if is Dead lance sa version 3 !

dabYo dans if is Dead le 29 janvier 2012, avec 1 commentaire
if is Dead

Après des dizaines de mois de préparation, des sommes faramineuses de jours-hommes dépensées avec les plus grands graphistes, développeurs et ergonomes du monde, l’équipe d’if is Dead et moi même sommes fiers de vous dévoiler en exclusivité mondiale (forcément), la nouvelle version du webzine !

Hipster Ariel if is Dead V3

Le violet grisé qui nous caractérisait, et que nous étions les seuls à voir comme violet par ailleurs, a laissé sa place à un moderne-tendance-branché-in combo gris-rouge des plus recherchés. Bon, certes, entre le début de la création du design et son lancement on a largement eu le temps de constater à quel point nous avions été copié (mais jamais égalé), avec en vrac la nouvelle interface Gmail ou encore Gamekult et toute la galaxie CNet. Mais bon, c’est normal quand on a bon goût.

Bien sûr, comme ici on ne fait pas les choses a moitié, mais plutôt à 10%, nous n’avons pas testé sous Internet Explorer, ni sous Linux, et encore moins sur des navigateurs obsolètes comme Internet Explorer 6. Mais si vous avez l’âme d’un beta testeur, et que nous aider vous fait envie, n’hésitez pas à nous dire ce qui pourrait mal s’afficher. Après tout, on sait jamais, on pourrait le corriger.

Bon sinon, on serait ravi de savoir ce que vous en pensez, quand même. Bon surf !


Anachromie de Kells

Serafina dans Critiques, Musique le 27 janvier 2012, avec aucun commentaire
Critiques

Après deux premiers albums plutôt bons dans leur genre, classé dans un Neo-Metal à chanteuse aux cotés d’un Lacuna Coil ou d’un Evanescence, et une réputation scénique qui n’est plus à faire, Kells sort en ce début d’année un troisième opus. Avec une sublime pochette monochrome, c’est cette fois sous le label français Season of Mist, présage de qualité s’il en est. Alors que vaut donc Anachromie, disponible depuis le 20 Janvier ?

Photo Promo de Anachromie de Kells

Contrairement aux précédents, pas d’introduction dans cet album, on arrive directement sur Bleu, dont le premier couplet est murmuré. Une entrée directe dans le vif du sujet qui va bien symboliser le reste de l’album. Après avoir été dans un premier temps catalogué de Evanescence à la francaise, puis rangé dans le rang Metal à chanteuse, Kells semble au fur et a mesure réussir à se débarrasser de cette image, proposant un Metal oui, à chanteuse, oui, mais qui lorgne plus du coté d’Angela que de Simone. Le changement qui se voyait déjà dans les concerts du groupe, leur chanteuse n’hésitant pas à se jeter dans la foule par exemple, se ressent fortement à l’écoute.

Si Virginie chante toujours très bien avec sa voix claire, de sa manière si particulière (phrases découpées un peu bizarrement, mots étirés) elle n’hésite pas non plus à hurler sur plusieurs pistes, ce qu’elle avait déjà fait sur La Sphère du précédent album en duo avec, Candice d’Eths. Qu’on aime ou pas, je ne peux que saluer cette initiative qui diffère de la production actuelle française et qui montre que les femmes dans le Metal ne servent pas qu’à faire leur princesse. Personnellement, je dois avouer que si les passages gueulés m’ont surprise, je les trouve plutôt bien amenés et réussis. Les cris font « vrai », pas forcément parfait, mais ils sont crédibles, et efficaces.

Photo Promo de Anachromie de Kells

Musicalement, on est dans la lignée de Lueurs, la patte Kells en plus énervée, plus violente, alors que Lueurs était plus atmosphérique. Plus direct, plus sombre aussi, le groupe semble prendre le contre-pied de la tendance actuelle, à savoir l’adoucissement. Les orchestrations symphoniques se font de moins en moins présentes, et à vrai dire, ce n’est pas forcément un mal. La plupart des morceaux n’en ont juste pas besoin. Emmurés avec ses cordes et ses chœurs est d’ailleurs sans doute un des morceaux que j’apprécie le moins, la faute aux orchestrations pas forcément nécessaires. Cependant, les ambiances ne sont pas en reste : boites à musiques sur Bleu, ambiances horrifiques sur Le Manège Déchanté, ambiances arabisantes sur l’Illusion d’une Aire.

Cover Anachromie de KellsLe groupe chante toujours en français, les paroles sont plus compréhensibles que précédemment mais personnellement j’ai quand même besoin du livret pour savoir de quoi tout cela parle. A noter que l’album contient les versions anglaises de deux morceaux, destinés sans doute à percer sur le marché étranger.

Au final, je ne peut que saluer ce nouvel album qu’est Anachromie. On aimera ou pas l’orientation de Kells, mais on ne peut surement pas leur reprocher de s’être vendu au grand capital. Là où la plupart des groupes s’assagissent, le combo lyonnais a choisi de prendre le contrepied et c’est tant mieux. Le groupe tournera tout d’abord en première partie de Eths au printemps, et si ils passent ensuite en solo dans la région, j’irais les revoir avec plaisir.


L’Anthologie Officielle des Utopiales 2011 est exactement ce que son titre laisse entendre. Ce sont donc sept auteurs qui se sont réunis autour d’un même thème cette année encore sous la bannière d’ActuSF. Quelques noms très connus ornent la couverture, qui reprend l’affiche du festival de Greg Broadmore. Parmi eux je citerai James Morrow, Lucius Shepard ou encore Roland C. Wagner. Comme de coutume, pas de synopsis pour les recueils, alors zou, direct dans l’action pour voir si la lecture de ce bouquin vaut le coup (et ses 12 euros).

Utopiales 2011

Je parlais de thème dans l’introduction et déjà je le sentais mal. La thématique adoptée pour 2011 est la suivante: Histoire(s). Je ne pense pas qu’on aurait pu faire plus vague pour le coup et c’est pour ça que l’on se retrouve avec des nouvelles certes de qualité pour certaines mais qui n’ont pas de « cohérence » au sein du recueil. D’un autre coté ça permet de plaire à tous les goûts en tapant allègrement dans la Science-Fiction, l’Uchronie, le Fantastique et le fourre-tout, ce dernier permettant de caser tout ce qui n’est pas identifiable. Concernant les dates originelles de parution des nouvelles présentes ici, excepté celle de Shepard datant de 1987, elles sont toutes de 2010-2011, on essaye donc pas de nous refourguer du lu et relu.

Comme de coutume, un petit topo des nouvelles que j’ai trouvé les plus intéressantes.

Le train de la réalité (Fragment) de Roland C. Wagner

Cette nouvelle c’est un petit peu mon coup de cœur et mon coup de gueule du recueil. J’ai trouvé l’histoire vraiment intéressante et captivante mais la manière dont c’est écrit est vraiment déplaisante et éprouvante. Imaginez eul’ gars, qu’écrit comme ça, d’l'argot à l’écrit pendant 40 fichues pages. Ça a eu vite fait de m’agacer et j’avoue avoir eu un mal de chien à m’accrocher.

Je veux bien que le personnage qui raconte n’est pas une flèche en orthographe, mais ce n’était pas une raison pour me faire saigner les yeux. Bref, c’est une histoire de Rock’N'Roll que l’on suit ici, avec un groupe dans les années 60 qui va aller faire un tour en Algérie, faire tomber les clichés et nous dépayser.

K**l Me, I’m Famous de Eric Holstein

Alors que j’en ai entendu dire par certains que la présence d’un des cofondateurs d’ActuSF dans le recueil était déplacé, et je peux dire après lecture de sa nouvelle qu’il mérite largement sa place ici. On reste dans le milieu du rock en rajoutant un petit coté fantastique à l’affaire pour le déroulement d’une histoire sous les yeux du narrateur, critique de musique.

Dans la vingtaine de pages qui la composent, on cherchera à comprendre le fin mot de l’histoire, peut-être même qu’on trouvera des métaphore et des sens cachés là où il n’y en a pas. Une chose est sûre, la lecture de cette nouvelle a été agréable et est arrivée à point nommé derrière celle de Tim Powers, Lignes Parallèles, à laquelle je n’ai rien compris.

Salvador de Lucius Shepard

Bienvenue dans l’enfer vert du Salvador où l’on va suivre les trips hallucinés de soldats complément drogués. Voyage onirique sur le champ de bataille, on tâtonnera pour trouver la frontière entre le rêve et la réalité. Pas foncièrement axé sur l’action, cette nouvelle donne tout de même dans un rythme assez soutenu, nous faisant partager le périple de ces hommes et l’étincelle de leurs vies, fragiles comme leurs ampoules de drogues.

Anthologie Officielle des Utopiales 2011Je noterai aussi la nouvelle de David Calvo, Pragmata, qui aura eu le mérite de me faire marrer de par son histoire et la manière dont elle est  racontée, mais chut, je ne vous spoile pas. Les nouvelles restantes ne sont pas mal non plus même si j’ai trouvé celle de James Morrow plutôt longuette et peu rythmée, et celle de Powers incompréhensible.

Mine de rien au final on se retrouve avec un bouquin qui vaut le coup d’œil. Si je regrette le manque de cohérence de l’ensemble, il serait dommage de passer à coté de certaines des nouvelles contenues dans ce recueil. Je note donc que l’Anthologie des Utopiales est un bon plan, surtout que si vous l’achetez là-bas, il y a moyen de se la faire dédicacer par les auteurs, qui étaient tous là pour les Utopiales 2011 si je ne m’abuse.


My Heart is Broken de Evanescence

Serafina dans Actualité, Musique le 24 janvier 2012, avec 2 commentaires

Le groupe mené par Amy Lee vient de sortir le clip de leur deuxième single extrait de leur CD éponyme, Evanescence, sorti en septembre 2011. C’est My Heart is Broken qui a été choisi, morceau un peu plus calme que What You Want, je vous laisse découvrir le clip.



Personnellement, j’ai toujours beaucoup aimé les clips d’Evanescence, or celui ci, pas du tout. Les effets spéciaux avec la lumière apparaissent tellement gros et tellement cheap qu’ils me donnent plus envie de rire qu’autre chose… Accessoirement, je trouve le refrain surjoué et la robe jaune pas vraiment jolie. Par contre, j’apprécie beaucoup les passages au piano, avec la jolie fourrure verte (non ceci n’est pas ironique).

Non, vraiment les groupes de Metal devraient arrêter de mettre du fantastique dans leurs clips. Dommage pour Evanescence qui nous avait habitué à sacrément mieux. Décidément, entre ça et la sortie de Dark Adrenaline le nouveau Lacuna Coil, les fans de Metal à chanteuse pour ados darkinous ont de quoi se réjouir.

Et vous, appréciez vous ce clip ?


Dark Adrenaline de Lacuna Coil

Serafina dans Critiques, Musique le , avec 1 commentaire
Critiques

Lacuna Coil est un groupe italien actif depuis 1994, évoluant à l’origine dans une mélange de Gothic, Rock, et Metal fort sympathique. J’ai découvert le groupe il y a bientôt une dizaine d’année à l’occasion de la sortie de Comalie, qui reste à mon avis leur meilleur album, et que j’ai tellement écouté que je le connais par cœur. Un sans faute. Et puis. Et puis Karmacode. Et puis Swallow Life. Des albums calibrés pour percer sur le marché des États-Unis, pompant des riffs Neo Metal, perdant pour moi leur âme, suivant le même chemin discutable que Within Temptation. La sortie de Dark Adrenaline n’avait pas grand chose pour m’enthousiasmer à la base, mais les interviews parlant d’un retour aux sources m’ont attirée. Alors que vaut ce Dark Adrenaline ?

Dark Adrenaline de Lacuna Coil

Tout d’abord, la couverture est assez spéciale, avec son coté médical, on pense plus à un album de Neo pouvant potentiellement annoncer le pire. D’un autre côté, la couverture de Comalies était un tournesol et celle de Swallow Life une grenade… Il existe apparemment une couverture alternative, représentant une gamine en train de pleurer en noir et blanc, plus axée darkinou . Et la différence entre ces deux couvertures augure tout l’album.

Sans parler réellement de retour aux sources, on retrouve sur ce morceau un certain nombre d’éléments qui avaient fait ma joie au moment de Comalies et In a Reverie: des lignes de chants étirées, des passages mélodiques et un peu atmosphériques, notamment sur les refrains de Kill The Light et son « I don’t know what to do » qui font furieusement penser à la belle époque, et plus précisément à Self Deception. On notera aussi l’introduction et le pont de Give Me Something More, qui n’auraient pas dépareillé sur Comalies, le refrain lui, étant bien plus Neo.

Cristina Scabbia chante toujours aussi bien avec sa voix angélique, même si elle se tire plutôt bien des passages plutôt graves. On regrettera quand même que sa voix ait un petit coté nasillard sur Upside Down. Andrea Ferro qui lui donne comme d’habitude la réplique, est supportable sans être réellement génial. Il faut dire qu’il ne l’a jamais réellement été de toute manière, mais cela démarque tout de même Lacuna Coil des autres formations du genre.

Alternative Cover de Dark Adrenaline de Lacuna Coil

La supposée couverture alternative de Dark Adrenaline

Au cours des 42 minutes, on pourra cependant reprocher une certaine linéarité, sans trop de surprise. Car oui, malgré les 12 titres, l’album est plutôt court, les morceaux ne dépassant que rarement les 4 minutes, bien calibrés pour la radio, avec des constructions très linéaires. Alors oui les refrains sont catchy, les lignes de chant maitrisées, et ça rentre un peu rapidement dans la tête, mais malheureusement trop de morceaux sont sur le même moule. On notera cependant une jolie power ballad, la seule de l’album ou presque, dans End of Time, mignonne, mais 4 fois le même refrain en 3 minutes, c’est un peu trop malheureusement. Seule exception, le final de 5 minutes, ballade doomesque en hommage à Peter Steele de Type O Negative.

Cover de Dark Adrenaline de Lacuna CoilMais si on retrouve de nombreux passages qui rappellent les débuts du groupe, les années Neo Metal ne sont pas oubliées avec un ou deux titres qui auraient clairement pu faire partie des deux albums précédents, comme I Don’t Believe In Tomorrow. Upside Down avec les riffs classiques sans réelle originalité aussi, sans parler des reprises douteuses non plus avec ce que j’appellerais un massacre de Loosing My Religion de REM. Alors certes, le morceau est totalement retravaillé, mais il est loin d’égaler l’original.

Dans l’ensemble ce Dark Adrenaline est donc un pont entre Comalies et Karmacode, sans être totalement orienté Goth ni Neo, l’équilibre entre les deux périodes du groupe semble enfin être atteint. Comme si Lacuna Coil avait enfin considéré qu’il était possible de tenter le grand public sans perdre toute sa spécificité. Sans réellement être la révélation de l’année, cet album me convainc plus que les deux précédents. Si l’époque Comalies est belle et bien terminée, cet album est tout à fait honorable, moins « vendu » que les précédents et agréable à l’écoute.


C’est Lundi, que lisez vous ? #30

Serafina dans Actualités, Livres le 23 janvier 2012, avec 11 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine.

Serafina


Strange Angels de Lili St CrowLa semaine dernière j’ai terminé Strange Angels de Lili St Crow. Si on omet que le résumé n’a que peu de rapport avec le réel contenu, c’est un roman Young Adult qui est très sympa. Je suis cependant partagée sur son univers, qui semble être très similaire à celui de Vampire Academy, que je n’ai pas lu. Cependant, cela se lit bien, le ton n’est pas trop « jeune » et les personnages sont sympas.

J’ai directement enchainé sur Le Sacrifice des Damnés, le  tome 2 du cycle des Âmes Déchues de Stéphane Soutoul. On retrouve la qualité coutumière à l’auteur, le livre est très dynamique, bien plus que le tome 1 Le Mal en la Demeure, grâce à des alternances de point de vue très bien foutues, et le roman se dévore. Je pense le terminer dans la semaine.

dabYo


La Première Mort de Patrick Eris aux éditions LokomodoJ’ai donc continué et quasiment terminée ma lecture de La Première Mort de Patrick Eris aux éditions Lokomodo. Je dois avouer que je suis assez perplexe sur ce roman, on est vraiment loin des clichés du genre Polar. Comme je le disais, il y a certes des meurtres, etc, mais le roman est somme tout très posé. L’introspection du début continue, et finalement, le roman tient plus de l’expérience de vie que de la réelle histoire.

Non pas qu’il n’y en ait pas, bien au contraire, mais on s’attarde là plus sur l’histoire de notre héroïne, sa façon de vivre le meurtre d’un de ses proches par un criminel, que sur la résolution de l’enquête. C’est différent, et surprenant lorsqu’on s’attend à un roman de genre.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?


Opera Diabolicus est un projet d’Opera Metal centré autour de la Comtesse Bathory, personnage fascinant s’il en est. Et surtout ce projet regroupe du beau monde : Snowy Shaw, Mats Levèn entre autres. Une raison somme toute suffisante pour me faire attendre impatiemment de pouvoir mettre l’oreille sur l’album 1614, sortie prévu pour le 20 Janvier. Enfin, à l’heure ou cet article sera publié, cela sera sans doute déjà fait.

Pour ce premier titre aux relents très Doom, il faut l’avouer, on flirte avec le kitch et le cliché dans le clip. Musicalement, c’est sympathique et j’aime pas mal la voix de Sandra Hila qui interprête ici Bathory dont certaines lignes de chant me font penser à Dreams of Sanity. Snowy en King Mathias … fait du Snowy, mais moi j’adore. Malheureusement, les paroles sont un peu « cheap », le problème des albums à histoire sans doute…

Je suis vraiment impatiente de la sortie de l’album repoussée depuis si longtemps pour des problèmes financier (le groupe a changé de label, etc). Et vous connaissiez vous ? Charmés ?


Les Tangences Divines de Franck Ferric

dabYo dans Critiques, Livres le 20 janvier 2012, avec aucun commentaire
Critiques

Les Tangences Divines est un roman de Franck Ferric sorti aux éditions du Riez à la rentrée de l’année dernière. L’auteur d’imaginaire français n’est pas inconnu de nos colonnes puisqu’il avait déjà plus que conquis Serafina avec son premier roman, La Loi du Désert, et LuxtExMachina avec son recueil de nouvelles Marches Nocturnes, récemment réédité en poche par Lokomodo. Reste à voir si la magie allait opérer de la même façon sur moi. Pour ce second roman, c’est dans les égouts que nous allons nous diriger, ceux de notre capitale Paris. Sa superbe couverture est signée Bastien Lecouffe-Deharme. Synopsis.

Les Tangences Divines de Franck Ferric

Théodule est égoutier à Paris, il fait équipe avec un grand black fan de Jazz, et truc, enfin, le nouveau quoi. Sa vie n’est pas folichonne, son mariage semble battre de l’aile, mais il s’en contente plus ou moins. Se lever tôt, se crever à la tâche et au milieu de la puanteur de la capitale, rentrer pour s’endormir devant la télé, être engueulé par sa femme quand elle rentre à son tour car il n’a rien foutu de son après-midi, manger, puis s’endormir. Recommencer. Enfin, ça c’était jusqu’à ce qu’il fasse son malaise dans les égouts et découvre l’envers du décors de notre monde.

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre de ce roman, et je dois avouer que j’ai été franchement surpris. Notre histoire se déroule donc à Paris, notre héros est un égoutier, et doit sans doute être le seul égoutier dont j’ai jamais suivi les tribulations. Il faut dire que Théodule n’est pas du tout le type de personnage qui est mis en avant habituellement. Il a une vie ordinaire, pas franchement à la hauteur de ce qu’il avait pu espérer, mais bon, ça lui suffit. Il est en soit un peu n’importe qui, et le lecteur peut aisément s’y identifier, ou tout du moins, le comprendre. Bon, il a certes quelques traits de caractère particulier, notamment un certain jemenfoutisme et manque d’entrain qui peuvent parfois étonner, mais qui ne sont pas du tout déplaisant.

Franck Ferric

Franck Ferric

Le livre a un côté très terre à terre, de par son héros qu’on pourrait qualifier d’ordinaire, mais aussi et surtout avec sa narration. Faite au présent, avec des descriptions au présent et l’action au présent, les différents détails de la vie du héros prennent une grosse importance sur notre histoire. Alors oui, parfois on le suit dans le feu de l’action, mais d’autre fois, on patiente à ses côtés pendant qu’il mange sa pomme ou cherche ses clefs. Ces détails qu’on pourrait qualifier d’inutiles peuvent laisser perplexe. J’avoue que cela a été mon cas à certains moments, cela dit, ça donne un certain atmosphère au livre, une sorte de force tranquille que j’ai plutôt appréciée. On pourra malheureusement regretter l’abus du il, les répétitions qu’il procure se remarquent rapidement sur certains passages.

Notre histoire se déroule certes à Paris, mais il s’agit tout de même d’un livre de genre Fantastique, qui dans son univers m’a fait penser au roman de Terry Pratchett, Les Petits Dieux et autres Neil Gaiman. Pour ne pas révéler l’histoire ni gâcher la surprise et la découverte de l’univers, je ne peux pas en dire beaucoup plus, mais c’est vraiment quelque chose de très sympathique à lire. Les idées sont plutôt originales et on peut plus ou moins les qualifier de complètement tripesque. Le tout est loufoque mais plutôt cohérent lorsqu’on se prend au jeu. Et je m’y suis largement pris, ce qui est d’autant plus agréable. L’échappée en avant de notre personnage dans un univers loufoque est d’autant plus absurde que Théodule reste affreusement terre à terre. Quand il ne pense pas à ses clefs, c’est sa femme qui occupe ses pensées. Va-t-il réussir à se faire pardonner ? Ne faudrait-il pas qu’il les laissent tous là en plan, pour reprendre sa petite vie pépère ?

Les Tangences Divines de Franck FerricDerrière l’absurde se cache aussi un grand cynisme, une critique de notre société, de notre façon de vivre. On pourra la trouver juste, facile, ou erronée, et je suppose que tout dépendra des convictions du lecteur. Cela dit, à aucun moment cela ne gâche la lecture, qu’on partage les idées ou non. Franck Ferric propose une vision posée, non manichéenne, loin de la revendication malvenue ou du roman moralisateur. Je dirai plutôt que j’en ai vu ressortir une sorte de c’est mal foutu, mais c’est la vie.

Au final, Les Tangences Divines était une lecture sympathique qui m’a pris et m’a donné envie de poursuivre ma lecture pour savoir ce qu’il allait bien pouvoir advenir de notre héros. Je regretterai simplement sa narration au présent, qui m’a parfois déçu. C’était un agréable moment passé avec Théodule, un périple agréable et surprenant dans la capitale de Paris qui nous offre là un notre Neverwhere franco-français. Un bon moyen de découvrir Franck Ferric en tout cas.


…is Alive ! de Snowy Shaw

Serafina dans Critiques, Musique le 18 janvier 2012, avec aucun commentaire
Critiques

Snowy Shaw est un mercenaire, un multi-instrumentaliste dont la liste de groupes avec lesquels il a collaboré est longue comme mon bras. Et pas n’importe quels groupes, entre autres, King Diamond, Mercyful Fate, Dream Evil, Dimmu Borgir, Deathstars et bien sur Therion. L’année dernière, il a fait une sorte de show dédiée à sa propre gloire où il joue sur scène un peu de tous les groupes auxquels il a participé. Le show a été enregistré et vient de sortir en album sur Spotify, iTunes, et autres services de dématérialisation. Servi par une très belle cover de All Things Rotten, une sortie physique en vinyle est envisagée, mais je n’ai pas d’informations dessus.

Plusieurs artworks de All Things Rotten sont disponible sur son DeviantArt en très bonne qualité

…is Alive ! se compose donc de 18 morceaux, le 4ème étant juste parlé, de groupes différents avec divers guests. Une sorte d’ego-trip, une rétrospective un brin arrogante, mais après tout pourquoi pas. Je dois avouer être assez perplexe sur le principe, ça fait un peu beaucoup prétentieux, mais bon le concept reste vachement original, bon pour les fangrills, et plutôt bien ficelé.

A vrai dire, au vu du nombre de groupes et des styles assez différents, je m’attendais un peu au pire. Mais en réalité, il n’en est rien, les morceaux s’enchainent très bien, des plus symphoniques aux plus physiques, les reprises de King Diamond notamment. Il n’y a pas de temps mort. L’équilibre entre ses groupes est plutôt bon comme vous pouvez le voir ci-dessous. A noter, Snowy Shaw n’a écrit, voire même participé à l’enregistrement, que très peu de ces morceaux, cependant, il les a souvent interprétées live, ce qui  justifie leur présence. Je parle ici notamment des reprises de King Diamond ou Therion.

Snowy Shaw

  1. Black Funeral (Mercyful Fate)
  2. Typhon (Therion)
  3. Book Of Heavy Metal  (Dream Evil)
  4. Introduxtion De La Ronque
  5. Whether With or Without  (Illwill)
  6. Progenies Of The Great Apocalypse (Dimmu Borgir)
  7. Blacksmith & Co (Notre Dame)
  8. Man or Mouse  (Dream Evil)
  9. The Candle (King Diamond)
  10. Bouffoon Bloody Bouffoon (Notre Dame)
  11. The Rhyme / Seeds of Hatred (Memento Mori)
  12. I Want You To Want Me (Cheap Trick Cover)
  13. The Medley
  14. The Fashionista (XXX)
  15. Eye Of The Witch (King Diamond)
  16. Sleepless Nights (King Diamond)
  17. Singh Hai (IllWill)
  18. Vlad The Impaler (Notre Dame)
  19. To Mega Therion (Therion)

J’ai particulièrement apprécié la présence de Typhon, un morceau de Therion, originellement chanté par Christofer Johnsson mais que Snowy reprend à merveille. A noter, certains morceaux joués en live n’ont pas été mis sur le CD, c’est notamment le cas de la reprise de My Generation des Who qu’il chantait avec Mats Levén et Thomas Vikstrom, sans doute pour des raisons de droits. En effet, le musicien accueille sur cet album un certain nombres de guests, notamment Andy De La Rocque (King Diamond, IllWill , etc) à la guitare, Mats Levén (Therion, Krux) au chant, ou Hal Patino (King Diamond) à la basse. C’est évidemment pour le plus grand plaisir des fans qui peuvent comme moi considérer que Mats est le meilleur chanteur de Therion.

Il faudra noter que l’album a été post-produit par l’artiste lui même, n’est édité sur aucun label, et est donc de l’auto-produit pur. Je dois dire que si je salue la performance, qui est plutôt bonne, elle explique aussi peut être pourquoi les cris du public sont si présents sur les enregistrements. Peut être que quelques intermédiaires auraient pu travailler là dessus, et donner un peu moins l’impression qu’une partie de l’album ressemble à un enregistrement assez brut.

...Is Alive de Snowy ShawUn enregistrement DVD a été effectué, et une sortie est prévue après les festivals de cet été où il compte se produire en live. Au vu de la vidéo-teaser, ça a l’air d’être un sacré show, ce qui n’est pas bien étonnant le personnage étant avant tout un vrai showman. Je dois vous avouer espérer secrètement sa présence à Clisson.

Au final, …is Alive de Snowy Shaw est un album très sympathique à écouter. On pourra être un peu déstabilisé par l’importance des cris du public, mais la plupart des enregistrements restent d’une excellente qualité. Cela dit, ce sera surement une fois en DVD que le show prendra toute son ampleur, tant l’artiste semble avoir soigné son casting, sa présentation et sa présence scénique.

Et puis, si vous n’avez jamais jeté une oreille à ses différents groupes, ou à son parcours, c’est peut être le moment de le faire.


Le Chant des Psychomorphes de Laurent Whale

illman dans Critiques, Livres le 17 janvier 2012, avec aucun commentaire
Critiques

Le Chant des Psychomorphes est le premier roman de l’auteur franco-britannique Laurent Whale paru en 2006 aux éditions Rivière Blanche et réédité ici en format poche par Lokomodo. La couverture est d’Alexandre Bonvalot et donne tout de suite le ton de ce Space Opera de quelques 260 pages. On démarre comme de coutume par le synopsis de la bête.

Le Chant des Psycomorphes de Laurent Whale aux éditions Lokomodo

Zéar est un fonctionnaire mais pas du type qui gratte du papier derrière un bureau sur Novo-Petersbourg. Il a déjà eu l’occasion de rouler sa bosse dans la galaxie en tant que contrôleur des taxes commerciales. Alors que l’ennui et la routine semblaient néanmoins le rattraper, la rencontre avec un cafard d’ambassade, selon ses propres termes, va le plonger malgré lui dans une machination qui dépasse tout ce que l’humanité avait pu fomenter dans le passé. Maintenant fugitif, il n’a plus qu’une idée, disparaître du paysage le temps que tout ce bazar se tasse, mais le bazar ne va pas le lâcher.

Notre héros Zéar avait tout pour me plaire: désabusé, totalement déboussolé par sa fuite précipitée, il ne veut pas être un héros, il veut juste ne pas se faire tuer. Il donne un peu une impression de M. tout-le-monde en cavale, mais avec la licence de pilote, et ça aide forcément à se rapprocher du personnage. Il ne sera pas tout seul dans cette galère, un jeune homme Tingal, viendra lui tenir compagnie. Débrouillard mais encore naïf, on découvrira la galaxie à travers ses yeux qui n’avaient jamais vu l’espace avant. Ce « couple » est bien travaillé et leurs interactions ne manquent pas d’humour pour certaines, bref des personnages sympathiques.

Il y a bien sur un cast féminin, faire valoir à l’holywoodienne, elles ont tout de même un rôle et une importance non négligeable dans l’histoire. En ce qui concerne l’antagonisme dans l’affaire, des méchants sont bien de la partie, ils sont un peu effacés mais l’histoire n’avait besoin d’eux que pour les twists du scénario, et ce n’est pas plus mal vu le peu de charisme qu’ils ont.

Le Chant des Psycomorphes de Laurent Whale aux éditions Rivière Blanche

L’intrigue a réussi à me surprendre, alors que je croyais fermement pendant tout le premier chapitre au classique complot intergalactique mettant sur le devant de la scène Zéar, l’auteur en profite pour calmer allègrement mes ardeurs dès le second chapitre, me signalant au passage que son histoire pourrait bien être plus intéressante que prévu. Nos héros crapahuteront dans un tas de lieu divers et variés, allant de la jungle urbaine à la jungle tropicale. Malgré la faible épaisseur du roman, l’auteur nous livre les clés de son univers au travers de sa géopolitique, montrant ainsi une certaine recherche pour nous proposer un environnement cohérent. Il y a juste, et ce n’est sans doute qu’une impression, que ledit univers me parait un peu petit en terme de distance.

Le Chant des Psycomorphes de Laurent Whale aux éditions LokomodoLaurent Whale va à l’essentiel dans sa narration, on enchaîne les scènes avec fluidité. Il y a juste un passage que je n’ai pas trouvé bien clair, mais vu que cela ne nuisait pas à la compréhension globale et que cela se passait dans un relatif chaos, je vais cacher ce détail sous le tapis. Depuis tout à l’heure j’utilise des termes qui font sans doute penser au cinéma, c’est sans doute parce qu’inconsciemment, je le verrai bien adapté en film ce bouquin, ça pourrait faire du bon Space Opera de derrière les fagots.

Le Chant des Psychomophes est donc une plutôt bonne surprise pour ce début d’année, dans un genre pas forcément évident à renouveler. Laurent Whale s’en tire vraiment bien et m’a donné envie de jeter un coup d’œil à ses autres ouvrages, même si le prix de son dernier bouquin Les étoiles s’en balancent (25 €) chez Rivière Blanche m’a légèrement refroidi. Celui-ci, en poche, vaut en tout cas assurément son prix.