Dernièrement sur if is Dead:

Les Douze Rois de Sharakhaï de Bradley P. Baulieu

Sharakhaï Tome 1

Serafina dans Critiques, Livres le 12 septembre 2016, avec 1 commentaire
Critiques

Après avoir renoué avec la Fantasy avec La Voie des Rois j’ai décidé d’entamer une autre saga parlant aussi de têtes couronnées : Sharakhaï de Bradley P. Baulieu. Cette nouveauté de la rentrée chez Bragelonne est présentée comme un coup de cœur, le premier tome Les Douze Rois de Sharakhaï est servi par la très belle couverture de Marc Simonetti. Synopsis ?

Les Douzes Rois de Sharakhaï de Bradley P. Baulieu

Ceda est une combattante d’arène masquée qui vit dans les bas fonds de Sharakhaï, ville tentaculaire située au cœur du désert issue de la sédentarisation de 12 tribus du désert et dominée par 12 rois devenus immortels suite à un marché passé avec les Dieux. Ces rois gouvernent Sharakhaï d’une main de fer et n’hésitent pas à assassiner les opposants. Ce fut le cas de la mère de Ceda, exécutée 6 ans plus tôt. Depuis, la jeune femme a décidé de la venger et d’éliminer les rois.

Il fut un temps où la Fantasy à la mode était celle avec une prophétie, une élue et des orcs. Aujourd’hui, la mode est à un monde despotique, a des héros sortis des bas-fonds avec un poil de trash pour faire adulte et sombre. Merci Game of Thrones. Ici, nous avons tous les éléments pour de la fantasy classique des années 2010. Ceda évolue dans la pauvreté de Sharakhai, les rois sont présentés comme despotiques et on pressent des tensions politiques derrière.

Bradley P. Baulieu

Bradley P. Baulieu

Cependant, l’auteur reste extrêmement soft, et si en effet Ceda vit dans un quartier pauvre, elle n’a pas l’estomac vide, elle ne craint pas pour sa vie quand elle sort dans le souk, n’est pas vraiment menacée, donc sa vie est tout de même assez confortable. C’est dans l’ensemble l’un de mes premiers reproches au livre : on reste dans la moyenne. L’univers censé être tout de même sombre n’est pas poussé plus que ça, du coup, la sauce a du mal à prendre. Il en va de même pour les personnages qui ne réussissent pas à être attachants, mais ne sont pas détestables pour autant. Ceda n’est même pas une Mary Sue, Emre son compagnon d’infortune est plutôt plat et je n’ai pas réussi à cerner sa personnalité.

Dans l’ensemble, c’est un roman de 650 pages qui se lit bien, mais que j’ai trouve sans trop de reliefs à l’exception d’un : l’univers moyen oriental de Sharakhaï. Nous sommes dans une ville au cœur du désert où les gens s’habillent de Jalabiyas et autres tenues plutôt communes dans des pays comme la Syrie, on se bat au sabre, on craint les tempêtes du désert. Il est rare de voir des romans de Fantasy dans ce type d’univers. Cependant, je ne suis pas très familière des termes vestimentaires moyen-orientaux, j’aurais apprécié un lexique. L’univers et la religion sont interessant. Dans cet univers, une nuit tous les mois environ, des être étranges rôdent dans la ville et emmènent des personnes pour les offrir aux dieux. On se doute bien que l’issue n’est pas heureuse et ces nuits là, tout le monde s’enferme dans la peur, même si être choisi est un honneur. Cette ambiance est très bien retranscrite et cette nuit mystérieuse est captivante.

Les Douzes Rois de Sharakhaï de Bradley P. BaulieuJe ne sais pas trop quoi dire de ce roman, car il ne m’a fait que peu d’effet. Il est divertissant, mais le fait qu’il n’aille pas jusqu’au bout en fait un divertissement grand public qui m’a laissé un peu sur ma faim. Il y a de bons concepts, et l’intrigue se tient, bien que l’auteur utilise de nombreuses fois un Deus ex Machina pour faire avancer cette dernière et particulièrement sur la dernière partie. J’aurais préféré un roman avec plus de profondeur et des intrigues plus poussées. Le style est correct mais ne m’a pas forcément marqué, les descriptions sont cependant bien dosées.

Vous l’aurez compris, je ne conseille pas forcément ce roman, ni ne le déconseille. Si vous appréciez la Fantasy assez classique et cherchez un roman pas prise de tête et qui se passe dans un univers intéressant, c’est un roman qui vous plaira. Je ne sais pas trop si je lirais le tome suivant, peut être pour voir comment cela évolue. En tout cas, nous sommes très loin du coup de cœur affiché par la maison d’édition. Je suppose que je recherche plus dans mes romans ces derniers temps.


Hellfest 2016: Jour 1

illman dans Concert, Musique le 4 septembre 2016, avec aucun commentaire

Ce premier jour du Hellfest 2016 commence sous un grand soleil, à peine éclipsé de temps en temps par quelques nuages qui semblent s’être perdu dans ce grand ciel bleu. C’est bien loin de l’ambiance boueuse qui se dégageait du camping jusqu’à présent ! Voilà de quoi nous mettre en confiance pour le début de la première journée, la plus critique pour moi sur un aspect bien important: c’est le jour où Kvelertak vient clôturer la Warzone en y mettant le feu pendant une bonne heure trente !

Hellfest 2016 Ambiance

C’est donc une pelouse bien verte et très fournie que nous finissons par fouler sous un grand soleil, après une assez longue attente pour les festivaliers. Comme d’habitude l’entrée empêchera ceux qui n’ont pas pris plus d’une heure d’avance de voir le premier groupe du festival, ce qui est régulier depuis plusieurs années maintenant. La sécurité et sur les rotules cette année, ce qui est compréhensible vu le contexte du moment, et donc certaines files ont pu prendre très longtemps tandis que d’autres beaucoup moins.

Monolord
Delain
Moonreich
Cruachan
Solefald
Shinedown
Halestorm
Behexen
Jambinai
Kampfar
Anthrax
Turbonegro
Sacred
Korpiklaani
Dropkick Murphys
Rammestein
Kvelertak

Monolord au Hellfest 2016

dabYo - Monolord au Hellfest 2016On commence donc cette édition 2016 sous la Valley -pour changer- avec un groupe de Doom/Stoner -pour changer- comme d’habitude le public est plutôt au rendez-vous en début de festival et ça doit faire plaisir au groupe qui va faire un set dans de très bonnes conditions. Je n’avais pas écouté leur musique avant de venir, et je n’ai pas été déçu.

Les morceaux sont faits de très bons riffs, bien lourds mais aussi entraînants et faciles d’accès. Une répétitivité propre au genre fait headbanguer de bon matin et c’est un vrai plaisir de commencer le Hellfest 2016 d’une telle manière.

illman - On commence la journée par Monolord… ou pas. Car comme ceux qui étaient avec moi à attendre de bien pouvoir rentrer sur le festival, Monolord n’aura été qu’un bruit lointain, occupé que nous étions à faire une heure de queue à attendre une fouille à laquelle il ne manquait qu’une seule exploration… Bref passons.

(suite…)


Anna est le premier tome de Filles des Cauchemars, un roman Young Adult paru initialement chez nous chez BlackMoon en 2014 et récemment édité en poche chez Le Livre de Poche. Ce roman écrit par l’américaine Kendare Blake abandonne sa couverture très ado pour une ambiance plus sombre et fantastique. Synopsis ?


fille-des-cauchemar-titre

Cas est un lycéen exterminateur de fantômes mais attention pas comme dans SOS Fantômes. Il y va à l’Athamé , couteau qu’il a hérité de son père. Il sillonne les  Etats-Unis à la recherche de fantômes. Cette fois-ci c’est Anna une jeune femme qui a été assassinée alors qu’elle se rendait a son bal de fin d’études et qui est maintenant liée à la maison qui l’a vue périr . Les malheureux y pénétrant y trouvent.. la mort.

fille des cauchemar kendare blakeNous sommes donc face à un héros adolescent mais qui a vite mûrit du fait de son activité on ne peut plus particulière. Cas se porte donc souvent en retrait de ses camarades de lycée qu’il sait qu’il quittera une fois sa mission terminée. Cependant, l’histoire propose aussi 3 autres personnages secondaires assez importants : Thomas le gringalet qui se révèle issu d’une famille qui côtoie de prêt le surnaturel mais aussi Carmel, une jeune fille populaire qui se révèle en avoir dans la tête et bien sur Anna la morte. Les autres personnages évoluant autour de Cas comme sa mère ou le grand-père de Thomas sont peu développés mais suffisamment crédibles.

Cas est notre narrateur et va donc nous raconter cette histoire. Je l’ai trouvé parfois un peu trop mature pour son âge, et il a tendance a prendre facilement trop de recul lors des moments d’action. Cependant, c’est un personnage agréable bien que j’aie eu du mal a cerner sa personnalités. Le personnage que j’ai particulièrement apprécié est Anna qui est en plus très visuelle, on imagine bien ses longs cheveux noirs et sa robe tachée de sang. Son destin tragique et son coté résolu la rendent attachante.

Le roman est assez court, puisqu’il ne fait que 350 pages, écrit assez gros et se déroule sur quelques semaines. Nos quelques héros vont essayer de neutraliser Anna, et devront pour cela comprendre ce qu’il s’est passé il y’a 50 ans lors de son assassinat. Les chapitres sont de longueur moyenne mais le rythme est soutenu. L’intrigue et sa résolution se tient, et j’ai apprécié que l’on évoque des magies moins connues comme l’Obeah qui est une sorcellerie des Antilles.

Vous l’aurez compris, ce n’est peut être pas la lecture de l’année, mais c’est une lecture que j’ai appréciée, loin des sentiers battus par le young adult, avec des personnages attachants et une histoire qui se laisse suivre avec plaisir. La fin est ouverte, et un deuxième tome clôt ce dyptique.


Il faut parfois suivre les bons acteurs étrangers pour découvrir les bons films étrangers, c’est comme ça qu’en suivant la filmgraphie de Tomohisa Yamashita découvert dans Dragon Zakura nous avons finir par tomber sur une véritable perle: Nobuta wo Produce. Mais avant de vous expliquer pourquoi ce Drama de dix épisodes produit par NTV est une pépite qu’il faut absolument avoir vu, penchons nous dessus avec un petit Synopsis.

Nobuta wo Produce

La vie est un jeu pour Shuji et la popularité au lycée est la façon principale d’y gagner. Il n’hésite pas pour cela à aller au karaoké avec des amis qu’il connait à peine et où il se fait royalement chier, à faire semblant de sortir avec une des filles les plus populaires de son lycée ou à sortir des blagues à tout va. Mais une fois rentré chez lui et le masque tombé, il n’y a plus grand chose de très intéressant à faire dans cette vie de jeu d’acteur. Rien ne le destinait à croiser le chemin d’Akira, une sorte de cassos perdu que personne ne comprend vraiment, ou encore de Nobuta, une élève tout juste transférée dans sa classe qui semble en être le nouveau bouc émissaire… Pris de pitié, il lui propose de l’aider à devenir populaire, et quel meilleur défis que d’essayer de rendre populaire la fille la plus détestée du lycée ? Le tout sans pour autant divulguer son implication, une information qui mettrait assurément en cause sa popularité.

Nobuta wo ProduceNous rejoignons cette histoire au travers des yeux de Shuji, cet adolescent populaire qui connait les codes à suivre pour arriver à ses fins dans l’univers impitoyable que sont les bancs d’un lycée japonais. Les jeunes japonais y passent une majorité de leur temps et ne s’y font pas beaucoup de cadeaux -en France non plus, évidemment-, alors quand Nobuta la jeune transférée mal dans sa peau et inapte aux relations sociales arrive dans sa nouvelle classe, c’est un vrai déluge qui va s’abattre.

Nobuta wo Produce est avant tout une série qui vous met mal à l’aise devant la cruauté dont les adolescents peuvent faire preuve, cliché certes mais tellement réaliste et facile à imaginer. Les premiers épisodes sont d’une cruauté sans borne qui aura de quoi vous retourner l’estomac, transformant chaque épisode en douleur.

Et pourtant, un rayon de soleil est là pour nous donner l’espoir de voir les choses s’améliorer, des petites améliorations qui sont souvent douchées de manière cruelle, mais qui donnent envie de suivre l’aventure de Nobuta et savoir si ses deux potentiels amis vont réussir à la produire. Le prétexte pour forcer la rencontre des trois personnages principaux, le fait de rendre Nobuta populaire (la « production de Nobuta » donc) fait office de fil conducteur tout au long des dix épisodes.

nobuta wo produce shujin nobuta akira

Mais ce Drama traite bien plus de l’amitié que de l’éventuelle popularité de notre héroïne. Nobuta wo Produce est avant tout une ode à aux joies de l’amitié, au fait de ne pas se sentir seul dans cette tempête qu’est l’adolescence et à quel point pouvoir compter sur d’autres personnes qui vous acceptent tel que vous êtes est important.

Les charges émotionnelles sont d’autant mieux rendues que les acteurs principaux sont d’une très grande qualité. Maki Horikita y joue Nobuta, un personnage mal à l’aise socialement, avec peu sinon aucun estime d’elle même et des scènes d’une violence émotionnelle énorme. Elle le fait de manière impressionnante et avec talent, tant et si bien qu’elle est méconnaissable, alors qu’on l’avait déjà croisée pour Hanakimi, l’adaptation en Drama du Shojo Parmi Eux. Tomohisa Yamashita qui nous a attiré vers cette série joue lui aussi magnifiquement bien cet adolescent pommé que tout le monde a un jour eu dans sa classe de lycée. On ne sait pas trop ce qu’il fait, pourquoi il est bizarre et il sort toujours ces petites phrases que personne ne comprend (si vous n’en connaissez pas, c’est que c’était peut être vous). Entre ces deux rôles on retrouve Kazuya Kamenashi dans le rôle du lycéen modèle, et s’il le joue bien, le personnage manque sans doute d’un peu de folie pour vraiment marquer.

nobuta wo produce kon kon

Les dix épisodes de Nobuta wo Produce sont réussis et bien rythmés. A chaque fois centré sur une thématique de l’école, mais façon déprime, le Drama s’avère être une sorte de plaisir masochiste. Amadoué par Nobuta que l’on ne peut que souhaiter voir réussir, on s’inflige cette dose d’émotion forte qui fait mal. Heureusement, le rayon de soleil est là pour nous montrer que l’éclaircie n’est sans doute plus très loin. Nobuta power ! Chuunyuu !


Galilée de Clive Barker

Serafina dans Actualités, Critiques, Livres le 31 juillet 2016, avec aucun commentaire
Actualités

Bragelonne continue sa republication des oeuvres de Clive Barker avec Galilée, sorti fin Juin en grand format. Le roman était auparavant paru en poche chez Pocket découpé en deux tomes, mais ici, c’est bien l’intégrale qui est proposée et qui fait près de 700 pages plutôt denses. Comme d’habitude on retrouve le code couleur des oeuvres de Clive Barker avec une couverture sombre et un titre en rouge. Synopsis ?

galilee_org8clive barker

Les Barbarossa sont une famille étrange, dont les membres vivent au coeur des marais de la Louisiane en vieillissant bien plus lentement que le reste des mortels. Maddox, fils illégitime de la lignée, entreprend de compter l’histoire de la famille ainsi que de la famille Geary, magnats du pétrole et de la finance qui dirigent de loin les Etats-Unis. En effet, les deux sont liés, et notamment via Galillée le fils prodige des Barbarrossa.

Vous aimez le Clive Barker sanglant et tourbillonnant ? Le digne avatar de ce que le Splatterpunk a pu fournir de plus giclant ? Eh bien vous ne trouverez pas votre bonheur ici. Car si c’est bien le même auteur, cette fresque est beaucoup plus soft et plus onirique que la production habituelle du Mr. Il s’agit d’une fresque familiale qui prend racine dans la guerre de secession et traverse les décénnies. Nous sommes dans l’intimité des puissants et c’est un peu comme si on vous proposait un mélange entre Les Feux de L’Amour et un roman d’horreur. Car oui, tout est là, la famille décadente, ultra riche avec sa galerie de personnages tous abimés, manipulateurs et qui vivent dans des lofts de fous en haut des gratte ciels, la drogue, le stupre et les jeux de pouvoir. Tout est donc là, dans un cadre un peu rétro, daté et tellement dans la démesure qu’au final la capacité de Clive Barker a aller toujours plus loin ne choque même pas.

galilee_orgL’horreur et le surnaturels sont présent, mais en arrière plan. Car oui, il y’a des fantômes, il y’a des forces supérieures qui ont le pouvoir de vie et de mort, mais finalement, on suit surtout l’histoire de deux familles et de quelques protagonistes. Maddox est un fils illégitime, pas très sur de lui, qui est notre narrateur et couche sur papier l’histoire de sa famille. Rachel est une vendeuse de bijoux, de basse extraction, mariée a un Geary et elle va se rendre compte que tout n’est pas si rose. Quand à Galillée, véritable pierre angulaire du roman, il est mystérieux, perdu en mer, et porte le poids des ans sur ses épaules.

Le rythme est lent, très lent, mais cela permet a Clive Barker de mettre en place sa mythologie, un peu à la manière d’une Jacqueline Carey. Notre narrateur se répète pour nous faire nous aussi accepter les mythes Barbarossa, qui deviennent les notres. Ce rythme m’a plu et m’a permit de réellement m’immerger dans l’univers du roman. Les chapitres sont relativement courts et les points de vues alternent entre Maddox, les Barbarossa, Gallilée, Rachel et d’autres personnages de la famille Geary, de ce fait, on a souvent du mal à refermer le livre car on à hâte de retrouver le personnage que l’on suivait. Malgré la taille du roman, c’est un page turner sans réellement de temps mort. Même à la fin ou tout s’accélère, le rythme reste lent et le narrateur assez détaché. C’est fascinant.31

A la fin de l’histoire, je ne dirais pas que j’ai tout compris. Certaines choses restent obscures et je suis sûre qu’il y’a beaucoup à creuser dans cette fresque. Mais cette part de mystère est aussi une qualité. Car cela donne un gout de « reviens-y ». Vous l’aurez compris, j’ai été charmée par ce gros pavé et je ne peux que vous le conseiller. Si vous aimez les saga familiales, les marais de Louisiane, les personnages mystérieux et perdus en mer, Galillée est pour vous !


J’avais lu les premiers tomes de la première série de Marika Gallman, Maeve Regan, que j’avais appréciée mais sans spécialement plus. Cependant, sa nouvelle série Les Chroniques de Hallow, sorti directement chez Bragelonne me tentait, et c’est à l’occasion de sa sortie en poche chez Milady et d’un voyage à Paris pour une opération des yeux suivi d’une convalescence loin des écrans, que je l’ai entamé. Synopsis ?

Chroniques de Hallow 1

Abby a un pouvoir. Elle a la capacité d’absorber l’énergie des gens. Entre ceci et sa formation par des as du cambriolage elle est l’Ombre, une voleuse redoutée, spécialisée dans les œuvres d’art. Mais voilà, parfois, elle a aussi des tendances cleptomane et décide de dérober le portefeuille d’un homme qui l’intrigue dans le métro. Manque de peau, il est flic, et en prime il est immunisé contre son pouvoir.

Les chroniques de Hallow commencent directement sur les chapeaux de roues. L’intrigue est très vite posée, l’héroïne est présentée et on s’y attache rapidement. Il n’y a que très peu de temps morts et pour être honnête, tout le roman est mené tambour battant. Je n’avais pas forcément énormément accroché à Maeve, l’héroïne précédente de Marika Gallman et j’avais trouvé le premier tome trop lent, ici les défauts sont corrigés. Les personnages sont immédiatement posés, Abby est une héroine toute en nuances et son frère Harrison est absolument génial.

les-chroniques-de-hallow,-tome-1---le-ballet-des-ombres---624639-250-400
Par contre, tout comme dans Maeve Regan, l’univers lui n’est pas beaucoup posé.  J’ai passé les 50 premières pages a imaginer Hallow comme Paris, en me disant qu’on était dans une capitale calquée sur la capitale française avant que l’auteure ne commence à parler d’Etats, et j’en ai déduis que c’était aux US mais ça pourrait aussi bien être au Canada. C’est quelque chose qui me gène toujours énormément pour pouvoir imaginer l’histoire dans ma tête.

On comprend petit a petit que les pouvoirs de Abby ne sont pas la par hasard et qu’elle n’est pas la seule qui ai des capacités paranormales. Les personnages secondaires ne sont pas en reste, que cela soit Harrison le frérot geek – qui n’a évidemment pas ce prénom pour rien – , Christopher le flic immunisé ou encore Smith le ténébreux milliardaire. Il semble y avoir tout un univers derrière mais ce premier tome nous laisse plutôt sur notre fin et on ne fait qu’effleurer le monde dans lequel Abby évolue.

Il s’agit bien sur d’un tome d’introduction et on devine aisément sous quelle forme va se prolonger l’aventure, une forme qui me fait plutôt plaisir car il semblerait qu’on évite les clichés de la bit-lit. Sans révolutionner le genre, Marika Gallman signe la le début d’une série prometteuse, interessante, avec son univers qui semble original mais seulement effleuré. Je serais curieuse de lire la suite dès sa sortie,  car tous les ingrédients semblent réunis pour que les Chroniques de Hallow soit une très bonne histoire.

 


Le Haut Seigneur de Trudi Canavan

dabYo dans Critiques, Livres le 20 juillet 2016, avec aucun commentaire
Critiques

Et nous y voilà pour le dernier volet de la Trilogie du Magicien Noir, sobrement intitulé Le Haut Seigneur de Trudi Canavan. C’est sorti en poche il y a quelques semaines chez Milady après avoir un grand succès dans le grand format il y a quelques années de cela, et j’avoue qu’après toutes ces heures passées en compagnie de Sonea et Dannyl, j’avais bien hâte de découvrir le fin mot de cette histoire. Pas de synopsis cette fois pour ne gâcher la surprise de personne, juste mes impressions sur un tome qui -j’espérais- aller clôturer la trilogie en beauté.

La Trilogie du Magicien Noir Tome 3 Le Haut Seigneur Trudi Canavan

Notre histoire se déroule toujours sur les Terres Alliées et prennent place à la guilde des magiciens qui reste le théâtre de nos aventures. Tandis que le premier tome La Guilde des Magiciens avait un rythme assez intéressant et prenant, ma lecture s’est un peu plus embourbée au milieu de La Novice, près de 800 pages où nous découvrons la vie d’apprentie de Sonea et celle d’ambassadeur de Dannyl mais sans jamais vraiment entrer dans le lard. Cela donnait l’impression de remplissage de la part de Trudi Canavan qui nous laissait entrevoir plein de mystères sans jamais oser nous donner un quelconque indice… Ou sans vraiment en faire profiter le lecteur.

Heureusement, je peux aisément dire que Le Haut Seigner est à la complète opposée de ce dernier. On retrouve un nombre de pages similaires mais c’est comme si Trudi Canavan avait tout conservé pour le sprint final. Le livre commence directement sur des révélations, sur ces quelques bribes d’informations qui auraient sans doute transformé le tome précédent en quelque chose de beaucoup plus excitant. Et puis ça s’emballe et tout continu dans une sorte de course contre la montre bien mise en place depuis le début de la série. Les évènements prennent tout leur sens, les révélations sont plaisantes et permettent de mieux entrevoir l’étendue de l’univers.

Alors on pourrait évidemment remettre en questions pas mal d’éléments, qui sont donnent l’impression qu’on est dans un monde assez parfait où les choses se déroulent bien même dans le pire des cas. Ça peut éventuellement faire tiquer mais ne choque pas pour autant, sans doute dû à la très bonne écriture de l’auteur qui rend tout ça passionnant et fait un peu oublier que certaines réactions manquent de réalisme et de profondeur.

La Trilogie du Magicien Noir Tome 3 Le Haut Seigneur Trudi CanavanOn pourra d’ailleurs argumenter sur ces qualités qui font que les révélations ne font pas too much et restent crédibles. Il y a comme on pouvait s’en douter des personnes dont la véritable nature n’est révélée qu’ici, mais c’est bien amené et ne choque pas. Alors certes, on ne tombe pas des nues et peut être qu’un peu plus de profondeur aurait été préférable, mais on évite le travers d’un paquet de romans du genre. De même, le traitement des relations entre les personnages est réussi, Sonea en elle même est réussie et devient quelqu’un à qui l’on s’attache, loin des caractères vus et revus du genre.

Au final, après un deuxième tome en demi-teinte, Le Haut Seigneur vient récompensé son lecteur pour tout ce temps passé en compagnie de Sonea sur les bancs de l’univers des magiciens. Une lecture très plaisante, qu’on dévore tant l’écriture de Trudi Canavan rend son récit prenant et addictif.


Saito San de Masahiro Fukuma

dabYo dans Films, Séries le 14 juillet 2016, avec aucun commentaire

On continue notre incursion dans le monde des Drama japonais avec Saito San, une série de onze épisodes écrite par Masahiro Fukuma et diffusée en 2008 par NTV. Après les hôtesses de l’air ou encore le yakuza qui se fait passer pour un lycéen pour obtenir le bac, c’est cette fois vers les mères de famille qui emmènent leur enfant à l’école maternelle que nous allons nous tourner. Oui oui, vous avez bien lu. Synopsis.

Saito San de Masahiro Fukuma

Mano Wakaba est la mère de Takeru et vient tout juste d’emménager avec son mari dans un nouveau quartier. C’est pour son fils que le changement est le plus difficile, il s’est fait exclure de son ancienne école maternelle pour violence envers les autres enfants, et Mano a peur que cette information circule parmi les autres mères d’enfants de l’école… Une de ses voisines, Saito, a son enfant dans la même classe et n’est pas très populaire auprès du quartier. Au lieu de faire profil bas, elle est toujours à rappeler qu’on ne jette pas les bouteilles de verre le mercredi et dès qu’une injustice a lieu, elle ne peut s’empêcher de s’en mêler pour rétablir le droit. Qu’est ce qu’elle est embêtante !

Depuis que nous regardons des Drama japonais je dis souvent dans ces colonnes que c’est une très bonne façon d’en découvrir les us et coutumes. En France une bonne partie des femmes travaillent, qu’elles soient ou non mères d’enfants. Mais s’il y a encore du travail pour garantir la parité chez nous, on est bien loin de l’état pitoyable de celle-ci au Japon, où une grande partie des mères deviennent mère au foyer et ont pour principale occupation l’éducation de leur enfant, comme principal cadre de vie celui qu’elle partage avec les mères des camarades de classe de leur enfant. C’est sur cet univers qu’est centré Saito-San.

Saito San de Masahiro Fukuma Gym

On découvre donc cet univers impitoyable dans lequel vivent les femmes japonaises, qui s’épient, se jugent, commèrent, le tout dans le respect du joug de la culture japonaise. Cette culture qui les poussent à tout intérioriser, à fuir le conflit, à accepter les humiliations pour ne pas faire de vagues pendant que les rares profiteurs jubilent impunément. Une sorte d’ambiance complètement toxique donc, qui met en exergue l’injustice chronique de la société japonaise, un vrai challenge à regarder tant cela peut être désespérément injuste pour le spectateur. Le second personnage principal, Mano, est obnubilée par ce que peuvent penser les autres mères, elle n’a qu’une peur c’est d’être exclue de leur groupe à cause des agissements de son fils Takeru. Du coup, plutôt que de se concentrer sur ce dernier, elle fait tout pour être bien vue quitte à délaisser ses réels besoins. Dans une même optique, plutôt que de chercher à résoudre les causes d’injustices, tout est fait pour qu’elles puissent perdurer, mais sans faire trop de vagues. Dur de se dire que c’est réellement réaliste, même si quelques connaissances japonaises semblent abonder dans ce sens.

Face à cet océan de conformisme et d’injustices, Saito-San notre personnage principal fait office de héros pour le spectateur, et la société japonaise dans son ensemble. Plutôt que de laisser les jeunes gens prendre les places des personnages âgées dans le train sans jamais se bouger, elle ira le leur reprocher. Icône japonaise d’après la professeure de Serafina -oula les références-, c’est donc une sorte de justicier à visage découvert, qui ose se heurter au conformisme de la société japonaise tout en sachant pertinemment qu’elle va plus en pâtir qu’autre chose. Combien d’épisodes nous montreront que finalement, ce sont les gens qu’elle veut aider qui le lui reproche le plus, par peur de faire des vagues. C’est du coup très dur à regarder, les injustices étant centrées autour d’enfants qui sont incapables de se prendre en main malheureusement.

Saito San de Masahiro Fukuma Gym

Ah ces enfants qui font du vélos sans être alignés !!!

Les épisodes passent et on s’accroche très vite aux personnages, Mano est tout simplement géniale. Avec son caractère qui passe de la joie complète à la tristesse et au stress total, c’est vraiment un personnage attachant dans lequel on peut tous un peu se reconnaître. Certes, c’est une personnalité bien loin de celles que l’on retrouve ici en France, mais on sait que ça peut exister, on la comprend. Saito quant à elle est tout simplement géniale, on ne peut que l’admirer. Les autres personnages sont eux aussi très « japonais », en tout cas donnent cette impression, avec de superbes références et cet esprit grégaire exacerbé.

Le rythme de la saison est assez lent au début, concentré sur des problem of the week à régler pour Saito, souvent quelque chose de centrer autour d’un problème d’une classe maternelle. Untel a volé un jeu, la kermesse doit être organisée, etc… Autour de ces problématiques l’histoire évolue entre les différents personnages de manière lente, mais prenante. J’ai vraiment apprécié les épisodes malgré une thématique (les enfants) qui ne me passionne vraiment pas.

Saito San de Masahiro Fukuma Family

Saito San est peut être l’héroïne du japon, mais c’est bien autour de Mano qu’est centrée la série, personnage dans lequel l’audience peut se projeter

Saito San est un Drama et vraiment, la façon dont les épisodes sont filmés et mis en scène le fait clairement ressentir. De nombreux moments sont très bien construits pour faire monter la détresse des situations et leur aspect dramatiques. Que ce soit via la musique très bien écrite et prenantes ou avec des montages de scènes exemplaires. La pression monte et on est pris au jeu.

Avec ces quelques épisodes, Saito San fini par nous convaincre de rester avec ces quelques enfants innocents dont est fait peu de cas. La série n’est pas sans défaut, et au final le personnage de Saito San représente tout de même un grand conformisme pour nous autres européens. Mais pas de quoi empêcher d’en profiter pour découvrir le Japon au travers d’une série très bien réalisée.


Platinum End de Takeshi Obata et Tsugumi Ohba

Platinum End Tome 1

Serafina dans Critiques, Livres le 10 juillet 2016, avec aucun commentaire
Critiques

Tsugumi Ohba et Takeshi Obata, l’un des duos les plus intéressants du manga, sont de retours. Lorsque nous étions au Japon à l’automne dernier, nous avions vu l’arrivée du tout premier chapitre de Platinum End dans le Jump Square. La série n’a pas mis très longtemps à arriver en France chez Kazé grâce à la popularité des auteurs. Synopsis ?

Platinum End de Takeshi Obata et Tsugumi Ohba

Mirai est un adolescent qui n’a plus goût à la vie. Lors de son dernier jour de collège, il se dirige vers le toit d’un immeuble avec pour objectif d’en finir. Mais il est rattrapé durant sa chute par Nessa, un Ange, qui va lui proposer des ailes et des flèches pour lui redonner goût à la vie. Paumé, Mirai accepte, le voici capable de voler mais aussi de rendre n’importe qui fou amoureux de lui pendant 33 jours.

Le synopsis peut vous sembler tordu et honnêtement il m’a un poil refroidie aussi. Mais bon, on parle de Obha et Obata à qui on doit Death Note et Bakuman alors j’ai envie de dire qu’on peut y aller les yeux fermés. Le dessin est évidemment magnifique, Obata étant un de mes auteurs préférés. C’est dynamique, les charadesigns sont recherchés et élégants, les compositions sont à tomber, je pense que je ne peux rien trouver à redire sur le dessin, c’est très lisible et extrêmement beau.

Platinum End de Takeshi Obata et Tsugumi OhbaAu niveau du scénario, cela va très très vite. J’ai lu Bakuman, je sais donc que les premiers chapitres décident de la vie ou de la mort d’une série, il est donc important de poser très très vite les bases et le concept. Celui-ci s’oriente rapidement vers une bataille entre le bien et le mal, un thème déjà vu dans Death Note. On a un héros lycéen, qui va devoir cacher ses pouvoirs, accompagné d’une créature surnaturelle fantasque, difficile de ne pas faire le parallèle avec Raito et Ryuuk’… Ce point me laisse un petit peu tiède, car j’ai l’impression de voir les mêmes archétypes encore et encore. Cependant, ce n’est que le tout premier tome, donc il faut attendre de voir.

Le premier tome se termine sur un gros cliffhanger et un twist assez inattendu qui a bien marché sur moi, je suis donc assez impatiente de lire la suite. C’est aussi agréable d’avoir une série parue en France si peu de temps après la parution japonaise. Le tome 2 paraitra le 24 août et je peux vous dire que je serais au rendez vous.

Si vous avez aimé Death Note et/ou Bakuman, il n’y a même pas à hésiter, allez lire Platinum End, cela augure du très bon ! A suivre cependant pour vérifier que les auteurs ne retombent pas dans leurs propres clichés.


En ce deuxième jour du Download Festival Paris 2016, la météo n’est clairement pas au beau fixe et les nuages ont rejoint la fête. C’est donc sous un ciel très nuageux que les festivaliers se dirigent vers l’hippodrome de Longchamp. L’herbe verte d’hier sous un grand soleil risque bien de faire place à un début de boue dégueulasse si les prévisions météo se confirment dans les heures qui suivent.

Download Festival Paris 2016

Aujourd’hui la tête d’affiche principale est Korn et comparativement avec Iron Maiden on peut sans trop se tromper dire que l’attrait n’est pas le même. Les hordes de fans de la bande à Eddy ont déserté, et bien que le groupe américain ait eu son heure de grand succès en étant là au début du Nu Metal, ils sont bien moins nombreux à être encore là pour venir les voir jouer en concert. De notre côté, Serafina est complètement fane et c’est principalement pour BabyMetal que nous avons fait le déplacement.

Ce deuxième jour est du coup beaucoup plus fluide que le premier, les navettes à la Porte Maillot sont fréquentes et loin d’être bondées. C’est simple, on aura à peine le temps d’arriver au niveau de la sortie de la station de métro qu’on prendra directement le bus direction hippodrome de Longchamp. Les files d’attentes pour rentrées sont courtes, le cashless est redevenu accessible, bref, c’est tout bénéf.

On arrive alors que Shinedown commence son set sous la tente. Un groupe que je ne connais pas et dont je n’avais pas pris la peine de découvrir la discographie, une erreur car au final leur musique est très accessible et sympa en live. Les premiers morceaux font l’effet d’un Interpol mélangé à des touches plus heavy ce qui donne des titres assez rentre dedans au final. Pour un premier groupe sur une petite scène il y a beaucoup de monde, bonne découverte en somme.

Apocalyptica au Download Festival Paris 2016

Les années passent et s’il y a bien quelque chose qui reste constante, ce sont les prestations du groupe aux cellos le plus populaire de la sphère Metal: décevantes. Avec un répertoire d’excellents titres qui envoient bien en live, notamment sur les albums Cult et Reflections, la setlist reste à chaque fois désespérément décevante.

Apocalyptica au Download Festival Paris 2016

Ça démarrait pourtant très bien et très fort avec trois morceaux complètement instrumentaux, qui a complètement subjugué la foule malgré le début des averses tant redoutées. Le son des contre basses est rentre dedans et ça tombe bien puisque c’est en général ce que les métaleux viennent chercher. De quoi en tout cas bien commencer cette deuxième journée.

Sauf que voilà, Apocalyptica souhaite être plus qu’un groupe d’instrumentistes avec quelques guests pour la voix, et pour nous le faire comprendre le groupe continue de s’efforcer à faire des morceaux tout ce qu’il y a de plus standard. Si on ne les voyait pas derrière leur contre basse, on ne verrait au final aucune différence. Ces morceaux là sont généralement plutôt mauvais et auront réussi à me sortir complètement de l’ambiance du live. Dommage.

On fait une petite pause au bar à vin pendant que Mass Hysteria s’époumone puis que Saxxon délivre un métal qui ne nous excite guère.

The Struts au Download Festival Paris 2016

Le prochain groupe sera un groupe de Glam Rock cette fois ci, avec The Struts qui passe sous la petite tente. J’étais persuadé d’avoir écouté ce groupe étant plus jeune, jusqu’à ce que je me rappelle qu’il s’agissait de The Rakes. Contrairement à BlackRain hier qui penche vers le Metal, ici on est face à quatre anglais qui font du rock de manière complètement assumée. Ça permet au Download de conserver son étiquette de festival assez cosmopolite. Ils en sont à à peine quatre ans de carrière et ont fait l’ouverture des Stones. Mais en assistant à leur show, on comprend très vite pourquoi.

The Struts au Download Festival Paris 2016

C’est un véritable mélange d’influences, avec des instrumentations et façons de chanter qui peuvent tantôt faire penser à du Queen, tantôt avec des chansons « sing along » de quelques groupes de Glam des années 70. Le tout est accompagné de très bons riffs et d’un chanteur qui a tout de la rockstar à l’aise sur scène. Vêtu d’une veste aux goûts criards, portant une mini robe sur son pantalon à l’esthétique tout aussi douteuse, il saute dans tous les sens et invective le public à tout va.

Ce dernier est très vite pris au jeu car les morceaux sont très faciles d’accès, avec des refrains qui rentrent dans la tête et qui se chantent très facilement. En deuxième partie de set, et sans doute parce que la discographie du groupe est assez petite, le chanteur va user et abuser de cette popularité pour gagner un maximum de temps. Dommage là dessus mais on ne leur en voudra pas trop.

BABYMETAL au Download Festival Paris 2016

BabyMetal au Download Paris 2016

Dire que BabyMetal était le groupe que j’attendais le plus de ce Download Paris 2016 serait un euphémisme: objectivement je ne venais que pour lui et cette exclusivité du festival est clairement ce qui m’a poussé à m’y intéresser. Autant dire que j’étais tout fou fou en attendant cette arrivée qui s’annonçait prometteuse. Fer de lance d’une culture japonaise qui nous est vraiment inconnue et saugrenue, ce groupe est caractéristique de ce que le Japon peut fournir de bizarre. Trois jeune filles qui chantent façon Pop pour adolescente sur de la musique Metal aux riffs acérés, le tout en exécutant des chorégraphies le reste du temps. Bizarre.

Et l’attente fut longue. Très longue. Au bout de dix minutes, elle prend fin avec une vidéo d’introduction parodiant Star Wars façon BabyMetal sauveurs de l’univers. La hype est totale ! Les musiciens entrent sur scène ! Et… plus rien! Pas de musique, rien, ils repartent et le public est livré à lui même pendant près de 20 minutes sans la moindre prise de parole de la part de l’organisation. Des problèmes techniques on en a vu un paquet, des annulations aussi, mais 30 minutes de retard sans aucune intervention, jamais. Heureusement pour calmer la foule les caméramans se jouent des cosplays et des travers du public métaleux, ce qui rendra l’attente moins difficile.

BABYMETAL au Download Festival Paris 2016

Le set finira par enfin démarrer avec plus de trente minutes de retard, ce qui nous laissera donc le temps d’avoir cinq petits morceaux du groupe dont un se fera sans micro pour deux des trois chanteuses. Une honte sans aucun doute et une grande frustration pour ma part, difficile d’apprécier le set avec ce type de conditions. Bref, oublions quelque peu ces problèmes pour nous concentrer sur la prestation en elle-même, bien que le tout ait déjà été gâché.

Les trois adolescentes débarquent donc dans leur habits d’écolières metal et sautent dans tous les sens pour faire leurs chorégraphies. C’est vraiment très impressionnant, très dynamique, bien qu’un poil déconcertant car très décorélé du reste des musiciens qui n’interagissent pas du tout avec elles. C’est là dessus pour moi un point faible de la prestation du groupe, où on a l’impression d’avoir un orchestre devant qui trois jeunes filles font leur propre spectacle, comme s’il manquait une âme à tout cela. Mais ceci est sans doute en partie dû à la culture de leur pays, où les interactions qu’on a l’habitude de voir sur la scène Metal ne sont pas du tout naturelle pour eux. Un choc des cultures certain.

BABYMETAL au Download Festival Paris 2016

Si c’est un poil bizarre de ce côté et qu’on peut trouver ça carrément hors sujet, les chorégraphies sont tout de même très en phase avec la musique et vraiment calées sur le rythme. C’est très impressionnant à quel point cela donne vie à la musique du groupe, à quel point cela doit être physique pour elles aussi. Dotées de micros-casques, les deux plus jeunes sont en charge des chœurs et des chants accompagnants, tandis que la chanteuse principale cumule les deux: souvent dans les chœurs, souvent dans la chorégraphie, et avec un vrai micro pour assurer le chant en solo. Malgré l’effort physique, elle chante plutôt très bien et réussi à faire passer le plein d’émotion qu’un morceau comme Karate contient. Une très belle performance vu le temps, les conditions, et ses propres efforts physiques.

Au final, ce sera une grande déception pour moi, mais qui confirmera mon envie d’aller les voir en vrai. C’est pour ma part en trainant des pieds et inconsolable qu’on ira voir Amon Amarth de loin. Les vikings venus du grand Nord ont mis les bouchées doubles et la scène est tout simplement superbe.

Korn au Download Festival Paris 2016

Dire que nous attendions Korn serait enjoliver la réalité. Si c’est moi, Serafina, qui rédige cette partie, c’est parce que je trépignais alors que dabYo était au mieux indifférent voir blasé. Il faut dire que depuis la claque magistrale que Korn m’avait mise au Sonisphère 2013, nous avons vu le groupe californien 3 fois, et je n’ai jamais été déçue. Ici, ils débarquent au Download avec une setlist en mode « Best Of » et un show d’une heure trente. Seuls quelques morceaux du dernier album Paradigm Shift seront joués et j’ai envie de dire, tant mieux.

Comme toujours avec Korn, pas de grand dispositif scénique ou quoi, le groupe a bien sur sorti le micro désigné par H. Giger mais ce sera tout. Je pourrais copier coller la review que j’ai fait au Sonisphère 2013. Korn, en live, c’est quelque chose. Le groupe est gonflé d’énergie et envoie du lourd dès l’entrée en scène magistrale sur Right Now, qui a le mérite de mettre tout le monde d’accord. Comme toujours Jonathan Davis est possédé, alterne entre les voix claires et hurlées, déborde de charisme et vit ses textes ce qui le rend assez fascinant. Head, Munky et Fieldy occupent la scène, dreads et looks douteux de sortie.

Download Festival Paris 2016

Qu’on aime ou pas Korn, difficile de critiquer leur présence scénique. Il n’ont pas besoin de supers effets derrière pour réussir à faire bouger le public. Évidemment, c’est aussi des morceaux cultes, que la foule connait par cœur, chantant du début à la fin. L’accueil est monumental sur des tubes comme Right Now, Here To Stay ou le final sur Freak on a Leash.

Le groupe ayant un set assez long, il ne nous épargnera malheureusement pas le solo de batterie de Ray Luzier, mais qui enchaine avec Blind alors je le pardonne. Dans la setlist, on notera aussi le surprenant Another Brick in the Wall que je n’avais jamais vu en live, et qui clôt le set, avant les rappels. La communication avec le public est assez rodée et pas énorme, mais Jonathan Davis n’a même pas besoin de demander pour que le Download en folie hurle a sa place les refrains.

Encore une fois, je ressortirais d’un concert de Korn, le sourire aux lèvres, les cervicales un poil douloureuses, et certaine de retourner les voir la prochaine fois qu’ils passeront. Ça tombe bien, c’est dans une semaine à Clisson.