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Black Summer de Warren Ellis et Juan Jose Ryp

Le comic où j'ai paumé la frontière entre gentils et méchants

illman dans Comic, Critiques, Livres le 16 mai 2012, avec aucun commentaire
Critiques

Black Summer fait partie du triptyque sur les surhommes du scénariste Warren Ellis, qu’on ne présente plus. On retrouve au dessin Juan Jose Ryp avec lequel il collaborera plusieurs fois, notamment sur No Hero déjà chroniqué ici. C’est chez Milady Graphics en 2009 que nous est arrivé ce tome avec pour éditeur en version originale Avatar Press. Qu’en est il de cette production de mon scénariste préféré ? Direction le synopsis.

Black Summer de Warren Ellis et Juan Jose Ryp

Quand on combat pour le bien, jusqu’où peut-on aller ? Il existe un groupe de défense civile composé d’êtres augmentés pour l’attaque, les Armes. Aujourd’hui, John Horus, l’un de ses membres, décide de rendre la justice en supprimant l’autorité suprême qu’il juge corrompue, il assassine le président des États-Unis. S’en suit une chasse à l’homme contre lui et ses anciens compagnons alors que les fantômes du passé ressurgissent.

On est donc face à une histoire de super-héros complexe qui dépasse le basique de la surenchère de what the fuck comme d’autres éditeurs savent le faire, Marvel par exemple. Comme à son habitude, Ellis réussit encore une fois à surprendre avec cette fable sur la justice et le bien. Fidèle à lui même, il y dénonce les maux de la société moderne sans pour autant être aussi incisif qu’il le sera dans d’autres de ces œuvres.Il lève ici des questions morales dont je suis bien loin d’avoir la réponse, et les réponses qu’apportent les différents personnages ne satisferont pas tout le monde. Et les personnages, leur passé, motivations, sont bien le point fort de Ellis.

Mettre en scène une équipe de super héros névrosés complétement addict à leur pouvoir, ou se réveillant d’un long séjour en compagnie d’une bouteille, n’est pas chose aisée. Mais Ellis va réussir à seulement mouiller les pieds dans le domaine des stéréotypes, et s’en tire plutôt très bien en centrant son récit sur une ancienne Arme, unijambiste et alcoolique mais qui cache bien son jeu et est plus complexe qu’il n’y paraît. Bien sur les autres personnages constituant cette équipe seront aussi développés, mais c’est forcément un peu succinct vu l’épaisseur du bouquin. L’auteur aura pour cela recours au traditionnel flashback pour nous en apprendre plus sur ses Armes, en gardant bien sûr quelques secrets qui feront divaguer les fans comme le destin de Laura, personnage absent mais au combien central.

Black Summer de Warren Ellis et Juan Jose Ryp Planche

En ce qui concerne le dessin, Black Summer est antérieur à No Hero sorti la même année. C’est légèrement plus brut ici avec un niveau équivalent. Le dessin de certains personnages est un peu faibles dans certaines cases, mais rien de sérieux et ils sont loin d’être transcendants sur l’ensemble sans leur costumes, à part peut-être Tom Noir. On retrouve aussi la désagréable manie de Ryp de faire une sorte d’effet purée mousseline sur certains mouvements, c’est moche mais moins choquant que dans No Hero. L’histoire fait aussi la part belle à un déchainement de violence graphique qui fait que ce n’est pas encore pour toutes les mains, même si ça reste plutôt décent et pas trop gore par rapport à d’autres productions que j’ai vu passer ces derniers temps. Les scènes de baston sont fourmillantes mais sans être brouillonnes. Le sieur peine un petit peu sur sa mise en scène, j’ai trouvé le découpage et la dynamique de l’ensemble un peu fade, conventionnels. Les couvertures alternatives en fin de volume sont par contre de toute beauté.

Black Summer de Warren Ellis et Juan Jose Ryp CouverturePour ce qui est de l’édition de Milady Graphics, elle est toujours très classe en softcover avec une couverture qui met tout de suite dans l’ambiance pour la suite de ses 192 pages. Au rang des ragots, une option pour une adaptation en film a été prise sur ce bouquin.

Black Summer propose peut-être l’une des plus faibles histoire scénaristiquement pour Warren Ellis, pas forcément soutenue par le dessin d’un Juan Jose Ryp pas au top. Cela n’en reste pas moins au dessus de la moyenne et j’ai pris grand plaisir à lire ce premier tome. C’est donc une valeur sûre comme la majorité du temps avec Ellis aux commandes.


Après ma critique de la biographie de Marc Bolan, il fallait bien que je parle de sa musique. J’ai donc choisi sur mon étagère cet album, quasi best-of composé de 2 CDs et de 45 pistes, sorti en 2005. La compilation est édité par Demon Music Group et dirigée par Dr Robert (nan mais c’est qui ce mec ?). Je peux vous assurer que c’est compliqué de trouver un CD intéressant du groupe, il faut déjà passer l’épreuve de la graphie, T.Rex, T-Rex, ou T. Rex ? J’en passe, et pas des meilleurs, ce qui rend les recherches au mieux complexes, au pire chiantes, notamment si vous utilisez Spotify. Le pire c’est que Children of the Revolution, An introduction to Marc Bolan n’est disponible qu’en import, même si Amazon fait que ce n’est plus un problème. Bon, si on parlait musique maintenant.

Children of the Revolution, An introduction to Marc Bolan, de T.Rex

La compilation ressemble à une foire, il n’y a pas vraiment de cohérence dans l’ordre de titres, pas de distinction par époque par exemple. Enfin si, mais c’est plutôt léger, c’est un peu tout mélangé. On démarre le CD1 avec l’excellent 20th Century Boy, chanson que j’adore, pour enchaîner sur ses plus gros titres majoritairement tiré de l’album Tanx. Le Glam Rock est bien en route, riffs de guitare endiablés, avec la voix chevrotante et envoutante de Marc Bolan par dessus, on sent une certaine extravagance. Musicalement, c’est un peu une sorte de florilège de ses meilleurs titres, avec certains qui ont été entendus plus tard grâce à des reprises, Buick Mackane par les Guns ou encore Children of the Revolution par Scorpions pour n’en citer que deux.

Arrivé au CD2 on commence à atteindre des chansons pétries de faiblesses, avec des morceaux Pop pas terribles où Marc Bolan se laissait aller à la simplicité des refrains scandés en boucle, comme sur l’insupportable Think Zinc. On retrouve aussi la désespérément mielleuse Whatever happened to the Teenage Dream qui, même si elle n’est pas spécialement mauvaise, fait un peu tache au milieu des autres pistes. Pour remonter le niveau, des pistes plus intéressantes comme Broken-Hearted Blues tiré de Tanx, toujours lui, se baladent sur la liste. Ce deuxième CD n’est guère sorti de sa boite avec moi.

Tanx de T.Rex

Une bonne partie des titres est tirée de l'album Tanx

Ce qui peut surprendre aussi, c’est qu’il y a beaucoup de chœur sur les chansons de T.Rex, et c’est encore plus marqué sur les chansons de l’époque, où il se tournait vers la Soul et tentait de conquérir l’Amérique. C’est notamment le cas pendant la période de l’album Tanx, et sur les chansons Mad Donna et Country Honey par exemple. Ce coté systématique n’existe plus dans le Pop Rock de nos jours.

Après on peut râler plus fort sur le contenu vu qu’on ne trouve pas son premier tube, Ride a white swan. Pour l’introduire, peut être que le premier hit de Marc Bolan, ça aurait été pas mal. Mais encore, admettons. Hérésie ultime par contre, il n’y a même pas Get it On. Pour remettre les pendules à l’heure, tout ce qui date d’avant l’album The Slider, son 7ème album, n’est pas présent et je trouve ça terriblement dommage. D’un autre coté ça doit être un enfer de droits, entre les rééditions, les changements de maisons de disque, les rachats, on n’y comprend plus rien au bout d’un moment… Par exemple, pour illustrer le beau bazar, 20th Century Boy n’est présent sur aucun album original mais sur la réédition de 73 de Tanx.

Children of the Revolution, An introduction to Marc Bolan, de T.Rex CoverPour le packaging, on donne dans le classique jewel case, avec le support pour deux CDs à l’intérieur, donc rien de bien solide. Le booklet se contente du strict minimum, deux photos, un petit texte sur Marc Bolan et la liste des pistes. Pas transcendant, heureusement qu’il n’y a pas marqué collector sur la boite. Les artworks sur les CD reprennent des photos du booklet et j’avoue avoir un faible pour le premier CD qui reprend la pochette de l’album. Le tout est inséré dans un carton pas très utile ni beau.

Au final, Children of the Revolution, An introduction to Marc Bolan est une compilation qui ne regroupe pas vraiment le meilleur de T.Rex, et qui ne fait pas dans l’exhaustif, c’est un dispensable. Mieux vaut se tourner vers The Essential Collection, Marc Bolan & T.Rex, ou sur un album d’époque comme Tanx, The Slider ou encore Dandy in the Underworld. Par contre brûlez, Bolan’s Zip Gun. On se quitte sur ma chanson préférée du groupe, avec des images d’archives qui vous permettra sans doute de vous faire une idée.


HtH#12: Let Them Fall de Saint Vitus

Découvrons les groupes à l'affiche du Hellfest 2012

illman dans Actualité, Musique le 13 mai 2012, avec 1 commentaire

Affiche du Hellfest 2012Les 15, 16 et 17 Juin 2012 se tiendra en terres clissonaises la nouvelle édition du plus grand festival français consacré au Metal, le Hellfest 2012.

L'équipe s'y rendant comme à son habitude pour avoir sa dose annuelle de concerts en plein air, nous vous proposons chaque dimanche de la semaine jusqu'aux jours J de découvrir l'un des groupes de l'affiche que nous comptons aller voir, à travers un clip ou une vidéo. Vous pouvez aussi consulter l'affiche du Hellfest 2012. C'est notre Highway to Hellfest 2012.

J’ai découvert Saint Vitus quand je me suis mis au Doom il y a deux ans, le groupe ne m’avait pas spécialement marqué à l’époque, occupé que j’étais à l’époque à découvrir des groupes par trouzaines. Heureusement j’étais revenu dessus grâce à l’hymne Doom Metal par excellence, Born Too Late. Saint Vitus, c’est un peu des monstres sacrés du genre, surtout que Scott « Wino » Weinrich, leur, sans doute, meilleur chanteur fait à nouveau partie de l’aventure et que c’est une bête.

Let Them Fall est tiré de leur album Lillie : F-65 sorti le mois dernier. Bien évidemment, j’ai le digipack en ma possession et je ne priverais pas de me fendre d’une petite chronique. Après 17 ans sans albums et 22 ans pour le dernier avec Wino, on était en droit de s’inquiéter un tout petit peu… Et on avait tort, cet album c’est une tuerie doomesque comme on en fait plus, et ce clip en est le parfait fer de lance. Je l’ai aussi choisi par ce que c’est leur seul potable disponible si on excepte les lives.

Ils font partie des groupes que j’attends le plus pour parfaire mon éducation du Doom. Leur concert sera une parfaite fin de soirée samedi soir sur The Valley. Et j’entends bien laver l’affront qui leur avait été fait par mes confrères.


Dame de lune, Fée des brumes, est une anthologie parue aux éditions du Chat Noir et qui regroupe pas mal d’auteurs déjà connus pour faire partie du collectif des Enfants de Walpurgis: Ambre Dubois, Aline Finley, Angélique Ferreira, Céline Guillaume, Malaïka Macumi, Stéphane Soutoul, Vanessa Terral et Lia Vilorë. Un très bon augure donc, pour cette anthologie, dont la couverture ne m’attirait pas du tout du tout. Chacune des nouvelles de ce recueil est illustré par Cécile Guillot, qui a aussi dirigé l’anthologie.

Dames de Lune, Fées des brumes de Cécile Guillot aux éditions du Chat Noir

On trouve donc 8 nouvelles qui tournent autour des femmes, souvent fatales, qui touchent toutes de près ou de loin à la magie. Parfois blanche, parfois noire. Pour moi qui aime la sorcellerie, cela ne pouvait mieux tomber ! On passe donc aux nouvelles.

L’étrange histoire du luthier amoureux de Stéphane Soutoul

Dans cette histoire, Stéphane Soutoul nous emmène du coté de Kalistran, ville imaginaire et paisible où la musique est quasiment sacrée. Il raconte une histoire d’amour très belle mais aussi très triste. L’auteur change un peu ses habitudes au niveau des lieux, fini les froids châteaux et les forêts, passons à de belles villes chaudes. On retrouve toute sa poésie, sa manière d’écrire est certes un peu plus direct, mais il sait toujours aussi bien amener des ambiances mélancoliques et sombres. Inutile de vous dire que j’ai été charmée.

Ravln de Vanessa Terral

Ce que j’apprécie chez Vanessa Terral, c’est sa culture énorme et sa capacité à lier sorcellerie et mythologie. Que ça soit du vaudou (dans l’anthologie Or et Sang) ou de la sorcellerie spatiale (dans Ghost Stories). Parfois on accroche, parfois pas, mais c’est toujours impressionnant. Ici, on mêle mythologie nordique et Bit-lit, un mélange très bien dosé, avec une héroïne attachante chargée de garder un espèce de mausolée. J’ai trouvé que l’action avait quelques longueurs cependant.

La légende du Dragon d’Ambre de Céline Guillaume

Céline Guillaume nous emmène au Moyen-Âge, au 12ème siècle dans une région terrorisée par un dragon. L’écriture très poétique et très belle de Céline Guillaume est toujours la même. Pour une fois, l’histoire est assez développée et je l’ai plutôt appréciée. Je regrette cependant son court nombre de pages…

Mademoiselle Hida de Malaïka Macumi

Malaïa Macumi m’avait séduite avec son recueil Les Anges de l’Ombre aux éditions du Petit Caveau. Là, elle s’intéresse à la sorcière et avec rien de moins qu’un style absolument sublime digne des romans gothiques du XIXème. Pour moi qui adore, forcément, c’est un pur bonheur. A vrai dire, c’est surtout pour moi une nouvelle contemplative, on la lit surtout pour l’ambiance. Et  l’atmosphère mise en place est captivante, sombre, malsaine, onirique, bref c’est une nouvelle que j’ai adoré. Voilà qui la confirme comme auteur à suivre !

La maison de la sorcière de Aline Finley

Dans cette nouvelle, Aline Finley, que je ne connaissais pas, mêlé passé et présent avec une héroïne moderne, qui découvre une vie antérieure où elle fut accusée de sorcellerie. On est donc dans une nouvelle assez traditionnelle, mais efficace. Typiquement le genre de nouvelles que j’aime, bien menée et les alternances entre passé et présent sont bien menés.

Vanité ou destinée ? d’Ambre Dubois

On continue avec les héroïnes modernes avec cette jolie nouvelle d’Ambre Dubois. Avec son héroïne adolescente tête à claque, elle nous emmène dans un monde féerique mais pas si gentil. J’ai particulièrement aimé les références aux légendes (notamment anglo-saxonnes, avec les unseelies, etc). Cristina, l’héroïne est bien gérée et réaliste. Le fait qu’il y ait une certaine morale renforce le coté féerique d’ailleurs.

La toile de Liadan de Lia Vilore

Retour au Moyen-Âge avec l’histoire d’un chevalier tombé amoureux d’une fée bien solitaire. Cette histoire s’inscrit dans la droite lignée de l’amour courtois de l’époque, avec des épreuves, de la chevalerie, et une belle insaisissable. C’est un mélange qui est non seulement bien mené mais très efficace. L’ambiance est aussi très bonne, les passages avec la fée frôlent l’onirisme alors que les quêtes sont bien plus terre à terre. Si le récit peut sembler un peu classique, personnellement, j’ai adoré.

Dame Astrea de Angélique Ferreira

C’est sans doute la plus longue histoire de l’anthologie, avec près de 50 page. L’histoire d’une fée, prête à tout pour sauver son prince. J’avoue que c’est aussi la nouvelle avec laquelle j’ai eu le plus de mal. La cour des fées est conforme aux clichés (on chevauche des insecte, il y a de jolis palais, une famille royale, etc), ce qui déjà ne m’a pas vraiment conquise. J’ai trouvé qu’il y avait à la fois trop d’informations et de péripéties pas toujours utiles pour une nouvelle, et à la fois pas assez pour en faire un roman. Bref, une histoire à la limite entre les deux et qui du coup ne m’a pas convaincue. Il y a un peu trop de péripéties pour des personnages pas assez nuancés à mon goût, on sait finalement assez peu de la personnalité des deux protagonistes. Du coup, j’ai peiné à la lire, et c’est dommage, car c’est elle qui achève le recueil.

Dames de Lune, Fées des brumes de Cécile Guillot aux éditions du Chat NoirLe recueil des éditions du Chat Noir est aussi accompagné par des illustrations internes, elles aussi réalisées par Cécile Guillot. Je les ai apprécié pour la plupart bien que j’aurais préféré que l’une d’entre elles soit choisie pour couverture.

Dans l’ensemble Dame de lune, Fée des brumes est une anthologie on ne peut plus variée : de la faërie anglo-saxonne à des mondes plus modernes en passant par de la mythologie nordique, il y en a pour tous les goûts, et chacun pourra y trouver son bonheur. Il confirme aussi certains auteurs comme à suivre de près : Malaïka Macumi, Ambre Dubois ou Stéphane Soutoul.


White Skies de Moonspell

Du goth, de la lunette hipster et des cache-tétons en croix.

Serafina dans Actualité, Musique le 11 mai 2012, avec 2 commentaires

Parmi les grands groupes de Gothic Metal, difficile de ne pas citer Moonspell. Les portugais font partie des gros noms du genre et j’avais particulièrement apprécié de les voir en live le dimanche du Hellfest 2009. Cette année, ils sortent un nouvel album appelé Alpha Noir, disponible depuis fin Avril mais absent de Spotify, je ne l’ai donc pas écouté. Mais à voir le premier single, et son clip, ça va vite changer.




Musicalement, je sais pas pour vous, mais j’ai l’impression que Sisters of Mercy a copulé avec Type O Neg’. C’est du bon Goth, certes classique, mais tellement efficace, que personnellement j’adore. Mais vraiment. C’est juste ce que j’aime.

Pour ce qui est du clip, par contre, je suis plus perplexe. Je peux comprendre beaucoup, jouer sans câbles, les Cruella, les cache tétons en scotch, les collants troués mais ces suicide girls aux lunettes de hipster qui se roulent des patins, là, ça me dépasse. Surtout les lunettes en fait. Sinon, je le trouve pas mal, le noir et blanc est plutôt joli, le clip est esthétique.


La Route de Cormac McCarthy

C'est l'histoire de deux mecs qui marchent

illman dans Critiques, Livres le , avec 4 commentaires
Critiques

La Route de Cormac McCarthy est un roman paru à l’origine en 2006, qui a raflé le Pulitzer en 2007, et qui a été adapté au cinéma en 2009 avec Viggo Mortensen dans le rôle principal. L’édition que j’ai lu est celle de Points, avec une traduction de François Hirsch et comme couverture l’affiche du film. J’étais curieux de lire ce livre qui s’était hissé dans des tops littéraires de Fantasy-SF et qui avait eu l’honneur du grand écran, je reste toutefois sur un avis assez mitigé après lecture. Synopsis.

La Route de Cormac McCarthy

Dans un monde post-apocalyptique fait de cendres et de froid, typique d’un hiver nucléaire, un père et son fils marchent le long de la route vers la côte pour trouver un environnement moins hostile. Ils devront éviter les embûches qui les attendent le long de la route pour parvenir à leur fin.

Premier constat, il ne faut pas lire La Route si l’on veut vivre une grande histoire ou une épopée, l’histoire est plutôt lente et calme. Mais l’intérêt de notre roman n’est pas là, ici, on mise sur l’ambiance et sur les personnages, très peu nombreux, pour instiller une atmosphère et nous transporter dans un nouvel enfer.

Les personnages sont donc au nombre de deux, le père et le fils, simplement anonymes. Ils croiseront pendant quelques pages d’autres pauvres hères le long de la route, des rencontres souvent riches en émotions, la peur en général. La candeur et la naïveté dont fait preuve l’enfant à leur égard torture l’esprit du père, car le long de la route, il éduque son fils. Il lui répète sans cesse qu’ils sont les gentils et que les autres sont les méchants. C’est complètement manichéen, mais cela représente parfaitement le monde qu’ils traversent. Ces rencontres fugaces ne seront d’ailleurs pas les seuls antagonistes du roman, l’environnement sera aussi contre eux. Le froid, la maladie et la faim seront des ennemis tout aussi cruels et ajoutent à l’ambiance de fin du monde déjà pesante.

The Road de Cormac McCarthy

Au rayon des apocalypses inexpliquées mais dévastatrices, on trouvera celle de La Route, vu que l’on ne sait rien, on ne peut s’empêcher de spéculer. Forcément un monde avec des cendres à perte de vue, dépeuplé et où l’on ne sent pas la mort à 100mètre, juste le vide et le silence de la neige cendreuse, c’est intriguant. J’ai rarement lu un bouquin avec une ambiance aussi lourde, à retenir son souffle avec les personnages, et avoir envie de baffer le gamin pour qu’il la ferme dans les moments critiques.

Coté narration et mise en page, c’est assez inhabituel. On a affaire à des paragraphes assez courts, qui dépassent rarement la page, instaurant une sorte de malaise, comme un souffle court au récit. Autre élément très important dans un récit, les dialogues, ils sont ici particuliers et contribuent très fortement à l’ambiance du livre. Ils sont en effet réduits à leur plus simple expression, dépouillés de ponctuation comme les tirets ou encore les guillemets. Cela donne une sorte d’impression d’être un troisième protagonistes qui observe la scène, plutôt glauque. On se détache peu à peu de la barbarie qui émaille ce livre, le plus souvent suggéré, certains passages pourront peut être choquer les plus sensibles. Le tout pour une simple raison: l’auteur restera constamment dans le factuel pour décrire ses situations, aussi cruelles et moralement discutables qu’elles soient. Et après tout, il n’a pas spécialement besoin d’en faire plus.

La Route de Cormac McCarthySi l’ambiance est forte, il y a tout de même un réel point noir, qui m’a mis un peu sur les fesses, et c’est la fin de cette histoire. Quand tu ferme le livre à la dernière page, et que ta première phrase se résume à l’idée tout ça pour ça, on ne peut pas s’empêcher d’être déçu. Mais d’un autre coté, vu l’épaisseur narrative de l’ensemble, j’aurai du m’en douter.

Difficile de se passionner pour La Route, c’est un bouquin où il n’y a pas vraiment d’histoire et où tout est plat, laissant en quelque sorte un arrière-goût de cette cendre issue de l’apocalypse. Niveau ambiance, Cormac McCarthy est maître de son œuvre et met la pression avec son univers sans espoir, ambiance parfaitement retranscrite par la traduction. Mais une curiosité plus qu’un réel grand livre pour moi, à chacun de se faire son opinion, m’est avis qu’il y en a qui vont y chercher des explications philosophiques interminables et inintéressantes, je suis d’ailleurs tombé sur certaines critiques hallucinantes, ou hallucinées, au choix.


Silence, ça tourne ! #27

Chaque semaine notre avis sur les films et séries du moment

dabYo dans Actualités, Films le 10 mai 2012, avec 6 commentaires
Actualités

Comme chaque semaine (ou presque), les films et séries que nous avons vu, et auxquels vous échapperez peut être, grâce à nous.

Buffy s04e17-s04e19

Buffy contre les Vampires Saison 4Il y a maintenant un certain paquet de mois, je vous confiais lors de ma critique de la Saison 1 que je n’avais jamais vu Buffy contre les Vampires. Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts et on s’était arrêté au 16ème épisode de la Saison 4 depuis pas mal de temps.

Voilà qu’on a décidé de s’y remettre, et je dois avouer que j’ai compris pourquoi on s’est arrêté. Cette saison 4 de Buffy est vraiment, vraiment, vraiment affreuse. Alors que les précédentes étaient plutôt funs, avec une crédibilité certes délirante, mais une crédibilité quand même. Là, avec cette « armée », il y a pas à dire, c’est vraiment n’importe quoi.

Alors certes, l’épisode 17, Superstar, était bien marrant, mais uniquement parce que le côté décalé était complètement assumé. Le reste, nous servant du bon sentiment à tout va, me laisse perplexe: comment Joss Whedon a-t-il pu avoir un financement pour les saisons suivantes ?

#LeDebat

J’ai oublié d’en parler la semaine dernière, mais nous avons donc suivi le débat présidentiel de la semaine dernière. Ouais je sais, c’est franchement hasbeen puisque les résultats sont sortis. Néanmoins, on l’a suivi version « connectée » en jetant des morceaux d’œil sur twitter. Puis il y a eu ce magnifique tumblr. Et du coup, c’était très drôle.

Game Of Thrones s02e06

Ygrid dans Game Of Thrones Saison 2Cette seconde saison de Game Of Thrones continue dans la divergence côté scénario. Pour de nombreux personnages et évènements on se retrouve avec de réelles différences. Honnêtement, cela nous fait assez peur tant cela peut amener un réel changement concernant la personnalité des personnages.

On fait sur cet épisode plus ample connaissance de deux personnages féminins, Talisa tout d’abord, qui n’existe pas dans le roman et qui me fait redouter le plus. Jouée par Oona Chaplin, elle semble être tout ce que je déteste le plus comme personnage. Alors si en plus elle vient influencer l’histoire d’un personnage que j’apprécie, ahem.

Ensuite, vient Ygrid, un personnage qui fait plus ou moins l’unanimité ici. Un personnage important, qui par contre est pour le moment complètement fidèle au personnage. Rose Leslie incarne très bien la sauvageonne, reste que bon, elle est quand même sacrément bien maquillée pour une sauvageonne, ahem.

Si on est de plus en plus perplexe sur les divergences, le tout reste néanmoins bien réalisé. Mais quand on est des fans du Trône de Fer, cela ne suffit pas forcément à nous faire oublier tout ces changements…

Et vous, vous avez vu des trucs dernièrement ?


La sortie tant attendue de la suite du Trône de Fer outre Atlantique, A Dance with Dragons, est l’occasion de lire ou de relire ce qui est pour moi la meilleure saga de Fantasy. Ce tome 10 en édition française correspond au premier tiers du 4ème tome en version anglaise, titrée unilatéralement Le Chaos. Oui ça s’appelle du tronçonnage, et c’est ce que nous allons bientôt retrouver avec la sortie du tome 13, Le Bûcher d’un Roi, au début de cette année 2012. dabYo, à l’époque de son marathon Trône de Fer, n’en avait pas fait la critique ici, c’est donc moi qui répare cette erreur. Pas de synopsis pour des raisons évidentes, donc pas de spoils non plus.

Le Chaos commence directement après la fin du tome précédent, La Loi du Régicide. Il est cependant important de préciser que tout au long de A Feast For Crows, donc 10, 11 et 12 en français, certains personnages ne seront pas du tout évoqués. Notamment Jon, Daenerys ou encore Tyrion. De ce fait, les chapitres se concentrent sur les autres personnages, et si certains nouveaux sont très intéressants, la plupart n’arrivent pas à la cheville des absents, du moins dans Le Chaos. On découvre cependant de nouvelles terres, pleines de promesses.

Suite aux énormes coups de théâtre qu’on avait pu lire dans les tomes 8 et 9, il était a prévoir que la suite serait plus calme, histoire de replacer les pions avant de repartir. Et c’est le cas. Le problème majeur, c’est que malheureusement après de telles surenchères, de tels retournement de situation, et bien, cette première partie du 4ème tome apparait surtout comme bien molle.  Ce ne sont que de petites actions, et le torrent impétueux s’est transformé en douce rivière.

Difficile donc de réellement s’accrocher et les pages se tournent bien moins vite que pour les tomes précédents. Je dois dire que si je n’avais pas pu enchainer directement avec la suite et que je devais attendre que Pygmalion la traduise, je pense que j’aurais abandonné ce tome en plein milieu, car ça manque de piment.

Attention, cela ne veux pas dire que c’est mauvais. Le style, grandement dû à la traduction décriée de Jean Sola, est toujours très agréable à la lecture, on retrouve avec plaisir certains de nos personnages, les descriptions très visuelles permettent de bien se représenter l’action, et on a envie de vivre à Westeros. Juste que voilà, Le Chaos souffre malheureusement de la comparaison avec ses prédécesseurs qui avaient placés la barre tellement haut qu’il ne peut malheureusement que décevoir.

Il faut dire qu’en prime le découpage français n’aide pas réellement, faisant d’une introduction molasse un tome à part entière. Je ne saurais que trop vous conseiller de lire avec le découpage originel. Personnellement, c’est ce que je fais avec l’Intégrale Tome 4 du Trône de Fer, dans le but avoué de commencer bientôt A Dance with Dragons, voir au pire d’enchaîner avec Le Bûcher d’un Roi.


Chaos Bestial était le premier tome de Pandamonia, une série BD éditée par Drugstore dont le dessin et les couleurs m’avaient complètement bluffé. Le deuxième tome, nommé A l’Aubre d’un Nouveau Monde, vient tout juste de sortir, j’en ai donc profité pour donner une seconde chance à la série. Pour rappel, il s’agit d’une histoire dans laquelle nous suivons une héroïne humanoïde-panda… Qui vit dans un monde futuriste où les humains se sont injecté de l’ADN d’animal pour retrouver leur libido. Oui oui, vous avez bien lu. N’hésitez pas à lire ma chronique du premier tome pour un synopsis plus détaillé.

L'Aube d'Un Nouveau Monde, Pandamonia Tome 2, de Ecuba, Lauria et Cucca

La première chose qui ressort de ce deuxième tome, c’est que les scénaristes ont enfin décidé de nous montrer pourquoi ils avaient besoin d’être deux… Bon, ça veut pas dire que le scénario est bien hein, ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Cependant, il est beaucoup plus présent et mis en avant que dans Chaos Bestial. On y découvre donc des histoires sur plusieurs niveaux, le tout se complexifie et donne quelques explications sur des personnages que l’on n’avait pas du tout cerné dans le précédent tome.

Pandamonia Tome 2 Cover Aube Nouveau Monde de Ecuba Lauria CuccaCela vient compléter les zones d’ombres que j’avais souligné et explique les liens entre les personnages. Là dessus, j’avoue avoir été surpris, même si l’idée de base et les différents coups du sort sont tout sauf originaux.

Mais ça ne change pas les problèmes de stéréotypes: quand on part avec une élue qui doit sauver l’humanité mais qui n’est au courant de rien, des grandes entreprises sans aucun scrupule qui martyrisent les gens et des rebelles au grand cœur proches des anars, on ne peut pas être bien crédible. Cependant, on peut aller plus loin. On peut y rajouter une église qui veut profiter de l’occasion pour asservir l’humanité ! Eh oui,  Vincenzo Lauria et Ennio Ecuba n’ont peur de rien. Mais bon, au moins, c’est un peu plus clair et compréhensible que dans le tome précédent.

Le problème, c’est que la narration du tout est vraiment très chaotique. Comme les scénaristes ont laissé le scénario de côté dans le premier tome, il y avait fort à faire. Du coup, on se retrouve avec plusieurs planches d’affilée qui ne servent qu’à l’explication, avec de longs dialogues dans d’énormes bulles inintéressantes et difficiles à assimiler. On est face à un flot de texte et on a qu’une envie: que ça s’arrête. D’autant qu’il a lieu avec des personnages que l’on avait jamais vu, dans des endroits pas forcément passionnants et complètement statiques. Un laboratoire avec les mêmes décors sur plusieurs pages, ou un sous marin. Bref, pas la panacée.

Pandamonia Tome 2 Planche Aube Nouveau Monde de Ecuba Lauria Cucca

C’est d’autant plus dommage qu’encore une fois, les dessins de Vincenzo Cucca sont simplement superbes. Il y a bien entendu des cases dont le niveau est un peu plus bas que les autres, avec des personnages somme tout très banals, comme les rhinocéros. Mais la plupart des moments importants sont superbes. Notre héroïne, humanoïde-panda, est vraiment bien dessinée, jolie. Après, le ton est très érotique, et ce avec ou sans scène de sexe d’ailleurs. Les formes sont toujours mises en avant, les habits régulièrement déchirés, histoire de quoi.

L'Aube d'Un Nouveau Monde, Pandamonia Tome 2, de Ecuba, Lauria et CuccaAprès, ce qui est clair, c’est qu’on a encore et toujours notre dose de sexe ambiant. L’histoire ayant pris le pas sur l’action sur une bonne partie de ce tome, à n’importe quelle ouverture on nous balance notre dose: tournage d’un film porno, combat sadomaso, ou soumission par le viol, tout est une bonne excuse… Du coup, on a quand même l’impression qu’il y a une réelle fracture entre ces deux parties.

Bon et du coup, que faut il penser de ce second tome ? Bonne question. On est plus complètement sur la même optique de lecture. Alors que le précédent tome était vraiment léger, celui ci s’embourbe dans des explications qui prennent des pages et rendent la lecture difficile, limite barbante.

Quel dommage quand même, car les moments légers auraient bien réussis à me convaincre. Joli dessin, situations dynamiques, c’est agréable à feuilleter. Mais si je veux bien désactiver mon cerveau le temps d’une lecture, c’est ici impossible puisqu’on nous demande de suivre de longs dialogues qu’on pourrait qualifier de compliqués. Dommage…


C’est Lundi, que lisez vous ? #44

Chaque semaine partageons nos lectures du moment

Serafina dans Actualités, Livres le 7 mai 2012, avec 3 commentaires
Actualités

Depuis quelque temps, la blogosphère littéraire a instauré cet article rituel du lundi, sur les lectures de la semaine.

Serafina

L'Invincible Forteresse, Le Trône de Fer Tome 5, de George RR MartinJ’avance toujours ma relecture de l’Intégrale 2 du Trône de Fer en parallèle de notre visionnage de la série, que vous pouvez suivre chaque semaine avec Silence. J’ai donc terminé l’équivalent du tome 4 français L’Ombre Maléfique et je suis actuellement au cinquième, L’Invincible Forteresse. L’occasion de remarquer que cette saison prend des largesses par rapport aux livres, et je suis assez perplexe à ce sujet. Enfin, le livre en lui-même reste excellent !

J’ai aussi continué l’excellent recueil d’Anthelme Hauchecorne, Baroque’n'Roll dont je suis à la page 200. C’est excellent, les nouvelles flirtent entre la caricature, l’horreur, le gore et l’humour avec beaucoup de talent.

Et vous, qu’avez vous lu cette semaine ?