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Les Animes Crunchyroll de l’été 2018

Sélection et revue à chaud

illman dans Actualités, Animes, Films le 16 octobre 2018, avec aucun commentaire
Actualités

Etant abonné depuis le printemps 2016 à la plateforme de streaming d’animation japonaise et de drama légal crunchyroll, je me suis dit qu’il serait temps de se pencher sur les sorties de cette saison pour donner un avis presque à chaud. La liste suivante contient uniquement des séries dont j’ai regardé au moins l’épisode 1 pour me faire une impression. Je précise parce qu’il y’a des séries où j’ai clairement même pas le courage de commencer (ouais c’est à vous que je penses les machins d’Idols, entre autres) ou qui en sont à leur trouzmillièmes épisodes car commencé début 2018 voire 2017.

Les nouvelles licences d’anime pour l’été 2018

Angels of Death

Démarrage cryptique, va y avoir de l’hémoglobine et un chouïa d’angoisse au programme, avec une jeune fille qui se retrouve enfermée dans un complexe où se trouve un psychopathe à chaque étage, mais cet endroit est régit par des règles qui pourraient jouer à son avantage. L’animation est soignée, c’est clair mais c’est pour l’instant l’une des seules forces que je lui trouve. J’attends de voir mais je pense qu’on va avoir droit à 12 épisodes de masturbation intellectuelle et de sang. (et c’est aussi le premier d’une longue liste de série où le personnage principal est amnésique)

Island

Un gars amnésique (…) qui s’échoue sur une île, une histoire de voyage dans le temps amené au chausse-pied et des lolis, c’est à peu près le programme qui nous attend ici. Après avoir vu le début de la série ce qui me gêne principalement c’est que l’ambiance et la thématique ont un peu le cul entre deux chaises, on dirait qu’ils ont essayé de faire quelque chose de sérieux mais en collant de la vanne moisie un peu partout avec un scénar abracadabrantesque. Je vais sans doute continuer un peu histoire de voir mais je suis loin d’être convaincu.

How not to summon a Demon Lord

Bla Bla Isekai Bla Bla Jeux Video et Hikikomori Bla Bla Personnage principal surpuissant Bla Bla adapté d’un Light Novel Bla Bla Harem déconseillé aux moins de 16… Je crois que j’ai pas mal résumé la situation. C’est une histoire d’invocation d’un joueur à l’intérieur du jeu, qui est un joueur solo surpuissant et totalement asocial qui est obligé de rentrer dans son personnage de roi démon pour pouvoir parler aux autres. Du grand classique vu et revu. Et c’est la que le bât blesse parce qu’en dehors du coté ecchi un peu plus déployé on a affaire à une énième série d’isekai (Note de Seraf’ : le Isekai est un sous-genre de la fantasy japonaise dont l’intrigue tourne principalement autour d’un personnage normal qui est transporté ou piégé dans un univers parallèle.)

C’est propre mais ça pète pas trois pattes à un canard. Après faut pas non plus dramatiser, on est dans la moyenne haute de ce genre d’œuvres, en même temps ça reste dur de faire un truc aussi insipide que In Another World with my Smartphone ou Death March Rhapsody in a Parallel World. Je jetterais un œil sur la suite voire si ça part dans le bon sens.

Planet With

On me l’avait vendu comme une série de Mecha, je suis un peu perplexe sur la dénomination vu qu’au final cela ressemble plus à des armures un peu fat. Le design de ces « armures » est pas bien terrible et c’est un peu dommage. Coté animation, c’est sympa sans plus, j’espère qu’ils vont s’exciter un peu plus pour la suite, car oui je vais suivre la série, le début ayant réussi à m’intriguer avec ces ET bien louches et le passé trouble du héros. A suivre.

Mr Tonegawa Middle Management Blues

Je… Qu’est ce que fuck ? La série commence par te raconter l’histoire complète d’une autre série, Kaiji, qui date quand même de 2007, et cette série actuelle est donc un spin-off sur un des personnages secondaires, le semble t’il très méchant Mr Tonegawa. Déjà premier choc, le chara design est assez spécial avec ses personnages anguleux au possible pour appuyer cette histoire de prêteur sur gages/yakuza. Une chose qu’on ne peut pas lui retirer, c’est que le Seiyū qui fait la voix off est carrément habité par son personnage et heureusement parce que sans ça je n’aurait pas eu le courage de finir l’épisode 1. Difficile a conseiller tant j’ai eu l’impression de passer à coté de plein de trucs, surtout l’humour pas terrible, en plus de sa thématique pas super engageante.

The Master of Ragnarok & Blesser of Einherjar

Super, un autre isekai/harem adapté d’un Light Novel, à noter toutefois des variations plus que bienvenue dans la formule. L’histoire démarre 2 ans après l’invocation du personnage principal et surtout cela ne se passe pas dans l’univers d’un fichu jeu vidéo. En plus pour tordre le coup à certains clichés, le héros garde un lien avec son monde d’origine et recherche vraiment à y retourner (ce qui change quand même pas mal de d’habitude avec des persos en mode « Meh, j’suis bien ici »).

Le chara design du héros est par contre assez quelconque mais y’a un peu plus d’intérêt sur les persos féminins, qui n’est pas fou quand même. Je sens l’influence de la mythique série Arslan sur l’univers, même si on en restera à ce niveau, ça fait du bien de voir un effort de ce coté là.

Hanebado!

Une série sur le Badminton féminin, ça change. Ils ont mis les moyens niveau animation pendant les matchs, ça bouge bien et c’est presque aussi intense qu’un vrai match de pro. C’est la rentrée il faut se trouver un club, alors pourquoi pas le club de badminton. Des rivalités de haut niveau, avec la question récurrente des protagonistes « Pourquoi est ce que je fais du Badminton ? » La série démarre plutôt bien, malgré son caractère très classique pour de l’anime de sport. Une des séries à suivre de la saison.

Asobi Asobase

Je sais pas pourquoi mais Crunchyroll a pas eu le courage de faire un trailer officiel pour cette série, ce qui est un peu dommage vu que c’est sans doute la plus marrante du lot. Un graphismes qui fait parfois comme un effet aquarelle, donc mignon, des personnages hauts en couleurs (et stupides), des gags qui me font rire, on est bien parti. Avec cette bande de 3 amies, une qui déteste les jeux, l’autre qui se fait passer pour un américaine (et qui est une bille en anglais) et une miss compromis, elle vont former un cercle de joueurs dans leur lycée/collège. Et elle se balance des défis et autres fions dans la face, appuyé par un chara-design qui se plait à déformer les visages pour des grimaces de plus en plus improbables et hilarantes.

Holmes of Kyoto

Bienvenue dans le monde palpitant des antiquaires (ou pas), une échoppe de famille à Kyoto gérait par un jeune homme surnommé Holmes, expert en antiquités et qui décèle les contrefaçons à trois kilomètres se retrouve au coté de sa jeune acolyte Aoi. Je ne suis pas particulièrement emballé pour le moment, c’est propre sans plus. L’épisode 2 semble dirigé la série plus vers de l’enquête avec une légère romance. Bref pas grand espoir mais ça pourrait être sympa sur la longueur.

Phantom in the Twilight

Oh un harem peuplé de bishojo avec des pouvoirs surnaturels dans un café chelou de Londres, toute ressemblance avec Vampire Host (oui je lis du Kaori Yuki) serait purement fortuite. Bref une histoire de société secrète et d’héritière de grand pouvoirs comme on en a déjà vu. Rien de bien transcendant en somme.

Angolmois: Record of Mongol Invasion

Je me suis gardé le meilleur pour la fin. Une série historique avec des samouraï et des batailles. Des exilés sont envoyé sur l’île de Tsushima où, après un voyage mouvementé, ils vont se retrouver intimé de défendre l’île. Le chara-design est soigné et je suis un fan de la badassitude du héros, Jinzaburô Kuchii. Un filtre sur l’image donne un certain cachet et un peu de classe supplémentaire à l’ensemble. En dehors d’un OP et ED vraiment pas fou et pas vraiment à propos, je sens le potentiel pour une grande série.

 

Je me suis aussi infligé le premier épisode de Music Girls, mais je vais vous faire grâce de ça et ne plus jamais en reparler.

Les suites d’anime pour l’été 2018

Black Clover

On continue sur la lancée des épisodes précédents pour l’un des gros shonens de cette génération avec son héros sans magie et beuglant à tout va. Un nouvel arc vient tout juste de démarrer et annonce du lourd. Niveau animation, la saison précédente a eu des passages ultra cheapos que j’espère peu présent maintenant que la série entame sa quatrième dizaine d’épisodes… espoir trahi dès l’épisode 40 avec des dessins particulièrement immondes, les shonens au long cours ont vraiment des problèmes de budget animation. L’OP a changé à l’épisode 40 pour une chanson de Koda Kumi, qui me rappelle de bon souvenir, avec Guess Who is Back, qui déchire littéralement et parfaitement en sync avec le générique. Les combats sont dynamiques et par son système l’auteur se donne une très large liberté en termes de pouvoirs, donc on peut toujours avoir une petite surprise. Bref Black Clover fait partie des séries que je suis avec assiduité, ne m’intéressant pas au manga papier.

 

Comme la plupart du temps l’été, on n’est pas en face de séries majeures, il y’a du sympathique, mais pas d’instant classic. Le haut du panier est à mon sens trusté par Angomois talonné par Hanebado! et Asobi Asobase avec un gros peloton de « OK sans plus ». Du coup c’est un peu aussi les vacances en termes de visionnage d’animes, c’est pas plus mal, surtout si je retourne sur ADN et Wakanim à la rentrée.

 

 


Wotaku ni Koi ha Muzukashi – saison 1

Serafina dans Animes, Films le 29 septembre 2018, avec aucun commentaire

Wotaku ni Koi ha Muzukashi (ヲタクに恋は難しい) est un anime sorti par le Studio A-1 Pictures et diffusé par Amazon au printemps 2018.  Signifiant littéralement « l’amour est difficile pour les otakus« , il est connu en france sous le titre de Otaku Otaku. Il est basé sur le manga du même nom de Fujita . Abrégé généralement Wotakoi, cette première saison contient  11 épisodes. Synopsis ?

Narumi est une nouvelle employée de bureau dans son entreprise. Elle essaie de passer pour une jeune fille normale, mais en réalité c’est une otaku. Fane de Yaoi et dessinatrice de Doujinshis, elle retrouve au détour d’un couloir Hirotaka. Ils se sont connus au lycée où ils partageaient diverses passions. Celui-ci est aussi un otaku sous couverture et ils vont se rapprocher.

Bref, vous l’aurez compris, on baigne dans le shojo mais avec deux otak’ avec tout ce que cela peut sous entendre. Les personnages sont plutôt interessants, et bien construits. Si vous avez déjà dessiné des fanzines pour des conventions vous vous reconnaitrez dans les rushs de Narumi, et quant au coté gamer de Hirotaka il semble plutôt bien mené. La pop culture japonaise a une place de choix dans cet anime et beaucoup de blagues reposent sur des references d’otakus. Dans l’ensemble donc, c’est un anime qui me parle.

Le dessin est beau, l’animation est bien menée. Il n’y a pas eu d’episodes réellement en deçà des autres comme cela arrive dans certaines séries. L’opening et l’ending sont entrainants. Cependant, je pense que j’avais de trop hautes attentes. Sans vouloir réellement spoiler, passé les premiers épisodes, le coté Otaku devient moins prégnant, et les aventures de Narumi et Hirotaka deviennent plus celles d’un couple lambda avec des rôles bien dévolus à chacun. Comme si au fur et a mesure, c’était moins « deux otakus qui sortent ensemble » mais plutôt « une fille avec un otaku ». Car si les activités de dessin et de fane de Narumi sont montrés dans les premiers épisodes, elles deviennent quasiment absentes par la suite.

Voir Narumi finalement se conformer à un rôle genré m’a un peu dérangée car il était pourtant possible avec un tel pitch de proposer une héroine un peu différente de la norme et qui ne se retrouve pas à faire la cuisine. Cette impression de virer vers un shojo normal est d’ailleurs renforcée sur la fin par l’apparition de deux nouveaux personnages dont un pas du tout otaku.

La saison 1 se laisse regarder et appelle à une saison 2. Si j’ai réellement apprécié le début, tout comme j’avais apprécié le premier tome du manga, je suis plus mitigée sur la fin de la saison qui a pour moi laissé de côté ce que j’aimais dans la série. Je regarderais tout de même la saison 2 à l’occasion pour voir où cela mènera.Mais ce qui en ressort malheureusement c’est un effet de pétard mouillé.


Downwell de Moppin sur PC

Tomber au fond du trou prend tout son sens

illman dans Critiques, Jeu Vidéo le 10 juillet 2018, avec aucun commentaire
Critiques

Il n’y a pas besoin de claquer son PEL pour jouer à un jeu sympa de nos jours. Downwell des japonais de Moppin en est le parfait exemple. Edité encore un fois par les trublions de l’édition que sont Devolver Digital, Downwell a trouvé le chemin de nos PC en octobre 2015 pour la modique somme de 2,99€.

Votre personnage est équipé de bottes-pistolets et décide de sauter dans un puits pour aller récupérer un chaton tout au fond. C’est un action-platformer rogue-like, faut pas trop en demander niveau scénario non plus, c’est pas le but. Bref tout ça est prétexte à traverser 4 zones de 3 niveaux avant de se retrouver devant un boss gigantesque, enfin c’est ce que j’ai vu dans les videos sur Youtube vu que je suis trop mauvais pour être arrivé là.

Pour se faire notre héros se trimballe donc des bottes-pistolets  qui lui permettent de ralentir sa chute et de flinguer les ennemis qui y sont sensibles. Les munitions sont symbolisés par une jauge de charge qui se re-remplit lorsque l’on touche le sol ou rebondit sur un ennemi. Il existe plusieurs variations d’armes qui change le nombre de charges consommées et les effets, genre un laser qui tire un long faisceau ou un shotgun qui tire 3 balles qui se dispersent. Si on arrive à dezinguer plusieurs ennemis sans toucher terre, au moins 5, un combo se lance donnant des bonus lorsqu’il se finit.

Lors de notre descente on croisera des excavations dans la roche qui renferment armes, rubis et magasins pour dépenser ces derniers. Dans les magasins on peut acheter des charges et de la nourriture pour se rendre des points de vie, ce qui n’est pas du luxe car les moments d’inattention ont tendance à ne pas pardonner. Car le jeu est bien dur, je n’ai jamais dépassé le niveau 5 pour ma part. Pourtant ce n’est pas faute de pouvoir choisir des items pour nous aider entre chaque niveau. Les contrôles répondent aux petits oignons et ce n’est pas plus mal, surtout lorsque l’on se retrouve à zigzaguer entre les ennemis pendant que l’on tombe de manière contrôlée.


Au fur et à mesure des parties, on gagne des points qui déverrouillent 2 types de bonus. Les styles sont en fait des variations de jeu, par exemple plus de points de vie mais moins de choix de bonus entre les niveaux ou encore pas de magasins sur la route. Bref un ajout supplémentaire pour les tarés de la complétion. Les palettes quant à elles sont esthétiques, en clair on peut changer les couleurs du jeu, on peut même choisir les tons gameboy ou virtual boy (qui arrache la rétine).

Les graphismes en pixel art sont plutôt lisibles, heureusement d’ailleurs vu que l’action peut se relever assez soutenue. Il peut arriver lors de descente rapide que ce soit un peu confus mais rien qu’un coup de bottes-pistolets ne puisse régler. Par contre la musique peut se révéler légèrement saoulante pour les noobs qui galère sur le premier monde. On se console en se disant qu’elles sont malgré tout excellentes, je trouve celle de l’écran-titre assez magique.

Notez que j’ai testé la version PC mais le jeu est aussi sorti sur Android et IOS et sur le PSN. Franchement je ne peux que vous conseiller ce jeu, c’est un régal de gameplay et de rejouabilité, en plus son prix est plus qu’abordable. Une difficulté élevée, des niveaux générés aléatoirement et d’innombrables variations pourront vous occuper lors de vos sessions de masochisme ludique, typiquement de quoi relâcher la pression entre deux sessions de Dark Souls 3.


Je vous l’avais dit, j’avais été plutôt séduite par le premier tome de la Tétralogie des Origines. Sans être non plus un coup de coeur absolu, ce premier tome mélangeait habilement nazisme, aliens et ambiance Lovecraftienne. Du coup, j’ai rapidement entamé le tome 2 au nombre de pages bien plus conséquent. Alors essai confirmé ou non ? (Cette chronique est garantie sans spoilers).

Nous retrouvons dans ce deuxième tome ce qui faisait le premier. C’est à dire dans un premier temps une trame narrative qui use et abuse des flash backs, flash forwards, nous demandant de bien regarder en haut du chapitre dans quel endroit et quelle époque nous nous trouvons. Après avoir été gênée par ce procédé dans le premier tome, j’y étais préparée, et faisais presque une pause avant chaque nouveau point de vue pour analyser ou et quand j’étais. Les entremelements de l’histoire sont la marque de fabrique de cette série, et il faut les enquiller. J’ai été moins gênée, mais du coup ma lecture s’en est trouvée ralentie (et sur un aussi gros tome, cela se voit).

Les flash backs sont encore plus exploités ici et de manière interessante. En effet, a un moment du récit, pour mettre en emphase l’action, on a carrément des alternances sur la même page de flash back se déroulant genre une heure avant ! C’est assez inédit dans un roman de SFFF et j’ai trouvé le procédé intelligent. Cela complique la lecture, mais cette alternance rapide permet de retranscrire l’action et le suspens d’une manière inédite. De même, nous alternons entre récit, extraits de reports, extraits de journaux. Les sources formant le récit sont nombreuses et se mélangent de manière harmonieuse.

L’action s’est déportée. Nous ne sommes plus au milieu des terres irakiennes ni en Afrique du Nord d’ailleurs, la majorité du roman se passe en Angleterre. L’ambiance du récit est donc changée. Exit le coté archéologue à la Indy et bonjour les agents doubles du Royaume Uni, les côtes ventées et les landes. Les héros changent et autant j’avais pu m’attacher à Saxhauser autant j’ai eu beaucoup plus de mal avec le trio qui occupe la majeure partie du récit. Les deux allemands m’ont semblés indisociables tandis que Maud l’anglaise était un cliché ambulant.

L’ambiance quand à elle change. Si le tome 1 était assez contemplatif, un roman de SFFF saupoudré de guerre, ici c’est l’inverse, c’est un roman de guerre saupoudré d’imaginaire. Le ressenti et le rythme est donc totalement différent. N’étant que le tome 2 de la sage, ce roman est je suppose une sorte d’articulation entre la présentation du contexte qu’était le tome 1 et l’histoire en elle même. D’un point de vue temporalité, le tome 2 s’étale sur deux mois environ et se termine donc en octobre 1939. Autant dire que nous n’avons pas beaucoup avancé dans l’Histoire.

Au final, j’ai beaucoup aimé ce roman, car j’aime les récits de guerre, et le coté historique est extrêmement bien travaillé. Je n’ai pas retrouvé l’ambiance Lovecraftienne du premier tome, mais j’y ai gagné une ambiance espionnage que j’apprécie. Cela reste un roman demandant une certaine implication, puisqu’il faut constamment être alerte et savoir ou et quand on se situe. Ce n’est pas un coup de coeur absolu, mais bien une bonne lecture, interessante, complexe et rythmée. Je ne saurais que vous la conseiller si vous aimez, globalement, les uchronies se passant pendant la seconde guerre mondiale.

 


Tokyo Vice de Jake Adelstein

Serafina dans Critiques, Livres le 8 avril 2018, avec aucun commentaire
Critiques

Tokyo Vice est un roman que j’avais acheté car il traite d’un sujet qui m’interesse fort : le Japon, et plus précisément la mafia Japonaise. Sachant qu’en plus il bénéficiait d’excellentes critiques, je l’avais acheté, mis dans ma pal, et finalement un an plus tard, je l’ai lu. Synopsis ?

Jake Adelstein est américain. Etudiant au Japon, il réussi a décrocher un poste au Yomiuri un des journaux nationaux au japon, et un poste de journaliste écrivant en Japonais. Chose inédite à l’époque. Après avoir couvert les sports et autres rubriques peu prestigieuses, le voici aux affaires de moeurs et il est loin de s’attendre à ce qu’il va découvrir sur le crime organisé au Japon.

Paru en francais aux éditions Marchialy en 2016, ce roman est inspiré de faits réels. En effet Jake Adelstein a réellement bossé au japon, comme journaliste, il a  fini par s’interesser de si prêt à la mafia que sa tete a fini mise à prix, mais il a bien sur modifié les histoires et les protagonistes dans un soucis de protection des sources. A quel point est-ce la vérité, à quel point est-ce de la fiction, la frontière est très mince et chacun se fera son avis.

C’est un roman extrémement interessant puisque s’interessant a un coté peu mis en avant du Japon. En effet, les Yakusas sont toujours puissants au Japon, et sous le couvert de la société bien proprette que nous présente le pays du soleil levant, les quartiers chauds sont comme partout le terrain de jeu de malfrats. Exploitation humaine, traite des blanches, commerce de drogue, blanchiment d’argent, le Japon n’est pas plus à l’abri qu’un autre pays.

Milieu très fermé et encore plus aux étrangers, il est rare de pouvoir avoir le témoignage de quelqu’un ayant cotoyé de prêt le sordide commerce de la mafia. C’est le cas d’Adelstein et cela se ressent a chaque page. Cette semi-autobiographie est donc très convaincante. La société japonaise, le travail au japon, le fonctionnement des journaux, tout est très interessant. Je ne dirais cependant pas que j’ai été surprise par ce qu’il se passe derrière les clubs de Roppongi ou de Kabuki-cho. Dejà car il suffit d’y passer la nuit et de voir les rabatteurs pour savoir additionner 2 et 2 mais aussi car j’ai déjà lu et vu Ikebukuro West Gate Park.

Et c’est peut être là que le bat blesse. Car le roman est marketé comme « Le japon tel que vous ne l’avez jamais vu » mais au final, tout ce qui est décrit à l’exception d’une certaine affaire est très banal. Glauque, sordide, déplorable mais banal. De plus, le roman s’étale tout de même sur une vingtaine d’années, pendant lesquels Jake a couvert de nombreux cas, donc ceux ci sont assez rapidement expédiés, il n’y a pas une seule enquête qui nous tienne en haleine pendant tout le roman. Les personnages foncément passent, changent, et au final, difficile d’accrocher. Des répétitions, une partie centrale qui s’étire en longueur, j’ai a plusieurs reprises décroché du livre qui n’a pas réussi à me tenir en haleine.

A mi-chemin entre le documentaire et la fiction, ce roman n’est ni assez sourcé pour etre l’un ni assez captivant pour être l’autre. Il a le mérite de proposer un autre regard interessant mais non inédit. De ce fait, je n’ai pas été conquise plus qu’autre chose. Je suis assez mitigée, mais je pense qu’il peut être interessant à lire.

 


Swastika Night de Katharine Burdekin

Serafina dans Critiques, Livres le 12 mars 2018, avec 1 commentaire
Critiques

Swastika Night est un roman écrit en 1937 par Katharine Burdekin, écrivaine anglaise sous le pseudonyme de Murray Constantine. Ce court roman est un roman d’anticipation connu pour son analyse très critique de la situation de l’Europe de l’époque et pour son ton résolument féministe. Il est réédité depuis peu aux éditions Pocket. Synopsis ?

Cela fait 700 ans que l’Allemagne Nazie reigne sur le monde, ou du moins sur une bonne partie de celui-ci. Le peuple allemand voue un culte à Adolf Hitler et le Nazisme est devenu une religion. Les autres peuples d’Europe sont méprisés et exploités, et quant aux femmes, elles ne sont plus qu’un bétail reproducteur. L’histoire a été totalement réécrite, et les événements d’avant la seconde guerre ont été passés sous silence. Du moins c’est ce que l’ont croit. Car Alfred , un Anglais, race méprisée, va découvrir auprès du Chevalier von Hess que le passé est bien différent de celui décrit dans la Bible d’Hitler.

Au vu du synopsis, vous pourriez penser qu’il s’agit d’une Uchronie (un sous genre de la science fiction consistant a changer un élément du passé et d’en décrire les conséquences). Cependant, il n’en est rien. Regardez la date de parution. Il s’agit uniquement d’un roman d’Anticipation, et je pense qu’il est important de garder cela en tête en lisant cette oeuvre. Déjà car forcément, de nombreux éléments de la seconde guerre mondiale ne sont pas mentionnés ce qui est normal, puisqu’ils n’étaient pas arrivés. Cela explique aussi le coté pamphlet et engagé. En 1936, il n’était pas encore communément admis que le Nazisme était mal.

Nous sommes donc devant un roman interessant historiquement, mais qui est surtout là pour passer un message. Les personnages sont réduits à leurs simples caractéristiques : le simplet, l’érudit et celui qui est en marge avec un regard neuf. Difficile de s’attacher à eux donc, puisqu’ils ne sont pas là pour cela. L’auteure attire tout particulièrement le regard sur le fait que les femmes sont les premières à perdre des droits en temps de guerre et qu’elles sont souvent les victimes toutes désignées.

Tout comme un Voltaire écrivant Candide, le gros de l’histoire est composé de dialogues et d’échanges rhétoriques entre Alfred un anglais et un chevalier Allemand. Ces échanges sont là pour mettre en avant les dangers du nazisme et du culte de la personnalité. Ce dialogue entre Alfred et le Chevalier est d’un niveau soutenu et est parfois difficile à suivre, voir carrément barbant, d’autant que moi, en 2018 je n’ai plus besoin d’être convaincue du mal qu’est le nazisme. De ce fait, je dois avouer que j’ai régulièrement décroché et que j’ai du me forcer à terminer le livre. Bien que assez court, puisqu’il fait moins de 300 pages, j’ai mis assez longtemps à le terminer.

Au final, je suis contente d’avoir lu ce livre pour avoir pu avoir une vision de ce qui pouvait être pensé avant la seconde guerre mondiale, et de l’importance qu’ont les artistes pour alerter la population. Le roman est bien construit, dans la tradition des contes philosophiques. Les personnages ne sont pas particulièrement attachants et le rythme devient rapidement lourd. Vous l’aurez compris, difficile de vous conseiller ce roman, même si il est instructif d’un point de vue historique.


Route 666 de Roger Zelazny

Serafina dans Critiques, Livres le 20 février 2018, avec aucun commentaire
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Route 666 est un court roman de Roger Zelazny dont vous connaissez probablement le nom pour sa saga des princes d’Ambre. Aussi appelé Les Culbuteurs de l’Enfer lors des premières traductions FR dans les années 70 (et Damnation Alley en VO), ce roman est une des inspirations derrière Mad Max, récemment réédité aux éditions Helios avec une traduction de Thomas Bauduret et une magnifique illustration de Darkeen. Synopsis ?

Hell Tanner est un criminel, un Hell’s Angel sans foi ni loi dans une Amérique dévastée par la guerre atomique, où les compteurs Geiger s’affolent. La personne idéale donc pour accepter un deal consistant à traverser les Etats Unis le long de la route (6)66 à la tête d’un convoi blindé pour apporter à Boston un remède qui sauvera la ville.

Ce roman d’une centaine de page est un roman qu’il est difficile de lâcher ne serait-ce que par sa construction. Pas de chapitres, pas de saut de ligne, tout est condensé, donnant en quelque sorte un sentiment d’urgence à cette fuite en avant le long de la route 666. Si vous avez déjà lu Zelazny, vous connaissez sa plume. Simple mais jamais simpliste, allant à l’essentiel, épurée mais pourtant capable de nous transporter dans n’importe quel univers en quelques phrases. Et c’est le cas ici. La Californie où commence l’action est dévastée, les alentours ne sont que tempêtes, animaux mutés et autres chauves souris mortelles de la taille d’un petit avion. Du désert, des gros véhicules blindés et anti-radiations, de la poussière, des compteurs Geiger et un héros bourrin qui ne prend pas de pinces mais qui a un certain code de conduite. Evidemment, depuis on a vu Mad Max, et d’autres road trips post apocalyptiques, alors notre cerveau est prêt et nous emmène directement sur cette route 666 poussiéreuse. En quelques mots, nous sommes dedans, nous roulons à tombeau ouvert.

Tenant plus de la novella que du long roman, les personnages secondaires vont et viennent, sans forcément d’autre intérêt que servir l’histoire et sans trop de développement. Nous suivons surtout Hell, et la vraie héroïne : la route. Road-book par essence, le héros ici c’est le chemin, c’est cette route qui fera évoluer Hell, qui mettra parfois à mal ses principes mais qui lui permettra aussi de se révéler, car de prime abord il est peu attachant et puis on finit par apprécier ce protagoniste et son sens de l’honneur. Après une longue route, sur la fin, le roman se transforme peu à peu en essai, parfois à la limite de l’essai philosophique, un poil trippé, et ce petit passage avant la conclusion de l’histoire, sorte d’intermède et de morale m’a un peu vu décrocher.

C’est un roman court mais que j’ai beaucoup apprécié et que je ne peux que vous recommander si vous aimez les univers post-apocalyptiques, les courses en avant et le style très particulier de Roger Zelazny. Longtemps introuvable, le roman est désormais disponible dans toutes les librairies, c’est l’occasion de le découvrir et de voir que Zelazny a été un auteur prolifique bien au delà de son cycle d’Ambre et une pierre angulaire des littératures de l’imaginaire d’aujourd’hui.

 


Les légions de poussière de Brandon Sanderson

Serafina dans Critiques, Livres le 26 janvier 2018, avec aucun commentaire
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Vous commencez à le savoir ici, j’aime beaucoup Brandon Sanderson. Cet auteur est devenu un de mes préférés suite à la lecture de la saga Les Archives de Roshar que j’ai adorée. Du coup, j’étais très enthousiaste à l’idée de découvrir sa nouvelle production sortie aux éditions Pocket : Les Légions de Poussière. Un roman en one shot, qui peut se lire indépendamment de ses autres saga. Synopsis ?

Joel est un élève de l’académie Armedius, une académie qui forme les personnes « normales » mais aussi les Rithmaticiens, des personnes capable d’animer leurs dessins à la craie et notamment d’utiliser ceux-ci pour défendre le pays. Atout majeur de la civilisation américaine, une fois la formation accomplie ils partent au front, à Nebrask où ils affrontent des crayons sauvages à coup de craie. Joël n’a aucun pouvoir mais est passionné par cette discipline complexe faite de lignes de barrages, de cercles de protection et tant d’autre. Dernièrement l’académie est secouée par des disparitions étranges et inexpliquées, ciblées uniquement sur les Rithmaticiens.

Voila pour le synopsis qui pose un peu la chronique de ce livre. Il s’agit d’un roman fantastique, d’initiation se déroulant dans une université magique avec une discipline mystérieuse fortement documentée comme le fait souvent Mr Sanderson. Cela résume à la fois les qualités et les défauts de ce roman. Bien que bénéficiant d’une grande recherche au niveau de la Rithmatique, discipline absolument passionnante que Branson Sanderson nous fait découvrir de manière ludique, pour le reste on repassera niveau originalité. Le héros un peu à la marge, la jeune fille belle mais mise à l’écart car nulle en classe, le professeur qui prend notre héros en grippe et que notre héros soupçonne donc d’être à l’origine des enlevements, le coté campus à l’anglo-saxonne, difficile de cocher plus de cases au bingo du roman jeune adulte post-Harry Potter.

Et c’est dommage. Car c’est bien écrit. Car la rithmatique est passionnante. Car le monde autour, une sorte d’Amérique non unifiée en guerre dcontre des démons sauvages là bas en Nebrask, semble riche et bien imaginé. Mais on ne peut pas s’empêcher de se dire « non mais sérieusement ? » aux trois quarts de l’intrigue centrée sur le monde scolaire. Alors oui, évidemment, ce n’est pas parce que Harry Potter existe qu’on n’a plus le droit de faire de romans d’université magique, mais il n’y a ici dans Armédius aucune réelle personnalité a part les noms et les matières qui changent.

Cela reste une lecture plaisante, et qui m’a tenue en haleine car Brandon Sanderson pourrait écrire un roman sur la reproduction des phasmes lors de la peste noire de 1349 en Arménie orientale et toujours rendre ça intéressant. Cependant, ce n’est pas un livre qui brille pas son originalité et qui laisse un petit gout amer. Le potentiel était énorme, mais l’enrobage est trop vu. Cela s’explique en partie par le fait que ce roman a été entamé par Branson Sanderson avant son écriture de La Roue du Temps et repris ensuite, qu’il avait plus ou moins idée de developper l’univers et ne l’a finalement pas fait.

Je ne recommanderais donc ce roman que dans deux cas : si vous êtes fans de l’auteur et avez envie de passer un bon moment sans prise de tête ou si vous souhaitez l’offrir a un.e adolescent.e qui aime ce style de livres. Sinon, malheureusement, cela restera une lecture dispensable.


Il y’a des choses qui ne changent pas. Mon intérêt pour les lectures faisant rapport aux trips ésotériques du IIIème Reich en fait partie. De ce fait, quand j’ai eu l’occasion de découvrir le premier tome de la Tétralogie des Origines de Stéphane Przybylski je n’ai pu que me précipiter dessus. En effet, la couverture était assez explicite, et la quatrième de couverture aussi. Synopsis ?

Juin 1939, Himmler diligente une mission archéologique en Irak censée trouver des preuves de l’existence d’un peuple Aryen antique et supérieur, avec pour but caché de s’attirer le support des locaux contre l’empire Britannique. Dans ce contexte c’est l’officier de renseignement SS Friedrich Saxhäuser qui est chargé , sous couverture, de diriger cette opération et de mener à bien cette mission. Ce qu’il ignore encore c’est qu’au coeur d’une vallée proche d’un affluent du Tigre il va faire une découverte impensable, une découverte qui pourrait bien changer le cours de l’histoire.

Le château des millions d’années est donc le récit de cette expédition, entrecoupée de nombreux flashbacks qui nous permettent de mieux cerner le héros Friedrich Saxhäuser. Friedrich est en effet un vétéran de la grande guerre qui fait partie de la première garde d’Adolf Hitler, qu’il suit et protège depuis bien avant son ascension au pouvoir. Pas fanatique, pas forcément en accord avec la philosophie du parti, Friedrich ferme tout de même bien les yeux sur de nombreux points et c’est donc un personnage a qui il est difficile de s’attacher.

Ce personnage pas forcément attachant, combiné a une expédition dans le désert à la recherche de Grands Anciens n’est évidemment pas sans faire penser a Lovecraft et c’est une comparaison qui m’a trotté dans l’esprit pendant tout le livre. Dejà celui-ci est dense. Bien que ne faisant que 300 et quelques pages, il n’y a pas de temps de repos et nous sommes constamment baladés d’endroits en flashbacks, en passant par des rêves totalement hallucinés. Autant dire que ce n’est pas un livre qu’on peut lire comme ça à l’arrache, il faut se poser. Chaque début de chapitre (ou de sous chapitre) commence par une date et il m’est arrivé a plusieurs reprises de retourner en arrière pour savoir si on n’avait pas eu un timeskip de plusieurs années.

Le récit n’est donc certes pas linéaire mais c’est une manière de maintenir le mystère et le suspens. Je dirais qu’il peut être un peu difficile de rentrer dans l’histoire, mais qu’une fois que c’est fait le roman sait être un page-turner. On sent que l’auteur à une mythologie assez large en tête et les révélations sont distillées petit a petit nous permettant ici de toucher du doigt les importantes découvertes de cet univers. Ce mélange d’ambiance à la Indiana Jones rencontrant Lovecraft et Alien Theory a tout simplement fini par me passionner. Pas de grande épopée, pas de grand débordement d’action, mais un univers mystérieux, beaucoup de non-dits , c’est un roman qui mérite de prendre son temps pour le découvrir et le processer.

Le roman est le premier d’une série, il faut donc savoir que les mystères ne sont pas résolus à la fin de ce premier tome, je dirais même que cela ne fait que commencer. Bien que j’ai mis un peu de temps à entrer dedans, à la fin, je n’avais qu’une envie : lire le tome suivant.


Il y’a des affiches qu’il est difficile de louper tellement le menu semble être à la hauteur. C’était le cas hier soir à La Maison Folie Beaulieu, une salle située dans une zone residentielle de Lomme que je découvrais pour la première fois (il faut dire que c’est tout au bout du métro) et qui proposait une affiche métal venue du grand nord des plus alléchantes : Les rockers classieux de Solstafir, le one women black metal band de Myrkur et les gens petits gars d’Arstidir. Myrkur toute seule, j’y serais allée, mais alors avec Solstafir  c’était à ne pas manquer ! Je n’étais clairement pas la seule à m’être dit cela, puisque la salle était comble.

C’est à Arstidir d’ouvrir le bal. J’aurais préféré Arstidir Lifsins mais bon, nous sommes là en présence d’un trio de rock plutôt folk : deux guitares, un clavier, des voix qui s’entremèlent et chantent la mélancolie de l’île de glace. C’est beau, à n’en pas douter, et les compositions bien que n’étant pas du tout métal tirent tout de même vers le prog. Pas étonnant qu’ils aient tourné avec Pain of Salvation ou encore enregistré un album avec Anneke Van Giersbergen. C’est un beau moment, mais ce n’est pas mon style de prédilection, je ne pourrais donc pas assurer de les réecouter un jour.

Le temps d’une pause clope pour l’amie qui m’accompagnait (Malicyel faisait son baptème du concert de métal ce soir là) et on voit le double micro en branche d’arbre sur scène. Il n’y a pas de doute, Myrkur s’annonce. C’est avec le premier titre du nouvel album que le concert débute. Myrkur, je l’ai déja vue en live au Hellfest et elle m’avait bluffée : cette petite dame blonde en a dans les cordes vocales et vit sa musique de tout son être. Vêtue d’une tunique ensanglantée (peut être en avait-elle marre d’entendre des « A poil » ?), Myrkur ou Amalie Brun est comme possédée. C’est elle qui attire tous les regards, cependant, les musiciens qui l’accompagnent sur cette tournée ne déméritent pas. C’est propre et bien cadré, mais on sent tout de même qu’il s’agit de musiciens de tournée et non d’un groupe. Ce concert est l’occasion de constater la puissance du chant de la jeune femme mais aussi l’orientation un peu différente de Mareridt son dernier album. En effet, le concert enchaine trois morceaux de ce nouvel opus en entrée : Mareridt, Ulvinde et The Serpent. Pas de chant crié, pas de double pedales non stop ni de cymbales de black. On est plus dans du Chelsea Wolfe et dans quelque chose de plus doom et plus lourd que précédemment. Cependant, lorsque les morceaux de M sont joués, le mélange est efficace et donne tout ce relief et cette profondeur à la musique de Myrkur. Une artiste à suivre et de près.

Je vous l’ai dit, je venais surtout pour Myrkur. Mais Solstafir c’est toujours l’assurance de passer un moment agréable. Je n’avais pas revu le groupe depuis 2015 au Motocultor, sur la tournée Otta. Et si je venais passer un bon moment « sans plus », je dois avouer que je me suis pris une claque dès le premier morceau tiré de l’excellent Berdreyminn sorti cet année que j’écoute fréquemment en boucle. Et que je me suis rappelée à quel point en live, Solstafir, c’est juste génial. Déjà, cet album pousse le raffinement, la mélancolie mais aussi le coté progressif et désolé de Solstafir à son paroxysme et les morceaux sont en live d’une intensité rare. Il faut le dire, cela doit beaucoup à Aðalbjörn Tryggvason (je remercie le copier/coller) guitariste et chanteur, clairement allumé mais à la tessiture sans pareil et qui fait passer pléthore d’émotions dans son chant. Du murmure aux cris déchirés, c’est lui qui porte l’essence même de ce qu’est Solstafir. La setlist est belle et équilibrée : 4 morceaux du dernier opus, et le reste composé de grands classiques comme Otta , Fjara et autres indémodables d’un set de Solstafir. Le jeu est sans failles, l’émotion est au rendez vous, les parties les plus énervées contrastent merveilleusement bien avec les parties plus mélancoliques comme certaines parties A Capella. La public est conquis et le groupe clairement content d’être là. Le set se terminera avec Aðalbjörn debout sur les crash-barrières avec sa casquette de capitaine clairement acclamé par son public.

Solstafir nous aura offert une magnifique soirée, nous transportant sur l’île de feu et de glaces, dans des paysages désertiques, où les cris résonnent. Le concert était à l’image de leur musique, fine, torturée et incroyablement classe. Un groupe que je ne manquerait clairement pas la prochaine fois qu’ils passeront par chez moi et si vous avez l’occasion, je ne peux que vous conseiller d’aller les découvrir en live.