Sid et Nancy de Alex Cox

Serafina dans Critiques, Films le 11 mars 2010, avec 7 commentaires
  • Année:1985
  • Genre:Biopic
  • Réalisateur:Cox Alex
  • Titre:Sid et Nancy
  • Titre V.O.:Sid and Nanct

Il y a des moments où les mots nous manquent. Où l’on est allé tellement loin dans le désespoir que la langue française semble manquer de qualificatifs pour décrire ce qu’on a vécu. Ici, les rédacteurs risquent leur santé (mentale) pour vous, public. Pour vous faire parfois découvrir des perles, parfois pour vous prévenir, vous mettre en garde et préserver votre santé mentale. En gros, on se sacrifie pour vous, c’est-y pas beau l’abnégation du bloggeur ?

Sid et Nancy - Le film

L'original

Un mardi soir, pluvieux, vos rédacteurs préférés ont décidé de regarder un film. J’ai proposé le film Sid et Nancy, un film réalisé par Alex Cox en 1986 sur la vie de Sid Vicious, le bassiste des Sex Pistols. Je ne vous ferais pas l’affront de vous présenter Vicious, toute manière il n’y a rien d’autre à en dire que c’était un bassiste punk, drogué, qui est devenu un symbole du Punk, et enfin qu’il a inspiré Ren du manga Nana. En plus il est bassiste, et moi aussi. Oui c’est un peu la loose comme motivations, mais au vu du film, on a presque honte pour Sid et Ren.

Donc, par ou commencer ? Ce film est un néant absolu, une succession de scènes sans intérêt, rallongées afin de tenir le temps minimal, à l’esthétique miteuse des années 80, qui saute du coq à l’ane, doublé avec les pieds et j’en passe et des meilleurs. J’aurais de quoi en faire des tonnes dans le genre, mais on va peut être essayer de structurer cela.

Bon, Gary Oldman joue très bien le shooté, totalement déconnecté de la réalité. Alors certes, ses cheveux tiennent très bien en l’air (merci le gel !) et il ressemble plutôt à l’original, physiquement, pour le reste, je ne peux pas juger. Le problème c’est qu’un drogué, vu de l’extérieur, ça n’est pas très drôle. On est très loin du trip que pouvait procurer un Las Vegas parano. Là où Johnny Depp se voyait tendre ses clés par un requin et entouré par des poulpes Oldman se voit debout sous les poubelles. Hmmm, métaphore de l’intérêt du film ? Le reste du temps, il est atone, et ne sert à rien. Il donne l’impression d’être baladé. Il ne prend que très peu de décisions de lui même, enfin, outre les  décisions genre  « sur quelle veine je me pique aujourd’hui ? ». C’est Nancy qui mène, ou bien d’autre gens, on sait pas trop qui et de toute manière on ne cherche plus à le savoir passé la première demi-heure.

Sid et Nancy - Le film

La copie (doublée par le Club Dorothée)

Du coup, c’est pas génial comme personnage principal pour un film. Cloe Web quant à elle joue très bien la femelle du porc camée à l’héro’. Elle sait très bien chialer, crier, et faire couler son mascara. Ses scènes sont miteuses, caricaturées (évidemment, un couple ça se dispute sur la vaisselle, évidemment…), en soit, elle joue bien son rôle. Le seul problème c’est que son rôle est naze. Mais vraiment.

Les autres, sont justes ridicules, du mec qui joue le chanteur des Sex Pistols à la domina SM, il n’y a rien à en redire, tellement on touche le fond. Comme du scénario à vrai dire. Sid et Nancy se rencontrent, se shootent, s’engueulent, et crèvent. Point, je vous ai spoilé, mais c’est pour votre bien. Le truc, c’est que non seulement le film est très bof, mais qu’on n’apprend rien sur les Sex Pistols, qu’on n’apprend rien sur Sid, et qu’on s’ennuie ferme pendant 1h30. D’où qu’il vient, comment il est devenu bassiste, ce qui l’a conduit à la déchéance… Eh bien on n’en sait rien. Je ne parle évidemment pas de l’aseptisation du contexte, et en somme, de la disparition de tout ce qui a provoqué la naissance du Punk.

Sid et Nancy - Le filmLa première partie a certes un semblant de sens, les concerts, la rencontre, le début de l’histoire d’amour, jusqu’au départ de Sid du groupe. La c’est l’enchaînement de non sens. On fait chanter My way à Oldman sur des marches lumineuses, on met un chat dans la chambre, on fait tomber des billets, on ressort les acteurs, on les fait s’embrasser sous un flot continu d’ordures, on repasse une image du chat, on fait pleurer Nancy, on fait tomber des billets, on remontre le chat.

Évidemment, tout cela avec un doublage digne de Nicky Larson, à l’époque du Club Dorothé. Et je suis sure que vous savez de quoi je veux parler.

Le pire, c’est qu’on ne peut que ressortir désespéré par ce visionnage. Car Sid et Nancy c’est quand meme un couple mythique , un couple auto-destructeur, et tragique, donc, tout ce qu’il faut pour faire un bon film… Mais non.


  • Auteur:Jean-Chirstian Petitfils
  • Editeur:Editions Perrin

L’affaire des poisons est un livre historique rédigé par Jean-Christian Petitfils édité par les éditions Perrin, historien. Cet auteur a déjà publié plusieurs livres sont un sur l’assassinat de Henri IV. J’ai reçu ce livre grâce a l’opération Masse Critique. L’affaire des poisons est un fait divers que j’affectionne beaucoup (j’ai toujours été passionnée par la sorcellerie, alors vous comprenez…) alors quand je l’ai vu dans la liste, je n’ai pas hésité une seule seconde. Ce livre porte donc sur l’affaire des poisons, normalement, c’est connu comme histoire, mais vu qu’un de mes camarades de classe, que je ne citerais pas, a cru que je lisais un roman, je vous fais un résumé (je ne peut pas appeler ca un synopsis).

L'affaire des poisons de Jean-Christian Petitfils

1679, nous sommes en plein faste du règne du roi Louis XIV. Mais sous les belles parures et les beaux châteaux, éclate une affaire policière aux ramifications effarantes. On découvre un commerce de poisons (de poudres de successions) mais aussi d’ensorcellement, de messes noires (ces messes à l’envers pratiquées sur le corps nu d’une femme), d’avortements, de sacrifices humains, bref, la totale. Les accusés sont en premier lieu des personnes du peuple, mais bientot elles citent les noms qui fâchent. Notamment celui de Mme de Montespan la maitresse en titre du roi.

Le roman se partage en deux parties (enfin, trois si on compte les annexes). La première est une exposition de l’affaire, de manière plutôt chronologique, la deuxième partie fait la part belle aux analyses et aux thèses soutenues dans le milieu historique.

La première partie ne m’a pas appris énormément de choses, étant donné que je me suis intéressée depuis longtemps à cette affaire et que je la connaissais plutôt bien. Elle est en tout cas exposée de manière simple et compréhensive. Si vous ne connaissez pas, c’est la manière idéale d’aborder cette trouble période historique. Il faut dire que l’affaire dura trois bonnes années et créa un climat de suspicion dans le royaume.

Le récit est parsemé d’extrait de sources d’époques, et l’auteur expose les faits tout en émettant les réserves qu’il faut. On sent l’importance de l’affaire monter petit a petit, passant de simple affaire d’empoisonnement à affaire d’État. Les différents protagonistes de l’histoire sont présentés a leur tour, leurs origines. On notera notamment le rôle important de La Reynie le premier des inspecteurs de police si on peut dire. Obstiné et pas dupe, le monsieur a laissé de nombreuses sources permettant aux historiens aujourd’hui de reconstituer correctement le déroulement de laffaire des Poisons.

L'affaire des poisons - Mme de Montespan

Mme de Montespan

Cette affaire mets aussi en exergue les us et coutume de l’époque. Si vous ne connaissez pas bien l’époque, nul doute que vous apprendrez des éléments intéressants sur cette époque historique. Le livre est accessible à tous, que vous soyez novice ou que vous ayez déjà une culture dans l’affaire, personne ne sera lésé. Il est évidemment passionnant de voir les trafics qui se déroulaient mais aussi les machinations et l’imagination des gens de l’époque, certes très chrétiens mais un christianisme somme toute très proche du paganisme.

L’auteur s’intéresse ensuite de manière objective à l’affaire. Il relève les erreurs qui ont rendu cette affaire si difficile à éclaircir, notamment la disparition prématurée d’une accusée d’importance, la Voisin. Entre cela, le fait que La Reynie soit passé à coté de certains éléments toute la lumière ne fut pas faite à l’époque, et la relecture par les historiens de notre siècle (ou de celui d’avant d’ailleurs) ont permis d’innocenter quelques personnes.L'affaire des poisons de Jean-Christian Petitfils

L’auteur reprend des thèses soutenues par des confrères, notamment certains défenseurs de la Montespan, il les analyse, et montre quels points sont faibles et quels points sont en effet fort troublants. Ceci dit, il ne statue pas, c’est à nous de faire notre opinion si on le veut. Il avance dans le tout dernier chapitre, après être revenu sur la mort de Mlle de Fontanges, une hypothèse plausible selon lui qui expliquerait plusieurs zones d’ombres. J’ai trouvé cette partie absolument passionnante. L’auteur fait preuve de recul et a fait un travail titanesque pour retrouver des notes parfois bien antérieures à l’affaire des poisons elle même.

On notera à la fin aussi une chronologie bien utile pour se repérer entre toutes ses dates, ainsi qu’une rapide biographie des personnages impliqués dans l’affaire, ainsi que de nombreuses notes et une bibliographie complète.

J’ai trouvé cette lecture tout a fait palpitante et la fin absolument passionnante. Petitfils rend palpitante cette enquête et ses parts d’ombres. Il a un style agréable et neutre comme il se doit dans ce genre de livres. Je vous le conseille que vous connaissiez ou non cette affaire. Je me procurerais peut être son ouvrage sur l’assassinat de Henri IV, qui ce coup ci est une affaire que je ne connais que partiellement.


L’ange blond est un roman de Laurent Poujois paru le mois dernier aux éditions Mnémos. Il s’agit du premier roman « adulte » de l’auteur, qui auparavant a déjà publié deux romans jeunesse. Le roman est une uchronie. Introduit par une bien jolie couverture de Julien Delval, nous voici partis pour 300 pages en compagnie de son héroïne, Aurore Lefevre, dite L’ange Blond. Synopsis ?

L'ange Blond de Laurent Poujois

Latouche Tréville n’est pas mort à Toulon. Du coup, Napoléon ne s’est pas pris les raclées que nous connaissons. 200 ans plus tard, on s’apprête a célébrer le bicentenaire de l’empire. Le pétrole n’a jamais pris, la technologie a évolué différemment. Aurore est une ancienne légionnaire. Éducatrice de biones, maitre orchestre, elle est aussi adepte de sports extrêmes, dont elle diffuse les vidéos de manière pirate sur la toile. Rebelle, la jeune femme est pourtant recrutée pour infiltrer la fête du bicentenaire et éviter un attentat visant l’impératrice.

Poujois mets en place une histoire palpitante servie par une plume très cinématographique. Les scènes sont très visuelles, l’action (au présent, d’ailleurs, alors que le reste est au passé) est explicite, aucun mal pour se représenter la scène. Les descriptions sont pertinentes, et cela va a 100 a l’heure. Aurore n’a qu’une semaine, mais quelle semaine. Le style est fluide et maitrisé. La spontanéité d’Aurore se retrouve dans la narration, et le livre est vraiment agréable à lire. Le découpage en courts chapitres renforce cette impression de rapidité.

Associons à cela des personnages hauts en couleurs. Aurore évidemment, en premier lieu, impertinente, rebelle et surtout indépendante, la blonde est ici une véritable James Bond version fille. J’avoue qu’avec une héroïne qu’on disait très jolie, j’avais un peu peur de tomber dans du fan-service et des galipettes a tout va. Et bien non. Notre héroïne est pleine de ressource, c’est une femme d’action, elle a beau être blonde, elle ne s’en laisse pas compter. Pour tout vous dire, elle change de ses héroïnes de bit-lit que j’ai pu croiser dernièrement. Ça fait du bien de voir une héroïne qui n’a rien à envier à l’autre sexe ! J’ai aussi adoré le personnage d’Emilien, un expert de la toile, pirate sur les bords et qui a une particularité qui fait de lui un personnage original et attachant (je ne vous en dirais pas plus).

L'ange Blond de Laurent Poujois

Nous avons donc une bonne histoire, un bon style des personnages charismatiques, mais qu’en est-il de l’univers ? Car oui, quand même, l’univers est important. Et bien la, c’est du génial sur toute la ligne. L’univers est riche, foisonnant et très développé. Chaque chapitre est introduit par des extraits d’encyclopédie ou d’article pour nous permettre de mieux appréhender ce monde. Que cela soit au niveau technologique ou politique, rien n’est laissé au hasard. Les dirigeables donnent un coté un petit peu Steam qui n’est pas du tout pour me déplaire.

L'ange Blond de Laurent PoujoisJ’avoue avoir tout particulièrement été sous le charme des biones. Ces entités peuvent servir à tout, il y’a des biones d’espionnage, des biones de regie, etc. Aurore est spécialisée dans l’éducation des biones difficile (oui parce qu’ils sont conscients si on peut dire), du coup, elle en a toute une panoplie. Sur le coup, je me suis dit que moi aussi je voudrais bien des biones, ca a l’air génial. De même, les orchestrations d’Aurore sont juste des petites merveilles de narration, ca donne vraiment envie d’y être, d’en faire. Bref, l’univers technologique m’a totalement conquis, à la fois rétro et futuriste, c’est du grand art, et Poujois n’a rien a envier aux plus grands.

L’univers politique et linguistique est aussi très développé. Le monde est majoritairement régit par des empires, et l’Angleterre est le pays « hais ». Du coup, aucun anglicisme dans le roman (ou alors seulement sarcastique). Par contre, beaucoup d’allemand. Parfois traduit, parfois pas. Bon, on comprend dans l’ensemble évidemment, car c’est des phrases assez basiques.

Une suite serait déjà en préparation, et j’avoue que j’ai vraiment hâte et que je suivrais cette série et cet auteur avec attention. L’auteur est un peu touche à tout (sports extrêmes, jeux vidéos, courts métrages) mais ce coté dispersé lui permet de livrer ici un livre d’un niveau très élevé, qui ravira tous les fans de Blade Runner ou d’Uchronies napoléoniennes ! Un univers indéniablement riche, qui méritera plus de tome est le gros point fort de se roman.  Si vous appréciez la SF, n’hésitez pas a jeter un œil à ce roman, qui devrait vous plaire. Ma première grosse claque de l’année, et encore une fois, c’est un français !


  • Auteur:Ambre Dubois
  • Editeur:Editions du Petit Caveau
  • Genre:Fantastique
  • Titre:Le sang d'Hecate
  • Tome:2

Le sang d’Hécate de Ambre Dubois est le deuxième tome de la série des Soupirs de Londres qui a été commencée par le très bon Manoir des Immortels. La encore illustrée par Anne Claire Payet, qui heureusement a fait bien des progrès, le livre se compose d’à peu près 300 pages. Après un premier tome qui frappait très fort, il faut dire que j’attendais cette suite avec impatience.  Synopsis ?

Le sang d'Hecate de Ambre Dubois

L’histoire prend place peu après que nous l’ayons laissée. Au musée de Londres, une statuette a été dérobée. Le prince de Londres lance Stella sur l’enquête. En parallèle, la communauté vampirique de Londres reçoit la visite d’un émissaire de la communauté de Paris : Surach. Ce dernier vient directement suite à l’affaire traitée dans le premier tome. Deux intrigues, qui comme vous vous en doutez vont s’entremêler.

Si le premier tome avait déjà un style très agréable, il est clair que Ambre Dubois s’est encore améliorée. La lecture est fluide, les dialogues font naturels, les réparties fusent, les descriptions sont bien rendues, jamais ennuyeuses, et elle arrive très bien a retranscrire les états d’âmes des personnages. Sa manière de mener l’intrigue est toujours aussi agréable, avec de petits indices disséminés ici et la, qui s’emboitent bien a la fin, permettant de rendre crédibles les retournements de situations.

On retrouve avec plaisir les personnages et l’ambiance qui avaient fait le succès du premier tome. Le Londres Victorien est toujours aussi bien retranscrit. On se promène avec plaisir dans les ruelles pavées, on admire les toilettes. Y’a pas a dire, c’est très immersif. De plus le roman se place dans un contexte historique (le jubilé de la reine pour être exact) ce qui contribue à son réalisme. On note aussi plusieurs clins d’oeils aux romans de l’époque, je ne vous dirais pas lesquels pour ne rien vous gâcher. J’ai aussi apprécié les nombreuses références à la société occulte londonienne, car cette époque est aussi celle ou le mystique est en vogue.

Le sang d'Hecate de Ambre Dubois

Au niveau des personnages, on se centre surtout sur Stella, Drake et Rodrigue le prince de Londres. Celeste et Corwin faisant plutôt figure de figurants (haha). Les personnages évoluent, on apprend peu a peu de nouvelles choses sur Stella, l’héroïne, même si on reste un peu sur notre faim. Ce ne sont que des bribes qui nous sont dévoilée, j’espère qu’on connaitra vraiment son passé dans les prochains tomes. Malheureusement, cette évolution ne va pas que dans le bon sens. On pouvait prévoir un triangle amoureux, bon, bah, on tombe dedans. Je déteste cela, surtout quand c’est cliché a souhait. La relation Drake/Stella est un love/hate qui n’en fini pas. Une scène, ok, mais plusieurs, ca devient lourd, surtout qu’elles se déroulent toujours pareil et que ca stagne.

L’intrigue est plutôt bien menée, jusqu’à un certain point. Les fausses pistes abondent, et notre Stella ne sait plus trop ou donner de la tête. Bon, on devine certains éléments bien avant elle, il n’y a rien de plus frustrant que de la voir foncer tête baissée sur une fausse piste. Mais bon, dans l’ensemble la majorité des retournements de situations sont amenés de manière cohérente. On notera cependant un rythme inégal, la partie du milieu étant plutôt composée d’errances qui ne font pas avancer l’histoire.

Le sang d'Hecate de Ambre DuboisMais bon, la n’est pas le principal problème. Non. C’est à la fin que le bat blesse (je n’ai aucune idée de l’origine de cette expression. Est ce Bat ? Bas ?). Tout se résout en dix pages par une pirouette absolument aberrante. J’ai eu l’impression que l’auteur ne savait plus comment finir, alors pof, on fait apparaitre un personnage de nul part et pof, magie, tout est résolu. Non. On ne fait pas  un bouquin aussi bien pour le finir comme cela. Non. Ça casse la crédibilité, ça casse la montée en puissance du bouquin, ça casse tout en faite.

Je suis vraiment décue, car on sait l’auteur capable de mieux. Il était certes difficile d’enchainer après un si bon cru que celui qu’était le Manoir des Immortels, mais cette fin m’a pas mal gâché la lecture. C’est dommage, car le reste est plutôt bon.  Enfin, la suite est déjà prévue, et je la lirais évidemment, car il y’a beaucoup de bons éléments qui méritent qu’on passe outre cette fin douteuse pour pouvoir continuer a suivre les aventures de Stella.


Opheliac de Emilie Autumn

Serafina dans Critiques, Musique le 1 mars 2010, avec 2 commentaires
  • Année:2006
  • Groupe:Autumn Emilie
  • Genre:Violindustrial
  • Titre:Opheliac

Emilie Autumn est une artiste que nous aimons beaucoup et que nous connaissons depuis un sacré bout de temps désormais. Le seul problème, c’est qu’elle est indépendante, avec tout ce que cela implique, notamment la quasi-impossibilité de trouver ses albums dans les réseaux de distribution habituels. Or, si il y a bien quelque chose que l’on apprécie, c’est d’acheter un CD, et non de le commander. C’est donc avec une grande satisfaction que nous avons fini par découvrir Opheliac, sa pièce maîtresse et son seul réel album qui ne soit pas un ensemble de morceaux de classique, dans les rayons d’un Saturn situé à … Stuttgart, en Allemagne donc. Il aura fallu traverser le Rhin pour pouvoir l’apprécier dans notre lecteur CD.

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Mais avant de parler d’Opheliac, il faut savoir que sa compositrice est une jeune violoniste de trente ans qui outre sa carrière solo, a joué pour Courtney Love ou bien tout récemment pour OTEP. Elle est styliste et possède sa propre ligne de vêtement, très inspirée de l’époque victorienne, ainsi qu’un label indépendant, Traitor Reccord. D’après elle, elle fait du Violindustrial, ce qui vous fera tout de suite comprendre que ce n’est pas des classiques de violon que contient Opheliac mais plutôt de la musique industrielle, très électro. Du coup, sachant qu’elle est styliste il n’est pas étonnant de voir un sacré travail au niveau de la présentation de l’album ainsi que de la musique. Un sacré travail même.

Emilie Autumn

C’est donc un très joli CD que l’on peut trouver, avec un booklet fourni et contenant, en plus des paroles, de nombreuses photos de la demoiselle dans des robes qu’elle qualifie souvent de Victorianindustrial. Bref, de très jolis habits qui lui donnent un aspect très décalé, qui, pour ceux qui connaissent, fera penser à la demoiselle du Joker dans Batman, hm. Ce côté décalé est d’autant plus présent avec un CD arborant fièrement une texture rayée. A ceci est ajouté un deuxième CD contenant des bonus de classiques, joués au violon, et agréables à l’écoute.

Il est difficile de qualifier la musique que l’on peut ensuite y écouter. Folle, envoutante, seraient les mots, mais il est difficile d’imaginer une musique folle. Utilisant à de nombreux moments les boites à rythmes, sur lesquels sont placés des morceaux de violons, de clavecin et des petits samples, Emilie Autumn accompagne le tout de sa voix, tantôt toute basse, tantôt criante, bref. Au sujet de sa voix, bien que la demoiselle ai appris le chant classique, je qualifierais plutôt sa voix de punk, c’est a dire qu’elle fait un peu n’importe quoi avec. Sur-saturée, doublée, criarde, nasillarde, tout y passe. On aime ou on déteste. Moi j’adore, pour la simple et bonne raison que cela colle totalement, elle ne fait pas que chanter, elle vit ses chansons. Son univers est complètement barré, et très torturé. On passe d’un extrême à l’autre, bref, amis de l’asile bonjour (à noter qu’elle a d’ailleurs tout un univers la dessus, décrivant ses morceaux comme se déroulant dans un asile victorien).

Les paroles sont torturées, sombres. Je pourrais vous dire que l’on passe de la dépression, a l’automutilation, au suicide en passant par l’abus sexuel et tant d’autres, mais je ne suis pas sure que cela vous donnerais très envie, si ? Ceci dit, les paroles sont très fortes je pense notamment a celles de Thank god I’m Pretty ou encore I want my innocence back. Mais outre le fait de bien écrire, Emilie Autumn est aussi une très bonne musicienne, au détour de la musique plus industrielle on découvre de superbes morceaux de violons ou de clavecins qui n’ont pas a rougir. Elle a de la formation classique et cela s’entend.

Emilie Autumn Opheliac

L’ambiance du disque est véritablement particulière et proche des montagnes russes, on passe de morceaux très drôles (The art of suicide, Thank God I’m Pretty) à des morceaux beaucoup plus lourds (Gothic lolita en tete !). Le deuxième disque est plus calme, comprenant notamment trois déclamations de poèmes, aux textes cependant tout aussi interessants.

Enfin, encore un sujet musique ou il m’est bien difficile de vous décrire réellement. Et sachez que cet article a été commencé par dabYo en septembre 2009 alors bon, c’est de l’accouchement dans la douleur. Pourquoi m’être motivée a le finir ? Parce que mercredi 3 mars, c’est l’unique passage de la tournée Européene d’Emilie dans notre beau pays, au cabaret sauvage, et que nous y serons. J’espère profiter de cette occasion pour acheter son livre , donc on vous reparlera d’elle !

En attendant vous pouvez découvrir, si vous ne la connaissiez pas encore, son myspace.


Les Dieux eux-mêmes de Isaac Asimov

illman dans Critiques, Livres le 27 février 2010, avec 2 commentaires
  • Année:1972
  • Auteur:Isaac Asimov
  • Editeur:Folio SF
  • Genre:Science-Fiction
  • Titre:Les Dieux eux-mêmes
  • Titre V.O.:The Gods themselves
  • Traducteur:Fillion Jane
Cet article est écrit par illman, étudiant en informatique de 23 ans. "Star de rock" à ses heures perdues, il profite d'if is Dead pour vous donner quelques conseils.

Ses avis et conseils peuvent donc être différents des articles habituels qui sont postés sur notre blog.

Les dieux eux-mêmes a été écrit par Isaac Asimov en 1972. Il renouait alors avec son style fétiche, la Science-Fiction. Je pense qu’il n’est nul besoin de présenter cet auteur, dans le cas contraire, wikipédia est et je vous conseille vivement de lire au moins un des ses ouvrages, Fondation ou Les Robots par exemple. L’origine de ce livre est un pari fait avec Robert Silverberg, un autre auteur du genre avec lequel il a d’ailleurs co-écrit des romans. C’est un livre indépendant, il ne fait partie d’aucun cycle, donc pas de pré-requis de lecture. Un petit synopsis s’impose.

Les Dieux eux-mêmes de Isaac Asimov

Par un heureux (?!) hasard de circonstance, un radiochimiste, Hallam, est témoin du changement d’un morceau de métal banal, le tungstène, en un plutonium totalement improbable,en tout cas dans notre univers, le plutonium 186. De cette découverte découlera la création de la pompe à électrons, une ressource d’énergie inépuisable et non-polluante. Un jeune scientifique affecté à une de ces pompes va vouloir en raconter l’histoire. Mais durant ses recherches, il va lever des points d’ombre: la pompe est-elle réellement sans danger ?

Nous suivrons aussi le destin d’autres personnages, avec notamment la rencontre d’une race extraterrestre, remarquablement détaillé, un vrai monde à part bien cohérent. Je n’en dirais pas plus sur l’intrigue les concernant, c’est une merveille à découvrir. On suivra un scientifique, Denison, dans son exil sur la lune. Il ira se mêler à la communauté scientifique lunaire et découvrira leurs mœurs, bien différente de celles en cours sur Terre. Son objectif, découvrir si la pompe est dangereuse.

« Contre la stupidité… Les dieux eux-mêmes… luttent en vain« 

Les Dieux eux-mêmes de Isaac AsimovLe grand thème du livre dans une simple citation, chaque partie de la phrase représentant une partie du récit. Pourrions nous renoncer à une invention qui nous est bénéfique ? Resterions nous aveugles à ses dangers à cause de cela ? Ce roman est une lutte contre la bêtise et l’entêtement mâtiné d’un exquis nappage de Science-Fiction. Je vous le dis tout de suite, ce n’est pas pour rien si cet ouvrage a remporté le prix Nebula (1972), le prix Hugo du meilleur roman et le prix Locus (1973).  Un thème fort, un univers cohérent, des personnages qui sonnent vrais (même les E.T.) et une imagination débordante de l’auteur, voilà ce que vous trouverez dans cet ouvrage.

Le vocabulaire scientifique est beaucoup employé mais ce n’est pas gênant. Comme souvent chez Asimov, il y a vulgarisation du propos scientifique et les concepts sont plutôt amenés en douceur. Et puis bon, ne pas comprendre en détails ne dérange pas pour l’histoire du moment qu’on en a compris les grandes lignes, notamment sur le fonctionnement de la pompe.

J’ai beaucoup aimé le découpage de l’histoire en trois parties, suivant le destin de personnages aux caractères bien différents. Au risque de me répéter, je tiens à re-souligner une nouvelle fois le talent d’Isaac Asimov. La deuxième partie de son roman traitant d’une race extraterrestre qu’il a créé de toutes pièces est à mille lieux de toutes celles que j’ai rencontré dans d’autres romans de Sci-Fi. Je dirais même que c’est un vent de fraîcheur et d’originalité qui nous balaye en suivant les péripéties de nos E.T. Mais voilà, un problème se pose, c’est aussi dans cette partie que l’on rencontre…

The Gods themselves, Isaac Asimov

… le point noir du livre,  l’omniprésence du sexe. Parait-il qu’Asimov avait été critiqué parce qu’il n’introduisait pas d’aliens et de sexe dans ses histoires. Pour le coup, sur ce roman l’auteur s’est lâché. Il y a des aliens, du sexe, et du sexe entre aliens… A certains moment la deuxième partie fait un peu trop Fornic’land chez les E.T. Une petite vengeance de l’auteur peut-être… Pour chipoter, je pourrais aussi dire que la première partie est un peu longuette avec ses explications scientifiques mais ce serait seulement pour ne pas passer pour un bisounours incapable de donner des points négatifs dans ses critiques (pourtant c’est cool un ours).

Il serait cependant dommage de s’arrêter à ces détails. Les dieux eux-mêmes est un excellent livre et je vous le conseille fortement, que vous soyez fan de S.F. ou non. Et d’autant plus si vous n’avez jamais gouté aux titres de l’auteur.


  • Année:2006
  • Dessinateur:Sato Shouji
  • Editeur:Pika
  • Genre:Seinen, Survival
  • Scénariste:Sato Daisuke
  • Série:Highschool Of The Dead
  • Tome:1

Highschool of the Dead (HOTD pour faire court) est une série de manga, classée en Seinen. Elle a débuté en 2006 et cinq volumes sont sortis au Japon. Depuis, elle est en pause pour une durée indéterminée… mais on sait tous ce que cela veut dire, non ? La série est arrivée en France il y a peu, et 3 ou 4 volumes sont sortis a ce jour. Ce n’est pas le genre de manga vers lequel je me dirigerais à la base, mais j’ai gagné le premier tome via un concours organisé par Kameyoko, je vous invite d’ailleurs à lire sa critique de ce tome ici.

Highschool Of The Dead, Tome 1, de Daisuke et Shouji Sato

Niveau histoire, eh bien c’est simple. Un groupe de lycéens doit faire face à une attaque de zombie. Point. C’est du Survival pur et dur. On ne sait pas d’où vient le virus « zombie », ni comment, ni pourquoi, mais ce qu’on sait c’est qu’il se propage à toute vitesse ! Un petit groupe de personnes encore saines va devoir s’organiser et se battre pour sa survie.

Tout d’abord un mot sur l’emballage. Édité par Pika, nous avons donc droit a un format classique, mais surtout, les premières pages en couleur. Couleurs d’ailleurs mises par ordinateur. J’ai vu mieux niveau colo, mais j’ai aussi vu pire. Donc, dans l’ensemble on n’a pas à se plaindre.

Ce scénario est somme toute assez commun, c’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleurs yaourts non ? Enfin, c’est ce qu’on me dit. Toujours est-il que en tout cas, le mythe zombie est respecté et que les fans de Romero devraient pouvoir retrouver leurs marques sans le moindre problème. Ici, on ne cherche pas à révolutionner le genre, ni à proposer autre chose qu’un divertissement. C’est cependant à saluer, car il me semble que les mangas sur le genre sont assez rares. Je ne suis pas experte, mais je n’en avais jamais lu jusqu’à présent.

Highschool Of The Dead, Tome 1, de Daisuke et Shouji Sato

Face à cette ambition assumée de faire du Survival de type série Z, on a évidemment droit à une histoire bien cadencée, rapide,  pleine d’action. Bon, au début, honnêtement, la narration est vraiment mauvaise. On ne comprend rien, les cadrages sont plutôt mal choisis, c’est brouillon et pour tilter ce qu’il se passe j’ai du relire certaines planches plusieurs fois. Heureusement, cela s’améliore à la fin du tome et laisse présager du bon pour les tomes suivants.

Malheureusement, c’est à peu près tout ce que je vais pouvoir citer comme bons points, car après on passe tout de suite à ce qui fait mal.

Les personnages sont tous affreusement caricaturaux et déjà vus. Leurs réactions sont prévisibles à 100 bornes. On a droit à l’intello effacé, à la pétasse qui pense à sa coiffure, à l’infirmière aux gros lolo, le petit chef plein d’ambitions… Bref, trop gros, et trop peu original. Difficile de s’attacher à ce genre de personnages. Du coup, les événements qu’ils vivent ne nous touchent pas réellement.

Highschool Of The Dead, Tome 1, de Daisuke et Shouji SatoJe parlais des gros seins de l’infirmière et c’est le deuxième point négatif. C’est fan-service à mort. Je ne compte même pas le nombre de plan culottes qu’il peut y avoir dans ce premier tome. Sans parler des seins en obus qui bougent de manière déniant toute physique. Bon évidemment, les filles sont constamment aspergées de sueur avec la bouche ouverte en cul-de-poule. Ouais. Ce coté fan-service m’est plutôt désagréable, je trouve ça très vite trop lourd. Alors certes je suis une fille, ceci explique cela.

Niveau dessin, je dois dire qu’il n’y a pas grand chose à dire. Techniquement parlant, à par pour les boobs, c’est niquel. Les perspectives sont plutôt maîtrisées, l’anatomie aussi, les décors sont biens foutus. Là ou ça pêche, c’est le style. Il n’y a aucune personnalité, on est face à du mangasse de base, vous savez, les yeux énormes, le tout petit nez pointu, la bouche encore plus petite. Personnellement, je n’aime pas ce style.

Bref, ca se laisse lire. Vus serez sans doute réjouis si vous aimez le survival, quitte à fermer les yeux sur le coté convenu et stéréotypé. Sinon, pour ma part je suis perplexe, je ne pense pas que j’acheterais la suite, mais si on me la prete, je la lirai sans mal.


  • Total Tomes:4
  • Tome:1
  • Série:Les aventures de Sally Lockhart
  • Titre:La Malédiction du Rubis
  • Titre V.O.:The Ruby in the Smoke
  • Auteur:Pullman Philip
  • Editeur:Folio Junior
  • Traducteur:Esch Jean

Sally Lockhart est une série de quatre petits romans de Phillip Pullman, un auteur surtout connu pour sa célèbre trilogie A la croisée des mondes.  Sally a été publiée pour la première fois en 1985  dans la langue de Shakespeare mais n’a été traduite qu’en 2003 en France, probablement suite au succès de la trilogie pré-citée. Je ne m’étais jamais réellement intéressée à cette série, jusqu’à ce que je vois l’adaptation qu’en a réalisé la BBC, diffusée récemment sur Arte. Malgré l’actrice que je trouve très désagréable à regarder, Billie Piper de Docteur Who, l’ambiance m’a conquise, et pour cause !

Sally Lockhart: La malédiction du ruby de Phillip Pullman

Le livre nous narre en effet les aventures de Sally une jeune orpheline dans l’Angleterre Victorienne, ma période historique préférée. Dans ce premier tome, nous rencontrons Sally, dont le père vient de mourir en mer, son bateau aurait coulé. Cependant elle reçoit une lettre laissant sous entendre de lourds secret, notamment sur sa naissance.

C’est le point de départ de l’histoire et je ne tiens pas à vous en dire plus. Il est important cependant de considérer ce petit livre comme ce qu’il est. Un livre pour enfant, écrit une dizaine d’année avant la série majeure de l’auteur. Il ne faut donc pas s’attendre au même niveau ni à la même complexité. Je pense que cette précision est importante pour ne pas trop en attendre de l’ouvrage.

Sally Lockhart

L'adaptation de la série à la télé

Moi, j’en attendais surtout un livre jeunesse dans une période que j’adore, donc, au final j’ai été servie.  L’ambiance victorienne est par certains cotés très bien rendue. Les ruelles pavées, les quartiers pauvres, les fumeries d’opium, tout cela contribue à marquer l’ambiance. On fait référence à de nombreux principes de l’époque et plusieurs composantes « historiques » que cela soit les asiles de nuit, les débuts de la photographie, ou encore le commerce de l’opium. Pour quiconque apprécie la période, c’est vraiment plaisant. Cependant, j’ai trouvé un peu uchronique la relation entre les personnages : en 5 minutes ils s’appellent par leur diminutif, tout le monde est assez égal. Cela me choque un peu, surtout vu les origines (assez aisées) de Sally, mais peut être est-ce voulu. Car en tout cas, Sally n’est pas une demoiselle victorienne, elle a la mentalité d’une ado d’aujourd’hui, elle est forte, indépendante, veut travailler, et apparemment tout le monde l’accepte !

Le personnage principal est un peu froid malheureusement, ce qui empêche de réellement s’y attacher. Cependant, elle ne m’a pas non plus semblée désagréable, je pense qu’elle prendra plus de relief dans les prochains tomes (qui d’ailleurs sont plus gros). Les personnages secondaire eux sont plus hauts en couleurs et j’ai trouvé qu’il y avait du bon potentiel. Par contre, les méchants sont un peu trop méchants. Je veux dire c’est assez manichéen  et c’est pas du méchant de pacotille. Un peu dommage mais malheureusement pas si rare en littérature jeunesse.

Sally Lockhart: La malédiction du ruby de Phillip Pullman

Évidemment, comme le promet le titre, le mystère et l’aventure sont au rendez-vous. L’enquête en elle même est plutôt prenante, et on prend plaisir à suivre les protagonistes avancer dans leurs recherches. On en découvre plus petit à petit sur le père de Sally et on aborde des sujets assez graves. Cependant, j’ai trouvé la révélation finale un peu grosse et mal amenée. Comme si la fin avait été bâclée, c’est un peu dommage.

Sally Lockhart: La malédiction du ruby de Phillip PullmanAu final, ce premier tome me semble plus être une introduction qu’autre chose. On y place le décor, et le mystère est plus un prétexte qu’autre chose, c’est une lecture agréable, mais clairement typée jeunesse. Il n’y a pas dans ce premier tome de différents niveaux de lecture comme on peut le trouver dans d’autres oeuvres de Pullman.

La série commence bien,  et augure du bon pour la suite, si le potentiel est bien exploité. Nul doute cependant que les plus jeunes adorerons. Sally Lockhart est surrement une série dont je vous reparlerai, car je compte d’ores et déjà me procurer le deuxième tome pour le lire.


  • Année:2010
  • Auteur:Khadra Yasmina
  • Editeur:Julliard
  • Titre:L'olympe des infortunes

Yasmina Khadra est un auteur francophone, d’origine algérienne, dont j’avais beaucoup entendu parler, notamment pour son livre Les hirondelles de Kaboul. Je n’avais jamais lu de ses livres, parce que je suis généralement un peu perplexe devant les succès de librairie… Cependant, lorsque j’ai vu son dernier roman, L’olympe des infortunes, en partenariat sur Livraddict, je me suis dit que c’était l’occasion idéale de donner une chance à cet auteur. Nous sommes assez loin de mes styles de prédilection, mais c’est la tout l’intérêt des partenariat : la découverte. Et puis, ça évite la crise de foie de Fantasy, synopsis.

L'olympe des infortunes de Yasmina Khadra

Cette histoire prend place sur un terrain vague, une sorte de décharge abandonnée, en marge de la société. Là vivent plusieurs SDF, ils ont établi la leur vie, loin de la ville. Organisés en petit groupes, ces personnages ont tous leurs histoires, mais il n’en parlent pas beaucoup. Est ce là le bonheur ?

Un petit mot sur le livre, aux éditions Julliard, la couverture à rabat souple est toute douce et brillante et l’illustration est sobre mais agréable. C’est  un livre assez court, 240 pages par là, et écrit plutôt gros, ce qui fait que je l’ai lu très rapidement. Il se lit sans mal.

Je n’avais absolument rien lu de cet auteur, il n’y aura donc aucune comparaison. Il parait que c’est très différent, et je veux bien les croire. Ce roman s’intéresse au monde assez particulier des SDF, dans une décharge anonyme, dans une ville anonyme, même un pays anonyme.

Yasmina Khadra

Yasmina Khadra

On ne sait pas réellement où on est, et ça n’est pas important, leur monde c’est le terrain vague, et pour nous aussi. Ce procédé permet d’accentuer l’immersion. Nous sommes coupé de tout, le livre est donc beaucoup plus universel. Et ce procédé renforce le coté conte philosophique qu’on peut ressentir sur d’autres points.

Cependant là où l’auteur fait fort, c’est qu’il ne fait pas de concessions, mais qu’il arrive pourtant à donner une dignité et une grandeur à ses personnages. Ces hommes sont alcooliques, malades, pas toujours moraux, crades, bref, ce n’est pas tout rose. Cependant, ils ont une sorte de grandeur en eux. Surtout Ach auquel je me suis énormément attachée.

Ce vieux monsieur bougon, poète et musicien dispense à Junior, un jeune SDF un peu simplet, des leçons et des morales, qui sont autant de pistes ouvertes vers la philosophie et en tout cas vers la réflexion. J’ai trouvé le roman plutôt intelligent et pas trop moraliste non plus. Cependant, il y a un peu beaucoup de références à Dieu, ça ne m’a pas vraiment gênée, mais c’est à dire. Un autre personnage m’a vraiment semblé déplacé, celui de Ben Adam, une sorte de prophète qui ne rime à rien.

Il faut dire que le roman est très très court donc, du coup tout n’est pas totalement développé et je pense que sur certains points il aurait peut être fallu plus de pages afin d’amener mieux les choses. Cependant, il s’agit là d’un petit bémol, car dans l’ensemble le livre m’a charmée. La galerie est vraiment diversifiée, et j’ai été surprise à plusieurs reprise du respect envers les personnages. Malgré tout ce qu’on nous révèle, des morpions aux diarrhée, ce n’est jamais vulgaire et jamais irrespectueux.

L'olympe des infortunes de Yasmina KhadraDe plus la plume de Khadra est très agréable. Son écriture est poétique tout en restant très légère. Beaucoup de ses figures de style sont tout simplement superbes et j’ai été conquise très rapidement. J’aime sa simplicité et sa manière de brosser des portraits très intimes tout en aisance. Il a réussi à me toucher, et la fin m’a beaucoup plu. Je  ne pensais pas que cela me prendrait autant.

A noter que je m’attendais à un livre plus moralisateur. Alors certes, il l’est un peu c’est indéniable, mais ça ne saute pas à la gorge, et c’est assez léger dans le fond. Si c’est un roman engagé alors c’est bien caché même si il est impossible d’être totalement neutre sur le sujet évidemment.

Voilà dans tous les cas une très bonne découverte. Du coup, je compte m’intéresser un peu plus à cet auteur. Il n’est pas impossible que je me procure d’autres de ses romans car le style y est vraiment très bon.


L’heure de l’ange de Anne Rice

Serafina dans Critiques, Livres le 19 février 2010, avec 9 commentaires
  • Année:2010
  • Auteur:Rice Anne
  • Editeur:Michel Lafon
  • Genre:Fantastique
  • Titre:L'heure de l'Ange
  • Titre V.O.:Angel Time
  • Traducteur:Loubet Pascal

L’heure de l’ange est le dernier roman de Anne Rice. Publié en anglais en Octobre 2009, le roman est sorti hier en français aux éditions Michel Lafon. Je ne vous ferais pas l’affront de vous présenter l’auteur. Elle est surtout célèbre pour ses Chroniques des Vampires qui sont mes livres cultes et Anne Rice a crée ce qui est pour moi le meilleur personnage au monde, j’ai nommé Lestat de Lioncourt. Par cette introduction, vous pouvez déjà savoir que je ne suis pas objective, que je suis une fane, que j’ai lu quinze fois les chroniques. Cependant, Rice et les vampires, c’est terminé. Après avoir rejoint définitivement l’église catholique, elle a décidé d’utiliser sa plume pour Dieu. Après deux romans sur la vie du Christ (que je n’ai pas lus) elle revient avec L’heure de l’ange qui débute une nouvelle série, Songs of the Seraphim. J’étais un petit peu perplexe… J’avais peur d’avoir à faire à de la propagande religieuse, ou à un roman affreusement engagé. Enfin, synopsis !

L'heure de l'Ange de Anne Rice

Toby est un tueur à gage. Il vit en solitaire et exécute les missions qu’on lui demande. Il est beau, anonyme, se faisant appeler Tommy, ou Lucky, en fonction de ce qui l’arrange. Il est traqué dans le monde entier, il a perdu la foi et il n’a pas de pitié pour ses victimes. Cependant, après une mission particulièrement éprouvante, il fait une rencontre assez bouleversante. En effet, il rencontre Malchiah, prétendument un ange.

Je n’ai pas envie de vous en dire plus. Sachez que le résumé de la version française vous spoil totalement, en effet les événements dont on parle commencent à la page 150… sur 270. J’ai bien fait de ne pas lire le résumé ! Donc si vous comptez le lire, gardez ceci bien en tête pour vous conserver un maximum de surprises. Ceci dit, un mot sur le livre. Comme toujours les éditions Michel Laffon nous proposent un très bel ouvrage, la couverture est superbe, sobre et classe. Une petite image (une aile d’ange) débute chaque chapitre, le papier est beau, c’est aéré. Bref, c’est toujours un plaisir de feuilleter leurs livres, et ce sont des must-have pour tout collectionneur qui se respecte.

Au niveau du style, on retrouve la Anne Rice qu’on connaît. Elle utilise la première personne du singulier, comme elle en a l’habitude. De même les descriptions sont toujours très précises, et l’immersion est très rapide. Son style est cependant plus léger qu’au début des chroniques et les longueurs sont évitées L’ambiance est évidemment très présente et il ne faut pas longtemps pour s’attacher à Toby. Toby qui par bien des cotés n’est pas sans rappeler le vampire français qui l’a rendue célèbre il y a maintenant presque une trentaine d’années. Le héros immoral mais en quête de beauté, passionné par l’architecture, la musique, fasciné par la religion, nul doute que les aficionados reprendront vite leurs marques. Tous les endroits et les époques évoquées sont irrémédiablement crédibles et ça, ça aide beaucoup. Enfin, évidemment, on retrouve la Nouvelle Orléans, un peu moins dorée que celle des vampires, mais malheureusement très réaliste (malheureusement parce que c’est pas que du beau dans cette ville, et non parce que je trouve cela dommage dans le livre hein !). Anne Rice jongle entre les époques d’une main de maître, et son talent n’est pas discutable.

Angel Time of Anne Rice

La couverture originale est exactement la même, à ceci près qu'elle présente aussi le nom de la série.

L’histoire se scinde en deux parties d’égale importance. Toute la première partie est la découverte de Toby, comprendre où il en est et pourquoi il en est là. La deuxième partie consiste en une mission bien particulière, qui nous fait découvrir une période trouble de l’histoire anglaise, celle des persécutions envers les juifs dans le XIIème siècle. Il me semble que d’autres livres sont annoncés, ce qui fait qu’il faut peut être voir ce livre comme une introduction, et ce qui explique peut être la longue partie pour découvrir Toby. Si elle est intéressante, c’est réellement la deuxième qui m’a convaincue, bien que la résolution du problème soit un peu simpliste.

On ne peut que saluer la documentation de Rice sur cette époque, sur les martyrs juifs, sur les accusations sans preuve, sur la haine et la persécution qu’ont subis les juifs. Comme je vous le disais, j’avais de gros aprioris. Mais que nenni. Si la religion joue un rôle important dans la deuxième partie, elle n’est pas aveugle et d’ailleurs la religion chrétienne est loin d’y être édulcorée. Les abus des ordres (Dominicains je crois) envers les juifs et leur violence sont décrits de manière très objective, et je n’ai pas trouvé le livre fondamentalement engagé. La religion est traitée de manière intelligente et il serait impossible de parler de Moyen Age sans parler de religion.

Évidemment, il ne faut pas attendre le niveau de Lestat le vampire. Ceci dit, le livre est très agréable et immersif. Il a balayé tous les aprioris que j’ai pu avoir quand j’en ai entendu l’annonce. Anne Rice a beau être convertie, elle n’est pas devenue aveugle pour autant. Son talent d’écrivain est là, bel et bien présent au service d’une histoire peut être un peu simpliste sur la fin, mais qui augure du meilleur pour la suite. Le thème des anges reste somme toute assez mystérieux, on n’en sait pas réellement plus sur eux, ni sur la vision qu’en a l’auteur. Je pense cependant que le prochain tome nous en dira plus. Enfin, sachez que la postface est très intéressante et que si les thèmes vous intéressent, Anne Rice a rajouté une bibliographie.

L'heure de l'Ange de Anne RiceSi vous aimez Anne Rice et que vous n’êtes pas allergique à la religion, je ne peux que vous conseiller ce roman, vous y retrouverez sa plume et un héros comme on les aime. Si vous ne connaissez pas Anne Rice, je vous conseillerais plutôt de lire les Chroniques des Vampires, mais si vous n’aimez pas les bêtes à croc, pourquoi pas celui ci ? Enfin, si vous n’aimiez pas ses autres romans, je pense que vous pouvez peut être aimer celui ci, car le style est résolument plus léger, et l’histoire peut être bien plus ancrée dans la réalité malgré la présence d’anges. Je précise aussi que bien que débutant une saga, ce tome possède une vraie fin et peut être lu de manière totalement indépendante.

Un excellent come back en France pour cet auteur dont les bouquins avaient de plus en plus de mal à traverser l’océan ces derniers temps !



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