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Il faut parfois suivre les bons acteurs étrangers pour découvrir les bons films étrangers, c’est comme ça qu’en suivant la filmgraphie de Tomohisa Yamashita découvert dans Dragon Zakura nous avons finir par tomber sur une véritable perle: Nobuta wo Produce. Mais avant de vous expliquer pourquoi ce Drama de dix épisodes produit par NTV est une pépite qu’il faut absolument avoir vu, penchons nous dessus avec un petit Synopsis.

Nobuta wo Produce

La vie est un jeu pour Shuji et la popularité au lycée est la façon principale d’y gagner. Il n’hésite pas pour cela à aller au karaoké avec des amis qu’il connait à peine et où il se fait royalement chier, à faire semblant de sortir avec une des filles les plus populaires de son lycée ou à sortir des blagues à tout va. Mais une fois rentré chez lui et le masque tombé, il n’y a plus grand chose de très intéressant à faire dans cette vie de jeu d’acteur. Rien ne le destinait à croiser le chemin d’Akira, une sorte de cassos perdu que personne ne comprend vraiment, ou encore de Nobuta, une élève tout juste transférée dans sa classe qui semble en être le nouveau bouc émissaire… Pris de pitié, il lui propose de l’aider à devenir populaire, et quel meilleur défis que d’essayer de rendre populaire la fille la plus détestée du lycée ? Le tout sans pour autant divulguer son implication, une information qui mettrait assurément en cause sa popularité.

Nobuta wo ProduceNous rejoignons cette histoire au travers des yeux de Shuji, cet adolescent populaire qui connait les codes à suivre pour arriver à ses fins dans l’univers impitoyable que sont les bancs d’un lycée japonais. Les jeunes japonais y passent une majorité de leur temps et ne s’y font pas beaucoup de cadeaux -en France non plus, évidemment-, alors quand Nobuta la jeune transférée mal dans sa peau et inapte aux relations sociales arrive dans sa nouvelle classe, c’est un vrai déluge qui va s’abattre.

Nobuta wo Produce est avant tout une série qui vous met mal à l’aise devant la cruauté dont les adolescents peuvent faire preuve, cliché certes mais tellement réaliste et facile à imaginer. Les premiers épisodes sont d’une cruauté sans borne qui aura de quoi vous retourner l’estomac, transformant chaque épisode en douleur.

Et pourtant, un rayon de soleil est là pour nous donner l’espoir de voir les choses s’améliorer, des petites améliorations qui sont souvent douchées de manière cruelle, mais qui donnent envie de suivre l’aventure de Nobuta et savoir si ses deux potentiels amis vont réussir à la produire. Le prétexte pour forcer la rencontre des trois personnages principaux, le fait de rendre Nobuta populaire (la « production de Nobuta » donc) fait office de fil conducteur tout au long des dix épisodes.

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Mais ce Drama traite bien plus de l’amitié que de l’éventuelle popularité de notre héroïne. Nobuta wo Produce est avant tout une ode à aux joies de l’amitié, au fait de ne pas se sentir seul dans cette tempête qu’est l’adolescence et à quel point pouvoir compter sur d’autres personnes qui vous acceptent tel que vous êtes est important.

Les charges émotionnelles sont d’autant mieux rendues que les acteurs principaux sont d’une très grande qualité. Maki Horikita y joue Nobuta, un personnage mal à l’aise socialement, avec peu sinon aucun estime d’elle même et des scènes d’une violence émotionnelle énorme. Elle le fait de manière impressionnante et avec talent, tant et si bien qu’elle est méconnaissable, alors qu’on l’avait déjà croisée pour Hanakimi, l’adaptation en Drama du Shojo Parmi Eux. Tomohisa Yamashita qui nous a attiré vers cette série joue lui aussi magnifiquement bien cet adolescent pommé que tout le monde a un jour eu dans sa classe de lycée. On ne sait pas trop ce qu’il fait, pourquoi il est bizarre et il sort toujours ces petites phrases que personne ne comprend (si vous n’en connaissez pas, c’est que c’était peut être vous). Entre ces deux rôles on retrouve Kazuya Kamenashi dans le rôle du lycéen modèle, et s’il le joue bien, le personnage manque sans doute d’un peu de folie pour vraiment marquer.

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Les dix épisodes de Nobuta wo Produce sont réussis et bien rythmés. A chaque fois centré sur une thématique de l’école, mais façon déprime, le Drama s’avère être une sorte de plaisir masochiste. Amadoué par Nobuta que l’on ne peut que souhaiter voir réussir, on s’inflige cette dose d’émotion forte qui fait mal. Heureusement, le rayon de soleil est là pour nous montrer que l’éclaircie n’est sans doute plus très loin. Nobuta power ! Chuunyuu !


Galilée de Clive Barker

Serafina dans Actualités, Critiques, Livres le 31 juillet 2016, avec aucun commentaire
Actualités

Bragelonne continue sa republication des oeuvres de Clive Barker avec Galilée, sorti fin Juin en grand format. Le roman était auparavant paru en poche chez Pocket découpé en deux tomes, mais ici, c’est bien l’intégrale qui est proposée et qui fait près de 700 pages plutôt denses. Comme d’habitude on retrouve le code couleur des oeuvres de Clive Barker avec une couverture sombre et un titre en rouge. Synopsis ?

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Les Barbarossa sont une famille étrange, dont les membres vivent au coeur des marais de la Louisiane en vieillissant bien plus lentement que le reste des mortels. Maddox, fils illégitime de la lignée, entreprend de compter l’histoire de la famille ainsi que de la famille Geary, magnats du pétrole et de la finance qui dirigent de loin les Etats-Unis. En effet, les deux sont liés, et notamment via Galillée le fils prodige des Barbarrossa.

Vous aimez le Clive Barker sanglant et tourbillonnant ? Le digne avatar de ce que le Splatterpunk a pu fournir de plus giclant ? Eh bien vous ne trouverez pas votre bonheur ici. Car si c’est bien le même auteur, cette fresque est beaucoup plus soft et plus onirique que la production habituelle du Mr. Il s’agit d’une fresque familiale qui prend racine dans la guerre de secession et traverse les décénnies. Nous sommes dans l’intimité des puissants et c’est un peu comme si on vous proposait un mélange entre Les Feux de L’Amour et un roman d’horreur. Car oui, tout est là, la famille décadente, ultra riche avec sa galerie de personnages tous abimés, manipulateurs et qui vivent dans des lofts de fous en haut des gratte ciels, la drogue, le stupre et les jeux de pouvoir. Tout est donc là, dans un cadre un peu rétro, daté et tellement dans la démesure qu’au final la capacité de Clive Barker a aller toujours plus loin ne choque même pas.

galilee_orgL’horreur et le surnaturels sont présent, mais en arrière plan. Car oui, il y’a des fantômes, il y’a des forces supérieures qui ont le pouvoir de vie et de mort, mais finalement, on suit surtout l’histoire de deux familles et de quelques protagonistes. Maddox est un fils illégitime, pas très sur de lui, qui est notre narrateur et couche sur papier l’histoire de sa famille. Rachel est une vendeuse de bijoux, de basse extraction, mariée a un Geary et elle va se rendre compte que tout n’est pas si rose. Quand à Galillée, véritable pierre angulaire du roman, il est mystérieux, perdu en mer, et porte le poids des ans sur ses épaules.

Le rythme est lent, très lent, mais cela permet a Clive Barker de mettre en place sa mythologie, un peu à la manière d’une Jacqueline Carey. Notre narrateur se répète pour nous faire nous aussi accepter les mythes Barbarossa, qui deviennent les notres. Ce rythme m’a plu et m’a permit de réellement m’immerger dans l’univers du roman. Les chapitres sont relativement courts et les points de vues alternent entre Maddox, les Barbarossa, Gallilée, Rachel et d’autres personnages de la famille Geary, de ce fait, on a souvent du mal à refermer le livre car on à hâte de retrouver le personnage que l’on suivait. Malgré la taille du roman, c’est un page turner sans réellement de temps mort. Même à la fin ou tout s’accélère, le rythme reste lent et le narrateur assez détaché. C’est fascinant.31

A la fin de l’histoire, je ne dirais pas que j’ai tout compris. Certaines choses restent obscures et je suis sûre qu’il y’a beaucoup à creuser dans cette fresque. Mais cette part de mystère est aussi une qualité. Car cela donne un gout de « reviens-y ». Vous l’aurez compris, j’ai été charmée par ce gros pavé et je ne peux que vous le conseiller. Si vous aimez les saga familiales, les marais de Louisiane, les personnages mystérieux et perdus en mer, Galillée est pour vous !


J’avais lu les premiers tomes de la première série de Marika Gallman, Maeve Regan, que j’avais appréciée mais sans spécialement plus. Cependant, sa nouvelle série Les Chroniques de Hallow, sorti directement chez Bragelonne me tentait, et c’est à l’occasion de sa sortie en poche chez Milady et d’un voyage à Paris pour une opération des yeux suivi d’une convalescence loin des écrans, que je l’ai entamé. Synopsis ?

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Abby a un pouvoir. Elle a la capacité d’absorber l’énergie des gens. Entre ceci et sa formation par des as du cambriolage elle est l’Ombre, une voleuse redoutée, spécialisée dans les œuvres d’art. Mais voilà, parfois, elle a aussi des tendances cleptomane et décide de dérober le portefeuille d’un homme qui l’intrigue dans le métro. Manque de peau, il est flic, et en prime il est immunisé contre son pouvoir.

Les chroniques de Hallow commencent directement sur les chapeaux de roues. L’intrigue est très vite posée, l’héroïne est présentée et on s’y attache rapidement. Il n’y a que très peu de temps morts et pour être honnête, tout le roman est mené tambour battant. Je n’avais pas forcément énormément accroché à Maeve, l’héroïne précédente de Marika Gallman et j’avais trouvé le premier tome trop lent, ici les défauts sont corrigés. Les personnages sont immédiatement posés, Abby est une héroine toute en nuances et son frère Harrison est absolument génial.

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Par contre, tout comme dans Maeve Regan, l’univers lui n’est pas beaucoup posé.  J’ai passé les 50 premières pages a imaginer Hallow comme Paris, en me disant qu’on était dans une capitale calquée sur la capitale française avant que l’auteure ne commence à parler d’Etats, et j’en ai déduis que c’était aux US mais ça pourrait aussi bien être au Canada. C’est quelque chose qui me gène toujours énormément pour pouvoir imaginer l’histoire dans ma tête.

On comprend petit a petit que les pouvoirs de Abby ne sont pas la par hasard et qu’elle n’est pas la seule qui ai des capacités paranormales. Les personnages secondaires ne sont pas en reste, que cela soit Harrison le frérot geek – qui n’a évidemment pas ce prénom pour rien – , Christopher le flic immunisé ou encore Smith le ténébreux milliardaire. Il semble y avoir tout un univers derrière mais ce premier tome nous laisse plutôt sur notre fin et on ne fait qu’effleurer le monde dans lequel Abby évolue.

Il s’agit bien sur d’un tome d’introduction et on devine aisément sous quelle forme va se prolonger l’aventure, une forme qui me fait plutôt plaisir car il semblerait qu’on évite les clichés de la bit-lit. Sans révolutionner le genre, Marika Gallman signe la le début d’une série prometteuse, interessante, avec son univers qui semble original mais seulement effleuré. Je serais curieuse de lire la suite dès sa sortie,  car tous les ingrédients semblent réunis pour que les Chroniques de Hallow soit une très bonne histoire.

 


Le Haut Seigneur de Trudi Canavan

dabYo dans Critiques, Livres le 20 juillet 2016, avec aucun commentaire
Critiques

Et nous y voilà pour le dernier volet de la Trilogie du Magicien Noir, sobrement intitulé Le Haut Seigneur de Trudi Canavan. C’est sorti en poche il y a quelques semaines chez Milady après avoir un grand succès dans le grand format il y a quelques années de cela, et j’avoue qu’après toutes ces heures passées en compagnie de Sonea et Dannyl, j’avais bien hâte de découvrir le fin mot de cette histoire. Pas de synopsis cette fois pour ne gâcher la surprise de personne, juste mes impressions sur un tome qui -j’espérais- aller clôturer la trilogie en beauté.

La Trilogie du Magicien Noir Tome 3 Le Haut Seigneur Trudi Canavan

Notre histoire se déroule toujours sur les Terres Alliées et prennent place à la guilde des magiciens qui reste le théâtre de nos aventures. Tandis que le premier tome La Guilde des Magiciens avait un rythme assez intéressant et prenant, ma lecture s’est un peu plus embourbée au milieu de La Novice, près de 800 pages où nous découvrons la vie d’apprentie de Sonea et celle d’ambassadeur de Dannyl mais sans jamais vraiment entrer dans le lard. Cela donnait l’impression de remplissage de la part de Trudi Canavan qui nous laissait entrevoir plein de mystères sans jamais oser nous donner un quelconque indice… Ou sans vraiment en faire profiter le lecteur.

Heureusement, je peux aisément dire que Le Haut Seigner est à la complète opposée de ce dernier. On retrouve un nombre de pages similaires mais c’est comme si Trudi Canavan avait tout conservé pour le sprint final. Le livre commence directement sur des révélations, sur ces quelques bribes d’informations qui auraient sans doute transformé le tome précédent en quelque chose de beaucoup plus excitant. Et puis ça s’emballe et tout continu dans une sorte de course contre la montre bien mise en place depuis le début de la série. Les évènements prennent tout leur sens, les révélations sont plaisantes et permettent de mieux entrevoir l’étendue de l’univers.

Alors on pourrait évidemment remettre en questions pas mal d’éléments, qui sont donnent l’impression qu’on est dans un monde assez parfait où les choses se déroulent bien même dans le pire des cas. Ça peut éventuellement faire tiquer mais ne choque pas pour autant, sans doute dû à la très bonne écriture de l’auteur qui rend tout ça passionnant et fait un peu oublier que certaines réactions manquent de réalisme et de profondeur.

La Trilogie du Magicien Noir Tome 3 Le Haut Seigneur Trudi CanavanOn pourra d’ailleurs argumenter sur ces qualités qui font que les révélations ne font pas too much et restent crédibles. Il y a comme on pouvait s’en douter des personnes dont la véritable nature n’est révélée qu’ici, mais c’est bien amené et ne choque pas. Alors certes, on ne tombe pas des nues et peut être qu’un peu plus de profondeur aurait été préférable, mais on évite le travers d’un paquet de romans du genre. De même, le traitement des relations entre les personnages est réussi, Sonea en elle même est réussie et devient quelqu’un à qui l’on s’attache, loin des caractères vus et revus du genre.

Au final, après un deuxième tome en demi-teinte, Le Haut Seigneur vient récompensé son lecteur pour tout ce temps passé en compagnie de Sonea sur les bancs de l’univers des magiciens. Une lecture très plaisante, qu’on dévore tant l’écriture de Trudi Canavan rend son récit prenant et addictif.


Saito San de Masahiro Fukuma

dabYo dans Films, Séries le 14 juillet 2016, avec aucun commentaire

On continue notre incursion dans le monde des Drama japonais avec Saito San, une série de onze épisodes écrite par Masahiro Fukuma et diffusée en 2008 par NTV. Après les hôtesses de l’air ou encore le yakuza qui se fait passer pour un lycéen pour obtenir le bac, c’est cette fois vers les mères de famille qui emmènent leur enfant à l’école maternelle que nous allons nous tourner. Oui oui, vous avez bien lu. Synopsis.

Saito San de Masahiro Fukuma

Mano Wakaba est la mère de Takeru et vient tout juste d’emménager avec son mari dans un nouveau quartier. C’est pour son fils que le changement est le plus difficile, il s’est fait exclure de son ancienne école maternelle pour violence envers les autres enfants, et Mano a peur que cette information circule parmi les autres mères d’enfants de l’école… Une de ses voisines, Saito, a son enfant dans la même classe et n’est pas très populaire auprès du quartier. Au lieu de faire profil bas, elle est toujours à rappeler qu’on ne jette pas les bouteilles de verre le mercredi et dès qu’une injustice a lieu, elle ne peut s’empêcher de s’en mêler pour rétablir le droit. Qu’est ce qu’elle est embêtante !

Depuis que nous regardons des Drama japonais je dis souvent dans ces colonnes que c’est une très bonne façon d’en découvrir les us et coutumes. En France une bonne partie des femmes travaillent, qu’elles soient ou non mères d’enfants. Mais s’il y a encore du travail pour garantir la parité chez nous, on est bien loin de l’état pitoyable de celle-ci au Japon, où une grande partie des mères deviennent mère au foyer et ont pour principale occupation l’éducation de leur enfant, comme principal cadre de vie celui qu’elle partage avec les mères des camarades de classe de leur enfant. C’est sur cet univers qu’est centré Saito-San.

Saito San de Masahiro Fukuma Gym

On découvre donc cet univers impitoyable dans lequel vivent les femmes japonaises, qui s’épient, se jugent, commèrent, le tout dans le respect du joug de la culture japonaise. Cette culture qui les poussent à tout intérioriser, à fuir le conflit, à accepter les humiliations pour ne pas faire de vagues pendant que les rares profiteurs jubilent impunément. Une sorte d’ambiance complètement toxique donc, qui met en exergue l’injustice chronique de la société japonaise, un vrai challenge à regarder tant cela peut être désespérément injuste pour le spectateur. Le second personnage principal, Mano, est obnubilée par ce que peuvent penser les autres mères, elle n’a qu’une peur c’est d’être exclue de leur groupe à cause des agissements de son fils Takeru. Du coup, plutôt que de se concentrer sur ce dernier, elle fait tout pour être bien vue quitte à délaisser ses réels besoins. Dans une même optique, plutôt que de chercher à résoudre les causes d’injustices, tout est fait pour qu’elles puissent perdurer, mais sans faire trop de vagues. Dur de se dire que c’est réellement réaliste, même si quelques connaissances japonaises semblent abonder dans ce sens.

Face à cet océan de conformisme et d’injustices, Saito-San notre personnage principal fait office de héros pour le spectateur, et la société japonaise dans son ensemble. Plutôt que de laisser les jeunes gens prendre les places des personnages âgées dans le train sans jamais se bouger, elle ira le leur reprocher. Icône japonaise d’après la professeure de Serafina -oula les références-, c’est donc une sorte de justicier à visage découvert, qui ose se heurter au conformisme de la société japonaise tout en sachant pertinemment qu’elle va plus en pâtir qu’autre chose. Combien d’épisodes nous montreront que finalement, ce sont les gens qu’elle veut aider qui le lui reproche le plus, par peur de faire des vagues. C’est du coup très dur à regarder, les injustices étant centrées autour d’enfants qui sont incapables de se prendre en main malheureusement.

Saito San de Masahiro Fukuma Gym

Ah ces enfants qui font du vélos sans être alignés !!!

Les épisodes passent et on s’accroche très vite aux personnages, Mano est tout simplement géniale. Avec son caractère qui passe de la joie complète à la tristesse et au stress total, c’est vraiment un personnage attachant dans lequel on peut tous un peu se reconnaître. Certes, c’est une personnalité bien loin de celles que l’on retrouve ici en France, mais on sait que ça peut exister, on la comprend. Saito quant à elle est tout simplement géniale, on ne peut que l’admirer. Les autres personnages sont eux aussi très « japonais », en tout cas donnent cette impression, avec de superbes références et cet esprit grégaire exacerbé.

Le rythme de la saison est assez lent au début, concentré sur des problem of the week à régler pour Saito, souvent quelque chose de centrer autour d’un problème d’une classe maternelle. Untel a volé un jeu, la kermesse doit être organisée, etc… Autour de ces problématiques l’histoire évolue entre les différents personnages de manière lente, mais prenante. J’ai vraiment apprécié les épisodes malgré une thématique (les enfants) qui ne me passionne vraiment pas.

Saito San de Masahiro Fukuma Family

Saito San est peut être l’héroïne du japon, mais c’est bien autour de Mano qu’est centrée la série, personnage dans lequel l’audience peut se projeter

Saito San est un Drama et vraiment, la façon dont les épisodes sont filmés et mis en scène le fait clairement ressentir. De nombreux moments sont très bien construits pour faire monter la détresse des situations et leur aspect dramatiques. Que ce soit via la musique très bien écrite et prenantes ou avec des montages de scènes exemplaires. La pression monte et on est pris au jeu.

Avec ces quelques épisodes, Saito San fini par nous convaincre de rester avec ces quelques enfants innocents dont est fait peu de cas. La série n’est pas sans défaut, et au final le personnage de Saito San représente tout de même un grand conformisme pour nous autres européens. Mais pas de quoi empêcher d’en profiter pour découvrir le Japon au travers d’une série très bien réalisée.


Platinum End de Takeshi Obata et Tsugumi Ohba

Platinum End Tome 1

Serafina dans Critiques, Livres le 10 juillet 2016, avec aucun commentaire
Critiques

Tsugumi Ohba et Takeshi Obata, l’un des duos les plus intéressants du manga, sont de retours. Lorsque nous étions au Japon à l’automne dernier, nous avions vu l’arrivée du tout premier chapitre de Platinum End dans le Jump Square. La série n’a pas mis très longtemps à arriver en France chez Kazé grâce à la popularité des auteurs. Synopsis ?

Platinum End de Takeshi Obata et Tsugumi Ohba

Mirai est un adolescent qui n’a plus goût à la vie. Lors de son dernier jour de collège, il se dirige vers le toit d’un immeuble avec pour objectif d’en finir. Mais il est rattrapé durant sa chute par Nessa, un Ange, qui va lui proposer des ailes et des flèches pour lui redonner goût à la vie. Paumé, Mirai accepte, le voici capable de voler mais aussi de rendre n’importe qui fou amoureux de lui pendant 33 jours.

Le synopsis peut vous sembler tordu et honnêtement il m’a un poil refroidie aussi. Mais bon, on parle de Obha et Obata à qui on doit Death Note et Bakuman alors j’ai envie de dire qu’on peut y aller les yeux fermés. Le dessin est évidemment magnifique, Obata étant un de mes auteurs préférés. C’est dynamique, les charadesigns sont recherchés et élégants, les compositions sont à tomber, je pense que je ne peux rien trouver à redire sur le dessin, c’est très lisible et extrêmement beau.

Platinum End de Takeshi Obata et Tsugumi OhbaAu niveau du scénario, cela va très très vite. J’ai lu Bakuman, je sais donc que les premiers chapitres décident de la vie ou de la mort d’une série, il est donc important de poser très très vite les bases et le concept. Celui-ci s’oriente rapidement vers une bataille entre le bien et le mal, un thème déjà vu dans Death Note. On a un héros lycéen, qui va devoir cacher ses pouvoirs, accompagné d’une créature surnaturelle fantasque, difficile de ne pas faire le parallèle avec Raito et Ryuuk’… Ce point me laisse un petit peu tiède, car j’ai l’impression de voir les mêmes archétypes encore et encore. Cependant, ce n’est que le tout premier tome, donc il faut attendre de voir.

Le premier tome se termine sur un gros cliffhanger et un twist assez inattendu qui a bien marché sur moi, je suis donc assez impatiente de lire la suite. C’est aussi agréable d’avoir une série parue en France si peu de temps après la parution japonaise. Le tome 2 paraitra le 24 août et je peux vous dire que je serais au rendez vous.

Si vous avez aimé Death Note et/ou Bakuman, il n’y a même pas à hésiter, allez lire Platinum End, cela augure du très bon ! A suivre cependant pour vérifier que les auteurs ne retombent pas dans leurs propres clichés.


En ce deuxième jour du Download Festival Paris 2016, la météo n’est clairement pas au beau fixe et les nuages ont rejoint la fête. C’est donc sous un ciel très nuageux que les festivaliers se dirigent vers l’hippodrome de Longchamp. L’herbe verte d’hier sous un grand soleil risque bien de faire place à un début de boue dégueulasse si les prévisions météo se confirment dans les heures qui suivent.

Download Festival Paris 2016

Aujourd’hui la tête d’affiche principale est Korn et comparativement avec Iron Maiden on peut sans trop se tromper dire que l’attrait n’est pas le même. Les hordes de fans de la bande à Eddy ont déserté, et bien que le groupe américain ait eu son heure de grand succès en étant là au début du Nu Metal, ils sont bien moins nombreux à être encore là pour venir les voir jouer en concert. De notre côté, Serafina est complètement fane et c’est principalement pour BabyMetal que nous avons fait le déplacement.

Ce deuxième jour est du coup beaucoup plus fluide que le premier, les navettes à la Porte Maillot sont fréquentes et loin d’être bondées. C’est simple, on aura à peine le temps d’arriver au niveau de la sortie de la station de métro qu’on prendra directement le bus direction hippodrome de Longchamp. Les files d’attentes pour rentrées sont courtes, le cashless est redevenu accessible, bref, c’est tout bénéf.

On arrive alors que Shinedown commence son set sous la tente. Un groupe que je ne connais pas et dont je n’avais pas pris la peine de découvrir la discographie, une erreur car au final leur musique est très accessible et sympa en live. Les premiers morceaux font l’effet d’un Interpol mélangé à des touches plus heavy ce qui donne des titres assez rentre dedans au final. Pour un premier groupe sur une petite scène il y a beaucoup de monde, bonne découverte en somme.

Apocalyptica au Download Festival Paris 2016

Les années passent et s’il y a bien quelque chose qui reste constante, ce sont les prestations du groupe aux cellos le plus populaire de la sphère Metal: décevantes. Avec un répertoire d’excellents titres qui envoient bien en live, notamment sur les albums Cult et Reflections, la setlist reste à chaque fois désespérément décevante.

Apocalyptica au Download Festival Paris 2016

Ça démarrait pourtant très bien et très fort avec trois morceaux complètement instrumentaux, qui a complètement subjugué la foule malgré le début des averses tant redoutées. Le son des contre basses est rentre dedans et ça tombe bien puisque c’est en général ce que les métaleux viennent chercher. De quoi en tout cas bien commencer cette deuxième journée.

Sauf que voilà, Apocalyptica souhaite être plus qu’un groupe d’instrumentistes avec quelques guests pour la voix, et pour nous le faire comprendre le groupe continue de s’efforcer à faire des morceaux tout ce qu’il y a de plus standard. Si on ne les voyait pas derrière leur contre basse, on ne verrait au final aucune différence. Ces morceaux là sont généralement plutôt mauvais et auront réussi à me sortir complètement de l’ambiance du live. Dommage.

On fait une petite pause au bar à vin pendant que Mass Hysteria s’époumone puis que Saxxon délivre un métal qui ne nous excite guère.

The Struts au Download Festival Paris 2016

Le prochain groupe sera un groupe de Glam Rock cette fois ci, avec The Struts qui passe sous la petite tente. J’étais persuadé d’avoir écouté ce groupe étant plus jeune, jusqu’à ce que je me rappelle qu’il s’agissait de The Rakes. Contrairement à BlackRain hier qui penche vers le Metal, ici on est face à quatre anglais qui font du rock de manière complètement assumée. Ça permet au Download de conserver son étiquette de festival assez cosmopolite. Ils en sont à à peine quatre ans de carrière et ont fait l’ouverture des Stones. Mais en assistant à leur show, on comprend très vite pourquoi.

The Struts au Download Festival Paris 2016

C’est un véritable mélange d’influences, avec des instrumentations et façons de chanter qui peuvent tantôt faire penser à du Queen, tantôt avec des chansons « sing along » de quelques groupes de Glam des années 70. Le tout est accompagné de très bons riffs et d’un chanteur qui a tout de la rockstar à l’aise sur scène. Vêtu d’une veste aux goûts criards, portant une mini robe sur son pantalon à l’esthétique tout aussi douteuse, il saute dans tous les sens et invective le public à tout va.

Ce dernier est très vite pris au jeu car les morceaux sont très faciles d’accès, avec des refrains qui rentrent dans la tête et qui se chantent très facilement. En deuxième partie de set, et sans doute parce que la discographie du groupe est assez petite, le chanteur va user et abuser de cette popularité pour gagner un maximum de temps. Dommage là dessus mais on ne leur en voudra pas trop.

BABYMETAL au Download Festival Paris 2016

BabyMetal au Download Paris 2016

Dire que BabyMetal était le groupe que j’attendais le plus de ce Download Paris 2016 serait un euphémisme: objectivement je ne venais que pour lui et cette exclusivité du festival est clairement ce qui m’a poussé à m’y intéresser. Autant dire que j’étais tout fou fou en attendant cette arrivée qui s’annonçait prometteuse. Fer de lance d’une culture japonaise qui nous est vraiment inconnue et saugrenue, ce groupe est caractéristique de ce que le Japon peut fournir de bizarre. Trois jeune filles qui chantent façon Pop pour adolescente sur de la musique Metal aux riffs acérés, le tout en exécutant des chorégraphies le reste du temps. Bizarre.

Et l’attente fut longue. Très longue. Au bout de dix minutes, elle prend fin avec une vidéo d’introduction parodiant Star Wars façon BabyMetal sauveurs de l’univers. La hype est totale ! Les musiciens entrent sur scène ! Et… plus rien! Pas de musique, rien, ils repartent et le public est livré à lui même pendant près de 20 minutes sans la moindre prise de parole de la part de l’organisation. Des problèmes techniques on en a vu un paquet, des annulations aussi, mais 30 minutes de retard sans aucune intervention, jamais. Heureusement pour calmer la foule les caméramans se jouent des cosplays et des travers du public métaleux, ce qui rendra l’attente moins difficile.

BABYMETAL au Download Festival Paris 2016

Le set finira par enfin démarrer avec plus de trente minutes de retard, ce qui nous laissera donc le temps d’avoir cinq petits morceaux du groupe dont un se fera sans micro pour deux des trois chanteuses. Une honte sans aucun doute et une grande frustration pour ma part, difficile d’apprécier le set avec ce type de conditions. Bref, oublions quelque peu ces problèmes pour nous concentrer sur la prestation en elle-même, bien que le tout ait déjà été gâché.

Les trois adolescentes débarquent donc dans leur habits d’écolières metal et sautent dans tous les sens pour faire leurs chorégraphies. C’est vraiment très impressionnant, très dynamique, bien qu’un poil déconcertant car très décorélé du reste des musiciens qui n’interagissent pas du tout avec elles. C’est là dessus pour moi un point faible de la prestation du groupe, où on a l’impression d’avoir un orchestre devant qui trois jeunes filles font leur propre spectacle, comme s’il manquait une âme à tout cela. Mais ceci est sans doute en partie dû à la culture de leur pays, où les interactions qu’on a l’habitude de voir sur la scène Metal ne sont pas du tout naturelle pour eux. Un choc des cultures certain.

BABYMETAL au Download Festival Paris 2016

Si c’est un poil bizarre de ce côté et qu’on peut trouver ça carrément hors sujet, les chorégraphies sont tout de même très en phase avec la musique et vraiment calées sur le rythme. C’est très impressionnant à quel point cela donne vie à la musique du groupe, à quel point cela doit être physique pour elles aussi. Dotées de micros-casques, les deux plus jeunes sont en charge des chœurs et des chants accompagnants, tandis que la chanteuse principale cumule les deux: souvent dans les chœurs, souvent dans la chorégraphie, et avec un vrai micro pour assurer le chant en solo. Malgré l’effort physique, elle chante plutôt très bien et réussi à faire passer le plein d’émotion qu’un morceau comme Karate contient. Une très belle performance vu le temps, les conditions, et ses propres efforts physiques.

Au final, ce sera une grande déception pour moi, mais qui confirmera mon envie d’aller les voir en vrai. C’est pour ma part en trainant des pieds et inconsolable qu’on ira voir Amon Amarth de loin. Les vikings venus du grand Nord ont mis les bouchées doubles et la scène est tout simplement superbe.

Korn au Download Festival Paris 2016

Dire que nous attendions Korn serait enjoliver la réalité. Si c’est moi, Serafina, qui rédige cette partie, c’est parce que je trépignais alors que dabYo était au mieux indifférent voir blasé. Il faut dire que depuis la claque magistrale que Korn m’avait mise au Sonisphère 2013, nous avons vu le groupe californien 3 fois, et je n’ai jamais été déçue. Ici, ils débarquent au Download avec une setlist en mode « Best Of » et un show d’une heure trente. Seuls quelques morceaux du dernier album Paradigm Shift seront joués et j’ai envie de dire, tant mieux.

Comme toujours avec Korn, pas de grand dispositif scénique ou quoi, le groupe a bien sur sorti le micro désigné par H. Giger mais ce sera tout. Je pourrais copier coller la review que j’ai fait au Sonisphère 2013. Korn, en live, c’est quelque chose. Le groupe est gonflé d’énergie et envoie du lourd dès l’entrée en scène magistrale sur Right Now, qui a le mérite de mettre tout le monde d’accord. Comme toujours Jonathan Davis est possédé, alterne entre les voix claires et hurlées, déborde de charisme et vit ses textes ce qui le rend assez fascinant. Head, Munky et Fieldy occupent la scène, dreads et looks douteux de sortie.

Download Festival Paris 2016

Qu’on aime ou pas Korn, difficile de critiquer leur présence scénique. Il n’ont pas besoin de supers effets derrière pour réussir à faire bouger le public. Évidemment, c’est aussi des morceaux cultes, que la foule connait par cœur, chantant du début à la fin. L’accueil est monumental sur des tubes comme Right Now, Here To Stay ou le final sur Freak on a Leash.

Le groupe ayant un set assez long, il ne nous épargnera malheureusement pas le solo de batterie de Ray Luzier, mais qui enchaine avec Blind alors je le pardonne. Dans la setlist, on notera aussi le surprenant Another Brick in the Wall que je n’avais jamais vu en live, et qui clôt le set, avant les rappels. La communication avec le public est assez rodée et pas énorme, mais Jonathan Davis n’a même pas besoin de demander pour que le Download en folie hurle a sa place les refrains.

Encore une fois, je ressortirais d’un concert de Korn, le sourire aux lèvres, les cervicales un poil douloureuses, et certaine de retourner les voir la prochaine fois qu’ils passeront. Ça tombe bien, c’est dans une semaine à Clisson.


Ombres Mouvantes, Recueil de Patricia Briggs

Serafina dans Critiques, Livres le 30 juin 2016, avec aucun commentaire
Critiques

Ombres Mouvantes est un recueil de nouvelles de Patricia Briggs paru aux éditions Milady au format poche en ce mois de mai. Il se compose de 9 nouvelles. Certaines nouvelles ont été publiées dans des recueils multi-thématiques comme dans Philtres et Potions déjà paru aux éditions Milady en France.

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Ces nouvelles se déroulent toutes dans l’univers de Mercy Thompson  et son ordonnées par ordre chronologique dans l’univers mais concernent des personnages divers, parfois jamais vu dans la série ou tout juste évoqués, ainsi qu’a des époques très différente. La première nouvelle Coeur D’Argent se déroulant au début du christianisme par exemple. A part cette nouvelle et une partie de la nouvelle Benedictions de Fae toutes les nouvelles se déroulent à l’époque moderne.
mercy-thompson---ombres-mouvantes-654151Avant chaque nouvelle, un petit texte de l’auteur nous explique la génèse de la nouvelle, certaines sont issues de défis du groupe d’écriture de l’auteur, d’autres sont issues de rêves. C’est assez interessant à lire. Cette introduction nous indique aussi où la nouvelle se trouve par rapport aux tomes parus. Le texte nous prévient ainsi de ce qui est spoilé dans la nouvelle. La nouvelle avec Mercy, Le Creux et la dernière, qui est en faite une scène coupée, révèlent des éléments du tome 8 de Mercy Thompson, Failles de la Nuit.

J’ai toujours ici salué la capacité de Patricia Briggs a créer des personnages rapidement attachants et justes. On le savait dans Mercy Thompson et avec L’Alpha et l’Omega. Cependant, elle nous le prouve encore une fois sur des nouvelles sur des personnages quasiment inconnus. La plus marquante est bien sur Elyna, l’héroîne de Gray, une vampire qui retourne s’installer dans l’appartement qu’elle occupait mortelle. Cette vampire changée entre les deux guerres revient nostalgique a sa première tanière et va décider de se faire une place dans la ville. Quasiment tous les personnages sont attachants, à la limite David, le loup-garou de L’Etoile de David, est celui qui m’a le moins marquée. Cependant, malgré cela, j’ai été très émue par la fin.

Certaines nouvelles ont pour personnages principaux des personnages secondaires des romans. C’est le cas pour Coeur D’argent qui met en avant Samuel et son père, pour Loup d’Aveugle qui se centre sur Moira la sorcière aveugle et Tom son compagnon loup garou. Cette nouvelle est très intéressante car c’était un couple que j’avais beaucoup apprécié et nous découvrons là leur rencontre, on retrouve aussi Warren et Kyle dans Du Sang sur les Perles, et Ben dans Redemption. Je n’aime pas Ben, il faut dire que ce n’est pas forcément un personnage qui est présenté dans un bon angle dans la saga Mercy Thompson. La nouvelle est intéressante car elle permet de le comprendre un peu mieux, et lui donne plus de relief.

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Patricia Briggs

De plus, Redemption se déroule dans un univers d’informaticiens, et soyons honnêtes, cela m’a fait rire, car c’est très vrai. Patricia Briggs explique que son mari travaille en tant que Database Administrator, et ça se ressent. Malheureusement, la traduction française est assez désastreuse pour ce qui est du jargon informaticien (qui dit codage fixe pour hardcoded par exemple ?) j’aurais donc préféré la lire en VO. Mais c’est un reproche global que j’aurais à faire, parfois, on a du mal a comprendre ce qu’il se passe alors que je n’avais pas ce genre de soucis en lisant les Mercy Thompson en Anglais.

Ma nouvelle préférée est incontestablement Des Roses en Hiver, qui a pour héros Asil, le Maure déjà vu dans Alpha et Oméga, et Kara, une gamine changée en loup contre son gré. Asil est mon personnage préféré de tout l’univers, et je vous ai déjà parlé de lui a plusieurs reprises. C’est un personnage très fort, très cynique, désenchanté mais avec une histoire extrêmement intéressante et profonde. Ici, au contact de Kara, il se montre protecteur et pas si prêt à lâcher l’affaire. J’aime sa nonchalance mais sa détermination absolue. J’ai adoré chaque page de cette nouvelle.

Si vous n’avez jamais lu Patricia Briggs, je ne vous conseille pas ce recueil. Il est pour les fans, avant tout. Il est dispensable, mais on est super contents de retrouver nos chouchous. Certaines chroniques que j’ai lu étaient surtout contentes de voir Warren et Kyle, moi c’est Asil. Les histoires sont des nouvelles de 50 pages, donc ca reste simpliste et on n’apprend rien de révolutionnaire. Cependant, si vous aimez la saga, je ne peux que vous conseiller de lire Ombres Mouvantes, vous ne le regretterez pas.


Le Cercle d’Hécate est un recueil de nouvelles se déroulant dans l’univers de la série Fille d’Hécate écrite par Cécile Guillot. Si sa série se concentrait sur Maëlys qui découvrait ses pouvoirs, ce recueil est centré sur les personnages annexes qui entourent la protégée d’Hécate : Dorine l’herboriste, Patricia qui a des prémonitions, Jihanne la gothique qui parle aux morts, et sa demi-soeur Nolwenn. 4 auteures signent ces nouvelles : Cécile Guillot bien sûr pour 3 nouvelles, mais aussi Vanessa Terral, Anne Laure, Pascaline Nolot et Aurélie Mendoca.

Le Cercle d’Hécate des éditions du Chat Noir

De ce fait, chacune des nouvelles est liée aux autres car les personnages évoluent dans le même univer. Les nouvelles portant sur Dorine et Patricia se déroulent avant les faits relatés dans Fille d’Hécate tandis que les nouvelles sur Jihanne et Nolwenn se déroulent après. Bien que ces nouvelles tournent autour des mêmes personnages, dans le même univers social, elles sont tout de même très différentes les unes des autres. Le recueil s’ouvre avec une de Cécile Guillot, Ce qui nous Lie, déjà parue dans l’anthologie Saison Païennes ouvre tout en douceur avec Dorine la plus équilibrée des 4. Sa nouvelle est poétique et très douce, c’est une belle ouverture très paisible. La nouvelle suivante Brigid protège mon enfant de Anne Laure est très courte, les enchainements vont trop vite et au final cette nouvelle ne m’a pas marquée du tout.

Cécile Guillot

Cécile Guillot

La nouvelle de Vanessa Terral sur Jihanne nommée Palaysim se centre sur un événement vu dans les romans de Cécile Guillot, celui où Jihanne et Maëlys se « comprennent » enfin. Sauf que ce coup-ci, la scène est vue du coté de Jihanne. Malgré le fait que le style d’écriture soit agréable comme toujours, comme on a déjà vécu la scène d’un autre point de vue, je n’ai pas trouvé que cette version apportait réellement un plus. Par contre, l’histoire suivante sur Jihanne, Meutre à Rosa Bonheur de Cécile Guillot est extrêmement intéressante, puisqu’on suit Jihanne après les aventures de Fille d’Hécate, en études d’arts qui élucide une histoire un peu glauque arrivée dans son école grâce à sa faculté de parler aux morts. Cette petite histoire est bien rythmée, avec une héroïne très intéressante et un twist bien rendu. L’auteure signe une deuxième histoire sur Jihanne, Ayzit, où cette dernière retourne en Turquie, d’où elle est originaire. Cette histoire aussi est très intéressante et j’apprécie énormément le personnage qui en plus d’être goth est d’origine turque, ce qui est trop rare dans bon nombre de romans. Y’a pas de raison qu’il n’y ai que les palottes qui soient sorcières.

La nouvelle suivante la plus marquante est celle de Aurélie Mendoca sur Patricia nommée Larmes d’Ambre. C’est une nouvelle assez dense avec beaucoup d’événements, mais qui du coup est clairement trop courte par rapport à sa densité. Du coup, ça va tout de même très vite, et on a du mal à s’attacher à Patricia et son entourage. Surtout, le twist final n’a pas le même impact que si la nouvelle avait pris plus de temps pour développer ses personnages.

Le Cercle d’Hécate des éditions du Chat NoirCependant, la réelle star du roman, c’est la dernière nouvelle sur Nolwenn de Pascaline Nolot appelée Lune Cacienne. Bon, promis, je n’ai pas aimé que parce qu’elle se déroule à Orléans pendant les fêtes Johanniques même si cela a probablement joué car je suis chauvine bien sur. L’histoire de Nolwenn est celle d’une adolescente un peu paumée, qui se sent pas à la hauteur, avec un jeune garçon handicapé qui va lui faire découvrir la région et bien plus. L’histoire est assez longue, puisqu’on est sur quelque chose de genre 60 pages ce qui en fait la nouvelle la plus longue du roman. Elle prend le temps de développer son univers, l’enchainement des événements est bien fait et réaliste, et cette nouvelle, ainsi que celle sur Jihanne à son école d’art valent à elles seules ce recueil, et j’avoue que j’apprécierais encore d’autres nouvelles autour de ces personnages.

Le Cercle d’Hécate est donc un franc succès pour moi et je ne peux que vous le conseiller, que vous ayez ou pas lu Fille d’Hécate, car au final c’est assez indépendant. A part la nouvelle d’Anne Laure et celle d’Aurélie Mendoca, j’ai été happée par toutes les nouvelles qui apportent un éclairage très intéressant. Le personnage de Jihanne est particulièrement passionnant et j’adorerais un spin off plus long sur elle. C’est clairement le signe d’un univers riche et dense.


L’année dernière le Hellfest annonçait la création d’une marque séparée pour partir à la conquête d’autres pays en Europe avec leur expertise d’organisation de festival de musique extrême, mais cette année c’est un géant qui a fait la marche inverse en s’implantant en plein Paris: Live Nation et son Download Festival. Un festival calé une semaine avant le sus-cité, avec des groupes de la même trempe et carrément plus facile d’accès. C’est donc très curieux que nous nous y sommes rendus, munis de nos pass presses mais sans la possibilité de faire des photos de qualité malheureusement puisque nous n’avions pas de pass Photo.

Download Festival Paris 2016

On se rend à l’hippodrome de Longchamp via les navettes mises à dispositions par le festival depuis la porte Maillot, en collaboration avec la RATP. C’est le premier jour et nous voulons assister au premier groupe, c’est donc parmi une foule de métaleux que nous faisons la queue pour atteindre la dite navette, environ 20 minutes d’attente ce qui est somme toute largement acceptable. Le trajet dure moins de 10 minutes, un peu entassés certes, et nous voilà déjà sur le site, reste la deuxième épreuve du feu: celle de pouvoir rentrer. Les files sont interminables et assez mal organisées pour ce premier jour, il faudra compter une bonne heure d’attente pour obtenir son bracelet et fouler la pelouse du festival.

Download Festival Paris 2016Des tracas habituels sur les premiers jours d’un festival, encore plus quand c’est la première année que ce dernier est organisé. Gageons qu’il s’agit là plus d’un problème de jeunesse que de quelque chose qui arrivera au fil des années, d’autant plus qu’a priori, cette année un problème technique (d’accès internet d’après les bruits) à augmenté le problème. Au final, beaucoup de queue certes, et un départ avec 15 minutes de retard pour le premier groupe, ce qui aurait pu être largement pire. Le système de cashless marche, quand on a compris comment s’en servir et qu’on a réussi à aller au bout de la queue pour ceux ne l’ayant pas préchargé. Place à la musique.

On rentre sur le site alors que We Came as Roman a déjà commencé. Ce n’est pas vraiment ma tasse de thé mais le public est déjà bien au rendez-vous, on assistera aux derniers morceaux sans plus de motivation.

The Wild Lies au Download Festival Paris 2016

On découvre la petite scène de ce Download située juste à côté de la MainStage, simplement nommée Stage 3, on aurait pu trouver mieux. Bien plus petite, on dirait presque un mini hangar dans une zone industrielle désaffectée, elle accueille pour commencer 5 londoniens à l’allure entre dandy et métaleux. Ça donne une bande de crasseux propres sur eux qui vont nous livrer un Hard Rock assez groovy.

The Wild Lies au Download Festival Paris

Le public est clairsemé certes mais il réagit bien aux sollicitations du groupe. Il faut dire que celui ci est assez énergique et a la communication facile. Mais voilà, en terme de musique le groupe manque tout de même de manière rentre dedans et si ça n’était pas désagréable, ils n’ont pas réussi à me conquérir. Des bons riffs mais trop peu exploités, pas de mélodie entraînante ni d’air qui rentre dans la tête.

Avatar au Download Festival Paris 2016

On profite du passage de Gojira sur la scène principale pour faire le tour du festival et découvrir les différentes installations. On retrouve un coin sympa de barbiers et autres tatoueurs où les gens peuvent se faire prendre en photos, puis les différents stands de nourriture. Le market de merch est malheureusement assez limité, il faut dire que le Download UK a lieu en même temps et qu’un paquet de revendeurs ont plutôt dû le privilégier.

Avatar au Download Festival Paris

Le groupe qui nous intéresse vraiment ce jour là s’appelle Avatar, une découverte complètement au hasard au gré d’une chronique dithyrambique sur leur précédent album dont la couverture m’avait intrigué. La dite galette avait tout du guilty pleasure avec des morceaux pour adolescents entraînants, sans pour autant tomber dans le core si populaire. Bref, une sorte de Death Métal mélodique et accessible, aux relents entraînants qui nous avaient convaincus.

Les suédois viennent défendre leur nouvel album et débarquent comme à l’accoutumée grimés en hommes de cirque. À mi chemin entre le clown qui fait peur et le dompteur de lion. Mais le chanteur, fait quant à lui carrément peur et a adopté toutes les mimiques qu’on pourrait associer à un tel personnage. Il saute dans tous les sens, se plie en deux pendant qu’il chante, joue de la canne dans tous les sens, fait des marches militaires tout seul… Il est en soit super dynamique et donne vraiment un aspect théâtral à la prestation du groupe, faisant passer les autres musiciens pour de simples figurants. On peut dire qu’il porte le show sur ses épaules, un peu comme pouvait le faire Carach Angren au Hellfest 2015.

C’est en tout cas très rafraichissant et permet de vraiment entrer dans un set très dynamique même quand on en connait pas les morceaux. Le set commence sur un morceau qui m’était assez difficile d’accès, puis enchaîne sur du plus connu aux riffs dévastateurs qu’est Hail the Apocalypse, morceau éponyme de l’avant dernier album. C’est un vrai mélange entre des riffs assez Death, du théâtral dans le chant et surtout cet aspect fou fou qui prend toute son ampleur en live, « All flesh is equal when burnt » comme qui dirait.

Avatar au Download Festival Paris

Le groupe n’est pas bon uniquement pour faire de la musique fofolle et sait aussi donner dans la balade, une balade qui oscille entre le carrément glauque et la grande tristesse avec Bloody Angel, un titre qui s’avère être génial en live. Ils ont en tout cas réussi à me captiver du début à la fin du set et m’ont clairement convaincu à retourner les voir lorsqu’ils passeront en salle. Une heure de très bon niveau.

Blackrain au Download Festival Paris 2016

On retourne sur la troisième et petite scène avec Blackrain qui viennent de sortir leur cinquième album, premier depuis leur passage décrié dans la télé réalité de M6. Pendant que Anthrax déverse son Thrash, les français nous offrent donc du Glam tantôt Métal, et parfois beaucoup plus rock’n’roll qu’auparavant.

Et je dois avouer qu’après la pêche d’Avatar j’ai eu un poil de mal à rentrer dans le set de Blackrain avec deux premiers morceaux peut être un peu trop mous, en tout cas sans réelle accroche pour le public.

Les choses s’arrangent avec Eat you alive, un morceau de leur nouvel album qui a le mérite d’emporter le public avec sa phrase d’accroche répétée à outrance. C’est un mécanisme un brin simplet mais qui marche même en entendant le morceau pour la première fois. On se retrouve à l’entonner avec le groupe et c’est bien là une des caractéristiques d’un Glam réussi. Le titre est accompagné d’un sample bien connu de fête foraine qui donne une nouvelle profondeur au groupe, les morceaux du nouvel album semble d’ailleurs souvent accompagnés par ce type de sample et il sera donc temps d’y jeter une oreille.

Blackrain au Download Festival Paris

Scéniquement parlant j’ai trouvé le groupe assez léger malheureusement, peut être un peu trop stéréotypé. Finalement les interactions sont assez limitées, le chanteur ne m’a pas semblé à l’aise sur scène, comme une certaine gêne. C’est dommage car certains morceaux sont vraiment taillés pour et je m’attendais à ce que l’ambiance prenne plus.

La suite du set est du même acabit avec beaucoup de morceaux assez entraînants. Finalement, c’est réellement la fin de Overlead qui fera décoller l’ambiance avec son super passage final. Manque de chance, les anglais d’Iron Maiden joue moins de dix minutes après et le public va se dilapider.

Ghost au Download Festival Paris 2016

Bien qu’on adore écouter Iron Maiden, le groupe ne fait pas franchement partie de ceux qu’on aime aller voir en live. Mais le bon côté c’est qu’on y passe toujours un bon moment et que la prestation des anglais est comme toujours au rendez-vous, scéniquement et musicalement, on en a largement pour son argent. Mais le vrai groupe que l’on attend pour le soir n’est autre que Ghost programmé en fin de soirée pour une heure de set.

Ghost c’est le groupe en pleine montée de popularité en ce moment dans la sphère Metal, qui en quelques années est passé de mega hype à déjà trop commercial. Mais voilà, ça reste plutôt efficace en concert et on aime beaucoup leur troisième album sorti un peu plus tôt. C’est donc avec une certaine déception que nous voyons l’heure tourner, 10 minutes de retard puis près de 5 minutes d’introduction à base de sample… Ça s’annonce plutôt mal non ?

Download Festival Paris Night

On apprendra en fait très rapidement que Papa Emeritus III est tout simplement malade et que sa voix ne lui permettait presque pas de faire le show. On aura donc droit à un set amputé de quelques titres un et un pape qui n’a pas pris la peine de revêtir son costume complet. Cela reste tout de même très efficace, du Ghost en sommes avec des morceaux de pop très teintée Metal, des ghouls complètement anonymes qui se baladent autour d’un pape qui cabotine à tout va.

Le show a plus du spectacle que du concert de Metal et ça semble largement satisfaire le public qui en redemande. La setlist est majoritairement composée de titre du dernier album, bien qu’elle soit du coup très courte avec huit petits morceaux qui se courent après. Sans doute pas le meilleur concert de Ghost, mais assurément de quoi gagner de nouveaux fans parmi ceux qui ne les avaient jamais vus. Malgré les problèmes vocaux de Papa Emeritus – qui le conduiront à annuler le concert prévu le lendemain- le set est rondement mené.

Et c’est sur ces mauvaises intentions que se clôt cette première journée du Download Festival Paris 2016. On prendra les navettes de la RATP pour retourner porte Maillot en moins de 20 minutes trajet entre la scène et le bus compris, ce qui est somme toute très raisonnable malgré l’affluence.