe faite de lignes de barrages, de cercles de protection et tant d’autre. Dernièrement l’académie est secouée par des disparitions étranges et inexpliquées, ciblées uniquement sur les Rithmaticiens.

Voila pour le synopsis qui pose un peu la chronique de ce livre. Il s’agit d’un roman fantastique, d’initiation se déroulant dans une université magique avec une discipline mystérieuse fortement documentée comme le fait souvent Mr Sanderson. Cela résume à la fois les qualités et les défauts de ce roman. Bien que bénéficiant d’une grande recherche au niveau de la Rithmatique, discipline absolument passionnante que Branson Sanderson nous fait découvrir de manière ludique, pour le reste on repassera niveau originalité. Le héros un peu à la marge, la jeune fille belle mais mise à l’écart car nulle en classe, le professeur qui prend notre héros en grippe et que notre héros soupçonne donc d’être à l’origine des enlevements, le coté campus à l’anglo-saxonne, difficile de cocher plus de cases au bingo du roman jeune adulte post-Harry Potter.

Et c’est dommage. Car c’est bien écrit. Car la rithmatique est passionnante. Car le monde autour, une sorte d’Amérique non unifiée en guerre dcontre des démons sauvages là bas en Nebrask, semble riche et bien imaginé. Mais on ne peut pas s’empêcher de se dire « non mais sérieusement ? » aux trois quarts de l’intrigue centrée sur le monde scolaire. Alors oui, évidemment, ce n’est pas parce que Harry Potter existe qu’on n’a plus le droit de faire de romans d’université magique, mais il n’y a ici dans Armédius aucune réelle personnalité a part les noms et les matières qui changent.

Cela reste une lecture plaisante, et qui m’a tenue en haleine car Brandon Sanderson pourrait écrire un roman sur la reproduction des phasmes lors de la peste noire de 1349 en Arménie orientale et toujours rendre ça intéressant. Cependant, ce n’est pas un livre qui brille pas son originalité et qui laisse un petit gout amer. Le potentiel était énorme, mais l’enrobage est trop vu. Cela s’explique en partie par le fait que ce roman a été entamé par Branson Sanderson avant son écriture de La Roue du Temps et repris ensuite, qu’il avait plus ou moins idée de developper l’univers et ne l’a finalement pas fait.

Je ne recommanderais donc ce roman que dans deux cas : si vous êtes fans de l’auteur et avez envie de passer un bon moment sans prise de tête ou si vous souhaitez l’offrir a un.e adolescent.e qui aime ce style de livres. Sinon, malheureusement, cela restera une lecture dispensable.


Il y’a des choses qui ne changent pas. Mon intérêt pour les lectures faisant rapport aux trips ésotériques du IIIème Reich en fait partie. De ce fait, quand j’ai eu l’occasion de découvrir le premier tome de la Tétralogie des Origines de Stéphane Przybylski je n’ai pu que me précipiter dessus. En effet, la couverture était assez explicite, et la quatrième de couverture aussi. Synopsis ?

Juin 1939, Himmler diligente une mission archéologique en Irak censée trouver des preuves de l’existence d’un peuple Aryen antique et supérieur, avec pour but caché de s’attirer le support des locaux contre l’empire Britannique. Dans ce contexte c’est l’officier de renseignement SS Friedrich Saxhäuser qui est chargé , sous couverture, de diriger cette opération et de mener à bien cette mission. Ce qu’il ignore encore c’est qu’au coeur d’une vallée proche d’un affluent du Tigre il va faire une découverte impensable, une découverte qui pourrait bien changer le cours de l’histoire.

Le château des millions d’années est donc le récit de cette expédition, entrecoupée de nombreux flashbacks qui nous permettent de mieux cerner le héros Friedrich Saxhäuser. Friedrich est en effet un vétéran de la grande guerre qui fait partie de la première garde d’Adolf Hitler, qu’il suit et protège depuis bien avant son ascension au pouvoir. Pas fanatique, pas forcément en accord avec la philosophie du parti, Friedrich ferme tout de même bien les yeux sur de nombreux points et c’est donc un personnage a qui il est difficile de s’attacher.

Ce personnage pas forcément attachant, combiné a une expédition dans le désert à la recherche de Grands Anciens n’est évidemment pas sans faire penser a Lovecraft et c’est une comparaison qui m’a trotté dans l’esprit pendant tout le livre. Dejà celui-ci est dense. Bien que ne faisant que 300 et quelques pages, il n’y a pas de temps de repos et nous sommes constamment baladés d’endroits en flashbacks, en passant par des rêves totalement hallucinés. Autant dire que ce n’est pas un livre qu’on peut lire comme ça à l’arrache, il faut se poser. Chaque début de chapitre (ou de sous chapitre) commence par une date et il m’est arrivé a plusieurs reprises de retourner en arrière pour savoir si on n’avait pas eu un timeskip de plusieurs années.

Le récit n’est donc certes pas linéaire mais c’est une manière de maintenir le mystère et le suspens. Je dirais qu’il peut être un peu difficile de rentrer dans l’histoire, mais qu’une fois que c’est fait le roman sait être un page-turner. On sent que l’auteur à une mythologie assez large en tête et les révélations sont distillées petit a petit nous permettant ici de toucher du doigt les importantes découvertes de cet univers. Ce mélange d’ambiance à la Indiana Jones rencontrant Lovecraft et Alien Theory a tout simplement fini par me passionner. Pas de grande épopée, pas de grand débordement d’action, mais un univers mystérieux, beaucoup de non-dits , c’est un roman qui mérite de prendre son temps pour le découvrir et le processer.

Le roman est le premier d’une série, il faut donc savoir que les mystères ne sont pas résolus à la fin de ce premier tome, je dirais même que cela ne fait que commencer. Bien que j’ai mis un peu de temps à entrer dedans, à la fin, je n’avais qu’une envie : lire le tome suivant.


Il y’a des affiches qu’il est difficile de louper tellement le menu semble être à la hauteur. C’était le cas hier soir à La Maison Folie Beaulieu, une salle située dans une zone residentielle de Lomme que je découvrais pour la première fois (il faut dire que c’est tout au bout du métro) et qui proposait une affiche métal venue du grand nord des plus alléchantes : Les rockers classieux de Solstafir, le one women black metal band de Myrkur et les gens petits gars d’Arstidir. Myrkur toute seule, j’y serais allée, mais alors avec Solstafir  c’était à ne pas manquer ! Je n’étais clairement pas la seule à m’être dit cela, puisque la salle était comble.

C’est à Arstidir d’ouvrir le bal. J’aurais préféré Arstidir Lifsins mais bon, nous sommes là en présence d’un trio de rock plutôt folk : deux guitares, un clavier, des voix qui s’entremèlent et chantent la mélancolie de l’île de glace. C’est beau, à n’en pas douter, et les compositions bien que n’étant pas du tout métal tirent tout de même vers le prog. Pas étonnant qu’ils aient tourné avec Pain of Salvation ou encore enregistré un album avec Anneke Van Giersbergen. C’est un beau moment, mais ce n’est pas mon style de prédilection, je ne pourrais donc pas assurer de les réecouter un jour.

Le temps d’une pause clope pour l’amie qui m’accompagnait (Malicyel faisait son baptème du concert de métal ce soir là) et on voit le double micro en branche d’arbre sur scène. Il n’y a pas de doute, Myrkur s’annonce. C’est avec le premier titre du nouvel album que le concert débute. Myrkur, je l’ai déja vue en live au Hellfest et elle m’avait bluffée : cette petite dame blonde en a dans les cordes vocales et vit sa musique de tout son être. Vêtue d’une tunique ensanglantée (peut être en avait-elle marre d’entendre des « A poil » ?), Myrkur ou Amalie Brun est comme possédée. C’est elle qui attire tous les regards, cependant, les musiciens qui l’accompagnent sur cette tournée ne déméritent pas. C’est propre et bien cadré, mais on sent tout de même qu’il s’agit de musiciens de tournée et non d’un groupe. Ce concert est l’occasion de constater la puissance du chant de la jeune femme mais aussi l’orientation un peu différente de Mareridt son dernier album. En effet, le concert enchaine trois morceaux de ce nouvel opus en entrée : Mareridt, Ulvinde et The Serpent. Pas de chant crié, pas de double pedales non stop ni de cymbales de black. On est plus dans du Chelsea Wolfe et dans quelque chose de plus doom et plus lourd que précédemment. Cependant, lorsque les morceaux de M sont joués, le mélange est efficace et donne tout ce relief et cette profondeur à la musique de Myrkur. Une artiste à suivre et de près.

Je vous l’ai dit, je venais surtout pour Myrkur. Mais Solstafir c’est toujours l’assurance de passer un moment agréable. Je n’avais pas revu le groupe depuis 2015 au Motocultor, sur la tournée Otta. Et si je venais passer un bon moment « sans plus », je dois avouer que je me suis pris une claque dès le premier morceau tiré de l’excellent Berdreyminn sorti cet année que j’écoute fréquemment en boucle. Et que je me suis rappelée à quel point en live, Solstafir, c’est juste génial. Déjà, cet album pousse le raffinement, la mélancolie mais aussi le coté progressif et désolé de Solstafir à son paroxysme et les morceaux sont en live d’une intensité rare. Il faut le dire, cela doit beaucoup à Aðalbjörn Tryggvason (je remercie le copier/coller) guitariste et chanteur, clairement allumé mais à la tessiture sans pareil et qui fait passer pléthore d’émotions dans son chant. Du murmure aux cris déchirés, c’est lui qui porte l’essence même de ce qu’est Solstafir. La setlist est belle et équilibrée : 4 morceaux du dernier opus, et le reste composé de grands classiques comme Otta , Fjara et autres indémodables d’un set de Solstafir. Le jeu est sans failles, l’émotion est au rendez vous, les parties les plus énervées contrastent merveilleusement bien avec les parties plus mélancoliques comme certaines parties A Capella. La public est conquis et le groupe clairement content d’être là. Le set se terminera avec Aðalbjörn debout sur les crash-barrières avec sa casquette de capitaine clairement acclamé par son public.

Solstafir nous aura offert une magnifique soirée, nous transportant sur l’île de feu et de glaces, dans des paysages désertiques, où les cris résonnent. Le concert était à l’image de leur musique, fine, torturée et incroyablement classe. Un groupe que je ne manquerait clairement pas la prochaine fois qu’ils passeront par chez moi et si vous avez l’occasion, je ne peux que vous conseiller d’aller les découvrir en live.


Ca, Tome 1, de Stephen King

Serafina dans Critiques, Livres le 30 novembre 2017, avec aucun commentaire
Critiques

Vous n’avez probablement pas échappé à la déferlante Ca ces derniers temps. En effet, le roman culte de Stephen King est réadapté au cinéma et la première partie est sortie cet automne. Il se trouve que moi, qui adore pourtant King, n’avait pas encore lu ce pavé. J’ai donc entamé le tome 1 avec curiosité, était-ce réellement à la hauteur de la hype ? Synopsis !

 

Derry, Maine, Octobre 1957, le jeune George sort en ciré jaune jouer avec un bateau en papier, qui est happé vers les égouts. Et là, dans les égouts, un clown l’attend. George sera retrouvé mort peu de temps après. Il ne sera pas le seul. Cet été 58, Bill le frère de George et ses amis , Eddie, Ben, Richie, Stan, Bev et Mike, surnommés « Le club des paumés », tous de jeunes enfants vont vivre un été qui va mettre fin aux agissements de ce clown, ou plutôt de Ca.

Difficile de donner envie avec ce Synopsis, mais de toute manière, rien que pour l’aura que ce livre dégage, vous devez avoir envie de lire ce livre. Il est en deux tomes, tout comme les films. Ce premier raconte majoritairement ce qu’il s’est passé entre 57 et 58, lorsque les protagonistes sont jeunes. Le roman alterne cependant avec des chapitres se passant au présent (enfin en 1984 ), suivant le club des paumés qui revient peu à peu vers Derry. Cette alternance de temporalité ainsi que l’alternance des histoires de chacun des membres du club des paumés rend le roman addictif et totalement page-turner.

Mais évidemment, ce n’est pas la seule qualité du roman. C’est du King. Du très bon King. Et là, limite je peux m’arrêter là. Car oui, si King a eu une période à vide dans les années 90, il est avant tout un excellent écrivain et un des maitres de l’épouvante, ce qui prend tout son sens en lisant Ca. Si les romans plus récents sont moins horrifiques, ici on est en plein dedans. Et pourtant, rien de graphique, rien de trop gore, rien de dit, mais toute cette ambiance lourde qui plane sur Derry, cette sensation de danger imminent et incompressible qui nous fait frissonner au fond de notre lit, à redouter avec nos héros ce qui se cache derrière cette porte grincante. L’ambiance est juste excellente et les personnages sont tous très attachants. Comme toujours, il ne suffit que de quelques mots a Stephen King pour poser les traits principaux de nos héros, tous très différents autant adultes qu’enfants qui se sont unis et doivent à nouveau s’unir. J’ai particulièrement apprécié le personnage de Ben, le petit gros de la bande mais qui en a dans le cerveau et dont l’évolution adulte est très interessante. King ne fait pas souvent de personnages féminins mis en avant mais Bev’ est pourtant un des autres coups de coeur de cette saga. La jeune fille devenue adulte est un personnage des plus intéressants au prise avec des démons qui eux ne sont pas si imaginaires.

Ce premier tome est donc une bonne mise en bouche. Assez peu d’action au final, elle sera probablement dans le second tome, mais la mise en place d’un univers et d’une ambiance digne des plus grands Stephen King. Je n’ai vu aucune des deux adaptations, ni la récente ni le double téléfilm des années 90, je ne saurais donc pas me prononcer, mais si vous n’avez pas encore eu de contact avec Ca, je ne peux que vous conseiller de commencer par le roman. Si vous avez déjà vu les films, vous ne découvrirez pas l’histoire mais vous la verrez probablement sous un autre angle. J’ai depuis prêté le livre à une amie qui elle avait déjà visionné l’ancienne adaptation et elle a aussi été conquise.

Alors, qu’attendez vous ?

 

 

 


Première Annonce du Download 2018

Serafina dans Actualité, Musique le 14 novembre 2017, avec aucun commentaire

Le Doawnload 2018 se déroulera du 15 au 18 Juin à la BA217 au Sud de Paris. Oui, vous avez bien lu, du 15 au 18 Juin. Soit 4 Jours. Car pour la première fois, le Download sera aussi sur le Lundi et pas avec n’importe quoi comme programmation. Voici en effet les groupes annoncés :

Vendredi 15 Juin

  • OZZY OSBOURNE
  • GHOST
  • POWERWOLF
  • CONVERGE
  • ELUVEITIE
  • UNDEROATH
  • THY ART IS MURDER

 

Samedi 16 Juin

  • MARILYN MANSON
  • THE OFFSPRING
  • TURBONEGRO
  • MESHUGGAH
  • ULTRA VOMIT
  • WHILE SHE SLEEPS

 

Dimanche 17 Juin

  • FOO FIGHTERS
  • THE HIVES
  • DEAD CROSS
  • SLAVES
  • FRANK CARTER & THE RATTLESNAKES
  • WOLF ALICE

 

Lundi 18 Juin

  • GUNS N’ROSES

Ce n’est que la première annonce, mais on a déjà une belle pléthore de groupes. La présence des Foo Fighters saura ravir bon nombre de fans, car ils ne sont pas si fréquents en festival, l’affiche du Dimanche, avec The Hives aussi est donc plus rock que metal. Le Samedi nous fera retomber en adolescence avec Marylin Manson et The Offsprings quant au Vendredi, il sera plus extrèmes, avec Ozzy en tête d’affiche mais aussi la présence de Eluveitie et Powerwolf.

Et évidemment, comment ne pas parler du lundi et des Guns and Roses, qui assureront a eux seuls, une journée Sold Out, car oui, c’est les Gun’s avec un line-up complet et en plus il parait que Axl est de nouveau d’aplomb !

Et vous, vous y serez ? Ne tardez pas à prendre vos places , quelque chose me dit qu’elles partiront vite. Pour cela, rendez-vous sur le site officiel du Download Festival France


Alice au pays des Morts Vivants de Mainak Dhar

Serafina dans Critiques, Livres le 27 septembre 2017, avec aucun commentaire
Critiques

Des revisites de classiques à la sauce zombie, on a déjà vu ça. On connait notamment les Orgueils, Préjugés et Zombies ou autre. Je n’ai jamais été spécialement tentée par ce genre de revisites, sans doute à cause de mauvais aprioris. Mais quand on m’a proposé de découvrir Alice au pays des Morts Vivants, j’ai été tentée pour une raison très simple : ce livre est écrit par Mainak Dhar, indien, et se passe en Inde. De la SFFF indienne, j’en connais peu et j’avais donc envie de tenter.

Alice est née après le Réveil. Un Réveil qui a vu les mort renaitre sous forme de zombie et détruire la civilisation telle qu’on la connait. Fille d’un diplomate anglais en mission en Inde elle a été élevée dans un camps de survie, a appris dès son plus jeune âge a se battre et est d’ailleurs sacrément douée avec un fusil entre les mains. Un jour, lors d’une mission, elle est intriguée par un Zombie avec un serre-tête oreilles de lapin qui saute dans un trou. Bien évidemment, elle le suit.

C’est la première réécriture que je lis, je ne pourrais donc pas comparer. Je m’attendais en faite a retrouver des bases de l’histoire d’Alice, transposées dans un autre cadre. En réalité, pas du tout. A part les cheveux , le prénom de l’héroïne, le fait qu’un zombie a des oreilles de lapin, un autre un grand chapeau, nous sommes dans une histoire totalement différente. Elle aurait pu s’appeler Ariel ou Cendrillon ou Gertrude en réalité ça aurait été pareil. Du coup, j’ai été un peu déstabilisée au début car je ne voyais pas trop l’intérêt de mettre Alice au Pays des Merveilles là dedans. Mais finalement, ce n’est pas plus mal car au moins je n’ai pas pu prévoir l’histoire. Histoire qui devient d’ailleurs très vite militaire, puisque nous découvrons que les humains sont soit sous la dictature du Comité Central soit en petits groupes libres et autonomes adeptes de techniques proches de la guérilla. Nous sommes donc dans un monde de fusils automatiques, de grenades lumineuses, de lance-missiles et de débarquements en hélicoptères. Faut aimer.

Le roman est court (280 pages) mais compact. Très peu de sauts de ligne, très peu d’intermèdes et surtout peu de temps passé à developper les personnages. Alice est une Mary Sue parfaite. Elle est belle, elle est douée, elle n’a pas de défauts, et sa profondeur est proche du néant. C’est un peu dommage car du coup il est très difficile de rentrer dans l’histoire ou de s’attacher aux personnages. J’ai mis étonnamment longtemps à lire ce livre (ce qui veut dire 4 jours mais pour 280 pages pour moi c’est énorme) car tout simplement quand je posais le livre, je n’avais pas d’envie de le réouvrir. Le scénario est complexe y’a pas de soucis, avec des retournements de situation et des méchants qui n’en sont pas, et compagnie, mais comme je n’ai pas pu m’attacher aux héros, je ne tremblais pas non plus pour eux et résultat … J’étais plutôt indifférente.

Les scènes de combat sont décrites avec précision et on sent que l’auteur est bien documenté sur les armes de guerre. Par contre les tenants et aboutissants des stratégies et autres sont plutôt expédiés, ce qui la non plus n’aide pas à rentrer dedans. Au final, la seule chose que j’ai réellement apprécié dans ce roman c’est qu’il se passe en Inde et qu’il m’a rappelé de bon souvenirs, puisque je sais a quoi ressemble la Yamuna, que j’imagine très bien les immeubles de New Delhi ou les QG sont établis, mais c’est un faible argument pour vous conseiller ce roman.

Vous l’aurez compris, je suis totalement passée à coté de l’histoire, à cause de personnages trop survolés et d’un scénario consistant plus en un enchainement de bastons qu’autre chose. L’idée n’était probablement pas mauvaise, mais le livre manque de profondeur pour moi. Difficile donc de vous le recommander. Sauf si vous êtes vraiment fans de romans de zombies.